10. Agression

par Black Demons


Dix


Point de vue Toshiro


La nouvelle concernant la mort de Kira et la découverte du zanpakuto avait ébranlé le Seireitei. Ou, du moins, la présence inquiétante de l'Adjuchas. Sa pression spirituelle avait comme été … effacée. Mais ce n'était que le commencement …


Point de vue Karin


Je soupirais de bien-être, m'étirant souplement, et manquant de donner un coup dans le nez de Toshiro. Celui-ci grogna un peu, ce qui me fit légèrement rire. En vérité, lui, le matin, c'est une horreur. Il resserra sa prise autour de ma taille, avant d'enfouir son visage dans mon cou. Je sentais son souffle tiède contre ma peau nue, et cela me fit frissonner.


- Toshiro, je dois me lever …, soupirais-je. Et toi aussi d'ailleurs.


Il ne répondit que par une onomatopée étouffée.


- Allez, lâches-moi ! Tes dossiers t'attendent ! Tu sais bien que Matsumoto ne les fera pas !

- Pas. Envie. De. Me. Lever, se plaignit-il.


Je soupirais de lassitude, cette fois-ci. Je vous l'avais dit, lui, le matin, c'est catastrophe ! Et puis, qui est le plus immature entre nous deux à ce moment précis ? Je vous le demande … ! Je dis encore une fois son prénom, avant qu'il ne me coupe.


- Je veux rester avec toi Karin … Avec tout ce qu'il s'est passé avec Kira, l'Adjuchas … Je veux juste être sûr de t'avoir à mes côtés, de ne pas te perdre.


En m'annonçant cela, il s'était redressé et m'avait fixé avec ses prunelles azurs si envoûtantes et pourtant tellement sérieuses. Mon cœur se mit à battre plus rapidement, tandis qu'un doux sourire se dessina sur mes lèvres. Je posais tendrement ma main sur ma joue, comme pour le rassurer.


- Ne t'inquiètes pas Toshiro. Je serais toujours avec toi, quoiqu'il arrive …, lui assurais-je.


Il me considéra quelques secondes avant de soupirer doucement, ébouriffer ses cheveux et retomber lourdement sur le matelas en lâchant ma taille, me permettant de partir. Je le remerciais avec un chaste baiser, m'habillais et partis.


En vérité, c'était l'aube. Mais j'avais besoin de prendre l'air. Oh bien sûr, ma relation avec mon petit Capitaine adoré allait à merveille, malgré tout les événements passés. Mais, au fond de moi, je n'arrivais pas à oublier ce qu'il c'était passé à l'ancienne ville des Crossbreed. Ce Hollow, cette attaque, puis Kira … Tout avait été comme … calculé ? Je secouais vivement la tête, m'attirant quelques regards interrogateurs. Non ! Faut pas que je devienne parano moi ! C'était juste un mauvais concours de circonstances ! Une putain de coïncidence de merde. Je soupirais, pour la énième fois depuis ce matin. Mon élève se portait bien. Évidemment, j'ai passé un très mauvais quart d'heure, mais je m'en suis sortie vivante ! Et tout en entier. Le soleil se levait timidement, le ciel affichait des couleurs chaudes, remplaçant les froides. L'air était frais, revigorant et encore humide, et je devinais sur la végétation des traces de rosées. Je marchais à travers les rues du Seireitei, avant que mon regard ne dérive sur une ruelle sombre. J'avais cru voir un mouvement … Je haussais les épaules, et fis mine de reprendre ma marche, quand un murmure me stoppa net. Il n'y avait pourtant personne. Je m'approchais, ma main sur la garde de mon zanpakuto, sur la défensive, et entrais dans cette ruelle. Puis, à la lumière d'un vague rayon de soleil, mon sang se figea, tandis que je m'arrêtais brusquement, mes yeux écarquillés aux maximum tant l'horreur et la surprise étaient à leurs combles. Là, devant moi …


- Haru … Natsu …, soufflais-je faiblement.



J'étais à leurs chevets à tout les deux, placés dans la même chambre, et profondément endormis. Couverts de bandages qui masquaient d'importantes blessures, le sang qui les recouvrait nettoyé. Des hématomes se laissaient apercevoir sur tout leurs corps. Je retenais un haut-le-cœur quand je repensais au moment où je les avais découvert, dans un état plus que piteux, au milieu de vulgaires détritus. Mes poings se serrèrent, et une main chaleureuse se posa sur mon épaule. Je n'adressais même pas un regard au propriétaire de la main. Je savais déjà qui c'était. Fuyu. Aki était dans un coin de la pièce, regardant ses deux amis avec dureté et souffrance. Puis, alors que nous étions plongés dans nos pensées lugubres, la porte s'ouvrit sur Dosan. Je levais vivement les yeux vers lui, et il s'approcha des deux blessés.


- Alors ?, le pressais-je. Qu'est-ce-qu'ils ont ? Ils vont s'en sortir hein ? Ils vont se réveiller ?

- Oui, ne t'en fais pas pour ça. Ils ont juste besoin de beaucoup de repos. Mais leurs blessures sont vraiment nombreuses, et pour la plupart, importantes. Natsu a un léger traumatisme crânien et une foulure à la cheville, et Haru le bras cassé. Mais je pense que ce seront toutes les ecchymoses présentes sur leurs corps qui les handicaperont le plus.

- Un … traumatisme crânien ?

- Oui. Sa tête s'est violemment cognée contre une surface dure. Un mur ou le sol je suppose. Mais ils sont bien abîmés. Lèvres et arcades sourcilières ouvertes, nombreux hématomes, trauma, bras cassé, foulure, coupures plus ou moins profondes – bien que la majorité soient superficielles – et quelques autres trucs.

- Mais comment ils ont pu se faire ça ?, éclatais-je. Ils se sont pas battus ! Jamais eux deux !

- Non …, fit alors glacialement Fuyu.


Je vis ses poings trembler, tandis que Aki, les bras croisés sur son torse, se mordait la lèvre inférieure avec force. Une aura autour d'eux témoignait de leur profonde rage commune.


- Les gars, vous savez quelque chose ?

- Il vaudrait mieux que Dosan parte, avoua Fuyu.


Mon ami hocha la tête, et sortit après m'avoir brièvement encouragé pour supporter ça. Puis mes deux protecteurs s'assirent, et je fis de même.


- On les a attaqué.

- Pardon ?

- Haru et Natsu ne sont pas battus entre eux, comme tu l'as dit, c'est impossible. Ils sont incapable de se faire du mal, enfin, volontairement.

- Oui mais qui … ?

- Un autre groupe sous la charge de nos supérieurs.

- Hein ?

- On n'avait pas le droit …, murmura alors faiblement une voix rauque.


Tout nos regards furent aussitôt reportés sur Natsu, qui venait de se réveiller. Je retenais avec peine les larmes couler, mais un profond soupir de soulagement s'échappa de mes lèvres. Quelques secondes après, Haru s'éveilla à son tour, comme si les deux s'étaient passés le mot télépathiquement. Je les enlaçais avec force, avant que ce ne soit Aki et Fuyu qui ne les accolade amicalement. Pourtant, cet instant de retrouvailles fut bien rapidement mis de côté.


- Comment ça, vous n'aviez pas le droit ?


Natsu soupira, et envoya un regard désolé à Haru.


- L'une des principales règles quand on est protecteur, est de n'avoir aucune relation amoureuse avec notre protégé, ou quelqu'un de notre groupe. Nous devons rester tout le temps disponible, et être amoureux ne le permet pas.

- Pa-pardon ?

- Et, qui plus est, nous sommes deux hommes. Ils n'ont pas dû débattre beaucoup. Alors, ils ont envoyé un groupe pour nous … casser la gueule en beauté, sans qu'on puisse se défendre.

- Quel groupe ?

- Yoso, lâcha Natsu froidement.


Et cela eut l'effet d'une bombe auprès de mes amis, qui d'abord surpris, retenaient ensuite avec peine leur haine, leur rage. Et moi, au milieu, qui ne comprenais pas vraiment la situation actuelle. Mais je me doutais bien que c'était quelque chose de grave. De très grave. Et puis, juste l'idée que Haru et Natsu aient été battus par ce fameux groupe, je sentais la colère monter en moi. Les battre parce qu'ils s'aiment ? Non mais quelle connerie ! Et rajouter du poids à leur dossier parce que sont deux hommes, deux personnes du même sexe. Je vous jure ! Plus personne maintenant a ce genre de mentalité ! Du moins, ceux que je connais, et j'en connais beaucoup !

Puis, bien que poliment, les deux blessés nous renvoyèrent de la chambre, nous intimant qu'ils devaient se reposer. Mais je vis, du coin de l’œil quand je quittais la chambre, Haru rejoindre Natsu dans son lit. Se reposer, c'est cela … M'enfin, après, ils disent peut-être la vérité, qui sait ! Oh et puis merde quoi ! Ça me regarde pas, c'est leur vie privée ! Nous quittâmes la Division 4, informant au passage Dosan que nos deux amis étaient réveillés, mais qu'ils se reposaient. Il nous remercia, et nous partîmes. Fuyu et Aki se congédièrent rapidement, me laissant en plan devant l'imposant bâtiment. Une fois encore, je soupirais. Pourquoi faut-il que tout soit si compliqué ? Ma résurrection, Kira, puis maintenant cette agression. Je ne nie pas que lorsque j'étais encore sous couverture au Seireitei, il y avait eu maints événements plus bouleversants les uns que les autres. Mais, dans un coin de ma tête, je me disais que ce n'était rien à ce qu'il se préparait. Un sentiment étrange qui m'envahissait, quand je repensais à tout ce qu'il s'est produit depuis mon réveil. Même ça je n'arrive pas à comprendre ! J'étais censée être morte, comment ais-je fait pour ressusciter ? Ne me dîtes pas que je suis invulnérable à la Mort tout de même !

Mes pas me conduisaient je-ne-sais-où, tandis que mes yeux prenaient plaisir à fixer le sol avec un intérêt peu commun. Mais, tellement perdue dans mes pensées, je ne me rendais pas compte à quel point j'avais l'air conne. Puis, brusquement, une main se posa sur mon épaule. Je tressaillis, et me retournais vivement, avant de tomber nez à torse avec un homme immense. Je levais les yeux vers lui, et reculais légèrement.


- Karin Kurosaki Evans ?, m'interrogea le plus imposant.

- Oui. Qu'est-ce-que vous voulez ? Qui êtes-vous ?


En effet, ils étaient plusieurs. Des sourires amusés, arrogants et très énervants s'affichèrent sur leurs lèvres. Puis le plus imposant répondit, non sans une pointe d'orgueil dans sa voix.


- Nous sommes le groupe Yoso.