Si je t'attrape !

par Linksys

VI. Si je t'attrape !

Cela faisait deux mois (depuis juillet 2008, donc) qu'Ichigo était rentré au bercail. Il faisait des petits boulots par ci, par là, histoire d'avoir une rentrée d'argent. Uryû était entré à Tôdai1 pour suivre des études supérieures en droit. Chad avait son diplôme de mécanicien et exerçait dans un petit magasin de motos, tenu par un ex-voyou coiffé en queue de cheval. Orihime était devenue professeur de fitness dans un club de sport de Tôkyô. Rukia continuait ses occupations de shinigami - ainsi qu'Ichigo. En parallèle, elle travaillait chez un fleuriste, s'étant découverte une subite passion pour les végétaux peu après avoir emménagé avec son compagnon. En effet, elle l'avait suivi dans sa vieille chambre.

Le mois de septembre était encore chaud, en dépit du désespérant mauvais temps qui avait régné tout l'été sur la région.

Ichigo s'épongea le front d'un revers de bras.

- Un peu d'activité physique, fiston ! S'exclama Isshin, en ôtant une nouvelle plaque de plâtre.

- Ouais, ouais ...

Ils étaient dans la chambre du jeune homme et la refaisaient complètement, murs, sol, plafond. Retirer les plaques de placoplâtre était plutôt compliqué, surtout par cette chaleur.

- Continue sans moi, j'ai un besoin urgent à soulager ! Dit le père en s'éclipsant.

- Merci pour ton aide !

Et Ichigo retourna au labeur, marmonnant dans sa barbe.

Dans la cuisine, Rukia entendit Isshin se précipiter au cabinet.

"Il devrait être tout seul maintenant" Songea-t-elle.

Elle se leva.

Ichigo finissait de retirer la dernière plaque des murs. On toqua à la porte. Rukia entra, un plateau dans les mains. Elle demanda :

- Tu veux un rafraîchissement ?

- Ouais, 'pas de refus. Y fait chaud !

- En effet, je vois ça ... Commenta la jeune femme, mi-sarcastique mi-amusée.

Son compagnon était torse nu et en short.

- Oh, mais je peux parfaitement te retourner le compliment, ma vieille. Toi non plus, t'en a pas beaucoup sur le dos.

Rukia avait une mini-jupe et un top moulant, très près du corps, tant et si bien que l'armature du soutien-gorge se dessinait clairement sous le tissu.

Ichigo se servit un verre.

- Merci, dit-il entre deux gorgées.

- Je peux aussi te rafraîchir à ma manière, roucoula la jeune femme en se serrant contre lui.

- Heu ... Pas maintenant ...

- Pourquoi tu veux pas ?

- Ben ... Je sais pas ...

Rukia prit un air affligé, un peu vexé aussi.

- Tu veux pas le faire avec moi, c'est ça ?

- Ah si si ! Se rattrapa-t-il, horrifié. Enfin ... J'ai l'idée que le sexe c'est un peu comme le dessert, plus on attend pour le manger, plus on le trouve bon.

Les gestes de mains que faisait Ichigo pour étayer son discours étaient plutôt drôles à voir, on aurait dit un vieil Italien commentant avec ferveur un match de foot.

- Merci pour cette magnifique comparaison, si éloquente ! Même si c'est vrai que dans le fond, ce n'est pas entièrement faux, cette idée de dessert. Enfin, ne tarde pas trop à accepter, sinon je vais finir par te violer !

Sur ces mots, Rukia quitta la pièce, laissant derrière elle un léger parfum floral et un autre verre de citronnade. Une voix, que premièrement il prit pour la manifestation de sa pensée, dit :

- Mais qu'est-ce que t'attends pour accepter ? Elle est chaude, cette petite, elle n'attend que toi !

Ichigo se sentit con, mais alors très con, en comprenant que c'était Kon qui parlait. La peluche avait suivit Rukia.

- Hé, il veut dire quoi ce regard-là ? Demanda-t-il en reculant. Aaaah ! Tous aux abris !

Il détala, de peur qu'Ichigo ne l'attrape.

Avant qu'Isshin ne revienne, le jeune homme eut une idée. Du fait qu'il ne pourrait plus repousser à l'infini les avances de sa compagne, il fallait se décider. Alors, il décida que le moment propice pour le faire serait d'ici la fin de la réfection de la chambre, c'est-à-dire dans une semaine au mieux.

- Papa ? Demanda Ichigo, quand son père fut de retour. J'ai eu une idée.

- Dis, fiston.

- Je voudrais faire la surprise à Rukia de la chambre, quand on l'aura finie. Mais pour ça on doit l'éloigner de la maison le temps des travaux.

- Oh, toi, t'as quelque chose à te faire pardonner pour vouloir lui faire une surprise !

- Non, non, pas spécialement, mentit Ichigo.

Ils discutèrent quelques minutes à ce sujet, et il fut convenu, après consentement du sujet, de l'envoyer chez Urahara le temps des travaux. Rukia fit ses valises au soir, et s'en fut vers une semaine de vacances chez le commerçant. Il se révéla que ce n'étaient pas tant vacances que ça, tellement il y avait de choses à faire. Les Hollow eurent l'idée de pulluler durant ce laps de temps.

Les travaux avancèrent vite et furent achevés dans les temps. On remit les meubles en place, avec quelques nouveautés. Et enfin, la chambre fut finie.

C'est pleine de joie que Rukia arriva à la clinique, bringuebalant sa valise derrière elle. Ichigo l'attendait dans l'entrée. Il la surprit en lui obstruant la vision de ses mains.

- Salut, ma chérie.

- Salut ! Répondit-elle, toute guillerette.

Il la mena jusqu'à l'étage. Dans l'escalier, il lui murmura à l'oreille :

- Si t'es gentille, peut-être qu'on fera un gros câlin ...

- Vraiment ?

- Mais oui ... Allez, avance, ma cochonne !

Il lui donna une petite tape sur les fesses car elle s'était arrêtée. Encore quelques pas et ils arrivèrent à la porte de la chambre.

- Prête ?

- Prête !

Ichigo poussa le battant, mena Rukia à l'intérieur et lui libéra la vue. Elle se montra très étonnée.

- Eh bien, franchement, ça change de l'ancienne chambre !

Le jeune homme lui déposa un baiser au creux de l'épaule, huma son délicat parfum et déclara :

- Ça sera notre petit nid d'amour rien qu'à tout les deux.

- Inaugurons-le !

- J'allais le dire.

Rukia se jeta au cou d'Ichigo et le fit basculer sur le lit de manière à avoir le dessus sur lui. Cependant, avant de tout de suite libérer la bosse qu'elle sentait palpiter contre sa cuisse, elle se coucha sur lui et l'embrassa follement. Au même moment, Yuzu frappa et entra.

- Ichi, y'a du monde ... KYAAAH !

La jeune fille se cacha les yeux et partit en courant dans le sens inverse.

- Je crois qu'on a mal choisi notre moment, commenta Ichigo.

Comme Rukia semblait réellement déçue, il lui promit de se rattraper dès que possible. Puis le couple redescendit. En bas, il y avait Chad. Il avait un bleu de travail.

- Salut, vieux, dit-il en voyant son ami arriver.

- Salut.

Rukia s'efforça de se monter joyeuse.

- Bonjour !

- On a fini de réparer ta moto, si tu veux venir la chercher ...

Ichigo eut une réaction de surprise.

- Déjà ?

- On s'est mis à trois pour la finir.

- Je vois.

Il se retourna vers Rukia et l'embrassa.

- Hé, minute ! Je viens avec toi ! Protesta-t-elle, après le baiser.

- Mais ...

- Pas de mais qui tienne ! Je viens avec toi !

- Bon, bon, j'abandonne. Tu viens. Va chercher ton casque.

Ichigo profita du départ de Rukia pour glisser à Chad :

- Profite au maximum de ton célibat, ça ressemble à ça, l'amour.

- J'en tiendrai compte. Merci.

Quand la jeune femme revint avec son casque, ils se mirent en route.

La Z-II avait été totalement retapée au niveau du moteur, bien que les pièces d'origine n'aient été enlevés. La peinture rouge rutilait encore plus qu'avant, et la petit plaque KAWASAKI brillait comme un soleil. Seul le pot avait été changé.

- Encore une fois, t'as fait du bon boulot, Ryûji ! Le félicita Ichigo.

Un homme coiffé en queue-de-cheval, qui révisait le moteur d'une autre moto, se retourna.

- J'ai pas travaillé dessus, juste Chad, En'ichi et Taku.

- Ben on dirait pas. Bref, combien je te dois ?

- Six mille cinq cent yens, mais je te fais grâce des cinq cent.

- C'est vraiment pas cher payé pour un tel boulot, commenta Ichigo en allongeant la monnaie.

Il sortit de la boutique fier comme un pape, poussa sa moto rutilante.

- Allez, monte, dit-il à sa compagne.

Celle-ci ne se fit pas prier. Elle enfila son casque et sauta à l'arrière de la selle. Ichigo fit de même, s'installant à l'avant. Il mit le contact, donna un coup de kick et fit tourner la poignée des gaz. Le rugissement était toujours aussi sonore et musical. Il s'exclama :

- Accroche-toi !

Sur ces mots, Ichigo tourna à fond la poignée, et la moto partit sur la roue arrière. Quelques protestations de la jeune femme derrière le convainquirent de reposer le pneu avant au sol.

- On va se balader un peu dans la région ? Demanda-t-elle, peu après.

- Hmm, bonne idée.

Ils ne revinrent que pour le dîner.

- Alors, vous étiez passés où ? Rouspéta Karin, qui mettait la table.

- On se baladait, voilà.

- Ouais, ouais ... Rétorqua la jeune fille, douteuse.

Au soir, Rukia retenta une approche.

- Allez, maintenant, on peut inaugurer notre chez-nous ! Dit-elle en poussa Ichigo sur le lit.

- Heu ... C'est-à-dire que ...

- J'écoute ?

- En fait, j'ai promis aux copains qu'on ferait une virée en moto, ce soir ...

La jeune femme se vexa.

- Tu as quoi ?

Voyant qu'Ichigo était tout déconfit, elle poursuivit quand même.

- Tu me préfères ta moto, c'est ça ? Je passe après ?

- Non, non ! Mais bon, ça fait un mois qu'elle est chez Ryûji, j'ai bien envie de l'étrenner un peu.

- Allez, va-t'en. Va faire de la moto avec tes potes.

Comme Rukia semblait passablement énervée, Ichigo battit en retraite. Juste au moment de franchir la porte, il l'entendit s'étaler sur le lit et sangloter. Bien que l'astuce de la comédie ait tout de suite été éventée, il revint en déclarant :

- Merde, j'ai oublié quelquechose.

Il retourna sa compagne, qui pleurnichait contre l'oreiller, et l'embrassa avant qu'elle n'émette quelque protestion. Il s'en fut en courant, de peur de subir des représailles.

En bas, Isshin regardait la télé, Yuzu faisait la vaisselle et Karin était suspendue par les pieds (NB : ceci est bien entendu une image) à son téléphone portable.

- Je vais faire un tour en moto, je reviendrai vers minuit, à peu près, annonça Ichigo.

Son père se retourna vers lui.

- Rukia ne vient pas ?

- Non ... On s'est fâchés.

- Ah, elle refuse de faire des câlins avec toi et donc tu vas te changer les idées, c'est ça ?

- En fait, pour les câlins, c'est l'inverse. Allez, à plus.

Il décrocha son perfecto noir et son casque, noir aussi. Dans le dos du blouson, écrit en rouge écarlate, il y avait les kanji "Akasaki".

Ichigo fut de retour vers minuit vingt. Il s'efforça d'être le plus silencieux possible pour ne réveiller personne. Il ôta blouson et casque, retira ses bottes. Puis il gagna l'étage. Tous dormaient, même Rukia. Une fois en caleçon, il se glissa dans le lit. Comme si elle avait sentit sa présence, la jeune femme émergea. Elle se retourna pour qu'il la prenne dans ses bras. C'était leur façon de s'endormir, serrés l'un contre l'autre.

Le lendemain, ils se réveillèrent de bonne heure. Ichigo descendit le premier. Il y avait un plateau déjeuner sur la table, avec un post-it indiquant :

"On est partis à la campagne on vous laisse la maison jusqu'à ce soir vingt heures - Papa"

- Hé hé ...

Rukia descendit alors qu'il se versait un bol de lait.

- Pourquoi on est tous seuls ?

- Lis le papier, tu verras.

Elle prêta attention au message laissé.

- Donc on a jusqu'à huit heures ce soir, termina Ichigo.

- On ...

- Minute, d'abord, petit déjeuner, et journal ensuite.

- Roooh ...

Rukia se lamenta de devoir encore attendre. Ichigo s'éclipsa le plus tôt possible.

La jeune femme lisait un livre, assise dans la cuisine, quand il revint une main dans le dos, le journal dans l'autre.

- Rukia ?

- Ichigo ?

Il s'approcha, et rougit au moment de sortir le bouquet de fleurs.

- C'est pour toi, tiens.

La composition était variée et astucieuse mais légère.

Rukia, hésitante, accepta le présent. Elle huma les fleurs.

- Elles sentent bon, et c'est un joli bouquet. Je vais le mettre dans un vase.

Une fois la tâche accomplie - les fleurs furent mises dans l'entrée - elle revint et s'approcha d'Ichigo.

- On va enfin faire des câlins ? Demanda-t-elle, une expression voulue attendrissante - qui excita plus que n'émut le jeune homme - sur le visage.

- Allez, viens, ma chérie.

Depuis six mois qu'ils sortaient ensemble, le simple mot "chérie" faisait encore trembler Rukia. Elle frissonnait et rougissait dès qu'Ichigo le prononçait. Elle passa devant lui et courut dans les escaliers, grimpa quatre à quatre les marches. En arrivant dans la chambre, elle ferma les rideaux de la fenêtre. Une douce pénombre s'installa aussitôt dans la pièce. Comme Ichigo entrait, elle fit glisser sa chemise de nuit, qu'elle avait gardée tout ce temps. En six mois de vie commune, ils ne s'étaient pas encore vus nus.

La nudité de Rukia inhiba le jeune homme. Son rythme cardiaque doubla à peu près, il fut prit de palpitations dans tout le corps. Entre la poitrine et la mi-cuisse, c'était un monde inconnu pour lui. Comme il n'osait pas bouger, Rukia s'approcha de lui et le stimula.


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Keigo s'approcha de la porte, quand un bruit retint son attention. Une voix fémimine couinait, criait faiblement à intervalles réguliers. Il mit un certain temps à comprendre que c'étaient des ébats amoureux. Il tomba à genoux, et se prit la tête dans les mains.

- POURKOOOOOAAAAH ?

Il se releva, dépité, et rebroussa chemin. Encore une fois, il avait été trahi. D'autant plus qu'en théorie, l'après-midi aurait dû être dédié aux jeux vidéos, avec Mizuirô et Chad.


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Ichigo roula sur le côté, essoufflé.

- Alors ... T'as aimé ? Demanda-t-il, inquiet de sa performance.

- Oui ... Je n'aurais jamais cru que le sexe, c'était aussi bon ...

- Ça fait quand même quatre heures et demie qu'on est au lit, il est deux heures et demie !

Ils discutèrent pendant une dizaine de minutes. Au terme du débat, Rukia posa sa main sur le soldat au repos d'Ichigo.

- J'ai envie qu'on le refasse là, maintenant, susurra-t-elle.

Comme de fait, il se mit au garde-à-vous.

- Je prend ça pour un oui.

Kon perdit l'équilibre et tomba.

- Je suis dans le cacaaaaaa ! Chuchota-t-il pour lui, comme les soupirs de Rukia cessaient.

Le bruit mat mais faible suffit à alerter le couple. Ichigo fit demi-tour à contrecoeur. Il enfila son caleçon et ouvrit, suspicieux, le placard. Kon tentait de se dissimuler dans un coin.

- Genre je t'ai pas vu, sale pervers ! Tonitrua Ichigo, en se jetant dans le rangement.

- Aaaaaaah !

Kon sortit en courant, réussissant de peu à échapper au jeune homme. Il profita de la porte entr'ouverte pour s'enfuir à toutes jambes.

- Si je t'attrape !

- Au secours ! Il est fou ! À moi ! À l'aide ! Au secours ! Aaaaaaah ! À l'assassin ! Hurlait la peluche.

Ichigo poursuivit Kon à travers toute la maison, et parvint enfin à l'acculer dans les toilettes.

- Mon pauvre petit gars, fallait pas venir te rincer l'oeil ...

- J'ai juste écouté ! Je le jure sur ma crinière !

- Mais ouais ... Quoiqu'il en soit, j'ai déjà trouvé un châtiment qui te conviendrait.

Il le feinta et réussit à l'attraper par la patte avant gauche.

- Lâche-moi ! Assassin ! Tueur de peluches ! Fou furieux ! Psychopathe !

Ichigo affermit sa prise. Il remonta dans la chambre en prenant soin de cacher le regard de Kon. Rukia l'attendait, assise les bras autour des jambes.

- Alors ?

- Je sais comment lui faire regretter.

Il enfonça une main dans la bouche de la peluche et en tira la pilule d'âme artificielle, qu'il posa sur le bureau.

- Je demanderai à Uryû d'effectuer quelques "arrangements" sur la peluche.

Rukia pouffa de rire, mais fut interrompue par son compagnon qui, de nouveau nu, l'embrassait en s'immisçant entre ses jambes.


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Orihime regarda une nouvelle fois par la fenêtre, impatiente. Elle regarda sa montre. Nouveau coup d'oeil à la fenêtre.

Cinq minute plus tard, elle regardait de nouveau. Une silhouette à vélo apparut au bout de la rue, et se rapprocha peu à peu en direction de chez la jeune femme. Un ding ding de sonnette caractéristique retentit.

- Il est là ! S'exclama-t-elle.

Elle courut à la salle de bains, pour se recoiffer. Elle vérifia l'absence de boutons sur son nez, et réajusta son décolleté, pour masquer la dentelle du soutien-gorge qui dépaissait. Elle quittait la pièce quand on sonna à la porte.

- Je suis là, dit une voix.

Orihime courut ouvrir.

- Services de livraison Ishida Couture Express, bonjour.

- Bonjour Uryû ! Vas-y, entre !

La jeune femme était surexcitée et peinait à le dissimuler.

- Mes hommages, madame, dit le Quincy avec un semblant de courbettes.

Plus qu'une marque de respect et d'estime, c'était le salut spécial qu'il réservait à Orihime, et à elle seule.

- J'ai fini ta robe, par contre, il faudra la repasser.

Il posa son sac à dos au sol, l'ouvrit d'un geste sec, et en sortit une belle robe roux clair, un ton plus clair que les cheveux d'Orihime. Le décolleté était étonnement peu plongeant pour une jeune fille si généreuse, mais une frise verticale - à la manière de l'habit confectionné à la fin de la première aventure dans la Soul Society - à motifs floraux, passant du côté gauche, rehaussait le caractère abondant de la poitrine d'Orihime. Perpendiculairement à cette frise, il y avait, à hauteur de la mi-cuisse, une autre frise, brodée cette fois, qui représentait une ligne de fleurs stylisées, de couleur bleue. La robe s'arrêtait aux genoux.

- Elle est magnifique ! S'exclama la jeune femme, qui était restée sans voix quelques secondes.

Elle posa l'habit sur le canapé et prit Uryû dans ses bras. Celui-ci rejeta la tête en arrière, heureux, en sentant Orihime se presser contre lui.

- La vie est belle ... Se marmonna-t-il.

- Tu veux un café ? Demanda la jeune femme, après l'avoir relâché.

- Un thé plutôt, s'il te plaît.

- D'accord.

Elle courut presque à la cuisine, les plis de sa jupe flamenco rouge écarlate flottant derrière elle.

Avant qu'Uryû ne reparte, elle demanda :

- Quand est-ce qu'on pourra dîner tout les deux au restaurant ? Ça fait un mois qu'on en parle sans rien en faire !

- Il y a des examens dans peu de temps à Tôdai, et je révise au maximum. Mais je te promet, le premier samedi après les épreuves, je t'emmènerait dîner.

- Promis ?

- Promis. Allez, j'y retourne, j'ai cours de littérature moderne dans une heure.

- Au revoir, Uryû !

- Au revoir, Orihime, porte-toi bien, répondit-t-il en enfourchant sa bicyclette.

C'est avec un pincement au coeur que la jeune femme le regarda s'éloigner, sifflotant joyeusement.

- Il doit y avoir plein, de jolies filles, à Tôdai ... Se dit-elle.

Et elle rentra, pensive. La vue de la robe posée en vrac sur le canapé la tira de toutes ses considérations, et elle se hâta de l'essayer. Comme d'habitude, le seul ouvrier d'Ishida Couture Express avait fait du très bon travail. Et le mieux dans tout ça, c'est que la robe était offerte par la maison.


1. Tôdai (abréviation de Tôkyô Daigaku) est une université de Tôkyô, et la plus renommée de tout l'archipel japonais.