Chapitre 18 ~ La vie est telle une flamme. Un jour, elle finit par s'éteindre...

par hitsukarin

Confortablement logé dans ses bras, elle soupira. Même si la douleur était toujours présente, elle se sentait beaucoup mieux. Son odeur, sa chaleur et son torse ferme finit par la détendre entièrement. C'était fou l'effet qu'il lui faisait. En étant aussi mal en point, elle n'aurait jamais pensé que le simple fait qu'il l'a prenne dans ses bras suffirait à la faire se sentir mieux. Beaucoup mieux même. Sa respiration – difficile depuis quelques jours – semblait reprendre un rythme régulier. Ses poumons qui semblait en feu et son cœur, qui semblait se tordre de douleur semblait eux aussi la laisser en paix. Elle savait que c'était psychologique, qu'il agissait comme un placebo, mais cela lui faisait du bien et c'était indéniable.

Ses bras fin l'entourèrent tendrement – comme il savait si bien le faire – et sa voix douce lui murmura qu'il était là pour elle et qu'elle n'était pas seule. Elle sourit.

Ils étaient seuls, ce qui n'était pas arrivé depuis plus d'une semaine. La semaine la plus douloureuse qu'elle ai vécu. Elle était mourante, et son corps le lui faisait bien sentir. Mais le pire restait cependant l'énorme tristesse de voir ses proches la voir dépérir de jours en jours. Ils restaient tous à ses côtés, bien évidemment. Ils s'étaient, mis en tête de la distraire et de faire en sorte que tout soit moins si difficile pour tout le monde. À tour de rôle, chaque jours, ils racontaient une histoire, ou une anecdote, trouvaient un nouveau jeu de société avec lequel jouer, un nouveau film à regarder, un nouveau plat à manger.

Mais les jours passant, son état se dégradait et au fil du temps, elle perdit l'appétit, l'énergie, ou même la force de parler. C'était devenue bien trop douloureux, sa respiration était bien trop irrégulière pour qu'elle ne puisse ne serait-ce que former une phrase. Sa toux s'était aggravé, et elle avait sans cesse le goût immonde du sang dans sa bouche. Le reste du temps, elle dormait, longtemps, et se sentait fatiguée comme après avoir couru un marathon après chacune de ses crises.

Cependant, malgré tout, elle était tellement reconnaissante. Sa famille – qui lui était si précieuse – avait tellement fait pour elle que s'en était éprouvant. Tellement que si elle en avait l'énergie, elle en pleurerait sûrement. De joie, ou de tristesse, elle ne savait pas.

Elle les aimait tellement... Plus les jours passaient et plus elle comprenait que c'était un au revoir, que c'était la fin. Ses peurs, qu'elle pensait avoir enfouie depuis longtemps au fond d'elle, sa mort, qu'elle pensait avoir accepté, tout cela n'avait été qu'un vaste mensonge. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait plus souffrir. Elle voulait que tout cela soit un mauvais rêve. Tout ses bonnes résolutions avait disparu, et elle était complètement effrayée. Elle ne voulait pas partir loin d'eux, elle ne voulait pas d'un monde où ils n'étaient pas là. Jusque là, l'idée même de la mort lui avait été tellement abstraite, tellement absurde, comme si elle cela avait été depuis le début qu'une simple idée dans un futur lointain. Et maintenant qu'elle était devant le fait accomplit, elle ne pouvait que prendre son courage à deux mains et retenir ses larmes, car elle savait bien qu'elle n'était pas la seule à souffrir et que sa famille redoutait aussi ce moment et de toute leur force.

Dans les moments où le désespoir et l’incommensurable tristesse faisait son apparition, il y avait toujours un membre de sa famille qui arrivait à lui changer les idées, sans même qu'ils ne s'en rendent compte.

Elle avait toujours tendance à oublier les mots de Toshiro ; elle n'était pas seule.

Celui-ci la serrait toujours contre lui, toujours avec ces mêmes mots rassurants. Lui qui tout comme elle savait que c'était la toute fin, qu'il ne lui restait probablement un ou deux jours à peine. Elle n'avait pas la force de bouger alors il se contentait de la prendre simplement contre lui, lui murmurant sans s'arrêter des paroles rassurantes, les alliant avec quelques gestes tendres.

Il lui sourit doucement tandis que Karin, bien qu'incapable de produire le moindre son, lui mima des lèvres qu'elle l'aimait. Elle n'était pourtant vraiment pas du genre à s'épandre sur ses sentiments mais il fallait croire que tout cela l'avait changé. Et puis, c'était Toshiro, donc ça ne comptait pas. Il n'y avait qu'avec lui qu'elle pouvait être elle-même sans être excessivement embarrassée.

Elle sourit tristement. Il l'embrassa rapidement, d'une simple pression sur les lèvres puis prit délicatement ses doigts entre les siens, et tout en les caressant, et commença à lui raconter son enfance au Rukongai. Sa rencontre avec Rangiku, la découverte de ses pouvoirs. Et comment il était devenue le plus jeune capitaine du Seireitei.

Il voulait briser ce silence douloureux, lui changer les idées. Il savait qu'elle adorait cette histoire, et surtout, ça lui permettait de se plonger dans son passé et de pouvoir détourner les yeux – même pour un instant – de ce présent si douloureux.



*/*/*



Il venait à peine de finir son histoire qu'Ichigo toqua doucement avant d'entrer. Il sourit à Toshiro, et capta le regard de sa sœur. Une incroyable tristesse dansait à travers ses pupilles, et la gorge de Karin se serra. Sans avoir besoin de mots, elle comprit. Elle aussi se sentirait seule sans lui. Il lui caressa doucement la joue. Elle était chaude, essentiellement dû à la fièvre.

Il soupira douloureusement. Ses mots sonnait comme un adieu. Il n'aimait pas ça. Elle non plus. Mais il savait que le temps était venue de le lui dire.

Si il continuait comme ça, elle allait pleurer et cela remettrait en question tout ce qu'il venait de dire.

Sa voix se brisa un peu vers la fin de sa phrase. Les larmes de Karin coulèrent finalement sans lui demander son avis. De grosses larmes, pour un énorme chagrin. Il s'empressa de la prendre dans ses bras, avec l'aide de Toshiro, tout en retenant lui même l'eau salé qui menaçait de couler sur ses joues. La voir aussi faible lui faisait mal. Karin sanglotait un long moment, son corps frêle tressautant sans s'arrêter contre celui du roux.

Yuzu entra dans la pièce accompagné de son père. Elle serrait fort la main de celui-ci et détournait ses yeux pleins de larmes. Elle n'avait pas eu la force de rentrer toute seule, et ses jambes menaçaient de se dérober sous elle. Pendant plusieurs minutes, elle restait juste dans la pièce, sans dire un mot. Elle ne voulait pas voir sa sœur aussi faible, et voulait juste s'enfuir de cette pièce, de cette réalité, mais elle se devait de montrer qu'elle était là pour elle, qu'elle le serait toujours. Ses larmes coulait librement sur ses joues, à l'image de Karin qui elle, n'avait plus aucune trace du visage indifférent qu'elle avait toujours abordé. La tristesse était beaucoup trop forte pour être ainsi ignoré.

Tandis qu'Ichigo allait consoler Yuzu – qui sanglotait si fort que ses épaules bougeaient frénétiquement – Ishiin pris à son tour sa fille dans ses bras, et sans un mot, lui embrassa longuement le front. Une heure passa ainsi, avant que le père de famille ne décrète qu'il fallait la laisser se reposer.

Toshiro, comme à son habitude, resta à ses côtés. Elle lutta contre le sommeil, voulant encore rester éveillé près de lui à parler, de tout mais surtout de rien.

Il se déplaça pour s'allonger à ses côtés, et l'entoura de ses bras. Elle posa la tête contre son torse, et la chaleur qu'il dégageait était rassurante, et la détendait comme jamais. Il caressa ses cheveux sans un mot.

Il était anxieux. De toute sa vie, il avait rarement eu ce sentiment pesant dans sa poitrine. Il espérait qu'elle ne souffrait pas trop, mais il le voyait. Et c'était insupportable. Mais il ne pouvait s'éloigner d'elle, car ça le serait encore plus. Impuissant, il pouvait seulement voir la jeune femme qu'il aimait s'éteindre.



*/*/*



Toshiro se réveilla soudainement, alerté. Quelque chose le dérangeait, mais il n'arrivait pas à définir quoi. Il devait être à peine six heure du matin, et la pièce commençait doucement à être éclairé par la lumière matinale du soleil.

Soupirant, il passa une main dans ses cheveux avant de poser les yeux sur sa petite-amie. Son premier réflexe, comme depuis ces deux dernières semaines avait été de vérifier le niveau de son Reiatsu. Faible. Beaucoup plus faible que la veille. Il se rendit compte que c'est ce qui l'avait alerté. Elle semblait dormir profondément. Ses deux poings sous son menton, elle était adorable. Son odeur l’enveloppait, quoiqu'un peu corrompu par l'odeur des antiseptique et autres médicaments. Il passa l'une de ses mèches de cheveux soyeuse derrière son oreille et la secoua doucement, n'aimant pas vraiment le fait de la voir aussi immobile. C'était un sentiment nouveau chez lui, comme si il avait constamment besoin de se rassurer sur le fait qu'elle était en vie. Qu'elle était encore.

Elle ouvrit faiblement les yeux et son regard croisa le sien. Elle sourit, ce qui eu pour effet d'effacer momentanément la douleur sur son visage. Il sourit à son tour, embrassa sa joue, puis son nez, qu'elle fronça en souriant encore plus.

Elle posa sa tête contre son torse, enroula ses mains autour de lui, et protecteur, il l'entoura des siens.

Une minute plus tard, son Reiatsu disparu définitivement.

Karin était décédée cette même mâtinée, à 6h07, contre le corps de Toshiro.