J - 7

par Mikahdo

Chapitre 1 : J - 7

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- Et un de moins ! S’écria le roux.

Le shinigami remplaçant retomba silencieusement sur l’un des immeubles de la ville de Karakura, et rangea délicatement son zanpaktô dans son dos. Il sauta de toit en toit en direction de sa maison, son reflet se dessinant dans le sombre ciel étoilé. La brise était particulièrement fraiche ce qui était en contradiction avec le temps ensoleillé qui s’était largement imposé ces derniers jours. Plongé ses pensées, il appréhendait de rentrer chez lui depuis les évènements de ce matin.

En effet, cette journée avait été particulièrement étrange pour le jeune homme. Sa « colocataire », Kuchiki Rukia, avait eu un comportement très bizarre aujourd’hui. En classe, elle n’avait adressé la parole à personne, elle se contentait juste de répondre brièvement aux questions qu’on lui posait. Elle paraissait ailleurs. Il avait tenté mainte et mainte fois de la mettre en colère, mais celle-ci se contentait de sourire ou de l’ignorer. Cela avait été un choc pour Ichigo, et pourtant, lorsqu’on lui demandait si elle allait bien, elle ne répondait qu’avec un hochement positif de tête, et un joli sourire. Surement une façade.

Après avoir pénétré dans l’entrebâillement de sa fenêtre, le shinigami remplaçant chercha des yeux la présence féminine qui devait être dans sa chambre. Mais il ne vit rien. Il se dit alors qu’elle devait se trouver dans le placard entrain de pianoter son téléphone ou tout simplement dormir, mais celui-ci était vide.

- Rukia ? Appela-t-il.

Il commença à fouiller dans des endroits improbables comme-ci celle-ci serait d’humeur à jouer à cache-cache, mais il ne trouva que Kon roulé en boule dans ses pattes, en pleure.

- Kon ? Qu’est-ce que tu fiches sous le lit ?! Demanda-t-il en essayant d’attraper la peluche.

- IchiIchigwo… Dit la petite peluche en tentant d’articuler quelque chose.

- Sors de la, répondit-il en attrapant une patte pour l’extirper de là dessous. Où est Rukia ?

- I…Ichigo…Snif…Ichigo, répéta-t-il sans cesse.

- Mais qu’est- ce qu’il y a bordel ! Parle ! S’écria le rouquin impatient.

- Rukia est parti !

Cette annonce eut un effet d’échos dans les oreilles du shinigami. Il n’avait pas assemblé le peu de mots qui étaient sortis de la bouche de Kon mais il savait que ce n’était pas une bonne nouvelle. Il sera plus fort sa poigne en dessous des pattes de la peluche et fronça les sourcils.

- T’as dit quoi ?! S’égosilla-t-il presque.

Kon était comme pris de peur car c’est la première fois qu’il voyait Ichigo l’air aussi menaçant envers lui. Il tremblait, mais décida de répéter pour que l’information monte bien dans son cerveau.

- RUKIA EST PARTI POUR TOUJOURS !!

Le lion sentit son corps léviter pour enfin rencontrer le sol. Il se leva difficilement et regarda le roux. Ichigo avait le regard vide, et était immobile. Il fixait l’endroit même où Kon était positionné, les bras encore levés à la hauteur de son visage.

- Ichigo ?

Celui-ci se leva d’un seul coup et courra en direction de sa fenêtre. Il s’apprêtait à sauter lorsque Kon l’interpella.

- Ichigo !!! Attends !!

Il se retourna et vit que la peluche lui montrait son propre corps du doigt. Mais en regardant plus précisément, il s’aperçut qu’un petit bout de papier se trouvait dans l’une de ses mains. Il sauta de l’entrebâillement de la fenêtre et prit l’édit feuille entre ses mains. Il la dépliât délicatement, et découvrit sans surprise qu’il était de Rukia. C’était court, simple, nette et précis. Quelques petits mots de rien du tout qui vous amènent le tourment. Il lâcha la feuille et partit comme si de rien était là où il avait prévu de se rendre, sous les appels incessant du petit animal.

                        *

-Tu t’es enfin décidée à rentrer… Rukia.

La petite brune se tenait poliment à l’entrée de la salle à manger de son manoir. Vêtu de son shihakushou, elle s’avançât prêt de la table à manger et prit place à la droite de son frère.

- Oui, Nii-sama, répondit-elle.

- Je n’ai pas douté une seule seconde que tu reviendrais. C’était juste une question de temps… Affirma-t-il en commençant à manger.

Rukia baissa la tête et fixa son plat avec intensité.

- Comment a-t-il réagis ? Questionna le brun, ne jetant même pas un coup d’œil à Rukia.

Celle-ci ratât violemment un battement de cœur. Sa gorge se noua tandis qu’elle repensa à la manière dont elle s’était enfuie. Il devait lui en vouloir, mais c’était son destin. Elle tenta de respirer calmement pour calmer l’instabilité de son organe vital, son succès. Byakuya, voyant que la brune ne répondait toujours pas à sa question, jeta un rapide coup d’œil pour en connaitre la raison. Il vit qu’elle semblait un peu tourmentée, que son teint était terne sans éclat et que sous ses yeux se trouvait de sombres poches. Quelle allure déplorable…

- Les mots ne suffisent souvent pas pour ce genre d’individu… Déclara-t-il, devinant ce qu’elle avait dû surement faire. Tu as mauvaise mine. Essaye d’y remédier pour le jour J.

Après cela, ce fut le silence complet. Rukia avait à peine touché à sa nourriture, et décida donc d’y couper court en demandant au préalable respectueusement l’autorisation à son frère. Celui –ci accepta exceptionnellement, car ce n’est pas dans ses habitudes de laisser quiconque à sa tablée, la quitter de la sorte. Elle déambula dans les nombreux couloirs de sa maisonnée jusqu’à atteindre sa chambre. Elle glissa la porte et la referma avant de se jeter sur son confortable futon. Elle se tortilla dans ses couvertures avant de pousser un cri dans son cousin qui ne fut audible que par les meubles présent dans la pièce. Etre une noble impliquait certes des devoirs stricts et obligatoires, mais cela fait toujours mal d’être confronté à des choses qu’on ne désire pas et qu’on ne peut éviter. Elle repensa à tous ses amis qu’elle ne reverrait plus car en tant que femme mariée, son devoir sera d’être le plus souvent présent à la maison lorsqu’elle ne sera pas en mission.

Inoue, Ishida, Chad… ses chères amis…

Dès qu’elle en aurait l’occasion, elle demanderait une autorisation exceptionnelle à Byakuya pour qu’ils puissent assister à la cérémonie. Et Ichigo… Bien… Lui pardonnera-t-il pour son comportement ? Elle ne le connaissait que trop bien. Si elle avait annoncé que son destin était déjà scellé dans les bras d’un homme qu’elle appréciait mais qu’elle n’aimait pas, il aurait tout fait pour défier sa famille, se battre contre les coutumes des nobles et leurs idéologies. Cela était donc inconcevable : la honte des honorables familles envers la tienne, le mépris et la colère du meneur du clan Kuchiki qui s’abattrait sur elle…

Toutes ces pensées l’avait fait oublié l’idée de trouver une faille à ce plan mit en place pour elle. Rukia se tourna une énième fois dans son futon avant de se lever, et de regarder par la fenêtre. La vue qu’elle avait sur le Seireitei lui donnait envie de fuir pour pouvoir voler de toit en toit, tout en se libérant l’esprit pour faire le vide de ses pensées. Tout ça la rongeait de l’intérieur et pompait sa joie de vivre par la même occasion. Elle aurait aimé en parler à quelqu’un mais personne ne la comprenait. « Suis ce que tu crois être le bon chemin Rukia ! », « fais en qu’à ta tête ! » : c’était si facile à dire que cela la choquait presque. Malgré tout, elle décida de se dégourdir les jambes à l’extérieur dans les quartiers d’une certaine petite brune, qui allait surement trouver les mots justes pour la réconforter…

                          *

  Rukia s’introduit dans les appartements de la cinquième division à temps record grâce à son shunpo, et s’introduit dans la chambre à pas de velours. Assise les jambes croisées près de la petite brune qui dormait, elle s’écria soudainement :

- Hinamori-fukutaicho !

- AAH !!! QU’EST-CE QU’IL Y A !!?? JE NE DORMAIS PAS JE VOUS LE JURE !!! OUI JE SUIS PR-

- Arrête de crier ! Murmura fortement Rukia en lui mettant une main sur la bouche.

Momo fixa Rukia pendant plusieurs secondes en ne comprenant pas tout de suite ce qui se passait. Lorsque toutes les informations montèrent dans son cerveau endormi, elle s’apprêtait répondre à cette pure provocation nocturne, mais la main de la shinigami l’en empêchait.

- Tu ne crieras pas ? Questionna la brune en voyant son amie se débattre.

- Mmfhfm… Dit-elle en hochant la tête.

Rukia retira sa main mais se prit un cousin en plein visage.

- T’es cinglée de venir comme ça dans ma chambre ! Et où t’étais d’abord ! Ca fait une semaine que je te cherche ! Le monde réel est super on a compris mais ce n’est pas une raison ! Il nous reste sept jours pour tout préparer ! C’est quoi cette mine désastreuse ! Toi et Ichigo ne dormiez pas la nuit ou quoi ?! S’exclama-t-elle.

- Momo calme toi, susurra la shinigami un peu sonnée.

- Pfff ! T’es plus pale que d’habitude et on dirait que t’as perdu du poids ! Tu veux flotter dans ton kimono c’est ça ! Ca fait justement une semaine que tu l’as reçu ! Et puis ! Et puis rooh tu m’énerves ! Finit-elle en soupirant longuement.

- Momo…

- Qu’est-ce qu’il y a Rukia ? Demanda-t-elle d’une voix exaspérée avant de se lever pour s’étirer.

- Je… Je n’ai pas réussi à lui dire… Avoua la noble un léger sourire flânant sur ses lèvres.

Son amie fut tout d’abord surprise puis délicatement, elle s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. Elle passa sa main dans les cheveux noire ses cheveux ébènes et caressa son dos en faisait de petits cercles à l’aide de ses doigts.

- Rukia… Tu sais que tu viens de te mettre dans une merde pas possible ? Dit la lieutenante ironiquement.

Rukia hocha la tête en signe d’approbation avant d’enfouir une nouvelle fois sa tête dans les bras d’Hinamori.

- Bien. Si tu es consciente de ça… C’est un bon début.

Elle fit allonger la petite shinigami dans son lit et se coucha près d’elle. Depuis l’annonce de son mariage, Rukia passait la plus part de ses nuits dans les quartiers de la cinquième division, avant de repartir dans la tienne tôt le matin. Puis il y a eu ce lapse de temps où l’odeur et le reiatsu apaisant du rouquin remplaçait la chaleur des couvertures de Momo. Aujourd’hui, elle n’entendait plus cette lente respiration qui la berçait avant qu’elle ne trouve le sommeil. Ce visage si innocent qu’elle avait l’habitude d’observer avant d’être emporté dans les bras de Morphée. Elle soupira une énième fois avant de fermer les yeux. Cette fatigue devait être éradiquée dans les sept jours  qui viennent exactement.

*                 *                *

- URAHARA-SAN ! JE SAIS QUE VOUS ETES LA !! OUVREZ MOII ! S’égosilla Ichigo en frappant de violents coups sur la porte.

Il s’arrêta juste le temps d’entendre des chuchotements à l’intérieur.

- URURU JINTA ! OUVREZ-MOI !!! QU’EST-CE QUI VOUS PREND DE ME FERMER LA PORTE A MOI !! URAHA-

- Yoii Ichigo ! Autant de boucan en cette nuit tardive ? S’exclama le propriétaire du magasin en ouvrant la porte.

- Urahara-san !! Je n’ai pas le temps de parler ! Il faut que je me rende à la Soul Society ! Répondit-il en passant près du blond.

- Comment comptes-tu t’y rendre ? Demanda-t-il en voyant le rouquin s’inviter lui-même à entrer.

- Bah ouvre-moi une porte Senkaimon !! S’exclama-t-il impatient.

- C’est impossible.

Le sang d’Ichigo ne fit qu’un tour : il s’avança rudement vers Urahara et agrippa son long gilet vert kaki d’une main.

-  Je n’ai pas le temps de rire ! Il faut que j’y aille maintenant donc aide-moi !

- C’est bien ce que je te disais. C’est impossible. Toutes les portes menant à la Soul Society sont bloquées de l’intérieur, expliqua celui-ci.

- C-comment est-ce possible ? Mais qu’est ce qui se passe là-bas !! Hurla Ichigo en se passant les mains sur le crane.

- Hum ? Fit Kisuke le regard très surpris. Tu n’es pas au courant ?

- Au courant de quoi ?! Tout ce que je sais c’est que Rukia est rentrée à la Soul Society sans me donner d’explication valable ! Elle m’a juste dit qu’elle partait et qu’elle était désolée ! C’est quoi encore ce bordel ! Elle a encore des problèmes avec son frère c’est ça ?!

- Enfin… Ce n’est pas tout à fait ça…

- Tu es au courant ?! S’égosilla-t-il en faisant les yeux ronds.

- De quoi ?

- URAHARA-SAN !!

- Eh bien… Euh… Kuchiki-san va…

- Se marier Ichigo, finit une voix dans l’entrebâillement de la porte.

- Oh ! Yoruichi ! Que fais-tu ici ? Questionna Kisuke.

- Je suis venue parce que je savais qu’il serait la… Ça va ? Ichigo ? Interrogeât la jeune femme en mettant une main sur l’épaule du shinigami.

- Se marier… Souffla-t-il en se laissant glisser sur le sol.

Ses yeux étaient presque inertes et les battements de son cœur s’étaient considérablement ralentis. Il soupira un grand coup et regarda ses deux amis qui semblaient totalement impuissant face à la situation dans laquelle il avait appris le « drame ».

- Pourquoi elle ne m’a rien dit ? Murmura-t-il.

- C’est un mariage arrangé, Ichigo. Ce n’est pas comme si c’était l’amour fou, déclara Yoruichi en s’appuyant sur l’un des murs. Ca a toujours été comme ça chez les nobles.

- MAIS POURQUOI ELLE NE M’A RIEN DIT !!

- Surement parce que tu réagirais comme ça, expliqua Urahara en cachant son visage derrière son éventai.  Est-ce un amour secret mais passionnel entre vous deux ? Vous n’oserez pas me dire que vous nous avez cach-

- JE NE SUIS PAS AMOUREUX D’ELLE ! Mais… Pourquoi elle s’en va comme ça ! Elle pense que je vais lui dire adieu, du jour au lendemain, sous prétexte que madame a un fiancé ?!

- A la base elle ne voulait pas se marier. Mais après mure réflexion, pour l’honneur de la famille Kuchiki, elle devait le faire voilà tout. Nous te connaissons très bien Ichigo. Si elle n’était pas d’accord pour cet arrangement tu aurais tout fait pour l’en empêcher. Ils sont jusqu’à aller bloquer les portes pour t’empêcher de te rendre à la Soul Society, ajouta Yoruichi.

- Je ne peux pas la laisser faire ça ! C’est Rukia ! Elle ne peut pas se marier maintenant… Comme ça… Avec quelqu’un qu’elle n’aime même pas ! Elle sera malheureuse toute sa vie parce que sa famille veut lier deux familles aisés !

- On s’attendait déjà à ce que tu cris dans tous les sens en cette heure tardive, répliqua Urahara. J’ai déjà commencé à ouvrir une porte mais elle ne sera pas finalisée avant plusieurs jours à cause du blocage de la Soul Society.

- Ichigo, si nous te laissons aller c’est pour une seule et unique chose : l’influencer. Si elle accepte de se marier, tu n’auras plus ton mot à dire. Si elle décide de rompre la demande de mariage, prépare toi à de lourdes représailles…

- Yoruichi-san… Rien ne me fait peur.

- Que c’est beau l’amour ! S’exclama l’homme au bob.

- Tss… Le mariage a lieu quand ? Demanda le rouquin.

- Dans une semaine exactement ! Ah ! Je t’avais dit qu’on n’était pas invité Yoruichi-san… Je suis si triste ! Dit le propriétaire en faisant mine de pleurer.

- Parle pour toi Kisuke… Je suis invitée moi.

- QUOI ?! Pourquoi ça !

- Je suis une noble. Toutes les familles de noble sont conviées au mariage. Néanmoins, ils ont stipulés spécialement dans mon invitation qu’aucune chose « rousse » ne devait me suivre le jour J. Et que par malheur si c’était le cas, on refuserait mon entrée à la Soul Society. J’adore les mariages, surtout la nourriture, donc essaye d’ouvrir rapidement les portes pour que je ne sois pas mêlée avec les plans d’Ichigo, expliqua-t-elle simplement.

- Ce sera prêt dans quatre ou peut être cinq voir six jour… Ou plus.

- NE TE FOU PAS DE MOI ! ET SI TU REUSSIS A L’OUVRIR APRES LE MARIAGE !

- Eh bien Ichigo, je te souhaite d’avoir beaucoup de petites nièces et de petits neveux qui viendront acheter des bonbons dans ma boutique !

- Abruti…

- Bien ! Assez de bavardages ! Plus de travaille Kisuke !

- Au faite Yoruichi-san… Qui est son futur mari ?