Chapitre 10 (p5) : Que le plus malin gagne! Un monde plein de tromperies...

par Co.

Un éclair horizontal vole soudain vers le trio.

Pour être plus précis, il s’agit d’une flèche en forme d’éclair. Une flèche à haute tension, tirée avec férocité.

Le trio l’esquive juste à temps.
Mais même s’ils avaient pris la décharge électrique de plein fouet, ils s’en seraient sorti.

- Hé hé, sérieusement?
Sans même s’en rendre compte, Ginjō avait déjà brandit sa grande épée dans ses mains.
Il balaye l’énergie électrique environnante d’un large coup de lame, puis pointe son arme dans la direction d’où provenait la flèche.

On aurait pu dire que le tir de cette flèche avait été aussi « rapide que l’éclair », mais en réalité il avait été bien plus lent que la foudre elle-même.

- Ha… fait Ginjō avec un sourire audacieux sur les lèvres. Pour de la foudre c’était terriblement lent, non? Il est impossible qu’une technique pareille puisse être mortelle. Tout à l'heure ce n’était quand même pas une tentative d’assassinat, si?

Ginjō parle comme s’il cherchait à provoquer cet ennemi qui ne se révèle pas encore.

Giriko, qui se trouve être à une petite distance de là, énonce alors des faits sur un ton imperturbable :
- Hmm, bien qu’on les confonde souvent, la vitesse de la foudre est bien inférieure à celle de la lumière. La foudre est influencée par des facteurs tels que l'humidité de l'air et la pression atmosphérique, et ces valeurs numériques ont tendance à changer.
Mon Dieu, par rapport au temps qui passe, la vitesse est vraiment une mesure ambiguë, n'est-ce pas?

- Mais pourquoi tu nous embrouilles subitement avec tes bizarreries toi ? l’interrompt Ginjō tout en surveillant les environs.

Cependant, avant que Giriko n’ait pu lui répondre, Tsukishima, adossé à un arbre voisin, reprend de façon inattendue la conversation là où elle avait été interrompue :
- Si tu crois que le temps a une valeur constante, c’est que tu es aveuglé par ta foi. Il n’y a pas que les théories scientifiques qui te contrediront. Par exemple, nous connaissons déjà l’écoulement chaotique du temps dans le Dangai ou la technique "Fast Forward" de Yukio, non ?

- Tsukishima vous pensez cela parce que vous ne vous pliez pas pleinement aux dieux du temps, dans le vrai sens du terme. La distorsion de l’espace-temps, la relativité, etc… sont des choses insignifiantes. Avant toute chose, l’écoulement du temps habite le domaine de la subjectivité.

- Allons bon, de quoi diable êtes-vous en train de parler tous les deux? s’exaspère Ginjō en jetant vers eux un rapide coup d’œil par-dessus son épaule.

Mais Ginjō sourit quand il voit l'état dans lequel se tiennent les deux autres hommes.

Giriko avait spontanément pris sa montre de poche dans la main au cours de la conversation et Tsukishima avait déjà fermé son livre lorsqu'il avait entamé la conversation avec Giriko, agrippant dans sa main son marque-page.

Bien qu’ils ne sachent pas exactement combien d’informations l’ennemi connaît à leur sujet, au moins les trois hommes tiennent en leurs mains leurs armes respectives.

- Eh bien, remarque Ginjō, nous ne pouvons même pas considérer qu’on nous poursuit, non? En plus d’utiliser une technique lente, charger sa prochaine attaque prend également du temps. C’est à se demander si c’est vraiment une bonne techniq…

Ginjō est coupé en plein milieu de sa phrase.
Mais ce dernier n’avait pas un seul instant baissé la garde.
Et c’est précisément pour cette raison qu’un frisson lui traverse actuellement l’échine.

- Qui est-ce qui est… lent? fait une voix aiguë dans son dos.

Une voix de jeune femme.

En un court laps de temps, une pression spirituelle différente des shinigamis et des hollows est apparue au milieu du groupe.
Est-ce qu’elle avait projeté sur elle une sorte de camouflage actif ? Ou est-ce qu’elle avait utilisé une méthode totalement différente?
Elle s’était si abruptement matérialisée, qu’on aurait pu croire qu’elle était sortie de l’ombre.

C’est une femme vêtue de blanc, des vêtements blancs d’un style occidental.
Ils lui couvrent la poitrine, mais laissent une grande partie de son abdomen et de son nombril exposés. Sur sa peau, on peut voir de nombreuses cicatrices qui semblent être le résultat de procédures expérimentales.
Mais Ginjō n'a pas le temps de faire attention aux petits détails.

La femme sortie de l'ombre lève la main et cri d'une voix pleine de moqueries et d'irritations :
- Si c’est comme ça... je vais vous donner une mort rapide!

Suite à la brutalité de ces mots, de petits éclairs s’étendent de sa main jusqu’au ciel.
Et dans un grondement tonitruant, ce n’est pas une simple flèche qui tombe cette fois-ci sur Ginjō et les autres, mais une véritable pluie de foudre…



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Dans la ville de Karakura, au Magasin d’Urahara :


- Donc… maintenant que les enfants sont partis… est-ce que je peux m’attendre à ce que vous répondiez enfin à mes questions ? dit Hisagi d’un ton sévère.

Le propriétaire du magasin hausse les épaules :
- Hé bien qu’est-ce qui vous fait penser cela ? Peut-être que je vais simplement esquiver vos questions avec encore plus extravagance.

- Soyez assuré, peu importe le nombre de fois où vous jouerez à faire l’idiot, à partir de maintenant tous ceux qui liront la Gazette du Seireitei seront amenés à croire que vous êtes un héros.

- N’est-ce pas déjà là la moitié du mensonge? blague Urahara.
À peine a-t-il fini de faire cette blague qu’Urahara écarquille les yeux et se couvre la bouche avec son éventail pliant.
Sous son chapeau, il jette un coup d'œil à Hisagi.

- Quoi qu’il en soit, il semblerait que vous cachez vos sentiments et vos véritables intentions encore plus profondément que moi, Hisagi. N’est-ce pas? Ne seriez-vous pas inquiet à propos de quelque chose ? En ce moment, votre visage ressemble à celui que ferait un shinigami quand il rencontre un hollow pour la première fois.

- …! C'est…

Hisagi se fige pendant un instant. Est-ce qu’il était sur une piste?
Bien qu'il soit peut-être vrai qu’Hisagi éprouvait un sentiment de honte à poser des questions personnelles lors d’un entretien formel, il aurait pu tout aussi bien s’arrêter là et ne plus s'inquiéter de rien.

Mais c’est avec détermination qu’Hisagi poursuit :
- ... À partir de maintenant, ce dont je vais discuter avec vous sera en partie lié à mon travail, mais une autre moitié servira mes intérêts personnels.

- Je vois. En ce qui me concerne, je n'ai -dès le départ- jamais fait de distinction entre les affaires officielles et personnelles. Alors ça ne me dérange pas du tout. Parlez librement s’il vous plaît, et ne vous retenez pas.

- ... Pour vous dire la vérité, avant de faire un article pour cette interview, il a été décidé qu'une édition spéciale supplémentaire serait publiée.

- Une édition spéciale supplémentaire, est-ce vrai?
Urahara ferme en un clin d’œil son éventail. C’est avec un sourire audacieux qu’il reprend la parole :
- Cela ne traiterait-il pas de l’inauguration d’un nouveau chef de clan pour la famille Tsunayashiro ? Non?

- …! ... Vous êtes au courant!?

- Eh bien, il se trouve que j'ai entendu parler de ce changement de chef de clan, grâce à Yoruichi. Urahara baisse ensuite les yeux et continue de parler avec une voix qui, pour une raison quelconque, a une touche d'autodérision :
- ... Cette nouvelle tête au sein des quatre grandes familles nobles semble en outre être tout à fait ambitieuse.

- Tokinada Tsunayashiro... comme je le soupçonnais, vous savez quelque chose à son sujet, n'est-ce pas?

- Euh ... ce n’est pas comme si j’avais eu un contact direct avec lui voyez-vous. Alors pour être honnête, je pense que Kyōraku est mieux informé que moi. dit Urahara en détournant les yeux pendant une fraction de seconde.
Puis il s'adresse à Hisagi de façon simple et sans détours :
- J’ai eu vent de ce qu’il s’est passé entre Tōsen et Tsunayashiro. Mais après tout, ce problème a eu lieu il y a longtemps, avant que je ne devienne capitaine… Eh bien, je peux faire des suppositions, mais pour quelqu’un d’étranger à cette histoire, ce n'est pas non plus très aimable de faire toutes sortes de commentaires irréfléchies sur quelqu’un. Surtout que je ne me base que sur mon imagination.

- … Moi non plus, je ne suis pas vraiment sûr de connaître le passé de ce type. Mais ce n’est pas comme si j’avais l’intention de me renseigner d’avantage à ce sujet non plus. Il n'y a pas si longtemps, j'ai rencontré un enfant shinigami qui avait un lien avec Tsunayashiro, mais… quelle que soit la façon dont je le regardais, j’avais un étrange sentiment. Alors j'avais espéré obtenir ici des indices sur cet enfant.

Le sourire qu’avait jusqu’à présent Urahara s’efface progressivement de son visage.