Walk with me, forever and ever

par Linksys

IV. Walk together, forever and ever

Ichigo regarda la porte d'entrée s'ouvrir. Orihime et Rukia rentrèrent, frigorifiées. Le froid devait être mordant dehors, à en juger par leurs joues rosies en dépit des épaisses couches de vêtements qui les isolaient. Cependant, un certain nombre de grands sacs en papier pendait à leurs bras. Uryû, assis en face de lui, commença de s'impatienter.

- Alors, tu joues ?

- Ouais, j'arrive.

Ils jouaient aux échecs sur la table du salon. Bien entendu, c'était le Quincy qui menait le jeu, mais de peu.

- Ça a donné quoi, cette sortie shopping ? Demanda-t-il.

Orihime, enthousiaste, se lança dans un récit très détaillé de ses achats personnels.

- ... Et ensuite, on a visité une boutique de lingerie, on y ...

- Ah, suffit, malheureuse ! On a pas envie de savoir ! Protesta Ichigo, qui manqua de peu de tomber du fauteil.

- Bon, d'accord.

- Et toi, Rukia ?

- La même chose qu'Orihime. Mais viens plutôt m'aider à ranger mes achats.

- Quand est-ce que tu te décideras à acheter un marchepied ?

Il s'en fallu de peu que la main de Rukia n'heurte violamment la joue d'Ichigo, qui avait esquivé en se penchant. Puis il se leva, et la suivit dans sa chambre.

C'était une pièce large, mais qui était quasiment remplie par deux lits et deux armoires massives, de chaque côté de la porte. Orihime dormait à droite, Rukia à gauche.

Dans l'amoire de cette dernière, les vêtements étaient rangés et pliés avec une propreté et un soin déconcertants, si bien qu'on aurait cru voir une vitrine de magasin.

- Range-moi ces sacs-là sur l'étagère du haut, s'il te plaît, demanda Rukia en désignant deux sacs.

Ceux-ci contenaient principalement des pulls et des habits chauds.

Alors qu'il finissait de vider le premier sac, la jeune femme dût s'éclipser.

- Excuse-moi, je dois aller aux toilettes, dit-elle.

Se retrouvant seul dans une chambre de filles, Orihime n'ayant pas encore rangé ses achats, sa curiosité fut piquée à vif. Il survola les quatre sacs non encore traités. L'un d'eux, plus petit et décoré d'un petit noeud papillon rose pâle en haut, attira son attention.

"Pourvu que Kon ne vienne pas ..."

Et il l'ouvrit. Dedans, comme dans ses prévisions, il y avait les sous-vêtements de Rukia, mais pas ce à quoi il s'attendait. La petite culotte qu'il avait tirée du sac en était la preuve. En dentelle fine et translucide, ce genre d'habit n'allait étrangement pas à la jeune fille à l'air de ne pas y toucher (ou du moins à l'image qu'il s'en faisait). En tout cas, jamais Ichigo ne l'aurait imaginé porter de tels sous-vêtements. Il inspecta, par prudence, le reste du sac. Fort heureusement, il n'y avait que trois ensembles affriolants. Les autres laissaient Ichigo se conforter dans son image d'une jeune femme pure et chaste.

- Ichigo ! S'exclama sèchement une voix féminine, derrière lui.

Il retomba bien vite de ses rêveries. Là, il était dans la merde jusqu'aux oreilles. Rukia se tenait derrière lui, les poings sur les hanches, l'air drôlement fâché. Du moins, elle était toute rouge. De colère ou de gêne ?

Ichigo ne pouvait nier. Il avait été pris une main dans le sac, tenant une petite culotte en coton blanc de l'autre.

- Tu faisais quoi, là ?

- Ben ... Je ... Bégaya-t-il en se redressant, tout honteux.

- Tu ?

- Je ... Je fouillais dans ... Dans tes sous-vêtements ...

- Pourquoi ?

- Ichigo, j'en ai marre ! Amène-toi, sinon ça compte pour un forfait ! Tonitrua Uryû, depuis le salon.

- T'as de la chance, cette fois-ci. Allez, file.

Il ne se le fit pas dire deux fois, trop content d'avoir une excuse valable pour s'extirper du piège. Décidément, il avait horreur de se faire cuisiner à la provençale de la sorte.

"J'aurai tout de même vu de belles choses ..."

Il alla uriner, le temps que l'érection se dissipe. Puis il retourna à la case départ, le salon.

- Ah, te voilà enfin, constata Uryû. Tu sais que j'ai failli attendre ?

- Ouais, ouais, ça va ...

Ils reprirent la partie là où ils l'avaient laissée.

Une fois qu'elle eût fini d'entreposer ses habits, Rukia inspecta fébrilement son portefeuille. Les tickets y étaient toujours et n'avaient pas bougé.

- Allez, c'est demain ! Se marmonna-t-elle.

Un air de chanson lui vint en tête, et elle ne put l'en déloger.

Le lendemain, comme d'habitude, ce fut Chad qui réveilla ses camarades. Les quatre hommes (si on compte Kon) dormaient dans une chambre plutôt petite, si bien qu'Ichigo et Uryû se partageaient un lit superposé. Aucune literie de ce genre n'aurait pu soutenir le géant qu'était devenu Chad. Aussi avait-il un lit simple mais renforcé en face de l'autre lit. Kon, quant à lui, était en général attaché au montant du lit superposé, par mesure de sécurité.

Une fois, ils l'avaient retrouvé enfoui dans l'opulente poitrine d'Orihime. Seule une de ses pattes dépassait encore.

- Allez, les gars, c'est l'heure, dit-il de sa voix grave qui faisait trembler les murs.

- Hmmm ... Ouais ... On arrive ... Marmonna Ichigo.

Il se retourna et se rendormit aussi sec. Alors, Chad le saisit par la peau du cou et l'extirpa contre son gré du lit.

- J'ai dit : c'est l'heure. Et ça vaut pour toi aussi, Uryû.

- Oui, me voilà, répondit l'intéressé en sautant du lit supérieur.

Ils s'habillèrent en vitesse, délivrèrent Kon et investirent la cuisine. Il était six heures trente du matin, les cours commençaient dans une heure. Une fois le petit déjeuner achevé, Ichigo et Uryû prépapèrent celui des filles. Puis le trio d'hommes quitta l'appartement et se dirigea vers le lycée, situé de l'autre côté de Karakura.

Ichigo fut le premier à terminer les cours. Il sortit et s'assit dans les marches qui menaient à l'entrée de l'établissement, attendant ses camarades. Il ne prêta guère de crédit au petit bruit de pas qui résonna derrière lui jusqu'à ce que Rukia vienne s'assoir près de lui.

- Alors, ces cours ? Demanda-t-elle.

- Comme d'habitude, chiant. Et toi ?

- Ennuyeux.

Le silence qui s'installa régna quelques dizaines de secondes, durant lesquelles ni l'un ni l'autre ne sut que dire. Soudain, la jeune femme se rappela de ce qu'il y avait dans son portefeuille.

- Ah, je me souviens. Ça te dirait de venir au concert a ... Avec moi ... Ce soir ? Bredouilla-t-elle.

- Concert ?

Elle sortit les tickets. La tête de six pieds qu'Ichigo fit était la preuve qu'elle avait fait mouche. On aurait dit qu'il venait de faire une rencontre du troisième type.

- Mais ... Comment t'as fait pour les avoir ? Il en restait plus un seul sur leur site Internet !

- Hier, quand j'étais au centre commercial, j'ai rencontré un vendeur à la sauvette qui avait tout un tas de billets, dont ceux-là, d'ailleurs c'étaient les derniers qu'il avait. Je me suis souvenue que tu étais fan de ce groupe, alors qu'à cela ne tienne, j'ai pris deux billets. Moi aussi, je les aime bien.

- Mais-mais-mais ça a dû te coûter une fortune ! Bégaya Ichigo, en pinçant les doigts.

- Dix mille yens, environ.

- Quoi ? Une brique les deux billets ?

- Au premier rang, s'il te plaît.

Il serra Rukia dans ses bras si fort qu'elle faillit étouffer. Un sifflement enjôleur retentit non loin.

- Tiens donc ! En voilà deux qui sortent enfin ensemble ! Il était temps ! Railla un élève.

C'était un pauvre petit d'un an de moins que ceux qu'il vannait, qui ne mesurait pas le risque auquel il s'exposait.

- T'as un problème, p'tite merde sèche ? Dit Ichigo en se levant. Tu me connais, moi, le grand Akasaki, non ?

- Euh ... Désolé ... Je le referai plus, promis.

Il battit en retraite par un autre chemin.

Le lendemain étant un samedi, la question du concert ne posait pas de souci. À dix-neuf heures, Ichigo était prêt. Il avait mis son tee-shirt favori, un habit blanc sur lequel trois silhouettes de taille différentes, en ordre croissant, avançaient de profil. Dessous, il y avait écrit

"HOME MADE 家族"1. Rukia le rejoignit. Elle avait une tenue décontractée du même genre.

- On y va, les amis, déclara-t-elle.

Ils s'habillèrent chaudement, et sortirent. La salle de concert où ils devaient se rendre n'était autre que le Tôkyô Dome, en plein coeur de la capitale. Heureusement pour eux, la Z-II rouge d'Ichigo était équipée d'une selle tandem, et il possédait plusieurs casques. C'était ni plus ni moins que la moto de son père avant lui.

Le trafic était plutôt fluide en ce froid soir de mi-janvier. Ils mirent une vingtaine de minutes à atteindre leur destination. La foule se pressait tout autour du Dome. Ils durent aller jusqu'à Kichijôji pour trouver où se garer.

- On est où, là ? Demanda Rukia, en descendant de la moto.

- Dans Kichijôji, pas loin du Dome. Y'a plus près mais ici c'est assez calme, je risque pas trop de me faire faucher ma bécane.

- D'accord.

Ils firent le chemin inverse jusqu'à la salle de concert. En chemin, la jeune femme tenta malhabilement de prendre la main d'Ichigo dans la sienne, mais elle n'en trouva pas suffisament le courage.

La foule s'était considérablement amoindrie, les portes ayant été ouvertes peu avant.

- T'as les billets ?

- Oui, t'inquiètes pas.

Elle les sortit de la poche de son anorak. Le gros mastodonte qui contrôlait les entrées s'assura des billets, et les fit entrer.

- Zone A, juste devant la scène.

- Merci.

Ils se dévêtirent en entrant dans la salle, à l'ambiance surchauffée. La zone A était quasiment vide, car les billets étaient les plus chers. Ils s'installèrent sur les chaises pliantes, et posèrent leur manteau sur leurs genoux. Rukia tenta subrepticement de s'approcher d'Ichigo.

Soudain, les lumières baissèrent et se concentrèrent sur la scène. Trois hommes arrivèrent sur scène en courant, et s'arrêtèrent dans le cercle de lumière, pour saluer le public. Les musiciens derrière eux préparèrent leur instrument, le plus grand des trois arrivants s'installa derrière le synthétiseur. Un groupe de nouveaux venus. bouscula brusquement Rukia, la jetant contre Ichigo. Il la soutint et l'aida à se rétablir. Un des deux chanteurs s'avança, micro en main.


HOME MADE 家族 - Oboeteru


Oboeteru ima mo oboeteru hajimete kimi to deatta toki wo
Doredake toki ga sugi satta toshitemo wasure nai
Oboeteru ima mo oboeteru yo marude kinou no koto no youni
Ano hi no mama zutto futari de


Ichigo savoura la qualité musicale du début du morceau. Toute la salle vibrait au rythme de la mélodie. Le prmeier chanteur se recula pour faire place au second.


Soyo kaze ga mata kisetsu wo shirase nando me kano kono hi wo tsugeru
Heya ni nagareru futari no shirabe kabe nikaketa karennda mekuru
Akaku maru tsuke ta kimi no hisseki mitsu ke ano hi wo futo omoidasu
Donna kinenbi yori mo itoshii tokubetsu na futsuu no ichinichi

Rukia n'avait encore jamais entendu cette composition du groupe, et le regrettait. Elle jeta un rapide coup d'oeil à Ichigo. Il était totalement absorbé dans le rythme.


Itsu mono basho de machiawase kimi ga iki wo kira shi kake yotte kuru
Ironna omoide kasa ne te ima demo futari ha te wo tsunaideru
Hajimete no deeto moko kodattane ano goro to nanimo kawara naine
Tte kioku no kanata ni nokoshita ashiato wo sagashi aruki dashi ta


Ikusen mono tsuki hi wo koe te tadori tsui tanda kimi no moto he
Guuzen ni mo "suki" toki koete taguri yose tanda boku no unmei
Ji to mitsumeru shisen no saki sou, gan kinagara chikau futari
Ima mo kinou noko to no youni mabuta no ura ni yaki tsuita hi
Ano hi no mama zutto futari de
Sugo su "tokubetsu na hi" dakara kono saki mo sou


Oboeteru ima mo oboeteru hajimete kimi to deatta toki wo
Doredake toki ga sugi satta toshitemo wasure nai
Sou, iroase nai itsumo In my mind boku no tonari wa kimi shikainai
Oboeteru ima mo oboeteru yo marude kinou no koto no youni
Ano hi no mama zutto futari de


Tagai no chigau kachikan ga motode nando ka tashika kenka moshitane
Doremo toru ni tara naigurai kudaranai koto no houga ooku te
Kokoro ni monainoni kotoba wa toki ni mujou namadeni futari wo kizutsu ke
Itsudatte te wo nobashi te saguru youni kun wo rikai shitai

Aijou mo jou mo zenbu fukumete daki shimetainda kimi no subete
Soba ni itai nosa itsumademo toki ga futari wo wakatsu made
Ano basho de meguri ae ta kiseki atama kara kie nai ano shougeki
Zutto wasure nai kakegaenonai kimi toko no saki mo yorisotte itai


Ikudo mosure chigai wo koete
Jikan wokakete wakari atte
Biku to moshinai ano omoide
Jidai wo futari de kake nuke te
Ji to gaman tokashite mitari
Tokini ha hageshiku butsuke ai
Ima mokono saki mo kawa razuni
Wakachi ai nagara sugo su hibi
Ano hi no mama zutto futari de
Kizuki age ta hibi dakara itsumade mosou

Tsumikasana tta omoide no chisou ha itsumademo fuuka shinai
I'm addicted to you kotoba ja ii arawase nai
Do you feel the same way I do? kun janakya tsutomaranai
Uso mitaini jittai nonai kakushou monaiuwa gen mitai
Demo omoi hasou, kakushi youmonai futashika na mono hodo tsuyoku shinjitai

Oboeteru ima mo oboeteru hajimete kimi to deatta toki wo
Doredake toki ga sugi satta toshitemo wasure nai
Sou, iroase nai itsumo In my mind boku no tonari wa kimi shikainai
Oboeteru ima mo oboeteru yo marude kinou no koto no youni
Wasure nai yo kono kinenbi wo mukaeru tabi omoidasu no sa
Ano hi no mama zutto futari de


La magie du groupe opéra encore une fois. Les chansons s'enfilèrent trop vite au goût des fans, bien trop vite au goût de Rukia. Si ce moment avait pû être éternel et ne jamais s'arrêter …


HOME MADE 家族 - Thank You !!

Itsumo sasaetekureru hitotachi ni
Higoro no omoi wo kometa RHAPSODY
APPRECIATION na kimochi yo todoke
Itsumo arigatou honto arigatou
Tatoe doko ni itatte kimi no sonzai ni kanshashiteru yo


L'alchimie qui s'opérait dans son cerveau était très intense, mais il ne savait que faire. Prendre la main de Rukia ? L'embrasser fougueusement ? Ne rien faire et rester stoïque ?


Tasogare no machi ga akaku somaru koro
Nanigenaku michi wo aruiteita
Ikikau hito no mure ga masu gogo
Nantonaku tachidomattemita


Rukia lançait de plus en plus de petits regards en coin à Ichigo, mais n'arrivait pas à déterminer le moment propice.


Potsuri to aita kokoro no sukima
Umeruyouni ugoita keitai no mana-
Kimi wa hitori ja nai hora mina
Tagai ni sasaeatteku no sa

Fuantei na mirai ga kowakute
Yandeita boku ni mukatte
Nani mo iwazu ni sotto te wo
Sashinobetekureru kimi ga ita
Kanashimi ga hanbun ni natta
Yorokobi wa nibai ni fukuranda
Gyaku no tachiba ni nattra sugusama
Soba made kaketsukeru to chikatta

Ichigo décida de se laisser bercer une dernière fois par la musique avant de s'en remettre à un choix. C'était déjà la quatrième dernière fois.


Itsumo sasaetekureru hitotachi ni
Higoro no omoi wo kometa RHAPSODY
APPRECIATION na kimochi yo todoke
Itsumo arigatou honto arigatou
Tatoe doko ni itatte kimi no sonzai ni kanshashiteru yo

FAR AWAY FAR AWAY

Tooku hanareteitemo nagareru toki no naka de
Tomo ni sugoshita hibi no kioku wa
Keshite kierukoto wa nai no sa
Nakama ya kazoku ya koibito soshite deatta subete no hitobito
Arigatou mina no okage de
Mata asu kara chikarazuyoku fumidaseru

Hito wa dare mo hitori de wa ikiteikeya shinai
Tagai wa tagai wo itsumo keyashiai
Igai dekinai toki wa hanashiai
Harakakaeru kurai waraiaitai
Nanoni naze kou toki ni kenashiai
Kizutsukiauno tte ki gashinai
Bakabakashii kurai kimi ga suki da
Terekusai kedo chotto honki da


Rukia se résolut à tenter de toucher la main d'Ichigo, en dernier recours. Peut-être cela lui permettrait-elle de passer à la suite du plan ?


Itsumo sasaetekureru hitotachi ni
Higoro no omoi wo kometa RHAPSODY
APPRECIATION na kimochi yo todoke
Itsumo arigatou honto arigatou
Tatoe doko ni itatte kimi no sonzai ni kanshashiteru yo

Kitto minna igai to shai de men to mukatte
Nakanaka kuchi ni dashite ienakute
Dakedo honto wa iitai kuse ni
Nanik ga jama shite mina tsuyogatte
Toki ni sarakedashite tsutaeyou
Kotoba ni wa fushigi na chikara ga yadoru yo
Kantan na koto sa jibun kara mazu hajimeyou
Kitto dekiru yo

Furimukeba I WOULD BE THERE
JUST FOREVER kimi ga itekureta you ni
Furimukeba I WOULD BE THERE
JUST FOREVER kimi ga itekureta you ni

Itsumo sasaetekureru hitotachi ni
Higoro no omoi wo kometa RHAPSODY
APPRECIATION na kimochi yo todoke
Itsumo arigatou honto arigatou
Tatoe doko ni itatte kimi no sonzai ni kanshashiteru yo

Itsumo sasaetekureru hitotachi ni
Higoro no omoi wo kometa RHAPSODY
APPRECIATION na kimochi yo todoke
Itsumo arigatou honto arigatou
Tatoe doko ni itatte kimi no sonzai ni kanshashiteru yo


Ichigo hésitait encore, se balaçant au rythme des dernières notes, quand un contact furtif au niveau de sa main le tira de ses tergiversations. Rukia avait maladroitement pris sa main dans la sienne, et serrait fermement. Elle était toute rouge.

Un long trémolo s'évanouit dans l'air, suivi d'applaudissements si intense que dire "tonnerre d'applaudissements" serait en-dessous de la vérité. Dès que les artistes eurent quitté la scène, une véritable marée humaine s'écoula hors du Tokyo Dome. Ichigo et Rukia partirent dans les derniers. Quand ils franchirent la porte de la salle de concert, la jeune femme eut une réaction tout à fait innattendue. Elle se tourna vers son compagnon, braquant son regard dans le sien, et le poussa contre le mur du couloir. Une main passée derrière la tête d'Ichigo l'amena à portée de lèvres. Il allait dire quelque chose quand le contact eu lieu. D'abord étonné, le jeune homme se laissa faire. Puis, sentant que Rukia continuait le baiser, il y mit du sien.

Les rares spectateurs qui sortaient encore sifflèrent en passant devant eux. Un gros homme fit une blague vaseuse, et partit sans demander son reste.

Au bout de quelques dizaines de secondes d'étreinte, Ichigo sentit un autre contact, contre sa cuisse. Il jeta un rapide coup d'oeil. Rukia avait écarté les jambes et se frottait contre la cuisse du jeune homme, de manière à stimuler sa féminité.

Au bout d'une minute entière, Rukia se libéra de l'emprise de son compagnon. Elle le prit par la main et l'entraîna gaiement au-dehors, comme si le baiser avait été la chose la plus normale du monde.

La Z-II d'Ichigo était toujours dans les rues de Kichijôji. Avant d'enfiler leurs casques, ils s'embrassèrent courtement. Puis ils rentrèrent à l'appartement. Uryû regardait un débat politique télévisé, malgré l'heure tardive. Sinon, Orihime et Chad dormaient.

N'ayant pas vu la présence d'Uryû, Ichigo plaqua Rukia contre le mur et ce fut reparti pour une séance de baisers quelque peu bruyants.

- J'ose espérer que ma présence n'est pas importune, dit le Quincy, en insistant sur le premier mot.

- Ah ... Désolé ... Marmonna Ichigo.

Il rejoint son ami dans le salon, et s'intéressa au débat. C'était une antique rediffusion d'un "déblah" politique de Nakasone, confronté à divers membres des partis opposants.

- Pourquoi on a droit à Nakasone en 2007 ? On était même pas encore nés à l'époque de ce truc ! S'exclama silencieuseument Ichigo.

- Ce soir, ils font un théma spécial sur lui, c'est pour ça, indiqua Uryû.

Rukia déclara :

- Bon, je vais dormir, moi.

- Bonne nuit, dirent en choeur les deux compères.

Ichigo non plus ne tarda pas à aller dormir.

Le lendemain, il faisait beau mais toujours aussi froid. Le canal était entièrement gelé. Le givre qui s'accrochait au brins d'herbes semblait de la neige.

Ichigo sortit pour se dégourdir les jambes, et aller faire un tour au marché de Karakura, dans les quartiers populaires. À peine avait-il fait dix pas hors de l'immeuble que quelqu'un l'interpella.

- Ichigo ! Hé, Ichigo !

C'était Rukia, qui se précipitait sur ses traces. Elle avait hâtivement enfilé ses habits d'hiver et semblait d'ailleurs assez mal réveillée. Cependant, l'air froid du matin était vivifiant, et ses pomettes rosisaient à vue d'oeil.

- T'es mignonne avec les joues rouges, constata le jeune homme.

- Vrai ... Vraiment ?

- Mais oui. Allez, si tu veux venir avec moi ...

Rukia prit sa main, et se laissa entraîner dans les rues de Karakura. Bien qu'elle y résidât depuis maintenant six ans environ, elle ne sortait en ville que pour se rendre à l'université, et ignorait presque tout des rues qui n'étaient pas sur son trajet.

- Dis, Ichigo ? Dit-elle, en arrivant aux abords du marché.

- Ouais ?

- Tu m'aimes vraiment ?

- Quelle question ! Bien sûr ! Et je vais te le prouver.

Il souleva Rukia pour l'embrasser, n'ayant pas envie de se baisser.

Quand ils rentrèrent, vers onze heures du matin, Orihime s'étonna de les voir entrer en se tenant la main. Elle était la seule à ne pas avoir compris. L'air mi-surpris, mi-intrigué qu'elle eut en les voyant arriver était assez comique. Uryû le souligna en rigolant, sortant des toilettes.

- Très expressif, Orihime ! Dit-il.

La jeune femme protesta :

- Mais je comprend pas ...

- Ils sortent ensemble, tu vois ? Dit la voix grave de Chad.

Il apparut à l'entrée de la cuisine, se penchant pour passer.

- Ah, bon.

Et elle s'en fut comme si de rien n'était.


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Le dôjô universitaire d'Aomori se vidait peu à peu en cette fin de journée. La plupart des usagers, des étudiants de l'université d'éducation physique, terminaient les cours le soir pour une semaine de temps libre.

Une jeune femme entra dans les vestiaires, pour s'y changer.

"Je vais enfin le revoir", pensait-elle en boucle.

Sur le chemin du retour, son premier réflexe fut de vérifier que les horaires de trains n'avaient pas changé. Le premier Shinkansen à destination de Karakura, par correspondance avec Tôkyô, quitterait la gare d'Aomori à sept heures zéro quatre le lendemain matin.


1. HOME MADE 家族 (Kazoku) est un groupe de J-Musique relativement populaire au Japon, toujours en activité à ce jour.