20. Situation critique

par Black Demons

Vingt




Point de vue Karin


Nous étions arrivés. A Karakura. La ville de mon enfance, celle qui m'a vu naître et grandir. Jusqu'à ma mort. Toshiro avait tenu sa promesse. Nous étions dans une forêt isolée. Mais contrairement à lui, je n'étais pas un fantôme invisible. Non, j'étais bel et bien dans un corps humain, le sang coulait dans mes veines, mon cœur battait. Quand il vit ça, Toshiro fut stupéfait.


Toshiro : Comment tu … ?

Moi : Mon corps s'adapte en fonction de mon environnement. Sur Terre, je suis humaine. A la Soul Society, je suis un esprit.


Il paraissait ébahi par mes dires, comme si je venais de lire une nouvelle Bible et que c'était un grand croyant. Certes, au début aussi, ça m'avait déconcertée. Puis c'est passé tout seul. En bref, j'étais redevenue vivante. Et Toshiro restait un esprit. D'ailleurs, il dut s'en rappeler, bien que ce soit difficile à oublier, et partit en direction du magasin de Urahara en Shunpo, me laissant seule dans cette forêt. Je restais donc attendre, comme une cruche si l'on peut dire, que mon ami revienne. Il devait sûrement être face aux questions tordues de Urahara, et tentait vainement de s'échapper. Puis il obligerait le vieux au bob de lui donner son Gigai, et il partirait ensuite. Puis il partira en courant, pour me retrouver et il sera là dans environ un quart d'heure. Je me mis à compter les minutes, assise sur un tronc. Je pouvais aller le chercher aussi, mais je n'en avais pas envie. Et puis, c'est marrant de le voir essoufflé. Non, je ne suis pas sadique ! Loin de là ! Mais qui n'a pas rêvé de voir un beau gosse essoufflé et mouillé juste pour toi ? Je me mis direct une claque mentale.


Moi (pensées) : Bon, Karin, tu te reprends ma vieille ! Arrête de fantasmer !


Je me parle à moi-même … Ça ne m'était jamais arrivé ! Ou peut être une ou deux fois, je sais plus … Bref. En effet, comme je l'avais prédit, Toshiro arriva un quart d'heure plus tard, essoufflé. Il me regarda, le souffle saccadé, tandis que moi, j'étais tranquillement assise.


Moi : Hey ! T'en as mis du temps ! C'est con de pas pouvoir le Shunpo dans un Gigai !

Toshiro : Toi …

Moi : Ne t'inquiètes pas, je ne me suis pas ennuyée ! Mais merci de demander !


Je me moquais de lui et il voyait rouge. C'était drôle.


Toshiro : Bon, on va loger où ?

Moi : Pardon ?

Toshiro : On va loger où ? Parce que faire une expertise, ça prend du temps !

Moi : Ah bon ? Combien environ ?

Toshiro : Je sais pas … Deux, trois jours.

Moi : C'est tout ? Je m'attendais à genre une semaine ou un truc dans le genre !

Toshiro : Comme quoi. On peut pas aller chez ceux que tu connaissais, ils te reconnaîtront.

Moi : On peut aller chez moi, si tu veux.


J'eus en ce moment précis, un moment de solitude. Toshiro me regarda comme si j'étais la dernière des connes, et je dois l'avouer, je détestais ça ! Comme tout le monde je pense !


Toshiro : J'ai dit que …


Je me levais, le regardant droit dans les yeux. Regarder une fille comme si elle était idiote, pas bon. Pas bon du tout même ! Il a de la chance que je ne le foute pas à terre.


Moi : J'ai entendu et j'ai compris ce que tu as dit, Toshiro. Mais je ne parle pas de la maison Kurosaki mais d'une autre que j'ai occupée pendant un certain temps.


J'avais accentué sur le « et j'ai compris » pour qu'il sache que je ne suis pas une cruche, et je parlais de l'endroit où Ookami et moi-même, nous avions habité lorsque nous étions sur Terre. L'entrepôt. Toshiro me fixait bizarrement, ne semblant pas comprendre, et cette fois-ci, ce fut moi qui le regardait comme si il était le roi des cons. Ça fait du bien de se venger quand même !


Moi : Suis-moi.


Je le dépassais alors et il me suivit. D'après ma connaissance de Karakura, je n'étais pas si loin au fait de l'entrepôt. Et il s'avérait que mon intuition ne m'ait pas trompée. Au bout de seulement une demi-heure de marche en direction du nord, nous arrivions face au bâtiment qui m'avait logé durant quelques semaines. Rien n'avait changé. Toujours ces murs de béton immenses, et cette grande porte de métal servant d'entrée et de sortie. Tandis que Toshiro admirait cette jolie bâtisse, je cherchais la clé. Comme je m'y attendais, elle était toujours à la même place. Dans une fissure du mur. Je la pris et la fis entrer dans la serrure de la porte, faisant signe à Toshiro de venir. Un petit bruit sourd et la porte fut déverrouillée. Je la poussais et entrais. Oui, comme avant. Un escalier de fer contre le mur à mes côtés, montait à une longue et large plate-forme au sol de métal, qui longeait deux murs. A cet étage, c'était les chambres, bien qu'il n'y avait rien pour différencier mon espace de celui à Ookami. Au rez-de-chaussée, face à moi, se trouvait la cuisine, le salon, la salle à manger, le terrain d'entraînement. En vérité, tout était éparpillé. Un canapé par ci, un fauteuil par là. On avait juste réussi à séparer à peu près les endroits. La cuisine se trouvait contre un mur, le terrain d'entraînement au fond, la salle à manger et le salon face à la cuisine, un peu sous l'étage. Deux hautes fenêtres éclairait l'entrepôt. Au fond, il y avait aussi une porte. Elle menait à la salle de bains. Je posais mon sac à côté de la porte et me dirigeais vers le frigo. Heureusement que nous n'avions rien laissé, sinon, ce serait une infection. Toshiro étudia les lieux, comme s'il s'attendait à voir surgir de nulle part un Hollow. N'importe quoi.


Moi : Bon, t'as fini ?

Toshiro : De ?

Moi : De regarder l'entrepôt comme s'il était hanté ! Y a rien ici ! Même pas un rat ! Viens plutôt !

Toshiro : Pour faire quoi ?

Moi : Les courses ! Il n'y a plus rien à manger et je n'ai pas très envie de jeûner.


Sans qu'il ne puisse répliquer, je le pris sans douceur par le bras et le traînais dehors. Parce que juste à sa tête, on voyait clairement que ça ne l'enchantait pas. Argent en poche, nous nous dirigeâmes vers le centre-ville pour acheter quelques trucs. Je ne me souciais pas de rencontrer des personnes que je connaissais avant, et pour une fois la chance me sourit. Je ne croisais que des inconnus ! Dans un hypermarché, j'achetais des conserves, des céréales, du lait ect. Toshiro, quant à lui, s'ennuyait ferme. Il me regardait choisir les produits, et répondait par des monosyllabes aux questions que je lui posais. Tss … Quel enthousiasme ! Par la même occasion, j'achetais un DVD pour Matsumoto, qui en voulait un. Romance, drame … Tout pour lui mettre dans la tête des idées de comment-mettre-en-couple-deux-personnes-pour-que-ça-figure-dans-le-journal-et-pour-la-communauté-des-femmes-shinigamies. Enfin bon. On ne va rien dire hein ! Ensuite, je pris quelques fringues, pour Toshiro et moi, bien que le jeune homme ici présent à mes côtés ne montre pas un grand intérêt. Tant pis pour lui si il se retrouve en robe ou en tutu. Non mais ! Après avoir payé, nous sortîmes de l'hypermarché et rentrâmes à l'entrepôt. Je mis les produits à leurs places, tandis que Toshiro … ne foutait rien. Il ne savait pas tellement où se mettre. Je soupirais d'agacement et de lassitude face à son comportement, totalement blasée.


Moi : Tu sais Toshiro, t'as le droit de faire un truc.

Toshiro : Comme ?

Moi : Comme … Euh … Ah ! Mettre des draps sur les lits ! Les couettes, et tout. Les draps sont dans l'armoire à côté du canapé.


Contre le mur, aux côtés du canapé se trouvait une grande armoire de métal gris, où à l'intérieur se trouvait multiples choses : draps, matériel de nettoyage … Toshiro prit des draps au hasard, sur la pile et monta ensuite l'escalier de fer, dont les marches résonnaient. Arrivé en haut, il posa la pile de draps et regardait les lits.


Toshiro : Euh … Karin ?

Moi : Oui ?

Toshiro : Y a qu'un lit double !

Moi : Hein ?


J'étais perplexe. Un lit double ? Puis je me souvins. Ookami avait cassé son lit et le mieux était pour le moins … défectueux. Nous avions décidé d'en prendre un double, l'on ne voyait pas le problème puisque nous étions deux filles. Mais là … Ça s'avère être un problème assez … grotesque ? Ridicule ? Hilarant peut être ? Je montais rejoindre le Capitaine et regardais le lit double, les bras croisés.


Moi : Ah oui. En effet.

Toshiro : C'est tout ce que ça te fait ?

Moi : Bah, c'est pas la fin du monde ! Et puis, on a dormi plein de fois ensemble ! Ça changera pas vraiment !


Toshiro rougit et marmonna des trucs incompréhensibles. Je me retenais de rire et redescendais. Le soleil allait bientôt se coucher, et je préparais le dîner. Ce fut un petit … dilemme jusqu'à ce que Toshiro arrive et fasse la cuisine. Je le regardais faire, surprise et ébahie. J'avais jamais vu un mec cuisiner ! Ça fait bizarre … Mais c'est plaisant … Et une gifle mentale, une ! Peut être deux tiens … Non mais ! C'est pas bien de fantasmer sur son Capitaine et ami. C'est comme si Yuzu fantasmait sur son prof de physique ou sur son meilleur ami ! Ce serait … Bref ! N'y pensons plus ! Tandis que Toshiro cuisinait, je pris ma douche. Tout était comme avant … Sauf qu'à la place de Ookami, y avait Toshiro. Sous les jets d'eau chaude, je soupirais et fis un sourire, la tête contre le mur de douche. Ça n'arrivait qu'à moi les trucs comme ça … Tomber amoureuse de Toshiro, fantasmer sur lui, aimer le contact de sa peau … Mais il y avait Ai aussi. Elle aussi était amoureuse d'un Capitaine, son Capitaine de surcroît, mais elle sortait avec lui, envers et contre tout. Il avait même une fille ! Adoptive certes, mais une fille. Pourquoi je doutais ? Pourquoi je ne disais pas à Toshiro « Je t'aime ! » et observais ensuite ses réactions ? Pourquoi je ne pouvais pas tenter ma chance ? Tout simplement parce que j'étais lâche. Je ne voulais pas avoir à supporter son regard, ses réactions … J'avais peur que tout ce que je dise gâche tout. Notre amitié, notre complicité … Peut être ressentait-il les mêmes sentiments que moi, mais ça me paraissait impossible. Il me voyait sûrement comme son amie, rien de plus, rien de moins. Et puis, il y avait cette guerre aussi … Crossbreed vs Shinigami. Comment pourrais-je faire pour le combattre ? Comment Ai fera pour combattre ? Comment Ookami combattra ? Elles devront choisir entre leurs sentiments et leurs patries. Tout comme moi. Mais pour l'instant, ça reste un dilemme de choix, une question dont je n'ai pas encore la solution. Puis je remarquais alors mes doigts fripés à cause de l'eau et sus que j'étais restée trop longtemps sous la douche. J'éteignis les jets et sortis, entourant autour de mon corps une serviette. C'était dans cette tenue que Toshiro avait réalisé que c'était moi … Dans cette tenue aussi qu'un shinigami nous avait vus et s'était imaginé toute sorte de choses, juste après la tentative de viol de Shirotsume sur ma personne … Je séchais mes cheveux et m'habillais. Puis je quittai la salle de bains et pénétrais dans l'entrepôt. Le repas était dans des assiettes, sur une pile de caisses empilées, juste à bonne hauteur pour servir de table. Toshiro mangeait, et je le rejoignais. C'était bon. Pas autant que les plats de Yuzu mais pas loin. Nous parlâmes de tout et de rien, puis débarrassâmes. Toshiro alla se doucher, tandis que moi, j'allais dormir. J'étais exténuée. Entrant dans les couvertures, je m'endormit aussitôt.


Point de vue Toshiro


Je venais de sortir de la salle d'eau, et constatais que les lumières étaient éteintes. J'appelais alors Karin, qui ne répondit pas. C'est quand je montais les escaliers que je la vit, dans le lit en train de dormir. Je m'assis à mes côtés sans la réveiller et l'admirait. Elle semblait si douce et paisible … Une claque mentale pour toi, mon vieux ! Bon Dieu, je dois bien être le seul à faire ça ! Je repensais à son cauchemar sur ma mort … C'était assez gore. Sans un bruit, je me faufilais sous les couvertures et regardais encore celle que j'aimais mais dont je n'avais pas le courage de lui dire. Tss … Quel mec pitoyable je fais ! Comment Kuchiki avait fait pour dire à Ai ce qu'il ressentait ? Quand je les voyais, je m'imaginais comme ça avec Karin, mais cet idéal n'arrivera jamais. Elle me voyait comme un ami, bien qu'il y eut quelques baisers entre nous … Mais ce n'était pas sérieux pour elle. Tandis que moi … Sans pouvoir résister, je lui fis un baiser sur la joue. C'était piètre, je sais. Je pourrais l'embrasser vraiment, mais je ne voulais pas lui en voler encore. Alors, c'était la joue. Pourtant, juste après, je vis Karin sourire. Une coïncidence, rien de plus. Elle devait rêver de quelque chose de bien … Peut être d'un homme … A cette idée, mon cœur se serra et je mis dos à elle, me forçant à m'endormir.


Point de vue Karin


Voilà deux jours que nous étions sur Terre. Nous avons vaincu bon nombre de Hollows, et Toshiro a pu faire un rapport sur la densité de ces monstres à Karakura. C'était stable, les amis de mon frère pouvaient s'en occuper facilement. C'était le soir, et nous avions terminé de manger. Dehors, la pluie battait son fort, cognant contre les carreaux des fenêtres et contre la porte. Ça me rappelait quand Toshiro m'avait embrassé, juste après l’événement Shirotsume. Il m'avait dit quelque chose que je n'avais pas compris, et ne l'avait pas répété. C'est bête parce que j'aurais bien voulu savoir ! C'était peut être important ! Après avoir débarrassé, nous allions tout les deux sur le lit double, nous asseyant.


Moi : Et dire que demain, on rentre ! On pourra voir le film que j'ai acheté pour Matsumoto avec les copines !

Toshiro : C'est pas un truc guimauve ton film ?

Moi : Si, pourquoi ?

Toshiro : Ben, avant, t'étais pas trop le genre …

Moi : Ah mais ne t'en fais pas, ça a pas changé ! Je regarderais juste pour me foutre des acteurs ! Et puis, j'en ai pris un autre. D'horreur.

Toshiro : D'accord. Ben, j'espère que tu t'amuseras bien !

Moi : Tu regarderas pas avec nous ?

Toshiro : Nan, désolé. Mais j'ai du travail tu sais.

Moi : Mouais … Dis plutôt que t'as peur de voir '' Absolute Horror '' !


Ce film avait l'air flippant, je vous jure ! Déjà, sur la couverture, l'on voyait soit des membres découpés dans des bocaux, ou une fille sans yeux … Bref, vous voyez le genre ? Style interdit au moins de 20 ans. Même si ça n'existe pas. Toshiro me fixa de ses yeux moqueurs.


Toshiro : Moi ? Avoir peur de ce genre de films ? Tss … J'ai vu des trucs bien pires donc hein !

Moi : Allons donc !


Je le regardais dans les yeux, moi aussi moqueuse. Et nos regards se croisèrent. Je n'arrivais plus à me détacher de ses yeux, je ne voulais plus quitter cette couleur azur glaciale. Non … Nous restâmes durant de nombreuses minutes comme ça, à nous regarder dans les yeux. Puis mon regard dériva lentement et brièvement sur ses lèvres. Comme j'avais envie de l'embrasser. Son regard se détourna aussi sur mes lèvres, bien que je ne m'en rende pas compte. Puis je revins sur ses yeux pour me perdre, et il m'embrassa vivement, à pleine bouche.


Point de vue Saya


Karin était partie. J'étais avec Ai et Dosan, DJ ne se sentant pas d'humeur. D'ailleurs, ça nous inquiétait un peu, son attitude. Nous étions sous le cerisier, notre endroit.


Ai : Je me demandes comment va Karin. Ou qu'est ce qu'à DJ.

Moi : Pareil …

Dosan : Elle est peut être amoureuse …


Ai et moi, nous le regardions, effarées. Et le pire, c'est que c'était pas con du tout. Bien que je vois mal DJ amoureuse de quelqu'un.


Ai : Ça ferait bizarre …

Moi : Ouais …

Dosan : Et pourquoi ?

Moi : Imagine DJ, notre DJ, celle qui pense qu'à sa musique, aux bras d'un homme et en train de glousser.

Dosan : Enfin, y a deux mois, si je t'avais dit d'imaginer DJ en dépression, tu m'aurais pas cru, or là …

Ai : Pas tort …


Nous soupirâmes en une synchronisation parfaite. Depuis que nous étions arrivés, c'était le bordel. DJ en dépression, Ai en couple avec un Capitaine, Karin amoureuse d'un Capitaine et en plus, elle subissait pas mal d'épreuves et moi, pourchassée chaque matin par des psychopathes. Quelle belle brochette nous avons là ! Il n'y a que Dosan qui n'a aucun problème. Enfin, si on met pas le fait qu'il s'était retrouvé dans un lit d'hôpital et en fauteuil roulant quelques jours après notre arrivée. Cette mission me tuait. Et nous ne récoltions que très peu d'informations sur les shinigamis. Ai ne mettait à chaque fois presque rien, et Karin oubliait. DJ, je ne savais pas, Dosan non plus. Et moi, mes rapports étaient minces. Mais le pire dans toute cette histoire, c'est que je commence à me lier d'amitié avec les shinigamis, nos ennemis.


Moi (chuchotant) : Chaque rencontre est une incarcération …

Ai : Pardon ?

Moi : Hein ? Euh … Rien !

Ai : Mouais …

Moi : Mais dis Ai.

Ai : Hum ?

Moi : Hitomi, elle va à l'école ?

Ai : Oui ! Enfin, des professeurs viennent la prendre en charge. Au frais de Byakuya !

Moi : Et dire qu'avant, tu le voyais comme, comment déjà ?

Dosan : Comme un type plein de fric, et t'avais qu'une envie : le tuer.


Ai marmonna des trucs dans sa barbe, et Dosan et moi rîmes, Ai nous rejoignant après. Elle n'était plus la délinquante aux yeux rouges d'avant, non, maintenant, c'était devenue une fille super, petite-amie et mère adoptive. Que de qualités !


Moi : Mais t'as rencontré la famille à Byakuya ?


Nous nous permettions de l'appeler par son prénom, tout comme le Capitaine Hitsugaya, Toshiro.


Ai : Ouais … Enfin, dans les grandes lignes. C'était à l'enterrement de la mère à Hitomi.

Moi : Ah … Pas super ambiance comme première rencontre.

Ai : Sûr. Mais Byakuya a réussi me mettre à l'aise.

Dosan : Pourquoi ? Tu l'étais pas ?

Ai : Non. Ça me faisait bizarre … De voir une famille …


Dosan et moi-même, nous nous tûmes. Que dire ? Ai se leva alors, percevant sûrement le malaise, et s'étira les bras, sur son visage, un grand sourire.


Ai : Bon, moi, je rentre. A toute !


Et sur ce, elle partit, me laissant seule avec Dosan. Alors, comment dire … Je suis amoureuse de lui ? Oui, c'est ça. Depuis pas mal de temps maintenant, et je ne l'ai jamais dit. Bon, que faire ? Nous étions seuls, et aucun de nous ne parlait. Tss … Que c'est gênant ! Puis je décidais de prendre la parole. Il eut la même idée.


Moi : Dosan, tu sais je …

Dosan : Saya, faut que je te dises que …


Nous avions parlé en même temps. La honte ! Au secours ! J'aimerais aller me coucher et ne plus jamais me lever tellement je me trouvais pathétique en ce moment. Qu'est-ce-que je ne donnerais pas pour qu'il y ait des psychopathes cinglés et armés jusqu'aux dents de la 11ème Division qui viennent juste là. Mais évidemment hein ! Ils sont pas là. Nous étions tout les deux gênés, et nous nous embrouillons dans nos paroles.


Moi : Je … euh …

Dosan : Je … Tu sais, je …

Moi : Euh … Commence, vas-y …

Dosan : Non, je t'en pries …

Moi : Non, c'est bon, commences !

Dosan : Euh … Ok. Alors, voilà.


Il prit une grande inspiration, comme si ce qu'il allait me dire était une chose, un truc incroyable.


Dosan : Je t'aime. Est-ce que tu veux bien sortir avec moi ?


D'une traite, comme ça. Il me prit au dépourvu. Puis je lui fis un immense sourire.


Moi : Moi aussi je t'aime ! Oui, je veux bien sortir avec toi ! Oui, oui !


Et je rigolais tellement j'étais nerveuse. Il rigola à son tour et nous nous embrassâmes, le sourire encré à nos lèvres. Enfin, je sortais avec lui.


Point de vue Ai


Je rentrais et vis Byakuya, assis sur une chaise en train de faire ses rapports. Tss … Toujours du boulot ces Capitaine. Il me vit et se leva, m'embrassant. J'y répondis et il me prit par la taille. Quand nous nous séparâmes, je regardais ses yeux noirs si mystérieux.


Byakuya : Qu'est-ce-qu'il se passe ?

Moi : Rien. Je t'admire.


Il afficha un léger sourire, sûrement l'un des rares qu'il attribuait au monde. Mais avec moi, et Hitomi, il montrait beaucoup de facettes de lui, de sa personnalité. Il me regarda dans les yeux. Yeux que je trouvais effrayants à cause de leur couleur : rouges. Ça inspire confiance ! Si jamais nous avions des enfants, j'espère tout simplement qu'ils hériteront des yeux de Byakuya. Je ne veux pas qu'ils aient à subir cette solitude horrible, cette sensation de faire peur à tout le monde.


Byakuya : Ai ?

Moi : Hum ?

Byakuya : Tu sais, je t'ai présenté ma famille … Quand tu me présenteras la tienne ?


Mon cœur se serra à ces mots et je dus me retenir de ne pas pleurer. Chose, réaction rare chez moi, je vous l'accorde mais comme quoi, je suis humaine. Enfin, je crois. Enfin, à moitié vu que je suis Crossbreed … Bref ! Je posais mon front contre le torse musclé de mon conjoint, et je sentis son regard empli d'inquiétude.


Byakuya : Ai ?

Moi : Je suis désolé, Byakuya …


Je relevais la tête vers lui, et le regardais. Les larmes avaient finalement réussi à détruire les barrières … Tss … Elles sont perspicaces. Byakuya me regarda, choqué, et essuya mes larmes. Je lui fis un petit sourire.


Moi : Désolé, Byakuya. Tu ne pourras jamais les rencontrer …

Byakuya : Comment ça ?

Moi : Ils sont morts … Je ne les connais pas …

Byakuya : Mais tu n'as pas eu de famille adoptive ?

Moi : Non. J'ai toujours été seule. Je n'ai jamais eu personne pour me consoler quand je pleurais à cause de mes yeux, de mon apparence.


Point de vue Byakuya


A ces mots, j'imaginais Ai, petite et seule, en train de pleurer dans le coin du cabane de bois désolée, dans le noir. Je la voyais, portant des haillons, qui ne correspondaient pas sa valeur. Je voyais ses yeux rouges, que je trouvais personnellement très beau, embués de larmes. Je l'imaginais, des blessures et des bleus sur son corps, causés par les cailloux que lançaient les autres enfants en sa présence. Je la serrais plus fort dans mes bras, souhaitant qu'elle comprenne que j'étais là pour elle.


Moi : Je suis désolé … Mais je peux t'assurer que si je t'avais rencontré quand tu étais petite, je t'aurais consolé.


Elle esquissa un petit sourire, et je l'embrassais.


Point de vue Ai


Byakuya m'embrassa après ses mots très touchants. Ils m'avaient réchauffé le cœur. Puis notre baiser s'enflamma un peu, et nous nous retrouvâmes rapidement par terre. Alors que nous étions dans une position peu … gracieuse, Hitomi arriva et nous vit. Quand nous la sentîmes, Byakuya et moi, nous nous séparâmes vivement, et pour une fois, il rougit. Non, plus que ça, il était totalement gêné et confus. Tout comme moi d'ailleurs. Hitomi, elle, ne semblait pas comprendre. Nous étions assis, et nous la regardions, ne sachant que dire.


Hitomi : Vous faisiez quoi ?

Moi : Euh … des câlins ?

Hitomi : Vous me faisiez un petit frère ou une petite sœur ?


En disant ça, elle avait affiché un grand sourire et ses yeux brillèrent. Quant à nous, pauvres adultes confrontés à une situation gênante, nous rougîmes encore plus face à ses paroles. Et le pire, c'est qu'il n'y avait aucun sous-entendus.


Moi : Entre-autre. Mais le petit frère ou la petite sœur ne viendra pas tout de suite, d'accord ma chérie ?

Hitomi : Oui !

Byakuya : Allez, retourne dans ta chambre ou fais balades-toi, comme tu veux. Oublies pas que tu as cours de mathématiques dans une heure !

Hitomi : Oui !


Puis, avec un grand sourire, elle partit, nous laissant seuls. Et nous soupirâmes de concert. Puis Byakuya me fixa avec un petit sourire.


Byakuya : Des petits frères ou des petites sœurs hein ?

Moi : C'est à moitié ça ! Et puis t'aurais pu m'aider ! Attends, c'est super gênant et j'ai pas envie que Hitomi sache tout de suite ce que veut vraiment dire « l'abeille butine la fleur » si tu vois ce que je veux dire.

Byakuya : Je comprends, ne t'en fais.

Moi : En plus, si elle apprenait à son âge ce qu'est le sexe, mon Dieu, elle nous ramènera pleins de garçons à la maison.

Byakuya : T'en fais pas, je saurais les accueillir.


Bon, rien qu'à son ton, on devinait facilement la sentence. Je lui décochai un sourire ironique.


Moi : Papa poule.

Byakuya : En attendant, le papa poule aimerait bien reprendre où on en était.


Sur ce, il s'avança vers moi, me prit par la taille et m'embrassa avec fougue. J'y répondis encore une fois, et nous continuâmes ce que nous avions commencé.


Point de vue Karin


Toshiro m'embrassait à pleine bouche, et j'y répondis avec fougue. Il m'allongea lentement sur le matelas, se mettant sur moi, ne rompant pas le baiser pour autant. Au fur et à mesure, je sentis la température augmenter, et mon corps entrait en feu. Toshiro m'embrassait partout : le cou, la bouche, la poitrine. Il m'avait même enlevé mon T-shirt. Mes doigts serrèrent les draps tellement mon désir était intense. Je ressentais une immense excitation m'envahir, tandis qu'il m'embrassait le ventre. Le sang affluait à mes joues, chauffant encore plus la température externe ambiante. Ma respiration était saccadée, et je sentais des coulées de sueur se glisser le long de mon corps. J'enlevais le T-shirt de Toshiro, et repris son visage, le forçant à m'embrasser. Il ne se fit pas prier. Je traçais les courbes de son torse, ce qui le fit un peu gémir de plaisir. Il m'enleva ensuite mon pantalon, que je ne remarquais pas. L'ambiance était torride. Seulement, quand je sentis les doigts frais de Toshiro caresser mes cuisses, montant lentement, je paniquais. J'étais pas prête ! Pas du tout ! Profitant du fait qu'il soit occupé à embrasser mes seins, je me mis à parler, bien que c'était difficile tellement le plaisir m'envahissait.


Moi : To … Toshiro …


Il ne semblait pas m'entendre. La pluie devait battre trop fort le carreau. Il commença ensuite à m'embrasser langoureusement le cou, son corps contre le mien. Bon Dieu ! Je faillis me perdre dans la vague de désir qui m'envahissait, quand je sentis les mains de Toshiro tout près de mon intimité. Là, j'eus peur et je haussais la voix. Je pouvais pas.


Moi : Toshiro !!


Ma voix couvrit facilement la pluie diluvienne qui s'abattait sur la ville, et Toshiro se redressa, regardant mon visage. Puis ma tenue. Ensuite, sa tenue. Et enfin, notre position et ce que nous allions faire. Il rougit énormément, devenant une couleur incroyablement intense, et bafouilla des excuses. Son souffle était encore saccadé, tout comme le mien d'ailleurs. Puis il se leva précipitamment, et sortit en vitesse de l'entrepôt, se laissant aux mains de la pluie. Je sentais encore ses doigts sur mon corps, ses baisers me parcourir … Je fus parcourue de frissons, et tentais de ramener mon cœur à un rythme normal et de calmer ma respiration. J'étais trempée de sueur, et mon corps tremblait. Quand je tentais de me mettre debout, mes jambes tremblaient énormément et je tombais à terre. Je dus faire violence pour me relever. Elles n'arrivaient plus à supporter le poids de mon corps. Pourtant, pourchassée par ces tremblements incessants, je réussis à descendre les escaliers et me diriger vers la salle de bains. A l'intérieur, je ne pris même pas la peine de fermer la porte, et j'enlevais mes sous-vêtements, les seuls habits que Toshiro ne m'avaient pas retiré. Puis j'entrais dans la cabine de douche, et laissais couler l'eau chaude sur mon corps. N'y tenant plus, je m'assis sur le sol de la cabine de douche, me repliant sur moi-même, et posai ma tête sur mes genoux repliés, laissant libre cours à mes larmes. Mes tremblements s'intensifièrent, puis se calmèrent. On avait failli le faire … Failli franchir le cap. Je sais que c'est de mon âge ces trucs là, mais sur le coup, j'ai paniqué. Et je paniquerais toujours. J'ai eu peur. Peur de tout perdre. Peur qu'il me laisse ensuite, après m'avoir donné de faux espoirs. Oui, j'étais lâche. Mais parfois, la peur nous sauve.


Point de vue Toshiro


Quand je l'avais embrassé, et qu'elle y avait répondu, j'avais senti le désir monter lentement en moi, parcourir mes veines. Je mettais mis à l'allonger sur le matelas, et à parcourir son corps de baisers. Ses gémissements, ses frissons, son corps contre le mien … Tout m'avait excité. J'avais retiré son T-shirt, elle avait retiré le mien. Puis, ce feu en moi s'était intensifié, et je l'avait laissée en sous-vêtements. Je l'embrassais à pleine bouche, langoureusement, et caressais tout son corps. Nos souffles saccadés s'alliaient parfaitement. Le désir avait prit lentement le contrôle de mon cerveau, de mes mouvements, et je m'étais retrouvé prisonnier. La température alentour augmentait sans cesse, ce qui avait pour effet de me rendre encore plus vulnérable. Elle m'avait appelé la première fois, je l'avais entendu, mais je n'avais pas pu répondre. Tout mon corps bouillait, surtout mon bas-ventre. Je sentais ses cuisses sous mes mains, je sentais que nous allions bientôt franchir la limité. Puis elle m'avait appelé encore une fois, criant. Cette fois, je pus me libérer du malin plaisir, et je pus constater avec effarement où nous en étions. Son corps à moitié nu, moi sur elle … Ses suçons à son cou, ses lèvres gonflées … Je sentais le sang affluer à mes joues, et je bafouillais des trucs incompréhensible, censés être des excuses. Sans prendre mon T-shirt jeté par terre, je dévalais les escaliers, au risque de louper une marche, et sortais précipitamment de l'entrepôt. Je m'éloignais de la bâtisse, m'offrant à la pluie qui me fit le plus grand bien. Je fus rapidement trempé, mais peu importait en ce moment. La pluie me rafraîchissait, moi et mon désir. Ma respiration avait pris du temps à ne plus être saccadée, et mon cœur à ne plus être aussi affolé. Quand je fus assez loin de là où était Karin – je voyais juste le toit de l'entrepôt – je m'assis sans plus de grâce par terre, me foutant complètement que ce soit de la terre. Les gouttes d'eau fraîches sur mon corps me calmaient., et je dus attendre près d'une bonne dizaine de minutes avant d'être sûr d'avoir apaisé cette sensation de feu intérieur. Putain, et dire que je m'étais mis à bander … Mais quel con ! Je repensais inlassablement à cette scène, et à ce qu'il se serait passé si Karin ne m'avait arrêté. Nous serions allé au bout …


Point de vue Normal


Les deux amis – ou amants si l'on peut dire – pensèrent à ce qu'il s'était passé. Et parlèrent en même temps, bien qu'il y ait une distance les séparant. Mais leurs idées étaient la même.


Toshiro : J'ai failli volé sa …

Karin : J'ai failli perdre ma …

Toshiro et Karin : Virginité.


Comment pourront-ils se faire face après cet incident ?