Les fauteurs de trouble

par Edël

«  Serais-tu aussi chaste que la glace et aussi pure que la neige, tu n'échapperais pas à la calomnie. »

de William Shakespeare


Chapitre 3 : Les fauteurs de trouble


Karin n'avait jamais eu aussi froid. Aussi transperçant qu'une épée, il lui engourdissait le corps l'empêchant de réfléchir. Son cerveau était bloqué sur une seule chose, un constat terrible. Toshiro avait un Buki. Toshiro était un Buki. Son œil gravé du sceau des Aizen en était la preuve, une preuve indiscutable. Grantz regardait le Black Raven, les yeux écarquillés, l'air perdus.

-C'est quoi cet œil ? Hurla-t-il, pensant qu'un de ses sous-fifres lui répondrait.

Malheureusement, ils étaient tous évanouis, allongés sur le sol, à la merci de la brume gelé. Ce fus donc Toshiro qui lui répondit.

-Rien de plus qu'une force.

Grantz tira de nouveau, mais les balles gelèrent instantanément et tombèrent par terre, en petites statues de glace. Il déglutit, et tira de nouveau. Ses projectiles subirent le même sort. Nerveux, il inspira profondément.

-Mais c'est une blague, fit-il, c'est impossible !

Karin avait elle aussi fait le rapprochement. L’œil de Toshiro avait un nom, bien connus parmi la Mafia.

-Mais c'est le Menokori, l’œil de glace ! On dit que ce Buki peut contrôler la glace et la neige, et peut faire baisser la température jusqu'au zéros absolu ! Mais comment une telle force a-t-elle pus se retrouver dans l’œil d'un gamin ?

Il hurlait presque de peur, tandis que Toshiro s’avançait lentement. Le pistolet gela dans les mains de Szayel, qui recula jusqu'au mur, transi de froid et de terreur. Le jeune Black Raven, lui, continuait d'avancer, l'air indifférent. Karin haletait, son souffle se transformant en vapeur à peine sortit de sa bouche.

-Maintenant que je sais que vous n'avez aucun lien avec les Buki et les Aizen, ce travail n'a plus aucun intérêt pour moi.

Szayel, avec un regard de bête traquée, cherchait manifestement à gagner du temps. Il chercha des yeux une échappatoire, mais rien ne se présenta à lui. Il fixa donc Toshiro, qui avançais lentement vers lui. Ses yeux se posèrent alors sur une étrange marque, sur l'épaule du jeune homme. Un n°003 renversé, tatoué sous sa clavicule.

-C'est … la marque d'un Buki au numéro renversé, murmura-t-il pour lui même. Pourquoi a-t-il une telle marque ?

Toshiro avançait toujours, il était maintenant si près de Szayel que celui-ci pouvait le toucher en levant le bras. Geste qu'il ne fit pas. Il se contenta de hurler de nouveau.

-Espèce de fumier ! Tu n'est qu'un instrument, sans cœur ni âme !

Karin vit distinctement le sourire polaire de Toshiro, et la température de la pièce tomba de quelques degrés. Elle se retint de gémir. Ce froid était presque insupportable.

-Exactement, fit-il d'une voix calme, je ne suis rien de plus qu'une force. Je suis juste une lame.

Un pic de glace jaillis brusquement du sol, transperçant le ventre de Grantz. Le corps resta là, empalé à la stalagmite scintillante. Le sang du Grantz commençais à couler le long de la glace, comme de minuscules rivières tranchant le blanc du pic. Elle ne parvenait pas à ôter ses yeux du spectacle macabre. La voix impassible de Toshira la sortie de ses pensées.

-Szayel Apporo Grantz, chef de la famille Grantz de la Mafia de l'Est, aussi appelée Mafia Noire, conformément à l'avis de jugement, et en qualité de quatrième bourreau, je vais exécuter votre sentence.


Karin grelottait. Le froid qu'elle ressentait ne venait pas de la brume de Toshiro, mais de la peur qu'elle avait eus. Maintenant que Grantz était mort, sa famille ne risquait plus rien. Elle n'avais donc plus rien à faire dans ce secteur de la ville, qui n'appartenait pas à son clan. Évidemment, dès qu'elle arriverait chez elle, elle enverrait des hommes pour encerclé le quartier, et en déloger tous les Grantz restant. Le quartier ferait désormais partis du territoire des Kurosaki. Elle ne pourrait empêcher son frère et sa sœur d'être inquiets, et de vouloir la protéger encore plus. Son frère réglerait tous les problèmes auquel elle refusaient de penser. Assise sur un perron, les bras autours des genoux, Karin regardait fixement Toshiro. Le jeune homme avait fait disparaître la marque de son œil, rengainé son épée, mais elle s'en méfiait toujours.

-Dis moi, Toshiro, commença-t-elle.

Il se tourna vers elle, et planta son regard dans le sien.

-Pourquoi m'as-tu aidée ? J’appartiens pourtant à la Mafia.

-Ton nom ne figurait pas sur mon avis de jugement.

Elle hausse les sourcils.

-C'est la seule raison ?

-Oui, fit-il, catégorique.

Karin éclata de rire, et le garçon pencha la tête sur le côté. Elle n'arrivait plus à s'arrêter, elle évacuait la pression accumulée lors du combat.

-Je vois ! Tu ne fais vraiment que ce qui est écrit dans les avis !

Elle soupira, redevenant sérieuse.

-Il subsiste encore de nombreux problème ici, mais tu vas partir sans rien faire, n'est-ce pas ?

Une étrange lueur apparus dans les yeux si bleus du Black Raven. Il répondit d'un voix basse et douce.

-Je suis simplement venus exécuter une sentence. Le reste ne me concerna pas.

Karin déplia les jambes, et les étendis au maximum. Elle savait qu'il allait répondre quelque chose dans ce genre là. Elle se leva, et s'éloigna de quelques pas.

-Il ne dépend que des gens de cette ville de tomber du bon ou du mauvais côté, continua Toshiro.

Karin le contempla, surprise. Elle ne s'attendait pas à cela. Un souvenir remonta en surface.

- « Il faut soi-même se frayer son propre chemin », hein ? Je m'en souviendrais.

Toshiro sourit, et se détourna. Il s'engagea dans la rue. Karin partit à son tour, dans la direction opposée.

-Merci, dit Karin.

-Tu n'a aucune raison de me remercier, répondit-il.

Elle commença à marcher, en pensant à la multitude de choses à faire qui l'attendait de retours chez elle. Elle gagnerait un nouveau territoire. Karin espérait surtout que son frère n'ai pas déjà envoyer des hommes à sa recherche. Elle partit donc vers sa maison, vers son frère, sa sœur, son « chez-soi ». Les paroles de Toshiro restèrent gravées dans sa mémoire.

-Bonne chance pour la suite. Et fait attention a ne pas te retrouver dans le collimateur des Black Raven.

…...................................................

-Vous avez entendus ça ? Il paraît que Grantz s'est fait assassiner.

-Les Black Raven on encore frappés …

Les bars encore ouverts à cette heure de la soirée bruissaient des rumeurs et des ragots. La suppression du chef de la Famille Grantz par les agents du gouvernement faisait du bruit. Les gens ne savaient pas quoi penser, après tout, la Mafia jouait un rôle important dans la vie sociale du pays. Malgré cela, une paix toute relative s'était installé à Saicho, dans le quartier de Kurai, et le territoire de la Famille Grantz avait été annexé à celui des Kurosaki. L'incident s'était tassé, mais pas les rumeurs.

-J'aimerais bien savoir à quoi ils ressemblent, soupira un homme, un ver d'alcool à la main.

-Une chose est sur, ces types ne sont pas normaux, renchérit son voisin.

Toshiro les dépassa sans prêter attention à leur discussion. Ils en auraient oublier la majeur partie le lendemain, de toute façon. Il s’introduisit dans une ruelle, et descendis des escaliers. Il n'avait pas un si mauvais sens de l'orientation, mais ces villes étaient de véritables dédales. Il préférait marcher sur les toits, il avait alors une vue d'ensemble, mais il était obligé d'être discret. Là, debout devant un grand grillage, se tenait un homme. Toshiro devina le pistolet sous sa veste, et décida de régler ça au plus vite.

-Pourquoi les planques de la Mafia sont-elles si dures à trouver ?

-Ce n'est pas un endroit pour les gamins, ici, répliqua le garde sans chercher à comprendre. Aller, vas-t-en.

Toshiro fronça les sourcils.

-Tait-toi.

L'homme ouvrit grand les yeux, éberlué. Comment un gosse pouvait-il lui parler ainsi ? Il posa la main sur son pistolet, et s’apprêtât à répondre. Le garçon aux cheveux de neige leva sur lui des yeux gelés, et l'homme cessa de respirer. Il regardait sa mort droit dans les yeux.

-En temps que 4° Bourreau, je vais exécuter votre sentence.

…..........................................

Cela faisait une semaine que Karin avait assisté au meurtre de Grantz, une semaine qu'elle se demandait comment ce gosse aux cheveux blancs pouvait bien faire. Comme prévue, la jeune fille aux yeux sombres s'était vue assaillis de questions et de baisers par son frère et sa sœur, mort d'inquiétude. Ils avaient envoyés une escouade (armée, bien sur) sur le territoire des Grantz, mais comme le craignait la fratrie Kurosaki, les autres Mafia avaient été averties. Heureusement pour eux, la rapidité des opérations leurs permis de récupérer le quartier, en n'en cédant qu'une petite partie à leur voisin, avec qui ils entretenaient d'assez bonne relations.

Karin avait dus gérer un nombre incalculable de choses, et était fatiguée. Aussi fut-elle agacée d'entendre le téléphone sonner, à 18h du soir, alors qu'elle allait rentrer du bureau pour prendre un bain bien chaud, un bon repas cuisiner par sa sœur jumelle et dormir le plus d'heure possible. Elle poussa un profond grognement, et fit rouler sa chaise jusqu'à l'appareil.

-Allô, grogna-t-elle.

-Et ben Karin, tu as l'air fatiguée, la railla une voix froide à l'autre bout du fils. Ça va ?

La brune ouvris grand les yeux, surprise. Elle se réveilla aussitôt, à l'écoute du jeune Black Raven.

-Dis-moi, tu te rend compte de la situation ? Un agent du gouvernement qui téléphone à un membre de la mafia, c'est vraiment bizarre.

-Mais j'ai besoin d'information. J'ai téléphoné à mon QG, mais ils m'ont gueulés dessus en disant qu'ils n'avaient jamais vus quelqu'un d'assez con pour les appeler d'une cabine publique.

-Et pourquoi tu appelle d'une cabine publique ? Demanda Karin, un sourire amusé flottant sur ses lèvres.

Il y eus un silence, puis un soupire agacé. Toshiro grommela dans sa barbe.

-Je l'ai cassé. Ou perdu. Je sais plus …

Karin éclata de rire, un peu étonnée tout de même. Un agent du gouvernement aussi irresponsable, c'était du jamais vus. Elle s'adossa à sa chaise, passa une main dans ses cheveux de jais, et jeta un coup d’œil autour d'elle, afin de voir si personne ne pouvait la voir parler à un Black Raven.

-Alors, qu'est ce que tu veux ?

-Tu est au courant des récentes agressions dans le secteur d'Alabaï ?

Karin se retint de grogner. Depuis quelques jours, la rumeur courait que les Blacks Raven exterminaient les membres de la Mafia Lindocruz, sans pitié. Toute la Famille était déjà rayer de la surface de la terre. Ça ne dérangeait pas vraiment Karin, du moins pas directement.

-Oui, je sais. D'ailleurs je voulais te prévenir (elle vérifia si personne n'entrait) pour ces événements. La Famille Lindocruz était assez proche de la Famille Kuchiki. On dit que leur chef actuel, Byakuya Kuchiki, cherche à prendre sa revanche sur les Blacks Raven et venger les Lindocruz. Je n'ai pas l'intention de te dénoncer, les Kurosaki n'ont rien à voir avec ça, mais je ne te défendrais pas non plus.

Il y eus un nouveau silence, puis Toshiro repris la parole.

-Pourquoi pas. Je suis sur que ces Kuchiki ont des territoires qui t’intéresserons.

Karin blêmit, et inspira à fond. Elle cracha presque sa réponse.

-Tu est malade ! Jamais je ne m'opposerais aux Kuchiki ! Cette Famille est l'une des Cinq Grandes Familles de la Mafia Grise. Ce serait de la folie. D'ailleurs tu ferait mieux de disparaître pendant un moment.

-C'est pour ça que je suis à Alabaï, Karin, rétorqua Toshiro, surprenant la jeune fille.

-Quoi ? Mais tu est fou ?

-Non. Les Blacks Raven n'ont rien à voir avec ces meurtres. J'ai été envoyé pour enquêter.

Karin en resta bouche-bée. Soit, le gouvernement n'a rien demander, mais alors, qui ferait une chose pareil ? Elle commençait à envisager le pire.

-Mais, c'est qui ? Je veux dire, comment ça se fait ? Explique moi !

Elle entendis une discussion de fond, puis un soupire de Toshiro.

-Laisse tomber, Karin. Je te laisse.

Elle bondit de sa chaise, comme pour attraper le garçon aux yeux gelés par le col.

-Non ! Attend …

Mais le bip du téléphone lui appris qu'il avait raccroché. Elle poussa un cris d'exaspération et frappa son bureau du pied. Quand l'un de ses hommes entra pour voir la cause de ces hurlements, elle lui jeta un regard noir, pris ses affaires et alla oublier ses soucis dans l'eau chaude de son bain.

…..............................................

Toshiro avait entendus ce qu'il voulait entendre, il sortit donc de sa cabine, l'air agacé. Il leva les yeux vers l'oiseau posé sur le dossier d'un banc publique. Ce n'était pas un oiseau habituel, c'était en réalité une massive chouette effraie blanche, aux plumes mouchetés de fauves. Elle pointa ses yeux d'ambres dans ceux de diamant du jeune homme, et … se mis à parler.

-Tu n'as pas honte de mentir ainsi ?

Il la fusilla du regard. La chouette pencha la tête sur le côté.

-C'est pourtant assez fourbe de ta part.

-Tais-toi Yuki. Elle ne m'aurait jamais dis quoi que ce soit si elle avait sus que je n'ai jamais appelé le QG. De toute façon, ils ne savent rien, c'est bien pour ça que je suis là.

La chouette ébouriffa les plumes de ses longues ailes, sans répondre. Les deux étranges individus étaient dans un parc pour enfant vide à cause de l'heure tardive, et personne ne pouvait les voir. Converser avec un oiseau ne serait pas accepter aussi facilement que porter un manteau noir. Toshiro s'assit sur le banc et la chouette continua de parler.

-Les informations du QG sont pourtant clair. Aucun Blacks Raven n'a été envoyé à Alabaï, ce qui signifie que quelqu'un à usurper notre identité.

Toshiro se releva aussi rapidement qu'il s'était assis, et commença à s'éloigner.

-Je sais. Vas donc repérer deux ou trois trucs utiles par les airs, Yuki. Je vais finir ce boulot vite fait. Il n'a aucun rapport avec les Aizen, il ne m’intéresse pas.

La chouette inclina la tête et pris son envol, dans un gracieux tourbillon de plumes blanches et fauves. Très vite sa silhouette se fondit parmi les nuages qui parsemaient le ciel. Toshiro, lui, s’était engagé dans une rue parallèle à la principale, et déambulait au hasard. Il se fichait des Kuchiki comme de l'an quarante, mais ce n'était pas le moment d'avoir la Mafia Grise sur le dos, aussi préférait-il régler cette histoire au plus vite. Tandis qu'il marchait, un groupe d'hommes le dépassa, et il capta la conversation. Il fut aussitôt interpellé.

-Il paraît qu'il y a encore eus une attaque !

-Non, encore ? Je suis sur que c'est un coup des Gilger, je paris.

-Ils profitent de l'agitation pour faire ce qu'ils veulent, c'est vraiment pas le moment.

-C'est clair ! Déjà qu'avec ces histoires de Blacks Raven …

Tandis que les hommes s'éloignaient, Toshiro fronça les sourcils. Les Gilger ? Il se souvint de l'avis de jugement que lui avait remis Yuki alors qu'il discutait avec Karin. Cette famille de la Mafia de l'Ouest était sa prochaine cible. Il ne pus néanmoins pas continuer de réfléchir car deux hommes en costumes apparurent devant lui. Son instinct lui souffla qu'il n'avait pas envie de leur parler, mais il n'eus pas le choix.

-C'est un beau manteau que tu a là, petit. Tu ne dois pas être d'ici, fit le premier homme.

Il énonçait une évidence, mais Toshiro se tendis.

-Nous sommes de la Famille Kuchiki, continua le deuxième. Que vient-tu faire ici ?

-Il paraît que vous avez des problèmes, en ce moment, ne pus s'empêcher de répliquer le jeune homme aux cheveux immaculés.

Les deux hommes se jetèrent un coup d’œil nerveux, mais le premier repris d'une voix parfaitement maîtrisée, un sourire poli plaqué sur le visage.

-Les rumeurs vont vite, on dirait ! Mouais, le chef est furieux car une certaine famille qui nous était fidèle a été attaquée. On a reçus l'ordre de retrouver les Blacks Raven responsable de tout ça au plus vite.

Il se pencha vers Toshiro, le sourire évaporé, une lueur effrayante dans le regard.

-C'est pourquoi je te repose la question. Que viens-tu faire ici ?

Toshiro posa la main sur le pommeau de son sabre, discrètement. Mais il n'eus pas l'occasion de s'en servir, car une voix retentis.

-Eh ! Messieurs en costume ? Il y a une voiture qui brûle dans la rue principale, ce n'est pas la votre ?

Les deux hommes en oublièrent aussitôt le jeune homme, qui jaugea son sauveur des yeux. D'environ une douzaine d'année, avec des cheveux rouges vif en pétard et un air agressif sur le visage, le garçon montra le chemin aux deux Kuchiki, qui s'enfuirent en se maudissant.

-Encore un coup des Gilger, ça !

-Le chef va nous tuer !

Le garçon aux cheveux rouges se précipita vers Toshiro, et l'entraîna vers la direction inverse. Il l’attrapa par le bras et le tira entre les ruelles sombres. Au bout de quelques minutes, il s'arrêta.

-Mais t'est fou ? Avec un manteau comme ça tu va te faire repérer ! Il y a beaucoup de contrebandiers, ici, alors la Mafia a toujours traînée dans ce coin. Si tu ne fais pas plus attention, tu va pas faire long feu.

Le garçon semblait décider à parler, aussi Toshiro le relança. Il devait apprendre le plus de chose possible.

-Ça a toujours été comme ça ?

-Non. Depuis que les Gilger se sont installés, ils ont fait de la ville un enfer.

-Hum. Comment t'appelle-tu ?

-Jinta, et toi ?

-Toshiro. Dis-moi Jinta. Les Gilger sont arrivés ici en même temps que les événements avec les Blacks Raven ?

-Ouais. Ils cherchent querelles avec les autres Mafias, et tuent ceux qui s'opposent à eux. Ils fourrent leurs nez partout. C'est pour ça que les gens comme nous qui n'ont aucun pouvoir doivent faire attention. Sinon, c'est la fin des haricots.

Toshiro sentit un vieil agacement resurgir en lui à ces mots, mais ne lissa rien paraître. Jinta continuait à s'insurger tout seul, sans que le jeune homme aux yeux de glace ne fasse attention à lui.

-Haa … si quelqu'un pouvait arriver et faire quelque chose pour nous. On aurait une vie meilleure.

Toshiro le coupa.

-Tu dis vouloir une vie meilleur, mais n'as-tu jamais pensé à faire quelque chose toi-même pour changer le monde ?

Jinta le contempla, ouvris la bouche pour continuer à râler … et se pris une boule de plume dans le visage. La chouette effraie se redressa, ébouriffa ses ailes, et s'envola pour se poser sur une poubelle. Elle secoua la tête, tandis que le pauvre Jinta se tordait de douleur au sol.

-Non mais quel imbécile, celui-là, grogna Yuki. Il était au milieu du chemin.

-Encore un peu plus, et tu commettait un meurtre, fit remarquer Toshiro.

La chouette cligna de ses yeux d'ambres.

-Pff ! Je suis un robot, alors je suis plus lourde qu'un oiseau ordinaire. Mais je ne le suis pas au point de tuer quelqu'un.

Jinta se releva, l'air ahuri.

-Une chouette qui parle …

Il allait ajouter quelque chose, mais un grand bruit le coupa. Toshiro se tourna vers l'endroit d'où semblait venir les bruits de verre brisé. Un cris retentis, glaçant, et Jinta se tendis. « Sûrement une attaque », pensa le jeune homme, et il s'éloigna de son compagnon. Celui-ci le retint par le bras, l'angoisse se lisant des ses yeux. Toshiro poussa un profond soupire.

-Lâche moi. J'y vais. Si tu ne veux pas venir, je ne te force pas.

Un éclair passa sur le visage de Jinta, qui déglutit. La peur dans son regard se mua en détermination, alors qu'il se remémorait les paroles du Black Raven. Il tira Toshiro vers les bruits, d'une démarche vive et silencieuse. Ce dernier vit, au détour d'une rue, sans aucune surprise, une scène de violence. Un bar était totalement détruit, les vitrines explosées, la porte enfoncée, et un homme qui semblait être le propriétaire avachi au sol. Toshiro remarqua qu'il retenait un petit garçon qui se débattait, la rage se lisant sur son visage juvénile.

-Aussi auriez-vous mieux fait de m'écouter, très cher Monsieur.

Toshiro pointa son regard de glace sur l'homme en costume blanc, un chapeau posé sur de longs cheveux noirs, un sourire plein de dents sur le visage, qui écrasa sous son pied une paire de lunette appartenant sans aucun doute au propriétaire.

-Sur ce, je me retire. Faites venir la voiture, ordonna-t-il.

-C'est le chef des Gigler, murmura Jinta à Toshiro.

Celui-ci se tourna vers Yuki, qui s'était posée sur son épaule.

-Yuki, l'arrivée de ces types est manifestement liée à toute cette histoire.

-Sans aucun doute, répondit la chouette, mais elle n'eus pas le temps de répondre.

Le petit garçon avait réussi à échapper à son père, et se précipita vers la voiture dans laquelle Gilger venait de disparaître. La voiture démarra, et disparue dans les ruelles d'Alabaï, vers une destination inconnue. Le garçonnet hurla à l'intention des trois hommes de mains restés sur place.

-Bande de fumier !

-Tait-toi, lui intima son père.

-Non ! J'espère que les Blacks Raven vous tuerons tous ! Et que vous subirez la même chose que ceux dont ils se sont déjà occuppés !

-Il est coriace, ce gamin, grommela l'un des trois mafieux.

Il passa la main sous sa veste, et en sortit un pistolet argenté. Toshiro plissa les paupières, en reconnaissant le symbole.

-Cette fois-ci, les Blacks Raven ne viendrons pas.

C'était un Buki. Toshiro sentit son sang se figé dans ses veine, et la rage remonter.

-Yuki, fit-il un peu trop fort.

Les hommes se retournèrent vers lui, étonnés.

-Port de Buki confirmé, fit le robot.

-Le statut de la Famille Gilger passe de « suspecte » à « condamnable ».

Jinta écarquilla les yeux, l'incompréhension la plus totale se devinant sur ses traits, tandis que l'homme au pistolet fronça les sourcils.

-Qui est-tu petit ? Dégage d'ici avant que je te tue aussi.

Quand Toshiro releva la tête, la température chuta de quelques degrés, et le Gilger se tut. Il pointa son pistolet, et sans plus d'avertissement, tira. Jinta poussa un cris, le petit garçon et le père sursautèrent, mais aucun ne s'attendait à voir le jeune homme aux cheveux blancs toujours debout. Son sabre dégainé, fumant de l'impact des balles, Toshiro avança jusqu'à faire bouclier de son corps devant le propriétaire.

-Noitra Gilger, chef de la Mafia du secteur d'Alabaï, est suspecté de contrefaçon d'avis de jugement, et condamnable pour port d'armes illicites. Les résultats de l'enquête prouve qu'il est un élément nuisible et néfaste à la paix.

Le mafieux parus se rendre compte de qui il avait faire, et pâlit. Il murmura quelque chose comme « bonté divine », et brandis le pistolet de nouveau. Mais il n'eus pas le temps de tirer.

-Par conséquent, je vais sans plus tarder exécuter la sentence.