L'heure des retrouvailles ! Amu, qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

par cornila-san

CHAPITRE 5 :

 

La première chose que Karin se dit en voyant Toshiro l’air hébété , ce fut :

« Voilà qu’en plus d’entendre des voix, j’ai des hallucinations ! »

La première chose que Toshiro se dit en voyant Karin l’air perdu, ce fut :

« Mais qu’est-ce qu’elle fout ici, elle ne devrait pas être en cours ? »

Les gens se posent parfois des questions bien existentielles !

Puis, la Kurosaki se mit à réfléchir. Le capitaine face à elle avait l’air bien trop vrai pour n’être qu’une illusion créée par son esprit Etait-ce possible que ce soit la réalité ? Mais dans ce cas, qu’est-ce que fabriquait Toshiro chez elle ? Ca n’avait aucun sens !

De son côté, le shinigami avait ses propres interrogations. Ayant quinze ans, Karin était lycéenne. Et à cette heure de la journée, à savoir, dix heures du matin, les lycéens étaient censés être au lycée. Par conséquent, quelque chose n’était pas logique, puisque la brune n’avait rien à faire chez elle.

Ce fut donc d’une même voix qu’ils demandèrent :

-Mais qu’est-ce que tu fais là ?

Ils se fixèrent avec étonnement. Cela dura quelques instants, jusqu’à ce que Rukia débarque en disant :

-Hitsugaya-taicho, il se passe quelque chose, nous vous atten…Karin ? Tu ne devrais pas être en cours ?

Puis, elle réalisa la situation présente. Yuzu le lui avait dit, le capitaine venait souvent voir la footballeuse, ce qui signifiait qu’ils s’entendaient bien. Elle ne savait pas s’ils étaient amis, mais ils devaient au moins s‘apprécier l‘un l‘autre. Et les voilà face à face, en train de se regarder dans le blanc des yeux. Elle avait loupé un épisode ?

-Rukia, tu fous quoi ?

-Zut, Ichigo, je l’avais oublié celui-là ! Marmonna la Kuchiki.

Elle écarquilla soudainement les yeux. Il ne fallait, sous aucun prétexte, que le rouquin découvre que sa petite sœur connaissait Toshiro, c’était une question de vie ou de mort, celle du capitaine, en l’occurrence. Alors qu’elle allait se précipiter vers les deux jeunes gens, le shinigami remplaçant fit irruption dans l’entrée et découvrit la scène avec stupeur.

-Karin ? Mais qu’est-ce que tu fiches ici ? T’es pas au lycée ?

L’interpellée s’arracha à la contemplation des yeux de Toshiro, à regret, pour observer son grand frère.

-Il s’est passé plusieurs choses, j’ai préféré m’en aller.

-Comment ça, t’en aller ? Tu sèches les cours comme ça, toi ? S’offusqua Ichigo.

-Dis donc, Ichi-nii, tu crois être le mieux placé pour parler ? Parce que d’après mes souvenirs…

-Oui, bon, ça va ! Sauf que moi, j’avais de bonnes raisons, il fallait que je m’occupe des hollows et tout le bazar.

-Et qui te dis que je n’ai pas une bonne raison ? Questionna sa sœur.

-Je peux savoir laquelle ?

-En quoi ça te regarde ? Tu agis comme papa, maintenant ?

Face à la logique implacable de la brune, Ichigo se ravisa.

-Oui, bon, ok, mais n’en prend pas l’habitude !

-Oui maman ! Répondit-elle en se dirigeant vers le salon.

-Je me passerai de tes commentaires ! Bon, Rukia, Toshiro, vous venez ?

-C’est Hitsugaya-taicho ! Répliqua celui-ci, enfin sorti de sa transe.

Sans un mot, Rukia suivit Karin et son frère, précédant le capitaine.

Une fois dans le salon, la footballeuse s’installa négligemment sur le canapé. Les autres s’assirent également.

-Bon, je peux savoir ce que Toshiro fout ici ?

-Dis donc, tu pourrais être plus polie avec un capitaine. Lui fit remarquer le concerné.

-Tu veux que je te lance des fleurs aussi ?

-Dites, vous deux, intervint Rukia, ce n’est pas fini ? Pour répondre à ta question, Karin, le capitaine Hitsugaya a été envoyé sur Terre pour s’occuper des hollows qui affluent. Il y a également quatre autres shinigamis qui sont arrivés hier.

-Ouais, en débarquant dans mon jardin, en plus. Maugréa Ichigo.

-A ce propos, j’aimerais savoir, où ils logent ? Demanda Toshiro.

-Bah…Rangiku est chez Inoue, Ikkaku et Yumichika, chez Keigo, et Renji…J’en sais rien, surement chez Urahara-san…

-Pourtant, je ne l’y ai pas vu, tout à l’heure. Ne put s’empêcher de dire Karin.

Elle croisa trois paires d’yeux interrogateurs, et réalisa sa gaffe.

-Comment ça, tu ne l’as pas vu ? Tu as été chez Urahara ? Demanda Rukia.

-Euh…Oui, je devais…lui demander quelque chose… répondit-elle, hésitante.

-Ah ? Et quoi donc ? Questionna Ichigo, curieux et assez intrigué.

Karin était coincée. Il fallait qu’elle se débrouille pour trouver une échappatoire, et de toute urgence. Vite, une idée, trouver quelque chose, n’importe quoi…

-Je voulais en savoir plus sur l’organisation du Gotei !

Bon, d’accord, elle aurait pu trouver mieux, parce que l’excuse n’était pas terrible.

-Mais pour quoi faire ? Je t’ai déjà tout expliqué à ce sujet ! Lui fit remarquer Toshiro.

-Euh…Oui, mais il y avait plusieurs choses que je n’avais pas compris, et comme je ne savais pas que tu étais là…inventa-t-elle à toute vitesse.

-Je vois…

-Euh…C’est quoi cette histoire ?

Ils se tournèrent vers Ichigo, qu’ils avaient un peu oublié sur le moment.

-Comment ça, tu le lui avais déjà dit ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous vous connaissez depuis quand, exactement ?

Karin soupira en comprenant que l’instinct protecteur de son grand frère refaisait surface. Sérieusement, il ne pouvait pas la laisser tranquille cinq minutes ?

-On se connaît depuis environ trois ans, après que tu aies sauvé Rukia lors de sa condamnation.

La concernée baissa le regard, un peu gênée.

-QUOI ? Mais je n’étais pas au courant ! Hurla le shinigami remplaçant.

-Tu es atteint d’Alzheimer ou quoi ? Tu ne te souviens pas que c’est moi qui l’avais amené une fois ? Demanda la brune.

-Mais…Mais…Ce…C’était parce que tu es ma sœur, et qu’il était venu te voir exprès parce qu’il n’avait pas d’endroit où dormir…Non ? C’était la première…et dernière fois…que vous vous voyiez, n…n’est-ce pas ? Bafouilla le rouquin, de plus en plus perdu.

Karin et Toshiro se jetèrent un regard, avant de soupirer à l’unisson. D’accord, Ichigo était une personne dotée d’un don incroyable : pouvoir s’illusionner lui-même, mais là, c’était limite désespérant.

-Enfin, Ichi-nii, pas du tout ! On s’était rencontrés avant, il m’avait aidé lors d’une partie de football, puis il m’a sauvé d’un hollow. Ensuite, on s’est revus plusieurs fois, et la fois où il a dormi ici, c’était moi qui le lui avais proposé ! Expliqua-t-elle, sans se douter des conséquences de ses paroles.

Rukia frissonna. A tous les coups, Ichigo allait péter un câble.

Ce dernier observait Karin, l’air complètement déboussolé. Son regard alla de sa pure et innocente petite sœur à ce menaçant Toshiro aux cheveux décolorés. Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ? Eux deux, amis ? Et pourquoi pas Mayuri bénévole pour des actions caritatives ? Son cerveau tournait à toute allure, cherchant à analyser les informations de sa sœur, mais rien n’y faisait. Il ne comprenait tout simplement pas.

Rukia, elle, se demandait si assommer le rouquin le calmerait. Bon, il fallait avouer que Karin aurait pu montrer plus de délicatesse, au lieu de tout balancer de but en blanc. Mais après tout, c’était une Kurosaki, on ne pouvait rien y faire.

Quant à Karin, bien que légèrement exaspéré par son frère, elle était intérieurement hilare. C’était si amusant de voir Ichigo aussi perdu, et elle avait toujours aimé le taquiner. Mais sa bonne humeur fut de courte durée.

Tu crois qu’ils t’apprécient vraiment ou ils font juste semblant ?

La jeune fille se raidit. Ce n’était pas possible, elle allait finir par croire qu’elle était schizophrène à ce rythme-là.

Je pense qu’ils te font croire qu’ils t’aiment par pitié, ou plutôt, j’en suis sûr.

La brune fit de son mieux pour ne pas céder à la panique. Hors de question de se montrer faible devant son frère, Rukia et Toshiro.

Tiens, en parlant de lui, il doit vraiment te trouver misérable pour se soucier autant de toi. Ou bien il veut juste vérifier que tu ne leur causeras pas d’ennuis ?

Elle respira, tentant de chasser cette fichue voix, intruse depuis déjà trop longtemps à son goût.

Allons, à quoi sert-il de résister ? Après tout, tu ne sers à rien…Tu as déjà oublié ?

Et c’est avec horreur que la Kurosaki vit des images défiler devant ses yeux terrifiés. Mais pas n’importe lesquelles. Celles de son cauchemar, celui où elle avait vu tous ces gens blessés l’implorer, sans qu’elle ne puisse rien y faire.

Lentement, elle porta ses mains à ses tempes, dans une tentative désespérée de faire cesser tout ceci. Mais malgré elle, les paroles revenaient.

Vous avez le pouvoir de nous aider et vous ne faites rien ! Vous êtes un monstre !

Vous vous fichez de ce qui peut bien nous arriver c’est ça ?

Pourquoi ? Pourquoi hésitez-vous ?

S’il-vous-plaît, je n’ai plus rien…

Je vous en prie, aidez-nous…

-Stop, murmura Karin si bas que les autres ne l’entendirent pas. Arrêtez, je n’y suis pour rien…

Ah bon ? Pourtant, c’est toi qui reste là, à regarder ces gens souffrir sans tenter quoi que ce soit, non ?

-Mais…Je…Non…Ce n’est pas…

Arrête de te chercher des excuses ! La vérité, c’est que tu es faible et inutile !

La voix avait presque crié cette dernière phrase. C’en fut trop pour Karin qui commença à trembler violemment. Ses yeux, révulsés de terreur, se fermèrent comme pour échapper au spectacle qui revenait à chaque fois. Mais au lieu de se tarir, le flot d’images s’intensifia encore. Elle voyait des enfants sur le point de mourir, des vieillards se vidant de leur sang, des hommes et des femmes pleurer, hurler de douleur.

Ce fut plus qu’elle ne put en supporter. Elle tomba au sol, alarmant les autres occupants de la pièce, et commença à supplier.

-Stop, arrête, je n’en peux plus…Non, plus ça, je ne veux plus voir ça…Non !

-Karin, mais qu’est-ce qui t’arrive ? Demanda Ichigo, affolé.

-Karin, répond-nous ! Ordonna Rukia.

Toshiro observait la scène, les yeux écarquillés. Mais que se passait-il donc ? Une attaque, peut-être ? Immédiatement, il chercha une énergie spirituelle inconnue, mais ne trouva rien. Apparemment, aucun ennemi ne se trouvait dans le coin.

Les scènes, plus horribles les une que les autres, cessèrent de se manifester dans la tête de Karin, aussi brutalement que si on avait coupé la lumière.

Je te laisse tranquille…Pour le moment. Mais ne t’inquiète pas, je reviendrai… Attends sagement mon retour.

La brune resta là, ainsi, les mains appuyées contre le sol, cherchant à reprendre son calme. Une nausée la prit, et elle n’aurait pas résisté si la voix de son grand frère ne l’avait pas fait redescendre sur Terre à ce moment-là.

-Karin, qu’est-ce qui s’est passé ? Tout va bien ?

« Mais ils le font exprès de poser des questions stupides, ou quoi ? » s’interrogea l’interpellée.

Ca se voyait, pourtant, qu‘elle n’était pas dans un super état, non ? Enfin, dans un sens, ça l’arrangeait un peu.

-Oui, c’est bon. Répondit-elle d’une voix rauque.

Trois paires d’yeux se mirent à la fixer avec plus d’intérêt encore.

-Tu te fiches de nous ? Questionna le jeune homme.

-Non, ça va. Ce n’était qu’un petit malaise de rien du tout, ça va passer…

Elle tenta de se relever, malgré les protestations d’Ichigo et Rukia. Hitsugaya la regardait, un air indéchiffrable sur le visage.

Non sans difficulté, Karin marcha vers les escaliers avant d’annoncer :

-Je vais dans ma chambre.

Puis elle disparut de leur champ de vision.

-Mais bon sang, c’était quoi ce truc ? Hurla le rouquin.

-Je n’en sais pas plus que toi, je te signale. Répondit Rukia, assez lasse du comportement du shinigami remplaçant.

Celui-ci était trop occupé à se questionner pour remarquer que la petite brune lui parlait de nouveau. Celle-ci jugeait en effet que ce qui venait de se produire était suffisamment inhabituel pour oublier ses soucis actuels.

Ils furent tellement plongés dans leur débat qu’ils ne virent pas le seul capitaine présent quitter la pièce pour se diriger vers l’étage.

Dans sa chambre, Karin se sermonnait. Il fallait absolument qu’elle se ressaisisse. Une scène pareille, devant son propre frère, quelle honte…Mais ce qui la gênait encore plus, c’était la présence de Toshiro. Comment allait-elle faire pour le regarder en face, à présent ?

Trois coups furent frappés à la porte.

-Entre, Ich-nii. Souffla-t-elle, résignée à affronter les questions du rouquin.

Ce fut avec surprise qu’elle vit entrer le capitaine Hitsugaya. Immédiatement, elle se redressa sur son lit, interrogeant son ami du regard.

Celui-ci observa la pièce. Simple, quelques posters, un ballon de foot posé dans un coin, quelques livres par-ci par-là, tout ce qu’il s’attendait à découvrir dans la chambre de la brune.

Cette dernière décida de briser le silence, un peu trop gênant à son goût.

-Qu’est-ce que tu fais ici, Toshiro ?

-Rien, je voulais juste savoir si ça allait.

Comme toujours, sa voix était calme, sans aucune trace d’une quelconque inquiétude.

-Euh…Oui, très bien, tu sais, c’était juste un étourdissement, ça peut arriver. Dit-elle en espérant que ça suffirait.

Mais elle aurait dû savoir qu’elle se trompait.

-Pourtant, ça ne te ressemble pas. Je me souviens encore de la fois où tu étais blessée au genou et où tu as continué à jouer au football. Lui fit-il remarquer.

-C’est maintenant que tu ramènes cette histoire sur le tapis ? Enfin bref, ça va. Tu sais, ça peut arriver de se sentir mal, insista-t-elle.

-Tu admets donc que tu ne te sens pas bien.

Elle en fut bouche bée. Et lui qui continuait à regarder la pièce sans s’être départi de sa voix égale.

-Je n’ai pas dis ça !

-Si, c’est exactement ce que tu viens de faire.

-Tu sais que tu es encore plus agaçant qu’Ichi-nii quand tu t’y mets ?

-En parlant de lui, tu y es allé un peu fort tout à l’heure.

-Tu ne réponds pas à la question, là, mais bon. Je suis une grande fille, il va s’en remettre.

Elle croisa le regard turquoise et dubitatif de Toshiro.

-Enfin, je pense. Corrigea-t-elle.

-Hm…

Un petit silence s’installa de nouveau. Bien qu’il ne soit pas pesant, Karin se sentit mal à l’aise. En jetant un coup d’œil vers la pendule, elle constata qui lui restait assez de temps avant de devoir rejoindre Amu.

-Dis, Toshiro…

-Oui, qu’est-ce qu’il y a ?

-Ca te tente, un petit entraînement de foot ?

Il l’observa quelques instants, puis répondit :

-Pourquoi pas, Kurosaki.

-Tu peux m’appeler Karin, tu sais.

Il ne répondit pas. Cette remarque, elle la lui avait déjà faite des centaines de fois, mais il n’avait jamais changé sa manière de la nommer. Pourquoi ? Il n’y arrivait pas, tout simplement.

Juste avant de descendre, la brune se fit la réflexion que décidément, Amu avait les mêmes yeux que Toshiro.

 

**********************

-Maître ?

-Entre, Hayao. Il paraît…que tu désires me parler ?

-C’est cela, maître.

Lentement, le Fuerza pénétra dans la pièce. Kahei avait toujours eu le don de lui donner des sueurs froides, rien qu’au son de sa voix. Pourtant, il était loin d’être faible.

-Alors ? Que voulais-tu me dire ?

-Et bien…C’est à propos de la Gardienne Lunaire, Kurosaki Karin…

-Tu veux savoir si tu peux te rendre dans le monde réel pour l’affronter et l’évaluer ?

-Vous avez compris, maître.

-Hum…J’y réfléchis encore…Pourquoi le désires-tu tellement ?

-Et bien…Il me semble primordial de tester ses capacités, pour voir si sa puissance est révélée…

-La vérité. Dit simplement Kahei.

-Je…Vous savez à quel point j’aime me battre. Alors, pouvoir affronter la Gardienne…C’est inespéré pour moi !

-Hum…Tu ne me dis pas tout.

Hayao se mordit les lèvres. Pourquoi fallait-il que son maître devine toujours tout ? Bon, en même temps, vu son pouvoir…Il n’empêche, le sujet qu’il allait mettre sur le tapis était tabou, l’aborder ne se ferait pas sans risques. Il reprit avec prudence :

-Je me demande aussi…quels sont les progrès qu’elle a réalisés grâce à Amu.

Kahei ne bougea pas, signe qu’il attendait la suite. Hayao continua :

-Après tout, cela va faire trois mois, et même si je ne pense pas qu’elle l’ait contacté de suite, elle a quand même dû réussir à…

-J’ai compris.

La voix avait sonné, froide, comme toujours. Mais au grand étonnement de Hayao, il demanda :

-Dis-moi…Pourquoi as-tu hésité à me parler d’Amu ?

-En fait…Depuis qu’elle est…partie, nous ne savons pas…Enfin…

-Comment parler d’elle ?

-C’est cela.

Hayao devina plus qu’il ne vit un sourire malsain se former sur les lèvres de Kahei, rien qu’au son de sa voix lorsqu’il déclara :

-Ne t’en fais pas…Amu ne peut pas me trahir. Elle m’aime bien trop pour cela.

 

***************************

-Urahara, ramène ta sale tronche d’abruti immédiatement !

Kisuke réprima un sourire. Amu ne changerait donc jamais. Il pénétra dans la pièce principale de la boutique où la blonde l’attendait, bras croisés, et apparemment de mauvaise humeur. A peine fut-il entré qu’elle déclara :

-Je te préviens, tu as intérêt à te mettre à table et à tout dire. Inutile de faire comme si tu ne savais rien, ça ne prend pas avec moi !

Le marchand ne put s’empêcher de se demander pourquoi la gent féminine s’acharnait autant sur lui ces derniers jours. Qu’avait-il fait de mal ?… Question stupide.

-Enfin, Amu-san, nous nous revoyons pour la première fois depuis tout ce temps, et c’est tout ce que tu trouves à me dire ?

-Explications, tout de suite !

Il soupira. Patience ne faisait visiblement pas parti de son vocabulaire.

-Très bien, installe-toi donc. Proposa-t-il en désignant un coussin. Alors, reprit-il quand elle fut assise, Que veux-tu que je t’explique ?

-Kurosaki Karin, est-elle venue te voir ?

-Pas plus tard que ce matin. Comment le sais-tu ?

-Il n’y a que toi pour lui dire de me faire du chantage !

-Cela aurait pu être une de ses idées. Argumenta-t-il.

-Elle n’est pas ce genre de fille. Contra la blonde.

-Qu’est-ce qui te permet de dire ça ? Demanda l’ancien capitaine.

-Je l’observe depuis quelques temps, maintenant…Je la connais assez pour le savoir.

-Tu l’observes ? De plus en plus intéressant…Kahei veut donc tant de renseignements ?

-Kahei n’a strictement rien à voir là-dedans !

-Mais bien sur…Au fait, as-tu donné à Kurosaki-san les informations qu’elle désirait ? Toutes les informations ?

Amu mit quelques instants avant de répondre :

-Je reconnais qu’elle ne sait pas tout…Notamment qui sont vraiment les Fuerzas ou Kahei, et le véritable lien qu’il a avec Aizen…

-La pauvre, elle voulait tellement savoir…Tu es cruelle !

-Je ne suis pas là pour lui raconter ma vie !

-Hum…Dans ce cas, pourquoi une ennemie comme toi est ici ?

-Je ne suis pas une ennemie.

Urahara s’empêcha de justesse de rire.

-Le principal général de Kahei, pas une ennemie ? Comment veux-tu que je croie ça ?

-Je suis partie, je ne suis plus dans son camp. J’ai abandonné ma place.

-Oh…Tu veux me faire avaler que tu n’es plus le Fuerza le plus puissant ?

-C’est la vérité. Bien sûr, je reste une Fuerza de par ma nature, mais je suis du côté de la Gardienne, à présent.

-Pourquoi ne dis-tu pas que tu es de notre côté, plutôt que du côté de la petite sœur de Kurosaki-san ?

Amu baissa le regard.

-Certaines choses ne changeront jamais. Je ne peux pas faire table rase du passé comme si de rien n’était. Je hais les shinigamis, et je les haïrai jusqu’à la fin de mes jours.

-C’est un peu contradictoire. Tu veux révéler les pouvoirs shinigami de Kurosaki-san, non ?

-Je n’ai pas vraiment le choix, c’est la seule qui puisse vaincre Kahei.

-Elle et Hitsugaya Toshiro, lui fit-il remarquer.

-Hors de question ! Lui, en plus d’être un shinigami, c’est un capitaine ! J’ai déjà du mal à rester en ta présence, n’exagère pas non plus.

-Ma présence t’intimide ?

Elle détourna le regard.

-Tu étais présent, tu sais tout…comme d’habitude. Je n’aime pas les shinigamis, mais alors un de ceux qui sont dans le secret…Et toi et tes sales manies en plus…

-Je vois…Tu es sure que ce n’était pas plutôt mon charme légendaire qui te gêne ? Demanda-t-il avec un sourire idiot collé sur le visage.

-Un charme légendaire ? Où ça ?

Tandis qu’Urahara pleurnichait, la blonde continua sur sa lancée.

-Je ne comprends pas vraiment comment les gens font pour placer tant d’espoirs dans les shinigamis alors qu’ils ont commis tant d’atrocités…Si vous n’existiez pas, nous n’en serions pas là aujourd’hui !

-Inutile de le reprocher maintenant. Déclara Kisuke, redevenu sérieux. Mais il y a une chose que je ne m’explique pas. Si tu t‘es enfuie comme tu le prétends, pourquoi es-tu encore en vie ?

-Kahei ne me prends pas au sérieux, il pense que je suis incapable d’agir contre lui.

-Et je le comprends. Après tout…Tu étais tout de même sa fiancée !

Amu ne répondit rien, laissant les souvenirs l’envahir.

Elle revoyait Kahei la serrer contre lui, la prendre dans ses bras, la regarder avec des yeux tendre et amoureux. Elle se voyait sourire quand il lui murmurait mille mots d’amour au creux de l’oreille, elle se voyait rougir quand il lui disait qu’elle était belle.

Elle n’était plus à Karakura, dans la boutique d’Urahara. Elle était dans une clairière éclairée par quelques rayons lunaires. Elle était là, avec l’homme qu’elle avait aimé, tous deux dansaient.

Il la faisait valser, tournoyer, virevolter, et elle, elle riait. Un rire clair, limpide et sincère, qui venait du fond de son cœur. Puis, il cessait tout mouvement et la faisait revenir contre lui. Il l’enlaçait comme si elle était une chose fragile et inestimable, tel un joyau que l’on désirerait protéger à tous prix. Et il lui parlait lentement, articulant chaque syllabe pour qu’elle comprenne bien le sens de ses mots.

Jamais je n’ai ressenti un sentiment pareil pour une autre que toi. Je t’aime, Amu.

Et elle souriait encore et toujours, jusqu’à ce que le décor s’efface pour laisser place à un autre, beaucoup moins accueillant et plus austère.

Il était là, négligemment assis sur un fauteuil, et elle était face à lui, tentant de défendre ses arguments.

Ce n’est pas la peine d’aller jusque là ! D’accord, les shinigamis nous ont fait du mal, mais ce n’est pas une raison ! Je t’en prie, Kahei, abandonne ce projet insensé !

Mais lui se moquait de ses paroles. Il laissait un sourire tordu prendre place sur son visage.

Ils ne méritent que la mort. Ils doivent payer pour ce qu’ils ont fait, un point c’est tout. Peu importe ce que tu diras, c’est ma décision.

Amu se voyait partir, s’enfuir loin de leur repère…Chercher la Gardienne Lunaire, lui parler de Kahei tout en prenant soin de dissimuler sa véritable nature.

-Amu-san ?

Brutalement, elle revint à la réalité, et regarda Urahara face à elle. Puis, elle baissa le visage et répondit :

-C’est vrai que je l’aimais…Mais c’est terminé. Il a sombré dans la folie, et s’est laissé dévorer par la haine. Seule la vengeance lui importe à présent. Prendre conscience de cela a tué les sentiments que j’éprouvais à son égard.

-Pourquoi devrais-je te croire ?

Elle redressa la tête. Kisuke l’observait, son éventail devant son visage.

-Parce que…Je veux vaincre Kahei. Le tuer si c’est nécessaire.

L’ancien capitaine réfléchissait. Faire confiance à une Fuerza n’était pas très judicieux. Normalement, il aurait dû l’arrêter immédiatement et la livrer à la Soul Society. Mais après tout, pouvait-on dire qu’Urahara Kisuke était quelqu’un de raisonnable ?

-Je ne t’apporterai pas mon aide. Je n’ai pas de preuve irréfutable que tu n’es plus une ennemie. Cependant…Je ne te mettrai pas non plus de bâton dans les roues. Tu dis peut-être vrai, on ne sait jamais…

La blonde se permit de soupirer de soulagement. Depuis sa fugue, sa puissance avait diminué. Face à un shinigami aussi puissant que le marchand, elle n’était pas sure de pouvoir faire le poids.

-Très bien. Maintenant, tu permets…

Alors qu’elle allait se lever, elle se souvint d’une chose.

-Ah, au passage, tu ne connaîtrais pas le nom du Gardien Céleste, si ?

-Pour qui me prends-tu ? Je sais toujours tout, enfin ! Même Kuchiki-san et Kurosaki-san l’ont dit !

-Au lieu de faire le mariolle, tu ne veux pas me le dire ?

-Hum…Vous n’êtes pas très patientes, vous les femmes…

Amu attendit quelques secondes avant qu’Urahara daigne lui répondre.

-Hitsugaya Toshiro…

Les yeux de la Fuerza s’écarquillèrent. Cela voulait dire que…

Elle ne salua même pas le blond, et partit en courant.

-Qu’est-ce que je disais. marmonna le possesseur de Benihime. Au fait, tu comptes rester cachée longtemps ? Demanda-t-il à l’adresse d’une porte.

Celle-ci s’ouvrit pour laisser apparaître Yoruichi.

-J’attendais juste qu’elle parte. Répondit-elle.

-Quand même, elle t’avait repérée, pourquoi ne pas te montrer ?

-Vous aviez l’air si passionnés par la conversation, je ne voulais pas déranger…

-Oh, tu es jalouse ? Demanda-t-il, de nouveau en mode crétin. Mais ne t’en fais pas, elle ne te remplacera jamais, et je n’oserai pas te tromper, voyons…

Il se ramassa un coup en plein visage.

-Imbécile. murmura la femme chat. A part ça, tu réalises que tu as laissé filer une personne qui peut se montrer très dangereuse, non seulement pour nous, mais aussi pour la Soul Society, et surtout pour Karin ?

-Parfaitement. Déclara-t-il comme si c’était normal.

-Et c’est tout l’effet que ça te fait ? Tu n’es vraiment qu’un idiot !

-Pourtant, c’est-ce même idiot que tu as suivi, quitte à devenir une paria de la Soul Society.

Yoruichi laissa un sourire prendre place sur ses lèvres.

-Il faut croire que je suis une idiote moi aussi.

-Je n’ai jamais dit le contraire…Mais si tu es une idiote, tu dois comprendre pourquoi je l’ai laissée partir, je me trompe ?

-Non, tu as raison. Ca me fait mal de l’admettre, d’ailleurs.

-Mais qu’est-ce que je vous ai fait, à la fin ? Pleurnicha de nouveau Urahara.

La belle femme ne répondit pas, trop occupée à regarder la porte par laquelle Amu était sortie, semblant réfléchir activement. Finalement, elle demanda :

-Kisuke…Tu crois qu’elle était sincère ? Quand elle disait qu’elle n’était plus amoureuse de Kahei ?

-Hum…Honnêtement, je pense qu’elle cherche à se convaincre elle-même. Les sentiments qu’elle éprouvait pour lui étaient bien trop forts pour disparaître simplement de cette manière…

Une image s’imposa à son esprit. Il revoyait une adolescente blonde s’adresser à un garçon caché dans l’ombre. La jeune fille parlait activement, puis rougissait soudainement. Finalement, son visage s’éclairait, et un immense sourire illuminait ses traits.

Le marchand replaça correctement son bob, tout en chassant les souvenirs qui refaisaient surface.

-Elle l’aimait plus que tout. Elle cherche à oublier les moments passés avec lui, toutes les fois où il l’a protégé des attaques des shinigamis…C’est-ce que je pense. Il aura beau commettre toutes les horreurs possibles et imaginables, elle continuera de l’aimer. Je suis persuadé qu’elle espère retrouver le Kahei qu’elle a connu. Ce qu’elle veut réellement, c’est le sauver… expliqua-t-il.

-Malgré ce qu’il fait ? Questionna Yoruichi, dubitative.

-Malgré ce qu’il fait, répondit-il.

Il y eut un silence, puis la jeune femme déclara :

-Tu sais quoi, Kisuke ? Je pense que les gens amoureux sont des idiots.

-C’est justement ce que je me disais ! Dit-il en riant.

Mais le regard qu’il lui jeta en disait long sur ses véritables pensées.

***********************

-Et…But ! Bravo, Toshiro !

-Ce n’est pas grand-chose…

-Vantard !

Toshiro esquissa un minuscule sourire, Karin avait retrouvé tout son entrain. Il avait bien fait d’accepter de venir, aussi bien pour elle que pour lui. Parce que mine de rien, la présence de la brune le détendait. Même si elle était parfois fatigante, elle riait beaucoup et adorait s’amuser. Et puis elle, au moins, n’était pas flemmarde, ça le changeait de sa vice-capitaine.

-Toshiro, attrape.

Il sortit de ses pensées au bon moment pour réceptionner la passe qu’elle venait de lui faire. Mais son moment d’absence n’était pas passé inaperçu aux yeux de la jeune fille. Pourquoi fallait-il qu’elle remarque toujours tout ?

-Ben alors, Toshiro, tu étais sur ton nuage ?

-Cela ne te concerne pas, Kurosaki.

-Mon nom, c’est Karin !

-Hm hm…

La brune soupira. Il ne changerait jamais. Mais bon, ce n’était pas non plus comme si elle en avait envie.

La jeune fille tituba soudainement et se retint de justesse à la barrière du terrain. Que se passait-il ? Elle se sentait mal et nauséeuse. Un haut-le-cœur plus puissant que les autres se fit sentir et elle tomba à terre, transpirant à grosses gouttes.

-Kurosaki !

Toshiro se précipita auprès d’elle. Cette fois-ci, il était sûr qu’elle était malade, ce ne pouvait pas être une coïncidence.

Il posa la paume de sa main sur le front de la brune et eut un sursaut. Il était brûlant ! Mais qu’est-ce que ça signifiait ?

Elle ouvrit péniblement les yeux, qu’elle avait fermé sur le coup, et vit le visage du capitaine. Il semblait assez inquiet.

Inquiet ?

Ses yeux s’ouvrirent complètement. Elle ne voulait pas alarmer les autres ! C’était son problème, pas le leur ! Elle devait se ressaisir, elle valait plus que ça, quand même ! Hors de question qu’ils se mêlent de ses affaires !

Elle tenta de se redresser, ave beaucoup de difficultés.

-Kurosaki, qu’est-ce que tu fais ? Reste allongée, je vais appeler ton frère.

-Je t’ai dis…de m’appeler Karin, répliqua-t-elle avec peine.

Hitsugaya en fut bouche bée. Elle était souffrante, et la seule chose qu’elle lui disait, c’était de l’appeler par son prénom ! Franchement, les Kurosaki étaient irrécupérables !

-C’est pas le moment ! Et arrête de bouger ! Lui ordonna-t-il.

-Non…Ca va…

-Mais bien sûr ! C’est vrai que tu as l’air en super forme, ironisa-t-il.

-Laisse, je vais bien…

-Parce que tu veux que je te croie, en plus ?

Elle parvint péniblement à s’asseoir et inspira.

-Je t’ai dis que ça allait ! Déclara la brune.

-Arrête de me mentir ! Commença à s’énerver le capitaine. Comment veux-tu que…

-Capitaine ?

Il se tourna soudainement pour se trouver face à…

Fin.