26. Explications et conséquences

par Black Demons


Vingt-six


Point de vue Toshiro


Je me rendais à la chambre de Hinamori, où elle était enfermée. En effet, en prévenant la 4eme Division, Saya avait aussi appelée la 6eme Division. Désormais, il fallait que l'on s'explique. Deux shinigamis étaient à la porte, et ils baissèrent la tête en signe de respect quand ils me virent.


Moi : Laissez-moi entrer.

: Oui.


Ils s'écartèrent et me laissèrent entrer. Mon amie d'enfance était sur son lit, recroquevillée sur elle-même, ses bras entourant ses jambes. Quand elle me vit, elle se redressa. Je pris une chaise et la plaça face au lit, avant de m'asseoir dessus, regardant Hinamori. Nous nous affrontâmes du regard quelques minutes avant que je ne brise le silence, sérieux et froid. Si seulement vous saviez comme j'ai envie de la faire souffrir, comme elle a fait souffrir Karin … Mais je ne peux pas, sinon, je serais comme elle.


Moi : Pourquoi as-tu fait ça, Hinamori ?

Hinamori : Parce que …

Moi : C'est pas une réponse.

Hinamori : Elle t'avait volé à moi !!


J'écarquillais les yeux, coi face à cette réponse pour le moins … étrange.


Moi : Pardon ?!

Hinamori : C'est vrai ! Je suis amoureuse de toi, Shiro-chan ! Mais tu n'en t'es jamais rendu compte ! Puis, enfin, tu es sorti avec moi. J'étais la femme la plus heureuse du monde ! Mais quelques jours plus tard, tu m'as plaqué et tu es redevenu proche d'elle ! Je ne pouvais pas …


Elle éclata alors en sanglots, mais bizarrement, je ne ressentis rien. Enfin, si : de la pitié, du dégoût pour cette femme que je pensais connaître. Ainsi que de la surprise vis-à-vis de ses sentiments envers moi. Mais Hinamori continua :


Hinamori : Je ne pouvais pas te laisser à elle sans me battre !!

Moi : Mais tu n'étais pas obligée de la frapper jusqu'à mort !!


J'avais soudainement hurler, me fichant pas mal des gardes dehors, et m'étais levé brusquement de ma chaise. La température de la pièce chuta brutalement, je m'en rendais compte. Le reiatsu se concentrait autour de moi, et je dus me calmer pour qu'il ne fasse pas trop de dégâts. Mais mon regard avait fait tressaillir Hinamori, et je me rendis compte qu'il devait être à glacer le sang.


Hinamori : Shiro-chan … Calmes-toi …

Moi : Comment puis-je me calmer alors que tu as envoyé à l'hôpital la fille que j'aime !!


Sur le coup, je n'avais pas mesuré mes mots. Mais ce fut quand les yeux de Hinamori s'agrandirent, puis restèrent bloqués que je m'en rendis. Elle baissa ensuite les yeux, et afficha un petit sourire de regret.


Hinamori : Alors, c'est d'elle que tu es amoureux ?

Moi : Je … Ouais.

Hinamori : Je vois … Et je suppose que quand tu es sorti avec moi, c'était juste pour la rendre jalouse … ?

Moi : Je suis désolé …


Elle ne répondit rien, mais son corps trembla légèrement. Elle pleurait. Je voyais ses larmes couler sur ses joues. Pourtant, elle continua, faiblement et la voix cassée :


Hinamori : Toshiro …

Moi : Oui ?

Hinamori : Peux-tu me rejeter ?

Moi : Pardon ?!

Hinamori : S'il te plaît … Rejette-moi convenablement, et je te laisserais tranquille. Non … Je vous laisserais tranquilles, toi et Karin.


Je la fixais, me demandant si elle avait une quelconque arrière-pensée. Mais elle semblait sincère. Je soupirai et acceptai. Hinamori leva ses yeux noisettes embués de larmes vers moi et me fit sa déclaration.


Hinamori : Toshiro … Est-ce que tu veux bien sortir avec moi ? Je t'aime …

Moi : Je … Désolé Hinamori. Je ne peux pas. J'en aime une autre …


Elle rebaissa la tête mais sur ses lèvres se dessina un sourire satisfait, presque heureux. Elle posa ses mains sur ses genoux. Quand elle parla, sa voix fut froide, sans aucun sentiments.


Hinamori : Tu peux me laisser maintenant.

Moi : Je suis désolé, Hinamori.


Sur ce, je sortis de la pièce, remettant la chaise à sa place en chemin. Les shinigamis qui surveillaient la porte me regardaient étrangement, et je devinais qu'ils avaient entendus toute la conversation. Je soupirais de lassitude. Tant pis … Au moins, Karin saura peut être que je l'aime grâce au Seireitei et ses ragots. Enfin, si elle se réveille … Précipitamment, je shunpotai en direction de la 4eme Division, et la Capitaine Unohana elle-même me reçut. Aussitôt, l'angoisse me prit, une boule dans mon ventre se forma.


Moi : Il y a un problème avec Karin ?

Unohana : Et bien … Elle a reçu de nombreux coups, et ses lésions sont importantes.

Moi : Dites-moi clairement ce qu'il se passe, bon sang !

Unohana : Capitaine Hitsugaya, calmez-vous je vous prie.


Elle affichait un sourire rassurant, ce qui contrastait avec son aura étrangement effrayante, vous glaçant le sang. Je me calmais aussitôt.


Unohana : Merci. Votre amie Karin est dans le coma.

Moi : Pardon ?!


Mon monde s'écroula autour de moi. Car mon monde, c'est elle. Savoir qu'elle est dans le coma me brisa toute mon âme.


Unohana : Je suis désolée.

Moi : Je peux aller la voir ?

Unohana : Oui, si vous voulez.

Moi : Merci.


Je la dépassais, après qu'elle m'eut donné le numéro de la chambre, et gravis deux étages, pris quelques tournants et arrivais enfin. La chambre 375. Prenant une inspiration pour me donner du courage, j'ouvris la porte, dévoilant sans sentiments Karin. Elle était sur son lit, personne d'autre avec elle. Je fermai la porte et me rapprochai. Elle était d'une beauté morbide. Son teint plus pâle que d'ordinaire lui donnait un air de Déesse, ses cheveux d'ordinaire de jais mais violet en ce moment éparpillés sur son oreiller. Je m'installa sur la chaise aux côtés du lit et pris sa main froide dans la mienne. Un tube était fixé à son nez, l'aidant sûrement à respirer. Je dessinais des petits ronds sur sa main, légers et imaginaires. Je la contemplais dormir. Elle paraissait si paisible … Mais la dure et cruelle réalité me rattrapa, et je serrais plus fort sa main, dans l'espoir qu'elle se réveille à ce simple contact. Mais je rêvais n'est-ce pas ? Oui … Elle m'a déjà abandonné de nombreuses fois … Il y a 6 ans, quand elle s'est transformée en Vasto Lordes, dans ses comas … Je réalisai alors que c'était la deuxième fois qu'elle était dans le coma. Merde Toshiro ! Tu t'es juré de la protéger, et au contraire, à cause de toi, elle se blesse encore plus ! Abruti ! Pauvre con ! Sale égoïste ! Je continuais à m'insulter mentalement pendant au moins dix bonnes minutes, jusqu'à ce que je n'eus plus d'injures. Seulement, je ne pouvais pas me décider à l'abandonner … Même si c'est la meilleure solution … Soudainement, je sentis une main se poser sur mon épaule et je tournais vivement la tête vers la présence derrière moi. Ai. Elle m'adressa un faible sourire, mes ses yeux rouges exprimaient toute la souffrance qu'elle ressentait en ce moment même. Mais je suppose que mes yeux aussi exprimaient aussi la douleur de mon cœur désormais meurtri. Elle prit place sur le fauteuil face à moi, de l'autre côté du lit, et caressa le bras dénudé de son amie affectueusement.


Ai : Je suppose que vous vous demandiez si vous deviez briser les ponts avec elle, n'est ce pas ?


Je levais abruptement les yeux vers la brune, qui continuait à regarder son amie. Puis elle me regarda de nouveau.


Ai : Vous savez, vous ne devriez pas penser à des choses comme ça. Vous savez sûrement comment est Karin : elle tentera tout pour comprendre pourquoi vous l'avez fait, et si jamais vous lui expliquez, elle vous traitera d'idiot et mettra tout sur sa faute.


Ai avait raison. Ça se passerait comme ça, en tout point. Elle est si déchiffrable … Pas possible cette fille quand même ! Je retournais mon regard vers elle, vers cette fille que j'aime.


Ai : Capitaine, vous êtes important pour elle. Vous tenez vraiment une place spéciale dans son cœur, même si elle ne vous l'avouera jamais.

Moi : Je sais …

Ai : Capitaine.


Sa voix était devenue grave, posée et inquiétante. Je levais encore une fois les yeux vers elle.


Ai : Est-ce que vous êtes amoureux d'elle ?


Sa question me stupéfia, mais en même temps, je me sentis soulagé. Je pouvais enfin partager mes sentiments avec quelqu'un d'autre que ma conscience.


Moi : Oui …


Parce que j'avais les yeux rivés sur le visage de Karin, je ne vis pas que Ai jubilait de joie de son côté, malgré le côté dramatique du moment.


Ai : Pourquoi ?


Son timbre était toujours le même. Sérieux et légèrement froid, ainsi qu'avec une pointe de tristesse.


Moi : Je ne sais pas … Disons que je la connais depuis longtemps … Et il y a quelque chose en elle qui m'attire. Elle est … comment dire … chiante. Mais en même temps, c'est ce qui fait son charme : toujours déterminée, toujours prête à aller sauver ses amis, à les aider, n'abandonnant jamais … Oui, je l'aime pour ça.


Ai garda le silence.


Ai (pensées) : Ainsi donc, leur amour était réciproque ? Pourquoi ne se le disaient-ils pas alors ? Ils étaient fous l'un de l'autre, ça se voyait comme une boîte aux lettres en plein milieu du cu … euh … d'un désert !

Ai : Et bien, j'espère pour vous que vos sentiments soient partagés.


Je sentis le sang monter à mes joues, et la jeune fille afficha alors un petit sourire avant de quitter la chambre, me laissant seul avec Karin.


Point de vue Karin


Encore une fois dans le coma ! Oui, je sais, je deviens une habituée ! Encore ce noir si intense, impénétrable … Bref. Comment j'avais fait la dernière fois moi ? Ah oui ! J'avais entendu la voix de Toshiro, et la lumière est apparue ! Bon, ben, simple alors ! J'ai plus qu'à me concentrer sur les bruits alentours ! … Rien … Bordel ! Tout ça à cause de cette p*** de Hinamori de mes deux que je n'ai pas ! En plus, pourquoi elle m'a tabassé ? Bon, d'accord, à cause de moi, elle s'est fait de faux espoirs entre sa relation entre elle et Toshiro, mais j'y peux rien ! Et puis, moi aussi je suis amoureuse de lui, et pourtant ! Et pourtant … Je suis amoureuse de lui … Et je ne lui avoue rien … Rien du tout … Alors qu'il se pourrait qu'il ait les mêmes sentiments pour moi … C'est vrai, après tout, c'est lui qui fait toujours le premier pas pour m'embrasser. Alors, peut-être devrais-je tout lui dire ? Je n'en sais rien, je suis perdue. Mais le moment de la guerre approchait à grands pas. Et puis, il ne restait plus que deux semaines avant de rentrer chez nous, chez les Crossbreed. Je repensais alors à tout mes amis : mes camarades de classe, la boulangère si gentille, mon institutrice sévère mais juste, le facteur toujours souriant … Je repensais à ces personnes qui m'avaient adoptée. Adoptée … Ookami. Elle qui m'a ramenée à la vie, qui a fait de moi sa sœur, son amie. Tout ces gens auxquels je suis attachée … Tout comme Ai, DJ, Saya ou Dosan. Mais un choix s'imposait à nous : quel parti prendre lors de cette guerre ? Les Crossbreed, qui nous ont vu grandir, mûrir, devenir ce que nous sommes ; ou les shinigamis, nos ennemis naturels mais pourtant si sympathiques, ces gens auxquels nous nous sommes attachés, au point d'être avec eux, ou d'être leur enfant … Pourquoi faut-il que cette guerre se passe ? Mais notre peuple avait confiance en nous. Et les Sept Conseils nous considéreront comme des traîtres si nous prenions le parti des shinigamis, ce qui me semble logique, ou que nous demandions de ne pas provoquer la guerre. Ces fameux Sept Conseils … Une organisation des meneurs des Crossbreed sur différentes sections comme l'économie, la santé ect. Un peu comme les ministres sur Terre ! Je me sentis lasse, et soupirai avant de lever la tête, n'ayant aucun espoir d'apercevoir des étoiles ou une lumière. Non, juste, j'avais envie de la lever. Je revoyais toute ma vie devant moi, mon enfance sur Terre, la mort de ma mère, les esprits, ma mort en tentant de sauver Yuzu … Tiens, je me demande comment elle va. Ça fait longtemps désormais que je n'ai pas vu ma sœur. J'espère qu'elle avance, qu'elle ne se laisse pas ronger par ma mort. Même si ça fait six ans désormais. Puis il y avait ma rencontre avec Ookami … Aspirant à ce que tout aille bien entre elle et mon frère. Peut-être vais-je devenir tata, qui sait ? Puis mes amis … Toujours autant … eux ! Notre mission, le fait de revoir Toshiro, ma rencontre avec Matsumoto, et tout ce qui a ensuivi … La mise en couple entre Byakuya et Ai, l'adoption de Hitomi … Faudrait qu'ils se marient d'ailleurs ces deux-là ! Même si je sais que c'est impossible, tout comme Ai. Puis la venue de mes protecteurs … Qui n'ont pas été là quand j'avais besoin d'eux tiens ! Mais je suppose qu'ils étaient convoqués chez leurs mystérieux supérieurs. Et le bal aussi … De bienvenue. Quand j'ai dansé un slow avec Toshiro. Oui, il s'est passé de nombreuses choses, mais pas que des belles, je peux vous l'assurer. La tentative de viol de Shirotsume, la vengeance de Hinamori ou le Vasto Lordes au Hueco Mondo. Au final, j'ai vécu plus de choses au Seireitei en ces deux mois et demi que les six ans dans la cité où reposaient les Crossbreed. Une larme coula sur ma joue, puis deux, puis trois … Je ne savais pas pourquoi je pleurais. Mais j'avais ce sentiment de solitude constant et ferme. Je me sentais vide, j'avais envie de revoir les visages souriants de mes amis. Est-ce possible ? Je l'espère. Alors que je ruminais, je vis encore une fois, mais tout aussi soudainement, une forte lumière, qui m'absorba.


Point de vue Toshiro


Voilà près de six jours que Karin était dans le coma. Je ne bougeais plus de la chaise, au risque de me faire réprimander par la Capitaine Unohana. Pourtant, au bout du deuxième jour seulement, elle arrêta, en soupirant avec lassitude. Mais je ne pouvais me détacher de sa main. L'on m'apportait à manger, l'on m'offrait un matelas.


Lors d'une belle matinée, des gouttes de rosée sur les feuilles, les fleurs et les brins d'herbe, je sentis la main de Karin remuer un peu. J'étais encore endormi, et immerger de mon sommeil me semblait assez difficile. Pourtant, une voix m'appela, et je me réveillais et redressais aussitôt. C'était la sienne !


Karin : Toshiro ?

Moi : Karin ! Mon Dieu, t'es enfin réveillée !

Karin : Je … Ouais … Encore une fois !


Puis elle partit dans un petit rire, et je me permis de sourire. Je serrais mon emprise sur sa main, et elle dériva son regard sur nos deux membres liés, puis sur moi. Son regard inquisiteur, ses yeux si profonds et beaux, ses lèvres si douces … Sans vraiment savoir ce que je faisais, je me penchai vers elle et l'embrassais. Elle me fixa, surprise, avant de fermer ses paupières et répondre à mon baiser. Nous nous embrassâmes, nos langues jouant fougueusement entre elles. Je sentais des papillons dans mon ventre, puis une chaleur un peu désagréable plus bas. Oups ! Mauvais signe. Je rompis brutalement cette embrassade, sous le regard surpris de Karin, qui piqua un fard, comme moi d'ailleurs.


Karin : Je .. Désolée … Je ne sais pas ce qu'il m'a pris ! Oublies ça tu veux ?


Je me figeai brusquement. Oublier ce baiser ? Pourquoi Karin ? Ne veux-tu pas me laisser une chance ? Une seule ? Sans un mot, je me levais et sortis de la chambre, sentant le regard de Karin dans mon dos. Je refermais la porte et glissai le long du bois, mes jambes pliées, mes coudes sur mes genoux, ma tête entre mes mains. Je sentais le regard des infirmiers et infirmières sur moi mais m'en fichait. Complètement. Alors, sans attendre, et ayant envie de me défouler, je quittais le bâtiment en Shunpo pour arriver dans la grotte où j'avais acquis entièrement Hyorinmaru, et laissa déferler ma colère, ma peine, mon désir pour elle qui m'avait submergé à cet instant, cette honte, ce dégoût que je ressens envers moi-même pour cette envie de faire de son corps pur ma possession, marquer ma trace sur sa peau. Oui, je me détestais pour ça. Alors, je fis passer tout ses sentiments, au risque de geler les alentours.


Point de vue Karin


Il m'a embrassé, j'y ai répondu. Nous nous sommes embrassés, il s'est stoppé. Je lui ai demandé d'oublier, il est parti. Je suis seule, je me sens conne. Voilà comment résumer ce qu'il s'est passé quelques heures plus tôt. Mais merde quoi ! Pourquoi je lui ai dis ça moi ! Et pourquoi il s'est stoppé lui ?! Quel crétin ! Parce que le désir montait en lui ? Et bien moi aussi tiens ! Je … Oui, je sais, c'est complètement pervers, mais j'en avais aussi envie. Envie de me donner à lui, là, dans cette chambre d'hôpital. Par rapport à sur Terre, dans l'entrepôt, je n'avais plus peur. Peut être est-ce Hinamori qui m'a ouvert les yeux ? Je n'en sais rien. Je suis perdue … Définitivement perdue …