16. Je te revoies ...

par Black Demons

Seize



Je marchais le long des rues du Seireitei, tranquille. Les Capitaines devaient être dans leurs bureaux, s'occupant de la paperasse. Je voyais déjà Toshiro, assis à son bureau, des montagnes de documents à remplir. Je ris alors un peu en imaginant la scène, m'attirant au passage des regards surpris et inquisiteur. Puis, près de la sixième Division, je remarquai Ai, qui me vis aussi et m'appelai. Je le rejoignis tranquillement et arrivai finalement à ses côtés.


Moi : Hey ! Ça va ?

Ai : Oui, et toi ?

Moi ( hausse les épaules ) : Ça va … Sauf que je viens de sortir d'une réunion de Capitaines assez … délirante !


Mon amie me regarda alors avec des yeux ronds ? Pour quelle raison ? Celle où je suis allée à une réunion de Capitaines ou que cette même réunion est partie dans un délire ? Je pencherais pour la première quoique … Difficile à dire …


Ai : Une réunion de … Capitaines ?


Bon, c'était la première alors. Eh, j'avais eu bon !


Ai : Pourquoi ?

Moi : Pour le reiatsu d'hier.

Ai : C'était le …

Moi : Oui, le mien. Mais surtout pour ma relation avec le Capitaine Hitsugaya.


Ai approcha alors un peu son visage du mien, une lueur curieuse et un peu malsaine dans son regard, tout comme le sourire qu'elle affichait.


Ai : Hein ? Ta relation avec le Capitaine Hitsugaya ? Pourquoi il voulait savoir ça ?

Moi : Eh bien …


J'étais un peu gênée par son regard inquisiteur et persistant. Détournant les yeux vers le ciel, je sentis mes joues chauffer un peu.


Ai : J'ai entendu dire que vous sortiez ensemble ? C'est vrai ?


Je tournai vivement mon regard vers elle, révoltée et toujours un peu rouge. On va mettre ça sur le compte de la chaleur du soleil hein ?


Moi : Bien sûr que non ! Ils se faisaient des films et on a dû les calmer c'est tout !


Ai me regardait quelques secondes avant de laisser tomber légèrement sa tête vers le bas avant de la relever, une main sur son front, riant aux éclats, sous mon regards surpris.


Ai : A toi aussi ils te l'ont fait, l'interrogatoire ?! Ahahaha !! On a eu le même avec Byakuya ! Si t'avais vu sa tête ! Ahahaha !


Je la regardais, toujours autant surprise. Alors, eux aussi avaient eu cet interrogatoire ? Bon, ça va alors. Ai se calma un peu, des larmes perlant le coin de ses yeux tellement elle avait ri, des petites rougeurs sur les joues causée par … ben … aussi par le fait qu'elle ait rigolé. Puis elle fixa son regard dans le mien, un petit sourire amusé sur son visage. La tête de Byakuya était si drôle ?


Ai : En plus, nous, on a eu l'adoption de Hitomi. Je t'assure, si t'avais vu sa tête ! C'était trop !


Et elle repartit dans une séance de fou rire, où je la rejoignis. Après tout, il fallait décompresser de temps en temps. Les shinigamis qui passaient nous regardaient bizarrement. D'un autre côté, on était à moitié effondrée sur le sol tellement on riait. Puis l'on se calma, des larmes au coin de nos yeux, rouges, une main sur notre ventre maintenant douloureux par cette soudaine crise. Nous rigolâmes quand même encore un peu, nous arrêtant progressivement. Nous nous dirigeâmes ensuite vers le cerisier en fleur, notre coin à nous. Quand je revis cet endroit, je repensai soudainement à ma fuite, puis à Shirotsume et ce qu'il m'avait fait … Et le baiser de Toshiro sous la pluie, la nuit avec lui … Je respirais calmement, cachant mes rougeurs. Nous nous assîmes côte à côte. Puis l'expression de Ai changea et devint sérieuse et grave.


Ai : En vérité, je voulais t'informer de quelque chose …

Moi : Quoi ?


Elle et Byakuya allaient se marier ? Et ils comptaient avoir pleins d'enfants ?


Ai : Demain, il y a l'enterrement de la mère de Hitomi.


Ah … C'est tout le contraire de ce que je pensais. Mon regard devint triste, et je regardais le sol sans le voir pour autant. Ces mots … Ils me rappelaient trop la mort de ma mère …


Moi : A quelle heure ?


Ma voix tremblait légèrement. Ai ne le perçut pas, et heureusement. Mais sa voix aussi tremblait.


Ai : A quatorze heures. Dans le manoir de Byakuya.


Ainsi donc, la mère de Hitomi serait enterrée dans le cimetière des Kuchiki ? Byakuya a dû le faire pour Hitomi, sans aucun doute. Un petit moment de silence passa, où nous fîmes une minute silence plus précisément. Puis, je décidai de changer de sujet, celui-ci devenant trop pesant.


Moi : Et sinon ? Byakuya est un bon père ?


Mon amie me regarda quelques secondes, secondes où je me sentis conne – et ne dîtes pas que c'est ce que je suis ! - puis me souris avant de lever un peu la tête et regarder les pétales de cerisier s'envoler de leurs branches pour suivre la voie du vent. Son regard devint tendre, tandis qu'un sourire heureux s'installa sur son visage.


Ai : Oui … Un père parfait …


Je la regardais en silence et souris à mon tour, avant de faire comme elle et regarder les pétales au-dessus de nous. Mais je me sentais un peu triste … Elle avait une famille … Moi aussi avec Ookami mais c'est juste que … dans mon ancienne vie, en tant que terrienne, j'avais toujours pensée à avoir des enfants, former une famille avec l'homme que j'aime. Celui qui fera palpiter mon cœur … comme Ichigo avec Ookami ou Byakuya avec Ai. Mon poing se serra un peu tandis que la mélancolie s'installa tel un voile sur mon regard. Je répondis en chuchotant , la voix douloureuse.


Moi : Tant mieux …


Ai, alarmée par le timbre de ma voix, tourna la tête vers moi et vit avec stupéfaction que je pleurais. Tss … Qu'est-ce-qu'il m'arrive ? Avant, jamais je n'aurais pleuré pour si peu ! Mais maintenant … Après tout, rien n'est plus comme avant …


Ai : Karin …


Sa voix était alarmée certes, mais aussi compatissante.


Moi : C'est bon. Je … J'ai juste besoin de rester seule un instant …


Sur ces mots, je me levai et partis, sans que Ai ne me retienne. Je sentais juste son regard triste dans mon dos. Je marchais d'un pas rapide vers ma chambre, des larmes dégoulinant le long de mes joues.


Point de vue Ookami


Voilà près de trois – quatre jours que j'avais révélé l'existence de Karin à Ichigo. Chaque jour, il me demandait quand il pouvait y aller, aller voir sa sœur. Bien sûr, il n'y a eu que quelques jours, peu, mais il était très impatient. Je le voyais chaque jour tourner en rond dans la salle à manger, se demandant comment elle allait. Moi aussi je m'inquiétais mais pas autant. Pourtant, j'aimais vraiment Karin. Hier soir, nous avions senti un immense reiatsu venant du Seireitei. Je l'avais reconnu, c'était celui de Karin. Ichigo, qui avait remarqué mon air blême et inquiet, fut incontrôlable, et il fut presque impossible pour moi de l'empêcher de s'y rendre. J'ai même dû l'assommer ! Et cet après-midi, j'eus comme un étrange sentiment.


Moi : Ichigo !


Il arriva à mes côtés assez vite, croyant que j'en avais assez de le voir tourner en rond. Ce qui était vrai.


Moi : Tu peux aller voir Karin.


Plusieurs émotions traversèrent son visage. Au début, de la surprise, puis du soulagement et enfin de la joie, ainsi que de la reconnaissance. Il fit ce sourire qui me fit fondre.


Ichigo : Merci Ookami !


Il m'embrassa tendrement avant de partir en Shunpo vers le Seireitei, ayant hâte de retrouver Karin. Moi aussi je voulais la voir … Mais je devais attendre ces trois mois … Mes pensées s'assombrirent. Cette guerre … Pourrais-je y combattre ? Saurais-je quel est mon camp ?


Point de vue Karin


Alors que je pleurais dans ma chambre, je sentis un reiatsu familier. Pas celui de Toshiro ou de Matsumoto mais celui de … Ichigo ? Et il se rapprochait. Je me relevais, essuyant mes larmes. Puis ma porte coulissa brusquement, et je vis en effet mon grand frère roux se tenir dans l'embrasure de la porte, une main contre le mur, l'autre sur le battant. Je le regardais, visiblement surprise par cette venue si rapide. Et aussi par cette venue ! Lui reprenait son souffle, mais son regard ne se détacha pas de moi, choqué. Puis il baissa un peu la tête, et je ne pus voir ses yeux, avant de se redresser un peu, de faire un pas et de fermer la porte derrière lui. Puis il s'avança vers moi, et je ne pus bouger. Je le regardais, un peu inquiète, et il se retrouva rapidement face à moi. Soudainement, il me prit dans ses bras, m'enlaçant avec force. Je fus surprise par ce geste et restai immobile. Puis je sentis les tremblements de mon grand frère et sentis des larmes tomber dans le crux de mon épaule. Il pleurait … Alors, je lui rendis son étreinte, cachant ma tête dans son épaule. J'avais tant voulu l'enlacer … Et maintenant, c'est possible ! De longues minutes passèrent, puis finalement, l'on se détacha l'un de l'autre. Ichigo me regardait, les yeux rouges.


Ichigo : Karin …

Moi : Ichigo … Tu …

Ichigo : Ookami m'a tout raconté.

Moi : Je vois …


J'avais baissé la tête en prononçant ses mots. Ichigo continuait de me fixer de son regard.


Ichigo : Pourquoi tu es au Seireitei ?


Je relevais la tête, surprise par cette question. Et mon cerveau fonctionna à toute allure, cherchant un mensonge convaincant. Quand finalement …


Moi : Pour une mission.

Ichigo : Quel genre de mission ?

Moi : Voir si les shinigamis nous ont oubliés … Il y a ça tout les ans … Et l'on est obligés d'aller en équipe …


C'est vrai, ce mensonge ne tenait pas la route. En espérant que Ichigo n'ait pas changé et qu'il soit toujours aussi naïf. Et oui, il l'était toujours.


Ichigo : Je vois … Qui est au courant que tu es une Crossbreed ? Ou simplement Karin Kurosaki ?


Hum … Mes amies, Toshiro et les quatre hommes inconnus de la soirée, c'est tout. Et dire que l'on devait être discret …


Moi : Oh ! Et bien … Juste mes amies pour mon sang de Crossbreed.

Ichigo : Et ton identité ?

Moi : Personne.

Ichigo : Je vois … Je suis vraiment content que tu sois vivante Karin.


Ces mots … Toshiro les avaient prononcés lui aussi …


Ichigo : Tu m'as manqué.

Moi : Toi aussi, comme les autres ! Mais je ne pouvais pas venir vous voir, à cause de lois et …

Ichigo : Je sais. Ookami m'a déjà expliqué.


Il y eut un moment de silence. J'avais rêvé de le revoir de nombreuses fois mais maintenant, sur le coup, je ne savais pas quoi dire. Pourquoi ? C'est énervant ! Alors, on parla de ce qu'il s'était passé durant ces six ans, durant ma mission, de sa relation avec Ookami … Et le temps défila à une vitesse folle. Bientôt, le zénith apparut, le ciel emplis de belles couleurs violettes, roses et oranges. Ichigo ainsi que moi-même remarquâmes l'heure tardive, et après un dernier salut, il fit mine de partir quand je l'interpellai soudainement.


Moi : Attends !


Il se retourna, surpris par ma réaction. Sans attendre, je me dirigeais vers mon bureau, pris du papier et un stylo, et écrivis à Ookami. Puis je donnai le mot à mon grand frère, qui le regardait, perplexe et curieux.


Moi : Tu pourras le donner à Ookami ?

Ichigo : Bien sûr !


Il me sourit, sourire auquel je répondis. Puis, il partit vraiment, disparaissant en Shunpo. Et dire que demain sera un jour particulier …