27. Le procès

par Black Demons


Vingt-sept

Point de vue normal


Le surlendemain du réveil de Karin, l'on décida de faire le procès de Hinamori, accusée d'avoir voulu faire une tentative de meurtre intentionnel. Le procès commence à 14 heures.


Point de vue Karin


A l'aide !! Je suis crevée, exténuée. J'ai dû me battre oralement contre la Capitaine Unohana puis contre mes amis et enfin contre Toshiro pour pouvoir sortir de cette chambre d'hôpital. J'avais appris pour le procès de Hinamori, et je voulais y être. Lorsque que je leur expliquer pourquoi, ils étaient contre. Mais ça, sérieux, je m'en contrefiche. Alors, au final, j'ai enfin réussi à quitter la 4eme Division. Et maintenant, direction la salle de procès ! Au bout d'une demi-heure, je la trouvais. Il est 14 heures pile quand je suis devant l'immense porte de la salle. Je pris une inspiration et portai ma main sur la poignée, avant de la pousser et entrer dans la salle. Aucun regard rivé sur moi à mon entrée. C'est déjà ça. Je m'installe à une place libre dans les gradins du public, observant Hinamori, droite et raide, les yeux un peu apeurés. Ses cheveux étaient ébouriffés : elle n'a pas dû bien dormir. D'un autre côté, quand on a un procès qui te colle au cul, tu vas pas faire un beau dodo avec des pandas et des pingouins comme rêve ! Bref. Je m'égare. Je remarquais que les juges avaient le visage caché. Mesure de sécurité. L'un d'eux commença d'une voix grave :


Juge 1 : Hinamori Momo, Vice-Capitaine de la 5eme Division commandée par Shinji Hirako …

Hinamori : Oui …


Sa voix était faible et cassante, mais pourtant, son regard semblait déterminé. Plus aucune trace de peur, comme si entendre son nom lui avait donné du courage.


Juge 2 : Vous avez été accusée de tentative de meurtre intentionnel sur une shinigamie, Karin Evans. Êtes-vous d'accord ?

Hinamori : Oui.

Juge 2 : Vous considérez-vous coupable ?

Hinamori : Oui.


Je la fixais, les yeux écarquillés. Elle … se rendait coupable si facilement ? Elle devait savoir pourtant les peines encourues. Mes mains tremblèrent, et même en les serrant, elles continuaient. J'aperçus alors du coin de l’œil son Capitaine, Shinji Hirako, la regarder avec peine. Des murmures parcoururent l'assemblée, avant que le juge numéro 2 continue, sa voix étant grave et sans aucune pitié.


Juge 2 : Hinamori Momo, vous êtes condamnée à 7 ans d'emprisonnement et 2 ans de sursit de vos fonctions.


Hinamori acquiesça silencieusement. Comment pouvait-elle faire ça ?! Comment pouvait-elle accepter ça sans se rebeller ! La colère m'envahit, et je me levais d'un bond, criant.


Moi : Non !!


Tous tournèrent la tête vers moi. Bon, tant pis pour la discrétion. Hinamori, en me voyant, écarquilla les yeux, stupéfaite de me voir. Je descendis des gradins et me plaçais devant elle, regardant les juges avec dureté.


Juge 1 : Qui êtes-vous, mademoiselle ?

Moi : Je suis Karin Evans, la victime dans cette affaire, et je souhaite apporter un jugement sur la peine que Momo Hinamori doit encourir.


Aussitôt, je sentis les yeux de la brune devenir froid dans mon dos, ainsi que le regard haineux de son Capitaine. Mais je n'y faisait pas attention. Non mais.


Juge 3 : Comment ça ?

Moi : Je souhaite que vous diminuiez la peine.


Tous lâchèrent un mouvement et un cri étouffé de surprise. D'ailleurs, je pense que vous êtes aussi surpris qu'eux … Seulement, quand Toshiro m'avait raconté son entretien avec elle, je m'étais posé plusieurs questions, au point de changer entièrement mon jugement. Hinamori posa alors sa main durement sur mon épaule, et je tournais la tête vers elle. Elle me regardait sèchement, ses sourcils étaient froncés.


Hinamori : Qu'est-ce-que tu fais ?!


Je retirais violemment sa main avant de la fixer dans le blanc de ses yeux.


Moi : Écoutes-moi bien maintenant ! Je me fiche que tu veuilles jouer les soumises face à eux, mais moi, je ne peux pas les laisser te donner cette peine !!

Hinamori : Pourquoi tu … ?

Moi : Et bien … C'est assez simple en fait et …

Hinamori : T'es complètement idiote ou quoi ?! Je la mérite cette peine ! Alors laisses-moi la purger !


Sans vraiment le vouloir à cet instant, je la giflai. Le bruit résonna dans la pièce, et tous me regardaient, cois. Même Hinamori.


Moi : Bien !! Je peux enfin parler bordel !


Ça y est, j'ai pété mon câble. Mauvaise nouvelle je le crains car maintenant, j'enverrais chier tout le monde. Zut de zut alors !


Moi : Que ce soit ta peine ou celle d'un autre, je m'en contrefiche totalement ! Seulement, je suis l'une des victimes dans cette histoire !

Hinamori : Comment ça, « l'une » ?


Je m’adoucis un peu, me disant que j'aurais certainement fait la même chose qu'elle si j'étais à sa place, voire plus.


Moi : Toi aussi, il t'as fait souffrir. Je comprends ta réaction, j'aurais fait pareil … Perdre l'homme qu'on aime, c'est … horrible.

Hinamori : Tu …

Moi : Et pour ça, je ne peux pas te laisser prendre cette peine. C'est vrai, après tout. Alors, messieurs et mesdames les juges !


Je fis volte-face vers eux, le regard déterminé.


Moi : Permettez-moi de vous demander de réduire sa peine.

Juge 2 : Et à combien de temps espérez-vous que l'on réduise, mademoiselle Evans ?

Moi : Jusqu'à qu'elle n'en ait plus.


Ils étaient déboussolés par ma réponse, toute la salle encore, évidemment. A croire que ce que je dis est incompréhensible ! … Taisez-vous, je ne veux aucun commentaire !


Juge 1 : Pardon ?

Moi : Je souhaite que Momo Hinamori n'ait aucune peine.

Juge 4 : Mais nous ne pouvons pas !

Moi : Et pourquoi ? Envoyer des gens en taule, c'est votre petit trip et vous pourrez pas vous endormir tranquille si vous l'envoyez pas au bagne ?!


Bim ! Dans ta gueule ! Sale garce !


Juge 4 : Que … Mais non … !

Moi : Et bien alors ? Pourquoi ?

Juge 1 : Enfin, elle est dangereuse !

Moi : Pourquoi ? Car elle m'a frappé jusqu'à la mort ? Je ne dirais pas ça !


Je pris une légère inspiration, et le silence se fit. J'allais faire une annonce, je l'espère, classe.


Moi : Messieurs et Mesdames les juges, Hinamori Momo a agi ainsi par … amour. L'homme qu'elle aimait l'a trahi, s'est servi d'elle, pour moi. Alors, si vous vous mettiez à sa place, je suppose que vous auriez agi de la même façon !


Bon, discours pas très glorieux pour Toshiro mais tant pis ! Les juges gardèrent le silence pendant de nombreuses minutes, avant de déclarer :


Juge 2 : Nous avons revu notre sentence … Momo Hinamori, vous ne recevrez aucune peine … Mais vous serez surveillée par votre Capitaine durant un temps indéterminé. La séance est finie !


Nous nous en allâmes, Hinamori et le Capitaine Hirako totalement cois. Dehors, ils restèrent à mes côtés, et Shinji me fit un immense sourire.


Hirako : Je n'aurais jamais cru que tu plaiderais pour elle !

Moi : Je sais, j'ai sentis votre regard haineux sur moi.

Hirako : Bah ! Allez, pour me pardonner, je t'invite à prendre un verre !


Il avait placé son bras droit sur mes épaules et avait un sourire niais sur son visage, souriant de toutes ses dents.


Moi : Avec plaisir !


Hinamori gardait le silence jusque là, et elle partit en direction de ses appartements, alors que nous allions vers un bar. Je la regardais partir, et levais les yeux vers Hirako. Il me regarda, puis acquiesça de la tête en soupirant.


Hirako : Vas lui parler si tu veux ! Je t'attendrais dans au bar. T'auras qu'à chercher mon reiatsu !

Moi : Merci !


Sans attendre, je courus vers Hinamori. Étrangement, je ne me sentais pas du tout haineuse envers elle, contrairement à auparavant. Non … Je voulais faire d'elle … une amie ? Oui. Je la rattrapais facilement, et lui attrapai sa manche. Elle se retourna, surprise de me voir.


Hinamori : Evans ?

Moi : Appelles moi Karin !

Hinamori : Que fais-tu là ? Tu n'étais pas censée boire un verre avec le Capitaine ?

Moi : Si ! Mais je n'ai pas entendu un seul remerciement de ta part !

Hinamori : Je … Merci.


Elle baissa les yeux, embarrassée et honteuse. Je pris alors ses mains dans les miennes et les porta à hauteur de ma poitrine. Elle leva la tête vers moi, et me regarda, inquisitrice et étonnée.


Hinamori : Karin … ?

Moi : Peut-on devenir amies ?

Hinamori : P-pardon ?

Moi : Je sais que tu dois me haïr à propos de Toshiro, mais je t'en pries, je voudrais vraiment devenir ton amie !

Hinamori : Que … C'est plutôt à toi de me haïr à cause de ce que t'ai fait !

Moi : Alors, c'est oui ?

Hinamori : Je … Je ne peux pas, je ne suis pas assez bien …

Moi : Réponds simplement. Tiens, répètes après moi : Oui, je veux bien devenir ton amie.


Elle me fixa, pantoise, avant de faire couler des larmes et faire un sourire heureux.


Hinamori : Oui, je veux bien devenir ton amie ! Je veux devenir ton amie, je veux … Merci !!


Elle se mit à pleurer complètement, et je lâchais ses mains pour la prendre dans mes bras, la consolant en souriant. Elle pleurait de joie, je riais de bonheur. Les shinigamis aux alentours nous regardaient, heureux de voir des sourires dans ce monde. Puis, quand elle fut consolée, nous nous dirigeâmes vers ce fameux bar où se trouvait Hirako, et nous nous soûlâmes au point que l'on dormit brusquement, toujours dans le bâtiment public. Seulement, en chemin, elle s'arrêta encore une fois, regardant par terre. Sentant son arrêt, je me stoppais à son tour et me retournais vers elle.


Moi : Qu'est-ce-qu'il se passe ?

Hinamori : Je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça … Et puis, je n'arrives pas à me pardonner …


Alors qu'elle gardait la tête baissée, je soupirais et m'avançais vers elle. Puis je pris l'une de ses épaules, elle leva les yeux vers moi, surprise, et sans aucune hésitation, je lui adressais un puissant coup de poing dans l'estomac. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, tout comme les shinigamis alentours qui nous regardaient, cois. Je leur adressais un regard leur ordonnant de ne pas se mêler de ça et ils partirent vite fait. Hinamori, quant à elle, se recroquevilla sur elle-même, tenant son estomac douloureux et s'effondra à genoux. Je m'agenouillais face à elle et la regardais avec sérieux et détachement.


Moi : Bien. Maintenant, nous sommes presque quittes.

Hinamori : Je …

Moi : Écoutes, si tu veux m'être redevable, ne me hais pas et fais-moi confiance.

Hinamori : Co … Comment ça … ?

Moi : Dis juste oui, et ce sera bon.

Hinamori : Ok …

Moi : Et si jamais il m'arrivait quelque chose, qui fait que je ne pourrais plus revenir ici … Dis à Toshiro qu'il tient vraiment une grande place dans mon cœur. Une place très importante.

Hinamori : Tu …

Moi : Bon, on devrait y aller aussi, ou sinon, ton Capitaine va nous attendre longtemps !


Elle acquiesça affirmativement, et je l'aidais à se lever avant que nous nous rendâmes véritablement vers le bar.


Point de vue Toshiro


J'avais appris pour le procès, et je dois dire, ma surprise était à son comble. Mais une question me tiraillait, et Karin ne rentrait pas … Soudainement, le Capitaine Hirako arriva dans mon bureau en Shunpo, totalement soûl, tenant Karin dans ses bras. Je me précipitais vers elle, et sentis brutalement son odeur.


Moi : Vous l'avez fait boire !!

Hirako : Ou-ouais ! Et elle a une sacrée descente cette pitite ! Ze l'aime bien !

Moi : Mais c'est pas possible.


Je la pris à mon tour, et congédia Hirako, qui partit. Karin empestait l'alcool ! Je la posais alors sur le canapé. Elle sembla se réveiller un peu, et quand elle me vit, elle fit un grand sourire.


Karin : Zeuh … Tossiro !!

Moi : Pardon ?!

Karin : Tossirooo !! Ze t'aime beaucoup beaucoup !

Moi : Karin … T'es complètement soûle. Faut que tu te reprennes !

Karin : Ze … Ze suis pas soûle ! Méssant !! Ze vais … hic ! … très bien …


Je soupirais de découragement. Même saoule, elle pouvait être chiante !


Moi : Combien font cinq fois trois ?

Karin : Zeuh … C'est pas marrant les maths !! Ze … Ze te veux toi !

Moi : Pardon ?!


Sans prévenir, elle se mit soudainement sur moi, me faisant tomber à terre, et m'embrassa avec fougue et passion. Je voulus y répondre, mais elle n'était pas dans son état normal ! Je n'avais pas le droit. Alors, je la repoussai, la plaquant contre le sol, et elle afficha un sourire taquin.


Karin : Ze … Tu aimes bien … hic ! … prendre les devants ? Tossiro !


Je me levais, pris la cruche d'eau et la déversa sur sa tête. Ça eut l'effet escompté. Elle prit une grande inspiration, et sembla retrouver ses moyens. C'est ce que je faisais avec Matsumoto. Et ça marchait à tout les coups … Karin regarda autour d'elle, déboussolée, avant de porter son regard vers moi. Quand elle vit que je tenais le récipient, ses yeux semblaient lancer des éclairs.


Karin : Toshiro !! Qu'est-ce-qu'il t'as pris ?!

Moi : T'étais soûle, j'ai voulu te réveiller.

Karin : Que … ? Ah oui ! Le bar avec Shinji …


Je soupirais, et reposais la cruche avant de m'agenouiller face à elle.


Moi : Karin.

Karin : Oui ?

Moi : Pourquoi, quand tu t'es faite agressé par Hinamori, tu ne t'es pas défendue ?


Son regard se ferma alors, mais je perçus pourtant une pointe de nostalgie.


Karin : Je … Tu avais dit que tu ne pardonnerais jamais à la personne qui lui faisait du mal … Alors … Je … Je voulais pas perdre ton amitié et …


Je la fixais, coi. Elle s'était laissée frappé pour … moi ? Non mais quelle … !


Moi : Idiote.

Karin : Pardon ?

Moi : Tu n'es qu'une idiote Karin Kurosaki ! Je ne pardonnerais jamais à la personne qui fait du mal à Hinamori, et encore moins à celle qui te fait du mal !

Karin : Toshiro …

Moi : Tu comprends pas que tu es très importante pour moi ?!

Karin : Je …


Elle afficha alors un doux sourire et m'enlaça tendrement. Je répondis à cette étreinte. Mais encore une fois, je n'eus pas le courage de lui dire mes véritables sentiments …