Chapitre 4 (p6) : Les péripéties d'un journaliste, le clan Shiba et le premier shinigami suppléant

par Co.

Une heure plus tard – Siège de la 1ère Division

Lorsque Hisagi entre dans le bureau, le capitaine de la 9ème division, Kensei Muguruma, l’attend déjà sur place. Ils sont prêts à recevoir des ordres.

- Ah, tu es en retard Shūhei. Tu viens de loin?
- Mes excuses, capitaine. Je suis allée au domicile de Kūkaku Shiba, à l’Ouest du Rukongai, pour recueillir des informations.
- Kūkaku…? Oh, la plus jeune sœur de Kaien…
Kyōraku fait alors son apparition de l'autre côté de la porte.
- Bonjour, je crois qu’il est mal venu de ma part de vous solliciter si vous êtes si occupé.
En voyant le capitaine commandant lever sa main et les saluer comme à son habitude, Muguruma prend la parole :
- Alors? Que se passe-t-il capitaine commandant? Y a-t-il une raison particulière pour laquelle seule la 9
ème division ait été convoquée?
- Et bien. C'est plutôt une affaire qui implique la Gazette du Seireitei.
- Hein? Si c’est ça, pourquoi suis-je ici?
Muguruma est le capitaine de la 9ème division, mais il ne participe pas du tout aux éditions de la gazette.

Il y a quelques jours à peine, il se reposait pour soigner sa chair zombifiée. Il était pendant une courte période ignorant de l'état actuel de la Gazette du Seireitei.

- Et bien en fait, les supérieurs hiérarchiques m'ont dit qu'ils souhaiteraient que vous fassiez une annonce officiellement dans la Gazette du Seireitei. Par conséquent, je pense qu'il est préférable de vous le faire savoir également, capitaine Muguruma.
- Une annonce officielle? Est-ce que cela vient de la division zéro?
- Non, cela vient du Central 46. Pour être exact, le noble groupe du Central 46.
En disant cela, Kyōraku fixe Hisagi pendant un moment et continue de parler :
- En fait, il a été décidé qu'un des quatre grands clans nobles établirait un nouveau chef à sa tête. L’affaire a déjà été résolue par le District Gouvernemental et le nouveau chef de clan a été officiellement mis en place. Mais, à la demande de ce nouveau chef de clan, celui-ci semble vouloir faire largement connaître son inauguration à travers la Soul Society.
- Bon sang, pourquoi doit-il toujours s'agir de nobles complaisants ?
dit Kensei, l'air plutôt ennuyé.

Bien qu’il existe une exception connue sous le nom de Yoruichi Shihōin, au fond, Kensei sait très bien que les nobles sont incapables de coopérer avec les autres. Il perd rapidement tout intérêt pour la conversation car le sujet concerne la Gazette du Seireitei.
De son côté, Hisagi poursuit la discussion avec un regard indiquant qu’il a n’est pas tout à fait sûr de certains aspects :
- Euh… combien de pages cela prendra-t-il environ? La première réédition est tout de même prévue plusieurs mois à l'avance et dès le début, elle commence par une édition spéciale qui se penche sur la Grande Guerre et la protection du Roi des Esprits. L'équilibre avec cela sera…
- Il semble qu'il veuille que vous produisiez une édition spéciale supplémentaire. Il veut que vous le distribuiez largement, jusqu'au Rukongai.
- U-une édition spéciale ?! Si nous devons immédiatement mettre en route les systèmes de publication, le budget requis pour cela sera terrible…

L'inauguration d'un nouveau chef de clan appartenant à l'une des quatre grandes familles nobles est une grande annonce en soi. Cependant, comme les nouvelles les plus importantes concernent le Roi des Esprits, il est rare de devoir publier des éditions spéciales supplémentaires, même si cela concerne des évènements annonçant des célébrations ou des deuils dans les quatre grandes familles nobles.
Bien sûr, des budgets inattendus sont parfois nécessaires. Et si la gazette devait être largement distribuée jusqu’au Rukongai, il serait également possible que cela détourne à lui seul le budget annuel.

Hisagi réfléchit à la façon dont il pourrait éventuellement se débrouiller avec la comptabilité, tout en gémissant de frustration. Mais, Kyōraku pose lourdement sa main sur l'épaule d’Hisagi en souriant :
- Vous pouvez être rassuré. Puisqu'il semble que le budget sera entièrement géré par ce noble clan.
- Vraiment!?
Si tel est le cas, Hisagi y voit une opportunité d'utiliser l'édition spéciale et le communiqué préalable de la reprise de la publication comme un prétexte pour élargir les abonnements aux éditions habituelles du magazine. Dans son esprit, il commence à peser les nouveaux avantages et responsabilités…
Toutefois, comme pour le ramener à la réalité, le visage souriant de Kyōraku s’obscurcit :
- Et, ce noble qui est le nouveau chef de clan…
- …? Quelque chose ne va pas, capitaine commandant?
- Il s’agit de Tokinada, du clan Tsunayashiro… Vous comprenez, n'est-ce pas?
Dans le corps de Shūhei, les vaisseaux sanguins se mettent à pulser frénétiquement.
- Tokinada… … Tsunayashiro
Hisagi connaissait déjà ce nom, lui aussi.

Dans le but de ramener Kaname Tōsen - qui s’était détourné du bon chemin – et d’un autre côté, pour en apprendre un peu plus sur lui, Hisagi avait pendant un certain temps enquêté de près sur le passé de Tōsen. Les détails de l'incident, au cours duquel une amie proche de Tōsen avait été tuée, étaient abominables. À l'époque, son mari estimait que la notion d'emprisonnement était une absurdité.
Il a continué à mener sa vie, confortablement, sans être convenablement réprimandé.


- Attendez un instant. Cet homme est censé faire partie d’une moindre branche de la famille.
- Il a atteint le sommet. Des facteurs tels que les moments où Aizen a massacré la Centrale 46 et le désordre né de la dernière guerre ont sans aucun doute profité à ses avantages. En outre, la semaine dernière, le chef du clan Tsunayashiro et les membres de la famille environnants ont été décimés un à un par des assassins.
- Capitaine,
intervient Nanao.
Elle qui était restée silencieuse à ses côtés jusque-là, élève la voix.

Après le scandale de l’assassinat du clan Tsunayashiro, la loi martiale a été proclamée.
Nanao ne pense donc pas que ce soit une bonne idée de révéler sans retenue des informations à Hisagi, même s’il occupe le poste de vice-capitaine.

Cependant, Kyōraku fait taire Nanao d’un mouvement de la main et continue résolument son discours :
- Je m’abstiendrai de parler des conjectures. Tsunayashiro Tokinada, a anéanti tout seul et à jamais ces assassins. Puis il a été promu dans la lignée familiale de sa branche. De manière assez commode, aucun membre de la famille de sa branche n’est décédé… c’est ce qu’on m’a dit.
Contrairement à la remarque préalable de Kyōraku, peu importe qui l'avait entendu, c’était comme s’ils étaient tous frappés par une vague de compréhension concernant « le véritable coupable du scandale de l’assassinat et ses objectifs». Bien sûr, Hisagi ne fait pas exception et lève progressivement les sourcils, mal à l'aise.
- Je sais, poursuit Kyōraku. Je pense que vous le comprenez déjà, mais c'est un homme qui peut faire ce genre de choses sans scrupule.
À ces mots, non seulement Hisagi, mais aussi Nanao et Kensei expriment une petite surprise.
À en juger par son profond silence, Okikiba Genshirō semble être également d’accord avec les propos de Kyōraku.

Hisagi et Nanao ont été surpris parce que ces mots ne ressemblaient pas aux discours et à la conduite habituelle de Kyōraku. Il parlait rarement pour dire du mal des autres.

Qu'il ait oui ou non remarqué ces réactions, un sourire sarcastique et moqueur se dessine sur le visage de Kyōraku alors qu'il forme ses mots :
- Je n’aime pas ça. Même moi, je suis un homme de la noblesse. Espérons qu’il s’agisse là que d’un désaccord entre un ou deux hommes.
Puis le sourire de Kyōraku disparaît une fois de plus.
Il pose une question à Hisagi, le regard sérieux :

- En résumé, il vous a été demandé de publier une édition spéciale célébrant cette… inauguration de Tsunayashiro Tokinada. Hisagi... pouvez-vous le faire?