Chapitre 10 (p3) : Que le plus malin gagne! Un monde plein de tromperies...

par Co.

Le temps est comme suspendu entre Urahara et Hisagi.
Ce dernier ne montre toujours aucun signe de changement sur son visage.
Puis Urahara sourit et hausse les épaules :
- S'il vous plaît, ne prenez pas tout à coup un air si sombre Hisagi. Que ferait-on si Jinta, vous regardant à travers l’entrebâillement de cette porte, commence à pleurer ? Il pourrait de nouveau mouiller son lit cette nuit.

La porte s’ouvre violemment et un collégien avec une expression sévère sur le visage se précipite en criant :
- Je ne pleure pas, et je n’ai jamais mouillé mon lit non plus. Je vais te botter le cul ! Putain de gérant d’magasin!

Le jeune homme, au teint clair et tranchant avec ses cheveux rouges-vifs peignés en arrières, s’appelle Jinta Hanakari. Il essaye d'entrer dans la pièce mais un bras épais le coince rapidement, et l’entoure au niveau de la gorge.
Sa tête se retrouve donc immobilisée et ses pieds s’agitent dans l’air.
- Arrrgh… Tessai, soit maudit !
- Hmm, tu ne devrais pas utiliser un langage aussi grossier cher Jinta. Encore moins devant un invité.

Un homme musclé, de grande taille et portant une paire de lunettes, maintient l’agité Jinta avec nonchalance.
Suite à cela, une jeune fille, qui ressemble aussi à une collégienne, fait son apparition derrière l’homme dénommé «Tessai».
Profitant du fait que Jinta soit immobilisé, elle commence à chatouiller les pieds de ce dernier.
-
Hahhahaha ! ... U-Ururu, soit maudite aussi. Encore mes pieds... Tu veux que j’te tue!?
La jeune fille appelée «Ururu» utilise habilement ses propres cheveux pour chatouiller les pieds de Jinta. Il agonise maintenant de rire, en subissant toutes sortes de souffrances.
En marquant une pause dans ses chatouilles, Ururu se tourne vers Hisagi et incline rapidement la tête :
- S'il vous plaît, veuillez accepter mes excuses. Jinta a peut-être grandi, mais son intellect ne s’est pas amélioré, alors…
- Oh… Non ne t’inquiète pas pour cela.
Une fois de plus, Ururu penche sa tête et se tourne cette fois-ci vers Urahara :
- Monsieur Kisuke, je vais aller faire des courses.
- D’accord, je t’en prie. Les provisions dont nous avons besoin aujourd'hui comprennent 500 kg de Super-Ball, alors n’hésite pas à prendre Jinta avec toi aussi, pour transporter les bagages.
dit Urahara en affichant un franc sourire.
- Gra-ahh !... proteste Jinta qui est toujours pris au piège dans les bras de Tessai. C’est quoi l’bordel? 500 kg ce n’est pas un truc ridicule wahahaha !

Ururu venait de recommencer à lui chatouiller les pieds.
C’est alors Urahara fait sortir le groupe et que Jinta se fait entraîner à l'extérieur du magasin, bien incapable de formuler la moindre objection.

- Eh bien, si c’est si marrant, je t’en prie rie de tout ton cœur en travaillant. Garde cette attitude combative! le gratifie Urahara.

En les voyant partir, Hisagi lâche un profond soupire :
- Je ne sais pas comment le formuler, mais il est difficile de dire s'ils ont changé ou non ... Mais quand je les ai aperçus pour la première fois, j'ai eu l'impression que ce type, Jinta, intimidait la jeune fille.

- Hé bien, ils sont toujours en pleine croissance. En fait, Ururu a trois ans de plus. Étant donné qu’elle était taquinée par Jinta et qu’il lui avait dit qu’elle avait des «cheveux de cafard», son idée de vengeance revient peut-être à le chatouiller avec ses cheveux justement?
- Si vous me le demandez, sachez que je n’en sais pas plus que vous…

Hisagi voyait bien qu’Urahara essayait de changer de sujet. Et décida volontairement de poursuivre le fil de cette conversation :
- … Qu’ils soient des shinigamis ou des humains, je ne suis pas doué pour comprendre l’état d’esprit des enfants.
En procédant ainsi, Hisagi essaye de faire parler Urahara.
- Et pourtant, poursuit-il, j’ai la sensation que la pression spirituelle de ces deux-là… est différente des humains et des shinigamis.
- C’est un peu grossier comme technique pour soutirer des infos, vous ne trouvez pas ? Si vous connaissiez les principes de Tōsen en matière d’interviews, ne pensez-vous pas qu’il est un peu pitoyable d’utiliser un tour aussi bas de gamme?

Urahara vient de toucher un point sensible chez Hisagi.
En effet, Tōsen, l’ancien rédacteur en chef, n’aurait pas tourné autour du pot et aurait été plus direct, ou au contraire il se serait tu sur le sujet.

Mais même si la véritable identité du garçon et de la fille intéresse Hisagi, ce n’est pas comme si il désirait sérieusement le savoir.
Il sent bien que son interlocuteur n’a pas très envie d’aborder la question.

Néanmoins, Hisagi avait en tête ses propres considérations.
Plutôt que d’abandonner complètement un sujet de conversation, il avait préféré employer une stratégie visant à parler d’une thématique annexe qui semble un peu plus facile à aborder.
C’était une stratégie désespérée.
Une stratégie qui pourrait, en fonction du destinataire, créer de l'indignation et faire en sorte que couper court à l'interview, alors qu’elle venait juste de commencer.

Mais après quelques minutes d’échanges, Hisagi avait rapidement constaté qu’il ne pouvait pas extraire des informations en utilisant les méthodes habituelles avec Urahara.
Donc, bien que ce ne soit pas son intention de départ, Hisagi a essayé de durcir son cœur et de se consacrer pleinement à sa mission de journaliste.

Le visage d’Hisagi est rempli de détermination.
- Alors ? fait Urahara. Je vous écoute Hisagi, que pensez-vous qu’ils sont tous les deux ?

- Ça je ne l’avais pas vu venir

Le voilà confronté à un Urahara arborant une attitude totalement opposée à son habitude.
Hisagi lui répond, en dépit de son étonnement :
- Ce sont des âmes artificielles… n’est-ce pas ?

- Voyons, les âmes artificielles sont normalement incapables de grandir. Bien qu’elles soient capables d’apprendre de nouvelles choses, par exemple mieux connaître son utilisateur et mieux maîtriser les commandes corporelles, mais à part ça leur niveau de croissance générale est limité.

- … quand vous dites « normalement », vous voulez dire qu’il existe des exceptions, non ? …

À ce moment-là, Hisagi se souvient d’un jouet en peluche, en forme de lion.
Il avait fait de fréquentes apparitions dans la Soul-Society.

- … Comme les Mod-Souls par exemple. dit Hisagi avec une expression grave sur le visage.

- Eh bien, voilà qui est étonnamment perspicace de votre part… ce qui ne veut pas forcément dire que c’est la bonne réponse, vous le comprenez ?

- En effet, mais au-delà de ça… ils sont peut-être quelque chose de similaire à Nemu, la vice-capitaine du capitaine Kurotsushi…

Urahara déploie de suite son éventail en le plaçant devant la bouche d’Hisagi, l'empêchant ainsi de poursuivre sa phrase.

- Mon cher, si vous dites de telles choses, Kurotsuchi pourrait faire de vous un sujet d’expérience, non ?…
Pour ce qui est de l’essence de l’âme, Nemu est très différente. J’ai bien peur qu’il en soit également conscient.
Après avoir observé la croissance de Nemu, Kurotsuchi a probablement sauté de joie en se disant « j’ai dépassé Kisuke Urahara » et en imaginant ma frustration, pas vrai?

Urahara secoue la tête, en fermant son éventail d'un coup sec.

- Bien, même si je pense qu’il ne parvient pas l’imaginer.
- Pourquoi dites-vous cela ?

À la question d’Hisagi, Urahara arbord un sourire malveillant, comme un enfant malicieux.
Il chantonne des mots qui pourraient à la fois être interprété comme une blague ou comme quelque chose de très sérieux :

- Parce que je ne me suis jamais vraiment senti frustré en la présence de Kurotsushi



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Soul-Society, Département de recherche et développement :

- Quel est le problème, capitaine?

En réponse à un arrêt brusque dans les mouvements de Mayuri Kurotsuchi, le capitaine de la 12ème Division et président du Département de la recherche et du développement, Akon, son vice-capitaine, avait posé cette question plein de perplexité.

- Ce n’est rien, je viens tout à coup d’éprouver une sensation désagréable.

En montrant à Akon une expression qui semble désintéressée, Mayuri reprend son travail.

- … Les bugs quantiques de mon cervelet sont pénibles. Quoi qu'il en soit, il y a peut-être un scientifique médiocre, quelque part, qui parle avec des envies irrationnelles à mon égard.
En faisant fi de la signification anglaise du mot « bugs », Mayuri retourne son attention sur l’image qu’il a devant ses yeux.


Les images capturées sur l'écran offrent la vue du ciel d’une zone du Rukongai.
En promenant l’insecte-caméra dans ce lieu, trois hommes vêtus avec le style du monde humain apparaissent à l’écran.
En d'autres termes, ils étaient tous des Fullbringers dirigés par Ginjō Kūgo.