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Les Malheurs de Jongdae Auteur: Ako-Cissnei Vue: 16767
[Publiée le: 2015-03-17]    [Mise à Jour: 2016-04-03]
G  Signaler Romance/Humour/Drame/Yaoi (HxH)/Surnaturel/Amitié/Lemon Commentaires : 118
Description:
Jongdae est (très) malchanceux et maladroit. Sa bonne étoile semble s'assurer qu'il passe son temps à se blesser et à se rendre ridicule, quand un être étrange apparaît dans sa vie : Lay. Le jeune homme, invisible pour les autres semble avoir le pouvoir de protéger Jongdae et sème au passage le trouble dans sa vie et dans son cœur.

De l'autre côté, ses deux meilleurs amis, Luhan et Minseok, ont bien besoin d'un entremetteur.

Baekhyun est un handicapé des sentiments, ce qui n'arrange pas les affaires de Chanyeol, déjà bien compliquées.

Junmyeon tombe peu à peu dans une profonde dépression, tandis que Sehun vient tout juste de vaincre la sienne.

Et les fantômes, métaphoriques, d'entre les morts ou du passé, finissent toujours par se voir.

Yaoi Principaux -> ChenLay ; XiuHan ; HunHo ; ChanBaek
Secondaires -> KrisBer (Wu YiFan / Liu Amber)

Présence de surnaturel mais ce n'est pas le ressort principal de l'histoire. (plus psychologique qu'authentiquement fantastique)
Contient limes / lemons mais ce n'est pas le ressort principal de l'histoire.
Crédits:
L'histoire et l'humour foireux sont (hélas) miens. Les membres des Exos, ainsi qu'Amber et Henry, et autres artistes cités dans cette fanfiction ne sont (hélas) pas miens.

La couverture a été réalisée par Asticoo, que je remercie chapeau bas. ♥
Les illustrations des chapitres sont réalisés par moi, avec des images trouvées sur google et un peu retouchées.

Les traductions et transcriptions des paroles des chansons qui apparaissent viennent du site Nautiljon.
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De beaux rêves

[6578 mots]
Publié le: 2015-03-23Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Me revoilà ! Alors, j'ai vu dans les commentaires que globalement, vous aviez été marquées par le fait que Yixing ait été un humain... Vous me croyez si je vous dit que c'est venu tout seul et que je l'avais pas du tout prémédité avant d'écrire la toute fin du dernier chapitre ? ^^'

Mais le fait de vous lire m'a donné envie de creuser cette piste, alors on va en apprendre plus sur son histoire ici. J'espère très fort ne pas décevoir vos attentes !

Dans l'ensemble... Ce chapitre est carrément moins drôle que les précédents. Il fallait que ça arrive, j'y arrive pas à rester dans le léger, il faut toujours que ça se barre en réflexions philosophiques et sentimentales à n'en plus finir. ^^' N'hésitez pas à me dire si le changement de ton dessert l'histoire selon vous...

Enfin bref, tout ça pour dire... Bein, MERCI ! Lire vos commentaires me fait un bien fou, c'est super motivant de savoir que cette histoire plaît et intrigue ! D'autant que pour le coup, ils ont complètement inspiré le background de Lay tel qu'il apparaît ici. Merci du fond du coeur, à tous (toutes?) de me lire (oui, je sais, je remercie beaucoup ^^), de suivre, de commenter, bref, merci de faire exister cette fiction autant que je le fais en l'écrivant.

Ah, et aussi, je suis désolée de ne pas avoir répondu à vos commentaires sur le chapitre précédent, j'ai eu un pic d'inspiration alors je me suis laissée prendre par l'écriture de ce chapitre... Sachez néanmoins qu'il m'ont fait plaisir à un point que vous n'imaginez même pas ! ♥ Je me mets à vous répondre dès la publication faite. :D

Je vous laisse avec ce chapitre 3, en espérant qu'il vous plaira ! On se revoit à la fin ;)

Cliquez sur l'image pour l'agrandir





Lay se prenait à espérer que Jongdae continue de le voir. Bien sûr, cela voudrait dire qu'il avait accumulé plus de souffrance physique, mais il voyait changer le regard qu'il avait sur lui, il le voyait devenir plus amical, plus affectueux. Plus tendre. Et, plus que tout, Jongdae semblait prendre du plaisir à le regarder.

Et comme cela lui faisait de l'effet.

Lay, du temps où il s'appelait Yixing, n'avait pas l'habitude qu'on le regarde. Et, quand c'était le cas, il se sentait mal à l'aise. Mais avec lui, c'était différent.

Il ne se l'expliquait même pas, et maudissait cette situation autant qu'il s'en félicitait.

Il avait protégé plusieurs personnes, sans qu'elles le sachent, mais ce Jongdae était vraiment un sujet difficile. Il était le premier à pouvoir le voir, à avoir pu observer son visage et à connaître le son de sa voix. En étant présent dans ses sens, Lay sentait revenir une pâle copie de l'humanité qu'il avait possédée. Il ne savait pas encore si c'était cette sensation qui lui était plaisante, ou simplement la présence de Jongdae.

Il était surprenant. Il le faisait rire, il prenait en considération sa présence, il lui demandait conseil. Le temps passait à ses côtés sans qu'il le voit filer.

Sauf au cours de la nuit, comme à présent, où Lay se plongeait dans ses réflexions, assis à côté de son protégé qui dormait comme un loir. Il dormait un peu mieux depuis quelques jours, comme s'il s'accoutumait à la présence de son ange gardien. Peut-être finirait-il par le croire pleinement ?

Lay secoua la tête. Qu'il le croit ou non, cela ne devait pas le préoccuper. Il se devait simplement de bien s'en occuper, de le protéger coûte que coûte, de veiller à son bon équilibre physique. C'était son unique raison d'être, et c'était pour cela qu'il se devait d'être privé de toute émotion, de tous ces sentiments qui emplissaient la tête des hommes. Il n'était plus un homme.

Mais la malchance chronique de Jongdae mettait à mal sa condition. S'il était incapable de faire ce pourquoi il existait encore, Lay redeviendrait humain. Voilà pourquoi il vacillait, voilà pourquoi il parvenait à nouveau à réfléchir, à penser comme lui. Voilà pourquoi sa raison d'être s'annihilait lentement, toute seule.

Il frissonna à cette pensée. Il existait désormais pour protéger Jongdae. S'il en était incapable, alors il n'aurait plus de raison d'exister. Tout ce qui faisait qu'il était lui, désormais, disparaîtrait. Pour une nouvelle vie, certes, mais une vie d'errance, sans but, une vie mortelle sans être réellement une vie humaine. Privé de tout ce qui faisait sa nouvelle existence.

On pouvait considérer que Jongdae était à présent sa raison d'être. Non, pas Jongdae, la protection de Jongdae. Si Lay échouait, il ne serait plus jamais à même d'accomplir cette mission.

Non pas qu'une divinité quelconque lui ait ordonné de le faire, non pas qu'il s'agisse d'une règle établie parmi les êtres de sa condition. Il ne savait même pas s'il en existait d'autres, à vrai dire, il s'en doutait, mais il ne pouvait pas entrer en contact avec eux. Il s'agissait plus d'une force de la nature, une entité métaphysique, comme le vent n'a pas de raison d'exister s'il ne souffle pas, comme le feu ne peut pas exister s'il ne brûle pas. Le feu qui brûle dans la cheminée n'a pas conscience de l'existence de la flamme de l'allumette ou du gaz bleu sous la casserole, de même que le vent du nord ne prend pas en considération la brise fraîche du sud.

Voilà, Lay était une entité. Une force inexplicable, qu'on avait placé dans ce monde pour une seule utilité. Tout ce dont il se souvenait, c'était de la raison qui l'avait amené à changer sa nature même.

Jongdae remua en grognant dans son sommeil, l'interrompant dans ses réflexions toutes nouvelles. (Le vent ne pensait pas, Lay non plus. Jusqu'à ce que le reflet de son humanité lui apparaisse grâce à ce jeune garçon.)

Il devait faire un rêve un peu agité, au vu de la manière dont ses yeux roulaient sous ses paupières. Même s'il n'y était pas obligé (il n'était tout de même pas maladroit au point de se blesser dans son sommeil,
si ?), Lay posa affectueusement sa main sur son front, ce qui le détendit immédiatement.

Il réagit même de façon étrangement touchante. Jongdae, après quelques secondes, déplaça son corps vers celui qui venait de l'apaiser, et frotta sa tête contre sa cuisse, comme un enfant câline inconsciemment sa peluche préférée.

Lay se figea, essayant de juguler le délicieux et complètement inexplicable frisson qui envahit sa poitrine à ce geste.

Il était différent des autres. Il lui donnait envie de le protéger. Il était attachant, sa présence était presque addictive. Il le faisait se sentir différent, sans que cela soit désagréable pour autant. Il était à la fois dangereux pour lui tout en lui faisant ressentir les premiers sentiments, très doux qui plus est, qu'il avait ressenti depuis ce qui lui semblait des millénaires.

Alors Lay souleva doucement -pour ne pas le réveiller- la tête de Jongdae pour la poser sur ses jambes étendues sur le lit et caresser ses cheveux. La respiration de l'endormi se ralentit, et il ramena ses mains sous son menton, les poings ouverts entre les cuisses de ce fantôme presque humain.



* * *



-Luhan, ça va, tu es sûr ?

L'interpellé grimaça de douleur en réponse à son entraîneur. L'équipe adverse de ce match avait été très agressive, et le jeune homme avait fini par faire une mauvaise chute. Il avait fini le match sur le banc de touche, son ego en miettes et sa rage de vaincre transformée en frustration des plus intenses. Si son équipe venait de gagner le premier match de la saison, il ne parvenait pas à en être pleinement satisfait, tant sa déception envers lui-même était mordante. Il venait d'essayer de se lever pour féliciter ses équipiers dans les vestiaires, mais malheureusement pour lui, sa chute avait été encore plus violente qu'il ne l'avait cru, même si à priori il s'en tirait sans blessure grave.

-Tu veux que j'appelle quelqu'un pour toi ?

-Je vais m'en occuper, ne vous en faites pas.

Et sans plus demander l'avis ni de Luhan, interloqué, ni de l'entraîneur, soulagé, Minseok passa aussitôt le bras de son ami sur ses propres épaules, et le soutint par les hanches pour l'aider à rejoindre les vestiaires.

-Min... Minesok, je peux marcher tout seul...

-On n'aurait pas dit.

Pris par surprise par le ton et la soudaineté du geste de Minseok, Luhan se laissa faire, en essayant de ne pas trop se concentrer sur la main appuyée contre sa hanche.

Le rouquin, quant à lui, était relativement soulagé que le jeune homme ne proteste pas.

Il en avait assez que Luhan élude tous les sujets de conversations qu'il tentait d'avoir avec lui. Il estimait ne pas demander la lune quand il souhaitait que son meilleur ami cesse de se comporter comme s'il avait soudainement la peste.

-Je te ramène chez toi après. J'aimerais te parler.

Luhan ne répondit pas et garda ses yeux rivés sur le sol, les ouvrant néanmoins en grand. Il n'aimait pas la façon dont tournaient les choses. Cela dit, la déclaration de Minseok ne souffrait aucune réplique.

Il ne vit pas Jongdae courir vers eux, après avoir dévalé les gradins.

-Luhan, ça va ?

Il semblait très inquiet. Le jeune chinois lui adressa un regard paniqué, sans répondre, en désignant le rouquin du coin des yeux. Jongdae sembla comprendre... Et fit parfaitement exprès de se comporter comme s'il avait compris de travers.

-J'ai eu peur que tu te sois fait une entorse ! Je ne souhaite ça à personne.

Et il lui fit un clin d'oeil.

-J'ai pas le droit de rentrer dans vos vestiaires alors je vous laisse vous changer ! Je vais sortir et ramener ta voiture Lu-lu, on se retrouve chez moi après, je vais mettre des bières au frais pour fêter ça !

"L'enfoiré." Songea Luhan en dardant un regard couleur encre de Chine sur Jongdae, qui arborait son grand sourire auquel habituellement, personne ne résistait. Mis à part le chinois, en cet instant précis, qui savait très bien à quoi jouait Jongdae. Qu'est-ce qui lui prenait ? C'était nouveau qu'il s'implique tellement dans sa vie personnelle. Il voulait la mort de sa dignité, ou quoi ?

Jongdae, de son côté, était plutôt satisfait de la façon dont tournaient les choses et ne se laissa pas perturber par le regard assassin de son ami. Il serra les deux vainqueurs dans ses bras en guise de félicitations pour leur victoire, pour ensuite les embrasser chacun sur une joue et repartir, le sourire toujours aux lèvres.

-En espérant que vous serez toujours gagnants, cette année !

Le sous-entendu était à peine transparent et Luhan songea que, dès que ses muscles cesseraient d'être affreusement douloureux, il s'occuperait personnellement de lui refaire le portrait.

-Tu ne trouves pas que Jong' a un sourire d'imbécile heureux, depuis quelques jours ?

Le blessé tourna la tête vers Minseok -et oh mon dieu qu'il était proche- pour lui répondre :

-Pas plus que d'habitude.

Minseok rit doucement avant d'enchaîner.

-Il a rencontré quelqu'un, lui aussi.

"Lui aussi."

Alors Minseok pensait qu'il avait rencontré quelqu'un ? Vraiment ? Luhan se mordit la lèvre. Il était à la fois rassuré pour son secret et agacé qu'il ait élaboré cette hypothèse.

-Ce ne serait pas trop tôt. Marmonna-t-il, avant de prendre la direction des vestiaires, claudiquant contre Minseok.



* * *



-Tu n'es pas inquiet pour ton ami ? Demanda Lay, sitôt que Jongdae ait mis le contact de la voiture de Luhan.

-Il pourrait se casser tous les os, si ça lui donne une chance d'enfin se déclarer à cet abruti de Min', j'en sourirais quand même.

Cette réflexion laissa Lay songeur. Être prêt à se faire du mal pour trouver l'amour... C'était bien un truc d'humains trop rêveurs.

-Tu penses vraiment que ça va marcher ?

-J'en sais trop rien, soupira le jeune homme, mais Minseok commence à réagir un peu, alors je croise les doigts. Tu n'aurais pas des pouvoirs de Cupidon, tant qu'on y est ?

Il fit à nouveau rire son fantôme.

-Je te l'ai déjà dit, Chen. Je ne peux rien pour les autres. Il n'y a que toi.

Jondgae lui jeta un coup d'oeil en se retenant de relever l'étrange teneur de sa dernière phrase, tandis qu'il revenait à la charge, visiblement désireux de comprendre l'entreprise du plus jeune.

-Mais pourquoi seulement maintenant ? Tu as eu des années pour essayer de leur faire réaliser leurs sentiments mutuels...

Jongdae lui adressa un sourire ravageur :

-Alors toi aussi tu penses qu'ils sont réciproques ?

Il ricana en pensant à Luhan qui devait l'imaginer dans une salle de torture de la Chine médiévale à l'heure actuelle avant de se parer d'une expression songeuse sous ses sourcils droits.

-Pourquoi maintenant... Je ne sais pas. On dirait que j'ai eu un déclic. On commence à entrer dans l'âge où les relations amoureuses sont plus sérieuses... Alors j'ai peur que rien ne se passe jamais, et qu'ils -enfin, surtout Lu- finissent par en être vraiment malheureux. Oui, ça doit être pour ça. Et je serais plus têtu que Luhan, quitte à me faire haïr.

Lay ne répondit pas tout de suite, à nouveau secoué par les mots de Jongdae. Il était devenu si sérieux, tout à coup... Et surtout, il semblait donner une importance toute particulière aux sentiments que pouvaient ressentir Luhan et Minseok l'un pour l'autre.

Alors c'était là toute l'importance que l'on accordait à l'amour, tout le respect que l'on avait pour ce sentiment, sans doute le plus mystérieux qui soit. Il pouvait voir dans les yeux de Jongdae à quel point il était déterminé à faire éclater au grand jour celui-ci, à quel point il s'y accrochait, quand bien même il ne s'agissait pas de son propre amour. A travers son regard, Lay avait l'impression de pouvoir commencer à appréhender ce que "aimer" voulait dire.

Parce qu'il ne l'avait jamais vraiment su.

-Jongdae... Tu as déjà aimé une autre personne ?

-C'est quoi cette question ? Rétorqua l'autre, interloqué.

Lay hésita sur la réponse à lui donner.

-Je te le demande parce que... Tu as l'air de penser que c'est la chose la plus importante qu'il puisse arriver à une personne.

Sans qu'il s'en soit rendu compte, Jongdae était arrivé chez Luhan. Il gara la voiture, avant de déposer les clefs sous le paillasson de son ami. Il prit ensuite le chemin de sa résidence -par chance, Luhan n'habitait qu'à un petit quart d'heure de marche- avant de répondre à Lay.

-Non. Enfin, je ne pense pas. Et si je ne suis pas sûr c'est que... Je ne suis jamais tombé vraiment amoureux.

Le fantôme sentit son coeur s'accélérer. Il venait de réaliser quelque chose d'important, il le sentait au fond de son âme. Son intuition était tellement violente qu'il pouvait presque sentir le sang qu'il n'avait pas battre à ses tempes.

-Alors c'est donc ça...

Jongdae se retourna vers lui, se fichant une fois de plus d'avoir l'air de parler tout seul devant les rares passants de ce dimanche après-midi.

-De quoi tu parles ?

Il n'obtint aucune réponse, Lay continua de marcher à ses côtés, la tête basse, pendant au moins cinquante mètres.

-Yixing, tout va bien ?

Lay sursauta. Yixing ? Vraiment ? Non, son nom à lui était Lay. Il avait abandonné Yixing, il n'avait plus aucune raison d'être Yixing. Il n'était plus Yixing.

Jongdae s'aperçut de son malaise.

-Désolé, je ne voulais pas te perturber... C'est juste que... Yixing te va mieux, je trouve. Il te rend plus... Réel.

Lay s'arrêta pour planter ses yeux dans ceux de son vis-à-vis, qui fit de même, gêné. Il restèrent quelques secondes à se regarder en chiens de faïence, puis le fantôme baissa les yeux de nouveau, ouvrit une première fois la bouche avant de la refermer. Il hésita encore avant d'enfin avouer :

-Oui, tout va bien. C'est juste que... Je n'ai jamais aimé qui que ce soit. Durant ma... Vie, je veux dire.

Jongdae en fut stupéfait. D'une part parce que son compagnon se confiait enfin, et d'autre part parce qu'il lui semblait invraisemblable de n'avoir jamais aimé durant toute une vie.

-Mais tu as eu des amis, non ?

La réponse fut presque coupante.

-Non.

Toujours les yeux rivés au sol, Lay finit par ajouter :

-Et personne ne m'a aimé non plus. C'est pour ça que je suis devenu... Ce que je suis maintenant.

La mâchoire de Jongdae manqua le lâcher. Si l'on n'aimait personne de toute sa vie, on devenait un ange gardien entièrement dépendant de l'habileté de celui sur qui on veillait ? Il fallait la trouver, celle-là. La seconde réflexion du coréen fut que c'était une situation vraiment peu enviable.

La troisième fut que Lay avait l'air triste.

Et qu'il n'aimait pas ça.

Alors il s'avança, et le prit dans ses bras.

Lay ne bougea pas, trop surpris. Leur étreinte dura quelques instants avant que Jongdae ne se détache de lui, et ne glisse sa main dans la sienne, sans rien dire, pour reprendre leur marche.

Enfin parvenus à destination, Jongdae lâcha la main de l'autre pour prendre ses clefs, puis se ravisa et sorti par réflexe une cigarette. Les révélations de Lay, ou Yixing, l'avaient plus perturbé qu'il ne voulait le croire. Ce dernier était encore perdu dans ses pensées, et murmura, autant pour Jongdae que pour lui-même :

-Quel est l'intérêt d'une vie sur terre sans aimer ?

Le coréen voulait à tout prix l'entendre rire à nouveau et voir disparaître de son doux visage cet air sombre et morose, il répondit alors la première chose qui lui passa par la tête.

-Oh, déjà, danser, boire et bouffer, c'est pas mal.

Lay releva aussitôt la tête vers lui, avant d'éclater d'un rire clair et libre, pour le plus grand bonheur de Jongdae, qui rit avec lui.



* * *



L'ambiance était plutôt lourde dans la voiture de Minseok. Luhan se savait plus du tout quel comportement adopter, induit en erreur par les actions de Jongdae. A quoi jouait-il ?

Non, ce n'était pas la bonne question. Luhan savait très bien à quoi il jouait. Mais alors, quels pions avait-il avancé ? Il ne savait pas ce qu'il avait dit à Minseok, ni comment ce dernier avait réagi. Son esprit était complètement à l'envers, et il tentait d'empêcher un quelconque espoir de germer dans son cœur. Il savait que son ami ferait désormais tout pour qu'il se mette à nu devant le rouquin (et nous parlons bien ici de sentiments, et non pas du sens propre de l'expression), et qu'il ne pourrait bientôt plus reculer. Et cette perspective le stressait au-delà du concevable.

Il savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant que ce poids qu'il traînait depuis des années ne disparaisse ou ne double sa charge.

Enfoiré de Jongdae. Il était trop déterminé pour que Luhan ne puisse lutter, et il savait que s'il lui posait un ultimatum, il n'hésiterait sans doute pas à tout déballer à Minseok, et le chinois n'aurait plus qu'à retourner où il venait pour creuser un trou dans lequel rester enfoui pendant quelques années encore. Il n'aurait pas pu en rester aux bonnes vieilles habitudes, à l'écouter se plaindre de son amour qui -il en était persuadé- était à sens unique et tenir sa langue ?

De plus, Luhan avait beau être un pro du camouflage de sa vraie personnalité en public, il y avait deux personnes -sans compter son ami Kris- devant lesquelles il était absolument incapable de mentir. L'une d'entre elles voulait probablement subir sa vengeance dans un avenir plus ou moins proche, et la seconde conduisait la voiture qui l'emmenait chez lui.

-Luhan, est-ce que j'ai fait quelque chose qui t'a déplu ?

Il se figea. Il y étaient, Minseok voulait lui parler.

-J'ai l'impression que tu m'évites. S'il y a quelque chose qui te gêne, j'aimerais que tu m'en parles. Je ne pense pas avoir besoin de t'apporter des preuves de mon amitié.

"Les preuves de ton amitié n'arrangeront pas mes affaires." se retint de lui lancer Luhan. Il se contenta de lui murmurer en évitant son regard.

-Non, t'as rien fait de mal. C'est moi, c'est tout.

-C'est ça, continue de me prendre pour un imbécile. Souffla Minseok en se garant derrière la voiture de Luhan. Il coupa le contact mais n'ouvrit pas les portières. Luhan commençait sérieusement à paniquer. Il aurait beaucoup de mal à garder son secret dans ces conditions. Et le regard profond et sondeur du coréen vissé sur le sien ne l'aidait absolument pas.

-C'est en rapport avec la personne que tu aimes ?

Oh oui, il allait tuer Jongdae, en lui infligeant mille souffrances avant.

Il releva pourtant la tête avant d'aquiescer silencieusement, marchant sur des œufs. Ce n'était qu'un demi-mensonge, après tout.

-Vous commencez à m'agacer, tous les deux. C'est l'amour qui vous rend stupides et distants ?

Minseok avait un regard dur que Luhan lui avait très peu vu. Et jamais il n'avait été pour lui, ce regard.

-Ecoute, Min', c'est compliqué ! Je... Je ne voulais pas te faire penser ça, et crois-moi quand je te dit que prendre des distances avec toi c'est la dernière chose que je veux !

Oups. Il en avait beaucoup trop dit. Luhan faillit se gifler.

De son côté, Minseok vivait un bug cérébral. Lui-même ne comprenait pas pourquoi il se sentait tellement en colère. Mais ce qui lui avait fait faire un arrêt sur image, c'était la dernière réplique de son otage.

-Et ton mec ? Ou ta copine, j'en sais rien...

-Mec.

Luhan se maudit une fois de plus pour avoir laissé échapper cette information.

-Bon. Pourquoi ça te préoccupe tant que ça ? Tu ne t'embarrasses pas de tout ce secret, d'habitude. Fit Minseok en essayant d'adoucir sa voix.

-C'est que...

Luhan ferma les yeux.

-Il ne me regarde pas. Pas comme ça.

-Tu en es sûr ? Lui demanda doucement Minseok, voulant apaiser Luhan, qui semblait vraiment mal à l'aise. Il s'en voulut un peu d'avoir été agressif.

Le jeune chinois insulta Minseok en même temps que Jongdae. C'était quoi, cette phrase à double sens ? Il voulait le rendre fou ?

-Presque certain.

Oh, comme il aurait voulu que le jeune homme le détrompe à l'instant. Il ferma encore plus fort ses paupières, ne sachant gérer la multitude de sentiments contradictoires qui envahissaient son esprit.

Il voulait Minseok. Il le voulait pour lui, il se voulait pour lui. Mais il s'était tellement habitué au secret qu'il en devenait incapable de le briser. Le fait que le coréen soit resté célibataire toutes ces années l'avait certes aidé à se conforter dans l'idée qu'il était déjà à lui, d'une certaine façon. Il ne se sentait pas le droit de vouloir plus, tant il s'était persuadé qu'il ne l'aurait jamais.

Mais à présent, dans la chaleur et l'exiguïté de cet habitacle tout envahit de l'odeur de Minseok, Luhan se sentait, lui, envahit d'un désir qui, s'il lui était familier, avait rarement été aussi puissant. Seul dans son moment de faiblesse créé par sa mauvaise chute avec celui qu'il aimait réellement comme seul soutien, il ressentait pleinement le besoin qu'il avait de lui, de sa présence auprès de lui.

Son besoin de plus. De Minseok tout entier.

Il faillit sursauter lorsqu'il sentit des doigts légers se poser sur sa joue, à côté de son oreille.

-Lu-ge...

Il l'avait appelé par son surnom chinois.

-Lu-ge... Ne sois pas si défaitiste. Je te connais, tu fais tout pour qu'on te prenne pour une grande gueule et qu'on te croit plus fort que ce que tu n'es en réalité. Mais je sais qu'au fond, tu n'es pas sûr de toi dès qu'il s'agit de te dévoiler vraiment. Tu ne te rends pas compte que tout ce que tu as à offrir. Tu devrais lui montrer ce Luhan-là, celui que je vois maintenant. Il ne pourrait pas ne pas te voir, et je ne vois pas comment tu pourrais ne pas lui plaire.

Les mots de Minseok sonnaient comme une musique, mélodieux et si justes. Pourtant Luhan n'avait jamais entendu de musique qui lui tordait le coeur à ce point. Se rendait-il seulement compte à quel point cela faisait mal, et en même temps à quel point cela lui faisait du bien ?

Luhan serra les poings pour les empêcher de trembler. Il était perturbé, et son cerveau ne parvenait plus à fonctionner correctement. Le jeune homme roux lui disait dans la même tirade qu'il ne pouvait pas ne pas lui plaire, mais en lui parlant d'un garçon imaginaire qu'il était sensé séduire. Comment se devait-il de répondre à ça, comment ?

-Merci, Min'... Merci pour tout ça mais... Ce garçon...

Sa gorge se noua avant qu'il puisse continuer. Il n'y arrivait pas, son inconscient bridait sa conscience, ou l'inverse, comment le savoir ? Il s'en sentait comme physiquement incapable.

-Qu'est-ce qu'il a de si particulier pour te mettre dans cet état, Lu ?

Luhan prit une profonde inspiration.

-Ce garçon... Il n'est pas parfait, mais je ne peux pas le voir autrement. Il est coréen. Il est discret mais charismatique. On le remarque sans oser lui parler. Il est solitaire mais il n'abandonne pas les personnes auxquelles il s'attache. Il est très intelligent, sauf en ce qui le concerne. Il est sportif, et sensible. Et il est très mignon. Vraiment très mignon.

Les mots coulaient tout à coup, se déversaient désormais comme une cascade, sans qu'ils puisse les arrêter, tournant autour du pot tout en distribuant des indices comme les cloches de Pâques des œufs en chocolat. Comme Luhan rêverait que Minseok trouve les œufs pour les partager avec lui.

-Quand on le regarde dans les yeux, on ne peut pas détourner le regard. Quand on l'a vu sourire une fois, on pourrait tout faire pour le voir de nouveau, quitte à se rendre le plus ridicule possible. Il ne parle pas beaucoup en général, mais si on apprend à lire son regard, on peut arriver à le comprendre. Il est passionné, il est toujours avide d'apprendre, et il aime partager ce qu'il connaît. Il voit toujours clairement l'âme des autres, mais il n'aime pas qu'on regarde dans la sienne. Et...

Devait-il lui donner, cet ultime indice ? S'il le faisait, non seulement Minseok comprendrait tout, et en prime, il saurait que Luhan connaissait son secret à lui.

Sans toutefois avoir suffisamment pris le temps d'y réfléchir, ce fut dit.

-Et... Il a un secret. Il aime écrire, plus qu'autre chose. Je crois que personne ne le sait, mais j'ai remarqué qu'il a une expression particulière quand il sort un cahier qu'il ne laisse personne lire. Quand il ne le sort pas pendant plusieurs jours, c'est qu'il a une panne d'inspiration, et il est encore plus silencieux que d'habitude, avec un air mélancolique. Et quand il la retrouve, il... Il accepte toujours la cigarette que lui offre son meilleur ami. Il ne fume jamais sinon.

Luhan s'interrompit enfin, définitivement, la gorge trop nouée. Si avec ça, Minseok n'avait pas reçu le message, il ne donnait pas cher de ses neurones qui exploseraient sans doute de devoir recommencer cet aveu. Il ne s'était jamais senti aussi fébrile de toute sa vie. Il avait réellement l'impression d'avoir remis son destin dans les mains de celui qu'il aimait en secret. Enfin, plus vraiment en secret désormais.

Il s'en voulait atrocement autant qu'il se félicitait. Il n'y avait plus de retour en arrière possible, mais néanmoins il l'avait fait.

Et si Minseok lui donnait une réponse négative, contrairement à ce dont semblait être persuadé Jongdae ? Que ferait-il ? Que feraient-ils ?

Luhan se sentit sur le point de paniquer. Il regretta amèrement ses paroles. Il ne pouvait pas se permettre de ficher en l'air sa relation triangulaire avec Jongdae et Minseok. Ils étaient ses meilleurs amis, ils faisaient partie des rares personnes qui le connaissaient entièrement, les piliers de sa vie -en Corée tout du moins- en dehors de sa famille. Et il allait faire exploser le trio de lui-même.

Non, pas ça. Pas alors qu'il avait déjà dû s'arracher à sa vie en Chine des années auparavant, sur une soudaine lubie de ses parents, comme quoi la vie serait plus facile dans cet autre pays. Pas alors qu'il n'avait jamais réussi à s'ouvrir à qui que ce soit d'autre. Pas alors qu'il s'ancrait enfin dans sa vie étudiante, la vie de toutes les libertés.

-Il a aussi beaucoup de chance, ce garçon.

La voix de Minseok fit nettement sursauter Luhan, cette fois-ci. Il réalisa alors que ses doigts étaient toujours en contact avec sa joue.

-Il a vraiment beaucoup de chance que quelqu'un le voit comme ça. Il a beaucoup de chance que quelqu'un le voit. Quelqu'un comme Xiao Luhan.

Avait-il le droit d'espérer ? Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer, d'entendre un "mais" que Minseok ne disait pas.

-Ouvre les yeux, Luhan.

Minseok, quant à lui, sentait une chaleur toute nouvelle envahir son corps en entier. Et pour une fois, il n'écoutait que son instinct, sans chercher à savoir d'où celle-ci venait. Il ne prenait plus rien en considération, en dehors du jeune chinois au bout de ses doigts, qui se recroquevillait à vue d'œil dans sa voiture. Qui respirait de plus en plus vite et fort.

Minseok fronça les sourcils. Le front de Luhan se couvrait de sueur et sa respiration était vraiment erratique.

-Luhan ? Tout va bien ?

Il tressauta. Une fois, deux fois, sans répondre au rouquin.

-Luhan ?

Minseok lui secoua l'épaule, sentant la peur s'installer dans son esprit.

Luhan se pencha en avant, la respiration encore plus forte, des gémissements rauques franchissant sa gorge alors qu'il se prenait difficilement la tête entre les mains.

-Luhan !

Il faisait une crise d'angoisse. Et une violente.



* * *



-Non, son coloc' m'a dit qu'il s'occupait de lui.

-Kyungsoo ? Très bien. Vous avez fait baisser sa tension ? S'inquiéta Jongdae, au téléphone avec Minseok qui venait de lui raconter la crise d'angoisse monumentale de Luhan.

-On dirait bien... Mais Kyungsoo m'a fait sortir en me disant qu'il valait mieux le laisser tout seul. Il s'est quand même évanoui...

-Ne t'en veux pas trop, Min'. Il était déjà mal en point à cause de sa chute, comme avant chaque match il n'a rien avalé à cause du stress, et il venait de se dépenser comme si sa vie en dépendait. Donc, forcément, ça n'a pas aidé. Ce n'est pas que de ta faute, ne t'inquiète pas.

Jongdae cru capter un sanglot.

-Minseok. Tu es épuisé, toi aussi, tu devrais aller te reposer. Il t'appellera quand il ira mieux. Arrête de culpabiliser, il n'a rien de grave.

-Je... Je ne voulais pas lui faire de mal... Murmura le jeune homme, tellement bas que Jongdae vissa son oreille au combiné pour l'entendre distinctement.

-Et si tu me disais ce qu'il s'est passé, au moins ?

-Jong'... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé.

-De quoi vous parliez, par exemple ? S'agaça l'autre.

-Je... Bon écoute, j'ai pas la force d'en parler tout de suite. Tu as raison, je suis vanné, je vais aller me coucher.

Minseok salua rapidement son ami avant de raccrocher sans lui laisser le temps d'insister. Il ne se sentait pas prêt de tout lui expliquer, il était trop perdu. Le malaise de Luhan avait été comme une douche froide, un brutal rappel à la réalité.

Et à présent, il ne savait pas du tout où il en était.

Alors Minseok fit ce qu'il faisait à chaque fois que sa vie lui était douloureuse, étriquée, perturbante, tourbillonnante. Il s'assit à son bureau et commença à écrire, plus rapidement et mieux inspiré qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Il se détendit peu à peu, comme lorsqu'on respire enfin après être resté en apnée trop longtemps.



* * *



-Maintenant, oui, je suis inquiet pour Luhan. Mais aussi pour l'autre, là.

Lay resta silencieux, conscient de la frustration de Jongdae d'être impuissant face aux récents événements.

-J'espère que... Que je n'ai pas fait une erreur. Que je ne leur ai pas fait de mal.

Il se laissa tomber sur son lit, jetant un œil vide à l'écran de veille de son ordinateur. Lay lui posa doucement la main sur le haut du dos, ne sachant comment l'apaiser.

-Je suis sûr que non.

-Comment tu peux en être sûr...

Bien que la question soit rhétorique, le fantôme y répondit.

-Parce que tu connais tes amis mieux que personne. Et que tu prends tellement soin d'eux que je ne vois pas comment tu pourrais t'être trompé.

Après un court silence pendant lequel Jongdae pencha inconsciemment la tête en direction de la main de Lay, celui-ci ajouta :

-Moi, j'ai confiance en toi. Alors aies confiance en toi aussi.

Le jeune homme releva la tête vers son vis-à-vis, qui lui fit un sourire timide. De nouveau, Jongdae se sentit tout chose à la vue de ce sourire, mais laissa une pâle copie naître sur son visage.

-Dis Yix... Lay, pardon. Pourquoi tu m'appelles toujours Chen ?

L'autre accepta le changement de sujet, et pour une fois, ne se fit pas prier pour répondre à la question.

-Je ne sais pas trop, pour tout te dire. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé donner des petits surnoms aux gens, même sortis de nulle part. Chen sonne un peu chinois, en plus.

Jongdae laissa échapper un petit rire. En plus d'être un fantôme, il était vraiment dans son monde, dans tous les sens du terme.

-D'où tu venais, en Chine ?

-Je ne sais plus. Je ne me souviens de presque rien, tu sais. Même si j'aurais aimé avoir des histoires à te raconter.

-Ce n'est pas grave, répondit Jongdae, je commence à te connaître un peu quand même.

-Est-ce que ça compte tellement pour toi ? S'étonna Lay.

-Bein, tu es tout le temps avec moi, quand même. J'aime bien savoir à qui j'ai affaire.

-Certes. Sourit le fantôme.

Quelque chose avait changé. Jongdae ne semblait plus du tout agacé par sa présence, on aurait même dit qu'il l'acceptait à présent entièrement, même avec son histoire "à coucher dehors", comme il disait. On aurait dit que son humanité passée, même si elle était encore plus fantômatique que lui, le faisait se sentir un peu plus proche de lui.

-Tu sais, Yi... Lay, je... Je suis content que tu sois là ce soir. Merci.

Et, sans attendre sa réponse, il se positionna à l'identique de la nuit dernière, la tête sur les jambes -cette fois en tailleur- de Lay, les genoux ramenés contre sa poitrine. Ce dernier lui caressa les cheveux de la même façon, comme une habitude déjà prise.

-Tu sais... Commença le fantôme. "J'aimerais bien que tu m'appelles Yixing."



* * *



Deux jours plus tard, Lay avait de nouveau disparu aux yeux de Jongdae. Il était resté de bonne constistution physique assez longtemps pour inverser la malédiction.

Mais cela ne les satisfaisait ni l'un, ni l'autre.

Si Jongdae était heureux de pouvoir toujours sentir la présence de l'autre à ses côtés, il souffrait désormais de ne plus pouvoir regarder son visage, admirer ses expressions et son sourire, se plonger dans ses yeux.

Mais surtout, il s'inquiétait de le voir disparaître.

Il avait compris que le but de Lay était tout de même de retourner dans sa dimension, quelle qu'elle soit, où qu'elle fut. Il n'avait jamais été sensé le voir, ou être à même de le toucher.

Jongdae se sentait tout de même vaguement vexé que les lois de la nature elles-même le jugent tellement maladroit que c'en était du domaine du surnaturel. Au point de modifier l'essence même d'un autre être. Devait-il comprendre qu'il était un boulet exceptionnel, dont on ne voyait qu'un seul cas pareil tous les...

Il n'en savait rien, d'ailleurs, et il s'en fichait, mais il se sentait tout de même quelque peu blessé dans sa fierté.

Malgré cela, il n'avait plus envie que Lay ne fasse plus partie de sa vie qu'en tant que souvenir. Il avait fini, en quelques semaines, certes, à s'attacher à cet être étrange, malgré les nombreuses sources d'agacement qu'il avait éveillé chez lui les premiers temps.

Pour dire la vérité, Jongdae se sentait en sécurité avec lui. Outre le fait qu'il le protège de sa malchance chronique et légèrement handicapante, il trouvait les mots pour le rassurer, pour l'apaiser quand il en avait besoin. C'était à croire qu'il pressentait toujours la moindre de ses émotions et ses faiblesses, ses questionnements sans jamais que Jongdae ait besoin de les mettre en mots devant lui. Il se préoccupait de ce qu'il pouvait ressentir profondément, et si le jeune homme n'avait rien à reprocher à ses deux meilleurs amis à ce niveau-là, la relation qu'il nouait doucement avec Lay était différente.

Lay, ou Yixing, était différent de toutes les personnes qu'il avait pu rencontrer, et il avait la sensation qu'il serait aussi unique, dans toute sa vie.

-Tu penses à quoi, Chen ? Lui demanda celui-ci, alors que la cendre s'accumulait au bout de sa cigarette sans qu'il y ait touché. Il l'écrasa machinalement en entendant la voix de celui qui hantait ses pensées, comme il hantait désormais sa vie.

-Je ne sais pas trop.

Lay lui adressa un doux sourire, qu'il ne vit pas. Mais il répondit, certain d'avoir deviné correctement l'attitude de son fantôme.

Comme il aurait aimé le voir vraiment.

-Yixing... Tu vas disparaître complètement, un jour ?

S'il ne pouvait pas le voir, Lay, lui, pu noter la lueur inquiète au fond des prunelles de Jongdae.

-Même si tu ne peux pas me voir ni m'entendre, je ne disparaîtrais jamais de ta vie.

-Oui, mais... Souffla le coréen. "Je ne veux pas que tu sois là si je ne peux pas te voir ni t'entendre."

Si Lay avait été doté d'un véritable corps, le rouge lui serait monté aux joues.

-Chen... C'est inévitable, tu sais.

La douleur étreignit soudainement le coeur de "Chen". Il lui manquait alors même qu'il était encore présent, c'était une sensation incompréhensible. Elle était d'autant plus violente qu'il n'avait pas le souvenir d'avoir déjà ressenti cela auparavant.

Et Yixing lui apparu de nouveau. Jongdae sursauta :

-Mais... Je peux te voir sans me blesser ?

-Tu t'es fais mal ? S'écria en même temps le fantôme.

Ils se regardèrent trois secondes, puis se sourirent, alors qu'ils n'avaient absolument pas entendu ce que l'autre avait dit.

-Est-ce que tu t'es fait mal ? Demanda à nouveau et plus doucement l'apparition.

-Hm... Si on veut. Murmura Jongdae. "Mais ça va mieux maintenant."

Si Lay en fut étonné, il ne dit rien de plus, étant naturellement mal à l'aise avec la parole pour ne rien dire.

-Dis... Si je t'appelle Yixing, j'aimerais bien que tu m'appelles Jongdae, s'il te plaît.







Commentaire de l'auteur
N'hésitez pas à me faire part de vos avis, comme vous le voyez, non seulement ça me fait plaisir de ouf, mais en plus ça m'inspire. xD
Ne vous en faites pas, l'histoire de Lay n'est pas finie. ;)

Je vous fais plein de bisous, merci pour toutes ces vues et suivies, je ne m'attendais pas à en avoir autant alors que ce n'est que ma première fiction sur ce site, ça me touche vraiment énormément, je crois que je vous le dirais jamais assez. ♥

Ako
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