Buki

par Edël

« Le temps des armes n'est pas celui des lois. »

Plutarque.


Il détestait royalement les réunions. Allez savoir pourquoi, tous ces vieux croûtons l'horripilait. Il jouait distraitement avec les glaçons de son verre de whisky, tout en écoutant d'un oreille distraite les recommandations inutiles qu'ils dispensaient aux hommes autours d'eux. Les réunions des Cinq Grandes Familles de la Mafia Grise, aussi appelée Reine de la Mafia de l'Ouest, étaient peu fréquentes. Mais à chaque fois, elles étaient longues et ennuyantes.

-Écoutez-vous ce que l'on vous dit ?

Il releva les yeux, surpris qu'on lui adresse la parole. D'habitude, on l'ignorait royalement, du fait de son jeune âge. Il n'était à la tête de sa Famille que depuis peu de temps.

-Évidemment, répondit-il crânement.

-Ne pensez-vous pas qu'il faudrait les appliquer ?

Il haussa un fin sourcil noir, l'air impassible.

-Est-ce un reproche, très cher Monsieur ?

L'autre, un vieil homme à la longue barbe blanche, appuyé sur un bâton richement sculpté, lui lança un coup d’œil froid.

-Presque, jeune homme. Je sais que vous n'appliquer pas les règles. La Mafia Blanche à fait un retour dans le marché des armes avec leurs Buki. La Mafia Grise ne doit pas se laisser tenter par de telles armes. Nous avons une dignité à préserver.

Il senti la haine lui remplir le cœur comme un acide à la mention de ce nom. La Mafia Blanche, les Buki, c'était eux qui lui avait pris sa sœur adorée. Il se retint de se lever, et se redressa sur son siège.

-Les Buki sont la honte de la Mafia. Depuis les Cinq Jours de Sang de Nitsuchi, ma Famille à promis de ne jamais toucher ce métal maudit, fit-il, glacial. Jamais, au grand jamais, je ne permettrais qu'un membre de ma Famille prenne possession d'un Buki. Comment osez-vous insinuer que mes hommes salirons l'honneur de la Mafia Grise ?

Le vieil homme soupira en secouant la tête, mais ne le coupa pas. Le silence était tombé sur l'assemblée, et personne n'osait le briser.

-La Famille Aizen nous répugne. Notre but est de la détruire, parce que nous avons échoués à notre tache il y à quinze ans. Vous nous l'avez assez fait remarquer. Nous comptons bien mettre fin à la fabrication des Buki, avec ou sans votre aide. De plus, si nous n'appliquons pas les règles, c'est pour appâter ces ordures.

Il se leva, et fit un courbette ironique vers le vieil homme.

-La Famille Kuchiki réglera cette histoire. Nous nous chargerons de restaurer notre honneur.

Et il fit volte-face, suivit de ses hommes, et sortis de la pièce silencieuse en claquant la porte. L'homme à la barbe sourit, et se tourna vers les trois autres chefs de Famille.

-Nous verrons cela. En attendant ce jour, les Cinq Grandes Familles doivent mettre toutes leurs forces contre la propagation des Buki. La guerre de la Mafia Grise contre la Mafia Blanche peut maintenant commencée.


Chapitre 2 : Buki


-Par conséquent, je vais sans plus tarder exécuter sa sentence.

Les membres de la famille Grantz se figèrent, tandis que Toshiro brandissait sa lame. Il planta son regard de glace dans celui de l'homme, et celui-ci lâcha un ricanement nerveux.

-Qu'est-ce que tu raconte, petit ? Tu ne crois quand même pas que ta lame peut rivaliser avec mon pistolet ?

Pour toute réponse, Toshiro leva un sourcil en geste de provocation. L'homme grogna, et tira. Toshiro fut plus rapide, et abattit son épée sur l'individu, abolissant la distance qui les séparait en un bond rapide. Le Grantz contempla son pistolet, coupé en deux, qui tombait au sol. Il fit un bruit sourd en heurtant la pierre, qui résonna dans le silence de l'église.

-Rassurez-vous, votre insignifiant nom de figure pas sur mon avis de jugement.

-L'avis … l'avis de jugement … cette … lame … balbutia-t-il.

Karin fit lentement le rapprochement dans sa tête, et elle commença à trembler. Ce n'était pas possible.

-Merde, s'écria un des Grantz, c'est l'un des leurs !

-Cassons nous, on va se faire buter si on reste ici ! Renchérit un deuxième.

Karin gémit.

-Ce manteau noir … mais alors ce garçon serait …

Le déclic se fit dans l'esprit de la jeune fille, et elle dit à voie haute ce que les hommes craignaient.

-Un Black Raven !

Toshiro eu alors un sourire polaire.

-Je suis le Black Raven IV, Toshiro Hitsugaya, The Froze.


Karin resta au sol, pendant que les Grantz s’enfuyaient, terrorisé par la réputation du Black Raven. Toshiro poussa un profond soupir une fois seul, et rengaina sa lame. Il se tourna alors vers la jeune fille.

-Ce serait bien si tu pouvait baisser ton arme. Il y a, j'imagine, d'autres personnes que moi sur qui tu ferais mieux de décharger ton hostilité.

Karin ne quittait pas le garçon des yeux, le canon de son pistolet pointé sur lui. Elle faisait partit de la Mafia, et était une des Chef de Famille. Elle était donc une proie de choix pour lui. Sans baisser le pistolet, elle demanda.

-Que vas-tu faire, maintenant ?

-Stupide question ! Je suis un instrument d'exécution, je vais effectuer la sentence de Grantz.

Karin sentit le doute l'envahir. Puis l'image de son père et sa mère s'imposa à elle. Toshiro passa la porte de l'église, et elle rangea son pistolet avant de le suivre.

-Je viens avec toi !

Toshiro la contemplas avec surprise, mais repris vite son air impassible.

-Pourquoi faire ? Toi aussi, tu est de la Mafia …

-La Mafia a ses propres raisons d'agir ! De plus, les Grantz font partis de la Mafia de l'Est, et moi de celle de l'Ouest, et ils viennent de nous déclarer la guerre. Comme tu as pus l'entendre, ces types ont tués mon père et ma mère. Je suis le deuxième Chef de la Famille Kurosaki, c'est à moi qu'incombe de tuer Szayel Apporro Grantz, pour éviter un conflit et rétablir l'honneur de ma Famille.

Il haussa un sourcil, tout en l'évaluant du regard.

-Je n'ai pas l'intention de t'en empêcher, mais je ne t'aiderais pas non plus.

Elle se redressa, et pris un air important.

-Ne te méprend pas. Je ne te demande pas que l'on s'unisse pour se battre ensemble. Je veux juste me servir de toi comme appât afin d'éliminer Grantz.

Il haussa les épaules, indifférent au petit discours de la jeune fille.

-Je te le répète, ne compte pas sur moi pour t'aider en cas de pépin.

Elle sourit.

-Et si jamais je tue Grantz avant toi, ne vient pas te plaindre ! Fit-elle.

-Ça vaut aussi pour toi, rétorqua-t-il.


Szayel Apporro Grantz était assit sur sa chaise, caressant de la main un étui noir. Il venait d'apprendre la mort de son grand frère, et était de très mauvaise humeur. Le cadavre d'un de ses hommes, qui gisait à ses pieds, était là pour le rappeler aux autres.

-Ils ont finis par se montrer. Décidément, rien n'échappe au réseau d'information des Black Raven.

Il poussa un profond soupire.

-Ils ont tués mon frère, et maintenant, ils veulent ma tête.

Ses hommes baissèrent la tête, ne sachant comment réagir.

-Enfin bon, tant que j'aurais cette petite merveille, ils ne pourront rien contre moi, fit-il en couvant du regard sa mallette. Et puis plutôt que de me débarrasser de ces faibles de Kurosaki, ma renommée, sera d'autant plus grande si j'éliminais un Black Raven.

Un sourire sadique s'étala sur son visage.

-C'est pourquoi, tu m’excusera, mais je n'ai pas le temps de faire joujou avec toi, petite Kurosaki.

Tous les hommes firent volte-face vers la porte, où Karin se trouvait, le pistolet brandit vers Szayel. Il passa la main dans ses cheveux roses, et éclata de rire.

-Le deuxième Chef de la Famille Kurosaki ne manque pas de cran !

Karin grogna, pleine de rage. Elle se souvenait très bien du jour où il avait tué son père et sa mère. Le sang, les larmes, la peur et la tristesse. Mais c'était maintenant la haine qui coulait dans ses veines. Szayel se leva de son fauteuil.

-C'est un vrai gâchis, tu sais, que tu sois la fille de ce cher vieux Isshin.

Karin se senti à deux doigts de perdre contenance. Mais elle se retint de pleurer, et fixa des yeux froids sur l'homme.

-J'ai une question à vous poser. Pourquoi les avez-vous tuer ?

Szayel fronça les sourcils, surpris.

-Pourquoi ?

-Mon père protégeait cette ville. Il ne s'en ai jamais pris à votre territoire. Il ne faisait que protéger ceux qu’il devait protéger ! Alors pourquoi a-t-il fallu que vous le tuiez !

Szayel afficha alors un air sadique et supérieur.

-C'est simple. Je les ai éliminer parce qu'ils me gênaient. Le monde de la Mafia à toujours fait preuve de déraison. Nous n'avons nul besoin d’excuse pour passer à l'action. Tout ce qui compte, c'est la force, n'est-ce pas ? Protéger, tu dis ? Pff, tes idéaux sont dépassés. Notre force et notre puissance ne nous servent qu'à mettre la main sur ce que nous voulons !

Karin hurla de rage.

-Ça suffit ! Vous n'avez donc aucun honneur !?

-Tient, tu est là Karin ?

Elle sursauta, et se tourna vers la porte. Toshiro se trouvait là, l'air content de lui.

-J'ai enfin trouvé la planque de Grantz, fit-il, presque fier.

Karin se senti soulagée. La présence de Toshiro la rassurait. Elle baissa sa garde. Et le poing de Szayel s'abattit sur son poignet. Elle lâcha son pistolet qui alla s'écraser sur le sol, trop loin pour qu'elle puisse se défendre. L'homme lui sourit.

-Désolé, mais je n'ai pas de temps à perdre avec toi.

Il se tourna vers Toshiro, tandis que ses hommes entouraient Karin. La jeune fille, énervée, grogna. Szayel ne lui accorda pas un regard, toute son attention tourné vers Toshiro.

-Ce manteau noir, cet air froid. Je peine à le croire, mais serait-tu celui à qui je pense ?

Le jeune homme aux cheveux blancs le fixa avec insistance.

-Et vous, tout porte à croire que vous êtes Don Grantz.

Il plissa les paupières, l'air curieux.

-Cette valise contient un Buki, n'est-ce pas ?

Szayel fronça les sourcils. Il raffermit sa prise sur sa mallette, mais resta silencieux.

-J'ai par conséquent quelques questions à vous poser. Où l'avez-vous trouvé, comment avez-vous mis la main dessus, et qui vous l'a remis ?

Szayel pencha la tête sur le côté. Karin, elle, était perdue. La Mafia, de l'Ouest comme de l'Est, refusait d'utiliser les Buki. C'était le plus grand déshonneur qu'il puisse exister, même si la Famille Aizen faisait aussi partie de la Mafia. Mais les Familles de la Grise sous l'autorité des Cinq Grandes Familles avaient l'absolue interdiction de s'en procurer, sous peine de mort ou d'exil. Les Grantz appartenaient à la Mafia de l'Est, qui n'était sous aucune domination, mais qui réagissait de la même façon par rapport aux Buki. Karin commençait à croire que les Aizen avaient pris le contrôle de l'Est. Elle n'eus néanmoins pas le temps d’approfondir sa pensée.

-Je vois que les Black Raven s'intéressent aussi aux Buki. Désolé pour toi, mais je ne suis au courant de rien.

Affichant un grand sourire, Szayel continua son discours.

-Cette arme est venue à moi alors que j'hésitais à me lancer ou non dans un conflit contre les Kurosaki. Elle est apparue devant moi sans prévenir.

Il parle de son arme comme d'une personne, remarqua Karin, et elle vit au regard de Toshiro qu'il avait lui aussi trouver cela bizarre.

-Et, à présent, il me suffit d'utiliser la puissance de ce Buki pour obtenir tout ce que je veux !

Szayel ouvrit sa mallette d'un geste brusque, et en extirpa un énorme pistolet, tandis que Toshiro dégainait. L'arme était en métal noir, et brillait d'un éclat aussi froid que la mort. Un blason, un serpent entourant un A, se détachait, en argent, sur le canon du Buki. Szayel tira. Une pluie de balle s’abattit sur Toshiro, qui fit voler son épée. Il ouvrit grand les yeux, tout en esquivant, et renvoyant les balles. Ce tir était étrange. Le Grantz entrepris de lui expliquer.

-Ce Buki est numéroté 125. Il est nommé «Grêle de balle». La trajectoire des ces balles est imprévisible, et celles-ci s'abattent telle une pluie noire.

Toshiro fit un bond sur le côté, une balle capricieuse frôlant son épaule. Il dévia une deuxième balle avec sa lame, et esquiva une troisième. Karin, éblouie par ces coups de feu, tremblait de tout son corps. Elle avait peur que le jeune homme soit touché. L'un des Grantz s'approcha d'elle. Il essaya de chuchoter à son oreille, mais un coup de pied bien placé le mis à terre. Karin était une Kurosaki, et ce n'était pas un vulgaire pion qui allait la toucher. Elle abattit le deuxième d'un coups de coude, et son genou heurta le ventre du troisième. Elle renifla, pleine d'adrénaline, et reporta son attention sur le combat. Szayel, inconscient que ses sous-fifres venaient de se faire mater par une gamine, hurlait d'une voie démente.

-Pourquoi les Kurosaki et les Black Raven n'utilisent donc pas leur force et leur puissance ? Moi, je compte bien utiliser la puissance de cette arme afin d'amasser profits et pouvoir !

Toshiro sauta sur la rambarde d'un balcon, résistant toujours à la pluie de balle qui faisait voler le sol en morceaux. Prenant appuis sur sa main, il se propulsa dans les airs.

-Plutôt que de protéger de stupides lois et d'obtenir une confiance superficielle, je préfère avoir recours à la violence en utilisant des méthodes rapides et efficaces !!! La force permet d'obtenir tout ce que l'ont veux !

-Erreur.

Le ton polaire de Toshiro le coupa net. Il ouvrit grand les yeux, l'air fou. Le corbeau atterrit à terre avec grâce, et planta ses yeux dans ceux de Szayel.

-La violence reste la violence, et la force, quelle qu'elle soit, n'est rien de plus qu'une force. C'est pour que les choses restent comme ça que les Black Raven ne peuvent ni obtenir quoi que ce soit ni venir en aide à quiconque.

Un vent glacé parcourus la pièce, et Karin frissonna. Les murs et le sol commencèrent à geler, et des volutes d'air blanches tournoyèrent autours de Toshiro. Son œil droit vira lentement au blanc, et Karin vit avec horreur un symbole y apparaître. Un serpent entourant un A, noir de jais sur blanc de glace.

-Nous devons nous même nous frayer notre propre chemin, sans compter sur rien ni personne.