Yue Sayuki

par Moon

Chapitre 3



- Qui êtes vous? Demanda Karin d'un ton ferme.

Dans l'encadrement de la porte se tenait une grande femme élancée, aussi belle que menaçante. Ses longs cheveux noires chutaient en cascade sur ses épaules dénudées. Elle portait une longue tunique blanche très resserrée au niveau de la taille par un épais ruban noire. De sa main gauche, elle tenait un fin katana à la garde écarlate. Ses petits yeux mauves venimeux dévisageaient la jeune Kurosaki avec mépris, soulignés par un sourire déplaisant. Puis son regard dériva plus loin dans le salon, là où reposait le capitaine de la dixième division. Son sourire devint plus large encore.

Pour Karin, le danger était imminent.

-ICH... ! commença-t-elle à crier avant de sentir un flux épais de sang remonter le long de sa gorge, l'empêchant d'avertir son frère.

L'étrangère avait dégainé son katana à une vitesse foudroyante, et le logeait à présent dans l'estomac de la jeune fille. Une tâche sombre se répandit rapidement sur le maillot de foot de cette dernière.

-Comme tu vas mourir, je te fais l'honneur de t'enseigner le nom de ton assassin, dit l'étrangère d'une voix impérieuse. Une chance pour toi, vraiment.

Elle approcha ses lèvres de l'oreille de sa victime et lui murmura :

-Mon nom est Yue Sayuki. Qui sait ? On se reverra peut-être dans l'autre monde ?

Enfin elle retira froidement sa lame tout en regardant la jeune fille s'effondrer. Comme s'il ne s'agissait que d'une vulgaire poupée traînant sur le sol, elle enjamba le corps, marchant d'un pas décisif vers le canapé.


Recroquevillée sur elle même, Karin porta tremblante les mains sur sa blessure. La douleur était aiguë. Son sang perlait abondamment et filtrait entre ses doigts inlassablement. Elle n'avait pas vu venir l'attaque et se maudit intérieurement d'avoir ouvert la porte sans réfléchir. En même temps, cela aurait-il empêché cette femme d'entrer? N'étant pas une Shinigami ou douée d'aptitudes égales elle savait que ce coup lui serait fatal et qu'une fois vidée de son sang, la mort la trouverait. Cette pensée l'horrifia.

Mourir. Depuis longtemps maintenant, cette perspective ne lui paraissait guère plus dramatique que ça, puisqu'elle savait que d'une façon ou d'une autre son âme rejoindrait la Soul Society. En revanche, elle ne reverrait peut-être jamais plus sa sœur, ni son père. Aurait-elle alors au moins la chance de trouver son frère déambuler dans cette zone que les Shinigamis appelaient Rukongai ? Bon sang ! Il y avait tant de choses qu'elle aurait aimé réaliser dans cette vie-ci ! Pourquoi fallait-il qu'elle parte maintenant, de manière aussi brutale ? Yusu serait inconsolable et c'est ce qui lui fit le plus de peine...

La mort venait plus lentement que ce à quoi elle s'était attendue. Et s'il lui restait une petite chance ? Oui, elle devait concentrer ses efforts, prévenir son frère et les autres Shinigamis qui de toute évidence ne sentaient pas la pression spirituelle de cette dénommée Sayuki. En y réfléchissant un instant, elle ne la ressentait pas non plus. Pourtant, les âmes étaient toutes sensées émettre une aura. Non ?

Dans un effort considérable, elle se redressa sur les coudes et se tourna vers son assaillante, alors penchée sur le corps du Shinigami au cheveux blanc.

-I...Ichi...go..., tenta-t-elle d'appeler au secours.

Mais ce fut tout juste si un son sortit de sa bouche. Pour ajouter à son désespoir, sa vision se troubla et sa tête se mit à tourner violemment. Elle n'y arriverait pas, elle ne pouvait nier l'évidence.

Si elle n'était pas aussi entêtée, elle se serait rendue à son match de foot comme prévu et n'en serait pas là. Son frère et les autres n'auraient pas eu à monter à l'étage pour converser et seraient restés dans le salon avec Toshirô. Cette femme allait-elle en profiter pour le tuer lui aussi ? Dans le brouillard que devenait son esprit, une pensée étrange la traversa. Un être humain qui meurt dans le monde réel est quasiment certain d'être envoyée à la Soul Society, mais pour une âme appartenant déjà au monde spirituelle... Pouvait-on définitivement la détruire ? Ou se réincarnait-t-elle dans le monde physique ? Il fallait que cet andouille de Shinigami revienne à lui ! Qu'il arrête cette femme et lui vienne en aide avant qu'il ne soit trop tard. Pour tous les deux.

Puis, dans une sorte de miracle, la voix de son frère lui parvint depuis l'étage.

-Karin !?

Elle remua les lèvres faiblement. Trop faiblement.

-A l'aide...

Alors que ses yeux se fermaient, elle entendit une voix aiguë et familière hurler derrière son dos.

-KUROSAKI!

Et ce fut le noir total.


*****


Quelques minutes plus tôt, à l'étage, les Shinigamis s'étaient regroupés dans la chambre d'Ichigo. Yumichika et Ikkaku se tenaient debout dans l'espace central, Renji s'était assis sur le rebord de la fenêtre et les deux filles sur son lit, tandis que lui se réservait sa chaise de bureau. Ce dernier n'appréciait pas beaucoup le monde qui accaparait son espace personnel mais comme c'était lui qui leur avait proposé de monter, il n'avait pas à manifester sa désapprobation. Du moins, pour le moment... Des choses plus importantes étaient en cours.

-Bon alors, expliquez moi bien que je comprenne ce que vous fichez encore près de ma ville, dit-il avec sérieux.

Ce fut Renji qui prit la parole le premier.

-Le capitaine commandant nous à envoyé en mission dans le monde réel afin de mettre la lumière sur une affaire douteuse...

-Une affaire douteuse?

-Je te l'ai déjà expliqué tout à l'heure, imbécile! Lança Rukia.

-Oooh ma chériiiiie! S'exclama Kon sorti de nul par avant de s'écraser contre le pied de la Shinigami.

Cette courte interruption ne surprenant personne, Renji reprit.

-De nombreux Hollows ont pour habitude de surgir à Karakura, c'est pourquoi on la fait étroitement surveiller. Mais depuis quelques jours, on ne ressent plus leur pression spirituelle et c'est ce qui alarme le capitaine commandant. Sans pression spirituelle, on ne les détecte plus aussi facilement et les humains pourraient en payer lourdement le prix. D'autant plus que la balance des âmes s'en retrouverait déséquilibré.

-Et vos bipeurs, portables ou je ne sais quoi?

-Denreishinki, rectifia-t-il. Ils ne les détectent pas non plus. Bref. On a donc était chargé de l'affaire sous le commandement du capitaine Hitsugaya. Mais quelques secondes à peine après avoir traversé le Seikamon, on est tombé dans cette embuscade... Et tu connais la suite.

Ichigo porta une main à son menton en réfléchissant intensément. Il ne pouvait s'empêcher de penser que tout ça avait été planifié à l'avance. Ce qui paraissait très louche, était cette manifestation soudaine des Arrancars sans compter cette absence de reiatsu et les difficultés à contacter la Soul Society dans l'histoire.

-Vous n'avez reçu aucune autres informations? Demanda le roux.

-Mon capitaine pense que les Hollows et les Arrancars n'agissent pas de leur propre chef, déclara Rangiku. Si ces phénomènes se produisent ici, il n'y a que trois raisons possibles selon lui. La première, serait comme tu le sais, à cause de l'importante énergie spirituelle contenue dans cette ville. La seconde, pourrait être en lien avec Kisuke Urahara, pour une raison encore inconnue. Et la dernière, te concernerait toi particulièrement.

-Pourquoi moi?

-Il n'a pas précisé le fond de sa pensée, on était en plein combat je te rappelle! Et puis il n'est plus en mesure de nous le dire pour l'instant....

La mine de la vice capitaine s'assombrit. Ichigo comprit qu'elle pensait à l'état de léthargie dans lequel avait sombré Toshirô. Ce contre-coup lui faisait penser un peu à la perte de ses pouvoirs après avoir utilisé son attaque ultime contre Aizen. C'était le prix à payer pour se servir d'une telle technique. Bien que la situation soit différente, il ne lui apparaissait pas impossible que Toshirô subisse les effets secondaires de sa nouvelle attaque, surtout après cette extraordinaire montée de reiatsu.

-Inoue sera là d'une minute à l'autre, dit-il pour lui remonter le moral.

Seulement deux secondes après avoir dit ces mots, Ichigo ressentit un trouble à l'étage inférieur. L'énergie spirituelle de sa sœur avait considérablement chuté. Les autres l'avaient également sentit car tous se redressaient vivement.

-C'est Karin!

-Vous croyez qu'un Arrancar a pu pénétrer ici? Questionna Rukia inquiète.

Ils se turent quelques instants, dans l'espoir d'y entendre du bruit. Mais aucun son ne parvint jusqu'à leurs oreilles.

-C'est... étrange, fit Yumichika soupçonneux.

-Karin !? Appela Ichigo.

Mais seul le silence lui répondit. Soudain, un cri strident retentit au rez-de-chausser.

-KUROSAKI!

-C'est la voix d'Inoue! Reconnu le Shinigami remplaçant qui se précipitait déjà à l'extérieur de sa chambre.


En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, Ichigo arriva en bas, suivi de près par les autres Shinigamis. La scène sous ses yeux lui transperça le cœur comme la lame d'un katana.

Sa petite sœur reposait immobile sur le sol dans une marre de sang, encore en vie ou déjà morte, il l'ignorait. Inoue se tenait près d'elle, les yeux rivées sur celle qui, de toute évidence, était responsable de cette agression. En effet, un sabre sanglant reposait entre les mains de ce qui, dans son accoutrement, ressemblait à une Arrancar. Cette dernière, accroupie près du jeune capitaine, leur jeta un regard satisfait.

Rangiku, debout sur les dernières marches de l'escalier, fut la plus prompte à réagir.

-Miaule, Haineko!

La lame du katana de la vice capitaine se transforma en un nuage de cendres qui s'éparpilla dans l'air avant de se concentrer sur l'intruse. Celle-ci esquiva avec vélocité l'attaque et se précipita vers la sortie dans de grands éclats de rire.

-Reviens! Cria Ichigo dont les prunelles marrons se tintèrent d’animosité à la vue du corps meurtri de Karin.

La main de Rukia l'empêcha de la poursuivre.

-Ichigo, non! Ta sœur a besoin de toi!

La Shinigami se tourna vers Ikkaku est Yumichika.

-Compris, on s'en charge, assura le chauve, partant à la poursuite de l'ennemi avec son partenaire.


Ichigo et Rukia se pressèrent autour de Karin, déjà prise en charge par Inoue. Le roux observait sa sœur inerte sous le dôme orangé, invoqué par la jeune femme, qui concentrait ses forces pour la sauver.

-Il... il n'est pas trop tard... n'est ce pas? s'enquit-il la voix tremblotante.

-Je fais de mon mieux... répondit Inoue avec incertitude. Elle a perdu tellement de sang...


Pendant ce temps, Rangiku et Renji s'étaient dépêchés au chevet du capitaine, afin de s'assurer qu'il n'était pas blessé lui aussi. Heureusement, il semblait que l'Arrancar n'eut pas le temps de s'en prendre à lui.

-Espérons qu'Ikkaku et Yumichika lui mettent la main dessus, fit Renji.

Rangiku acquiesça, tout en observant son supérieur qui ne se réveillait toujours pas.

« Ne tardez pas trop longtemps à nous revenir, capitaine... »





Lorsque Karin ouvrit les paupières, elle était allongée sur un lit, le visage de son père penché au dessus de sa tête.

-Ma fille chérie!!! Tu es réveillée, enfin!

Mais avant qu'il n'est le temps de la serrer comme un fou dans ses bras, les yeux ruisselants de larmes, la jeune fille balança son poing en avant, percutant le visage de son paternel. Il s'écrasa contre le mur d'en face, pleurnichard, comme à son habitude.

-Pourquoi est-ce que tu me frappes encore?! Geignit-il en massant sa joue tuméfiée. Je ne t'ai même pas encore fait le super câlin de papa !

-Parce que tu es lourd le vieux...

-C'est bon de te revoir parmi nous, sœurette.

Karin se redressa sur son oreiller et constata qu'elle était allongée dans sa chambre. En effet, les nombreuses photos d'elle et de ses amis placardées sur les murs en étaient la preuve absolue. Son frère était assis près d'elle, la lampe de chevet éclairant son visage fatigué. Elle jeta un rapide coup d'œil par la fenêtre et constata qu'il faisait nuit. Que faisait-elle là, son frère et son père à la veiller? Brusquement, tous ses derniers souvenir lui revinrent en tête tel un boulet de canon.

-Toshirô! S'alarma-t-elle. Ichigo, elle va le tuer!

-Tout va bien Karin, calme toi, la rassura Ichigo posant sa main sur la sienne. Cette femme ne te fera plus aucun mal, je te le promets. Toshirô... va bien lui aussi. Mais on s'en fou pas mal pour le moment, tout ce qui importe c'est que toi tu ailles mieux.

Elle plaça alors vivement la main sur son ventre, se rappelant de l'acier froid qui l'avait transpercé. N'était-elle pas censée être morte?

-Inoue est intervenue à temps, dit-il en observant son geste.

Elle le scruta décontenancée, ses pensées quelques peu embrouillées. Elle avait du mal à joindre les bouts.

-Qu'est-ce qui s'est passé?

Ichigo lança un regard interrogateur à son père qui lui répondit silencieusement par un bref signe de tête.

-Inoue nous a raconté qu'elle t'a trouvé agonisante devant la porte, en compagnie d'une femme. Peut-être une Arrancar, on ne sais pas bien encore.

La jeune fille se souvint clairement du visage aussi délicat que terrifiant de celle qui l'avait agressé. Rien que d'y penser, elle en frissonna.

-J'étais à l'étage avec les autres et pour une raison encore inexpliquée on a pas senti la présence de ton agresseur, continua-t-il. C'est grâce à Inoue, qu'on a été averti. Elle t'a immédiatement prise en charge et cette femme, elle, a pris la fuite quand nous sommes descendus. Papa et Urahara sont arrivés peu de temps après, suite à la chute de ta pression spirituelle.

-Et depuis, tu as dormi plus de huit heures, finit son père. On est au beau milieu de la nuit comme tu as sûrement dû le remarquer.

-Yusu... commença Karin.

-Je l'ai appelé et lui est proposé de rester dormir chez l'une de ses amies en prétextant que tu avais attrapé la varicelle.

-La varicelle ? répéta Karin avec ironie. Yuzu n'a pas pu gobé un truc pareil, c'est elle qui me l'a refilé quand on avait quatre ans.

-Je suis médecin, rappela son père dans une mou offensée. Si je dis que c'est la varicelle, c'est la varicelle ! Toujours est-il qu'elle ne rentrera pas avant demain matin. Tu peux être tranquille. Je lui ai dit que je m'occupais de toi et qu'Ichigo faisait la manche devant chez nous pour nous payer un repas.

Un nouveau poing s'écrasa accompagné d'un « ouille ! » douloureux.

-Ça t'apprendra le vieux ! Grinça Ichigo entre ses dents en s'assurant qu'une bosse se formait bel et bien sur la tête de son père. Karin soupira de soulagement. Elle ne voulait pas que sa sœur s'inquiète pour elle.

-Merci, dit-elle.

Isshin lui répondit par un sourire bienveillant. Son père avait beau n'être qu'un grand gamin la plupart du temps, il n'en restait pas moins responsable et efficace dans les moments difficiles. Comme les jours qui suivirent la mort de leur mère. De même pour son frère, elle avait une confiance absolu en lui. Et même si elle n'osait pas l'avouer en cette instant, les savoirs ici, à veiller sur elle tout les deux la tranquillisait. Il ne manquait plus que Yusu pour combler son bonheur. Mais il valait mieux la savoir ailleurs pour le moment. Si l'ennemie avait pris la fuite, il n'était pas impossible qu'elle revienne dans cette maison. Mais pourquoi s'était-elle présentée chez eux d'ailleurs? Était-ce pour s'en prendre à son frère? Le sourire satanique qu'elle avait affiché en apercevant le Shinigami au cheveux blanc lui revint en mémoire... Se pouvait-il qu'elle soit venue pour lui ?

Subitement, elle rabattit les couvertures et se leva.

-Karin ? Qu'est-ce que tu fais?

-Je veux aller voir de mes propres yeux que Toshirô va bien.

-Il n'est plus ici, l'informa son père. Ils sont tous partis, juste avant notre arrivée à Urahara et moi.

-Comment ça ? Il s'est réveillé, ça y est ? Il va mieux ?

Elle s'était arrêtée devant la porte et posa son regard sur l'un, puis sur l'autre, en attente d'une réponse de leur part.

-Alors?

Ichigo et Isshin semblaient s'échanger une conversation sous silence. C'est le roux qui lui répondit.

-Il y avait trop de monde dans cette baraque! Je ne supporte pas ça! Déclara-t-il en s'arrachant à moitié les cheveux. Et puis de toute façon, on ne pouvait pas le garder chez nous celui là!

Karin le toisa dubitative avant de finalement céder à la déception.

-Vous êtes amis, non? Tu l'as bien laissé dormi chez nous un soir, alors pourquoi?

-Ce n'est pas ça le problème, intervint son père. Ce Shinigami ne pouvait pas rester ici pour une autre raison.

Karin devint encore plus soupçonneuse, et son père comprit qu'on ne pourrait pas lui cacher la vérité plus longtemps.

-Il a fini par être trop instable.

-Instable?


*****



Au retour bredouille d'Ikkaku et Yumichika, les Shinigamis étaient repartis avec Urahara, direction la boutique du marchand. La femme Arrancar avait réussi à prendre la fuite grâce notamment à son absence de reiatsu. Ils n'arrivaient toujours pas à joindre la Soul Society et les soldats de la dixième division ne revenaient toujours pas rendre rapport. Urahara leur expliqua qu'il était déjà en marche de trouver une solution au problème de liaison entre les deux mondes.

Ils avaient tous intégré un gigai, à l'exception d'Hitsugaya toujours inconscient, dont l'état avait évolué de façon étrange. En effet, quelques minutes seulement après la fuite de l'Arrancar, le reiatsu du jeune capitaine se mit à vagabonder de manière incontrôlable, provoquant une chute importante de la température dans le salon des Kurosaki. Pour Rangiku, la seule et unique fois où elle eut été témoin de ce phénomène fut la nuit suivant le jour de sa rencontre avec son supérieur. A cet époque, il n'avait pas encore pris conscience de l'étendu de ses pouvoirs de Shinigami et avait bien failli provoquer la mort de sa grand mère du Rukongai. Depuis, en entrant à l'Institut de Formation Shinigami, il avait rapidement appris à contrôler son reiatsu et avait commencé sa réputation de petit génie. Cette perte de contrôle pouvait selon Urahara, s'expliquer de différentes façons...

-Il est possible qu'il soit tombé dans un stade inférieur de son subconscient qui le détache de toute réalité, exposa le directeur du bazar en se cachant derrière sa tasse de thé. De la même manière, il ne prête plus vigilance à l'énergie spirituelle qu'il dégage.

-Comme une âme prédisposée à devenir Shinigami et qui n'arrive pas encore à contrôler son pouvoir, c'est ça? Interrogea la vice capitaine en connaissance de cause.

-En effet, affirma Urahara. Si tel est le cas, tout devrait rentrer dans l'ordre dès son réveil.

Il y eut un instant de silence. Toutes les têtes convergeaient en direction de la chambre fermée où reposait le capitaine. Sous les portes en papier de riz, s'échappait de la vapeur d'eau suite au phénomène de condensation entre les deux salles. C'était la raison pour laquelle Urahara leur avait proposé de venir chez lui, afin de mieux gérer le problème, plutôt que de rester chez les Kurosaki. Le capitaine répandait un reiatsu glaçant.

-Mais j'ai deux autres hypothèses, reprit le blond coiffé de son éternel bob à rayure. L'une d'elle serait beaucoup plus problématique si cela venait à se confirmer. Je commencerai par la moins inquiétante, mais pas des moins dangereuses.

Les Shinigamis présent attendirent les explications ainsi que Tessai Tsukabishi resté debout près de la porte et Yoruichi, sous sa forme de chat noir, couchée près du directeur du bazar.

-Quand je fus autrefois directeur du Bureau de Développement Technique à la Soul Society, j'ai étudié toutes sortes de faits étranges. Mes recherches sur le sujet que je m'apprête à vous énoncer précédaient celle du Hôgyoku. Cela concerne uniquement les Shinigamis tels que le capitaine Hitsugaya.

-C'est à dire, s’intéressa Rangiku stupéfaite.

-J'allais y venir... On compte très peu de Shinigami dont les hautes capacités sont restreintes par leur jeune âge et par leur corps, qui n'a pas atteint sa maturité. Ces rares Shinigamis voient de ce fait l'accès aux pleins pouvoir de leur zanpakutô limité. J'ai donc cherché à mieux comprendre ce phénomène de restriction et mes recherches m'ont mené sur de très anciennes archives concernant une jeune personne qui avait forcé cette barrière limitant sa puissance. Les conséquences avaient été désastreuses.

-Pourquoi? Demanda Renji.

-Parce qu'il a transgressé les règles établies avec son zanpakutô. Un zanpakutô cherche par nature à protéger le Shinigami avec lequel il s'accorde. C'est pourquoi, si celui-ci estime qu'il n'est pas prêt, il scellera une partie de ses pouvoirs. Cette personne disposait d'un zanpakutô extrêmement puissant et cette perte de contrôle avait parait-il fait des ravages.

-Je n'avais jamais entendu pareille histoire, commenta Yumichika.

-C'est parce que cette histoire c'est passée il y a près d'un millier d'année et que ces archives sont confidentielles. D'ailleurs, je n'irais pas plus loin sur cet exemple. Je vous ais mi au courant du nécessaire afin de vous préparer à ce qui risque d'arriver au réveil du capitaine Hitsugaya. Donc pour conclure la dessus, quand il aura reprit connaissance, il y a des chances pour que cette mésaventure ce répète. En vue de l'attaque que vous m'avez décrit tout à l'heure et des dégâts que cela à causé, je ne serais pas étonné d'apprendre qu'il ai tenté de libérer une force qu'il n'était pas encore tout à fait prêt à maîtriser. Hyôrinmaru est un zanpakutô puissant, et le Shinigami qui le porte l'est tout autant. Soyez prudent.

Tous acquiescèrent avec gravité.

-Et la dernière hypothèse? Quelle est-t-elle? Rappela Rangiku.

Urahara cessa de s'éventer et redressa la tête.

-L'évolution de son état est peut-être en rapport avec la supposée Arrancar de cet après-midi. J'ignore combien de temps s'est écoulé entre l'agression de la jeune Kurosaki et votre intervention. Mais ce qui est sûr, est qu'Hitsugaya était inconscient et donc vulnérable. En conséquent, elle peut être responsable des changements actuels et futurs de son état. Il nous faut enquêter, attendre et voir. Quelque chose de sombre se trame peut-être à notre insu...