II

par scarain

Les jours s'écoulèrent comme les semaines, sans que le frère et la sœur n'évoquent l'épisode trouble qui était derrière eux. Avec le printemps, la vie reprenait ses droits sur la nature et le Manoir vibrait sous les couleurs chatoyantes des bourgeons à peine éclos, que révélait un soleil encore un peu pris dans les frimas d'un rude hiver. Leur vie s'écoulaient paisiblement entre leurs journées de travail dans leurs divisions respectives, suivies de moments plus intimes que Rukia avait tenu à mettre en place. Il avait répondu à son caprice en acceptant qu'elle vienne chaque soir écrire dans sa chambre, pendant que lui s'adonnait à l'exercice délassant de la calligraphie. Sages comme des images, chacun méditait sur la présence réconfortante de cet autre sans lequel il ne saurait être. Dans ces moments, leurs zanpakuto posés l'un contre l'autre sur la petite commode semblaient participer de cette même harmonie, et il n'était pas rare de trouver le ruban blanc de Sode no Shirayuki enroulé autour de la poignée de Senbonzakura. Ni lui ni elle n'en ignorait le sens mais ils se gardaient bien d'en parler. Un beau soir enfin, Rukia apposa d'une main tremblante le mot « fin » à son histoire, et referma doucement le petit cahier de cuir bleu sur les premières pages duquel reposaient ses multiples essais et ratures, ses chappy indécis et ses pensées du moment. Il fallait passer quelques pages pour arriver au-dit conte qui n'avait pas encore de titre.

Elle prit alors une profonde inspiration et, la peur au ventre, commença d'une voix tremblante :

Ce qu'elle fit dans la foulée. Elle demanda audience et attendit dans la salle du trône que l'on se présente à elle. Une délicieuse odeur de fleur de cerisier flottait autour d'elle, enivrante et sensuelle. Le trône même de ce prince semblait couvert de tendres pétales parfumés. Impatiente, elle serra les poings et la température chuta considérablement dans la salle.

Des pas résonnèrent près d'elle, et Fuyuka sentit ses jambes ployer en voyant s'avancer le plus bel homme qu'elle ait jamais vu. Ses cheveux noirs comme l'ébène encadraient en de longues mèches un visage aux nobles traits dans lequel brillaient deux orbes couleur de pluie. Sa peau, aussi blanche que la neige, n'avait rien à envier à la sienne, pas plus que la délicatesse de son corps masculin grand et élancé. Ils semblaient fait de la même essence. Choquée, la reine ne put détourner son regard de lui et essaya vaguement de se rappeler pourquoi elle était là.

Il avait l'impression de déjà la connaître, ou bien était-ce par ce qu'elle ressemblait à sa défunte épouse, la fée des fleurs, morte cinquante ans plus tôt ?

Bouche bée, la déesse des glaces baissa les yeux devant lui et sentit une étrange émotion l'envahir. Une douce chaleur montait le long de son corps, comme la sève de cet arbre qui se tenait seul dans cette tempête de neige...

Sous le règne de de la déesse Harumi, il prit ses quartiers dans le monde des esprits et sema dans son sillage la floraison de milliers de cerisiers dont la beauté réjouissait le cœur de ceux qui avaient été durement éprouvés par l'hiver. De nombreuses fêtes étaient données à cette occasion, réunissant sous les branches lourdes de fleurs, amoureux, familles et amis. Indifférent au bonheur que la beauté qu'il semait suscitait, le prince Sakuro s'arrêta enfin devant le cerisier qui avait déclenché la colère de la déesse de l'hiver et attacha à l'une de ses branches le ruban qui lui appartenait en signe d'hommage et de soumission. Ce cerisier était en cette saison magnifique et portait jusqu'au ciel ces tendres branches aux fleurs si délicates et parfumées. Impassible, il posa la main sur son écorce et sentit couler en lui sa vie. La solitude qu'il ressentit en ce moment lui fit poser un genou à terre. Là, il prononça ces mots : « Vas ma peine, douce amie sans qui je ne peux vivre. Retiens de ce jour la couleur et de mon cœur le mal de vivre. Car celle que j'aime n'est plus. Me plairait-il d'aimer encore que je n'en saurais plus les usages. Et quel adorable visage saurait me faire oublier le sien ? »

Comme pétrifié, Byakuya sentit son cœur rater un battement sous le coup d'une vérité qui affleurait à son esprit et c'est bien malgré lui qu'il se repassa les mots, si beaux, qu'il avait eu le malheur de lire il y a des mois dans ce même petit cahier : Vas ma peine, douce amie sans qui je ne peux vivre. Retiens de ce matin les couleurs et de mon cœur le mal de vivre. Car celui que j'aime n'est pas pour moi. La description que Renji lui avait faite de l'homme que sa sœur aimait s'y ajouta comme une évidence : Grand, avec de longs cheveux bruns, élancé et très élégant... un homme influent et puissant, doué pour les arts, de très bonne famille et shinigami …avec enfin la fanfaronnade dont il se serait bien passée : C'est marrant mais maintenant que j'y pense, ça pourrait être tout à fait vous... La gorge nouée, il leva les yeux au plafond. Les visites secrètes quelle rendait à Hisana au temple, l'offrande de ses cheveux qu'elle n'avait pas hésité à trancher net, tout ceci coulait de source à présent... Comment avait-il pu être aussi aveugle et sourd ?

Rukia marqua un temps d'arrêt en voyant la pâleur de son noble frère et dans ses yeux, une tristesse infinie.

Rukia sentit alors la main de son frère glisser sur ses genoux et c'est avec tendresse que leurs doigts s'entremêlèrent. Ainsi était-il résolu à lui laisser cette marge de manœuvre de fictive. C'était risqué mais tellement inespéré. Elle décida de poursuivre.

En prononçant ces mots, un frisson lui parcourut l'échine. Rukia savait pertinemment ce qu'elle faisait. Elle était en train de faire voler en éclat la porte des non-dits derrière laquelle elle s'était si longtemps retranchée et faisait sauter de la même manière la barrière de sécurité qu'il avait mise entre eux. La machine était lancée et il était trop tard pour revenir en arrière. Aussi reprit-elle malgré les doutes qui étaient en train de s'insinuer dans son cœur.

Le soir même Fuyuka se rendit dans les Monts Noirs où vivait, retranché du monde, l'oracle céleste. C'était un être chétif, couvert d'oripeaux et habité par d'horribles tremblements. Voyant la déesse des glace s'approcher de lui, il se recroquevilla pour ne pas geler sur place.

Rukia sentit des larmes couler ostensiblement le long de ses joues et les essuya bien vite pour ne pas apparaître défigurée devant son bel auditeur qui, le regard rivé au plafond, semblait sous le choc de ce qu'il venait d'entendre et de comprendre.

Cahier sous le bras, elle se leva alors subitement, récupéra Sode no Shirayuki dont le ruban s'était une fois de plus enroulé autour de la garde de Senbonzakura, et s'enfuit à toute jambes dans les couloirs pour regagner sa chambre. Là, elle se jeta sur son lit et se mit à pleurer de honte. Certes, elle avait eu le courage d'aller jusqu'au bout de son récit, et d'assumer ses sentiments devant lui. Mais comment pourrait-elle à présent affronter son regard...

Prise d'une nouvelle salve de larmes, la petite Rukia finit par s'endormir quelques heures plus tard, épuisée de chagrin, dans l'espoir de ne jamais se réveiller.

Pendant ce temps, seul dans sa chambre et comme prostré, Byakuya, ne semblait pas entendre Senbonzakura qui tentait de lui parler par télépathie. Il était abasourdi, anéanti jusque dans ses convictions les plus profondes. L'histoire merveilleuse qu'il venait d'entendre de la bouche de sa petite fierté était la leur... magnifiée, transposée dans le rêve. Elle exorcisait sa souffrance, et la sienne qu'il avait été à mille lieues d'imaginer. Il n'arrivait pas à admettre qu'il était cet homme que Rukia aimait... il ne réalisait pas... ne voulait pas réaliser... et cette fin terrible où Sakuro rejette celle qui est à présent sa sœur et qui finit par en mourir... qu'en penser ?

Tout ceci était d'une violence émotionnelle inouïe mais la beauté avec laquelle elle avait lancé le pavé dans la mare méritait le tsunami causé à son âme.

La nuit passa sur cette terrible révélation. A son réveil, Rukia passa le bout de ses doigts sous ses yeux et constata qu'ils étaient gonflés, comme de juste. Elle avait trop pleuré la veille mais n'avait-elle pas des raisons ?

Le shoji de sa chambre s'ouvrit doucement manquant de lui faire avoir une attaque. Ce n'était heureusement que Yumiko qui venait la coiffer comme chaque jour. Elle ouvrit des yeux ronds en voyant qu'elle s'était couchée toute habillée et ne remarqua qu'après les vilaines poches qu'elles avaient sous les yeux. Elle s'approcha à pas feutrés et l'enlaça tendrement.

La petite brune se redressa sur son séant et afficha un visage inquiet. Pour tenter de sauvegarder les apparences et la quiétude de son antre, son noble frère avait sans doute choisi de faire comme si rien ne s'était passé. Mais au fond de lui une sourde colère devait couver. Il devait la détester et regretter amèrement de l'avoir adoptée.

Sans tenir compte du drame que sa jeune maîtresse disait avoir vécu, Yumiko lui fit couler un bon bain et entreprit de lui redonner un visage humain afin qu'elle puisse tout de même aller travailler. Et pour cela, c'était une fée ! Au bout d'une heure de petits soins, plus aucune trace de ses pleurs de la veille ne subsistait. Pleine de gratitude malgré la tristesse qui lui enserrait le cœur, Rukia la serra dans ses bras et avala sur le pouce une tartine avant de foncer à sa Division où elle salua son adorable Capitaine. Celui-ci était en train de commenter les nouvelles du jour avec son inséparable ami, Kyoraku Shunsui. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf pour elle. Le cœur lourd, elle leva les yeux sur la pendule et soupira. A l'heure qu'il était, son frère devait être à la Sixième. Dans quel état d'esprit était-il ? Allait-il mener une vie d'enfer à Renji à cause d'elle ?

Hors d'elle, elle cliqua sur « envoyer » et passa aux mails suivants.

Le sexywomenshinigamiclub lui avait envoyé une invitation pour une soirée Gogo dancers chez Rangiku.

Là, c'était de la publicité pour les nouveaux gadgets de la boutique de Urahara :

Ça c'était une circulaire de la Première Division informant toutes les unités que le jour de Hanami allait être chômé.

Elle fit alors un bond dans son siège en reconnaissant en cinquième position une adresse-mail bien connue d'elle : Seaweedambassador@sitxhdivision.srt

Son cœur allait lâcher c'était certain. Elle eut chaud, elle eut froid, elle se leva, se rassit, mangea sa main et essaya de se contenir... rien à faire. Elle savait que jamais son bien-aimé grand frère ne prenait la peine d'écrire des mails, sauf lorsqu'il s'agissait du travail. Il avait donc sans doute décider de l'informer par la présente qu'elle était mise à la porte de son Clan et qu'elle avait jusqu'à ce soir minuit pour faire ses bagages. Quoi d'autre ?

Elle ouvrit le message et, tendue à l'extrême, le lut lentement.


Rukia,


La violence émotionnelle à laquelle tu m'as confronté hier soir était sans précédent.

Si l'on m'avait dit qu'un joli conte allait mettre ma vie sans dessus dessous, je me serai moqué de ce plaisantin comme il se doit. Mais c'est bien la vérité... J'ai été bouleversé.

Les mots sont une arme redoutable quand ils sont maniés avec autant d'aisance, et dans la forme et dans le contenu. Cette arme est tienne. Je crois que je vais avoir besoin d'un peu de temps pour m'en remettre...

S'il te plait Rukia, accorde-moi ton pardon pour n'avoir jamais rien su, ni rien vu de ce que tu ressentais. Accorde-moi aussi ta compréhension, mais de cela je ne doute pas.


De grosses larmes se mirent à couler sur ses joues, ruinant le travail de réfection de gros œuvre que sa chère gouvernante avait fait. Ce qu'elle était en train de lire était d'une douceur telle qu'elle sentait qu'elle allait mourir sur le champ. Elle essuya du revers de la main sa joue et continua :


Le regard pointu que tu portes sur le monde qui t'entoure, la sensibilité qui est la tienne et la fidélité avec laquelle tu es parvenue à retranscrire les pensées que je pourrais avoir, (sur ce point, il n'y a dans ton histoire rien à effacer) est tout à fait fascinante et inquiétante. Il doit être difficile pour quelqu'un de vivre normalement lorsque l'on est aussi perméable à la souffrance de l'autre en plus de la sienne propre. Jamais je n'aurai voulu que tu ressentes cela.

Je pensais avoir tout prévu, tout verrouillé, tout contracté de manière à ce que mon existence soit conforme aux attentes de mes supérieurs et de ma famille. La forteresse imprenable que je suis illusionne toujours ce beau monde... sauf toi.

L’assaut que tu as lancé hier soir m'a pris au dépourvu. Et dire que c'est moi-même qui t'ai donné le champ libre... J'ai perdu contre toi Rukia. De toute façon, j'ai perdu contre toi le jour où tu es entrée dans ma vie. Sache par contre que je n'ai jamais sous estimé la déesse des neiges que tu es. Ceci pour le point de vue du guerrier.

Voici à présent le point de vue du frère ou du moins ce qui reste de lui car a-t-il encore une raison d'exister ? Est-il possible de maintenir cette illusion ?

Je t'en laisse seule juge.

Cette histoire que tu m'as contée, notre histoire, était merveilleuse. La force et la beauté que tu y a mis m'ont anéanti pour de bon. Tu as su magnifier ce que nous vivions et y introduire une part de rêve et de merveilleux à laquelle je n'ai plus accès depuis fort longtemps. Tu as su me donner la clé d'une porte ouverte sur un ailleurs qui m'attire... La franchirais-je un jour ? Si tu me tiens la main Rukia, je te suivrai. Car tu n'as pas sacrifié le drame qui est le tiens pour rien.

A présent, laisse-moi te dire à quel point je le partage et depuis combien de temps. Je t'ai laissée parler sans jamais t'interrompre car ce que tes lèvres proféraient n'étaient que la stricte vérité, une vérité qui s'inscrit bien au-delà de ce que j'aurai pu espérer.

J'aimerai tellement te dire les mots que tu attends sans être incorrecte ou indécent.

La promesse que j'ai faite à Hisana a scellé nos deux destins à double tours mais quel autre choix avais-je ? Lorsque j'ai vu ton visage pour la première fois, j'ai pris pleinement mesure des sables mouvants dans lesquels je me trouvais. La distance que j'ai mis entre toi et moi était, tu l'as compris, une mesure de sécurité qui devait nous préserver de toute souffrance. Quelle folie !

Rukia, toi que je chéris du plus profond de mon âme, nous sommes des pantins entre les mains de ces tisseuses qui se rient de nous, mais j'ai confiance en la force et en l'amour qui nous unissent.

Aussi vrai que le temps s'enfuit et nous emporte dans sa course au néant, je veux te certifier que je suis et resterai à jamais ton serviteur. Ce cœur qui bat dans ma poitrine t'appartient entièrement et ce jusqu'à ma mort. Et même après,je t'aimerai encore.


Byakuya



P.S. : S'il te plait ne garde pas ces mots. Supprime-les. Et si ceci te rend triste, songe que le plus beau reste à venir. Mes actes te le prouveront.


Un énorme bruit sourd retentit alors dans le Taicha de la Treizième Division. Ukitake et Kyoraku rappliquèrent aussi vite qu'ils le purent et relevèrent la petite Rukia qui était tombée de sa chaise. Les yeux hagards, elle leur adressa un sourire niais et leur assura que tout allait bien, que tout irait toujours bien et que la vie était merveilleuse. Les deux compères se regardèrent avec inquiétude, et jugèrent bon de la renvoyer chez elle afin qu'elle se repose, mais la jeune femme refusa catégoriquement.

D'une main tremblante, elle cliqua sur « supprimer » et sentit son cœur se briser dans sa poitrine en voyant disparaître ce qui lui avait fait l'effet d'un tremblement de terre.

Le reste de la journée passa alors avec une lenteur à se pendre. Quand enfin la fin du travail retentit dans les couloirs, elle se rua au dehors et tomba nez à nez avec un Renji qui lui décocha un regard noir.

Voyant qu'elle planait complètement, le rouge resta en plein milieu de la rue et se gratta la tête.

La tronche de travers, il rebroussa chemin pour rentrer chez lui et croisa en chemin son noble Capitaine qui ne lui avait pas adressé la parole de toute la journée.

Soufflé, le beau Lieutenant resta comme deux ronds de flans en plein milieu de la route, à se demander si en fait leur problème n'était pas de famille.


Un soir d'hiver, à l'heure où tout le monde dort, Byakuya et Rukia Kuchiki poussèrent la porte du grand salon et s'agenouillèrent devant la cheminée. Ils n'avaient plus besoin de parler, et semblaient depuis cet épisode en communication spirituelle permanente, leurs regards se croisant parfois comme l'assentiment d'une pensée reçue cinq sur cinq. Quand ils faisaient quelque chose ensemble, leurs gestes étaient parfaitement coordonnés, comme s'ils étaient un seul esprit dans deux corps.

Le noble s'occupa de faire de la braise avec quelques vieux papiers et un petit fagot de menu bois, et Rukia apposa dessus la première bûche de l'année. Ensemble, il se penchèrent et soufflèrent dessus pour que le feu prenne. Une flamme vive d'un bel orangé monta dans l'âtre et fit doucement crépiter le bois de saule amassé pendant l'été. Ils s'adressèrent alors un regard qui en disait long sur les sentiments qui les liait au-delà des apparences qu'ils avaient tenu à maintenir pour leurs proches. Jamais ils ne devaient être mari et femme, tous deux estimant que les choses étaient très bien ainsi. Tendrement, Rukia caressa les cheveux de son frère qui, lui aussi, les avait légèrement coupés la semaine dernière afin de célébrer ce nouveau départ pour elle et lui. Plus amoureuse que jamais, elle vint s'asseoir à ses côtés et glissa sa main dans la sienne avant de se perdre dans la contemplation du feu qui se consumait sous leurs yeux, comme elle se consumait dans ses bras chaque fois que cela était possible. Aux yeux du monde, ils étaient le frère et la sœur les plus liés et les plus talentueux qui soient. A l'abri des regards, ils étaient les amants les plus sulfureux et les plus controversés du monde des esprits. Placés sous le goût de l'interdit, leurs rendez-vous secrets n'en n'étaient que plus délicieux, et le jeu dangereux qui était le leur décuplait la passion qui les animait depuis le premier jour. Après toute ces années de souffrance et de non-dits, ils étaient enfin en accord avec leurs sentiments, et avaient même réussi à préserver la tendresse fraternelle qui les avait liés jusqu'ici. Que demander de plus ?

Une à une, ils en détachèrent donc les pages pour en faire des avions de papier qu'ils jetèrent dans les flammes. Seul Byakuya, qui éprouvait un léger pincement au cœur à l'idée qu'il ne lirait plus cette histoire, soupirait de temps à autre en voyant le feu faire son œuvre. Lorsqu'il n'en resta plus qu'une, il retint la main de Rukia avant qu'elle ne la jette et lui demanda :

Il se pencha alors vers elle et respira l'odeur de ses cheveux.



FIN