Chapitre 9 (p3) : Leurs rencontres semblaient inévitables

par Co.

Avec un petit sourire sur son visage, Yoruichi observe le nouveau chef du clan Tsunayashiro qui est devant ses yeux.

Le précédant chef de ce clan était lui aussi un homme arrogant, contenant en lui toutes sortes de vices aristocratiques. Mais venant de cet homme, Tokinada, il émane également un air qui ne convient pas vraiment à quelqu’un ayant le statut de noble.

En plus de cela, le corps tout entier de Yoruichi lui envoyait des sonnettes d’alarmes, lui signalant toutes sortes de signes désagréables allant bien au-delà des choses distinguant la noblesse des roturiers.


Qu'il ait ou non senti le regard qu’elle posait sur lui, Tokinada lui adresse un doux sourire lorsqu’il lui dit :
- Cela me rappelle que c’est la première fois que je rencontre l’ancienne chef du clan Shihōin.
En effet, vous ne vous appelez pas « la princesse Shihōin » pour rien. Vous êtes d’une beauté à la fois charmante et majestueuse.

- Votre flatterie est inutile. Quoi qu’il en soit, dans votre esprit, vous pensez également à moi comme à une femme indisciplinée dont le comportement ne scie pas à la noblesse, n'est-ce pas?

- Si vous êtes consciente de cela, intervient Byakuya d’un ton léger, alors en tant qu'ancienne chef de clan, vous devriez vous abstenir d'agir de manière aussi téméraire.

Mais Yoruichi ne prête pas attention aux paroles de Byakuya.
À la place elle plisse les yeux en souriant et demande au chef du clan Tsunayashiro :

- Alors? Pourquoi se donner la peine de nous appeler Byakuya et moi? Vous m’avez demandé moi, spécifiquement, plutôt que le chef actuel, Yūshirō… ce n'est pas comme si vous nous aviez réunis ici pour simplement nous montrer votre visage, n’est-ce pas ?

- Ah, bien entendu. Je suis inquiet pour l’avenir de Soul Society. Après tout, vous avez tous commis une bévue en laissant des Quincy nous attaquer, vous leur avez même permit d’envahir le palais du Roi des Esprits.

- C’est dure à entendre.

- Cela ne fait rien. Je vous ai toujours vu comme de simples coopérateurs. Je ne pense même pas que cela soit la faute des 13 Divisions. Plutôt que de les blâmer, je considère qu’en s’isolant dans leurs coquilles, le Roi des Esprits et la Division Zéro ont complètement échoué à saisir le flux des changements du monde. Vous n’êtes pas de mon avis ? Si nous avions eu un Roi des Esprits qui s’était mieux comporté, les dégâts causés aux 13 Divisions et au reste de la Soul-Society auraient été restreints, n’est-ce pas?

Bien qu'il n'y en ait personnes d'autres qu’eux dans les environs, c’était comme si Tokinada avait critiqué publiquement le Roi des Esprits.

Même si les sentiments de Byakuya ne transparaissent pas, tant son comportement reste imperturbable, le ton qu’il emploie sonne comme une réprimande :

- Il suffit. Accuser le Roi des Esprits d’une façon aussi absurde, n'est pas un comportement approprié pour un chef appartenant aux quatre grandes familles nobles.

Tokinada se retient de rire, puis se met à cracher des propos comme pour provoquer Byakuya :

- Et vous ? Votre comportement est-il approprié pour un noble? C’est vrai, non? Vous qui avez été manipulé par des informations données par un traître. Je ne pourrais jamais adopter une attitude comme la vôtre, vous qui avez essayé de faire avancer la date d’exécution de votre propre petite sœur.

- …
Face au silence de Byakuya, Tokinada continue de lui lancer de cinglantes remarques :

- Votre femme… Hisana, elle a aussi fait des choses sottes. Après tout, qu’est-ce qu’on peut espérer en plaçant sa confiance dans la noblesse et en confiant le destin de sa propre sœur dans leur main ? Ou peut-être que la bonne nourriture, le style de vie et les vêtements des femmes nobles ont altéré sa vision de la société.

- Tokinada, vous… intervient Yoruichi dont le visage était devenu livide.
Elle est sur le point de dire que quelque chose, mais Byakuya la coupe dans son élan d’un geste de la main.

- Il est vrai que j’ai tenté de faire condamner Rukia. Que l’on me calomnie pour cela ne me dérange pas.

- …Oh?

- Mais Hisana n’a pas commise la moindre faute. Que le blâme m'en soit rendu.
En surface, Byakuya reste inexpressif. Mais Tokinada perçoit le flot perturbé de ses sentiments intérieurs.

Il hausse alors doucement les épaules :

- ... S'il vous plaît, ne prenez pas une mine aussi sombre. Ce n’est pas comme si j’étais venu vous chercher querelle.

L'homme, qui avait ouvertement cherché le conflit, se prosterne sans honte pour présenter ses excuses :

- Je m'excuse pour cette provocation. Je suis soulagé que vous soyez un homme capable de séparer vos émotions de la politique.

- Allez droit au but. Sinon, je n’aurais d’autre choix que de vous envoyer valser, le prie sans cérémonie Yoruichi.

En guise de réponse, Tokinada sourit avec ironie. Puis son visage redevient sérieux lorsqu’il commence à aborder le véritable problème :

- Je voudrais ressusciter les cinq grandes familles nobles… ou en d'autres termes, j'ai l'intention de proposer la réhabilitation du clan Shiba.
À ces mots, Yoruichi lève très légèrement un de ses sourcils, tandis que Byakuya garde un visage inexpressif.


Le clan Shiba faisait autrefois partie des cinq grandes familles nobles.
Mais un homme descendant de cette maison et faisant fonction de capitaine de la 10ème Division à l'époque, Isshin Shiba, s’est volatilisé dans le monde des humains.
Suite à cela, le clan Shiba a assumé la responsabilité de ses actes et a été dépouillé de son noble statut.
Les membres de la famille d’Isshin qui appartenaient à sa branche ont été séparés.
Les membres à la tête du clan, à savoir le groupe de Kūkaku Shiba, installés depuis le début au Rukongai, ont été complètement radiés du statut de « grande famille noble ». Ce qui n’était déjà à l’époque qu’un simple titre pour eux.
En conséquence, il leur a été formellement interdit d’aller et venir dans le Seireitei.
Mais bien entendu, Kūkaku a plus tard bravé cet interdit en s’infiltrant de force dans le tribunal, accompagnée de Jidanbō, le gardien de la porte blanche située à l’ouest du Seireitei.

Yoruichi et Byakuya attendent que Tokinada poursuive la conversation.

- C’est vrai, ajoute Tokinada, le départ d’Isshin Shiba est un acte qui ne peut être décrit que comme une trahison envers la Soul-Society. Cependant, à la suite de cela, le fils d’Isshin… Ichigo Kurosaki, a vaincu le roi des Quincy. Bien qu’il appartienne à une lignée dérivée du clan Shiba, ne pensez-vous pas que cet exceptionnel service rendu soit suffisant pour laver le nom des Shiba?  

Parce que, venant de quelqu’un comme lui, la proposition est plus sérieuse qu’elle ne l’aurait imaginé, Yoruichi se dit qu’il y a anguille sous roche. Elle demande ce que Tokinada a dans la tête.

Pendant ce temps, l'expression du visage de Byakuya est restée aussi calme qu'auparavant.
Avec un air nonchalant, il partage ses propres pensées :
- Je suis d’accord sur le fait que le service rendu par Ichigo Kurosaki soit louable, mais Ichigo Kurosaki n’acceptera pas qu’on lui donne un titre de noblesse ou quoique ce soit de cet acabit.
- Tout à fait,
soutient Yoruichi. Pour lui, des choses comme « le statut » ou « le prestige » ne sont tout simplement pas considérées comme étant des récompenses. Au contraire, cela ne pourrait au mieux que le gêner. Et si vous lui parlez au nom de l’ensemble du clan Shiba, cela passerait peut-être mieux, mais ni Kūkaku ni Ganju n’envisagent de revenir vers la noblesse.

Après avoir écouté les avis de Byakuya et de Yoruichi, Tokinada incline doucement la tête.
Il répond avec un fin sourire :
- C’est donc vrai. Ichigo Kurosaki est ce genre d’homme. Dans ce cas pourquoi ne pas faire de ses deux plus jeunes sœurs les têtes du clan? Elles n’auront pas besoin d’être impliquées dans des tâches pratiques. Ce ne sera qu’une formalité pour elles, il n’y aura donc pas de problème.

Le regard de Yoruichi se fait plus méfiant encore :

- Vous avez même enquêté sur les membres de la famille d'Ichigo, hein?... Cependant, je ne vois pas où vous voulez en venir. Pourquoi êtes-vous si obsédé par la réhabilitation du clan Shiba?

Tokinada répond avec honnêteté à sa question :

- Ah, parce que je veux valoriser la justice. Je n'aurai aucun problème à forcer les choses avec la puissance du clan Tsunayashiro, mais cela ne fera qu’engendrer de futurs problèmes avec les membres de la Soul-Society. Ils pourraient penser qu’ils sont sous ma dictature, non? Pour cette raison, je veux que le monde entier sache que le Seireitei fonctionne selon des procédures justes.

- ...?

- Quand les cinq clans sont réunis et qu’ils ont obtenu l'accord formel du Roi des Esprits, les cinq grandes familles nobles occupent alors un poste équivalent à celui du Roi des Esprits. Elles peuvent devenir le corps décisionnel du Seireitei, surpassant le pouvoir du Central 46. Peut-être est-ce pour cela que le Central 46 de l'époque a décidé d’anéantir le clan Shiba, afin d'éviter qu’une telle situation se produise. dit Tokinada en étouffant un rire. En tout cas, n’avez-vous jamais pensé à remettre ce système en question? Pourquoi, parmi les cinq grandes familles nobles, c’est le clan Shiba qui s’est vu froidement accueilli dès le départ ? Soi-disant, parce qu’ils avaient élu domicile au Rukongai pour y installer un canon secret. Cependant, avant qu'ils ne soient démis de leurs statuts parmi les cinq grands clans nobles, le clan Shiba recevait un traitement qui n’était pas mieux que celui que l’on réserve aux pauvres personnes de moindre noblesse. N'êtes-vous pas curieux de savoir pourquoi traiter le clan Shiba de cette façon a été jugé acceptable?

- Qui sait, fait Yoruichi. Si l’on considère uniquement leur valeur, le clan Shiba n’est en aucun cas inférieur aux nobles ordinaires. Ils ont peut-être simplement estimé que cette considération leur suffisait. Cependant, votre arrogance me surprend, vous allez même jusqu'à qualifier de « pauvres » des nobles.

Bien que cette anecdote lui ait effectivement traversé l’esprit, Yoruichi avait décidé de répondre comme si elle ne prenait pas cette discussion au sérieux.

Elle avait conclu qu’adhérer aux idées de Tokinada ne servirait qu’à s’éloigner davantage de la vérité.
Que Byakuya en soit oui ou non venu à la même conclusion, il s’adresse à Tokinada avec un air indifférent :
- Je n'ai pas l'intention de m'immiscer dans les affaires intérieures d'un autre clan... de toute façon, même si pour vous il y a matière à débattre, je suppose que le Roi des Esprits n’a jamais transmis d’accord formel.

En réponse au point de vu que vient de soulever Byakuya, Tokinada déforme sa bouche en rictus.

- Je pense que vous avez raison. Même si le Roi des Esprits est capable de communiquer sa volonté générale aux habitants de son palais, il n'agira pas pour nous donner son consentement. Eh bien, peut-être que je devrais plutôt dire qu’il est incapable de le faire.

- Je ne vois toujours pas où vous voulez en venir. Qu'est-ce que vous prévoyez Tokinada ?

- Mais ces jours sont révolus. Tôt ou tard nous obtiendront le consentement du Roi des Esprits, et quand ce jour viendra, le Seireitei … et nous, les cinq grandes familles nobles, nous gouvernerons indépendamment les trois mondes. Ce n’est pas plus compliqué que cela.

À ces mots, Yoruichi et Byakuya haussent légèrement leurs sourcils.

Les trois mondes ?
Il était tout à fait possible qu’il fasse référence à la Soul-Society et au monde des humains… et le Hueco Mundo, à moins qu’il ne parle de l’Enfer.

Face aux soudaines absurdités que Tokinada avait mentionnées, Yoruichi l’interroge :

- … Alors laissez-moi vous poser cette question avant d'entrer plus loin dans les détails. Vous avez dit que le Roi des Esprits ne donnerait pas son consentement, n'est-ce pas? Comment pouvez-vous être si persuadé que le Roi des Esprits fera tout son possible pour approuver votre proposition?

- Oh, c’est simple. Parce que le prochain Roi des Esprits devrait avoir le libre arbitre.

- ...?

Contrairement à Byakuya, dont l’expression trahis le doute et la perplexité, les yeux de Yoruichi s’éclairent brusquement. Puis ils rétrécissent immédiatement, en posant sur Tokinada regard noir.

- … ! Je vois. C’est la raison pour laquelle vous m’avez demandé moi plutôt que Yūshirō…

La coinçant dans sa ligne de mire, Tokinada gratifie Yoruichi d’un sourire nauséabond.
Il rit, puis ricane.

- Vous l’avez vu n’est-ce pas? Yoruichi Shihōin. Le Roi des Esprits qui a été tué par Ichigo Kurosaki… le genre d'état dans lequel il était avant d'être tué. Mais qu'est-ce que c’était… ? C'est vrai, il semblerait que beaucoup ne sachent toujours pas quel genre d'existence menait à l’origine le Roi des Esprits.

- Mais Kisuké Urahara le sait.