Chapitre 5 : Le culot : la meilleure excuse

par manga93


Elle avait parlé doucement, lentement et avait fini sa phrase par s'incliner devant le shinigami. Il écarquilla les yeux, il n'en revenait pas, Karin, celle qui passait son temps à lui tenir tête s'inclinait devant lui. De son côté Karin, s'était calmée et restait tête baissé attendant la réaction du shinigami de glace. Celui-ci passa à côté d'elle se dirigeant vers son bureau sans lui adresser un mot. Déçu et quelque peu honteuse, consciente qu’elle avait été trop loin malgré sa colère, elle se redressa et s'apprêta à partir, pensant qu'elle n'obtiendrait plus ce qu'elle désirait quand il l'appela.

- Karin, tiens. Dit-il une fois qu'elle fut retournée vers lui en lui tendant une feuille qu'elle prit en silence tout en le regardant. Il a jusqu'à 18h et devra travailler de nuit pour compenser, c'est tout ce que je peux faire.

Karin regarda tour à tour la feuille et Toshiro, son visage sans expression, jusqu'à ce qu'elle comprenne enfin. Son visage s'éclaira et elle lui sourit.

- Tu ne devrais pas perdre de temps et aller la lui donner. Dit Toshiro un sourire en coin.
- Oui Capitaine ! Affirma-t-elle enjoué.

Sur ces mots elle partit en courant dans les couloirs rejoindre la petite famille qu’elle avait laissée seul dans la cour.

- Pourquoi l'avez-vous autorisé, capitaine ? Lui demanda Matsumoto en disant tout haut ce que pensaient tous les shinigamis témoins de la scène.
- Elle m'a vouvoyiez, appelé capitaine et s'est incliné devant moi, comment voulais tu que je le lui refuse après ça ? Expliqua le capitaine. Au faite Matsumoto, tu n'as pas des dossiers à remplir ? Demanda-t-il en la transperçant du regard.
- Oh, je viens de me souvenir que j'avais des tas de chose à faire … Bredouilla la vice-capitaine en s'éloignant.
- Matsumotooooo ! Hurla une fois de plus le shinigami de glace sur sa lieutenant.

Karin avait couru jusqu'à la petite fille et son père, elle lui tendit la feuille sous son regard stupéfait.

- Tenez, je peux pas faire mieux ! S'exclama-t-elle avec un sourire.
- Euh … merci. Balbutia le père en prenant la feuille.
- Ton papa va fêter ton anniversaire avec toi. Sourie-t-elle à la petite fille en se mettant à sa hauteur. Vous devriez y aller et ne pas perdre de temps.
- Oui Mademoiselle… merci. Répondit le père en s'inclinant devant elle.
- C'est bon, relevez-vous. Dit-elle gênée.
- Au-revoir ! Lui cria la petite fille en s'éloignant avec son père un énorme sourire plaqué sur les lèvres.

Elle resta encore un long moment à admirer les cerisiers, puis remonta dans le bureau du jeune capitaine. Elle y rentra et ni elle ni lui ne dit un mot. Elle s'allongea sur le canapé et attendit l'heure du repas.


Vingt heures arriva et Toshiro suivit de Karin, se dirigeaient à présent vers le réfectoire des shinigamis. Quand ils y entrèrent un silence se fit, ils s'arrêtèrent à quelque mètre du capitaine-commandant, Toshiro la fixant de ses yeux turquoise. Elle savait ce qu'il attendait, elle souffla.

- Je voudrais m'excuser pour mon comportement d'hier. Déclara-t-elle au capitaine commandant.

Aucune réponse. Toshiro la fixait toujours.

- Veuillez excuser mon comportement inacceptable. Dit-elle en s'inclinant cette fois-ci devant Yamamoto.
- Excuse accepté. Lui répondit-il alors qu'elle se relevait.
- Bien. Je voulais vous dire que si Toshiro n'avait pas insisté je ne me serais jamais excusé. Nous on va manger au resto, bon appétit. Déclara-t-elle en attrapant la main de Toshiro et en se dirigeant vers la sortit.
- Karin… Tenta de résister le capitaine.
- Je vous en prie faites. Coupa le capitaine-commandant.

Karin s'arrêta et décrocha un regard surpris à Yamamoto. Voyant qu'il était sérieux elle lui sourit, puis se dirigea de nouveau vers la porte toujours en tirant le capitaine aux cheveux blancs.

- Avant que j'oublie, merci pour les vêtements, c'était cool de votre part. Lança-t-elle en sortant.

Tous deux sortirent de l'immense salle, Karin tirant le jeune capitaine par le bras. Elle les emmena dans les rues de la Soul Society et pour une fois Toshiro n'avait pas ronchonné et s'était laisser faire, surement car le capitaine-commandant le lui avait autorisé. Ils marchaient dans les rues, les passants se retournant sur leur passage, n'ayant surement pas l'habitude de voir un capitaine qui visiblement n’était pas en mission.

- Bon j'te laisse choisir le resto. Déclara Karin.

Il ne répondit pas et l'emmena dans un petit restaurant non loin. Ils y entrèrent, les tables étaient rondes et recouvertes d'une nappe blanche, quelques plantes étaient disposées dans les coins du restaurant. Ils s'assirent à une table et un serveur vint les servir de suite. Toshiro commanda du riz avec des sushi, tandis que Karin se contenta de ramen. Le repas se passa en silence jusqu'à ce que Karin attrapa un sushi dans l'assiette de Toshiro et le mangea tout en lui souriant. Il la regarda avec étonnement, puis entendit des chuchotements derrière lui et compris, il soupira.

- Tu n’es vraiment pas croyable. Dit-il en continuant son assiette.
- Bah quoi ? Tu devrais voir leurs têtes c'est trop marrant ! S'exclama-t-elle.

À la table de derrière Toshiro, trois filles les observaient, ou plutôt observaient Karin, celle-ci s'amusant à les rendre jalouse en s'approchant de plus en plus du capitaine de glace qui trouvait ce petit jeu complétement stupide et immature.

- Tu m'avais pas dit que t'avais des fans. Taquina-t-elle.
- Tu vas jouer ce petit jeu encore longtemps ?
- Oh, ça va ! De toute façon t'as finit de manger j'peux plus te piquer des trucs. Râla-t-elle en souriant.

Le serveur débarrassa leurs assiettes et leur ramena leurs desserts, du gâteau à la fraise pour les deux. Ils le finirent en silence pendant que Karin lançait des regards provoquant aux jeunes filles. Le serveur les débarrassa à nouveau et ils restèrent à table. Karin sirotait son sirop de fraise lorsqu'elle observa Toshiro boire une gorgée de sirop au citron elle eut une idée.

- Toshiro, passe-moi ton verre. Dit-elle après qu'il est finit de boire. C'est pas pour rendre jalouse les filles, promis. J'veux juste tester un truc. Ajouta-t-elle devant son hésitation.

Il lui donna son verre peu confiant malgré tout. Elle versa le sirop au citron de Toshiro dans son verre, le mélangeant avec le sirop à la fraise à l'aide d'une cuillère et bu une gorgée du liquide.

- Goûte. Lui dit-elle en lui tendant le verre. J'ai pas la crève t'inquiète. Lui lança-t-elle.
- Ça n'a rien à voir. Dit-il finalement en prenant le verre qu'elle lui tendait.

Il en bu une gorgée et regarda le contenu du verre, avant de le poser sur la table et de déclarer.

- C'est dégueulasse ton truc.
- Tu trouves aussi ?
- Si tu le savais pourquoi tu m'as fait boire cette chose ? S'énerva-t-il.
- Je voulais confirmation. Dit-elle simplement. Monsieur ! Appela-t-elle le serveur. Je pourrais avoir un verre de chaque sirop que vous avez s’il-vous-plait ?
- Bien sûr mademoiselle. Dit-il légèrement déconcerté par sa demande.

Il revint quelques minutes plus tard avec un verre de chaque et les mélanges commencèrent. Tout d'abord cerise et orange, puis pastèque et banane, en passant par menthe et cassis. Toshiro s'était même laissé entrainer dans le jeu. Après avoir goûté un bon nombre de mélange tous plus farfelu les uns que les autres, ils finirent par sortirent du restaurant.

- J'ai mal au ventre… Grogna Karin.
- La faute à qui ? Rappela Toshiro.
- Avoue que ça t'as …

Elle laissa sa phrase en suspens, fixant une jeune femme aux cheveux châtains et bouclés attachés en une basse queux. Ses cheveux étaient longs et ondulaient dans son dos. Karin resta un long moment à la fixé sous les yeux de Toshiro.

- Est-ce qu'elle est réel ? Demanda-elle doucement.
- Oui et non. Elle est réel mais elle ne se souvient pas de sa vie d'avant. Répondit-il devinant le sens de sa question.
- Je vois. Dit-elle tristement.

La jeune femme tourna dans la rue de droite et Karin ne put plus la voir. Après un moment de silence, elle sourit au capitaine et avança.

- C'était ma mère. Déclara-t-elle.
- Il y a peu de chance et même si c’était le cas elle ne t’aurait pas reconnu. Dit-il comme pour la réconforter.
- Tu sais, ça va peut-être te paraître bizarre, mais j'ai l'impression de connaître ce monde.
- C'est impossible. Ton père n'a pas le droit de t-y emmener.
- Je n'ai jamais dit que j'y étais venu.
- Alors comment peux-tu le connaître ?
- Je crois que je l'ai déjà vu, dans mon imagination. Ce n'étais pas aussi précis et clair mais il m'es arrivé de reconnaître quelque bâtiments, comme cette grande tour blanche là-bas. Dit-elle en la désignant du doigt.
- Comment aurait tu pus te l'imaginer ?
- Quand j'étais petite ma mère me lisais des histoires pour m'endormir, je ne les aimais pas spécialement, mais ça lui faisait plaisir de me les raconter, maintenant je me demande s'il n'y avait pas une part de vrai dans ces histoires.
- La tour y était ? Demanda-t-il.
- Il me semble mais je peux me tromper, ça remonte à loin. Finit-elle une pointe de nostalgie dans la voix

Après cette dernière réplique ils retournèrent devant leur marchant de glace et mangèrent une sucrerie glacée tout en regardant surplombant la ville des yeux. Ils restèrent un long moment tous les deux sans vraiment avoir de longue discutions, juste à passer un bon moment ensemble. Puis alors que la nuit était tombée depuis un long moment déjà, Toshiro l'a raccompagna à ses appartement.
Le lendemain matin, Karin entra dans le bureau du capitaine, sans que celui-ci ne la remarque. Il était débordé, des tonnes de papiers étaient empilées recouvrant presque son bureau. Des feuilles étaient tombées sur le sol et étaient éparpillés sur la table basse. Toshiro semblait visiblement énervé, ainsi elle préféra ne pas le déranger et alla s'assoir sur le canapé encore libre. A présent elle comprenait mieux l'agitement des shinigamis dans les couloirs. Elle resta silencieuse pendant une petite heure, voyant les shinigamis rentrer dans le bureau du capitaine et en ressortir rapidement alors que celui-ci leur hurlait déjà dessus son mécontentement. Un papillon noir arriva et sembla transmettre un message à Toshiro, qui grogna de nouveau.

- Il y a une réunion des capitaines ! S'exclama-t-il en se levant. Quand je reviens, je veux que tous ses dossiers soit classé, est-ce bien clair Matsumoto ?! Cria-t-il.
- Bien sûr capitaine, comme toujours ! Répondit la vice-capitaine en souriant.
- C'est bien ce qui m'inquiète. Répliqua-t-il en disparaissant de la salle.
- Olalala ! Le capitaine est bien énervé aujourd'hui, il va encore m'engueuler… Râla-t-elle.
- Pourquoi ? Demanda Karin dans l'incompréhension.
- Parce que je n'aurais pas trié les papiers. Répondit la rousse le plus naturellement.
- C'est compliqué ?
- Pas vraiment. Il y a un code couleur facile à retenir, si il y a une bande rouge en haut de la page, c'est que c'est extrêmement important, si elle est bleu c'est que ça peut encore un peu attendre, et si elle est verte c'est que c'est en général sans importance ou insignifiant. Expliqua la vice-capitaine.
- Bah pourquoi tu veux pas le faire alors ? C'est simple et ça lui ferait gagner pas mal de temps.
- Je sais bien, mais c'est tellement fatiguant… Soupira la femme aux longs cheveux roux.

Karin fixa le bureau, puis s'y dirigea, s'assit sur le fauteuil du capitaine et commença à trier les feuilles selon le code couleur.

- Ce n'est pas à toi de le faire tu sais.
- Je n'ai rien d'autre à faire, autant que je me rende utile. Dit la brune en haussant les épaules.
- Comme tu voudras, mais rien ne t'y oblige. Moi je vais faire un tour, à plus tard Karin ! Dit la shinigami en sortant du bureau.

Karin resta une bonne heure à trier les dossiers. Toshiro n'était toujours pas revenu, il devait être retenu pour une mission quelconque. Elle termina enfin, elle avait mal au dos et au cou à force de rester penché, comment Toshiro faisait-il pour rester assit ici pendant des heures ? Après avoir bien rangé les documents en trois piles, elle sortit et descendit, une fois de plus, à la fenêtre du rez-de-chaussée, admirant les cerisiers. Après quelques minutes elle entendit une voix derrière elle.

- Bonjour ! Tu es Karin, n'est-ce pas ? Demanda une jeune femme brune.