Chapitre 4 : Noir et blanc

par manga93


Elle marchait sur le rebord d'un petit mur, s'amusant à garder l'équilibre, les bras écartés, une musique entrainante dans la tête sans même penser à un quelconque danger. Une ombre surgit rapidement devant, elle perdit l'équilibre et tomba sur sa gauche, dans le vide. La brune eut à peine le temps de crier qu'elle fut de nouveau sur la terre ferme, les pieds bien à plat sur le sol dur et froid du béton.

- T'es dingue ?! J'aurais pu y passer ! Lui cria-t-elle.
- C'est dangereux de marcher juste au bord du vide. La sermonna-t-il.
- Je serais pas tombée si t'avais pas débarqué de nulle part ! Répliqua-t-elle.
- Karin , tu crois pas qu'on devrais parler d'autre chose ?
- Toshiro, t'es gentil, tu me lâches ! Grogna-t-elle.
- Non mais qu'est ce qui t’a prie de parler ainsi au capitaine-commandant ? Et devant tout le monde en plus ! T'es malade !
- Achète-moi une glace. Ordonna-t-elle en regardant le marchant de glace non loin.
- Karin, je parle sérieusement.
- Moi aussi, j'ai envie d'une glace ! Et j'suis pas d'ici alors …
- Est-ce que tu te rends compte de la gravité de ton acte ? Commença-t-il à s'énerver.
- Tu m'achète une glace et promis, je réponds à toutes tes questions !

Le jeune capitaine soupira, puis se résigna à se diriger vers le marchand de glace afin de céder au caprice de la belle brune.

- J'en veux une à la framboise ! S'exclama-t-elle enjouée.

Toshiro paya et se dirigea vers un banc non loin de là d'où l'on pouvait voir toute la ville, pendant que le marchand tendait sa glace à Karin. Il n'était même pas arrivé à sa destination qu'elle l'interpela.

- Tu ne prends pas de glace ? L’interrogea-t-elle.
- Non, allez viens.
- Mais je ne vais pas manger toute seule… Grogna-t-elle alors que le shinigami ne l'écoutait plus et continuait son chemin.
- je voudrais une autre glace c'est possible ? Demanda-t-elle au marchant. Vous pouvez mettre ça sur le compte de Toshiro, il vous payera plus tard, c'est promis ! Continua-t-elle avec un grand sourire.
- A quoi la voulez-vous ? Demanda-t-il en lui rendant son sourire.
- Eh … citron s’il-vous-plait. Merci. Remercia-t-elle après qu'il la lui est donné.

Elle rejoignit son ami et alors qu'il commençait à s'impatienter, elle s'assit à côté de lui et lui tendit la glace. Il la regarda, puis la glace, puis elle et finit par soupirer.

- J'avais dit que je n’en voulais pas. Maugréa-t-il.
- Oui, mais j'allais pas manger toute seule. Dit-elle alors qu'il prenait la glace.
- Qu'est-ce qui te dit que j'aime le citron ?
- Une intuition. Dit-elle en regardant devant elle. J'ai tort ?
- Maintenant tu vas me répondre, qu'est-ce qui t'as pris ? Changea-t-il de sujet. Tout le monde ne parle que de ça, ce n’était vraiment pas malin, c'était stupide même.
- J'm'en fiche, j'ai l'habitude.
- Mais qu'est-ce qui t'as pris bon sang. Râla-t-il de nouveau.
- J'ai raison. Affirma-t-elle. Tu peux bien me le dire toi, il a des enfants ?
- Karin, ce n’est pas la question.
- S'il-te-plait. Insista-t-elle.
- À ce que je sais il a eu un fils, mais il a disparu sans qu'on ne puisse le retrouver.
- Un fils ? T'es sûre ? Dit-elle surprise.
- Oui.
- C'est pas possible. Déclara-t-elle.
- Va falloir que t'aille t'excuser maintenant.
- Quoi ? S'indigna-t-elle.
- Tu as très bien entendu.
- Alors là tu rêves, qu'est-ce que ça lui coutait de me répondre ? Rien. Et il l'a pas fait. Alors je ne m’excuserais pas ! Dit-elle d’un ton catégorique.
- C'est le capitaine-commandant, s'il ne veut pas te répondre, il ne te répond pas et tu n'as rien à dire.
- Il n'a pas à …
- Karin ! C'est non négociable ! Lui lança-t-il en élevant la voix.
- Et puis d'abord tu te prends pour qui ? T'as pas à me dire ce que je dois faire.
- Si tu continues comme ça, même si on a une dette envers ton frère on ne pourra plus le tolérer.
- On ? Parce que t'es de leur côté ?! S'indigna-t-elle.
- Tu vas trop loin, tu ne crois pas ? Dit-il. Karin ? Tu ne vas quand même pas me faire la tête ? Souffla-t-il face à son silence.
- Je devrais ! Mais ce n’est pas mon genre.
- Alors ?
- Ce que tu peux être têtu toi ! Je m'excuserais vu que t'y tient tant, mais t'as une dette envers moi maintenant ! S'exclama-t-elle.
- Au faites, comment t'es sorti ? Tu devais rester dans les quartiers de la dixième division tout le long de ton séjour. Ajouta-t-il après un sourire.
- J'ai dit que tu m'avais ordonné d'aller te chercher un gâteau et que t'étais de très mauvaise humeur ! Ils m'ont laissé passer toute suite ! S'exclama-t-elle avec un grand sourire fier d'elle.
- Tu t'es servi de moi ? S'étonna-t-il.
- Bah quoi ? Faut bien que ça serve à quelque chose de connaître le capitaine. Sourie-t-elle.

Sa conversation avec le shinigami aux cheveux blancs lui avait redonné le sourire, bien qu’elle ait dû céder à sa demande d’excuse. La nuit était tombé, Karin se leva et observa la ville illuminé. Toshiro vint la rejoindre.

- C'est magnifique. Dit-elle les yeux brillants.
- Il est tard, vaux mieux aller dormir maintenant.

Sans même attendre sa réponse, il la porta et elle esquissa un cri de surprise. En quelque seconde elle se retrouva assise sur un lit, dans une chambre qui lui était inconnue. Elle le regarda d’un air surpris et déconcerté de la vitesse à laquelle il s’était déplacé et les avaient comme téléporté. Il ne dit rien et se dirigea vers la sortie la laissant. Elle le regarda partir, un sourire se peignant sur ses lèvres et elle lança un « Bonne nuit ». Il ne répondit pas et sourie à son tour, un sourire qu'elle ne vit pas.
Elle fut réveillée par les rayons du soleil traversant la fenêtre. Après quelques minutes à tourner sous les couvertures bien chaudes, elle se décida à se lever, résignée à ne pouvoir se rendormir. Elle fit sa toilette et enfila une jupe bleu marine, un legging noir, un débardeur blanc et une veste grise à capuche. Les shinigamis avaient eu la gentillesse de lui apporter ses vêtements et elle appréciait. Elle sortit, arpentant quelques couloirs et après avoir demandé son chemin à une personne qui voulait bien lui parler, elle trouva enfin le bureau du capitaine.

- Salut ! Lança-t-elle au jeune homme toujours derrière ses millions de papiers.
- Ton petit-déjeuné est sur la table. Répondit-il sans la regarder.

Elle s'assit sur le canapé et avala son repas. Une tasse de chocolat, un croissant et un verre de jus d'orange. Toshiro ne lui adressa aucun regard et elle s'ennuyait ferme. Elle sortit du bureau doutant qu'il ne l'ai seulement remarqué. La jeune femme marcha à l'aveuglette dans les longs couloirs de la division. Elle finit par s'arrêter devant une fenêtre donnant sur un magnifique cerisier en fleur, au rez-de-chaussée. Elle l'admira un instant puis fut interrompu.

- Salut ! Lança une voix d'homme derrière elle.
- Salut. Répondit-elle en se retournant surprise que quelqu'un lui parle après son comportement.

L'homme qui se tenait devant elle était un peu plus âgé qu’elle, ses cheveux noir marquant le contour de son crane étaient lisses et brillants. Il portait l'uniforme des shinigamis.

- T'as vraiment du cran de parler comme ça au capitaine-commandant. Continua-t-il.
- Il ne peut pas se permettre de me faire du mal et de toute façon je ne l'aime pas.
- Tu devrais faire attention à ce que tu dis. Rigola l'homme. Au faite je m'appelle Soka. dit-il en lui tendant sa main.
- Karin. Dit-elle en la serrant.
- Je sais, c'est difficile de ne pas le savoir, si tu vois ce que je veux dire. Sourie-t-il.
- Ouais, je suis très populaire. Rigola-t-elle.
- C'est vrai que beaucoup ne te porte pas dans leur cœur, mais bon t’a toujours le capitaine Hitsugaya.
- Toshiro ? Seulement quand il est pas trop occupé avec ses foutu papiers, ça veut dire pas souvent.
- Tu l'appelles par son prénom ? S'étonna Soka.
- On s'est rencontré dans mon monde, à ce moment je les pris pour un gamin ordinaire, je n'avais aucune raison de l'appeler autrement.
- Et tu continues ? Il n'aime pourtant pas qu'on l'appelle ainsi, vous devez vous disputer souvent.
- Pourquoi ?
- Hein ?
- Pourquoi on doit se disputer souvent ?
- Bah comme tu as du le remarquer, il n'est pas facile à vivre et il n'a pour ainsi dire aucun sentiments. Expliqua le jeune homme.
- T'exagères ! Et en plus on s'entend plutôt bien.
- Ça te dirait de venir boire un verre avec moi ? Demanda-t-il.
- Pourquoi pas. Répondit-elle contente de s’être fait un nouvel ami.
- Karin ! Appela une voix derrière eux.
- Toshiro ? Qu'est-ce que tu …

La fin de sa phrase mourut dans sa gorge. Toshiro fixait Soka d'un regard assez noir, Soka en faisait de même. Elle passa son regard de l'un à l'autre, sans vraiment comprendre. Aucun d'eux ne parlait, elle brisa le silence.

- Eh ... les gars ça va ? … Vous pourriez me répondre ! S'exclama-t-elle devant le manque de réponse.
- Karin, on y va. Ordonna le capitaine.
- Hein, ou ça ?

Il ignora sa question et l'attrapa par le bras l'entrainent avec lui. Elle se laissa faire et jeta un coup d'œil derrière elle à Soka, il continuait de fixer Toshiro. Ils passèrent devant quelques shinigamis qui les dévisagèrent, se demandant surement ce que Karin avait bien pu faire. Une fois entré dans son bureau Toshira libéra enfin la jeune femme et repartit s'assoir derrière son bureau, avala rapidement un sandwich et se remit au travail. Il fit signe à Karin que son repas était sur la table avec un signe de tête. Elle s'y dirigea en silence, elle mangea doucement son sandwich en fixant le jeune capitaine, pourquoi avait-il réagit de la sorte ?

- On ne mange pas avec les autres ? Demanda-t-elle pour engager la conversation.
- Le midi, beaucoup sont occupés, ce n'est pas pratique. Il n'y a que le soir que l'on mange tous ensemble. Expliqua-t-il.
- Qu'est ce qui s’est passé avec Soka ? Se risqua-t-elle.
- Je ne l'aime pas. Lâcha-t-il simplement.
- Pourquoi ? Répondit-elle du tac au tac. Ok. Je vais faire un tour. Dit-elle en se dirigeant vers la porte devant son manque de réponse et sa mauvaise humeur.
- Karin, tu t'approches encore une fois de lui et je t'enferme ici. Menaça-t-il.
- Quoi ?! Se retourna-t-elle d'un bond.

Voyant qu'il ne répondrait plus, elle sortit. La brune retourna devant la fenêtre du rez-de-chaussée, regardant les cerisiers. Pourquoi le détestait-il ? Cela semblait réciproque en plus. Elle souffla, doutant d'avoir un jour la réponse. C'est alors qu'elle entendit des pleurs d'enfant et la voix d'un homme essayant de le consoler. Elle se dirigea vers eux, c'est à dire dans la cour sur sa droite.

- Et bien qu'est-ce qu'il y a ma chérie ? Demanda Karin d'une voix douce en s'agenouillant devant la petite fille.
- Papa, ne viendra pas à mon anniversaire… Pleura-t-elle.

Karin se tourna vers l'homme à côté d'elle, il l'a dévisagea. Il était grand, les yeux clair, une fine moustache et portait un uniforme de shinigamis. Après un moment à le fixer, son père se décida à parler.

- J'ai des obligations. Dit-il simplement.
- Vous n’avez qu’à demander un congé. suggéra-t-elle.
- Vous qui êtes tout le temps avec lui vous devriez le connaître, le capitaine Hitsugaya ne donne pas de congé pour quelque chose d'aussi futile.
- Vous avez essayé au moins ?
- Bien sûre. Répliqua-t-il.
- Ça va aller ma chérie, je vais m'en occuper. Dit-elle à la petite.
- Qu'est-ce que vous allez faire ?
- Restez ici. Ordonna-t-elle.

Karin fit demi-tour, laissant le père et la fille seul dans la cour. Elle remonta les escaliers et trouva Toshiro dans le couloir.

- Toshiro ! L'appela-t-elle sous les regards des quelques shinigamis. C'est vrai que t'as refusé un congé à un homme qui voulait aller à l'anniversaire de sa fille ? Lança-t-elle d’un ton inquisiteur.
- Oui. Se contenta-t-il de répondre après un moment de réflexion.
- Tu crois pas que c'est un peu cruel ?
- Cruel ? C’est un Shinigami, il a des obligations.
- Mais ce n'est pas tous les jours que c'est l'anniv' de sa fille.
- Je ne peux pas accorder des congés pour un rien.
- Mais elle n'a que 4, 5 ans comment veux-tu qu'elle comprenne ?
- Ce n'est pas mon problème.
- Tu veux qu'elle se souvienne de vous en pensant que vous l'avez privé de son père le jour de son anniv' ?
- S'il n'est pas content, il n'avait qu'à pas faire d'enfant. Déclara-t-il froidement.

Karin réagit au quart de tour en giflant le capitaine, fronçant les sourcils, lui lançant un regard noir sous les yeux surpris des shinigamis. Toshiro ne réagit pas, n'en revenant pas de ce qui venait de se produire, il resta à la fixer, jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole.

- Non, mais pour qui tu te prends ?! De quel droit tu te permets de juger les gens et sur un tel sujet en plus ! T’as pas l'air de comprendre la gravite de tes paroles ! Tu sais ce que ça fait d'attendre qu'on vienne pour ton anniversaire, mais que ça n'arrive pas ? Que tout ce que t’as envie de faire c'est de balancer les cadeaux à la tronche de ceux qui te les ont offert, de balancer le gâteau et de l'écraser, de monter dans ta chambre en espérant qu'on vienne te consoler alors que tu sais que ça n'arrivera pas ?!

Elle avait hurlé, et reprenait à présent son souffle. Toshiro se contentait de la regarder sans dire un mot, il restait de marbre et ça l'agaçait au plus haut point. Elle serra son point, et se mordit la lèvre, ce n'est pas comme ça qu'elle allait obtenir ce qu'elle voulait et elle le savait. Soudain son visage se détendit et elle détourna les yeux du jeune capitaine qui continuait de la regarder attendant qu'elle finisse.

- Veuillez m'excusez … Capitaine. Finit-elle d’une faible voix pleine de regrets.