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Tokio Hotel

Apologize
[Histoire En hiatus]
Auteur: Nobody_Else Vue: 1686
[Publiée le: 2009-06-27]    [Mise à Jour: 2010-04-27]
G  Signaler Général/Romance/School-Fic Commentaires : 18
Description:
Univers Alternatif

"Une main effleurant une autre, sans un regard. Ce n’était rien mais tellement tout à la fois à ses yeux. Malgré tout, elle avait pris ça décision : il fallait vraiment tout arrêter."
Crédits:
Les membres du groupe Tokio Hotel ne m'appartiennent pas, toute ressemblance avec la réalité est totalement fortuite.
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Apologize 4

[5104 mots]
Publié le: 2009-11-29
Mis à Jour: 2010-02-15
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Voici le 4ème chapitre, relu et corrigé toujours par Rikku-chan.

Le 5ème chapitre est bien avancé, malheureusement, je n'aurai pas l'occasion de m'en occuper cette semaine car j'ai pleins de choses à organiser ... Je me paie le luxe de quelques jours de vacances (et de concert) en Allemagne, donc la suite ne sera pas là avant mon retour ...

Encore désolée pour toute cette attente.

Apologize

Partie 4

 

« Les faits se sont déroulés hier matin, peu avant huit heures au « Emilie Wüstenfeld gymnasium » de Hambourg. Un jeune homme apparemment étranger à l’établissement serait entré armé et aurait tiré dans un couloir alors bondé d’élèves, blessant une des étudiantes. Nous ne connaissons pas encore les causes de cet accident, cependant, les forces de l’ordre privilégient la piste d’une simple histoire de règlement de compte, la personne initialement visée se trouvant à quelques pas seulement de la victime. (Pour plus de précision, voir page 8). »

 Bill n’accorda pas plus d’attention au vieux journal que lisait cet homme dans la salle d’attente de l’hôpital. Cet article, il le connaissait par cœur, autant que les dizaines d’autres des différents magazines et journaux qui avaient couvert le sujet en début de semaine. D’un papier à l’autre, les faits relatés ne changeaient pas des masses de toute façon. D’un pas rapide, il se dirigea vers l’ascenseur, se rendant au second étage. Ce n’était pas la première fois qu’il lui rendait visite, il connaissait donc le chemin. Il longea le couloir de ce blanc grisâtre si propre aux hôpitaux, tâchant de ne pas prêter attention à cette odeur aseptisée qui régnait dans l’air. Dieu qu’il haïssait les hôpitaux… Il n’y avait aucune raison particulière, mais c’était comme la plupart des gens en somme ; personne ne se sentait réellement à l’aise dans un tel lieu. Arrivé devant la porte, il constata que celle-ci était entre ouverte et des bribes de conversation lui parvenaient. Plus qu’une conversation, il semblait que les personnes à l’intérieur de la chambre se disputaient et pas qu’un peu !

        

-        …accident ! J’étais juste au mauvais endroit au mauvais moment, ça aurait pu être n’importe qui d’autre, ce n’est pas comme si … comme si je l’avais provoqué ! Il n’est pas question que je r…

 

-        Ce n’est pas comme si tu avais le choix jeune fille ! Je t’ai toujours laissé une certaine liberté, mais aujourd’hui je me demande si c’était bien la chose à faire … On voit bien où ça mène ! Tu fugues et entraines ta meilleure amie mourante dans tes folles aventures et aujourd’hui, tu te fais tirer dessus !

Un silence prit place quelques secondes et Bill entendit quelques bruits sourds.

-        Ça, c’était un coup bas, maman. lâcha Lena, d’une voix sourde.

La porte s’ouvrit alors totalement face au jeune homme surpris, dévoilant une Lena en colère en équilibre précaire sur ses béquilles et un sac de voyage sur ses frêles épaules. Sac qui dégringola brutalement lorsqu’elle se stoppa face à son ami.

-        Tu es déjà là ?

-        Oh, ouais… Je viens tout juste d’arriver en fait, lâcha le brun, mal à l’aise, ses yeux allant rapidement de son amie à la femme se tenant derrière elle.  Bonjour madame.

La femme d’une quarantaine d’années lui adressa un sourire crispé, ses yeux brillant d’une tristesse mal contenue.

-        Vous devez être Bill. Je suis la mère de Lenaëlle, enchantée.

Elle lui tendit une main qu’il serra chaleureusement.

-        Moi de même madame.

Lena leva les yeux au ciel. Elle se racla la gorge :

-        Bill, elle indiqua son sac tombé à terre, tu veux bien m’aider s’il te plait ? S’adressant à sa mère, sans un regard, elle ajouta,  je t’appelle plus tard, ça ne sert à rien que tu restes ici, tu peux repartir à Berlin.

Et sans attendre, elle commença à avancer dans le couloir, ses pas rythmés par le bruit des béquilles frappant le sol. Bill, affreusement gêné par la situation, salua poliment une fois encore la mère de son amie et s’engagea à sa suite, laissant derrière lui la femme au bord des larmes.

 

[…]

 

Le trajet en voiture se fit dans un silence total et malgré toutes les questions qui tourbillonnaient dans son cerveau après la conversation interceptée à l’hôpital,  Bill n’osait pas engager la conversation. D’une part parce que toute tentative sonnerait comme un affreux moyen bancal de dissiper le malaise et de deux, au vu de la mine renfrognée de Lena, il n’était pas sûr d’obtenir un quelconque résultat… Et puis, ce n’était pas vraiment ses affaires. Mais le silence le pesait… l’agaçait plutôt. Il haïssait le silence, il haïssait lorsque les gens étaient, silencieux, moroses et surtout, il haïssait ne rien y comprendre ! Entre Lena et Tom, en ce moment, il était servi !

Ce dernier avait été particulièrement bizarre depuis ce drame et le brun savait que le choc n’était pas que le seul facteur… Le second facteur était assis juste à côté de lui en ce moment précis, il en était persuadé. Il se racla la gorge bruyamment et lorsque la jeune femme tourna la tête vers lui, elle tomba directement dans les yeux interrogateurs  de son ami. D’un geste oscillant entre la compassion et l’irritation, il lui intima de parler. Pour toute réponse, Lena tourna à nouveau sa  tête vers la vitre. Très bien, il engagerait lui-même la conversation.

-        Tu as envie de me parler de ce qui s’est passé tout à l’heure ou tu préfères broyer du noir toute seule dans ton coin, Lenaëlle !

Il eut un rictus amusé alors que son amie grimaçait à l’emploi de son prénom dans sa totalité.

-        Premièrement, ne m’appelle plus jamais comme ça. Deuxièmement, si ça ne te fait rien, oui, je préfère broyer du noir toute seule dans mon coin.

Le jeune homme s’y attendait, c’est pourquoi il n’insista pas. Un moment passa en silence avant qu’il ne demande prudemment.

-        Mis à part ça… ça va ? Tu te remets de tout ça ?

[…]

 

 La douleur.

Ce fut la première information qu’elle réussit à capter dans ce chaos peuplé de bousculades et de hurlements apeurés. Une atroce et soudaine douleur qui partait de sa cuisse et se répandait comme un poison dans tout son être. Tout ce dont elle se souvenait était ce son assourdissant avant que son corps ne lâche et s’affale au sol sous l’impact. Elle venait de se faire tirer dessus. Seconde information, bien plus effrayante. Et tout aussi vite que la douleur, la panique s’empara de Lena alors qu’autour d’elle l’agitation se faisait encore plus pressante. Personne ne prêtait attention à leur camarade étendue au sol, incapable de se relever. Divers pieds la heurtèrent, certains trébuchèrent, mais chacun était bien trop occupé à fuir loin du danger pour y prêter attention. La jeune femme sentit soudain deux bras puissants se saisir des siens protégeant son visage, pour la soulever et la maintenir debout.

Tom.

Ses yeux voyageaient de son visage à sa cuisse et Lena pouvait y lire tout l’affolement qui l’habitait.

-        Merde… Tom !

Elle tremblait et le regardait, ahurie, comme le suppliant du regard de lui dire que tout ça n’était qu’une horrible farce, que rien de ceci n’était réel. Le jeune homme passa un bras autour de la frêle taille de sa camarade et la tira au travers d’une porte débouchant dans un couloir totalement désert. Au bout, le labo photo.

-        Viens, il ne faut pas rester là.

 

[…]

 

La voiture se stoppa face à son immeuble et Lena secoua la tête pour se sortir toutes ces images de la tête. Elle baissa les yeux et répondit, semblant se radoucir :

-        Ça va. Plus de peur que de mal au final.

Elle lui sourit, tentant de le convaincre autant qu’à elle-même que tout ça n’était en somme pas une grande affaire. Il posa sa main sur sa tête de manière protectrice, faisant glisser ses doigts dans la chevelure légèrement ondulée de son amie.

-        Hey… Tu sais que si t’as besoin de quoi que ce soit, je suis là.

-        Je sais, merci. répondit-elle, la voix légèrement étranglée. Mais ça va, t’inquiète… Au pire, ça passera.

Ils descendirent de voiture et le jeune homme la raccompagna jusqu’à l’entrée de son studio. Il déposa le sac dans l’entrée et dit :

-        Je vais te laisser te reposer. Mais n’hésite pas, si tu as le moindre souci, tu appelles et j’accours ! dit-il lui faisant un clin d’œil alors qu’elle souriait, reconnaissante.

Il l’a pris dans ses bras et elle eut du mal à lui rendre son étreinte à cause de ses béquilles alors qu’il lui chuchotait à l’oreille, soucieux :

-        Promis ?

-        Promis.

-        Bonne fille ! plaisanta-t-il en embrassant son front.

-        Merci… lui glissa-t-elle doucement. Et désolée d’être un peu à cran.

-        T’inquiète, je comprends, alors qu’il la relâchait, il ajouta, de toute façon, je passe te prendre demain pour le lycée et ne pense même pas protester – ajouta-t-il en levant le bras pour l’empêcher de parler.

Elle laissa échapper un faible soupire, résignée.

-        Je suppose que j’ai pas le choix.

-        Parfaitement !

Et après un dernier signe de la main et un sourire échangé, Lena referma la porte sur son ami. Elle resta un instant adossée contre la porte avec pour seule compagnie le bruit régulier du « tic tac » incessant de l’horloge de la petite cuisine américaine et ses pensées noires.

 

[…]

 

Il était encore tôt, mais déjà le couinement d’une paire de baskets et le rebond incessant d’un ballon faisait écho dans le gymnase du lycée. Bill regardait son frère s’acharner sur le panier, le front déjà trempé de sueur. Il délaissa son sac contre le mur et le rejoignit sur le terrain, ses talons claquant de manière singulière dans un tel lieu. Tom le vit arriver du coin de l’œil et eut un léger sourire. Il se retourna et lui lança la balle que le brun réceptionna avec précision. Il le fit rebondir, le passant d’une main à l’autre avec adresse, vieux restes de ses plus jeunes années.

-        T’es parti tôt ce matin. T’aurais attendu un peu et je t’aurai amené.

Un tir en suspension : panier.

Tom récupéra le ballon et échangea de place avec son jumeau.

-        Je voulais venir ici avant les cours.

Un tir en suspension : panier.

Bill récupéra la balle, mais ne bougea pas de place, préférant la renvoyer à son frère.

-        Lena revient en cours aujourd’hui. fit-il, mine de rien.

Le blond sentait poindre le genre de sujet qu’il ne voulait pas aborder.

-        Je sais – répondit-il prudemment, tâchant de paraitre décontracté.

Un tir en suspension : panier.

-        Je suis passé la prendre ce matin.

-        Je sais…

Un tir en suspension : panier.

Bill récupéra à nouveau la balle et dribla quelques instants, le regard concentré sur ses mains.

-        Et sinon, ça va être dur de l’ignorer comme tu le fais depuis trois semaines vu qu’elle est dans ta classe, tu crois pas ? – lâcha-t-il (presque) innocemment avant de lui lancer le ballon, ce qui lui valut un regard noir de la part de son frère.

Tir en suspension : raté.

Le ballon roula à l’autre bout de la salle, mais aucun des deux jeunes hommes ne bougea, continuant à se jauger du regard. L’un troublé, l’autre impassible. Tom finit par rompre le contact visuel en secouant la tête.

-        N’importe quoi, je ne l’évite pas! – dit-il, allant chercher le ballon pour le ranger cette fois-ci.

-        A d’autre ! – marmonna Bill dans son dos – tu n’es pas allé la voir une seule fois à l’hôpital. Je veux bien croire que vous ne soyez pas les meilleurs amis du monde, mais t’es quand même celui qui était près d’elle ce jour-là !

Tom se retourna, ballon en main en haussant les épaules, signifiant son impuissance.

-        Et ?  Je crois pas que ça m’oblige en quoi que ce soit de lui rendre visite…

-        Elle aurait aimé te voir, c’est tout… - expliqua Bill, enfonçant ses mains dans ses poches étroites.

Le blond le regarda un instant sans rien dire puis baissa la tête en demandant prudemment :

-        Elle te l’a dit ?

Bill fut étonné du malaise de son frère. Bien sûr qu’il était habitué à sa timidité, mais ses réactions lorsqu’il s’agissait de Lena étaient particulièrement étranges. Il haussa les épaules, avouant :

-        Non, elle l’a pas dit, mais je l’ai senti, c’est tout. Elle a sérieusement eu peur ce jour-là, je crois qu’elle t’est reconnaissante d’avoir était présent.

Il s’approcha de son frère et posa sa main sur son épaule, cherchant ses yeux du regard. Une fois trouvé, il s’amusa de voir les joues furieusement rouges du dreadé. Il se fit la réflexion que quelque chose de sérieux se tramait entre ces deux-là.

-        Je sais pas ce que tu me caches petite tête, mais je sais que tu m’en parleras un jour ou l’autre si c’est important… En attendant, ne joue pas ton connard, okay ? Va la voir quand t’auras deux minutes…

Aller la voir ? Plus facile à dire qu’à faire… Tom avait toujours fait profil bas face aux situations délicates et avait tendances à fuir les problèmes comme la peste. Se retrouver face à la jeune femme l’obligerait à se souvenir du moment où tout avait failli déraper et surtout, à affronter ces sentiments qui lui tordaient le ventre à chaque fois qu’il se permettait de  pensait à elle … 

[…]

 Un souffle brûlant et saccadé sur la peau de son cou alors qu’il resserrait toujours plus le corps si fragile contre sa poitrine. Les tremblements qu’il ressentait, il ne savait plus tellement s’ils appartenaient à lui ou bien à Lena. De faibles gémissements lui échappaient alors qu’il voyait peu à peu une fine pellicule de sueur recouvrir son front. Adossé au mur, une main noyée dans les longs cheveux brun, l’autre posée sur sa cuisse là où la balle l’avait touchée, Tom tentait comme il le pouvait de l’apaiser en essayant de ne pas se laisser lui-même gagner par l’angoisse. L’air était terriblement lourd dans l’obscure petite salle de labo et Tom faisait tout son possible pour occulter le fait qu’il ne la supportait pas. Il fuyait du regard les murs sans ouverture, se concentrant sur les gestes qu’effectuaient ses mains. Il commençait à suffoquer sous la chaleur imaginaire, prémices d’un nouveau malaise alors que paradoxalement, il se sentait comme glacé de l’intérieur. La peur était comme un fluide glacial qui se répandait à une vitesse fulgurante dans ses veines et il commençait à ne plus supporter la désagréable sensation de sa peau moite sous le tissu, de ses paumes qui peinaient à garder leurs prises sur la blessée.

Elle. Lena. Que ressentait-elle ? Sa blessure était-elle grave ? Mortelle ?

Autant de questions oppressantes auxquelles il ne voulait pas penser. La seule chose qu’il ne pouvait occulter était la douleur qu’il pouvait lire sur ses traits déformés, la détresse qui brillait au fond de ses pupilles. Et c’est pour autant de raison qu’il savait qu’il n’avait pas le droit de flancher. Il avait peur et il était angoissé, mais ce n’était rien, strictement rien comparer à ce qu’elle devait ressentir. Alors, il repoussa loin au fond de lui le malaise qui commençait à lui tourner la tête et enserrait son cœur. Soulevant délicatement sa main, il jeta un œil à la blessure et faillit défaillir. Il ne savait pas trop si la lumière écarlate y était pour quelque chose, mais ce qu’il avait sous les yeux n’était pas beau à voir. Il distinguait sans peine une immense étendue sombre s’étaler tout au long du tissu clair du jean qu’il savait imbiber de sang. Ce même sang qui recouvrait ses doigts jusqu’à son poignet, ainsi qu’un peu le bas de son large T-shirt. Il amorça un geste pour se dégager de l’étreinte de Lena mais cette dernière, paniquée, resserra ses mains tremblantes sur son T-shirt.

-        Lena, attends, il faut faire quelque chose pour ta blessure ! dit-il lui saisissant les poignets pour lui faire doucement lâcher prise. Juste… laisse-moi juste me lever, je reviens, d’accord ?

Elle hocha la tête, toujours sans un mot, la respiration bruyante et consentit à le lâcher. Elle laissa ensuite son dos reposer en arrière contre le mur,  là même où Tom se trouvait quelques secondes auparavant. Avec une extrême prudence, elle étendit sa jambe, les mains crispées sur sa cuisse. A aucun moment elle ne se risqua à regarder la blessure, elle n’était pas sûre de pouvoir le supporter. La douleur était déjà suffisamment cuisante et elle avait peur de devenir totalement hystérique si elle voyait l’étendue des dégâts. Pendant ce temps, Tom s’était saisi de son sac et accroupi en face d’elle, à genoux. Il en avait sorti sa serviette de sport. Il hésita un peu, ne sachant pas exactement quoi faire … D'ailleurs, il ne le savait pas du tout, mais c’était comme ça dans les films non ? On tentait d’arrêter l’hémorragie – Dieu que ce mot lui retournait l’estomac ! – en posant un garrot de fortune, non ?  Sérieusement, merde ! Il n’était ni docteur, ni acteur et tout ceci était foutrement bien trop réel ! Tom ne savait même pas si son geste servirait à quelque chose, mais il ne pouvait pas rester là sans rien faire et la regarder se vider de son sang sous ses yeux ! Il ne savait pas quand les secours arriveraient ou si même quelqu’un se doutait d’où ils étaient. Peut-être même qu’il devra lui-même par la suite se risquer en dehors pour chercher de l’aide ?

Secouant la tête, il entreprit de déchirer, non totalement, le linge en deux et replia délicatement la jambe de la brune, lui arrachant une grimace, afin de pouvoir passer le tissu autour de la blessure. Il la sentit se tendre et un gémissement de douleur emplit la pièce alors qu’il resserrait au-dessus de la plaie.

-        Pardon ! s’excusa-t-il en relevant la tête de sa tâche.

Elle secoua la tête en lui adressant un sourire crispé pour lui signifier que ce n’était rien. Puis, elle échappa un petit rire qui semblait si incongru vu la situation. Alors qu’il repliait un peu plus la jambe blessée vers la jeune femme pour être sûr que le bandage exercerait la pression suffisante, il la questionna du regard. Elle essuya ses joues d’un geste brusque et haussa les épaules, avant de lâcher d’une voix rendue roque par les larmes :

-        J’me suis fait tirer dessus, t’y crois ça ? dit-elle en riant franchement. Désolée, c’est juste que l’information a du mal à passer, c’est juste… dingue !

-        Je comprends…

Il prit place à ses côtés cette fois-ci et hésita une fraction de seconde avant de la reprendre dans ses bras. Elle en avait besoin, se dit-il et il ne voyait pas d’autre moyen pour lui signifier son soutien. Lena se laissa aller à l’étreinte et nicha sa tête dans le creux de son cou en fermant les yeux, alors qu’un frisson courrait le long de l’échine du dreadé. Sa main reprit de douces caresses légèrement timides le long du bras de la jeune femme alors qu’il lui murmurait quelques paroles réconfortantes. Petit à petit, elle se calma, ses tremblements cessèrent peu à peu et elle ne faisait plus que renifler de temps à autre.

-        T’as mal comment ? demanda le jeune homme, toujours dans un murmure.

-        Si je ne bouge pas, ça va…

Elle avait hésité avant de répondre et le dreadé se doutait bien qu’elle ne lui avait pas dit la vérité. De sa main libre, avec une extrême douceur, il vint replacer une mèche de cheveu derrière son oreille. Il l’observa un moment, sans rien dire puis lui fit un sourire qu’il voulait réconfortant.

-        T’inquiète pas, ça va aller- il fit un signe de tête vers sa jambe – Ca n’a pas l’air trop grave et plus,  quelqu’un finira bien par venir nous chercher. On n’a rien entendu depuis un bon moment, je suis sûr que tout est fini là-bas.

Il n’en savait strictement rien mais l’espérait de tout son cœur. De toute façon, que dire d’autre ? En réalité, il s’inquiétait de plus en plus pour elle, ayant noté son teint pâle malgré le manque de lumière naturel et la façon dont elle fermait les yeux de plus en plus longtemps. Par intuition, il savait qu’elle ne devait pas s’endormir. Il lui prit la main et caressa doucement le dos avec son pouce. A ce contact, elle ouvrit les yeux et il lui demanda :

-        Parle-moi de toi.

Elle eut un doux sourire, un véritable et magnifique sourire, mais si mélancolique. Il n’y a pas si longtemps, c’était elle qui lui avait prononcé ces mêmes paroles.

-        C’est fou ça… Il suffit que je me fasse tirer dessus pour que tu acceptes de me parler ?

Cela avait été lancé sans animosité aucune mais Tom en fut embarrassé. Bien sûr qu’il se doutait qu’elle le remarquerait, ça avait été trop brutal et fait avec si peu de subtilité, mais jamais il n’aurait pensé qu’elle lui en aurait parlé aussi directement. D’un côté, la situation forçait un peu les choses … Il baissa les yeux, honteux, sur leurs mains liées.

-        Je… C’est pas ce que tu crois …

-        Oh mais je crois rien, je constate, c’est tout.

Le silence retomba alors qu’elle refermait les yeux. Mais il ne fallait pas qu’elle s’endorme.

-        Je suis désolé… Si je t’ai blessé ou quoi, sache que c’était pas volontaire. Et puis ce n’était pas contre toi, je … T’es quelqu’un… t’es quelqu’un que j’apprécie vraiment en plus…

Il lui en avait couté de dire ces quelques mots. Reconnaitre ses torts n’était jamais agréable, surtout qu’au fil de son discours, il s’était rendu compte qu’il n’avait aucune excuse. Alors il se tut.

-        C’est complètement stupide – Lena se redressa s’installant plus confortablement contre lui, posant sa tête sur son épaule – parce que si tu m’aimes bien et que moi aussi je t’aime bien, je vois pas vraiment où est le problème.

« Le problème c’est que je ne devrais pas t’aimer bien comme je le fais… »

Car il avait fini par comprendre, Tom. Certains signes ne trompent pas. Vanessa n’avait pas été juste d’une possessivité et d’une jalousie extrême, juste observatrice et avisée. Il ne lui avait rien dit, non, mais avait vite compris qu’il ressentait pour la brune quelque chose de différent qu’une simple sympathie, quelque chose de beaucoup plus fort et d’euphorisant, qui le faisait se sentir bien. Il n’avait qu’à compter le nombre de fois où son cœur s’était arrêté de battre alors qu’elle pénétrait dans la salle de cours où il avait déjà pris place, ou au contraire, comment il s’emballait alors qu’il l’apercevait dans les couloirs ou encore la manière dont il se serrait lorsqu’il la voyait souriante et joyeuse alors qu’elle était en compagnie de son frère…

Ça lui avait fait mal mais il avait accepté sans broncher de s’éloigner, car il savait cette attirance dangereuse pour lui, pour sa vie si bien rangée… Il avait eu peur de céder, il ne voulait pas que les choses changent et risquer de tout perdre, tout bouleverser pour une simple histoire d’attirance ou il ne savait trop quoi avec une fille qu’il ne connaissait même pas au final. Donc si, il y avait un problème. Et celui-ci ne s’arrangerait pas tant qu’elle continuerait à l’observer de cette manière, si troublée, si troublante, si désireuse et désirable… Et c’est avec lenteur que sa main se délia de sa compagne pour aller effleurer sa joue et noyer le bout de  ses doigts dans la chevelure sombre alors que son pouce caressait sa lèvre inférieure avec insistance. Il était en proie à une véritable guerre intérieure : oser ou ne pas oser ? Tel était la question… Et si pour une fois, il arrêtait de se poser tant de questions et suivait ces envies ?

-        Tom… ? soupira Lena à mi-chemin entre le questionnement et la supplication.

Cela suffit à le faire sortir de sa torpeur et à le décider totalement. Il pouvait déjà sentir le souffle chaud de la belle lui brûler les lèvres, s’échouant avec douceur contre son propre visage. Peu leur importait que la situation ne s’y prêtât pas, peu importait la douleur, la peur, le sang… Mais alors que le blond se penchait pour sceller leurs lèvres, la porte s’ouvrit avec fracas les faisant sursauter et une lumière aveuglante les éblouirent. 

[…]

 D’un claquement sec, Lena referma son casier en soupirant. Elle n’avait eu que deux malheureuses petites heures de cours mais elle n’en pouvait déjà plus. Tous ces regards peu discrets, ces chuchotements sur son passage commençaient à la rendre dingue ! La plupart de ses camarades la voyaient comme la dernière attraction en date, et même certains adultes du corps enseignant la regardaient d’une drôle de façon, comme si elle allait s’effondrer et se briser à tout instant. Elle ne rêvait que d’une chose : retourner sous la couette et ne pas sortir de son lit avant un siècle ou deux. Mais elle ne tenait pas à s’attirer les foudres de son androgyne d’ami qui lui avait promis un sort funeste si elle s’éclipsait sans lui. Il tenait à jouer son chauffeur personnel et elle n’avait pas eu le cœur (ni la force) de refuser face à sa bouille de chien battu. Elle sourit en y pensant. Ce garçon était vraiment adorable.

Alors qu’elle évoluait difficilement dans les couloirs, la mine sombre, elle le vit, à l’autre bout du couloir. Tom tenait Vanessa étroitement enlacée et le couple ne cessait de se sourire, parlant avec animation, se volant de temps à autre un baiser, les yeux brillants. Puis, le jeune homme fit l’erreur de relever la tête et croiser le regard de sa camarade avant qu’elle ne disparaisse derrière une porte bien connue. Son sourire se fana automatiquement alors qu’il reportait à nouveau son attention sur la blonde. Il avait détesté ressentir cette douleur sourde au fond de sa poitrine à sa vue, et encore plus lire de l’amertume dans ses yeux. Lui qui avait voulu absolument fuir les problèmes, se retrouvait en plein dedans et ne savait plus comment agir. Sa tête lui hurlait de ne rien faire, après tout, il ne s’était rien passé… S’il ne faisait rien, les choses finiraient par se tasser d’elles-mêmes. Mais bien qu’il fût lâche, il avait une conscience… et surtout un cœur. Il fallait… non, il devait lui parler. Il en avait besoin.

-        Tom ? Tom tu m’écoute ? demanda Vanessa, se hissant sur la pointe des pieds comme pour plus envahir l’espace visuel de son petit ami.

-        Oh ! Euh … tu disais ? demanda-t-il distraitement avant d’enchainer sans lui laisser le temps de répondre. Désolée, je reviens.

Il n’entendait déjà plus les protestations de son amie lui rappelant que les cours allaient reprendre d’une minute à l’autre. Toute son attention était focalisée sur Lena : il fallait qu’il la voie. Il ne savait pas encore ce qu’il allait faire ou dire et d’ailleurs, ce n’était pas sa priorité. Tout ce qu’il voulait à l’instant même était d’effacer cette rancœur qu’elle ressentait à son propos qu’elle pose à nouveau sur lui ce regard si tendre qui lui avait fait chavirer le cœur… C’était peut-être égoïste, se sachant en tort, mais il avait besoin de se sentir… apprécié par elle. Oui, apprécié, c’était le mot.

Traversant le couloir menant au labo, il ne put empêcher son esprit de lui imposer les flashs de ce même lieu maculé de sang quelques semaines auparavant… Depuis ce jour, pour des raisons évidentes, il ne venait plus jusqu’ici pour chercher son frère. C’était donc la première fois qu’il revenait sur les lieux du « crime ». Après avoir refermé la porte soigneusement derrière lui, il souffla pour se donner le courage nécessaire de continuer. Comme la première fois, le grésillement des écouteurs de la jeune femme lui parvenait. Il souleva le rideau le séparant de la pièce exiguë et avança en son centre. Elle était là, de dos, assise sur un haut tabouret faisant face à la paillasse centrale, sa tête bougeant légèrement au rythme des basses qui retentissaient avec force dans ces oreilles. Il leva la main puis hésita : il ne voulait pas lui faire peur comme la dernière fois. Il se contenta alors de s’éclaircir la gorge assez bruyamment pour se faire entendre. Le tabouret pivota sur lui-même et ils se firent enfin fasse ; le regard de Lena était passé de l’étonnement à la froideur alors que Tom laissait glisser ses yeux jusqu’au bout de ses baskets. Maintenant qu’il y était, il se sentait incroyablement stupide et gêné. Le regard que la jeune femme avait sur lui était lourd de sens et ne faisait que l’écraser encore plus de culpabilité.

-        Retourne en cours et fiche-moi la paix ! dit-elle platement avant de se retourner.

Et l’attitude hostile de la belle ne l’aidait pas vraiment... Elle n’avait même pas pris la peine d’enlever ses écouteurs, signifiant ainsi clairement qu’elle n’était pas disposée à lui parler. Un puissant sentiment de rejet s’empara de lui et la sensation lui était vraiment désagréable. Mais il n’était pas question d’abandonner. Il avait fait l’effort de venir jusqu’à elle, il irait jusqu’au bout. Il posa sa main sur son épaule et la força à se retourner. Sous le geste les écouteurs se délogèrent.

-        Non. Il faut qu’on parle.

Pour la première fois, sa voix avait été ferme et il en fut soulagé. Mais Lena n’en était pas impressionnée ! Elle croisa les bras et eut un rictus mauvais.

-        Je crois pas, non.

Elle s’apprêtait à faire pivoter à nouveau son tabouret lorsque deux mains puissantes se saisirent de son visage et une bouche s’écrasa tendrement, mais fermement sur la sienne. Sous l’effet de surprise, elle s’était crispée une fraction de seconde, juste une toute petite fraction de seconde avant de se détendre presque aussitôt et d’agripper les poignets du dreadé. Elle avait attendu ce moment depuis tant de jours, et lui, l’avait désiré depuis presque autant de temps que la sensation de leurs chaires se rencontrant  pour la première fois les électrisa. En une seule et unique seconde, les interdits, la peine et la rancœur avaient été relayé loin dans un coin de leurs consciences. Tout ce qui n’était pas l’autre importait peu. Seul comptait l’instant présent, la bouche de l’autre, les mains de l’autre, ces cœurs qui battaient si fort dans leur poitrine qu’ils auraient pu en gémir de douleur et de plaisir à la fois. Puis aussi brusquement qu’il avait commencé, le baiser cessa, Tom s’éloignant déjà pour poser son front contre celui de Lena. Ils respiraient légèrement fortement, mêlant leurs souffles brûlants. Cela avait était tellement court, mais tellement intense… Déjà le manque de l’autre se faisait sentir.

-        J’ai dit : « il faut qu’on parle » chuchota-t-il, ses yeux plongés dans les siens.

La jeune femme ne put que hocher la tête, ses yeux voyageant dangereusement de ces yeux noisette à cette bouche vermeille.

-        D’accord… dit-elle, avant de commencer un nouveau baiser.

 

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