Une cérémonie de mariage mouvementée

par scarain

Le cortège nuptial, que chaque division était venue rejoindre, gravit les marches du grand palais et pénétra dans la salle du Conseil, qui avait été spécialement aménagée pour recevoir tout ce beau monde. Grâce à une puissante magie que l'on utilisait seulement lors des grands évènements, la salle faisait le quadruple de sa taille originelle et avait été décorée de tentures solennelles. Leur drapé habillait les murs avec élégance et sobriété. De nombreuses estrades de bois de la plus belle facture avaient été dressées de part et d'autre de l'autel. Les doigts de Yoruichi se crispèrent sur le bras de son promis tandis qu'ils avançaient lentement vers ce qui leur semblait être un échafaud à leurs libertés. Le Commandant Yamamoto Genryuusai, en costume de grand apparat, inclina respectueusement la tête à leur approche.

 

-         Çà va aller Byakuya ? Demanda-t-elle tout bas, comme si la peur s'emparait d'elle.

 

-         C'est à moi que tu demandes cela ? Murmura-t-il en lui offrant un petit regard sur le côté.

 

-         Ok, c'est bon. Finissons-en qu'on sorte d'ici ! fit-elle d’un air résolu.

 

-         Pour une fois que nous sommes d'accord sourit le noble.

 

Il remit cérémonieusement aux hauts dignitaires religieux l’objet consacré qui avait suscité la convoitise de Soi Fon. Celle-ci ne le quittait pas des yeux. Pour l’instant, il était recouvert d'un tissu de soie doré et conservait tout son mystère. Une fois que tout le monde fut placé dans les bancs, Yamamoto Genryusai accueillit les futurs époux par un long discours qui en fit bailler plus d’un.

 

-         Mesdames et Messieurs, nous sommes en ce jour réunis pour célébrer l'union des deux plus puissants représentants de la noblesse du Sereitei. Depuis des générations, leurs clans ont veillés sur notre monde et fais en sorte que la paix et l'ordre qui y règnent soit respectés. Garants de notre fierté et de notre force, ils ont vus de grands noms se succéder et enrichir notre Histoire. Et c'est un honneur pour moi de témoigner de cet instant qui restera gravé dans nos mémoires.

 

Vautré sur son banc au fond de la salle, le Capitaine Kyoraku Shunsui commença à piquer du nez et se prit un coup de coude dans les côtes par une Nanao-chan hors d’elle. Dans l'estrade de droite, où étaient assis les invités de Capitaine Kuchiki ainsi que son clan, Rukia sortit son mouchoir pour prévenir les larmes d’émotion qui menaçaient d’apparaître. Malgré son hésitation, Ichigo plaça alors affectueusement son bras autour de ses épaules dans un geste protecteur et rassurant. La soudaine sensibilité de la jeune fille le touchait droit au cœur et il la trouvait si jolie en ce jour dans sa petite robe rose. A côté d’elle, Inoue, la bouche en cœur, admirait la beauté des futurs mariés et chuchotait quelque chose à un sado-kun peu réactif. Ishida, quant à lui, commentait tout bas avec Yumichika l’impeccabilité des plis des costumes des époux, visiblement très impressionnés l'un et l'autre. Mais le comble du comble était que Renji et Soi Fon avaient été placés côte à côte dans le rang d'en face. L’atmosphère entre eux était plus que tendue. A la fin de son discours, Yamamoto regagna son fauteuil. Les voix merveilleuses du chœur dissimulé dans les arcades du premier étage, s'élevèrent alors dans la salle et entonnèrent un chant d’une beauté incommensurable tandis que les deux nobles, main dans la main, s’agenouillaient afin de recevoir les bénédictions des religieux. Le prêtre, masqué par un voile blanc, retira l’étoffe qui recouvrait le Kekkon no Hon’shi afin qu’il fasse son office, et se dirigea vers l’écritoire pour y lire la litanie nuptiale. Renji sentit alors son cœur bondir hors de sa poitrine. Tout son corps devint plus froid que la mort elle-même sous la vision cauchemardesque qui s'offrait à lui. Ses mains glacées serrèrent son hakama de toute leur force. Il pria pour que ceci ne soit qu'un mauvais rêve car, ayant eu le privilège de se voir confier la garde de l’objet sacré, il en connaissait l’apparence. Et ce qu’il voyait à présent sur l’autel ne correspondait pas du tout à ce qu’il avait vu la veille. L’objet, exposé à la vue de tous, n’était en effet plus un chat tenant un sabre, mais un babouin. Il crut qu’il allait défaillir et se demanda aussitôt qui d’autre dans l’assemblée pouvait bien savoir que l’objet était censé symboliser les époux. Les religieux, évidemment ! Le Commandant Yamamoto devait également le savoir. La situation devenait catastrophique, car si quelqu’un s’apercevait de l’apparence de l’objet, tout était fichu. Tout était très clair dans son esprit : le babouin le représentait et le sabre qu’il tenait respectueusement dans ses mains tendues n’était autre que son vénéré Capitaine. Même le plus crétin des Shinigami comprendrait alors la nature des sentiments qui les liaient. Il ferma les yeux très forts comme si cela suffirait à faire disparaître ce cauchemar et les rouvrit, dépité de voir que le Kekkon no Hon'shi restait inchangé. Pourquoi diantre l’objet avait-il changé de forme ? Comment cela avait-il pu se produire ? Soudain, son esprit vacilla en repensant à son désespoir de la veille, à l’éclat étincelant que le quartz fantôme avait eu entre ses mains la nuit dernière, à ses larmes qui l’avaient souillé…

 

-    Quel con ! Mais quel con ! Pourquoi ne l’ai-je pas regardé avant de partir ce matin ?

 

Soi Fon, qui n’avait jamais vu l’objet véritable auparavant, ignorait totalement qu’il avait une forme différente la veille. Cependant, son apparence lui fit penser à la prophétie de la vieille Saori :

 

« Là où repose celui qui aime de tout son cœur, la métamorphose s’accomplit. Car la vérité se dévoile par le verbe, les larmes et la nuit. Protéger l’objet pour que le mariage s’accomplisse est bien inutile. Son œil qui relie les destins s’est emparé de la trame et du fil. Nul ne doit le voir…le babouin armé. C’est l’échec de l’union assuré. »

 

Elle se repassa en boucle les paroles de la vieille femme cherchant à les interpréter. L’objet représentait un babouin certes. « Nul ne doit le voir » d’accord, et pour le coup, c’était mal parti. Mais il lui manquait l’essentiel. C’est alors que Renji la prit par  le bras et l'invita d'un signe de tête à le suivre discrètement dans le couloir. Ils s'éclipsèrent sous le regard désapprobateur des deux clans. A présent seuls, Renji, on ne peut plus paniqué, ravala sa salive et mit sa fierté de côté.

 

-     Soi Fon, écoute... Je suis vraiment désolé d’avoir parlé de tes projets au Capitaine Kuchiki mais je n’avais pas le choix. J’imagine que tu m’en veux à mort, mais... s’il te plaît, dis-moi ce que tu as fait de la copie de la statuette que tu as dérobée, c’est très important, et pour Byakuya, et pour Yoruichi-san.

 

Un éclair bleuté passa dans le regard de la jeune femme. Elle jubilait. Le Lieutenant Abarai était visiblement catastrophé et çà, c’était plutôt inhabituel.

 

-     Je l’ai détruite ta copie Renji ! fit-elle avec sourire mauvais.

 

Tandis qu’elle l’observait se décomposer, elle eut la confirmation que ce qu'elle pensait était exact. Ce qui mettait Renji dans cet état d’épouvante était l'apparence de l'objet. Le Babouin, et le sabre… « la métamorphose s’accomplit là où repose celui qui aime de tout son cœur… ». La statuette avait donc une fonction symbolique ! Elle révélait aux yeux de tous l’amour qui était censé unir les futurs époux. Et pour le coup, elle dénonçait les sentiments de Renji et de Byakuya ! Comment n’avait-elle pas percuté plus tôt ? Elle éclata de rire dans ce hall incolore.

 

-         Tu n’es vraiment qu’un imbécile Abarai ! lui dit-elle. Je ne sais pas pourquoi je me suis donnée autant de mal pour que ce               mariage échoue. Ta stupidité suffit bien! J’y retourne ! Mais j’y pense…et si je me levais et que je prenais la parole…

 

-    Ne fais pas çà sinon je te jures que

 

-         Que quoi ? Tu veux m’attaquer ? Moi ? Un Capitaine ? Tu n’es pas de taille Renji. Mais vois-tu, contrairement à toi, j’ai bien trop    de respect pour la personne que j’aime pour l’exposer ainsi à la vindicte populaire. Byakuya ne peut pas en dire autant à ton  sujet. Quel dommage.

 

Sur ce, elle tourna les talons et alla se rasseoir dans la salle, suivie d’un Renji mortifié de peur. Il ne voyait plus comment éviter la catastrophe. Rukia, qui était en face d'eux, le fixa avec inquiétude. Quelque chose était en train de se passer mais quoi ? Ichigo remarqua aussi la mine épouvantée du Lieutenant Abarai et chercha à définir ce qui l’effrayait autant.

 

-    Laisse tomber ! fit-il à Rukia. Il supporte pas que ton frère et Yoruichi puissent dire oui à toute cette mascarade !

 

-    Non Ichigo... Je crois qu’il y a autre chose. Je le connais bien. Et puis qu’est-ce qu’il a été dire à Soi Fon tout à l’heure ? Tu as vu le      changement dans son visage. Elle presque ravie alors qu'elle était dépitée tout à l'heure.

 

-    Oh Rukia, arrête un peu ! C’est pas nos oignons tout çà. Et puis merde, j’arrive même pas à suivre ce qui se dit là !

 

Byakuya, agenouillé avec Yoruichi devant le prêtre, sentit alors dans son dos le reiatsu de Renji dégager une peur incontrôlée. Que se passait-il pour qu’il se mette dans cet état ? Tandis que le prêtre citait les hauts faits de chacun de leurs clans, son regard se posa sur l’objet nuptial et son cœur s’arrêta une seconde. Le souffle coupé, il dévisagea l'objet de son épouvante : un babouin muni d'un sabre. Comment était-ce possible ? Et dire qu'il ne pouvait même pas se retourner pour interroger Renji du regard. Il prit une profonde inspiration pour ne pas laisser la panique l’envahir. Si jamais le prêtre remarquait cette symbolique, ils étaient fichus. En tout cas, lui l’était. Byakuya effleura discrètement la main de Yoruichi et lui indiqua du regard l’objet posé sur l’autel. La réaction de la féline ne se fit pas attendre. Elle comprit tout de suite que l’objet sacré avait ressenti les vibrations de Renji pour son Capitaine et qu'il avait décidé d’unir leurs destins sans tenir compte de leur pacte. Yoruichi pensa à toute vitesse, cherchant un moyen de retourner la situation au cas où cela tournerait mal pour eux, mais dans sa panique, aucune échappatoire, aucun mensonge ne lui venait à l’esprit. Byakuya, de son côté, considérait du coin de l'oeil le Commandant Yamamoto qui se tenait fièrement dans son fauteuil, la main appuyée sur sa canne. La longue liste des hauts faits guerriers de chaque famille n’en finissait pas, et le noble était à bout de patience. Il bougea alors discrètement la main gauche et aussitôt l’un de ses gardes fut auprès de lui. Il lui chuchota quelque chose et regarda Yoruichi afin qu’elle se tienne prête à jouer son jeu. Puis, le garde alla discrètement parler au Commandant.

 

-    Mon maître m’informe qu’il serait préférable d’en venir directement aux vœux car Yoruichi-dono ne se sent pas bien.

 

Yamamoto fronça les sourcils et darda ses sombres pupilles sur le visage de la princesse, anormalement pâle. Il acquiesça alors et fit signe au prêtre de passer à l’étape suivante. Soulagée, Yoruichi salua dans son for intérieur le génie de son futur époux car une telle audace ne lui serait pas venue à l'esprit, tout du moins, pas en cet instant. A l'invitation du religieux, ils se relevèrent alors et se mirent face à face. Elle vit briller dans le beau regard gris mauve de son ancien élève une complicité insoupçonnée et ses grands yeux d'un vert de jade lui offrirent un sourire complice. Peu importe si ce mariage était un simulacre. Elle le retrouvait et ne doutait point que Byakuya soit aussi ravi de se rapprocher d'elle, même s'il était trop fier pour l'admettre. Ils entrecroisèrent leurs mains, le coeur battant, et prononcèrent leurs vœux devant toute l’assistance émue. La gorge sèche, Renji ferma les yeux et pria pour que personne ne remarque rien. Le prêtre prononça alors la bénédiction paradoxalement désirée, et déclara Byakuya Kuchiki et Yoruichi Shihouin, Mari et Femme. La princesse se rapprocha de son ami, bien décidée à ne pas faire l’impasse sur le baiser. Le noble répondit à l'appel de ce beau visage tendu vers lui, les yeux clos, et posa doucement sa main sous ce charmant menton pour lui offrir un baiser qui était tout sauf mensonger. La douceur des lèvres de son mentor le ravit et une éternité de poursuite et de chamaillerie d'enfance lui revint alors à l'esprit. Sa disparition aussi. L'étrange douleur qu'il en avait conçue. Mais plus rien n'existait puisqu'elle était là à présent, et que leur amitié houleuse, n'en n'était pas moins sincère. Ce baiser déclancha chez les femmes shinigami une hystérie collective, chacune dégainant son appareil photo pour mitrailler les deux époux. Mais la petite Yachiru, fut la plus rapide. Bondissant de son siège comme un petit lutin malicieux, elle les bombarda de clichés, s’assurant ainsi la victoire du fameux concours. A l’arrière, Rukia était en pleurs, tout comme Inoue qui s'était transformée en fontaine. Aveuglée par ses larmes d'émotion, elle attrapa ce qui passait à sa portée et se moucha sans le réaliser dans la cape de Ishida.

 

-    Orihime !!! Non mais c’est va pas la tête ? Hurla le jeune brun. T’es malade ou quoi ?!!

 

-     Désolée Ishida Kun… sourit-elle avec candeur.

 

Les chœurs s’élevèrent alors, masquant les cris du brun à lunettes, et le noble couple s’avança fièrement vers la sortie, suivi de leurs deux clans et du reste de l’assistance. Leurs pas étaient comptés, chacun redoutant que quelqu'un ne les rappelle pour dénoncer l'apparence de l'objet sacré. Aussi, à peine eurent-il passé la porte, que Byakuya appela l’un de ses hommes pour lui demander d’aller recouvrir la statuette immédiatement et de la lui rapporter, ce qu’il fit en moins d’une seconde. Il poussa un soupir de soulagement et serra entre ses mains l'objet qui aurait pu provoquer sa chute et couvrir leurs deux clans de honte. D'un sourire malicieux, Yoruichi l'excusa auprès de ses suivants pour lui permettre d'aller enfermer le Kekkon no Hon’shi sous scellé, dans un coffre muni de nombreuses sécurités. Stressé au possible, Byakuya revint redonner le tout à ses gardes, et leur demanda de le déposer dans son bureau privatif à son Manoir. Ceux-ci filèrent  plus vite que l'éclair hors du Palais pour mettre en sécurité le précieux coffre. Il éprouva alors le besoin de s’asseoir une minute afin de se reprendre. Yoruichi, non loin, discutait avec le Commandant Yamamoto, le rassurant sur son malaise passager, dû à l’émotion sans doute disait-elle. Puis elle se retourna vers lui et s’approcha avec un large sourire.

 

-    Hahaha !! C’est un coup de maître que tu nous as fait là, mon petit Byakuya ! Je vois que je n’ai plus rien à t’apprendre.

 

-    Ne m’appelles plus comme çà Yoruichi ! fit-il en lui lançant un regard noir. De plus, il est trop tôt pour crier victoire. Nous                        risquons d’avoir des surprises     si nous baissons notre garde.

 

-    Ne t’inquiète pas pour çà ! Je suis certaine que tout ira bien. Et puis ils ne peuvent plus rien nous dire maintenant. Nous nous      sommes mariés comme ils l’ont voulu. Tout est bien qui finit bien pour tout le monde !

 

Fragilisé, Byakuya ouvrit de grands yeux et la trouva bien optimiste. Elle ne pensait pas une minute au danger que lui courrait si quelqu’un de la Chambre des Quarante six venait à découvrir que la statuette, dont il avait la garde et la responsabilité, avait servi à une union différente que celle qu’elle avait désignée. Dans toute l’histoire du Seireitei, jamais une telle chose ne s’était produite. Cela pourrait avoir de lourdes conséquences. L’objet sacré, contrarié dans sa vérité, allait-il modifier ses pouvoirs ? Il le savait mû d’une intelligence propre. Lui seul avait la capacité d’établir un dialogue avec lui, car il était le l’héritier de cette noble famille et l’objet avait toujours été en leur possession. Il se devait de rentrer en communication avec lui avant que son pouvoir ne mute. Malheureusement, il ne pouvait échapper à la foule de personnes qui venait les féliciter et leur souhaiter leurs voeux de bonheur. Au côté de la féline, il se plia alors aux exigences de son rang et remercia chacun de ceux qui venaient les congratuler.

 

Pendant ce temps, la foule des invités descendait les marches du palais, faisant comme un grand dragon humain qui serpentait entre les bâtiments, sous un soleil rayonnant. Tout le monde se rendait dans la ville basse où avaient lieu les festivités et d’où provenaient des airs de musique et de fête. Rukia et Ichigo dévalèrent ensemble l'escalier et retrouvèrent un peu plus loin Renji, perdu dans la masse, comme emporté malgré par le flot de personnes qui se rendaient au banquet. Il semblait chercher désespérément du regard quelqu’un. Rukia le happa au passage par le bras et lui demanda si tout allait bien.

 

-    Oui, oui, Rukia, çà va…fit-il nerveusement. Dis-moi, ton frère est-il sorti ?

 

-     Il est resté là-haut avec Yoruichi. Ils avaient tellement de monde autour d’eux que je ne les ai pas attendu ! Pourquoi Renji ?        Qu'est-ce qui se passe ?

 

-     Rien ! Merci Rukia ! fit-il avant de partir comme une fusée à contresens, bousculant tout le monde sur son passage pour remonter                jusqu'au Palais.

 

-     Mais quelle mouche l’a encore piqué ? C’est vrai qu’il est space le Renji d’un seul coup ! marmonna Ichigo en se grattant les                       cheveux.

 

-    Kuchiki-san, Kurosaki-kun !!!! cria alors Inoue en courant derrière eux. Attendez-nous, on arrive !

 

La jeune fille dévala les marches joyeusement, suivie de Ishida qui tirait une tête de six pied de long. Il avait refilé sa cape souillée de morve à Sado, qui la portait sur son bras en dédramatisant l’incident.

 

-     Aller Ishida, se moqua Ichigo, fait pas la gueule, t'es bien mieux sans de toute façon !

 

-     J'ai passé la nuit à la coudre alors je t'interdis de me dire quoi que ce soit Kurosaki !

 

-     Gomenasai Ishida-kun...Je...je voulais pas te l'abîmer tu sais ?  fit tristement la jolie rousse.

 

-     T'entends ? Elle est désolée. Bon aller on y va sans çà on va se faire griller nos places, grogna le shinigami remplaçant en partant                en direction du banquet car toutes ces émotions lui donné de l’appétit.

 

 

Entretemps, Renji arriva au palais et vit que des gens de la haute noblesse s’étaient regroupés autour des époux et discutaient avec eux dans le hall d'honneur. Il attendit donc à l’écart, adossé à l’un des gigantesques piliers du palais. Enfin libérée de ses invités, Yoruichi vint le voir.

 

-    Et bien, Renji, lui lança-t-elle avec un sourire goguenard qui tranchait avec la distinction de sa robe, c’est une journée riche en                  émotion n’est-ce pas ?

 

-    Je suis navré de l’apparence qu’a revêtue la statuette nuptiale Yoruichi ! fit-il en baissant les yeux de honte. Je l’ai constaté sur place en même temps que vous…Tout à l'heure...Je ne savais vraiment pas comment vous sortir de ce pétrin…

 

-    T’inquiète ! Lui dit-elle avec un clin d'oeil. On s’en est pas mal sorti ! Cela aurait pu nous coûter cher en effet. Mais heureusement, ton Capitaine a fait preuve de sang froid. Tiens, quant on parle du loup...

 

Il vit alors le noble sortir du bureau du Commandant Yamamoto et venir vers lui d’un bon pas. Il s'excusa de nouveau auprès de Yoruichi et lui fit signe de le suivre dans une salle attenante à la celle du Conseil. Renji le suivit, une boule d’angoisse dans la gorge. Une fois la porte refermée, Byakuya se retourna vers lui. Il crut alors qu'il allait défaillir tant il se sentait mal. Son regard d’acier le pénétrait comme s’il cherchait à sonder son âme et rien ne pouvait empêcher cette toise accusatrice.

 

-    J’ai besoin de comprendre ce qui s’est passé Renji, dit-il alors d'une voix d'outre tombe. Je veux que tu m’expliques comment une telle chose a pu arriver, sans quoi je ne pourrais rien faire pour redonner à l’objet son état normal.

 

-     Je vous jure que je ne sais pas comment cela s’est produit Taicho ! S'exclama-t-il, avec sincérité. Hier soir encore, le Kekkon no Hon’shi représentait un chat tenant un sabre. Je l’ai enveloppé dans un tissu de soie…celui dans lequel vous l’avez trouvé ce matin…et je l’ai mis sous mon oreiller des fois que Soi Fon profiterait de mon sommeil pour le subtiliser. Seulement, je n’ai pas vérifié ce matin à quoi il ressemblait. Oh, Taicho, je ne me serais jamais douté de cette métamorphose ! Je vous l’ai remis en toute bonne foi, je vous jure !

 

Byakuya fronça les sourcils. Il lui tourna alors le dos et arpenta nerveusement la pièce en long et en large.

 

-    Il y a forcément quelque chose que tu ne me dis pas Renji, fit-il de sa belle voix grave. Il est inutile de me le cacher car l’objet me      le révèlera de toute façon.

 

Le cœur de Renji se mit à battre la chamade. Il y avait bien ces « détails », oui…quelle honte de les lui avouer !…Comme il n’avait pas le choix, il lui parla alors de l’état de désespoir dans lequel il était rentré chez lui la veille, de la joie qu’il avait éprouvée en découvrant l’objet sacré sur son étagère, des larmes qu’il avait involontairement versées dessus et qu’il avait soigneusement essuyées. Et puis de l’étrange éclat qu’avait eu le quartz fantôme quand…

 

-     Quand ?

 

-     Quand j’ai dit à haute voix que je vous aimais… avoua Renji en baissant les yeux de honte.

 

Le Capitaine Kuchiki se passa une main sur le visage. Il se dirigea vers la fenêtre et s’y appuya, muré dans un silence où la colère restait captive. La situation était plus grave qu’il ne le pensait. Renji avait réveillé, sans le vouloir, l’esprit de l’objet sacré et lui avait confié ses sentiments par les larmes et les mots. Il n’en fallait pas plus en magie pour lier deux destins ensemble, et ceci, de façon irrémédiable. Le noble comprit alors qu’il ne pourrait plus lui échapper désormais. Planté au milieu de la salle, le Lieutenant Abarai n’osait plus bouger. Il se sentait moins que rien. Quoi qu’il fasse, cela tournait toujours à la catastrophe. Et voir son capitaine atterré lui donnait envie de mourir sur place.

 

-     Qu’est-ce que j’ai fait encore Taicho ?

 

-     De la magie Renji, ni plus ni moins …répondit froidement Byakuya, dont le regard se perdait dans le bleu du ciel.

 

-      Il y a forcément un moyen de revenir en arrière…

 

-      Non. Il n’existe aucun moyen de défaire ce que tu as fait. Si l’objet avait eu la clairvoyance de nous unir de lui-même, j’aurais pu défaire le sort. Mais tu l’as invoqué par tes larmes et tes mots. Le mettre sous ton oreiller aura achevé le processus magique. Je ne peux plus rien faire à présent.

 

-      Mais que va-t-il se passer ?

 

-     Je n’en sais rien Renji, soupira le noble en baissant les yeux. Je n’en sais absolument rien… J’ai eu tort de te le confier sans t’informer préalablement de son pouvoir. Seulement, je ne pensais pas que tu aurais cette facilité de communication avec lui. On      peut dire que j’ai commis une belle erreur…Oui, une faute remarquable de naïveté. Il faudra en assumer les conséquences.

 

-       Ah non ! Si jamais cela vient à se savoir, ce n’est pas à vous d’en porter les conséquences ! C’est à moi !

 

-       Cà suffit comme çà ! s’énerva le Capitaine Kuchiki. Es-tu le gardien de cet objet ?

 

Renji baissa la tête et serra des poings. Byakuya se rapprocha alors de lui et effleura sa joue de ses longs doigts fins, avant de se reprendre.

 

-      Non, il était de mon devoir d’y veiller et de mon devoir seul. Tu ne seras pas inquiété, fit-il en tournant les talons.

 

-      Mais je ne veux pas qu’il vous arrive quoi que ce soit, moi !

 

         -     Très bien. Alors commençons par rejoindre les autres avant qu’ils ne se demandent ce que nous fabriquons. Et séparément s’il         te plait.

 

Le cœur lourd, le noble Capitaine laissa son Lieutenant dans la grande salle, seul avec ses remords, et décida d’être attentif à tout ce qui se dirait à la fête autour de lui. Si jamais quelqu’un parlait de la statuette, il saurait le faire taire.