Aimer

par Edël

Chapitre 15 : Aimer


Point de vue de Luivhan :


La jeune femme rousse était toujours allongée sur l'herbe quand elle sentit le reiatsu d'Asmodée s'éteindre. Une vague de tristesse la saisit. Derrière son masque de charme et de froideur, elle savait la voluptueuse jeune Yowa douce et responsable. Elle l'aimait bien.

-Quel dommage …

Luivhan n'aimait pas la mort. Aussi la guerre n'avait aucune utilité pour elle. Seul Sora savait pourquoi ils se battaient, parce que même les Yowa ne voyaient pas la véritable raison. Luivhan, elle, l'avait vus. Elle soupira, et reporta son attention sur les nuages. Un grand ciel bleu.

-Mourir sous un beau ciel, ce n'est pas si mal …

Elle eu un sourire triste. Elle se souvenait de l'histoire d'Asmodée. Une petite fille, enfant d'une prostituée et d'un client, qui avait grandis dans un quartier mal famé de Los Angeles. Sora avait été une bénédiction, au début. Ensuite, tout était allé de travers. Elle avait collectionné les amants, même parmi les Furui, et s'était vus rejeté par les Yowa féminins. Elle avait vraiment mauvais caractère, Luivhan n’essayait pas de la défendre. De toute façon, qui voudrait l'entendre ? Personne n'en avait à faire, de la vie d'une enfant qui s'était trouvé au mauvais moment au mauvais endroit. Comme chacun d'eux, d'ailleurs. Un simple manque de chance.

-Brook Mikaelson vient de mourir.

Luivhan énonçait un simple constat. Elle sentait déjà les autres reiatsu, Shinigamis comme Furui, éclatés. Elle sentait la bataille. Elle sentait le sang et les larmes. Elle voyait la Mort arriver. Mais que pouvait-elle faire ? Rien. Comme toujours. Elle attendait juste.

-Pourvu qu'il lui reste une place au Paradis …


Point de vue Maxwell :


Le Yowa aux cheveux roses patientait depuis plusieurs minutes, debout sur un toit, son reiatsu méticuleusement dissimulé, surveillant l'homme au palmier rouge. Auparavant, il avait sentit l'énergie d'Asmodée pendant qu'elle se battait, puis elle avait brusquement disparus. Il en avait conclus sans le moindre remord que sa camarade venait de mourir. De ce fait, il avait gagné leur pari. N’ont pas qu'il en eus quoi que ce soit à faire, ce n'était qu'un constat. Maxwell fut tiré de se pensées par un hurlement encore plus fort du le Lieutenant de la 6ème Division.

-Non mais c'est une blague ? Je vous ai dit de ne pas laisser passer qui que ce soit, et vous me dites qu'un combat à été engagé contre le Lieutenant Kotetsu ! N'importe quoi ! Faites ce que vous voulez mais prévenez la Capitaine Soifon.

Maxwell décida d'attendre encore un peu, histoire de laisser le rouge s'époumoner, puis se retrouver seul. Là, il l'interrogerait, et le tuerait, qu'il ai eus ou non ses renseignements. Maxwell n'aimait pas se précipiter. Selon lui, un travail bien fait pouvait prendre le temps que cela devait, et il n'était pas pressé. Renji s'éloigna enfin de ses subordonnés, et s'engagea dans une rue déserte. Parfait. Maxwell disparut dans un shunpo, et réapparus devant le rouge, l'air impassible. Renji sursauta violemment, et dégaina son sabre aussitôt. Maxwell n'esquissa aucun gestes, et planta ses yeux noirs dans ceux de son adversaire.

-Je cherche Byakuya Kuchiki.

Renji haussa un sourcil, l'air interloqué. Puis il eus un ricanement narquois.

-Vas te faire voir, malade mental.

Maxwell ne tiqua pas, après tout, il n'en avait rien à faire, de ces insultes. Maxwell ne ressentait pas la colère. En fait, il ne ressentait rien. La douleur, la peine, la joie, l'amour, la peur, la haine, rien n'atteignait plus son cœur, à supposé qu'il en avait un. Par contre, il voulait se dépêcher un peu, car il avait sentit le reiatsu de Vikji augmenter considérablement, et qu'il voulait finir son travail dans les temps. Il posa donc la main sur la garde de son Zapankuto.

-Je répète ma question une dernière fois. Ou-est Byakuya Kuchiki ?

-Et voilà ma réponse, va te faire foutre, rétorqua Renji.

Le Yowa passa un main dans ses mèches roses pour les écarter de ses yeux, et avisa le Lieutenant de la 6ème Division qui brandissait son sabre.

-Rugis, Zabimaru !

Le sabre s'allongea, pris la forme d'une lame fragmenté, et Renji sauta sur le Yowa. Celui-ci eu largement le temps de se décaler, et de dégainer. Il abattit son sabre sur l'épaule du Lieutenant, qui s'y soutira de justesse. Il envoya son sabre à la manière d'un fouet. Maxwell sauta sur le côté. Malheureusement pour le rouge, le Yowa avait combattu avec Asmodée. Il connaissait les fouets, leurs avantages à longue distance, mais aussi leur gros défaut au corps à corps. Il empoigna son épée à l'horizontale, et fit un shunpo jusqu'à Renji. Ce dernier vit distinctement l'épée s'enfoncer dans son ventre et hurla de douleur. Maxwell, qui espérait que cette petite démonstration de sa puissance suffirait à mettre le Lieutenant à genoux, aurait été surpris, si il pouvait l'être, en le voyant pousser son reiatsu à son maximum. Renji donna un coup d'épée dans le vide, qui érafla le torse de Maxwell, déchirant sa chemise et son veston noir. Il recula prestement, ne s'attendant pas à ce le rouge reste debout. Ce dernier haletait, gravement blesser, mais tenait encore sur ses jambes. Il empoigna son sabre, et le lança de nouveau. Cette fois-ci, Maxwell se contenta d'esquiver, facilement, tous les assauts, sans répliquer. Le rouge se vidait de son sang, et il ne voulait pas donner trop d'information à l’ennemi.

-Soo Zabimaru, fit finalement Renji, à bout de force.

Son reiatsu explosa, faisant froncer les sourcils de Maxwell. Il ne s'attendait pas à ça. Décidément, ces Shinigamis n'étaient pas si faible que ce que Sora avait promis. Bah, cela ne le dérangeait pas. Il sentit un souffle, et l'énorme tête de serpent s’abattit sur lui. Les bords coupants du monstre lui griffèrent la hanche. Maxwell évalua les dégâts d'un regard, sans rien dire, et jugeant que c'était assez grave, décida de passer à la vitesse supérieur. Il tendis son épée, et souffla.

-Subete no kankaku o shōmetsu (annihile toutes sensations), Muhyojo (impassible).

Son épée se décomposa, s'étirant, s'allongeant. Il se retrouva donc avec des aiguilles argentées dans les mains, brillantes et pointues. Il en jeta une gerbe sur le rouge, qui sauta sur le côté, évitant sans mal les projectiles. Néanmoins, ses réflexes étaient faussés par la douleur et la perte de sang, aussi ne vit-il pas arriver Maxwell. Ce dernier allongea le pied, lui assénant un violent coup de pied dans la mâchoire. Renji se dégagea d'un shunpo, et renvoya son serpent. Un éclair rouge parcourus son corps, et jaillis en direction de Maxwell. Ce dernier fit apparaître des aiguilles dans entres ses doigts, et disparus.

Renji crus qu'il allait mourir quand il vis son adversaire longé son arme, l'air froid, et se précipiter sur lui. Deux aiguilles se plantèrent dans son bras, qu'il avait levé pour se protéger, et il ressentit une étrange sensation se rependre le long de son bras.

-Bordel … c'est quoi ça !

-Le pouvoir de mon Zapankuto. Il annihile les sensations. Pour l'instant, c'est ton bras, après cela sera son torse. Tu perdra tout. Tu ne pourra même plus le sentir.

La panique saisit Renji. Déjà, il avait le bras engourdis. Il voulus le lever, mais il ne répondit pas. De peur, il attaqua de nouveau. Maxwell esquiva sans aucune difficulté, et lança une autre gerbe d'aiguille. Renji esquiva du mieux qu'il put, mais elles le touchèrent à la jambe gauche. Il tomba. Maxwell fit un geste dédaigneux de la main. Les aiguilles disparurent, et son sabre se reforma. Il se posa en douceur à côté du rouge.

-Où est Byakuya Kuchiki ?

Renji haletait, à terre, perdant du sang à toute vitesse. Il grimaça.

-Tu peut aller crever, je préfère encore mourir plutôt que de voir un type de ton genre …

-Soit, le coupa Maxwell, qui ne voulait pas s'éterniser. Alors je vais te tuer.

Il leva son épée, déjà rouge du sang de son ennemi, et l'abaissa dans un geste leste et précis.


Point de vue de Byakuya :


Le taciturne Capitaine de la 6° Division avait sentit le déploiement de reiatsu de son Lieutenant, alors qu'il était encore au siège de la 1°, élaborant un plan avec les Capitaines restant. Il releva la tête de la carte du Sereitei posé devant lui, et se concentra. L’énergie de son Lieutenant était forte, et sans aucun trouble. Byakuya pensa donc qu'il n'était pas en difficulté. Si il n'était pas à la porte Sud, comme tous ses hommes, c'était parce qu’ils se débrouillaient très bien sans lui. Il référait être en arrière, pour superviser les opérations. Il se tourna alors vers la gamine aux cheveux noirs qui avait pris la tête des opérations.

-Le Capitaine Kyoraku semble en avoir finis avec son adversaire, remarqua-t-elle.

Byakuya vit Toshiro la couver un regard doux. Il s'étonnait toujours de la relation entre les deux jeunes. Son homologue de la 10° Division était d’ordinaire si froid, impassible, même si il portait une importance capitale aux membres de son équipe. Il comprenait très bien l'envie de la protéger qui devait probablement occuper tout l'espace possible du cerveau du jeune homme, mais ignorait comment il faisait pour se laisser distraire aussi facilement pendant une guerre.

-Un de moins, soupira la Capitaine Soifon qui venait d’atterrir en shunpo au beau milieu de la salle.

Elle se chargeait des communications entre les différentes équipes postées un peu partout à la Soul Society, et était apparemment énervée.

-Pourquoi n'ai-je pas le droit de trouver le Yowa qui m'a pour cible ? Cela serait si rapide si je pouvais le tuer. On gagnerait du temps.

Karin secoua la tête, faisant voler des mèches noires autour de son visage.

-Non, ça ne serait pas prudent. Votre rôle est essentiel vous devez …

-Je ne reçois pas d'ordre d'une gamine, la coupa Soifon, froidement.

Karin leva les yeux sur elle, mais ne dit rien. Elle comprenait sûrement qu'il n'y avait rien à faire, Soifon était loyale au Capitaine-Commandant. Ce n'était pas une adolescente, même très puissante, qui allait lui expliquer comment se battre. Elle avait déjà assez d'expérience sur le terrain pour connaître son rôle. Karin l'acceptait. Byakuya fut détourner de ses pensées en sentant le reiatsu de Renji baisser considérablement. Il se tourna vers le Sereitei, évaluant la distance entre lui et son subordonné. Il se tourna ensuite vers Karin.

-Mon Lieutenant est en mauvais posture. Il doit combattre le Yowa qui est chargé de m'éliminer. Je vais lui prêter main forte. Plus vite ce Yowa sera tué, mieux ce sera.

Karin hocha la tête, visiblement partagée.

-Oui, vous avez raison. Allez-y.

Il s'éloigna de la table, et allait partir en shunpo quand l'une des Furui renégates s'approcha de lui. C'était celle aux cheveux bleus, qui faisait partie de la 11° Division. Elle semblait particulièrement inquiète.

-Capitaine Kuchiki, permettez-moi de venir avec vous !

Il haussa un sourcil, surpris.

-Et pourquoi cela ?

-Renji est … j'apprécie beaucoup le Lieutenant Abarai, et j'aimerais lui venir en aide. S'il vous plais !

Karin intervint, sans même levé la tête de la carte.

-Autorisez-la à aller avec vous, Capitaine. Elle vous sera utile.

-Et bien, si c'est ce que vous voulez. Mais mettons les choses aux claires, jeune fille. À partir du moment ou vous quittez ce siège, vous êtes sous mes ordres. Me suis-je bien fais comprendre ?

-Parfaitement, Capitaine Kuchiki, s'exclama-t-elle.

Karin parut surprise, mais ne fit aucune remarque. Elle se contenta d'adresser un regard complice avec sa sœur adoptive, et puis se retourna vers Toshiro et Soifon, qui dressaient les plans des barricades. Byakuya disparus dans un shunpo, suivis de Umi Akizuki. Et ils réapparurent, à côté de Maxwell, qui levait son sabre au dessus de la tête d'un Renji à demi-mort.


Point de vue de Umi.


À peine eu-t-elle vus Renji par terre, menacé par cette lame, qu'Umi sautait sur le Yowa. Elle abattit son épée sur le bras levé de l'homme qui recula prestement. Elle sentit le Capitaine Kuchiki se poser sur le toit derrière elle, et poser une main sur son épaule.

-Occupez-vous de mon Lieutenant, Mlle. Akizuki. Je me charge de lui.

Elle pensa un instant à lui tenir tête, et à régler elle-même le sort de l'homme aux cheveux roses, mais se rappela qu'elle avait promis obéissance. Umi rengaina donc son épée, et se précipita au chevet de son ami. Il haletait, la perte de sang lui ôtant toutes forces. Umi avait appris aux côtés de Suzuko à soigner les blessures, mais elle n'était pas aussi douée que sa sœur. Elle libéra son reiatsu, et entrepris tant bien que mal de soigner Renji.

Au bout de quelques minutes, où elle entendait Byakuya et le Yowa se battre, la blessure de Renji semblait moins affreuse qu'au début du traitement. Ce dernier gémit, et ouvrit avec peine les paupières. Il tenta de parler, mais Umi ne lui en laissa pas le temps.

-Tais-toi. Il faut que je me concentre.

Elle le sentit rire, un faible rire douloureux, qui n'avait rien à voir avec le beau et joyeux rire qu'il avait d'habitude. Elle commença à avoir peur. Si elle n'arrivait pas à le soigner ? Si il mourrait, là, devant lui ? Elle ne pourrait pas le supporter. Jamais. Son reiatsu jaillis avec encore plus de puissance.

-Tu va t'épuiser, murmura Renji.

-Tais-toi, répéta-t-elle. Je vais te sauver.

-T'a intérêt.

Umi sourit, amusée. Renji la faisait rire, elle qui ne s'amusait pas souvent. Sa vie de Furui état morne, assez triste, bien qu'elle sois avec Suzuko et Matawa. Les parties de poker lui manquaient, mais cela faisait partie des choses qu'elle pourrait continuer à faire. Elle se demanda si Renji aimait le poker. À peine l'idée effleura son esprit qu'elle se rendit compte de son idiotie. Elle ricana malgré elle.

-Quoi ? Je suis si pathétique que ça ?

-Mais non ! J'ai eus une pensée … inappropriée, c'est tout.

Il leva un sourcil. Les couleurs commençaient à revenir sur son visage, et elle sentait que la plaie était presque refermée. Quand à l’hémorragie, cependant... Elle préférait ne pas y penser.

-Et c'est quoi, cette pensée ?

-Ça ne te regarde pas.

-Du moment que ça te concerne, je me sens concerné.

Elle sursauta, ne s'attendant pas à une réponse comme celle-ci.

-Non mais je rêve ! Je me demandais juste si tu aimait le poker, c'est tout.

-Le poker ? C'est quoi, de la nourriture ?

Elle ouvrit grand les yeux.

-Quoi ? Mais non, c'est un jeu de carte.

Renji souris, et Umi le sentit s'évanouir de nouveau. Elle intensifia son reiatsu, mais n'arriva pas à retenir son ami. Le sang qu'il avait perdu ne pouvait pas réapparaître comme ça. Il lui fallait du temps.

-Renji, parle-moi, ne part pas ! Il faut que tu reste conscient !

-Tu est inquiète ? Demanda-t-il faiblement. Parce que si c'est le cas, c'est une première.

-Bien sur que je suis inquiète ! Tu est entrain de mourir, je te rappelle !

-Alors je suis content, soupira-t-il. Que tu t'inquiète pour moi, hein, pas de mourir.

Umi ne put s'empêcher d'éclater de rire. Même à l'article de la mort, il ne pouvait s'empêcher de la faire rire.

-Une fois que tout cela sera finis, je t'apprendrais à jouer au poker.