Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Appels à Textes

Consulter tous les AT

Publicité


Publicité

Votre campagne ici

Articles

(Consulter tous les articles)

La ligue des mangoustes recherche de nouveaux héros
 par   - 1039 lectures  - 1 commentaire [30 mai 2020 à 12:42:02]

Fan de manga et/ou de comics et écrivain dans l'âme, cette annonce s'adresse à vous !


Lire la suite...

Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Musique

 > 

EXO

La lune n'éclaire pas aussi bien que le soleil
[Histoire Terminée]
Auteur: Rukyoshu Vue: 1043
[Publiée le: 2013-09-06]    [Mise à Jour: 2013-09-06]
G  Signaler Romance/Surnaturel/One-Shot/Amitié/Tranche de vie Commentaires : 4
Description:
Tao a un rituel matinal depuis quelques jours. Sehun le découvre.
Sehun ? Comment est-ce possible ?
Crédits:
Aucun membre des EXO ne m'appartient. L'histoire est de moi.
<< ( Préc )
  Commenter ce chapitre 

La lune n'éclaire pas aussi bien que le soleil

[5504 mots]
Publié le: 2013-09-06Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

Titre : La lune n’éclaire pas aussi bien que le soleil.
Auteur : Rukyoshû.
Déclaration de l’auteur : Ce texte n’a rien de très original dans sa base, on a déjà vu ça des centaines de fois. Mais je voulais tester aussi. J’espère que ça plaira quand même. Je remercie très fort Black Cherry qui me relit, me corrige et me soutient.

Résumé : Tao a un rituel matinal depuis quelques jours. Sehun le découvre. Sehun ? Comment est-ce possible ?

La lune n’éclaire pas aussi bien que le soleil.


Sehun s’ennuyait. Il errait dans l’appartement depuis un moment et ne trouvait rien à faire sinon soupirer. Plusieurs membres dormaient encore, lui n’avait pas sommeil. Et les autres étaient trop occupés pour qu’il veuille les embêter. Ça arrivait parfois. Pourtant, derrière cette matinée banale, quelque chose le dérangeait. Peut-être la sensation d’être là sans réellement l’être. Invisible et silencieux. D’ordinaire, tout le monde s’occupait de lui et, même si ça l’énervait, il s’y était habitué. Il était le plus jeune, il était normal qu’ils veillent tous sur lui. Seulement, aujourd’hui, il était seul et s’ennuyait ferme. Il ne comprenait pas et voguait de-ci de-là en se demandant s’il finirait par trouver une occupation. Soupirant encore, il décida d’entrer dans la seule salle généralement vide à cette heure-là et se figea. Cette pièce ne comportait qu’un canapé et leur servait de salle de danse en temps normal. Là… Ses sourcils se haussèrent très haut sous la surprise. Tao était installé en tailleurs au milieu de l’endroit et entouré d’une multitude de bougies. Elles baignaient la pièce d’une douce lueur orangée. Tant de flammes vacillaient qu’il était difficile de savoir où poser les pieds sans brûler le bas de son pantalon.

_ Tao mais… quest-ce que tu fous ?
_ Je prie.
_ Et tu avais besoin de remplir la salle de bougies ? Et où as-tu trouvé autant de bougeoirs ?
_ Peu importe, laisse-moi prier.
_ Pourquoi tu pries ?
_ As-tu vraiment besoin de me poser toutes ces questions ?
_ Eh bien…

Sehun déglutit difficilement, se sentant blessé par ce rejet. Venant de Tao, ce fut encore plus douloureux. Dautant que c’était la première personne qui lui adressait la parole depuis le matin. Cette journée commençait mal. Peut-être devrait-il retourner se plonger sous la couette pour ne pas l’affronter, finalement.

_ Non, pardon davoir osé te déranger.

Il ne parvint pas à insuffler de la froideur à sa voix. Il ne réussit pas non plus à faire claquer la porte pour montrer son mécontentement. Il ne comprenait rien. Il y avait décidément quelque chose détrange aujourd’hui. Tao, lui, sembla réaliser. Il ouvrit grand les yeux. Ce zozotement… Ça ne pouvait être que lui. Il se leva souplement, faisant vaciller quelques flammes, et se précipita dans le couloir. Il s’était habitué à ce que les autres viennent l’empêcher de réaliser son rituel alors qu’il en avait besoin. Il avait appris à répliquer. Mais là… Cette silhouette fine et déliée, cette nuque si douce au regard, ce corps… Il s’agissait forcément de…

_ Sehun, murmura-t-il.

C’était irréaliste. Comment était-ce possible ?

_ C’est bon Tao, ne te fatigue pas, j’ai bien compris que je dérangeais.
_ Non ! Bien sûr que non ! Mais… es-tu bien là ?

Sehun se tourna bien vers son ami, les yeux tellement ouverts qu’il crut qu’ils allaient rouler par terre. Pourquoi donc Tao posait cette question ridicule ?

_ Bien sûr, où veux-tu que je sois autrement ? Tu es sûr que ça va ? Tu n’as pas l’air toi-même.
_ Euh… Je ne sais pas…

Devenait-il fou ?

_ Tao ?

La voix de Kris, si grave, perça lambiance. Le cœur du jeune chinois battit à toute allure. Le leader arrivait derrière Sehun et n’avait pas mentionné son nom. Comme si… il n’était pas là. Les couleurs de son visage, déjà peu présentes, filèrent toutes d’un coup.

_ Eh, Tao, ça va ?

Sehun pinça les lèvres dans une moue boudeuse et s’empressa de répliquer.

_ Oh, Kris, ce n’est pas gentil de m’ignorer de la sorte. Je veux bien qu’on ne soit pas forcément meilleurs amis mais bon…

Le plus grand n’eut aucune réaction. Tao entrouvrit les lèvres et frissonna violemment. Ça se confirmait, il perdait bel et bien l’esprit. Il releva finalement les yeux vers son ami et murmura juste un mot.

_ Sehun.

Le regard de Kris se voila de tristesse et celui de Sehun s’emplit d’interrogations. Tao eut envie de pleurer et de hurler.

_ Je comprends, souffla le leader.

Il prit tendrement Tao contre lui et posa ses grandes mains réconfortantes dans son dos. Une douce chaleur se logea dans le corps du jeune chinois. Ce genre de chaleur qui, insufflée de temps en temps, lui permettait de tenir le coup.

_ Je suis sûr que tes prières seront entendues.

Peut-être. En attendant, elles lui avaient apporté la folie. Sehun le regardait avec incompréhension et une pointe de panique, sans doute aussi. Tao se détacha de Kris. Le seul qui acceptait son besoin de prières entouré de bougies. Le seul qui comprenait la peur étouffante et la douleur de son cœur.

_ Il faut que j’y retourne. C’est tout ce que je peux faire pour lui. C’est tout ce qui me raccroche à l’espoir.
_ Il serait touché, sois-en certain.
_ Hm, j’espère.

Ils s’échangèrent un vague sourire empli de compassion, de soutien, de fraternité. Et Tao retourna dans la salle de danse. Les centaines de flammes l’accueillirent de leur danse vacillante. Il se frotta vivement le visage en soupirant et se tourna vers la porte, priant presque pour être seul. Perdu. Sehun était là, les yeux emplis de mille questions.

_ C’était quoi, ça ? Qu’est-ce qu’il se passe, Tao ?

Le chinois entrouvrit les lèvres mais ne sut que dire. Il ne comprenait pas lui-même.

_ Ne me dis pas que je suis…

Sehun ne put se résoudre à prononcer le mot. Tao comprit très bien où il voulait en venir et dénia vivement de la tête.

_ Non ! s’exclama-t-il avec force. Non, tu n’es pas…

Il ne parvint pas non plus à prononcer cette pensée. C’était insupportable à imaginer. Sehun poussa un petit soupir de soulagement. Il fut de courte durée. La situation ne laissait la place qu’à l’angoisse et l’incompréhension.

_ Alors, qu’est-ce qu’il se passe ? Depuis ce matin, j’ai l’impression d’être invisible aux yeux des autres. Comme si… je n’existais pas.

Tao déglutit difficilement en se mordant la lèvre. Il fallait qu’il vérifie. Même si l’anormalité de la situation lui donnait le sentiment d’être devenu fou à force de prières et d’angoisse. Même s’il s’agissait peut-être juste d’un manque de sommeil.

_ Tu ne te souviens pas ?
_ De quoi ?
_ Ton accident.
_ Quel accident ?
_ Un projecteur est tombé lors de notre représentation la semaine dernière et tu es tombé de scène en l’esquivant. Tu t’es cogné la tête.
_ C’est ridicule, je ne suis pas sorti de l’appartement la semaine passée. Et hier encore tu tentais de m’apprendre le jeu de go.

Tao baissa la tête. Tout ça était tellement improbable. Il se mordilla la lèvre inférieure. Le jeu de go remontait déjà à deux semaines. Sehun avait rayé de sa mémoire les derniers événements. Enfin, de sa mémoire de… de quoi au juste ? De fantôme ? Ce n’était pas possible. Si le plus jeune était un fantôme, on les aurait appelé pour leur dire qu’il était… Le chinois secoua la tête. Il ne savait pas. Et il ignorait comment se comporter.

_ Je suis un esprit, alors ?

La question le surprit vivement. Son regard accrocha celui de Sehun. Aucun d’eux ne comprenait la situation.

_ Je ne sais pas vraiment.
_ Comment tu fais pour me voir alors que Kris est juste passé sans sourciller ? Et tu m’entends aussi…
_ Je ne sais pas. Peut-être que les arts martiaux m’ont appris à ouvrir mon esprit à un autre possible.

Ou simplement que l’absence de Sehun était la plus insurmontable pour lui. Il n’avait jamais su relativiser. Du moins, jamais quand ça concernait Sehun.

_ On fait quoi, alors ?

Tao haussa les épaules.

_ Attendons un peu et voyons ce qu’il se passe.

Le plus jeune le fixa un moment avant d’acquiescer. Ils n’avaient pas beaucoup d’autres solutions, pour l’instant.



Une semaine. Ça faisait déjà une semaine et rien n’avait changé. Ou peut-être que si, justement. Il était parfois difficile pour Sehun de se souvenir de sa situation. Pour lui, le jour de l’accident n’existait pas. Alors il n’avait pas toujours conscience d’être un esprit. La tristesse qu’il éprouvait à ce moment-là, c’était à Tao de la chasser. Par n’importe quel moyen. Sa maladresse naturelle l’aidait bien, il devait l’avouer. Et de fil en aiguille, de seconde en minute, ils s’étaient un peu plus rapprochés. Parfois, le jeune chinois se disait que c’était dommage d’attendre ce genre de moment pour créer des liens plus forts. En attendant, et ce malgré son bonheur de partager des moments uniques avec le plus jeune, Tao avait du mal à tout gérer. Les moments les plus difficiles étaient ceux des repas. Sehun s’asseyait sur le bar et les observait. Parfois, son regard était si triste que le chinois en pleurerait. À d’autres moments, il riait à toutes les blagues de Luhan, Xiumin, Chen et Chanyeol. Et Tao sentait son cœur sur le point de lâcher. Mais il gardait tout au fond de lui ce genre de sentiments. Les exposer le rendrait vulnérable et pathétique. Il arrêta de prier dans leur salle de danse, se contentant de le faire dans sa chambre. Sehun y assistait parfois. Sinon, il errait dans l’appartement, riant aux plaisanteries des autres, observant les yeux tristes et l’inquiétude derrière les sourires, les blagues et l’espoir.

Un matin, après son rituel matinal, Tao souffla toutes les bougies et sortit son jeu de go. Le plus jeune était là et fronça les sourcils. Il ne le sentait pas, ce coup-là. Il eut raison. Le chinois tenta de lui expliquer mais il était vraiment largué. Tao s’en rendit finalement compte et prit une moue boudeuse.

_ Allez, c’est super facile, ne sois pas mauvais joueur.
_ Mais ça me saoule, j’y arrive pas. En plus, tu parles chinois une fois sur deux.
_ Ah… Ah, non ! Tu ne m’auras pas comme ça, tu n’as pas le droit de baisser les bras !
_ Tao ?

Celui-ci sursauta brutalement. Il n’avait pas entendu la porte s’ouvrir dans son dos et n’avait donc pas vu Luhan entrer. Il tourna la tête vers lui.

_ Oui ?
_ A qui tu parlais ?
_ A moi-même.
_ Oh. Et pour quoi tu n’as pas le droit de baisser les bras ?
_ Cette partie de go.
_ Mais… tu joues tout seul ?
_ C’est une partie que j’ai commencé avec Sehun.

Le visage de l’aîné perdit le peu de couleurs qu’il avait. Parler du plus jeune, de leur bébé, faisait cette effet-là à tout le monde. Un peu moins à Tao, à présent, puisqu’il pouvait le voir et lui parler. Même si ça n’était pas forcément bon signe. Même si c’était difficile à gérer. Même si parfois ça lui faisait plus de mal que de bien.

_ Dis-lui que ça va aller, souffla Sehun alors qu’il s’était mis debout juste derrière Luhan. Dis-lui que je vais revenir.

Tao obtempéra. La voix de son ami était trop triste pour qu’il lui refuse ce genre de chose. Et même sans ça, il n’avait jamais pu lui refuser quoi que ce soit.

_ Ne t’inquiète pas, Luhan, il va revenir. Tout ira bien.
_ Comment tu peux en être si sûr ?

Tao ne répondit pas immédiatement. Sehun venait d’entourer les épaules de Luhan de ses bras. Ça le rendit jaloux, sans qu’il ne puisse s’en empêcher. Il se mordit la langue et haussa les épaules avant de se retourner pour se concentrer de nouveau sur son jeu de go. Il s’en voulait de réagir ainsi. Luhan et Sehun avaient toujours été plus proches qu’il ne le serait jamais avec le plus jeune. Après tout, le soleil éclipsait toujours la lune. C’était ainsi, même s’il ne l’acceptait pas réellement. C’était juste ainsi, il devait s’y faire.

Luhan, lui, sentit les larmes monter brutalement. La présence de Sehun, son odeur, sa douceur, venait de le percuter de plein fouet. Ça faisait si longtemps qu’il n’avait pas ressenti ça. Il ne comprit pas d’où la sensation venait. Peut-être de la force de Tao, de sa façon si intense d’y croire, envers et contre tout. Le cadet avait toujours été si pur dans ses sentiments, il avait prié tous les jours pour que l’état de Sehun se stabilise. L’odeur des bougies flottait encore dans la salle de danse. Il en sentait encore le parfum, parfois, le soir. Tao continuait de prier, inlassablement, quand eux s’étaient presque résignés. Oui, la présence de Sehun devait simplement venir de la conviction que tout irait bien de Tao. C’était chaud et l’espoir reprit racine, poussant à une rapidité incroyable. La douceur de cet instant lui redonna la force d’y croire également.

_ Merci, murmura-t-il.

Tao ne comprit pas et se retourna avec surprise. Sehun souriait de toutes ses dents.

_ Il recommence à croire, grâce à toi, rigola le plus jeune. Et il m’a sauvé du go !

Le chinois prit sur lui pour ne rien dire afin de ne pas passer pour plus fou qu’il ne l’était déjà. Luhan lui sourit avec chaleur. Tao baissa les yeux, mal à l’aise. Son aîné était une bonne personne, pourtant Tao ne pouvait s’empêcher de lui en vouloir. Parce que, quoi qu’il fasse, Sehun passait son temps à admirer le soleil. Et la lune disparaissait soudainement.



Deux semaines. Bon sang, deux semaines ! À ce rythme-là, Tao s’effondrerait sans doute avant d’avoir pu savoir s’il était fou ou non. L’état de Sehun – ou de son corps – n’avait pas changé, il était juste stable. Et l’esprit, lui, semblait trouver très drôle de le martyriser. Ce jour-là, il avait décidé de le suivre partout en chantant tout et n’importe quoi. Ça faisait à présent presque deux heures qu’il était sur la même chanson. Tao allait finir par la haïr. Assis sur le canapé, il essayait de se concentrer sur l’écran de la télévision, s’imprégnant comme il pouvait du calme rare de Xiumin. Seulement Sehun sautillait autour du meuble en continuant de chanter. Tao finit par n’en plus pouvoir et explosa.

_ Tais-toi ! s’écria-t-il.
_ Mais… je n’ai rien dit, répliqua Xiumin en tournant la tête vers lui, les yeux grand ouverts.
_ Ah, non, désolé, bafouilla Tao en rougissant d’embarras. J’essaie de faire taire la chanson qui me passe en boucle dans la tête depuis ce matin.

_ Je ne suis pas sûr que lui dire de se taire fonctionnera.

Le jeune chinois haussa les épaules.

_ J’aurai essayé.

Sehun se pencha derrière Xiumin. Leur baozi préféré ne devait rien comprendre au comportement du chinois. Taquiner Tao était si amusant !

_ Pourquoi je n’ai pas le droit de chanter ? demanda-t-il d’une voix boudeuse et gamine.
_ C’est pénible. Tu n’as jamais eu cette impression que si tu entends une seule note de plus de cette chanson, ta tête va exploser ?

Xiumin eut un instant de réflexion. Il haussa les épaules.

_ Non, pas que je me souvienne. Tu en es à ce point-là ? Change de chanson.
_ Ce n’est pas comme si c’était si simple.

Tao poussa un soupir à fendre l’âme. Sehun s’installa près de lui.

_ Je suis désolé, je tiens à ta tête, ce serait dommage qu’elle explose. Je vais te chanter autre chose.

Il entama le refrain d’une chanson des Super Junior. Tao se prit brusquement la tête entre les mains. Il n’avait rien contre ses aînés mais trop, c’était trop. Pas tant pour la chanson que le comportement, d’ailleurs. Il pressa fortement contre ses tempes avant de se relever et d’agiter les mains vers Sehun, comme pour le repousser.

_ Je sors, dis aux autres de ne pas s’asseoir là, j’y ai laissé toute la musique qui me hante. Et je t’assure que personne n’a envie de subir ça.

Xiumin haussa un sourcil perplexe. Le plus jeune prit une moue peinée. Et Tao les ignora avant de quitter l’appartement pour prendre l’air. Juste un instant, il voulait calmer son cœur désolé et tourmenté. Malgré tous ses efforts, avoir la présence de Sehun à ses côtés jour et nuit lui faisait mal. Parce que ce n’était pas réel. Il savait bien que le plus jeune restait avec lui pour une unique raison : il était le seul à le voir et l’entendre. Sans ça… Tao soupira et se posa sur un banc isolé dans le parc. Sehun ne l’avait jamais suivi à l’extérieur, il pourrait se reprendre tranquillement. Il inspira à fond et souffla longuement. Il se détestait d’être ainsi. Sehun avait besoin de lui dans cette période difficile et, par pur égoïsme, Tao n’était pas capable de l’aider. Seulement, son cœur avait de plus en plus de mal à supporter tout ça. Se dire qu’une fois de retour à lui, Sehun retournerait vers Luhan, son superbe soleil, sans même sourciller… ça lui faisait mal. Tao était plus fragile qu’il le laissait penser.

Parfois, il se disait que Sehun ne reviendrait peut-être jamais. Du moins, jamais dans le vrai monde. Si c’était le cas, que devrait-il faire ? Parler de Sehun ne ferait de bien à personne. Il suffisait de voir leur visage s’assombrir sitôt que le prénom du plus jeune était dit sans y penser. Alors quoi ? Tao devrait rester avec ce secret toute sa vie si Sehun venait à… Tao secoua la tête. Non, il ne devait pas se focaliser là-dessus. Si même la lune se mettait à douter alors le monde ne tournerait plus rond. Il devait tenir le coup, rester auprès du plus jeune et faire son rituel inlassablement. Les bougies finiraient par exaucer son vœu, il devait y croire. Même s’il devait s’y brûler le cœur…



Trois semaines. Tao n’en pouvait plus. L’espoir semblait avoir disparu du dortoir et des membres. Même les médecins n’étaient pas optimistes. Sehun errait, s’accrochait aux membres, cherchant à les faire rire par l’intermédiaire de Tao. Et tout le monde en voulait à Tao de continuer à y croire, même quand l’espoir était mort. Les larmes grossissaient le cœur du jeune chinois qui se taisait pour faire bonne figure. Combien de temps tiendrait-il ? Plus très longtemps. Il eut raison. Ça arriva même plus vite qu’il ne le prévoyait. Ses nerfs et son cœur mis à rude épreuve par les membres du groupe qui ne se rendaient compte de rien, Tao finit par craquer. Son masque de certitude s’effondra. Sehun avait encore enlacé Luhan, après l’avoir suivi partout toute la journée. La douleur que Tao ressentait, tout le monde s’en fichait, n’est-ce pas ? Il n’était qu’un froussard qui pensait que des bougies pouvaient sauver des vies ! Les yeux brillants et l’amour en miettes, Tao se détourna de Luhan et Sehun, ignora les autres membres présents et partit se réfugier dans sa chambre. Le plus jeune le rejoignit rapidement, inquiet de le voir partir si subitement. Tao était un mystère qu’il ne parvenait pas à éclaircir. Plus il passait de temps avec lui et moins il le comprenait. C’était douloureux.

_ Tao, qu’est-ce qui se passe ? s’étonna-t-il en voyant le visage rongé de chagrin et de souffrance de son ami.
_ Ce qu’il se passe ?

Tao se leva brusquement de son lit, subitement en colère contre tout. Contre lui-même surtout.

_ Il y a que j’en ai marre ! Cette situation n’est plus gérable pour moi ! Je deviens fou, Sehun, complètement fou. Ça me ronge encore et encore. Tu es là, tu ne l’es pas vraiment. Je ne sais plus si c’est la réalité ou mon esprit qui se détraque.

Il secoua la tête avec vivacité, les poings serrés. Quoi qu’il fasse, il n’était que l’insignifiant Tao.

_ Et tout ça, au fond, ce n’est rien. Pourquoi c’est moi, hein ? Pourquoi c’est moi qui suis hanté ? Je ne suis qu’une lune stupide qui se bat contre un soleil brillant ! Que puis-je faire face à ça ? Je ne suis que le reflet de la lumière d’un autre, je suis pitoyable.

Sehun cligna des yeux plusieurs fois. Il ne voyait pas du tout où Tao voulait en venir. En avait-il marre de lui ?

_ Je suis désolé, Tao. Moi, j’aime la lune. Sans elle, il ferait trop noir la nuit. Sans elle, je serai invisible aujourd’hui. Elle n’éclaire pas aussi bien que le soleil mais sa luminosité pâle est tellement plus douce au regard.

_ Ne dis pas ça, souffla le jeune chinois. Ne dis pas ça alors qu’à ton retour, tu retourneras près du soleil.

Sehun fronça les sourcils.

_ De qui tu parles, Tao ?
_ De qui je parle ? Bon sang, Sehun, penses-tu que je sois aveugle ? Sitôt qu’il apparaît, tu le regardes sans cesse, le réconfortes, essaies désespérément de le toucher ! Et pendant ce temps, mon cœur se brise et tu ne le vois même pas !

La porte s’ouvrit subitement, coupant l’élan de Sehun à répliquer. Luhan. Le plus jeune le fixa, mal à l’aise. Tao serra les dents. Comme toujours, le soleil venait faire disparaître la lune.

_ Tao… murmura l’aîné. Pourquoi parles-tu à Sehun comme s’il était là ?

Le chinois plaqua une main contre son torse, au-dessus du cœur. Ses yeux se firent durs et noirs. Son visage se ferma.

_ Parce qu’il est là, tout le temps. Il me suit, me hante et me tourmente. Parce que, quoi qu’il fasse, j’ai son nom ancré à mon cœur. Et qu’il continue de ne voir que le soleil ! La lune n’existe jamais, jamais, jamais ! Jamais quand tu es là !

Une larme déborda de ses yeux. Tao la chassa rageusement et sortit précipitamment de la pièce, bousculant son aîné au passage. Puis il quitta l’appartement et l’immeuble. Il aurait aimé quitter son cœur si douloureux. Une main l’arrêta subitement dans sa course et rabattit la capuche de son pull sur sa tête.

_ Tu ne devrais pas sortir comme ça, soupira la voix de Xiumin. Surtout si tu pleures. Les fans vont croire que tu t’es disputé avec nous.
_ Peut-être que c’est le cas et peut-être que je m’en fous.
_ Ne dis pas ça, tu le regretteras quand tu seras calmé.
_ Regretter ? Qu’est-ce que j’ai à regretter ? Mes sentiments se font piétiner depuis le début, juste parce que j’étais le seul à le voir. Maintenant qu’ils sont exposés et que les larmes ont coulé, il ne reste plus qu’à disparaître.

Xiumin resserra son étreinte sur son bras.

_ Avouer et pleurer ne méritent pas disparition. Tu reproches l’ignorance mais tu ne fais que te cacher. Personne ne peut deviner ce qui se cache derrière ton regard. Si toi-même tu n’assumes pas, qui peut le faire ? Il s’agit de tes sentiments. Maintenant qu’ils sont exposés, laisse-les agir.

Tao fronça les sourcils tout en s’essuyant les joues du revers de la main. Xiumin semblait avoir compris bien plus sur lui qu’il ne le pensait. Ce devait être la preuve que se cacher ne sert à rien, on finit toujours par être démasqué par les plus attentifs. Avec de tels yeux, pas étonnant qu’il se soit fait prendre. Cependant, le coréen avait raison. Il était temps d’assumer. Tao s’apprêtait à avouer quand la sonnerie du téléphone de Xiumin retentit. Après un coup d’œil à l’écran, il décrocha.

_ Très cher leader, je vous écoute, que me vaut le plaisir de votre appel ?
_ Amène tes fesses au dortoir et prends Tao avec toi.
_ Comment tu sais que…
_ Ce n’est pas le moment, Sehun est réveillé.

Tao s’inquiéta de voir le visage de son aîné blanchir subitement. Il donnait l’impression d’avoir vu un fantôme. Oh mon dieu ! Il referma difficilement son téléphone tant ses mains tremblaient. Le jeune chinois sentit une boule d’angoisse naître dans son ventre à mesure que les interrogations affluaient dans son esprit.

_ Xiumin, ça va ?

Il fallait qu’il se clame. Le plus vieux avait sans doute un explication qui n’avait rien à voir avec la plus grande peur de Tao.

_ Tao, on doit rentrer. Vite.
_ Q-quoi ? P-pourquoi ?

Ah, qu’est-ce qu’il lui prenait de bégayer ainsi ?

_ C’est Sehun.

Tao ouvrit de grands yeux. Oh mon dieu, non. Ce qu’il redoutait était en train de se produire. Le visage blanc, les mains tremblantes, Xiumin avait peut-être entendu dire qu’ils avaient vu un fantôme à l’appartement… Ça voulait dire que Sehun était… Non, ce n’était pas possible. Tao secoua la tête.

_ Non, non, non… Ne me dis pas qu’il est…
_ Il est réveillé, le coupa brusquement l’aîné.

Quoi ? Il était réveillé ? Alors pourquoi faire une tête pareille ? Tao aurait voulu lui demander mais il fut incapable de réagir. Son esprit resta aussi figé que son corps. Xiumin lui attrapa la main et l’entraîna. Alors… les prières de Tao avaient été entendues ? Tout ce temps enfermé, entouré de bougies, n’avait pas été vain ? Il n’arrivait pas à y croire. C’était merveilleux. Alors pourquoi n’était-il pas heureux ? Sehun… ne le hanterait plus. Oui, ce devait être le problème. Ils retourneraient tous à leur vie d’avant. La lune redeviendrait simplement la lune. Et le soleil redeviendrait l’astre brillant qui volerait le plus jeune à la lune.


Le trajet jusqu’au dortoir se fit rapidement. Le brouhaha qui les accueillit sembla venir d’un autre monde. Tao fit le tour du dortoir et ne trouva aucune trace de Sehun. Les autres ne firent pas attention à lui. Une larme roula sur sa joue. Il ferma les yeux. C’était fini, la lune venait de disparaître derrière la chaleur du soleil. Une main puissante se posa sur son épaule. Tao releva la tête, essuyant rapidement ses joues. Kris lui faisait face.

_ Viens, nous sommes tous d’accord pour que tu ailles le voir en premier.

Tao ne répondit rien. Kris n’ajouta pas de précisions, ne réagit pas aux larmes de son cadet, quand bien même elles lui brisaient le cœur. Luhan les accompagna. Kris, Luhan, le manager et Tao. Pourquoi ce dernier se sentait-il si à l’écart ? Le regard fixe, il sursauta quand Kris posa une main sur son genou pour lui montrer sa présence.

_ Tout ça a dû être difficile pour toi, souffla-t-il.

Sa voix grave donna des frissons à Tao. Ou peut-être étaient-ce ses mots ?

_ Nous n’avons pas forcément été à ta hauteur. J’aimerais m’excuser au nom du groupe, nous n’avons pas été justes. Tu as été le seul à continuer à y croire et…

_ Kris.

Le leader chinois se stoppa, étonné que Tao prononce son nom subitement.

_ Sehun était avec moi tout ce temps.

Il ne pouvait plus se contenir. Il devait le dire, même s’il passait pour un fou.

_ Il n’était pas mort pourtant il était là. Son esprit ? Je ne sais même pas. J’étais le seul à le voir et à l’entendre. Il restait parfois avec moi. Sinon il vous suivait dans tout l’appartement. Il voulait vous faire rire. Et je ne pouvais pas arrêter d’y croire. Si je baissais les bras, j’avais peur qu’il disparaisse. Je ne voulais pas qu’il disparaisse. Je me sentais important. Et maintenant, je me sens seul. J’aimerais redevenir celui d’avant cet incident.

Kris resta un instant silencieux. Il avait bien repéré la crispation subite des épaules de Luhan, sur le siège juste devant. Le manager était trop concentré sur sa conduite pour réagir. Bien. C’était une situation inattendue. Il se lécha les lèvres, cherchant une réponse appropriée.

_ Ne te force pas, Kris. Je sais bien ce que tu penses. Ne cherche pas à me réconforter.

_ Ça a commencé une semaine après l’incident, non ? Quand je t’ai surpris dans le couloir, pâle comme un fantôme.

Tao hocha la tête, surpris que le leader s’en souvienne. Et gêné de l’emploi du mot fantôme.

_ C’est à partir de ce moment-là que tu es devenu étrange.
_ Hm. Ne te tracasse pas pour moi, j’ai juste dû avoir une hallucination due à la tristesse de l’absence de Sehun. Tout va bien, maintenant.

Il se frotta les yeux et tourna la tête vers le paysage, mettant un terme à cette conversation dérangeante.


L’hôpital. Il détestait vraiment ça. Trop de blanc, trop de maladies. Venir ici n’était jamais positif. Sauf dans le secteur maternité, et encore. Il soupira. Tout était embrouillé dans sa tête. Il n’arrivait plus à déterminer le rêve de la réalité. Une seule personne pourrait lui répondre : Tao. Encore fallait-il pouvoir lui parler… Sehun soupira. Il n’était pas réveillé depuis une heure qu’il avait déjà subi des tas de tests bizarres. Il savait que c’était pour son bien et, en un sens, il se sentait mieux ainsi qu’invisible. Malgré tout, ce n’était pas agréable. Après un mois d’inactivité, il se sentait un peu engourdi. Il se demanda dans quel état il serait s’il n’avait pas vécu tout ce temps au dortoir avec Tao. Ah, il avait réellement envie de le voir ! Et tous les autres aussi. Il voulait serrer Luhan dans ses bras et sentir les siens dans son dos. Il n’aimait pas cette solitude. Et puis, maintenant qu’il y pensait, il se demanda si tout avait été réel. Peut-être n’était-ce qu’un rêve causé par son coma. Oh non, il ne voulait pas avoir tout imaginé !

Vingt minutes plus tard, un large sourire se dessina sur ses lèvres quand une infirmière lui annonça qu’il avait de la visite. Elle l’aida à se redresser et lui conseilla de ne pas se surmener avant de le laisser. Son sourire se fana un peu en voyant entrer le manager avant de refleurir tout aussi rapidement. Kris, Luhan… et Tao ! Il eut droit à des câlins pleins de soulagement, des sourires émus et ravis, des questions sur son état de la part de Kris et Luhan. Il tourna la tête face à la réserve de Tao. Il croisa alors son regard et sut que tout était réel. Et subitement, il s’en voulut d’avoir fait subir ça au jeune chinois. Il venait de remarquer son air pâle et émacié, ses grands cernes noirs qui entouraient des yeux vides et fatigués, ses traits las et tirés. Tao donnait davantage l’impression d’être passé près de la fin que lui. Et c’était sa faute.

Leur dernière conversation lui revint brusquement en tête. Sehun ne s’était jamais disputé avec Tao jusque là. Se souvenir de la colère du chinois lui pinça le cœur. Il le fixa longuement. La lune avait bien peu d’éclat aujourd’hui. Il demanda à Luhan et Kris de les laisser quelques minutes, le manager étant parti à l’instant discuter avec le médecin. Étrangement, ils semblèrent soulagés de les laisser à deux. Tao releva la tête avec surprise. Sehun l’invita à s’approcher.

_ Je suis désolé de n’avoir rien vu de ta douleur.
_ Ce n’est rien, ne t’inquiète pas. Je sais bien que tu n’étais pas toi-même et que cette situation devait être bien plus dure pour toi.
_ Tao, ne te cache pas derrière ce masque si gentil et prévenant. Tu as le droit d’avoir mal.
_ Je ne suis que l’insignifiant Tao, je préfère garder ce masque. En dessous, la lune peut pleurer de devenir invisible. Je voulais assumer mais c’est trop aveuglant et mon cœur s’est brûlé.

Sehun soupira. Tao ne changerait jamais. Son estime de lui frisait le zéro, même s’il prétendait le contraire et voulait montrer un Tao sûr de lui à leurs fans.

_ Tu te trompes. Le jour, on peut apercevoir la lune si on y prête attention. La nuit, on a beau chercher et scruter le ciel, le soleil est introuvable. La lune est toujours là, silencieuse, à veiller sur les gens. Tu es toujours là, Tao, et c’est pour ça que je t’aime. Tu aurais pu être un nuage, une étoile ou même un arbre. C’est toi que j’aime et personne d’autre.

Tao ouvrit de grands yeux. Lui ? Réellement ? Mais… le plus jeune était toujours collé au soleil !

_ Et Luhan ? demanda-t-il avec étonnement.
_ Ah, vraiment… Tao, Luhan est comme mon double, bien sûr que je l’aime ! Mais sincèrement, entre lui et moi, ce serait juste de l’inceste. Et puis Luhan aime les baozi, tout le monde le sait.
_ Baozi ? Vraiment ?

_ Tao, dans quelle planète tu vis ? Je suis sûr que même Lay le sait depuis sa bulle !
_ Oh.

Le jeune chinois resta un moment à fixer le visage de Sehun. Il l’avait toujours trouvé fascinant, presque hypnotique. Tant d’émotions différentes se peignaient sur ces traits.

_ Moi aussi, c’est toi que j’aime et personne d’autre.

Sehun eut un large sourire et lui attrapa la main alors que Luhan passait la tête par l’entrebâillement de la porte pour savoir s’ils pouvaient revenir. Tao se sentait enfin entier et apaisé. Oui, c’est vrai, la lune n’éclaire pas aussi bien que le soleil. Mais parce que son éclat est doux, elle se faufile parmi les hommes pour mieux veiller sur eux. Tao prendrait soin de Sehun. Et plus jamais il ne laisserait la brillance du soleil le faire douter.



FIN.




Commentaire de l'auteur Merci d'avoir lu, j'espère que cette lecture vous aura plu !
  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc )



© Fanfic Fr 2003 - 2020 / Mentions légales