Chapitre 2

par Tentenette

Les yeux perdus dans le ciel livide du crépuscule, Rukia revoyait défiler les événements de la nuit dernière comme dans un rêve.

Soudain, l’alerte était venue briser la quiétude des quartiers de la noblesse au Seireitei. Rukia bondit immédiatement de son futon, revêtit une veste sur son Yukata et se précipita hors de sa chambre. 

Les servantes s’étaient déjà rassemblées dans le couloir, une lanterne à la main, elles murmuraient d’un air inquiet, recroquevillées les unes contre les autres dans la pénombre.

-        Que se passe-t-il, Akie ? demanda Rukia à la plus âgée des domestiques.

-        C’est le manoir des Ouri, Rukia-sama, les gardes sont en train de fouiller les quartiers de la noblesse de fond en comble, nous ignorant ce qui se passe mais les hommes sont allés aux nouvelles.

-        Il a du se produire quelque chose de terrible, gémit Yuka, une jeune servante qui semblait à deux doigts de fondre en larme.

-        Où est mon frère ? Demanda Rukia d’un ton neutre.

-        Byakuya-sama s’est précipité dès qu’il a entendu l’alerte.

Rukia haussa les sourcils, surprise.

-        Nii-sama est parti ?

-        Oui Rukia-sama, il m’a également chargé de vous dire de ne pas quitter le manoir…

Akie n’eut jamais l’occasion de finir sa phrase, Rukia était déjà loin.

Elle ouvrit la porte de la chambre de son frère à la volée, elle constata avec surprise que son sabre et son Haori n’étaient plus à leur place.

Les domestiques envoyaient aux nouvelles leur apprirent qu’un meurtre avait été commis au manoir des Ouri, mais qu’ils ignoraient l’identité de la victime. Rukia en était choquée. En dehors de la première division, les quartiers de la noblesse était la partie la mieux protégée du Seireitei, comment cela avait-il pu arriver ? A sa connaissance, jamais pareil incident ne s’était produit depuis qu’elle faisait partie de la demeure des Kuchiki.

Une demi-heure plus tard, un papillon de l’enfer se posa sur son doigt pour l’informer qu’une réunion extraordinaire des capitaines se tiendrait à sept heures du matin, au siège de la dixième division.

Lorsqu’elle revêtit son uniforme de Shinigami et qu’elle quitta le domaine des Kuchiki, Byakuya n’était toujours pas rentré. Elle savait qu’elle aurait à répondre de sa désobéissance le soir au diner, mais elle était tellement tendue qu’elle ne pouvait imaginer rester une minute de plus dans sa chambre sans rien faire.

A son arrivée, le bureau des lieutenants était encore désert.

Rukia ouvrit la fenêtre et s’assit à une table où elle entreprit de travailler sur quelques dossiers.

La Shinigami ne pouvait le nier, le poste de lieutenant était très différent de ce qu’elle s’imaginait. Au départ, lorsqu’on lui avait annoncé la nouvelle de sa nomination, Rukia pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où elle avait été aussi heureuse, un bonheur qui devint complet lorsqu’Ukitake, accrochant l’insigne à son bras gauche, lui avait murmuré :

-        Kaien n’aurait souhaité le voir porter par personne d’autre.

L’euphorie des premiers jours essoufflée, le travail administratif s’accumulait à une telle vitesse que son rôle principal consistait à rester enfermée dans son bureau et à rédiger, lire, organiser, classer les rapports, commissions, compte-rendu et autres paperasseries qui serviraient plus tard à renflouer les archives poussiéreuses de la première division.

Le reste de ses activités se cantonner à surveiller le travail des Shinigami, superviser les entrainements, assurer la liaison avec les autres divisions et bien sûr recruter et encadrer les nouvelles recrues.

Avec un tel emploi du temps, Rukia avait tout juste le temps de s’entrainer, encore moins celui de voir ses amis.

Ce travail était certes gratifiant, il n’y avait tache plus honorable que celle d’assister et d’épauler son capitaine mais parfois, entre deux réunions, elle se prenait à rêver à son ancienne vie : Simple sous-officier, vagabondant à sa guise dans les rues de Karakura, chassant et exterminant les hollows, vivant avec ses amis du monde réel, telle une humaine…

La jeune femme sursauta, quelqu'un était entré dans la salle de réunion en baillant, le lieutenant reprit sa plume et se remit au travail.

-        Tu sais ce que font les gens normaux à sept heures du matin ? demanda une voix roque dans son dos. Elle leva les yeux au ciel.

-        Je travaille, Renji, dit-elle sans se retourner.

-        Exactement, ils ne travaillent pas, ils baillent, ils trainent la patte et ils regrettent amèrement d'avoir quitté leur lit, Ils ne sont pas courbés sur leur bureau à avancer la paperasse des six prochains mois, dit-il en lui prenant une feuille qu'elle lui arracha tout de suite des mains.

-        Je n’avance pas la paperasse des six prochains mois, un groupe d'étudiants fraichement diplômés de l'académie débarque aujourd’hui, et si je veux être disponible pour superviser leur entrainement je dois terminer de traiter ces dossiers, c'est ce qu'on appelle l'organisation, tu en as peut-être entendu parler, Fukutaisho-dono ? répliqua-t-elle avec un petit sourire suffisant.

-        Idiote ! S’énerva-t-il. Ca fait à peine un an que t'es lieutenant, lèves un peu le pied ou à ce train-là, tu ne tiendras pas un siècle...

-        Tais-toi maintenant, j'ai besoin de me concentrer.

Renji fronce les sourcils, il tira une chaise où il s'assit à califourchon. Les bras croisés sur le dossier, il détaillait son amie avec inquiétude, son visage était pal et ses traits tendus.

-        Ça va, toi? T'as une sale tête.

-        Contrairement à toi, je n’ai pas eu mon quota de sommeil.

Renji n'eut pas l'occasion de demander plus de détails car Nanao arrivait en compagnie d'Isane et de Nemu, bientôt suivit par le reste des lieutenants :

-        Qu'est-ce qui t’amènes, Madarame ? Demanda Iba en le toisant derrière ses lunettes.

-        Le capitaine n’aime pas laisser le lieutenant assister à ce genre de réunion.

-        Sauf si vous voulez qu’elle y sème une belle pagaille, conclut Yumichika.

Rangiku arriva en dernier en compagnie de son capitaine, les autres lieutenants se levèrent à l'entrée d'Hitsugaya et le saluèrent, la réunion pouvait commencer :

-        Cette nuit, débuta Hitsugaya d’un air grave, Tsubasa Ouri a été assassiné dans sa propriété au nord du Seireitei.

Un murmure de stupéfaction parcourut l'assemblée des vice-capitaines. Rukia avait l’air tout aussi surprise, jamais elle ne se serait douté que la victime était le chef de clan, comment l’assassin a-t-il pu arriver jusqu’à lui ?

-        Le commandant Yamamoto a chargé la dixième division de mener cette enquête, nous aurons besoin du soutien des autres divisions, vos capitaines m'ont assuré leur entière coopération et j'espère que vous ferez de même, je vous laisse avec Matsumoto, elle vous expliquera tout en détail.

-        Attendez capitaine Hitsugaya, intervint Renji, je ne comprends pas, d'habitude n'est-ce pas la sixième division qui se charge des enquêtes internes ?

Les autres lieutenants semblaient partager l’étonnement de Renji, ils étaient tous suspendus aux lèvres d’Hitsugaya, attendant ses explications :

-        Le commandant n'a rien dit à ce sujet et Kuchiki semblait d'accord avec cette décision, parle-en a ton capitaine, Abarai, il saura te répondre mieux que moi.

La réponse été loin d'avoir étanché la curiosité de Renji mais il n'insista pas.

-        Une dernière chose, cette affaire n'est pas une affaire ordinaire, les nobles n'apprécient pas que le Seireitei fourre le nez dans leurs affaires et c'est réciproque, notre objectif consiste uniquement à identifier le coupable et a le capturer, gardez cela en tête.

-        Oui capitaine, dirent-ils tous en cœur.

-        Ne traine pas Matsumoto.

-        Compris.

Hitsugaya quitta la salle de réunion en shunpo, laissant la parole à une Rangiku qui n'avait pas l'air très fraiche avec ses cheveux emmêlés et ses yeux entourés de cernes. Elle bailla longuement et se frotta les yeux avant d'entamer la lecture du rapport de la réunion des capitaines d’une voix trainante :

-        A l'heure actuelle un seul suspect a été identifié, il s'agit de Nadeshiko Ouri, la femme de la victime. Au moins Dix gardes présents sur les lieux cette nuit ont formellement identifié le suspect comme le meurtrier, ils l'ont retrouvé à côté du corps, son zanpakuto ainsi que ses mains et vêtements couvert de sang, une cinquantaine d'autres gardes affirment l'avoir poursuivi une bonne partie de la nuit dans le domaine jusqu'à ce qu'elle s'engouffre dans un Senkaimon à destination du monde réel. Le corps de la victime a été transporté au siège de la quatrième division où une autopsie est en cours, des échantillons de reiatsu prélevés sur le corps ont été expédié au laboratoire de la douzième division pour analyse, Kurotsushi taisho a déjà envoyé une équipe pour effectuer des prélèvements sur les lieux du crime...

-        Je ne comprends pas, la coupa soudain Isane, vous avez une cinquantaine de témoins oculaires affirmant que c'est elle la coupable, pourquoi ouvrir une enquête si on connait déjà l'identité du meurtrier ?

-        Il y a d'autres éléments à prendre en compte, intervint Kira, les témoins font tous partie de la garde des Ouri, on ne peut pas se fier complétement à leur témoignage.

-        Vous avez pu la localiser dans le monde réel ? Demanda Nanao.

-        Nous essayons actuellement de retrouver la trace du Dangai qu’elle a emprunté mais ça s’avère plus difficile que prévu, quelque chose brouille les transmissions à partir du monde réel, expliqua Nemu.

-        Bon c’est pas tout mais je dois y aller, le capitaine a dit que tous les membres de la division devront faire des heures supplémentaire, je suis épuisée rien que d’y penser, je n’ai pas dormi de la nuit et je n’ai même pas eu le temps de me coiffer...mon Dieu, regardes dans quel état sont mes cheveux, gémit Matsumoto en tentant de remettre de l'ordre dans sa chevelure.

-        Pauvre Matsumoto-san, elle n’a pas l’air dans son assiette, déclara Isane en regardant la vice-capitaine se rendre à son bureau, la mort dans l’âme.

-        En général c’est ce qui arrive quand un fainéant se met au travail, dit Nanao en pensant à Kyouraku.

-        Tsch, ça me gonfle ces réunions, j’aurais mieux fait de rester dans mon pieu, grogna Ikkaku en se dirigeant vers la sortie.

La salle de réunion se vida petit à petit et au final, il ne restait plus que Renji et Rukia.

-        Qu'est ce qui se passe, t'as pas décroché un mot ?

Rukia regarda son ami d’enfance, elle hésitait à lui confier son trouble car elle savait pertinemment qu’il ne la prendrait pas au sérieux, il aurait sans doute raison d’ailleurs car elle-même ne savait pas vraiment ce qui la dérangeait :

-        …hier soir, quand l'alarme a été déclenché dans le domaine des Ouri,  je me suis rendu dans la chambre de nii-sama et…il n'était plus là, son Zanpakuto et son Haori avaient disparu, je l'ai attendu toute la nuit, mais il n'est pas rentré.

-        C’est tout ? C’est ça qui t’inquiète? Dit Renji avant d’éclater de rire. T’es pas sérieuse, c’est un capitaine, c’est normal qu’il se soit précipité en entendant l’alerte…

-        Dans ce cas pourquoi le commandant ne lui a-t-il pas confié l’enquête ?

-        Je ne sais pas, il a peut-être voulu tester les capacités du capitaine Hitsugaya, répondit-il en haussant les épaules, ce qui sur c’est que tu t’inquiètes pour rien, j’ai vu le capitaine ce matin, il allait parfaitement bien.

Rukia sourit, comme elle s’y attendait, son ami avait complétement balayé ses doutes, mais au fond il avait raison, elle n’avait aucune raison de s’inquiéter :

-        Oui, tu as raison, ce n'est sans doute rien.

*******

 

Il régnait ce matin au quartier général de la treizième division une agitation inhabituelle. Dans la cours centrale, une vingtaine de jeunes Shinigamis s’échauffaient en attendant l’arrivée du vice-capitaine Kuchiki pour leur première revue militaire. Alors que certains pratiquaient des exercices au boken ou s’entrainaient au kido sur des cibles placées au fond de la cour, d’autres papotaient en observant leur futurs collègues pour jauger leur capacité :

Les mains sur les hanches, Megumi inspirait et expirait lentement en effectuant des rotations du bassin. A côté d’elle, Botan étirait ses bras dans des gestes pâteux, les yeux à demi-clos :

-        Sur les treize divisions du Gotei, il a fallu qu’on tombe sur celle ou on ne voit presque jamais le capitaine et où en plus le lieutenant est une femme, bougonna Botan en balayant une longue cascade de cheveux blond. Son uniforme de Shinigami n’avait pas de manches et son obi était de couleur verte assortie à ses yeux, avec un nœud qui tombé sur la hanche.

-        Maintenant je comprends pourquoi tu insistais tant pour être dans la sixième division, répondit son acolyte en levant les yeux au ciel, plus petite qu’elle, une grande paire de lunettes lui mangeait le visage et deux longues couettes brunes encadraient sa tête.

-        J’ai entendu dire que le lieutenant Abarai et le lieutenant Kuchiki était très amis, mon Dieu qu’est-ce qu’il est sexy avec tous ces tatouages…

-        Demande-lui de te les montrer la prochaine fois que tu le verras.

-        Il n’est pas dit que ça ne se produira pas, murmura la blonde d’un air conspirateur, le menton entre le pouce et l’index.

-        Euh…Botan, on se calme, c’était une blague, fit son amie en agitant sa main devant ses yeux.

-        Oh, ça va Meg, arrête un peu, après sept longues et éprouvantes années de dur labeur nous sommes enfin diplômées de l’académie, on est jeunes, belles, sexy et tout ce qu’on à faire c’est profiter de la vie.

-        Excuses-moi j’ai été largué par ton couplet sur le « dur labeur », corrige-moi si je me trompe mais tu n’as jamais pris une seule note ou fait un seule devoir durant toute ta vie et tu sais pourquoi ?

-        Tu sais bien que j’ai une écriture en pattes de mouche, répondit Botan en examinant sa manucure.

-        Parce qu’à force d’écumer chaque nuit les bars du Rukongai avec des étudiants plus âgés, t’étais tellement bourré que t’arrivais à peine à tenir ta plume…

-        Par la barbe de Yamamoto, regardes ça ! s’écria Botan en prenant le visage de Megumi entre ses mains pour la retourner.

-        Aie, qu’est-ce qui te prends ? s’écria-t-elle.

-        Kasumi-Oji Tatsuya, soupira Botan, des étoiles plein les yeux, il était dans notre classe l’année dernière et c’était le major de promotion.

-        Ah ça me reviens, dit Meg en levant les yeux au ciel, c’est le type qui t’as filé les réponses pendant l’examen écrit sur les sorts de liaisons

-        Pour une fois j’étais pas séchée mais vraiment malade…oh mon Dieu regardes, il nous fait signe de la main.

 

Megumi regarda son amie, puis le dénommé Tatsuya avant de détourner subitement le regard. Ce qu’elle vit ensuite la laissa sans voix.

Une jeune femme s’entrainait au Boken sous les yeux stupéfaits des autres Shinigamis. Son interminable chevelure rouge relevée en queue de cheval se balançait au rythme de coup de Boken rapide et puissants, tout en gardant une grâce mystérieuse. 

-        Quelle technique, elle est vraiment douée, s’extasia Megumi, les yeux ronds.

-        J’en ai entendu parler, elle s’appelle Maria Katsuragi, un vrai prodige du combat au sabre, heureusement que c’est un manche en Kido, elle a repassé ses examens finaux trois fois, expliqua-t-elle en pouffant de rire.

-        Et le pire c’est qu’elle le pense à voix haute, murmura Meg d’un air blasée.

-        J’ai entendu dire qu’elle voulait intégrer la onzième division, faut vraiment être dérangée pour avoir envie de passer ses journées entourée d’une bande d’affreux qui empeste l’alcool et la sueur…

-        Hé, rends le moi !

 

Tous les regards se tournèrent au même instant dans la même direction, un petit garçon aux cheveux bleu foncé qui portait des mitaines noires faisait face à un autre Shinigami qui mesurait bien le double de sa taille, et qui agitait au-dessus de sa tête un sabre en bois, il avait les cheveux noirs parcourus de mèches rouges :

-        Si tu le veux microbes t’as qu’à venir le chercher.

Le petit garçon se jeta sur lui et se prit un violent coup de pied qui le propulsa dans la cage à boken, s’attirant les moqueries de quelques Shinigami.

-        Dites-moi que je cauchemarde…

-        Qu’est-ce qui se passe ? demanda Megumi.

-        C’est ce taré, Hiro Kurosawa, il a failli être expulsé de l’académie pour violences et insubordination, mais certains de ces professeurs ont intercédés en sa faveur à cause de son très puissant reiatsu, pourquoi a-t-il fallut qu’on tombe dans la même division ?!

-        D’où tu tiens toutes ses informations ? Interrogea Meg d’un air effarée, maintenant je comprends pourquoi t’as autant de mal à retenir tes incantations de Kido.

-        Rends-lui son sabre.

Un silence de mort s’était emparé de la cour. Maria Katsuragi, la main gauche posée sur la garde de son sabre toisait Hiro Kurosawa, la posture altière, le visage impassible. Hiro fronça les sourcils devant le ton autoritaire de la jeune femme, mais il troqua bien vite son air sérieux contre un sourire carnassier en apercevant la jeune femme.

-        Sinon quoi ?

Maria plissa les yeux.

-        Je préfère éviter d’avoir recours à la violence, rends-lui son sabre et on n’en parle plus.

-        Moi tu vois c’est exactement le contraire, la violence ça m’excite, répliqua-t-il en se rapprochant d’elle, mais ça me générait d’abimer un si jolie visage, on peut faire ça en douceur si tu…aaaaah !!!

Sans crier gare, le petit garçon bondit sur son dos :

-        Sale morveux, il m’a mis son doigt dans l’œil, attends que je te chope tu….

Une bouraque glacé souffla fort sur la cours, propulsant Hiro et l’enfant contre le mur du fond où ils s’écrasèrent.

-        La première chose que vous apprendre à la treizième division, c’est qu’il est interdit de se battre pour quelque motif que ce soit,  garder votre hargne pour la salle d’entrainement sinon, je vous conseille fortement de modérer vos ardeurs, compris ?

 

Ils continuaient à se regarder comme des chiens de faïence.

-        Oui, marmonnèrent-ils à contre cœur.

-        Oui, qui ?

-        …Oui, Lieutenant Kuchiki.

Satisfaite, Rukia se tourna vers le reste des nouvelles recrues.

-        Mettez-vous en rang, la revue va commencer.

-        Oui, vice-capitaine.

En ouvrant son registre, Rukia avait du mal à réprimer un sourire, elle était plutôt fière de la manière dont elle avait maitrisé la situation, finalement ce n’était pas aussi difficile que cette imbécile de Renji lui avait raconté, si seulement il pouvait la voir à l’œuvre, ça lui en boucherait un coin :

-      Akihabara,

-      Présent !

-      Asahi…

-      …. ATTENTION !!!

Une gigantesque boule de feu sema la panique dans les rangs et poursuivit sa course jusqu’au jardin de la division.

-        Y’a le feu ! s’écria Botan en pointant les arbres incendiés du doigt.

Sans hésiter, Tatsuya bondit vers la source du brasier et exécuta un sort d’eau qui réussit à  éteindre les flemmes.

-        Ca y est, je suis amoureuse, soupira Botan en admirant Tetsuya qui se faisait féliciter par ses amis.

-        Qui a fait ça ? Interrogea Rukia d’un ton dur.

Les nouveaux se regardaient les uns les autres  d’un air interrogateur, lorsqu’une main hésitante sortit du lot. Un petit blond très maigre aux cheveux en bataille avança, l’air penaud.

-        C’est ma faute, j’ai éternué et…c’est parti tout seul, ça m’arrive quand je suis un peu nerveux, dit-il en se grattant le sommet du crâne.

Tous les autres éclatèrent de rire.

-        Quel boulet ! s’exclama Botan d’un air blasé.

Rukia soupire, elle commençait à croire que Renji n’avait pas totalement tort.