29. Quiproquo et adieux

par Black Demons


Vingt-neuf


Point de vue Karin


Il ne restait plus beaucoup de temps … Tout mes amis étaient tendus, surtout Ai et DJ. Ai profitait du temps qui lui restait avec Byakuya et Hitomi, DJ avec son père. Moi, il restait toujours le problème avouer-mes-sentiments-à-Toshiro. Problème très … problématique si je peux dire. Pourtant, le temps pressait désormais. Alors, me donnant du courage, je me certifiais que nous n'allions peut-être plus nous revoir, alors, autant tout lui dire !


Point de vue Toshiro


Je reçus un mot de Karin, m'indiquant de la rejoindre au cerisier. Je ne comprenais pas son empressement. Qu'avait-elle de si important à me dire ? Mais peut-être, enfin, je trouverais le courage de lui dévoiler mes véritables sentiments.


Point de vue normal


Karin et Toshiro se rejoignirent sous le cerisier en fleur, le banc en pierre en-dessous de ses branches. Ils se faisaient face, silencieux. Le vent souffla, faisant voler les cheveux violets teintés de Karin et les cheveux blancs de Toshiro, ainsi que des pétales de cerisier.


Toshiro : Karin ?

Karin : Je … J'ai un truc important à te dire, Toshiro. Avant que ce soit trop tard …

Toshiro : Comment ça ? Qu'est-ce-qu'il se passe Karin ? T'es bizarre !

Karin : Je … Je t'aime Toshiro !


Il la considéra, les yeux écarquillés par le choc. Puis il afficha un petit sourire, ses yeux étaient cachés par de l'ombre.


Toshiro : Je suppose qu'on ne s'aime pas de … la même manière …

Karin : Je … Je suis désolée … !


Ses larmes coulèrent alors sur ses joues, et elle s'enfuit en courant, laissant Toshiro seul, qui, déboussolé, s'assit directement par terre, ne prenant pas la peine de s'asseoir sur le banc, et, les jambes repliées vers lui, il posa son coude sur son genoux, sa main soutenant son front mais cachant aussi ses yeux. Pourtant, l'on pouvait aussi apercevoir des larmes, traînées translucides et salées, sur ses joues. Il se mordit la lèvre inférieure, ne souhaitant en aucun cas hurler …


Point de vue Karin


Je … Je lui avais dit et … Et il me rejette ! Je savais qu'il me considérait comme une amie, mais ce rejet me faisait tellement mal ! Mon cœur, mon âme, mon univers étaient tombés comme du verre cassé qui part de son support. Mes yeux étaient voilés de larmes, je ne voyais rien. Je bousculais des personnes, sans même prendre la peine de m'excuser. Ma lèvre saignait tellement je la serrais pour ne pas crier. Mais maintenant, je suis sûre de ses sentiments … Je ralentis au fur et à mesure, et m'arrêtais finalement, au beau milieu de la rue. Vacillant, je pris une petite ruelle peu éclairée et m'assis sur les pavés, le dos contre le mur. Je laissais aller mes larmes, ma peine. Je revoyais devant mes yeux tout les moments passés à ses côtés, et mon cœur me fit encore plus souffrir.


Moi (pensées) : Fichu cœur ! Ton boulot, c'est de pomper le sang, pas de t'occuper de tout !


Mais cette pensée pourtant ironique ne me redonna pas le sourire, au contraire. Je plaçais ma tête entre mes bras posés sur mes genoux repliés, et me laissais aller. Qu'importe les regards, qu'importe les avis … Laissez-moi souffrir merde !


Point de vue Toshiro


Je ne bougeais pas. Je restais dans cette position, pendant des minutes, des heures, des jours peut-être. Je n'en sais rien. J'avais le cœur brisé. Elle avait confirmé mon pire cauchemar : elle ne me voyait que comme un ami. Tout s'était brisé autour de moi, le paysage me semblait morne, mort et triste. Que des couleurs fades et sans vies. Pourtant, malgré ce rejet, je continuais à l'aimer … ! Suis-je bête, idiot ? Oui. Pourquoi l'aimer encore ? Je n'en sais rien … Tout ce que je sais, c'est que c'est la seule femme que j'ai envie d'embrasser et par qui j'ai envie d'être embrassé. Alors, je continuerais à espérer, à espérer qu'elle ait les mêmes sentiments que moi. Soudainement, un papillon de l'Enfer surgit devant moi, m'indiquant qu'il y avait une réunion d'une extrême importance. Soupirant, je me levais et c'est à contre-coeur que j'y allais.


Point de vue Dosan


La Capitaine Unohana s'était absentée pour cette fameuse réunion, mais elle m'avait chargée d'aller chercher un médicament à la 12eme Division. Je m'y dirigeais, sans grande conviction. Au final, je finis perdu dans le bâtiment. En plus, il n'y avait personne dans les couloirs … Tss … C'est mal foutu leur truc ! Bref. N'y tenant plus de tourner en rond, je pris la première porte qui m'apparut et entrais dans une vaste pièce sombre et glauque, avec des bocaux immenses atteignant le plafond, collés aux murs. Des fils pendaient au plafond, ainsi que des sortes de tubes. Un laboratoire quoi. Peut-être que le médicament est là … Alors que je m'avançais, je vis sur un bureau une feuille de papier et espérais qu'elle indique où se trouvait le remède. Mais, au contraire, elle contenait une lettre. J'allais la reposer quand mon regard effleura un mot bien particulier. Alors, je la lus d'une traite. A la fin, mes yeux s'écarquillèrent d'affolement et je partis précipitamment du laboratoire, puis de la 12ème Division.


Cher Capitaine Mayuri Kurotsuchi,


Je souhaite vous indiquer une présence de traîtres dans le Seireitei, traîtres à l'origine oubliée. En effet, je peux vous l'assurer, Karin Evans, Ai Torâ, Diana Jane Kyouraku, Dosan Michiyuki et Saya Parker sont ces traîtres, et appartiennent au peuple des Crossbreed. Si le doute vous emporte, vous n'avez qu'à faire des analyses de leurs ADN et vous pourrez constater par vous-même les résultats.


En espérant que mes informations comblent votre curiosité et que vous rétablissez la vérité.


R.


Point de vue Toshiro


Nous étions alignés, Kurotsuchi tout joyeux et excité. Qu'est-ce-qu'il a encore trouvé, ce fou ? Le silence s'installa dans l'assemblée, et j'espérais que mes yeux ne soient pas rouges à cause des larmes. Mais personne ne fit de commentaires, alors je pense que non.


Yamamoto : Quelle est la raison de votre demande explicite de cette réunion, Capitaine Kurotsuchi ?

Mayuri : Et bien, je pense avoir trouvé quelque chose qui pourrait vous … intéresser.


En disant cela, il s'était avancé et s'était placé au centre de la pièce, un sourire victorieux et inquiétant sur son visage.


Mayuri : Vous devez certainement vous souvenir des Crossbreed ?


Aussitôt, nous nous agitâmes. Les Crossbreed ? Ce peuple que l'on a traqué puis tué ?


Yamamoto : Oui, cette période fut l'une des plus sanglantes de l'histoire de la Soul Society. Mais où voulez-vous en venir, Capitaine Kurotsuchi ?

Mayuri : Et bien, je peux vous certifier qu'il en reste encore.

Yamamoto : Pardon ?


Il … en reste encore ? C'est … impossible !


Mayuri : La race des Crossbreed ne s'est pas éteinte. Loin de là. Il y en a même parmi nous, ici, au Seireitei.

Yamamoto : Comment ?!


L'on pouvait sentir la colère dans sa voix. Je le comprenais, mais un mauvais pressentiment me prit. Et si … ? Je pense que certains autres Capitaines eurent le même doute que moi, car leurs regards devinrent affolés.


Yamamoto : Et qui sont-ils ?

Mayuri : Vous les connaissez tous. Il s'agit de Dosan Michiyuki, Saya Parker, Diana Jane, Ai Torâ et Karin Evans !


Mon visage se décomposa. Ainsi donc, elle était une Crossbreed ? Ça explique pas mal de choses … Sa transformation en Vasto Lordes ou comment elle a ressuscité par exemple. Autour de moi, les Capitaines Kuchiki, Kyouraku, Unohana, Zaraki, Soi Fon et Hirako eurent aussi leurs visages ou leurs regards déstabiliser, pour ne pas dire affaissés. Aussitôt, le Capitaine Commandant nous commanda d'aller à leurs recherches, et de les ramener. Mais leurs reiatsu avaient disparus …


Point de vue Dosan


Je suis allé prévenir Ai, DJ puis je cherchais Karin. Je la trouvais enfin, dans une ruelle malodorante et m'agenouillais face à elle. Je posais une main rassurante sur son genou.


Moi : Karin … Efface ton reiatsu.


Soudainement, son reiatsu disparu. Mais elle ne bougea pas.


Moi : Ils savent, Karin. Les shinigamis sont au courant de qui nous sommes. Il faut que tu te sauves, tu comprends ?


Karin hocha mollement de la tête, et se leva. Ses yeux étaient rougis par les larmes qu'elle avait versées. Putain ! Si seulement la situation n'était pas aussi critique, je serais allé voir le Capitaine Hitsugaya et je lui aurait remis les idées en place moi ! Bref. Maintenant, il faut que j'aille voir Saya !


Point de vue Ai


Dosan m'avait prévenu, et j'avais aussitôt fait disparaître mon reiatsu. Seulement, je devais aller voir Hitomi une dernière fois. Après, je n'en aurais plus l'occasion. J'utilisais le Shunpo et arrivai dans sa chambre, où elle dormait paisiblement. Me penchant vers elle, je l'embrassais tendrement sur le front et lui susurra un ultime « Je t'aime ». Puis je sortis de la chambre, une larme coulant sur ma joue, larme que j'essuyais rapidement. Mais, dans le couloir, face à moi et bloquant la sortie se trouvait Byakuya. Ses yeux n'exprimaient aucun sentiments. Oh non … Pas lui ! Encore Hitomi je pouvais résister à l'envie de rester, mais lui … Je serrais les poings, et nous nous affrontâmes du regard. Soudainement, je perçus de la tristesse dans ses prunelles sombres. Que j'avais envie de le prendre dans mes bras, de l'embrasser, de lui dire inlassablement des mots doux. Mais ce rêve ne se réalisera pas, j'en suis consciente. Alors que j'allais sortir mon zanpakuto pour passer, il s'écarta, continuant à me fixer. Je l'observais, surprise, avant d'avancer et passer devant lui. Pourtant, à quelques mètres, je m'arrêtais.


Moi : Tu sais, Byakuya … Je t'ai vraiment aimé.


Et sans un autre mot, je disparus. Mes larmes coulèrent abondamment sur mes joues, et je les essuyais rageusement. Pas le temps pour ça ! La guerre, c'est maintenant.


Point de vue Saya


Dosan était arrivé me prévenir, et j'avais effacé à mon tour mon reiatsu. Seulement, quand nous allions sortir, Zaraki et Unohana se mirent face à nous, nous observant. Je sentis le regard de mon Capitaine sur moi, et le regret m'assaillit. Merde ! Je m'étais attachée à lui, non, à eux, soldats de la 11eme Division moi ! Dosan trembla en voyant le regard triste de Unohana. Après tout, elle l'avait soigné, elle lui avait tout appris … Comment peut-on faire face à des ennemis que nous aimons ? Je ne sais pas … Cette guerre est cruelle. Alors, ils s'écartèrent, nous laissant le chemin libre. Nous les regardâmes, surpris. D'un geste coordonné, Dosan et moi nous nous inclinâmes et dîmes d'une même voix :


Dosan et Moi : Merci beaucoup pour tout ce que vous avez fait pour nous !


Puis nous passâmes rapidement entre eux et partîmes en vitesse.


Point de vue DJ


Je fus mise au courant de la terrible découverte de nos identités, et je fis disparaître ma pression spirituelle. Mais alors que j'allais sortir en vitesse de là, mon père apparut devant moi. Son regard n'exprimait aucune émotion, contrairement à d'habitude. Aussitôt, je m'arrêtais dans mon élan et le fixais dans les yeux. Je sentis un sentiment désagréable me parcourir l'esprit. L'impression d'être coupable, d'avoir trahi quelqu'un d'important. C'est ce que j'ai fais. Mon cœur semblait pris entre des chaînes de barbelés, qui l'égratignaient petit à petit, jusqu'à former une immense balafre cuisante.


Moi : Pa …


Mais je ne pus terminer qu'il se rangea, me laissant le chemin libre. Je le considérais, mais tout ce que je pus voir, ce fut de la tristesse. Pourtant, aucune once de honte, de dégoût ou de colère. Alors, baissant les yeux, je le dépassais, mais m'arrêtais avant de le regarder. J'affichais alors un doux sourire triste.


Moi : Tu sais, papa, j'ai vraiment été heureuse de te rencontrer … Ce n'était pas un rôle. Je t'avais vraiment cherché. Alors, merci d'avoir été mon père, et de m'avoir aimé …


Puis, sans un autre mot, même sans un salut, je partis. J'étouffais. Derrière moi se trouvait la seule personne de ma famille, et je ne pouvais pas lire la déception dans son regard, ni l'entendre dans sa voix …


Point de vue Karin


Dosan avait tenté de me remonter le moral rapidement, mais cela ne marcha pas. Pourtant, j'avais réussi à me lever, et à effacer mon reiatsu. J'étais sortie de la ruelle et courais dans la rue. Puis, soudainement, face à moi, sans foule autour de nous, Toshiro. Le vent souffla de nouveau, nos cheveux volèrent. Il me regardait de ses yeux azurs si beaux, que j'en eu le souffle coupé. Merde ! Il m'a rejeté, faut que j'arrête aussi moi ! Zut ! Mon cœur se brisa encore une fois en le voyant, et je crus que j'allais m'évanouir tellement son rejet me faisait mal. Pourtant, je tins bon. Pas devant lui … Mes poings se serrèrent jusqu'au sang, mais je ne quittais pas cette couleur azure si hypnotique. Finalement, il se poussa, souhaitant me laisser passer. Je le dévisageais, surprise. Il me laissait fuir ? Malgré le fait que je sois une Crossbreed ? Avait-il encore pour moi une quelconque trace d'amitié ? Sans un mot, et toujours aussi rapidement, je le dépassais et quittais cette rue, le laissant derrière moi. C'est étrange … Aucun shinigami ne nous poursuivait, comme si personne n'était au courant … Pourtant, si. Avec les autres, nous nous rejoignîmes et quittâmes le Seireitei, pour nous préparer à la future guerre.


Point de vue Byakuya


Ai était partie. Mais les mots laissés derrière elle avaient rajouté m'avait fait connaître une plus grande souffrance encore que je connaissais à l'instant. Je l'aimais toujours, bien qu'elle soit une Crossbreed. De toute manière, qu'importe ses origines, je l'aimerais quand même. Seulement, la savoir maintenant loin de moi me rendait fou, et me dire que nous étions ennemis, que personne n'accepterait notre amour m’insupportais. Je la suivis, et lorsque je vis des soldats des différentes Divisions, je créais alors un immense mur de pétales avec Senbonzakura. Nous nous fixâmes, ils étaient perdus. Pourtant, je peux vous l'assurer, je ne laisserais personne lui faire du mal …


Point de vue Unohana


Dosan et Saya étaient partis, mais je pus voir dans le regard de Zaraki une brève note de peine.


Moi : Au final, ces enfants nous ont appris bien des choses.

Zaraki : Ouais. J'ai même pas pu me battre contre Ai ou Karin !

Moi : Oui, mais Zaraki …


Arrivaient les shinigamis, prêts à se lancer à leurs poursuites.


Zaraki : Ouais.


Nous nous tournâmes vers eux, leur faisant face. Ils continuaient d'avancer, sûrs que nous allions les laisser passer. Pourtant, un sourire cruel se dessina sur les lèvres de mon compagnon, et il dégaina son zanpakuto. Nous parlâmes alors d'une même voix, déterminés.


Zaraki et Moi : Nous les protégerons !


Point de vue Kyouraku


Diana était partie. Je retenais de faibles larmes, et m'avançais face aux shinigamis qui souhaitaient rattraper puis emprisonner ma fille. Sauf que je ne laisserais personne toucher à l'un de ses cheveux ! Parole d'un père Capitaine !


Point de vue Toshiro


Karin … Son odeur flottait encore dans l'air, que je humais. Toujours cette même odeur : délicate, douce et sucrée. La revoir, revoir ses prunelles sombres, ses lèvres si attirantes … J'avais dû résister pour ne pas foncer vers elle et l'embrasser, lui révéler malgré mon rejet que j'étais fou amoureux d'elle, lui répéter au creux de son oreille des « Je t'aime ». Mais j'avais dû retenir ces pulsions, et l'avait laissé passer. Quelques minutes plus tard, des soldats arrivaient, hurlant l'ordre de la rattraper. Je me mis face à eux, les regardant glacialement. Une vapeur froide commença à recouvrir le sol, et je dégainai Hyorinmaru, avant d'activer mon shikai et faire apparaître derrière moi un mur de glace. Quand le Capitaine Commandant l'apprendra, je serais dans un beau pétrin. Mais quelque chose me disait que je ne serais pas le seul …


Point de vue Karin


Nous courions. Sautant de branches en branches rapidement, nos zanpakutos cognant contre nos cuisses, nous avancions. Tout nos regards étaient fermés ou tristes. Nous nous étions tous attachés à eux. Les quitter, les trahir, c'était difficile. L'on avait dû sacrifier ce qui nous était le plus cher au monde pour cette foutue mission ! Alors que j'étais un peu à la traîne, je vis une ombre passer furtivement à mes côtés. Je tournais vivement la tête, mais personne. Puis de l'autre côté, un bruissement de feuilles. Je la retournais encore brusquement, mais aucune trace d'une quelconque présence. Alors, soudainement, je ressentis un coup me frapper à la nuque puis à la tempe, et ce fut par la suite le noir total. Qui c'était encore ?!