Erreur...

par WizPeppy


-PDV Rosalya-

Je rougis instantanément face à ce rapprochement. « Il est trop près, je sens son souffle sur mes lèvres. » Nous nous regardâmes alors mutuellement en silence pendant plusieurs longues secondes. Je encore jamais vu sa couleur de ses yeux, ambre, mais qui possédaient des reflets verdâtres, ce qui leur ajoutait ce je-ne-sais-quoi de profond. Mon coeur battait à cent à lheure au point de me faire mal, mais je ne voyais pas pourquoi. Javais limpression quil attendait quelque chose, mais je ne voyais pas quoi. « Il ne veut quand même pas... » Ne menant pas à bout ma pensée, je me dégageais brusquement, en rompant ce lien qui nous avait tissé pendant quelques secondes.

« Espèce dabruti, pourquoi tu nas pas essuyé la flaque deau ? » en tentant de cacher mon visage cramoisi en linsultant et de reprendre mon air froid de dhabitude, mais quelque chose avait fait en sorte que je n’étais pas aussi indifférente au regard de Karma que tout à lheure.

« Et cest toi qui me traite dabruti ? » lui aussi avait les joues rouges, encore plus que ses cheveux. « Cest plutôt toi labrutie qui na pas remarqué quil y avait une flaque par terre ! » se défendit-t-il en se relevant et en reprenant place devant la plaque de cuisson, ignorant ma mine boudeuse.



-PDV Karma-

Jessayais de calmer tant bien que mal les battements de mon coeur. Décidément, elle faisait tout pour me faire perdre mon calme, celle-la ! Dire que jai failli lembrasser... Jai un peu honte maintenant. Je sentais encore mes joues brûlantes en continuant de frire la dinde sur la poêle, tandis que Rosalya tirait une mine boudeuse en essuyant la flaque deau. Elle aussi était rouge, de colère sans doute. « Il faut que tu reprennes tes esprits, Karma, ça ne va pas du tout ! » me sermonnais-je, en éteignant la plaque de cuisson. Javais préparé quelque chose de simple, comme dhabitude ; lodeur de la dinde frite aux poivrons, mélangés avec de la crème épaisse planait dans toute la pièce. Les spaghettis, légèrement al dante comme je les aime fumaient encore dans une grande assiette.

« Ah, tu as fini ? » Je hochais la tête. « Voyons ce que tu as préparé... En tout cas, cela a lair d’être quelque chose de comestible. »

Rosalya sapprocha alors de moi, pour regarder le contenu des plats. Je vis ses yeux briller lorsquelle découvrit les morceaux de dinde délicatement dorés. Elle huma doucement son odeur en fermant les yeux. Je me moquais intérieurement delle, on aurait dit une enfant à ce moment précis que je ne pus mempêcher denfoncer un doigt dans ses joues.

« Heeey, tu fais quoi là ? » Surprise par mon geste, elle attrapa mon poignet pour me faire une clé de bras. « Fais pas ça comme ça, espèce de malpoli ! » me crachait-elle son mécontentement au visage. Je ne pus mempêcher de rire face à son visage qui redevenait cramoisi. Je naurais jamais cru, au premier abord, que ce soit quelquun qui pouvait rougir pour un rien.

« Bref, aide-moi à mettre les couverts. Je crève la dalle, alors un peu dassiduité ! » lencourageais-je alors sur un ton imitant celui de Karasuma pendant les entraînements.

***

Après avoir déjeuné dans une bonne ambiance, lheure daller à lentraînement a sonné. Nous nous levâmes paresseusement du canapé, où nous avons joué à Sonic à tour de rôle, et mon portable se mit à sonner. Ce fut Karasuma :

« Bonjour Karma, je voulais te dire que ce n’était pas nécessaire que tu viennes à lentraînement. Larme du gouvernement sera distribuée seulement à quelques élèves de la 3-E, vu quil ne sagit pas dune arme « classique ». »

« Comment ça ? » lui demandais-je, nessayant même pas de cacher ma déception.

« Tes camarades qui seront mis au courant te le diront. Pour linstant, cela doit rester un secret dEtat. Profite donc de ton après-midi, et essaie de prévenir les autres. »

Karasuma termina alors la discussion, presquen me raccrochant au nez. Rosalya, qui navait pas raté une miette de la conversation, mis ses chaussures et prit son sac.

« Cest beau tout ça, mais moi je dois rentrer. Il me reste encore plein de cartons à déballer et plus vite ce sera fait, mieux ce sera. » me dit-t-elle en guise daurevoir.

« A-attends, tu veux pas que je taccompagne ? Je nai rien à faire de toute façon alors... »

« Pas la peine, jhabite la maison den face. » me révéla alors la fille au cache-oeil.

Sérieux ? La maison den face ?! Alors ça, ce fut une grosse surprise pour moi. Je voulais rester un peu plus longtemps avec elle, maintenant que nous nous étions rapprochés, mais je ne pus inventer dexcuse assez tangible pour, donc je neus pas dautre choix que de la laisser partir. En franchissant le pas de la maison, elle murmura quelque chose qui ressemblait vaguement à un « Merci pour le repas ».

Une fois ma nouvelle « amie » partie, je maffalais sur le canapé en caressant Rocket qui avait sauté sur mes genoux. Rosalya ne quittait pas mes pensées...



-PDV Rosalya-

Je franchissais le seuil de chez moi, une minute à peine après avoir quitté Karma. En la refermant à clé, jenlevais mes chaussures, posais mon sac près du porte-manteau, et maffalais par terre contre la porte dentrée. C’était trop d’émotions pour moi, cette « entrevue ». En me relevant quelques instants plus tard, je pus constater une vive douleur au niveau de mon genou gauche. « Ah merde, cest vrai. Leau. » pensais-je alors en montant à l’étage pour aller farfouiller dans un des plus petits cartons qui avaient été posés sur mon lit. Jy sortis une petite bouteille dhuile de moteur. En retirant mon collant, jen appliquais sur lautomail qui me servait de jambe. « Un câble a dû se coincer dans larticulation du genou... » En commençant à plier et à déplier doucement mon genou, je sentis la douleur partir. En profitant du fait davoir de lhuile sous la main, je retirais ainsi la veste de mon uniforme pour en appliquer également au niveau de l’épaule, du coude et du poignet. « Super, maintenant ça empeste lhuile de moteur dans ma chambre. » pensais-je en allant ouvrir la fenêtre pour aérer. Quelques instants plus tard, je sentis lair frais me chatouiller les joues. Je m’étirais tout en long, en faisant bien attention à mon bras droit. Cest là que javais oublié un détail. La maison den face. Karma.

Je mempressais à fermer la fenêtre, de peur à ce que mon « voisin » nait remarqué quoi que ce soit qui ne le concernait. Je regardais alors discrètement à travers les rideaux, et soupirais de soulagement puisquaucune fenêtre de la maison den face n’était ouverte. « Quelle idiote tu fais, Rosa, sois un peu plus attentive la prochaine fois ! » me sermonnais-je en observant ma chambre. Javais placé tous les meubles et je me rendis compte dune chose. Le violon. « Abrutie... Tu as las oublié chez Karma à lentrée ! ». Le coup de téléphone de Karasuma mavait tellement perturbé que jen avais oublié mon violon. Il ne me reste plus qu’à aller le chercher...

Je remontais dans ma chambre pour mettre une tenue de ville composée dun simple jean, dun sweat avec la tête de Luffy représentée dessus, sans oublier mes gants pour éviter que Karma ne voit ce quil ne devait pas voir. Je me rendis donc de nouveau chez ce dernier. Jhésitais un peu à sonner, mais mon envie de récupérer ce qui mappartenait lemporta. Après avoir compris de qui il sagissait, Karma mouvrit la porte.

« Dis, jai oublié mon violon tout à lheure dans lentrée, tu ne las pas vu ? » lui demandais-je en évitant de tourner autour du pot.

« Ah ouii, je lai. Mais je te le rendais seulement si tu me joues quelque chose. »

« Jhallucine, et tu me fais du chantage pas dessus le marché ? ». Mon ton était plein de reproches, tandis que je mavançais sans autorisation dans le salon en cherchant dans les moindres recoins.

« Bon, où est-ce que tu las mis ? ». Jai cédé assez vite, ne le voyant pas dans le salon et ne voulant pas maventurer à l’étage de sa maison.

« Je te lai dit, je te le redonnerai seulement si tu me promets de jouer un morceau. »

Karma, lui, ne cédait pas.

« Et quest-ce que tu feras si je le prends et que je ne tiens pas ma promesse ?»

« Si tu ne tiens pas ta promesse ? Je serai obligé de te punir pour ça, alors... » me susurra-t-il dun voix enjôleuse en saisissant mon menton entre ses doigts. Son visage se rapprochait dangereusement du mien, mais je réussis à reprendre contrôle de la situation pour éviter de perdre tous mes moyens à linstar de ce midi.

« Très bien, tu as gagné. »

Cest avec un sourire triomphant sur ses lèvres que Karma se retourna et alla chercher lobjet tant convoité en haut. En me le présentant, je louvris pour constater que rien navait changé. En positionnant délicatement le violon au creux de mon cou et en saisissant larchet, je fermais les yeux. Une mélodie douce se répandit alors dans le salon pour atteindre les oreilles de Karma. La musique était lente, triste, jouée dans les tons graves, mais avec une once despoir quon arrivait quand même à saisir. Une fois le morceau terminé, jouvrais le yeux pour retrouver Karma, les yeux rivés sur moi, en souriant doucement. En baissant mes bras, je voulus me retourner pour ranger le violon mais une main ferme mavait saisi le poignet. Je me retournais, surprise de voir Karma avec une expression très douce sur le visage. En plongeant son regard dans le mien, il murmura :

« C’était magnifique... Tout comme son auteure. »

Je ne comprenais pas le sens de ses paroles, et en fermant les yeux ses lèvres se posèrent sur les miennes. Cela a eut leffet dun électrochoc partout dans mon corps. Jessayais de lutter, mais ses lèvres, se séparant des miennes pour les rencontrer de nouveau, étaient plus délicieuses que toutes les sucreries que jai pu ingurgiter (et jen avais mangé pas mal !). Je mabandonnais alors à ce baiser, en passant mes mains serrantes toujours mon violon et mon archet dans son dos. Une fois le baiser fini, nous reprîmes un peu nos distances. Il me regardait dun air complètement déboussolé en me chuchotant au creux de loreille :

« Je rêvais de le faire depuis tout à lheure. »

Cen était trop.

Je le giflais alors violemment, ignorant son air ébahi. En me saisissant de mon étui, et sans ranger mon violon dedans, je fonçais vers la porte. Sur le point de sortir, je me retournais vers cet abruti en lui lançant un regard meurtrier :

« Je me demande pour qui tu tes pris. Chante les louanges au ciel que tu sois encore vivant en ce moment. Je ne sais pas ce que tu tes imaginé, mais jespère pour toi que ça navait aucune signification. »

Je tournais alors définitivement les talons en laissant enfin mes larmes couler silencieusement.