Unisson; Chapitre Trois.

par Kiwi-Lollypop

Unisson; Chapitre Trois.

Le lendemain matin, Karin se réveilla avec un mal de tête au delà du possible. En grognant, elle leva légèrement la tête pour regarder l'heure sur son réveille-matin.

Onze heures.

Soupirant, Karin roula dans son lit. Déjà si tard? La jeune fille savait qu'elle n'aurait pas dû organiser son match de soccer trop tard hier. De plus, elle avait dû discuter avec son frère Ichigo et Yuzu jusqu'à minuit, si ce n'était pas plus tard.

Dans un mouvement lent, la brune pivota la tête pour que son regard tombe sur le lit déjà fait de sa sœur, mais surtout, vide. Karin se demanda comment sa sœur jumelle avait-elle bien faire pour s'être levée si tôt ce matin. En se levant difficilement (ces courbatures la ramenant vicieusement à la réalité) d'un pas qui aurait pu en faire rougir un zombie de gêne, elle s'habilla, puis descendu lentement les escaliers. Elle se tint fermement, dans la crainte qu'elle ne manque une marche et qu'un nouveau manège ne se créer dans son escalier lorsqu'elle déboulerait chacune des autres marches.

En se passant une main dans ses cheveux noirs en bataille, elle atteignit le plancher du rez-de-chaussée, qui craqua sous son poids.

Karin avança et s'annonça en partant s'asseoir à la table de la salle à manger. Yuzu détourna son regard de ce qu'elle préparait pour le prochain repas, et lui adressa un sourire chaleureux en la voyant coucher sa tête sur la table, ses bras lui servant d'oreiller.

- Bonjour, Karin-chan! Dit Yuzu de sa voix mélodieuse.

Karin grogna des mots incompréhensibles comme seule réponse. À ce geste, le sourire de Yuzu s'élargit de plus belle.

- Inutile de te demander si tu as bien dormi, je crois que je connais déjà la réponse.

La jolie brune releva lentement sa tête pour lui lancer un regard noir, alors que sa sœur se remettait déjà à la tâche, un rire emprisonné avec beaucoup de difficulté au fond de la gorge.

Plusieurs minutes s'écoulèrent dans un silence paisible, puis Ichigo descendit à son tour, dans un état de zombification encore plus avancé que celui de la plus jeune des Kurosaki. C'est donc les cheveux roux encore plus en bataille qu'à l'habitude, les yeux marrons soulignés de lourdes cernes et les vêtements mît à la va-vite que Ichigo Kurosaki, Shinigami remplaçant, s'assit à la table de la maison, juste en face de sa plus jeune sœur, avant de l'imiter.

En voyant ses deux frères et sœurs, Yuzu sourit une nouvelle fois avant de partager le fond de sa pensée avec ces derniers.

- C'est drôle, parfois, j'ai l'impression que c'est vous deux les jumeaux, et non le contraire. Déclara-t-elle.

D'une même voix endormie, les deux concernés tentèrent de démentir le point de vue de sa jeune fille, ce qui donna l'effet contraire de ce qu'ils espéraient. Comme ils tentèrent de protester une nouvelle fois en chœur, Yuzu éclata de rire, ce qui les fit taire tous les deux, ne souhaitant pas lui donner une nouvelle fois raison. Lorsque la châtaine arriva, deux assiettes remplit d'un solide déjeuner, Karin et Ichigo retournèrent vivement la tête, la mine boudeuse, tels deux gamins.

- Allons! Ce n'était qu'une petite blague! 'Faut pas en faire tout une scène pour ça!

Des grognements s'élevèrent des têtes obstinément retournés.

Décidant de les ignorer, Yuzu posa les deux assiettes sur la table de la salle à manger, devant les deux occupants.

- Quoi qu'il en soit, le déjeuner est prêt et servi.

Son estomac prenant le dessus de ses instincts, Karin fut la première à retourner sa tête pour prendre ses couverts et engloutir son repas. Bientôt, Ichigo la suivit dans son mouvement, mais plus lentement que la jeune fille en face de lui. Alors que Yuzu se préparait une assiette également, on entendit des craquements en provenance de l'escalier.

Sortant à la vue de tous, le paternel des Kurosaki arriva en courant dans le salon, son sourire d'imbécile heureux collé au visage comme à l'habitude.

- Bonjooooour mes petits chériiiiis!!! S'écria-t-il en levant les bras vers le ciel, comme si il attendait des applaudissements admiratif pour souligner son entrée triomphale.

Malheureusement pour lui, ses deux enfants assis à la table se retournèrent à peine vers lui, la bouche pleine. Son autre enfant, elle, lui offrit un joli sourire, avant de s'afférer dans la cuisine à nouveau.

- Salut, le vieux. Déclara seulement son aîné entre deux bouchées.

Le visage de l'homme décerné comme étant "le vieux" se décomposa en un rictus presque comique.

- Bouhouhouhouhou!! Masaki...!!! Nos enfants sont si cruels avec moi!!

S'accrochant comme à son habitude au poster de sa défunte femme, Isshin Kurosaki versait des larmes de crocodile, sans qu'un seul de ses enfants ne prête attention à lui.

- Tu devrais vraiment songer à décrocher ce poster ridicule. Fit Karin en buvant dans son verre d'eau. En plus mes amis de soccer ont peur de venir ici à cause de toi.

- Oui, Karin-chan a raison Papa... Approuva Yuzu en déposant deux autres assiettes sur la table. Ce n'ai pas que je ne l'aime pas ce poster, c'est juste que mes amies ont aussi peur de venir à la maison à cause de "ça".

Yuzu n'avait que légèrement donné une importance au dernier mot dans sa phrase, mais personne ne fut dupe. Elle désignait clairement l'attitude de son père. Et puis, pour des inconnus, un homme dépassé la quarantaine qui braille sur un poster en bredouillant que ses enfants sont méchants à longueur de journée, juste parce que ces enfants, justement, ne faisait que le rembarrer par son ton enthousiasme un peu trop débordant. Pour des inconnus, alors forcément ils n'étaient pas au maximum de leur confort.

Le pas traînant et lourd de tristesse, leur père vint lui aussi s'asseoir sur une chaise. Yuzu lui déposa immédiatement une assiette devant lui, qu'il piocha dedans sans conviction.

- Un vrai gamin. Soupira Karin en se levant. Le "gamin" en question releva la tête pour protester, mais déjà sa fille était rendue à l'évier et montait les marches en direction de sa chambre, ou tout autre pièce à l'étage supérieur.

Broyant à nouveau du noir, Isshin Kurosaki reprit sa lente progression. C'était à dire, il piquait de ses baguette son repas, et l'a menait distraitement à ses lèvres pour le mâcher de la même façon.

Karin redescendit quelques minutes plus tard, son fidèle ballon de soccer emballé dans le même filet rouge depuis plusieurs années. Elle précisa qu'elle allait rejoindre ses coéquipiers pour aller s'entraîner, bien que sa famille ait parfaitement deviné ses intentions. Elle leur fit aussi part de l'heure auquel elle serait de retour à la maison, puis elle prit congé.

Bientôt, chacun de la famille Kurosaki finit de manger, et retournèrent eux-aussi à leur routine habituelle. Ichigo sortit de la maison, sans préciser grand-chose. Il sortait juste. Le paternel retourna prendre soin de la clinique avec l'aide de Yuzu.

La journée passa rapidement, et parfaitement comme les autres journées ordinaires d'une fin de semaine absolument normale. D'autres clients qui arrivaient pour une maladie quelconque et d'autres traitements et conseils à donner. Aucuns accidents étranges.

Ichigo revint le premier, sa régulière mine maussade collé à sa peau. Karin revint à son tour, et monta immédiatement prendre une douche.

Le dîner arriva et se passa comme les autres fois, dans le bruit et la joie.

L'heure de dormir arriva à son tour, et les occupants de la maison le prirent avec joie.

Pourtant, Yuzu ne cessait de se retourner dans son lit, repensant à un certain jeune homme aux cheveux blancs.

Toshiro Hitsugaya avait beau être froid, distant et alors l'air de toujours royalement s'emmerder. Mais... Il avait été très gentil avec elle. Il aurait simplement pu passer son chemin en ne prêtant aucunement attention à la jeune fille allongée au sol, ses courses étalées sur le sol humide et glacé. Pourtant, il lui était venu en aide.
Bon d'accord, elle ne connaissait rien de lui, sinon qu'elle l'avait déjà vu en compagnie de sa sœur. Mais son cœur ne cessait de s'accélérer en se remémorant ses yeux aussi bleus que la mer elle-même. Peut-être que... Les joues rougissantes, elle secoua brusquement la tête de gauche à droite.

Karin, elle, fixait le plafond, comme un amateur qui observe longuement un tableau d'un artiste reconnu. Leur entraînement avait manqué d'entrain et les garçons avaient semblé extrêmement déçu que Toshiro n'ait pas pu venir. En même temps, ils n'avaient eu besoin de lui, car ils les avaient largement battus de quatre points. Par contre, Karin soupira. S'il était venu, elle et lui aurait pu aller rendre une petite visite à Haru ensemble. Bien sûr, elle y était allée seule, et Haru l'avait largement taquiné sur la boue lui la recouvrait. La vieille dame avait pourtant bien semblé triste en apprenant que Toshiro était en ville mais n'avait pas pu lui rendre une petite visite.

La jeune fille sourit et ferma les yeux.

Puis, dans la nuit d'un dimanche soir normal, deux cœurs battirent à l'unisson, en une parfaite synchronisation.

Cœurs d'âmes jumelles.

Puis avant de sombrer dans les bras de Morphée au même moment, leur pensée laissa un mot leur effleurer l'esprit.

Toshiro Hitsugaya.