Chapitre 10 ~ Une minute dans la nuit...

par hitsukarin

Posée sur son lit attitré dans la clinique, Karin feuilletais un magasine sans vraiment le lire. Dans ses pensées, elle n'arrêtait pas de gigoter. Son père, assis non loin d'elle, avait des dossiers sur lesquelles il était plongé et avait passé l'après-midi dessus.

Elle posa le magasine, renonçant à le lire et soupira. Toshiro n'avait pas été là de la journée, et d'une certaine façon, il lui manquait, mais quelque chose d'autre la taraudait.

Elle avait hésité toute l'après midi mais c'était enfin décidée. Il fallait qu'elle parle à ses amis, à qui elle n'avait toujours pas donné de nouvelles. Il arrêta ce qu'il était entrain de faire et se massa le coup, visiblement tendu. Il avait l'air fatigué et avait apparemment besoin d'un bon massage.

Il la regarda un instant et sembla comprendre à quel point ça l'importait, c'est pourquoi il n'insista pas.

Il lui fit un vague signe de la main pour toute réponse et elle partit s'habiller. Il fallait monter des escaliers pour accéder à l'étage et elle se rendit compte que ce simple effort l'avait essoufflé. Elle s'habilla en vitesse, avec un gros pull en laine et un jean simple, elle passa de grosses chaussettes, et fit une queue de cheval avec ses long cheveux.

Elle redescendit et fini de se préparer. Elle mit son portable dans sa poche.

Elle sourit et se mit en route. Elle salua ses voisins, et traversa son quartier pour rejoindre le lycée. Une fois devant, elle entra à l'intérieur. Elle était en face des casiers où l'on mettait ses chaussures et d'une certaine façon, tout ça lui manquait. Elle se rappelait les matinées qu'elle avait passé à cet endroit et où elle enfilait ses chaussons tout en pestant parce qu'elle était encore en retard... Bien que ça lui semblait être une autre époque... Elle marcha à travers les couloirs pour accéder à la classe de sa sœur. Quelques personnes la saluèrent sur son passage.

Elle se retourna et fit face à son ancien professeur de mathématique.

« Je suppose... ». Elle se sentit mal à l'aise. Il l'a regardait différemment... Avec cette touche une touche de compassion qu'elle détestait. Elle savait que c'était purement bienveillant de sa part mais elle ne pu s'empêcher de couper court à la conversation. Il allait rajouter quelque choses mais elle ne lui en laissa pas le temps.

Elle se pencha légèrement par politesse avant de tourner sur ses talons et d'aller en direction de la classe de sa sœur. Elle l'a repéra au loin, avec ses amies et lui fit un signe de la main.

Avant même de se retourner, elle savait que c'était Ryohei et Kazuya.

Sa gorge se serra. Elle était venue pour leur parler, alors il ne fallait pas qu'elle se dégonfle. Elle prit une grande inspiration et serra les poing.


*/*/*


Elle détourna les yeux. Elle était finalement rentrée avec sa sœur et mais s'était tout de suite isolée dans sa chambre à la clinique. Elle se souvenait encore parfaitement la discutions qu'elle avait eu avec ses amis, elle se souvenait leur avoir avoué la vérité. Puis leur avoir demandé de ne plus jamais venir la voir.

Même si c'est une chose qu'elle avait elle même décidé, elle avait souffert à chaque phrases qu'elle avait prononcé.

Leur monde était trop différents depuis le début. Elle voyait des fantômes, des Hollow et des Shinigami. Elle vivait en étant parfaitement à l'aise avec ce monde là. Et eux... Ils étaient ses meilleurs amis. Normaux. Ils lui apportaient un semblant de normalité depuis toujours. Ça n'avait pas toujours été évident de vivre avec ce secret et de ne rien dévoiler. Mais ça n'avait pas été aussi dur que de leur annoncer qu'elle allait mourir et que par la même occasion, elle coupaient court à leur amitiés. Il n'y avait plus d'espoir à présent.

En vérité, elle avait pu aisément deviner leur sujet de conversation. Elle était juste déstabilisée par le regard de sa sœur, elle avait l'air de se sentir si seule...

Pourtant, Karin leva la tête et lui sourit. Elle pensa qu'elle n'avait pas besoin de l’inquiéter d'avantage.

Yuzu, surprise autant par son changement d'humeur que par son changement de sujet et ne répondit pas tout de suite. C'est vrai qu'elle n'avait pas eu l'occasion de reparler depuis... Elle savait de quoi elle parlait, de la fois où elle avait surprise sa sœur entrain d'embrasser Toshiro. Yuzu s'était un peu sentit mise encore une fois à l'écart, sa sœur semblait avoir tellement de secrets... Alors qu'avant, elles ne se cachaient rien.

Sa sœur rit et joua nerveusement avec une mèche de ses cheveux.

Elle sourit en y pensant, avant d'ajouter :

Yuzu rit.

Yuzu rit nerveusement avant de changer de sujet.

Elle plaça machinalement sa main sur sa poitrine.

Un silence pesant s'installa avant qu'elle ne reprenne la parole.

Karin tritura la manche de son pyjama en baissant la tête.

Karin grogna en marmonnant un « N'importe quoi ! », ce qui fit encore plus rire sa sœur. Une demie-heure plus tard, Yuzu prétexta la préparation du dîner pour qu'elle puisse avoir un moment avec Toshiro, qui venait de rentrer. Avoir de sortir de la pièce, Yuzu adressa discrètement un mot au capitaine. Un seul.

« Merci... ».


*/*/*


Du toit où elle était posé avec Toshiro, Karin regardait la foule, dense et surexcité au vu de cette nouvelle année. Le temple était plein, sa famille quelque part dans la foule. Karin ne parvenait pourtant pas à être heureuse ou à ressentir l'euphorie ambiante. Cette année encore, elle se demandait si elle aurait la chance de pouvoir la terminer. Même si elle savait que c'était impossible. Ce n'était plus qu'une question de semaines. Elle le savait, elle le sentait.

Elle pensa à la nouvelle année qui se profilait. À ses nouvelles résolutions. Elle y avait pensé depuis tellement longtemps déjà... Elle pensa donc que c'était le moment.

Il se tourna vers elle. Elle avait ce regard qu'il parvenait maintenant à reconnaître, un regard froid et tendu. Mais aussi terriblement triste. Elle était comme ça que quand elle laissait tomber son masque d'indifférence, et que la tristesse que sa maladie provoquait reprenait le dessus sur ses sentiments.

Elle secoua la tête.

Il ne répondit pas, étonné. En vérité, il ne savait pas quoi répondre. Soudainement elle se mit à sourire, comme si de rien n'était.

Il se demandait comment elle pouvait parler de sa propre fin avec un sourire. Il soupira et hocha la tête. Elle sourit et son regard se perdit au loin, dans la foule qui semblait euphorique. Minuit venait de sonner, et la fatigue l'envahissait. Mais elle refusait de dormir, ce soir, elle n'avait pas le droit, pas ce soir.

Autrement dit, voir le premier levé de soleil de l'année. Elle caressa doucement son Kimono du nouvel an, d'un jolie violet foncé. Elle avait aussi fait un jolie chignon, bien que quelques mèches retombait autour de son visage.

Elle regarda le ciel en soupirant.

Toshiro songea que le soleil se levait dans quelques heures. Mais ça ne le dérangeait pas d'attendre, il s'inquiétait plus pour Karin. Rester une nuit dehors avec ce froid d'hiver était dangereux. Il retira sa veste et la mit sur ses épaules, puis enroula son écharpe autour de son cou, avant de la prendre dans ses bras. Le froid ne le dérangeait pas, bien au contraire.

Elle se laissa faire sans rien dire, après tout, elle adorait quand il prenait soin d'elle. De la neige commençait à tomber et Karin sourit. Comme à son habitude, elle mit sa paume vers le ciel pour y accueillir les flocons dans le creux de sa main.

Elle sourit, pensive. Cette saison l'avait toujours fait penser à Toshiro. Il représentait à lui même cette saison froide, autant par sa personnalité que par son physique.

Contrairement au printemps et l'été où tous prenait vie, s'épanouissait, à l'automne où tout mourait. L'hiver était une trêve.

Il sourit, habituellement, on préférait l'été et la chaleur qui l'accompagnait. Mais fallait croire qu'elle n'était vraiment pas comme les autres.

Elle posa son index sur son menton, signe qu'elle réfléchissait. Elle avait tellement d'idée que tout se bousculait dans sa tête.

Le capitaine sourit à nouveau.

Bien sûr, c'est ce qu'elle avait prévue initialement, avant qu'elle ne recommence à fréquenter Toshiro. Mais maintenant, il était à ses côtés. Et elle s'était rendu compte que c'était avec lui qu'elle voulait faire toute ces choses.

Il sourit tendrement.

Ils parlèrent encore un peu, de tout et de rien, mais surtout de rien. Et encore une fois, elle s'étonnait de voir qu'ils pouvaient aussi rester longtemps sans parler, et que la simple compagnie l'un de l'autre leur suffisait amplement.

Derrière lui, à sa droite, Rukia, Matsumoto, Inoue, et Tatsuki, qui riait entre elles. À sa gauche, il y avait Chad et Ishida et Renji, Ishiin et Urahara, Jinta, Yuzu et Ururu. Elle fut impressionné de voir autant de monde, mais surtout, de les voir tous en Kimono. Il se saluèrent tous et se posèrent de part et d'autre sur le toit.

Ishiin rit grassement, visiblement de très bonne humeur, tout comme Matsumoto et Urahara. Ils avait dû abuser d'Amazake, -un alcool léger et sucrée qui est servit qu'en l'occasion du nouvel an- et avait les joues rougit.

Ururu et Yuzu posèrent des sacs où pleins d’en-cas en tout genre se trouvait, ainsi que des boîtes repas.

Il semblait rassuré et hocha la tête pour toute réponse. Beaucoup complimentèrent Yuzu pour sa cuisine et la discutions allait bon train.

Karin sourit. Personne n'avait fait de remarque quant au fait qu'elle était dans les bras du capitaine et qu'elle portait son gilet et son écharpe. Personne n'avait l'air de se soucier de leur proximité, pas même Matsumoto. Elle leur en fût reconnaissante.

Rester toute la nuit éveillé ne serait pas facile, surtout dans ce froid. Et tout ça pour voir le premier levée de soleil avec elle... Elle se rendit compte de la chance qu'elle avait d'avoir un entourage pareil. Elle avait demandé – en premier lieu – à Toshiro car il ne craignait en aucun cas la température hivernale, mais aussi et surtout parce qu'elle adorait sa compagnie.

Elle était rester trop longtemps loin de lui, alors elle profitait de l'occasion pour rester le plus possible à ses côtés.

Mais elle ne savait pas que sa famille et leur entourages se joindrais à eux et ça lui fit énormément plaisir.

La nuit passa, à parler d'histoires en tout genre, d’anecdotes passé au cours de l'année. Tout le long, elle était restée dans les bras du capitaine. Son frère lui avait aussi donné son gilet, pour éviter au plus qu'elle n'attrape froid. Puis le temps était passé étonnement vite, alors qu'ils l'avaient passé à parler et à rire sans s'arrêter. Yuzu avait pensée à ramener des bougies, et le toit du temple, était assez grand pour que tout le monde puissent se mettre à l'aise. Ça avait été la soirée la plus amusante de sa vie.

Puis enfin, après avoir longuement lutté contre le sommeil pour certain – d'autres, comme son père étaient tombé ivres mort après quelques bouteille supplémentaires – , l'aube commençait à apparaître. Peu à peu, le soleil fit son apparition d'entre quelques nuages roses et orange. Lentement, le premier levée de soleil commençait à apparaître.

Sa sœur avait réveillé son père et ses amis de beuveries.Tout le monde s'était tu et avait regardé la scène sans plus rien dire. Tandis que les lueurs du soleil se mirent à percer les nuages et à réfléchir sur la neige, Karin pensa qu'elle pourrait partir en paix. Sa famille semblait mieux se porter et elle savait que leur proches ne les laisseront pas tomber. Yuzu avait Jinta, son frère un tas d'amis, et son père s'en sortirait. Comme toujours.

Elle se rendit compte qu'elle avait passé tout ce temps à s’inquiéter pour eux. Mais elle comprenait que leur routes se séparaient juste et qu'elles se recroiseront peut-être, et dans très longtemps, espéra t-elle. Ils devaient vivre longtemps sur Terre, faire de nouvelles expériences, rencontrer des tas de gens et tant de choses encore.

Vivre autant qu'ils le pouvaient.