3

par Gossip Coco

Chapitre  3

 

Le sang jaillit comme une fontaine de jouvence. Mais là, c'était pour mourir. Mettre fin à toute sa souffrance, celle d'être séparé de la seule personne qui comptait à ses yeux et qui était mort.  Mais ce sang avait beau déserté son corps, il ne sentait pas la mort, cette délivrance, s'emparer de son âme.

"Mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné?" Murmura Yumichika, les larmes ruisselant sur ses joues pâles.

 

"Ce ne sont que des souvenirs. Se répétait Yumichika. Que des souvenirs."

Depuis qu'il était captif, il passait d'un état semi inconscient où s'entremêlaient des souvenirs d'avant la Soul Society et ce qu'il avait vécu avec Ikkaku quand ils étaient entrés dans la Onzième Division à un état de détresse où ses sens étaient en alerte. Etrangement, les moments vécues à la Soul Society lui semblaient de plus en plus irréels, comme si il s'agissait de séquences d'un film où il n'aurait été qu'un simple spectateur regardant une personne lui ressemblant vivre sa vie. Et ce qu'il n'aurait jamais imaginé se produisait : il souhaitait être sauvé, que quelqu'un vienne le délivrer. Il en avait honte. Ce n'était pas vraiment dans les principes de sa Division. Peut être parce qu'au fond, tant qu'à mourir, il voulait autant que ce soit durant un combat, de manière voyante, pas de cette façon, lentement, dans un cachot sombre et sale, dans le plus complet anonymat, comme un criminel.

 

Muraki se délectait à la vue de son prisonnier. Il allait enfin réaliser son souhait le plus cher : ramener son demi-frère Saki grâce au corps de ce shinigami afin d'avoir le plaisir de le tuer lui-même. Et aussi en profiter peut être acquérir l'immortalité.

Il retourna dans son laboratoire et contempla une immense cuve de verre dans lequel, la tête décapitée de Saki reliée à divers tubes trônait, pitoyable.

"Tu vois, Saki, j'ai trouvé un nouveau Tsuzuki. Puisque je ne peux pas obtenir le modèle, j'aurai l'original."

Puis il éclata d'un rire malfaisant. Son propre sens de l'humour le surprenait.

"Et puis, reprit-il, Tsuzuki viendra ici, délivrer ce shinigami. Alors..."

Des souvenirs lui revinrent : comment, durant trois longues années, il avait séquestré Hisoka Kurosaki, qu'il l'avait torturé. Finalement, il avait eu une chance inestimable que ce garçon le surprenne pendant qu'il tuait froidement cette fille dont il avait oublié jusqu'au visage. Hisoka avait été un délicieux jouet. Mais son préféré restait Tsuzuki. Il aimait le voir tout tourmenté de remords et de regrets. Remord de provoquer autant de mort autours de lui et regret d'être incapable de les sauver. C'était pourquoi il prenait toujours un malin plaisir à tuer ses victimes sous ses yeux glacés d'horreur et d'impuissance. Puis, sans raison, un sentiment de colère s'empara de lui.

"Un jour, j'aurai votre puissance, shinigamis!" Marmonna t-il sur un ton de rage.

 

Le silence était retombé dans les bureaux de l'Enma-Cho. Tsuzuki avait entrepris des recherches dans les archives afin de déterminer les endroits probables où pouvaient se trouver Muraki et son prisonnier. Deux étranges créatures entrèrent dans les bureaux. Ils ressemblaient à des hiboux en peluches suivis d'Hisoka.

"Je vous présente les Gushoshin, des dieux jumeaux qui enregistrent les bonnes et les mauvaises actions des êtres humains. Ils bossent comme bibliothécaires et classent les gens dans les catégories « mort » ou « vivant » .

-Bonjour messieurs de la Soul Society, fit celui au un bonnet bleu. Tsuzuki, j'ai fait divers retranchements concernant Muraki, son ancêtre et Ayasegawa-san. Nous en sommes venu à la conclusion que Muraki se cache quelque part dans les environs de Kobe.

-Qu'est-ce qu'on attend pour y aller?" S'impatienta Ikkaku.

Tsuzuki et Hisoka se consultèrent du regard et baissèrent la tête en signe d'acquiescement.

 

"Vous ne possédez pas de Zanpakutô? Interrogea Renji, dans le train qui les menait à Kobe.

-Non, répondit Tsuzuki. Nous possédons chacun un "don" particulier. En ce qui me concerne, je contrôle en général un démon.

-C'est du kidou?

-Euh... Pas vraiment. Chaque shinigami du Juo Cho possède des pouvoirs différents. C'est assez compliqué à expliquer. Mon collègue Hisoka a la capacité de lire dans les pensées et de ressentir les sentiments. Quant à moi, j'invoque, en général, des démons de l'Enfer, comme Tôda, le Dragon de Flammes.

-Je me rappelle la première fois que tu l'as utilisé contre Muraki, soupira Hisoka. Watari et Tatsumi étaient terrifiés. Ils ne voulaient pas me laisser t'approcher.

-Vous avez déjà combattu Muraki? Demanda Ikkaku. Il est fort?

-Il a survécu aux flammes de Tôda, ce qui est, pour un humain, même ayant des pouvoirs, quasiment impossible.

-Comment saviez-vous qu'il est encore vivant?"

Sans mot dire, Hisoka enleva le tee-shirt qu'il portait et se tourna. Un immense idéogramme rouge sang était gravé dans sa chair.

"C'est le sort qu'il m'a jeté quand j'étais vivant. Il ne disparaîtra que lorsqu'il mourra. Cette marque signifie que j'ai été, et que je suis encore sa proie.

-Pourquoi fait-il cela?"

Hisoka et Tsuzuki se consultèrent du regard.

"Eh, bien..."

 

"Oriya, j'ai bientôt retrouvé la totalité de mes pouvoirs. Et une agréable surprise m'attend. Tsuzuki-san arrive. Et il n'est pas seul. Mon petit Hisoka et deux autres shinigamis de la Soul Society vont arriver. Je sens que cela va devenir intéressant."

Ledit Oriya évita le regard glacé de Muraki avant de demander :

"Alors, tu vas les combattre à nouveau?

-Je pense. Mais avant, il y une chose que je vais te demander.

-Les ralentir?

-Oui. Hisoka est peut être doué au combat au sabre, mais les trois autres qui les accompagnent sont des guerriers, d'après ce que je sais des shinigamis de la Soul Society. Cela te sortira de ton ennui.

-Peut être. Tu vas vraiment le ramener à la vie? S'enquit-il, faisant allusion à Saki.

-Oui.

-Ce shinigami que tu détiens, c'est un appât, n'est-ce pas?

-Non, j'étais curieux de savoir comment sont fait ces êtres. Leurs capacités. Malheureusement, je suis limité. Pour en savoir plus, il faudrait qu'il se serve de son Zanpakûto et cela, j'aimerai l'éviter, vois-tu.

-Oui, en effet."

Le silence s'installa entre eux.

"A chaque fois que je te vois, c'est lorsque tu fais des choses étranges. Reprit Oriya. Mais c'est la première fois que tu me parles de tes intentions. Pourquoi?

-Je ne sais pas, sourit durement Muraki. Sans doute..."

Il n'acheva pas sa phrase ; il fronça les sourcils avant de chercher quelque chose dans la poche de son manteau. Il en sortit une carte.

"J’allais oublier cela. Il s'agit des notes de mon aïeul sur le shinigami que je détiens. Quand tu verras ses compagnons, retiens-les avec ceci. Bien, je retourne au laboratoire."

Oriya soupira. Même si il désapprouvait ce que faisait Muraki, il comprenait ses motivations. Après tout, il avait été le serviteur qui avait tué Saki, il y a de cela si longtemps.

 

"Je pense que c'est ici."

Ikkaku allait foncer si Hisoka ne l'avait retenu par le bras.

"Minute. On va être occupé un petit moment, avant d'entrer.

-Comment?"

Il remarqua alors des sortes de lions enflammés qui les menaçaient.

"C'est du Muraki, ça.

-En effet."

Ils sursautèrent. Muraki en personne se tenait devant eux. Son oeil droit brillait.

"Bien le bonjour, Tsuzuki-san. C'est un plaisir de vous revoir.

-Où est Yumichika? S'énerva Iba-san.

-Je vois que la Soul Society m'a envoyé trois Shinigamis. C'est agréable d'être sollicité.

-Trêve de bavardage! Où est Yumichika?

-Vous devez être Madarame Ikkaku. Eh, ben votre ami est dans la cave. Je pense que vous pas être ravi de le retrouver dans cet état."

Muraki disparut. Les lions enflammés se jetèrent sur eux.