Les shinigamis débarquent et les ennemis se préparent ! Tous aux abris !

par cornila-san

CHAPITRE 3 : Les shinigamis débarquent et le ennemis se préparent ! Tous aux abris !

-Alors, pourquoi te trouvais-tu dehors toute seule, Kuchiki-san ?

Rukia saisit la tasse de thé qu’Inoue lui tendait et en but une gorgée. Le liquide brûlant lui fit du bien.

Après l’avoir trouvée sous la pluie, la rousse avait emmené son amie chez elle, et attendait à présent qu’elle parle. Elle connaissait suffisamment Rukia pour savoir que la brusquer n’arrangerait rien et ne l’aiderait pas à se confier.

-Et bien, en ce moment, tout se mélange dans ma tête, je ne sais plus vraiment où j’en suis. Ichigo est…Je…Je ne sais plus comment me comporter avec lui, et en plus, un capitaine risque de se faire assassiner très bientôt !

-PARDON ?! Hurla Orihime, Comment ça un capitaine va mourir ? Pourquoi ? Il y a une révolte à la Soul Society ? Il faut empêcher ça !

Elle était déjà debout, prête à partir et à sauver…elle ne savait pas trop qui, finalement.

-Euh…Qui risque de mourir, au fait ?

Rukia l’observait en tentant de se retenir d’éclater de rire. Inoue partait des fois sur les chapeaux de roues.

-Inoue, calme-toi, je parlais au second degré, sinon, tu penses bien que je ne serais pas là à boire un thé !

-Ah oui, ce n’est pas faux.

Elle se rassit tandis que Rukia lui expliquait:

-En fait, je parlais du capitaine Hitsugaya. Je viens d’apprendre, grâce à Yuzu, que lui et Karin sont amis et se voient régulièrement. Alors si Ichigo vient à l’apprendre, il va y avoir un meurtre !

-Oh…Je vois ! Tiens, je ne savais même pas qu’ils se connaissaient, fit-elle songeuse, Ca, je comprends, mais ça n’explique pas le fait que tu étais dehors, trempée sous la pluie !

-Euh…En fait, je ne sais plus comment agir vis-à-vis d’Ichigo… Répondit la brune, un peu gênée.

-Pourquoi ? Vous vous êtes disputés ?

-Non, absolument pas, simplement…J’ai réalisé certaines choses qui font que…Je suis un peu perdue…

Orihime l’observa très attentivement et vit ses yeux. Ces yeux. Ceux qu’elle avait eu des années durant avant de réaliser que tout espoir était vain et de se résigner. Alors, elle comprit.

-Tu es amoureuse de Kurosaki-kun.

Ce n’était pas une question, mais une affirmation.

Rukia rougit brusquement, et détourna le regard. Si elle avait été face à n’importe qui d’autre, Renji, Karin, Ishida ou même Byakuya, elle aurait démenti. Seulement, il s’agissait d’Inoue, celle qui avait aimé Ichigo quelques années auparavant. Ca ne servirait à rien de lui mentir, elle ne la croirait pas.

Mais elle se sentit mal vis-à-vis de son amie, après tout, elle avait encore quelques sentiments pour le roux, mais sachant que ce n’était pas réciproque, elle faisait tout pour les tuer, et ça la faisait souffrir.

-Inoue, je…

-Ca va, Kuchiki-san. Tu es amoureuse de lui, on n’y peut rien. Et puis, je serais mal placée pour te le reprocher, je sais qu’on ne contrôle pas ce genre de choses. Tu n’as pas à culpabiliser, je suis heureuse pour toi !

-Mais, tu…

-C’est bon, je te dis. Par contre, il vaudrait mieux que tu sois directe avec lui, parce qu’il n’est pas très doué pour remarquer l’amour qu’on peut lui porter !

Rukia eut un léger rire. C’était vrai qu’à ce niveau-là…Ichigo n’était pas franchement perspicace !

Orihime sourit en voyant son amie se détendre. Elle avait besoin de se changer les idées, et le sujet de conversation était tout trouvé !

-Bon, à part ça, le capitaine Hitsugaya et Karin-chan se connaissent ? Pourquoi ils ne nous l’ont pas dit, à ton avis ?

-Et bien, je suppose que…

Et elles passèrent la soirée à discuter.

*****************

Ichigo se réveilla tranquillement. Qu’est-ce que ça faisait du bien, de bonnes heures de sommeil ! Il bailla et regarda son réveil: il était 18H15. Il avait dormi toute l’après-midi ! Bah, ça ne l’étonnait pas vraiment, il était si épuisé, avec tous ces hollows et la mauvaise humeur de Rukia. Tiens, en parlant d’elle, où était-elle passé ?

Il descendit au salon en appelant sa colocataire, mais il n’obtint aucune réponse. A la place, il vit débouler Yuzu, qui avait l’air paniquée.

-Ichi-nii, c’est terrible !

-Quoi ? Que se passe-t-il, Yuzu ?

-Karin-chan et Rukia-chan ont disparu !

Les yeux d’Ichigo s’écarquillèrent.

-Quoi ? Comment ça, disparues ? Elles ont été enlevées par un hollows ? Que s’est-il passé ?

-Non, pas de hollow, mais Karin-chan n’est toujours pas rentrée, et Rukia-chan est sortie précipitamment.

-Bon, Karin doit être au terrain de foot, mais Rukia…Elle est partie comme ça ?

-Oui, on discutait, puis elle s’est levée et est partie soudainement !

-De quoi parliez-vous ? Ca a peut-être un rapport !

-Euh…

Yuzu hésita. Rukia avait été bien claire, il ne fallait surtout pas qu’Ichigo sache que son autre sœur connaissait ce Toshiro. Finalement, elle décida de l’écouter. La brune avait certainement une bonne raison.

-Du fait que Karin-chan n’a pas beaucoup d’amis et qu’elle est souvent seule.

Ichigo réfléchit à toute allure. Il n’y avait apparemment aucune raison pour que Rukia soit partie en catastrophe. Peut-être avait-elle senti un hollow et était parti l’achever ? Sûrement. Quoique…D’habitude, elle ne se serait pas gênée pour le réveiller et le traîner au combat. Alors, c’était autre chose, mais quoi ?

Il n’eut pas le temps de se creuser plus la tête car un bruit provenant de dehors attira son attention. Lui et Yuzu se lancèrent un regard avant de se précipiter dans le jardin. Ce qu’ils y virent les stupéfia.

-Aie ! Ca fait mal, bon sang ! Comment est-ce qu’on a bien pu atterrir là ?

-Bah, c’est à cause de cette saleté de marchand ! A croire qu’il a une dent contre nous !

-Mais non, voyons, comment pourrait-il avoir une dent contre moi et mes bébés ?

-Tes bébés ? De quoi tu parles ?

-Ben, tu sais, mes…

-C’est bon, on a compris ! Bon sang, je comprends Hitsugaya-taicho quand il dit que tu es invivable !

-M’enfin ! Pourquoi tu dis ça ?

-Parce que c’est la vérité et…Ah, tiens, salut, Ichigo !

L’interpellé était pétrifié. Mais qu’est-ce qu’Ikkaku, Yumichika, Renji et Rangiku fabriquaient devant chez lui, empilés les uns sur les autres ?

-Dites, ce serait trop vous demandez que de m’expliquer ? Les interpella le jeune homme.

-Si tu veux, mais d’abord, est-ce que tu as du saké ? J’ai soif, moi !

-Euh, Rangiku, je ne suis pas sûr que ce soit le moment, là… intervient Renji.

-Bien sur que si, c’est le moment ! Répliqua-t-elle, Mon taicho n’est pas là, donc c’est le moment !

-En fait, dès qu’Hitsugaya-taicho est absent, tu en profites pour boire !

-C’est évident!

Ichigo sentit une veine palpiter sur sa tempe. Sa sœur et sa colocataire étaient on-ne-sait-où, les hollows n’arrêtaient pas d’arriver, Rukia était d’une humeur massacrante sans raison valable, quatre shinigamis réputés être des fauteurs de trouble indécrottables débarquaient dans son jardin, il avait la nette impression qu’on lui cachait des choses, un inconnu éliminait les hollows à sa place et tout ce que ces abrutis trouvaient à faire, c’était de parler de saké ? C’en était trop, il allait finir par péter les plombs.

Le remarquant, Yuzu proposa aux invités improvisés de rentrer pour qu’ils puissent parler dans le salon.

Une fois qu’ils furent tous installés, le shinigami remplaçant prit la parole:

-Je suppose que vous êtes là pour les hollows ?

-Ouais, Répondit Renji. Sasakibe-fukutaicho est venu nous trouver en nous expliquant qu’une équipe de cinq shinigamis devait être envoyée sur Terre pour enquêter là-dessus, et sur ce type qui cherche un pouvoir.

-Cinq ? S’étonna Ichigo, Mais, vous être quatre !

Matsumoto intervint à ce moment-là:

-Mon taicho doit venir aussi, mais il est en mission dans le Hueco Mundo, et la mission est trop importante pour être retardée, donc il nous rejoindra plus tard.

-Toshiro va venir aussi ? Je sens que ça va encore être mouvementé…soupira Ichigo.

Yuzu eut un sursaut. Quel nom son grand frère venait-il de prononcer ?

-Euh, Ichi-nii, commença-t-elle, hésitante, De quel Toshiro tu parles ?

-Hein ? Hitsugaya Toshiro, le capitaine de la…10eme division, c’est ça ?

Les autres confirmèrent.

-Euh…Dis-moi, ce n’est pas ce garçon que Karin-chan avait amené, une fois ?

-Hum ? Euh…Oui, si, tu as raison, il avait dormi ici, vu qu’il était en vacances, et comme Karin est ma sœur, il avait dû lui demander !

Il est parfois fascinant de voir à quel point un grand frère protecteur peut s’illusionner lui-même.

Dans la tête de Yuzu, tout s’éclairait. La réaction de Rukia, son départ précipité, sa demande de ne rien dire à Ichigo.

Cependant, un détail clochait. Ce garçon était capitaine, non ? Et d’après ce qu’elle avait compris, un capitaine du Gotei avait beaucoup de responsabilités. Alors, comment se faisait-il que Toshiro vienne fréquemment sur Terre pour voir Karin ? Une ampoule s’alluma au-dessus de sa tête. Peut-être…Peut-être qu’ils sortaient ensemble ? Ce serait comme une sorte de relation interdite qu’ils désireraient garder secrète. Cela signifiait que peut-être plus tard, ils se marieraient et auraient des enfants ? Elle céda au ravissement et commençait déjà à s’imaginer un petit garçon l’appelant « Tata ».

Ichigo se demanda vaguement ce qu’avait sa sœur pour gesticuler dans tous les sens en disant des choses comme « Il aurait les cheveux noirs et les yeux turquoise…Je lui ferais à manger le dimanche…Etre invitée au mariage… », mais il préféra ne pas s’en préoccuper. Yuzu avait toujours tendance à imaginer des choses à partir de rien, un peu comme Inoue. C’est là que Renji posa la question qui le fit revenir à d’autres priorités:

-Dis, où est Rukia ? Il faudrait qu’on en parle aussi avec elle.

Ichigo se leva immédiatement, sous le regard surpris des autres.

-J’avais oublié ! Rukia ! On ne sait pas où elle est, elle est partie précipitamment !

-Quoi ? Renji avait failli s’étrangler. Mais pour aller où ?

-J‘en sais rien, je dormais!

-Mais on peut savoir ce qu’il te prend de dormir en plein après-midi ?

Ichigo ne répondit pas, trop occupé à réfréner les pulsions meurtrières qui s’emparaient de lui. Soudain, le bruit d’une porte qui s’ouvre et se ferme retentit. Une voix s’éleva de l’entrée.

-Je suis rentrée ! Pardonne-moi d’être partie comme ça, Yuzu, mais je venais de me souvenir qu’Inoue m’attendait et…

Rukia se figea en voyant les personnes présentes. Elle fit également son maximum pour ne pas regarder Ichigo. En rentrant, elle avait réfléchi et avait pris sa décision. Elle se déclarerait une fois que cette affaire de hollows serait réglée, mais pour le moment, il ne fallait pas que quiconque se doute de quoi que ce soit. De plus, ce n’était pas trop le moment de se confesser, puisqu’il y avait des nouveaux venus.

-Rukia ! Mais on peut savoir où tu étais, bon sang ?

-Je te l’ai dit, j’étais chez Inoue, on a parlé de beaucoup de choses. De toute façon, ce n’est pas comme si tu étais concerné, Ichigo !

Celui-ci fronça encore plus les sourcils avant de hausser les épaules. Il n’y avait apparemment pas de quoi s’inquiéter. Non pas qu’il s’inquiète pour Rukia, mais bon, il préférait savoir où elle se trouvait et avec qui. Enfin, non, il n’en avait rien à faire ! Oui, bref, elle était là, ils allaient pouvoir parler plus sérieusement.

Une fois Rukia installée sur le canapé, la conversation reprit.

-Oui, donc je disais, on a été envoyé ici par le soutaicho, il sent que ce n’est pas juste une histoire d’hollows, quelqu’un tire les ficelles. Reprit Renji.

-On le sait, Yoruichi-san nous l’a dit, l’interrompit Ichigo. Un mec recherche un pouvoir qui se trouve à Karakura, mais nous n’avons aucune idée d’où il est exactement, ni même de ce que c’est.

-Peut-être le même style que le Hôgyoku.

-Ne dis surtout pas ça, parce que si c’est le cas, on est mal barrés !

Ikkaku se tut. Yumichika avait raison, mieux valait ne pas envisager les pires scénarios possibles dès le début.

-Si ça se trouve, ce n’est qu’un imbécile qui se croit meilleur que tout le monde qui serait parvenu à rallier quelques hollows à sa cause et qui nous les envoie. Supposa Rukia.

-Ce serait mieux dans ce cas. Approuva Yumichika.

-Bah, de toute façon, fit Rangiku en baillant, On vient à peine d’arriver, on réfléchira et on enquêtera là-dessus plus tard. Pour le moment, je propose qu’on aille dormir.

-A ce propos, intervint Ichigo, Vous dormez où ?

Il croisa quatre regards qui en disaient long.

-Et je refuse que vous restiez ici !

-Quoi ? Mais pourtant, tu acceptes bien Rukia !

-Oui, mais Rukia, c’est… Euh…

Ichigo ne sut pas quoi dire. C’est vrai, ça, pourquoi acceptait-il qu’elle dorme chez lui, et pas les autres ? Parce qu’elle se tapait l’incruste de toutes manières. Voilà, c’était ça.

-Rukia vit ici, mais pas vous. Allez dormir ailleurs !

-Oh, t’es pas drôle! Bon, ben je vais retourner chez Orihime !

-Euh, tu ne peux vraiment pas nous dépanner ?

-Pourquoi ça, Ikkaku ?

-Ben, j’ai pas vraiment envie de retourner chez ton pote.

-C’est surtout sa sœur qu’il n’a pas envie de voir. Précisa Yumichika.

-Navré pour toi, mais tu ne dors pas là.

La décision d’Ichigo était impitoyable. Les quatre shinigamis se dirigèrent donc vers leur lieu de repos en se plaignant du manque d’hospitalité, décidément, ce garçon n’avait aucun savoir-vivre !

Après avoir refermé la porte, le jeune homme s’adressa à Rukia :

-Bon, maintenant qu’ils sont partis, dis-moi la vérité.

-Pardon ? Que veux-tu dire ? S’étonna son interlocutrice.

-Je sais que si tu es partie, ce n’est pas parce que tu avais rendez-vous avec Inoue.

-Mais je t’assure que…

-Inutile de me mentir, je te connais trop bien pour ça. La coupa le rouquin.

La brune se tut. Il était vrai que durant ces trois dernières années, elle avait quasiment vécu avec Ichigo, ne revenant à la Soul Society que pour de rares occasions, par conséquent, ils se connaissaient presque par cœur. Intérieurement, Rukia savait qu’il ne goberait pas ses mensonges, mais elle avait tout de même espéré qu’il ne chercherait pas plus loin. Elle s’était largement fourvoyée.

Elle soupira et tourna le dos à son colocataire.

-Cela ne te concerne aucunement, donc mêle-toi de ce qui te regarde, paysan.

Puis elle monta les escaliers pour s’enfermer dans son placard.

Ichigo resta figé. A quand remontait la dernière fois qu’elle l’avait nommé de cette manière ? Presque deux ans et demi. Si Rukia reprenait son ancien surnom, c’était qu’il y avait un problème. Peut-être qu’il était la source de sa mauvaise humeur ? Certainement. En tous cas, il devait savoir, le bien-être de la shinigami lui importait trop pour qu’il laisse passer ça.

Ce fut à ce moment-là que Yuzu descendit de son nuage rempli de bambins aux cheveux blancs et aux yeux noirs, de robes de mariage et de tartes aux pommes. En voyant son frère plongé dans une grande réflexion et la pièce vide, elle en conclut que les visiteurs étaient partis et Rukia dans sa chambre. Elle tourna son visage vers la fenêtre et sursauta en voyant l‘obscurité extérieure. La nuit était déjà tombée, et toujours pas de nouvelles de sa sœur.

-Où es-tu donc, Karin-chan ? Murmura-t-elle doucement.

****************

Tout est noir.

Elle courait à perdre haleine, prête à tout pour échapper à ses poursuivants.

Les arbres sont noirs.

Des cris et des plaintes parvenaient à ses oreilles meurtries par le combat.

La route est noire.

Elle n’osait pas se retourner, terrifiée à l’idée de ce qu’elle devrait affronter sinon.

L’horizon est noir.

Comment avait-elle pu en arriver là ? Elle donnerait n’importe quoi pour que cela s’arrête, même sa vie.

Les voix sont noires.

Un râle plus puissant que les autres l’atteignit, lui donnant un haut-le-cœur. Elle sentit une main se refermer sur son épaules.

Les gens sont noirs.

On la força à se retourner, et elle se retrouva face à une dizaine de visages tuméfiés et implorants. Des blessures leur déformaient le corps et l’esprit.

Le ciel est noir.

L’homme qui avait saisi son épaule attrapa l’autre et se mit à la secouer comme un prunier, tout en continuant de pousser des cris de douleur.

La terre est noire.

Rapidement, d’autres se joignirent à lui, et elle se retrouva ensevelie sous une masse de corps humains. Elle s’aperçut avec horreur qu’il y avait beaucoup plus de personnes qu’elle ne l’avait cru, certaines étant dissimulés derrière les premières.

La mer est noire.

Elle tenta de se débattre, en vain, et fut envoyée s’écraser contre le mur. Sonnée, elle mit quelques secondes à reprendre ses esprits, avant de prendre conscience de l’affreux spectacle qui se déroulait sous ses yeux.

Les larmes sont noires.

Des centaines de cadavres jonchaient le sol, tandis que ceux qui avaient été leurs amis, leur familles, leurs amants, leurs enfants pleuraient sur eux. D’autres hurlaient de désespoir et de chagrin, brisés d’avoir perdu, pour certains, l’être qui leur avait été le plus cher.

Les cœurs sont noirs.

L’atrocité de ce qu’elle voyait la saisit à la gorge. Tout n’était que désolation et souffrance, l’air sentait la putréfaction. Une femme tenant son fils dans ses bras s’agenouilla devant elle. Comme les autres, ses vêtements étaient maculés de sang.

Le sang est noir.

-Je vous en prie, aidez-nous, vous êtes la seule à pouvoir le faire, ayez pitié, je viens de perdre mes deux autres enfants, mon mari est grièvement blessé, ma maison à brûlé, s’il-vous-plaît, je n’ai plus rien…

La pluie est noire.

D’autres personnes se joignirent à la femme, l’implorant de leur apporter son aide. Elle ne savait que répondre. Une partie d’elle ne demandait qu’à les sortir de cet enfer, mais une autre lui disait qu’elle ne pouvait rien faire. Et c’était cette part d’elle qui avait raison.

Les esprits sont noirs.

-Pourquoi ? Pourquoi hésitez-vous ? Vous vous fichez de ce qui peut bien nous arriver, c’est ça ?

Péniblement, elle essaya d’ouvrir la bouche en vain. Elle était beaucoup trop choquée face à ce désastre pour dire quoi que ce soit.

-Vous avez le pouvoir de nous aider, et vous ne faites rien ! Vous êtes un monstre !

Les âmes sont noires.

Partout autour d’elle, on la traitait de monstre, d’insensible, d’inhumaine. Un homme à forte carrure la prit par le cou tout en l’insultant. Rapidement, le manque d’air se fit ressentir, et elle le supplia mentalement de desserrer ses doigts pour qu’elle puisse respirer. Mais le méritait-elle vraiment, au fond ?

Les êtres sont noirs.

Après tout, elle était incapable de leur venir en aide, alors qu’elle en avait les capacités. Elle était impuissante. Elle cessa de se débattre et attendit sa dernière seconde arriver.

La mort est noire.

Un coup sec retentit. L’homme venait de lui briser la nuque.

Le monde est noir.

 

Karin ouvrit brutalement les yeux, transpirant de toutes parts à grosses gouttes. Les yeux écarquillés, elle se laissa tomber en avant, se retenant sur ses mains. Le cauchemar qu’elle venait de faire était réellement effrayant, elle n’en avait jamais fait de plus horrible.

-Quelque chose ne va pas ?

La brune tourna violemment la tête à sa gauche, d’où provenait la voix. Assise sur un carton, Amu l’observait, l’air interrogateur.

-Il semblerait que tu te sois endormie et que tu aies fait un cauchemar. C’était pas beau à voir, c’est pour ça que t’es dans cet état ?

La Kurosaki ne répondit pas, trop chamboulée. Elle regarda de nouveau le sol, en tentant de reprendre une respiration et un rythme cardiaque normaux.

Amu continuait de la fixer, puis elle se leva et s’étira.

-Et bien, on peut dire que t’es bien une Kurosaki, toi ! S’endormir en plein entraînement pour développer tes aptitudes de shinigami, franchement…

Karin remercia silencieusement la blonde de respecter son silence. Elle se redressa, inspira un bon coup, puis fit face à Amu.

-Ce n’est pas ma faute, tu m’as forcé à rester assise en tailleur sur ce carton pour me concentrer, comment voulais-tu que je ne m’endorme pas ?

-Tu étais censée rejoindre ton monde intérieur, pas le monde des rêves ! Bon, il est temps que tu y ailles.

-Déjà ? S’étonna Karin.

-Euh… Il fait nuit, je te signale.

-QUOI ?

La brune se précipita à la fenêtre et constata qu’effectivement, le soleil s’était couché et que quelques étoiles commençaient à apparaître.

-Merde ! Pesta-t-elle entre ses dents.

Elle courut jusqu’à la porte en saisissant son sac de cours à la volée. Juste avant de sortir, elle lança à Amu :

-Demain, je te rejoindrai ici dès que je pourrai, alors ce n’est pas la peine de venir me chercher !

Et elle disparut du champ de vision de la blonde. Celle-ci n’avait pas bougé et s’interrogeait.

« Je te rejoindrai ? Elle a vraiment l’intention de revenir alors qu’on ne se connaît pas ?… Bah, je verrais bien demain. En attendant, il vaut mieux que je règle certaines choses… C’est parti pour le glanage d’informations ! »

En shunpo, elle disparut.

Dehors, Karin se dépêchait afin de minimiser son retard au maximum. Elle voyait déjà une Yuzu morte d’inquiétude lui passer un savon mémorable, sans compter Ichigo et Rukia. Quant à son père, il était heureusement parti en voyage d’une semaine, après avoir passé trois heures à se lamenter à l’idée de laisser ses enfants chéris tous seuls (allant jusqu’à s’accrocher à la cheville de Karin en la suppliant de ne pas le remplacer par le premier venu à cause du chagrin qu’elle ressentirait en son absence, franchement…).

Tout en courant, elle se creusait la tête pour trouver une excuse plausible à servir à sa famille. Elle s’était fait attaquer par une bande de loubards ? Non, elle n’avait pas d’égratignures pour paraître crédible. Elle avait aidé une grand-mère à porter ses sacs ? Elle avait mit trop de temps pour qu’ils la croient. Elle s’était fait enlever par une bande d’extra-terrestres qui voulaient demander une rançon à son père ou ils l’obligeraient à se suicider à l’aspirine ? Sans commentaires…

Après mure réflexion, dire qu’elle s’était entrainée au football avec son équipe et qu’elle n’avait pas vu les heures s’écouler lui semblait la meilleure idée.

Tu es impuissante.

Karin s’arrêta brusquement. Lentement, elle se retourna pour constater qu’elle était seule dans la ruelle qui faisait office de raccourci. Pourtant, la jeune fille était certaine d’avoir entendu cette phrase, crachée avec tout le mépris et le dédain qu’il était possible de lui insuffler.

Mais ce qui l’angoissait le plus, c’était que cette voix, elle la reconnaissait. Il s’agissait de la même que celle de son cauchemar, une voix froide et hautaine, dénuée de toute pitié, qui lui disait que tout était noir, et qui maintenant, l’insultait. D’où pouvait-elle bien provenir ?

Elle vérifia de nouveau, mais il n’y avait pas de doute, personne ne se trouvait à proximité.

« Bah, je suis fatiguée, j’ai très bien pu l’imaginer, cette voix… »

Elle repartit, en se forçant à ignorer cette angoisse qui s’insinuait lentement, mais sûrement, en elle.

Comme elle l’avait pensé, Yuzu lui fit une scène, lui reprochant de n’avoir prévenu personne pour la mettre au courant, et que ce n’était pas une heure convenable pour une partie de foot.

Karin fut cependant très surprise en voyant sa sœur se pencher vers elle avec l’air d’une conspiratrice et lui murmurer que pour la cérémonie, les roses seraient les fleurs les plus appropriées, et qu’elle voulait être la marraine du premier. Elle ne comprit pas non plus pourquoi, en passant devant la chambre de Rukia, elle entendit des bruits, comme si on se défoulait sur un punching-ball, et des bribes de voix qui disaient des choses telles que : « Crétin… Sa faute… Abruti incapable de comprendre l’évidence… ». Et ce qui la surprit encore plus, ce fut quand elle vit Ichigo allongé sur son lit, les bras derrière la tête en train de réfléchir intensément, ce qui était assez rare.

Visiblement, elle n’était pas la seule à avoir eu une journée bien remplie.

Karin s’assit sur son lit, afin d’effectuer quelques exercices de concentration que lui avait conseillés Amu. Selon la blonde, accéder à son monde intérieur était la première étape pour réveiller ses pouvoirs de shinigami.

Elle ferma les yeux…pour les rouvrir aussitôt. Dès l’instant où ses paupières s’étaient baissées, la vision d’un jeune enfant blessé était apparue devant ses yeux. Un gosse d’environ dix ans qui lui tendait la main en lui murmurant faiblement « Aide-moi… ».

Elle se passa une main sur le visage, ces bizarreries semblaient ne pas vouloir finir. Pourquoi tout cela lui arrivait-il ? Les cauchemars, les malaises, les rencontres… Et cette satanée impression que quelque chose de terrible était en train de se préparer.

La jeune fille sentait que pour l’instant, ce qu’il se passait n’était que la partie visible de l’iceberg.

Mais elle ignorait jusqu’à quel point cela était vrai.

***********************

-Une réunion ? Non mais, et puis quoi encore ? Il a fumé quoi, le vieux ?

- Aika-sama, surveillez votre langage, vous parlez du maître, tout de même !

-Ferme-là, Kanoko, je dis ce que je veux, et le maître, il a pas à nous demander de faire une réunion à cette heure !

Dans une pièce sombre et mal éclairée, deux jeunes femmes discutaient. L’une d’elle, négligemment assise sur un fauteuil, les cheveux noirs et longs à l’exception de deux mèches plus courtes sur le devant du visage et qui lui arrivaient au menton, les yeux noirs, vêtue d’un short et d’un tee-shirt qui s’arrêtait au-dessus du nombril, ne cessait de se plaindre.

L’autre, les cheveux chocolats noués en deux tresses qui tombaient de chaque côté de son visage et les yeux marrons, se tenait respectueusement debout, ses mains nouées devant son corps.

La dénommée Aika, continua sur sa lancée :

-De toute manière, on n’a pas besoin de se réunir maintenant, tout va bien, la Gardienne Lunaire est déjà cernée, cette garce d’Amu va se faire descendre d’ici-peu, et pour le Gardien Céleste, ce n’est qu’une question de temps !

Elle se tut pendant quelques secondes, semblant réfléchir activement.

-Je me demande s’il est beau garçon… reprit-elle finalement.

-Aika-sama, ce n’est pas vraiment le moment ! La réprimanda Kanoko.

-Je t’ai dit de la fermer, il me semble !

-Oui, pardon…Mais vous devez aller à cette réunion, et puis…

-Et puis quoi ? Je te préviens, si tu n’as pas une bonne excuse, je te frappe !

-…et puis Himeka-sama y sera sûrement.

Aika ne dit plus rien avant de se lever et de se diriger vers la porte.

-Dépêche-toi , Kanoko, on va être en retard !

Kanoko ne dit rien quant au culot dont faisait preuve sa supérieure et la suivit sans mot dire. Après tout, elle n’était qu’un soldat. Son rôle était de se taire, de se battre et de protéger Aika, quitte à mourir à sa place.

Elles arrivèrent bientôt face à une grande porte en bois. Quelques mots en langue inconnue étaient inscrits à sa surface.

-Bon, Kanoko, tu m’attends là et tu ne bouges pas.

-Bien, Aika-sama.

Aika frappa trois coups distincts au rempart de bois et attendit. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’un « Entrez ! » ne se fasse entendre. Quand elle ouvrit, elle se trouva face à sept personnes, toutes attablées devant un thé.

Son regard survola la salle pour se poser sur chaque individu présent.

Tout d’abord, Atsuhiko, avec ses cheveux mi-longs aux reflets miels légèrement ondulés et ses yeux saphir. L’homme avec qui elle entretenait une relation purement physique.

Ensuite, Fukuko, ses longs cheveux rouges sangs noués en son habituelle queue de cheval haute et ses yeux rubis reflétant son profond ennui. Certainement la personne qu’elle respectait le plus dans cette pièce.

Puis, Himeka, fille pourrie gâtée aux longs cheveux rose bonbon et aux yeux violet pâle. Elle la haïssait purement et simplement, et elle savait ce sentiment réciproque.

Chigiru, blond cendré, yeux noisette, fluet. Discret, il ne se faisait jamais remarquer, elle n’avait pas vraiment d’opinion à son sujet, elle reconnaissait juste sa valeur de combattant.

Hayao, avec ses cheveux bruns et courts, ses yeux chocolat et sa petite taille, il avait l’apparence d’un gamin de douze ans. Pourtant, il était l’un de ceux dont il fallait le plus se méfier ici.

Eita, ses cheveux bleus électriques et ses yeux bleus également lui conféraient un certain charme, mais il était trop obnubilé par Fukuko pour voir les autres femmes. Malheureusement pour lui, l’amour de sa vie le détestait.

Et enfin, lui, leur maître. Caché par une capuche, il empêchait les autres de voir son visage. Celui qui les avait tous réunis, Kahei.

Justement, il prenait la parole :

-Ravi de te voir parmi nous, j’ai cru que tu ne viendrais pas.

-Pardonnez-moi, c’est juste que Kanoko a tardé à délivrer son message.

-Mais bien sûr ! Railla Himeka, Pourquoi ne dis-tu pas que tu avais peur de te retrouver face à moi et de connaître la défaite ?

-C’est plutôt moi qui devrait dire ça, il me semble. Répliqua Aika.

-Qu’as-tu osé proférer ?

-Il suffit, intervint la voix de Kahei. Si je vous ai réunis, ce n’est pas pour vous entendre vous disputer. Prend donc place, Aika.

L’interpellée s’exécuta, tout en fusillant Himeka du regard, cette dernière le lui rendant bien.

-A présent, je vais vous expliquer le but de cette réunion, reprit Kahei. Il s’agit de vous communiquer une information de la plus haute importance. Vous savez tous quels sont les deux pouvoirs que je recherche, n’est-ce pas ?

Un silence éloquent lui répondit.

-Allons, ne soyez pas timides. Tiens, Fukuko, réponds-moi.

-Vous recherchez le pouvoir de la gardienne lunaire, que détient Kurosaki Karin, et le pouvoir du gardien céleste, que nous recherchons toujours, lui répondit-elle sous le regard admiratif d’Eita.

-C’est tout à fait cela. Mais justement, si je vous ai fait convoquer, c’est parce que j’ai fait quelques recherches. Je n’étais pas tout à fait certain, mais à présent, cela est confirmé. Je connais le nom du gardien céleste.

Il croisa sept paires d’yeux, toutes voulant en apprendre davantage. Afin de faire durer le plaisir, il prit son temps pour répondre.

-Le capitaine de la dixième division, Hitsugaya Toshiro.

***************

-Vous devez donc partir au plus vite. Désolé de vous imposer cela alors que vous venez juste de rentrer, mais cette mission est prioritaire et…

-Ca va, j’ai compris, je vais me dépêcher, laissez-moi juste le temps d’aller régler quelques détails, et c’est bon.

-Bien sur, je vais demander à préparer le portail.

-C’est ça.

Le messager sortit vite de la pièce, laissant son interlocuteur seul. Celui-ci se passa une main sur le visage, las. Quand il avait fini sa mission plus tôt, il avait espéré pouvoir se reposer, mais voilà qu’on le renvoyait immédiatement.

Enfin, au fond, ça lui ferait de l’action, il n’aimait pas stagner, et le travail de bureau était d’un ennuie… Et puis, il était aussi assez content d’avoir une occasion de revoir Karin.

Mais ça, Hitsugaya Toshiro ne l’avouerait pour rien au monde.

Fin.