Chapitre 11 ~ La famille, c'est le calme dans la vie, c'est l'affection paisible et sans remords...

par hitsukarin

Karin fit la moue. Elle regarda le morceau de charbon informe devant elle. Elle avait essayé de faire un gâteau mais avait misérablement échoué. Pourtant, sur la recette, ça lui avait semblé tellement facile !

Toshiro était sortit pour ce qu'elle devinait quelques Hollow. Personne n'était à la maison, son père était occupé avec ses patients – nombreux avaient été victimes du verglas sans parler de la grippe qui tournait –, et après avoir longuement tourné en rond, elle avait décidé d'en profiter pour s'essayer à la cuisine. Elle soupira. C'était définitivement pas son truc. Un peu déçu, elle se résigna à demander de l'aide à sa sœur quand celle-ci rentrerait des cours. Finalement, elle lui envoya un message en lui demandant de passer par une pâtisserie.

Elle se résolut finalement à tout nettoyer avant que les plats soit eux-même irrécupérable et éteignit le four. Dire que Yuzu lui avait interdit l'accès à la cuisine. Si elle ne se dépêchait pas, elle risquait la crise de nerf de celle-ci.

Quand, après plus d'une demie-heure à frotter elle avait enfin réussit à tout nettoyer, elle s'affala lourdement sur le sofa. À nouveau, elle soupira. Ce n'était pas son genre de se mettre à la cuisine, et ça ne l'avait jamais passionné plus que ça, mais elle n'avait eu de meilleurs idées. Matsumoto était venu quelques jours plus tôt, et en avait profité pour boire autant qu'elle le pouvait avec son père. Mais peu avant qu'elle ne soit totalement ivre, elle lui avait avoué au court d'une conversation que l'anniversaire de Toshiro était le vingt décembre. Elle n'était pas au courant et même si c'était trop tard, elle voulait au moins lui offrir quelque chose.

Elle ne pouvait pas encore sortir pour le moment pour lui chercher un cadeau, car il faisait encore trop froid. D'ailleurs son père lui avait promis qu'au printemps, elle n'aurait plus à rester cloîtré dans sa chambre et qu'elle pourrait sortir autant qu'elle le voulait. Ça la soulageait vraiment, elle ne le disait pas mais elle détestait rester enfermé toute la journée, alors qu'elle avait toujours eu l'habitude de sortir des journées entières parcourir le quartier avec ses amis.

Un sourire triste naquit sur son visage. Ses amis... Son regard se porta sur le meuble du salon derrière elle. Un bon nombre de paquets de lettres, des bouquets de fleurs, des fruits, chocolats et autres paquets divers y était entreposé. Certains de ses voisins, amis, de ses camarades de classe ou encore de ses professeurs. Elle en recevait tout les jours. Elle s'était alors rendu compte qu'elle était entouré de beaucoup de monde, et cela l'avait vraiment touché.

Ses amis lui manquait énormément. Elle faisait en sorte de ne pas y penser mais c'était vraiment difficile. Alors qu'autrefois elle les voyait tout les jours, couper tout contact avec eux du jour au lendemain à vraiment été dur. Pas que pour elle apparemment. Elle recevait encore tout les jours des lettres de leurs part, mais elle n'avait pas le courage de les lires. Ils n'abandonnaient pas, même si ils n'avait pas de réponses. Karin avait fait un choix. Elle savait à quel point sa maladie évoluerait. Et c'est parce qu'elle le savait qu'elle avait choisit de s'éloigner du plus de monde possible.

Finalement, elle se décida à se changer les idées, ses pensées prenant une tournure désagréable. Elle alluma la télévision en quête d'un programme divertissant.

Il passait beaucoup de temps ensemble dernièrement, en famille. Sa maladie avait au moins comme bon côté de les avoir rapproché encore plus. Ichigo surtout, faisait tout son possible pour laisser sa sœur seule le moins possible.

Il faisait ses devoirs à ses côtés, tout en lui parlant de sa journée, ses amis, ou ses derniers exploits culinaire. Vivant seul, il avait du apprendre à se nourrir convenablement et, même si ce n'était pas facile, il était fière de se débrouiller suffisamment pour ne pas s'empoisonner.

Il n'avait pas eu son mot à dire et il fallait avouer que ça faisait un bail qu'il n'avait pas passer de temps ensemble. Karin se souvenait vaguement d'eux, mais surtout qu'il était de bons amis à Ichigo. Karin se renfrogna un peu. Tout le quartier savait dorénavant qu'elle était malade et elle ne comprenait toujours pas comment l'information avait pu se répandre aussi vite. Elle l'avait su quand ses voisines s'étaient soudainement réunit ici et avaient imposé leur plats et conseils de vies. Ça avait fait rire Toshiro (elle avait adoré voir son visage souriant, c'était si rare) et son père s'était émerveillé de leur voisinage.

Ichigo regardait sa sœur rire et son cœur s'apaisa un peu, comme toujours quand elle semblait perdre son masque d'indifférence.

Karin détourna soudainement le regard mal à l'aise.

Il savait qu'il n'était pas vraiment un génie pour ce qui était des relations qui l'entourait et de la compréhension des sentiments des autres, et le comprenait souvent à ses dépends. Mais il avait bien vu qu'il y avait toujours eu quelque chose qui les... liaient en quelque sorte. Mais cela ne l'avait pas empêché d'être surpris. Qui aurait cru que ce capitaine si froid tomberait amoureux de sa sœur et vice-versa ? Il se demandait parfois comment ça avait pu arriver. Cependant, quand il les voyaient à deux, il ne pouvait que penser qu'au contraire, c'était évident.

Non pas qu'il désapprouvait leur relations. Il n'avait pas vu Karin si vivante depuis longtemps. Pareil pour Toshiro, qui semblait différent en présence de sa sœur. Ichigo avait compris qu'il l'aimait sincèrement, le capitaine n'était pas du genre à s'investir si ce n'était pas réellement sérieux, et il savait qu'il l'a protégerais à sa place quand il ne le pourra plus. Il savait aussi qu'elle se sentirait moins seule, et ça l'avait en quelque sorte soulagé. Elle serait épaulé là-bas aussi.

Ichigo s'en amusa franchement. Il décida de la taquiner.

Karin tritura ses doigts, gênée. Pourquoi son frère s'intéressait-il soudain à sa relation avec Toshiro ?

Elle se trémoussa, le joues plus rouge que jamais et se mit cette fois-ci à jouer avec ses cheveux nerveusement, regardant partout sauf en direction de son frère.

Maintenant, ses épaules tremblait légèrement tant il voulait rire, amusé par la réaction de sa sœur. C'était si peu... Elle. Ou était passé son calme légendaire ?

Ichigo explosa finalement de rire, n'essayant même plus de se retenir.

Ichigo rit encore un bon moment, avant de s'essuyer une petite larme sur le coin de l’œil. Riant encore un peu, il l'a rejoignit dans la cuisine, où elle épluchait une pomme, dos à lui.

Elle était si petite comparé à lui et semblait encore si gênée qu'il eu presque des remords.

La perspective de vacance avec sa famille et ses amis l'enchantait, mais encore plus avec Toshiro. Passer trois jours entier ensemble la rendait presque impatiente. Ils se voyaient tout les jours, mais pas assez à son goût. Il devait remplir sa mission sur Terre et ça lui prenait beaucoup de temps.

Ils entendirent la porte de l'entrée claquer.

Les joues un peu rouge – sûrement dû à la morsure du vent glacé –, ses yeux pétillant et ses cheveux en bataille les laissèrent supposer qu'elle était de bonne humeur et qu'elle avait passer une bonne journée.

Elle déposa un paquet dans le réfrigérateur avec un clin d’œil discret à sa sœur.

Leur père entra à son tour dans la pièce, sa blouse encore sur lui et avec quelques cernes sous les yeux. Il avait cependant encore assez d'énergie pour charrier son fils. Ichigo se mit à leur parler de leur prochains voyage aux sources chaudes avec entrain. Son père, emballé, commençait déjà à tout préparer avec sa fille.

Karin les laissa et partit dans la salon. Elle voulait manger sa pomme tranquillement, sans qu'ils ne lui cris dans les oreilles. Toshiro sera sans doute là dans quelques minutes, il rentrait généralement peu après Yuzu. Elle se posa sur le fauteuil et attendit devant la télévision. Du coin de l’œil, elle vit son père et sa sœur lui jeter un regard curieux.

Yuzu tout comme son père, étaient du genre à observer sa relation avec le capitaine de près. Trop près. Le côté romantique de Yuzu était dangereux, mais était bien pire quand elle s'alliait avec son père pour écouter aux portes. Elle les avaient souvent vu faire ce même manège quand Ichigo rentrait avec une fille à la maison autrefois. Elle n'aurait jamais penser être leur cible un jour mais elle aurait dû s'en douter.

Toshiro dans ces moment là, se contentait de soupirer mais elle pouvait apercevoir la commissure de ses lèvres s'étirer doucement.

Son cœur se réchauffa à sa pensée. Ses sentiments continuait de grandir pour lui, et elle ne savait même pas que c'était encore possible. Elle appréciait les moments où il la couvait de son regard azur avec tant de tendresse quand il venait lui rendre visite. Elle pouvait voir cet éclat dans ses yeux, à peine perceptible mais bien présent.

Elle s'affala sur le fauteuil et s'étira comme un chat. Elle sursauta quand elle sentit la main fraîche de Toshiro caresser sa joue. Elle entendit vaguement des petits cris surexcité dans la cuisine, et elle décida de les ignorer. Son cœur se mit à battre un peu plus vite. Elle n'avait même pas remarqué qu'il était là, et il fallait dire qu'avec le shunpo, c'était pas si étonnant.

À ce propos, il lui avait parlé de toute sorte de choses de l'autre monde. Elle savait à peu près comment fonctionnait la Soul Society et étonnement, alors qu'avant elle ne voulait pas en entendre parler, elle était de plus en plus curieuse à propos de ce monde, là où vivait Toshiro. Elle s'était surprise à apprécier les moments où il lui racontait des petites histoires passé là-bas, le soir, quand il veillait à ses côtés comme il en avait pris l'habitude.

Il la détailla. Elle avait ramené ses cheveux en un chignon lâche, s'était habillée chaudement et avait le regard plus vif que d'habitude. Elle avait l'air d'aller mieux.

Il s'abaissa à son niveau pour éviter qu'elle ne se relève. Même accroupi, il était encore trop grand. Un doux sourire discret adoucissait ses traits. Ses yeux se perdirent dans les siens et durant quelques secondes, elle oublia tout. Elle lui fit un grand sourire et passa les mains autour de son cou. Il s'approcha un peu plus et entoura sa taille de ses bras. Il la serra fort contre elle et tout deux pouvait ressentir la chaleur de leur corps. Karin blottit sa tête contre sa nuque, tandis que Toshiro se mit à caresser doucement son dos.

Elle se fichait que sa famille pouvait les voir en cet instant, trop occupé à penser à lui. Elle trouva ses lèvre et il échangèrent un tendre baisé. Ses lèvres étaient fraîche, et elle adorait ça.

Il se posa à ses côtés et elle se roula en boule contre lui. Son torse était ferme, mais chaleureux. Elle s'y sentait toujours en sécurité.

Il jouait avec une de ses longues mèches de ses cheveux doux, et elle lui racontait sa journée. Bien que maigre en événements, elle trouvait toujours quelque chose à lui dire.


*/*/*


Pendant ce temps là, Yuzu sautait sur place, les joues rouges et regardait son père qui tapait des mains, ravis.

Il frissonna un peu. Il se souvient encore des moments où il était à la place de Karin, à se faire espionner de la sorte. Ishiin rit doucement suivit de Yuzu. Ils savaient tout deux qu'il était encore amer d'avoir été pris plusieurs fois pour cible de leur part.

Ichigo soupira mais sourit. Lui aussi avait hâte.


*/*/*


Keigo sauta sur le roux comme à son habitude. Et comme toujours, il se retrouvait à terre. Mizuiro salua son ami de façon moins sauvage et sourit poliment à Rukia, non loin d'eux, assise sur le sofa à lire un des magasines que Yuzu lisait. Celle ci sourit et leur fit un vague signe de la main, ne prenant même plus la peine d'être polie comme autrefois, quand ils étaient au lycée. Elle lisait un chapitre sur les nouvelles tendance en matière de peluche et ça l'intéressait fortement.

Yuzu sortit de la cuisine avec un sourire adorable sur le visage, un plateau de douceurs en tout genre dans les mains, suivit de Karin qui elle tenait une sucette à la cerise entre ses doigts. C'était celle qui son père donnait aux enfants de la clinique qui n'avait pas pleuré après une piqûre. Il lui avait donné car elle avait courageusement pris tout ses médicaments, avec un sourire idiot sur le visage. Même si ça l'avait agacé qu'il la prenne pour une enfant, elle avait tout de même accepter la sucrerie.

Il était presque sur le point de pleurer. Elles étaient de véritable cannons. Ichigo soupira et passa une main dans ses cheveux. Plus d'une fois on lui avait dit que ses sœurs étaient mignonnes, il aurait du prévoir la réaction de son ami. Il n'avait pas vraiment changé depuis le lycée...

Karin les salua tandis que Yuzu leur proposaient gentiment les mets sur le plateau. Les deux arrivants notèrent que la benjamine se portait plutôt bien. Ils savaient bien évidemment aussi pour sa maladie. Mais ils ne firent cependant aucun commentaire. Ils s'étaient décidés sur le chemin qu'ils seraient là pour leur ami, quoi qu'il arrive.

Ils avaient sûrement pleins de choses à se raconter depuis le lycée.



*/*/*



Les jours suivants, elle se sentit faible. Tellement qu'elle avait préféré rester dans son lit. Cela faisait presque une semaine qu'elle se reposait. Souvent, son frère était à son chevet avec des amis ou son père s'installait comme à son habitude non loin d'elle, des dossiers pleins les bras. Le soir, c'était Toshiro qui restait près d'elle, étant comme toujours occupé la journée. En ce moment même, c'était Yuzu qui était là et qui coupait des quartiers de pommes en forme de lapin, tout en parlant de son dernier rendez vous en date avec Jinta, ou de la façon donc elle avait cuisiné son dernier pot au feu.

Son téléphone vibra. « Naomi-sensei » s'afficha sur l'écran de son portable. Elle décrocha. Sa sœur l'interrogea du regard et elle haussa les épaules.

Elle l'entendit soupirer à l'autre bout du combiné suivit d'un vague bruit de touches de clavier. Comme à son habitude, elle devait être sur son ordinateur à taper des documents ou des ordonnances. Elle ne s'arrêtait jamais. Karin ne pu retenir un sourire.

Elles parlèrent encore un moment avant de raccrocher.

Faut dire qu'elle avait eu le temps de sympathiser. Elle avait passé beaucoup de temps avec la médecin ces dernières années. C'est la seule personne avec qui elle avait pu parler librement, et ne pas faire semblant d'aller bien, en plus du fait qu'elle était d'un grand soutien. Elle l'avait couverte auprès de son père tout ce temps, bien qu'elle lui sommait de lui en parler quand lui venait un élan de lucidité.

Karin hocha la tête tandis que ses lèvres s'étirait à nouveau.

Toute les habitants de la boutique d'Urahara se joignait au voyage aux sources chaudes. Sans parler des amis de son frère, ils allaient être nombreux durant ce voyage.

Karin sourit à son tour, avant de tousser doucement, la main devant sa bouche.

Elle lui omit le fait qu'elle avait la tête qui tournait et son cœur qui lui lançait. Karin reconnaissait bien ces symptômes là. En général, il annonçait un prochain malaise. Elle ne pouvait rien y faire.

Elle ne mentait pas vraiment. Un fois le malaise passé et avec un peu de repos, elle était sûre d'être de nouveau sur pied... Jusque la prochaine crise.

Yuzu hocha la tête, peu convaincue mais décida de changer de sujet. Elle commença à lui demander conseil sur la tenue qu'elle devrait porter pour son prochain rendez-vous avec Jinta. Avec ce froid, elle trouvait difficile de mettre des vêtements mignon.

Karin essaya pendant une demie-heure de convaincre sa sœur que peu importait les vêtements qu'elle mettait, elle était mignonne.

Elle toussa à nouveau. Plus fort cette fois.

Sa gorge lui brûlait et elle reconnut le goût familier du sang dans sa bouche. Puis vint le sentiment familier et douloureux dans sa poitrine, qu'elle comprima machinalement. Les battements de son cœur résonnait dans ses oreilles.

Elle disparu quelques secondes avant de réapparaître avec Ishiin cette fois-ci. Yuzu avait vu sa sœur aussi pâle que quelques fois seulement mais, c'était toujours aussi douloureux. Elle aurait voulu la soulager de sa souffrance, de pouvoir faire quelque chose. Ses lèvres se mirent à trembler et elle s'obligea à ne pas pleurer. Ichigo entra à son tour dans la pièce, visiblement inquiet. Il prit Yuzu dans ses bras pour la rassurer, la voyant sur le point de pleurer.

Ils n'étaient pas dupe. Sa respiration haché et son teint pâle était bien trop suffisant pour lui prouver le contraire.

Pourtant, Karin ne mentait pas. Elle avait connu pire et elle savait que ça allait passer. Aussi triste que ça pouvait l'être, elle avait l'habitude, même si la douleur était la seule chose à laquelle elle ne se faisait pas.

Ishiin se mit à injecter du produit dans sa transfusion. Il lui caressa doucement la tête.

Elle hocha brièvement la tête, puis, quelques secondes plus tard, sa tête retomba doucement sur l'oreiller. Avec l'aide d'un mouchoir, Ishiin ressuya doucement le sang sur le coin des lèvres de sa fille, le visage grave. Il la releva ensuite délicatement, une main son dos et plaça un masque à oxygène sur son visage.

Il savait que c'était déjà ce qu'elle faisait. Il savait qu'elle passait ses journées entières dans son lit. Ce constat l'alarmait. Elle devenait de plus en plus faible.

Il la couvrit un peu plus avec un draps supplémentaire et augmenta la température de la pièce.

Elle hocha la tête et suivit son père hors de la pièce, non sans un dernier regard envers sa sœur. Avant de sortir, il tapota l'épaule de son fils en lui demandant de ne pas trop s'en faire.

Ses yeux se fermèrent d'eux même et elle s'endormit profondément quelques secondes plus tard.

Rukia entra dans la pièce, et se mit aux côtés d'Ichigo, qui avait les poings serrés.

Rukia se posa aux côté du roux. Elle savait qu'elle ne pourrait rien dire qui le soulagerais, ainsi elle se contenta de rester à ses côtés.



*/*/*


Comme à son habitude, le capitaine Hitsugaya était assis sur la rambarde de la fenêtre de la chambre de Karin et attendait son réveil. Il avait eu écho de ce qu'il s'était passé plus tôt. Ça l'inquiétait terriblement. L'idée qu'elle puisse être emporté par la maladie alors qu'il est en mission l'angoissait, et il n'arrivait pas à se faire à toute ces émotions. Il n'arrivait pas à penser à autre chose. Il regarda la lune et soupira. Il ne devait pas penser à ça. Elle allait mieux et s’inquiéter n'y changerais rien.

Il laissa ses pensées vagabonder en regardant les feuillages d'un arbre remuer au gré du vent.

Quand est-ce que ses sentiments pour Karin avaient-ils évolué ?

Il n'était pas du genre à s'attacher facilement, et encore moins d'une humaine. En tant que Shinigami, il avait toujours réussit à faire la part des choses. Certes, il s'était autorisé cette amitié étrange qui les unissait peu après leur rencontres. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme elle. Fragile et forte à la fois, têtu et courageuse comme son frère, aimante et amicale comme sa sœur... Elle était bien une Kurosaki.

Mais contrairement à eux, elle cachait constamment ses vrais sentiments. Tout le temps. Mais pas pour se protéger. Ça avait toujours été pour protéger les autres. Même si elle était la joie de vivre incarnée, personne n'arrivait vraiment à voir quand elle était triste.

Un fin sourire pris place sur son visage. Étrangement c'était aussi une facette de sa personnalité qu'il aimait.

Quand ils s'étaient rencontrés, elle n'avait pas eu l'air d'avoir peur de lui à cause de sa couleur de cheveux. Alors que c'était la principal raison pour laquelle il avait toujours était si associable. Elle ne l'avait jamais jugé sur son caractère de glace non plus. Elle l'avait toujours vu et apprécié comme il était, à sa juste valeur.

À ses côtés, il avait souvent oublié ses fonctions de capitaine, le poids qui incombait ses épaules. Il se voyait de temps en temps, s'amusait presque avec insouciance... Elle est rapidement devenue une précieuse amie.

Puis il l'avait vu sourire. Pour de vrai, juste une fois.

Ce jour là, il avait crée de la neige avec Hyorînmaru – elle avait insisté longtemps avant qu'il ne cède – et avait même fait un bonhomme de neige. Il lui avait tendu, et elle l'avait délicatement tenu entre ses mains en coupe.

Il n'avait pas tout de suite compris. Il n'avait jamais ressentit ça. Il s'était simplement dit ce jour là qu'il voudrait la voir sourire à nouveau. Puis étrangement, c'était rendu compte qu'il voulait être la cause de son sourire. Dérangé par cette réflexion, il l'avait immédiatement chassé.

Puis peu à peu, et avec le temps, il ne pouvait plus ignorer ses sentiments – si nouveau chez lui – et qui prenait plus de place avec le temps. Il avait pu mettre un nom à tout ce qu'il ressentait. L'affection, la tendresse, la possessivité ; L'amour.

Et quelques mois plus tard, il pouvait voir à quel point leur amitié était ambiguë. Il passait beaucoup trop de temps sur Terre, et il savait que leur hypothétique relation ne verrait de toute façon jamais le jour, peu importe à quel point il était était attaché à elle. Peu importe à quel point il l'aimait.

Puis la chambre des 46 avait souhaité enquêter sur ses allers et venues, par pur formalité, et il s'était aussi rendu compte à quel point il la mettait bêtement en danger. Et il avait coupé tout contact, peu importe à quel point ça les blesserait tout les deux.

Il savait et pouvait affirmer qu'elle l'avait rendu plus humain. À ressentir toutes sortes de palettes d'émotions. Il voulait constamment lui parler. Savoir comment elle allait. La toucher... Ou juste être à ses côtés.

Karin était vraiment belle, mais il détestait les regard que sa beauté suscitait, détestait quand d'autres l'approchaient, mais il ne pouvait rien y faire. Parce qu'il était son simple ami. Et le capitaine Hitsugaya Toshiro, de la dixième division.

Jusqu'à peu. En vérité, il avait encore du mal à y croire. Maintenant, il pouvait lui parler librement, embrasser ses douces lèvres ou encore la prendre dans ses bras. Elle ressentait la même chose que lui, et il savait qu'ils étaient des personnes spéciale l'une pour l'autre. Elle lui confiait ses secrets, ses craintes, lui montrait ses vrais sentiments. Elle ne se cachait pas sous un masque en sa présence. Et il adorait la confiance qu'elle lui accordait, sans pour autant l'avouer.

Il aimait la façon qu'elle avait de prononcer son prénom. Il tourna son visage vers elle et vit qu'elle le regardait en se frottant lentement les yeux avec ses poings. Elle avait retiré son masque à oxygène, et celui-ci pendouillait le long de son cou. Ses longs cheveux, comme à leur habitude encerclaient son visage fin et contrastait avec sa peau diaphane. Il s'approcha d'elle, s'assit à ses côtés sur le grand lit et lui pris la main.

C'était devenue naturelle, ces petits gestes qui semblait anodin mais qu'ils ne s'étaient jamais autorisé. Elle posa son regard sur leurs mains se mit à les comparer. De son pouce, il caressait le dos de sa main, de ses longs doigts fin, et elle pouvait voir à quel point elle était grande en comparaison de la sienne qui semblait vraiment minuscule.

Puis elle leva son visage vers lui – qui semblait inquiet –, et posa sa main libre sur sa joue pour le rassurer, avant de sourire doucement. Sa paume recouvrait à peine sa joue mais elle ne s'en soucia pas. Il ferma les yeux et se laissait juste faire. Puis, distraitement, elle passa ses doigts dans ses cheveux et comme toujours s'étonnait de leur douceurs. Elle les adorait. Indomptable, soyeux... D'ailleurs, ceux-ci était assez long pour qu'il puisse les attacher si il le voulait... Il soupira, les yeux toujours fermé, et passa finalement son bras libre autour de la jeune fille et serra son corps souple contre lui. Il enfouie sa tête sur son épaule tandis qu'elle se détendait, ainsi blottit contre lui.

Puis elle se rendit compte qu'elle venait à nouveau de s'excuser et rit doucement. Toshiro resserra sa prise en l'entendant rire et se mit à caresser son dos.

Sa main caressait encore ses cheveux, tendrement. Il se réconfortait l'un l'autre, silencieusement.

Il voulait juste lui dire. Qu'elle l'entende à nouveau. Qu'elle sache qu'il était là pour elle. Il n'arrivait pas à conserver son attitude froide et distante quand il était à ses côtés. Elle était parvenue à détruire tout les murs et les barrières de son cœur il y a bien longtemps.

Karin sentit son cœur battre plus vite, et elle savait que son visage devait sûrement être cramoisie, mais tenta de se calmer. Elle se rendit compte qu'il avait vraiment dû être inquiet pour qu'il se confesse à nouveau, bien qu'elle n'allait pas s'en plaindre, et elle se sentit coupable de lui faire ressentir ça. Toute cette tristesse.

Ils restèrent un moment dans les bras l'un de l'autre, sans, ni rompre leurs caresses, ni briser le silence.



*/*/*



Assise entre Toshiro et sa sœur, et Ichigo et Rukia à quelques mètres d'elle, Karin écoutait son père parler. Il avait soudainement tenu à faire un réunion de famille pendant leur repas. Son père avait décrété que Toshiro était son gendre – ils semblaient d'ailleurs plutôt bien s'entendre, étonnement – ce qui avait fait grommeler l'intéressé. Et Rukia était depuis un bon moment sa troisième fille.

Il n'attendit pas de réponse et enchaîna.

Karin prit son verre d'eau et le porta à ses lèvres. Elle se demandait bien de quoi il parlait. Sa sœur, elle, s'était arrêté de manger pour l'écouter, Toshiro, semblait carrément l'ignorer et Rukia quant à elle, était clairement emballé.

La brune manqua de s'étouffer et sentit son petit-ami tapoter doucement son dos en soupirant.

Il rit grassement, fière de lui.

Karin émue, écouta le reste de la conversation distraitement. Dans ses pensées, elle eu pour une fois du mal à garder son masque d'indifférence. Elle sentit la main de Toshiro prendre la sienne sous la table. Quand elle leva les yeux vers lui, elle vit cette lueur qu'elle aimait tant sur son visage.

Comme toujours, il l'a soutenait.