Chapitre 4 (p5) : Les péripéties d'un journaliste, le clan Shiba et le premier shinigami suppléant

par Co.

- …Qu'avons-nous fait contre vous, le premier Shinigami suppléant ?



Ayant observé Hisagi tout le long, Ginjō lève un sourcil étonné.
Puis il pose sa tasse de saké sur la table et répond en se moquant:
- Bien sûr, vous n'êtes certainement pas un vice-capitaine pour rien…
Il se moquait tout en l’observant avec un grand intérêt.
Ginjō marque une pause un instant, avant de secouer lentement la tête :
- … J'apprécie que vous me le demandiez sérieusement. Mais peu importe ce qui sort de ma bouche, n’est-il pas impensable de croire ce qu’un "personnage dangereux" dit? Pourquoi ne le demandez-vous pas à votre capitaine commandant?
- Cela n’est pas une façon juste de procéder. Le commandant n’est pas quelqu'un qui me dirait des mensonges, mais je suis journaliste pour le moment. Je me dois d’écouter les deux pans de l'histoire, pour des raisons d'impartialité.
- Les mots d’un journaliste sont sortis de la bouche d’un Shinigami, hein? Il n'y a pas de règles selon lesquelles les journalistes doivent être justes en premier lieu.
- L’équité est la priorité numéro un, c’est une politique de l’ancien rédacteur en chef que je poursuis.
En entendant ces mots, Ginjō étouffe son rire :
- Vous êtes un gars étrange. À première vue, vous ne ressemblez à rien de plus qu'un Shinigami ordinaire.
- Je vais prendre ça comme un compliment.
- Et donc? Que feriez-vous si je ne peux pas vous convaincre, même après vous avoir expliqué la raison pour laquelle je vous ai tous trahis?
- Je comprends. Dans ce cas, je vais…

La voix de Kūkaku, qui était restée silencieuse jusqu'à présent, interrompt Hisagi au moment même où il allait répondre avec résolution :
- Je ne veux pas interrompre cette discorde entre Shinigami et pique-assiette. Mais s'il vous voulez vous battre, faites le dehors, compris?
- … …Oui
, acquiesce docilement Hisagi.
- Compris, accepte Ginjō tout en haussant les épaules. Nous ne vous causerons aucun problème.
La tension dans l'air s’est modifiée.
Après quelques secondes de silence, Ginjō ouvrit la bouche pour parler :
- Je suppose que j'ai fini par tromper Ichigo Kurosaki.
- ? Ah, c’est ce qu’on dit.
- J'ai personnellement fait modifier mon passé par Tsukishima… Dans ce passé, il y avait un Shinigami remplaçant qui avait coopéré avec nous, les Fullbringers, afin de nous débarrasser des pouvoirs de Hollows mélangés à notre âme… Ensuite Tsukishima été sensé être celui qui avait tué nos anciens camarades et ce Shinigami remplaçant.

Les Fullbringers, comme Ginjō, avaient comme point commun d’être des humains né chacun d’un parent qui avait été attaqué par un Hollow. Par conséquent, Hisagi avait entendu dire que le pouvoir des Hollows s’était mélangé à leur âme, et que cela se manifestait par une capacité unique appelée «Fullbring ».

- Alors, comment se fait-il qu’une fois que le passé original ait été restauré… Il n'y avait plus de Shinigami remplaçant semblable à Ichigo ? Il suffisait de dire que c’était moi qui assumais le rôle du Shinigami suppléant. Mais alors, qui avait tué les anciens camarades présentés dans l’histoire précédente ?
- ... attendez, tout cela c’était aussi un passé réécrit par Tsukishima.
- Le pouvoir de Tsukishima ..."Book of the end" lui permet de s'insérer dans le passé d'une personne à la place de quelqu’un d’autre. Bien que pour Tsukishima des choses comme les souvenirs et ses conséquences puissent être modifiés, en ce qui concerne l'ajout de personnes qui n'existent pas, c'est impossible. Au fait, le type que vous croyez être un Shinigami remplaçant c’était en fait un des Shinigamis que j'ai tué de rage.
- … sans blague.

Hisagi ressent un sentiment désagréable, il déglutit.

Tsukishima, qui était au coin de la pièce, lève les yeux de son livre pour jeter un œil sur la scène entre Hisagi et Ginjō. Il remarque que Ganju n'est pas d'humeur à les interrompre, tendant ses oreilles pour écouter la conversation entre les deux autres. Kūkaku affiche une expression qui disait « ça ne me regarde pas », mais contrairement à d’habitude, elle buvait son saké doucement.
Autour d’Hisagi, s’installe un inconfortable silence.
Ensuite, ce sont les paroles d'un Ginjō aux yeux sombres qui ont brisé ce silence :

- C’est ce Shinigami ... qui a tué mes anciens camarades.

Un silence et un air glacial remplissent à nouveau l’espace.

Hisagi, qui ne pouvait pas en supporter d’avantage, secoue la tête alors qu’il essaye de se lever.
- Attendez ... bon alors, pourquoi avez-vous des griefs contre Ukitake!?
- On y vient maintenant. J'ai découvert le secret du badge des shinigamis suppléant à l'époque. Je n'ai pas besoin de vous dire le reste pour que vous compreniez, n'est-ce pas?
- Euh ...
Hisagi se remémore leur ancienne conversation.

« J'ai entendu dire que le capitaine Ukitake vous avait donné un badge de Shinigami remplaçant pour vous surveiller. Cela vous a-t-il suffi pour considérer tous les membres des 13 Divisions comme des ennemis? Assurément ça a dû être désagréable. Mais vous auriez pu simplement protester contre le capitaine Ukitake une fois que vous l’aviez remarqué. Non? »

Même s’il n’était pas au courant de tout, il se rend compte qu’il était à côté de la plaque.
Il se sent honteux.
- …Je vois. Je n’aurais pas pu croire votre histoire tout de suite, mais… pour avant, j'avais tort.
- Je m'en fiche. Ça m'a bien fait rire, pas vrai?
Après avoir plaisanté avec espièglerie, Ginjō poursuit son récit :
- Le jour où j'ai remboursé ma dette envers Ichigo, au Palais du Roi des Esprits, j'avais prévu de rejoindre Ukitake. Je me demandais jusqu'où s’étaient étendus ses ordres. En tout cas, dès le départ je n'avais aucune confiance en lui. Pourquoi mes camarades Fullbringer devaient-ils être tués?
Mais c’est amusant, j’ai cherché Ukitake, prêt à le combattre à l’épée dans le pire des cas, mais il n'était plus en état de parler.
- C'est…

Hisagi essaye de dire quelque chose, mais ses mots ne sortent pas correctement.
Dans sa tête, se rejoue le moment où Tōsen avait été achevé par Aizen.
À cette époque, Hisagi aurait certainement pu échanger des paroles avec Tōsen, dans ses derniers instants. Cependant, juste avant qu'il ne lui délivre ses ultimes paroles, Tōsen fut achevé de façon cruelle par Aizen. Hisagi aussi avait toujours perdu l'occasion d'échanger ses mots avec son adversaire.
Voyant le regard porté par Hisagi qui se souvenait de tout cela, Ginjō fait un petit cliquetis avec sa langue et pousse un soupir :
- Aller… j’en ai dit plus que ce qui est nécessaire. Je me suis déjà saoulé.
- S'il vous plaît, attendez. Si c'est vrai ...
Au beau milieu de sa phrase, une sonnerie de Messager Divin se fait entendre.
L’appareil se trouve être dans sa poche et quand Hisagi le sort pour vérifier, il y voit un avis de convocation bien connu.
- … Ce n’est pas bon. C’est un appel de la 1ère division, pour une réunion.
- Vous avez été convoqué à ce moment précis. Eh bien mon vieux, êtes-vous également sous surveillance?
- S’il avait s’agit du capitaine Kurotsuchi peut-être, mais le commandant lui ne le ferait pas... J’avoue que cela ressemble à de la surveillance, mais je ne fais que remplir mes fonctions de journaliste, tout simplement.
Hisagi se lève de son siège et parle finalement à Ginjō d'une manière plus brusque :
- Cela ne signifie pas nécessairement que je vous crois mot pour mot. Je ne veux pas croire que mes collègues commettent dans le monde des humains de telles atrocités sans motif, mais… je vais creuser le fond de cette histoire. Parce que je suis un Shinigami et je suis en même temps le rédacteur en chef de la Gazette du Seireitei. Vous pouvez compter sur moi.
- …
- Quoi qu’il en soit, nous en reparlerons bientôt. Et Ganju, s'il vous plaît faites-moi signe la prochaine fois. La prochaine fois, c’est moi qui vous offre du saké.
Puis Hisagi s'incline devant Kūkaku et quitte la résidence des Shiba.

En entendant le bruit d'un moteur de moto résonnant au loin, Tsukishima, jusque-là silencieux, élève alors la voix, les yeux tournés vers son livre :
- C’est rare que Ginjō raconte de lui-même cette histoire.
- Ouais. J'ai fini par m’adoucir, n'est-ce pas?
plaisante Ginjō.
En regardant l'espace vide avec une expression sérieuse, il reprit :
- Je devine que c'est un Shinigami sérieux. Il me rappelle les 13 divisions d’ailleurs. Peu importe si un gars comme lui réagit ou non à mon histoire avec honnêteté… eh bien, disons qu'au lieu d'Ukitake qui est parti maintenant, je voulais probablement que quelqu'un exalte tout simplement mes frustrations.

Ensuite, Giriko apparaît en tenant une assiette:
- Oh, dit-il. Le monsieur Shinigami est déjà parti ? Même si j’ai préparé des collations?
- Ouais, je suppose que c'est un gars ponctuel. Il était si pressé.
- Je vois. C'est une bonne chose. Parce que le temps qui passe est une loi absolue qui reste aussi inchangeable dans le monde humain que dans le Rukongai ou le Seireitei. Quoi qu’il en soit, si les Shinigami s’appellent eux-mêmes « des dieux », il est naturel qu’ils respectent cette règle.

Pendant que les Fullbringers conversent, Ganju pose une question à sa sœur.
Elle reste exceptionnellement silencieuse alors qu'elle continue à boire.

- Dis grande sœur, qu'en penses-tu sincèrement?
- Je ne sais pas. Je te l'ai déjà dit non? Ce n’est pas quelque chose dans lequel nous pouvons fourrer notre nez alors que nous ne sommes même pas des Shinigamis.
- ... Je me demande si grand frère savait quelque chose.

Ce grand frère était Kaien Shiba, qui avait été le lieutenant d’Ukitake avant la chute du clan Shiba.
En raison de sa mort et de la disparition d’Isshin Kurosaki, descendant de la branche principale de la maison Shiba, leur statut de noble a été renversé. Cependant, Ganju considère toujours son grand frère comme étant la fierté du clan Shiba.

Kūkaku se remémore le visage de son frère aîné qui est déjà mort et parti. Elle jette un regard sur sa coupe de saké, tout en formulant ses mots :
- …qui sait. Les Shinigamis ferment leurs yeux pour protéger Seireitei.
- Comme avec ce bâtard d’Aizen. Les Shinigamis sont probablement en train de s’endurcir à cause des scélérats engendrés par le Seireitei lui-même.