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Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 291 lectures  - 3 commentaires [05 décembre 2021 à 21:22:58]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Big Bang

Le Garçon qui crie au Loup [G-Dragon]
[Histoire Terminée]
Auteur: M6 - Lucifer Vue: 73
[Publiée le: 2017-02-18]    [Mise à Jour: 2017-02-18]
13+  Signaler Drame/Song-Fic/Amitié/Univers alternatifPas de commentaire
Description:
" J'ai passé ma vie à m'inquiéter pour lui, à faire attention à lui en permanence, et les quelques fois où j'avais baissé les bras face à ses paroles blessantes je n'avais pas pu lui éviter ses erreurs. Et aujourd'hui, je le regrettais une fois de plus. "
Crédits:
JiYong, YoungBae, SeungHyeon et SeungRi ne m'appartiennent pas.
L'histoire est de moi.
La musique proposée ne m'appartient pas (RyanDan - Tears of an Angel).
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Le Garçon qui crie au Loup

[7889 mots]
Publié le: 2017-02-18Format imprimable  
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Le garçon qui crie au loup
Kwon JiYong (G-Dragon) x Choi SeungHyeon (TOP) & Dong YoungBae (TaeYang)
song : RyanDan - Tears of an Angel

- C'est vous le médecin de JiYong ?
Je n'avais pas cherché à faire de détour par des formules de politesse, me fichant complètement de quoi je pouvais avoir l'air face à ce médecin. Je voulais simplement savoir comme est-ce qu'il allait.

Il se tourna vers moi, le regard un peu surpris en me voyant à ce point agité.
- Oui, finit-il par acquiescer, vous êtes de la famille ?
- Non, je suis son meilleur ami.
J'essayais au mieux de garder mon calme, de ne pas avoir l'air trop oppressant, mais je n'y parvenais pas. Je voulais des réponses, et je les voulais vite.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? lui demandais-je, dans un souffle d'épuisement suite à ma course jusqu'ici.
- Son récit n'est pas très clair mais... de ce qu'on a pu comprendre, me dit-il maladroitement, il serait passé par une fenêtre en perdant connaissance.
Je fermais les yeux face à cette nouvelle, glissant mes doigts entre mes cheveux dans un geste nerveux et inquiet avant de lui demander, n'étant pas vraiment sûr de comprendre la situation :
- Il a perdu connaissance ?
- Il ne se souvient pas vraiment de ce qu'il s'est passé, m'expliqua-t-il doucement, les évènements sont flous dans son esprit et nous ne sommes pas parvenus à comprendre les faits...

Je tentais de calmer l'agitation de mes doigts entre eux, commençant à avoir les mains moites à cause de l'angoisse grandissante en moi.
- Et comment est-ce qu'il va ? lui demandais-je, la voix chargée d'espoir.
Il semblait hésitant, comme s'il n'osait pas me répondre ou qu'il avait honte de quelque chose alors que de mon côté, j'étais prêt à tuer pour obtenir des informations. Je ne supportais pas de rester dans l'ignorance, encore moins lorsqu'il s'agissait de JiYong. Je ne pouvais pas l'abandonner, pas lui. Je n'en avais pas le droit.
- On a soigné ses blessures mineures, me dit-il, mais il a d'importantes lésions internes qui nécessitent une intervention d'urgence.
- Et qu'est-ce que vous attendez pour la faire ? hurlais-je presque, sans le vouloir.
Seulement c'est en voyant le regard de ce médecin que je compris immédiatement de quoi il retournait. Je connaissais JiYong mieux que personne... Le problème ne devait pas venir d'eux mais de lui. Et c'est ce qui me faisait peur...

- Il refuse qu'on le touche, finit par m'avouer son médecin, mais il ne nous a pas donné de raison... Il refusait également qu'on prévienne qui que ce soit, mais on a trouvé votre numéro dans son portefeuille, et on ne savait pas qui appeler d'autre...
Désormais, j'avais peur de comprendre. J'avais peur de comprendre la cause de son refus. Je sentais ma respiration accélérer ; je ne devais pas paniquer. Je ne pouvais pas me le permettre, pas maintenant.
- Il faudrait que vous arriviez à le raisonner au plus vite, reprit l'homme en blouse blanche, il a besoin de cette opération.
- Où est-ce qu'il est ? lui demandais-je.
- Je vous emmène jusqu'à sa chambre.
Je savais que je ne pouvais rien faire, je le savais. Du moins je savais que j'avais très peu de chance d'y arriver sans lui faire du mal. Mais si je voulais le sauver, je n'avais pas le choix.

Sans réfléchir davantage et d'un geste mécanique, je suivis le médecin jusqu'à la chambre de JiYong, traversant presque intégralement un couloir où résonnait un nombre incalculable de coups de fil avant de m'arrêter devant la porte d'une chambre d'hôpital que je supposais être la sienne.
Le médecin me fit un signe de tête pour confirmer mes soupçons et m'inviter à entrer, ce que je fis sans plus attendre, le regard chargé de doutes.

Seulement après avoir poussé la porte derrière moi, j'oubliais tout soupçon en le voyant. Allongé dans un lit d'hôpital, les yeux clos, il me paraissait si faible. Il avait plusieurs écorchures sur le visage, comme des marques de griffures, également sur les bras, et le droit était même bandé, me laissant supposer une blessure plus grave. J'ai passé ma vie à m'inquiéter pour lui, à faire attention à lui en permanence, et les quelques fois où j'avais baissé les bras face à ses paroles blessantes je n'avais pas pu lui éviter ses erreurs. Et aujourd'hui, je le regrettais une fois de plus.

- JiYong ? l'appelais-je.
Il ouvrit presque instantanément les yeux, posant son regard fatigué sur moi. Et pourtant l'infime esquisse d'un sourire se dessina sur son visage ; il était heureux de me revoir, je le savais. C'était grâce à des moments comme celui-là que je refusais de lâcher prise, même après tout ce temps. Je pouvais prendre soin de lui, je pouvais l'aider. J'en étais persuadé.
- Qu'est-ce que tu fais là YoungBae ? me demanda-t-il, d'une voix faible.
- On m'a dit que tu avais eu un accident, lui expliquais-je, en m'avançant lentement vers lui.
Un léger soupir lui échappa alors que je m'asseyais à côté de lui, sur le bord de son lit, alors qu'il me disait :
- Je leur avais dit de n'appeler personne...
- Et ils ont bien fait de ne pas t'écouter, le contredis-je.

Dans un geste presque protecteur, je glissais ma main dans ses cheveux avant de lui demander :
- Comment tu te sens ?
- J'ai connu mieux, me répondit-il, alors que ses doigts enserraient doucement ma main.
Je baissais les yeux quelques instants, troublé de le voir... sans vie. Ce n'était pourtant pas la première fois que je le retrouvais à l'hôpital après un " accident ", je devrais avoir l'habitude, je devrais être fort face à la situation... Mais je n'y parvenais toujours pas. C'était mon meilleur ami, mon petit frère, mon protégé. Je ne pouvais pas supporter de le voir comme ça.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé JiYong ? lui demandais-je d'une voix douce.
Je ne cherchais pas à le brusquer, mais j'avais besoin de savoir si cette histoire était bel et bien un accident ou le fruit de ses pensées les plus noires.
- Je ne sais plus c'est... c'est confus.
Ses yeux fixaient inlassablement ses doigts sur ma peau, qui se resserraient par à-coups sur mon poignet. Depuis toujours il s'attache aux détails, et ce contact semblait important pour lui, plus que je ne pouvais me l'imaginer...
- Je me souviens que j'étais dans mon salon, reprit-il, et j'ai... j'ai commencé à me sentir mal et j'ai butté contre la table et... après ça je me suis réveillé aux urgences.
Seulement ces quelques mots n'étaient pas ceux attendus. Ses mots n'avaient jamais été ceux attendus. Le ton de sa voix, son regard, tout le trahissait. J'en étais certain.

- Ils disent que tu as perdu connaissance, lui dis-je, et que c'est ce qui aurait précipité ta chute, à travers la fenêtre.
- C'est probablement ce qui a dû se passer, marmonna-t-il, comme s'il cherchait à clore le sujet au plus vite.
Il me mentait. Je le savais, et il le savait tout aussi bien que moi. Mais comme d'habitude je faisais mine de le croire. Au fond, ça n'avait plus d'importance. Les raisons de ses " accidents " n'avaient plus d'importance. Du moins maintenant cela n'en avait aucune.
- Ton médecin m'a dit que tu avais besoin d'une opération mais que tu la refusais, repris-je, voulant comprendre ses motivations.

Je vis son regard se troubler avant qu'il me réponde, à voix basse :
- C'est la vérité.
- JiYong pourquoi ? lui demandais-je, sans comprendre.
L'expression de son regard changea soudainement, laissant le visage d'adulte perturbé de côté pour laisser place à celui d'un enfant presque... apeuré. Je savais qu'il était capable de changer d'humeur, d'attitude en quelques instants, mais je n'avais toujours pas réussi à m'y faire ; il me prenait au jeu à chaque fois.
- Je... je veux simplement du temps, me dit-il, d'une voix presque suppliante.
- Du temps avant quoi ?
- Je voudrais juste que...
Il marqua une pause alors que je redoutais ce qu'il allait me dire.
- Je voudrais juste qu'il soit là, reprit-il, avec un sourire.
- Qui ça ? lui demandais-je sans grand espoir alors que ma voix tremblait.
- SeungHyeon.

Je fermai soudainement les yeux, essayant de calmer ce sentiment de peur qui s'insinuait en moi et menait bataille contre mon calme. Il était hors de question que je le laisse mourir pour lui, je ne pouvais pas.
- JiYong tu sais qu'il ne viendra pas...
- Je l'ai appelé moi-même tout à l'heure, me dit-il sur un ton enfantin, comme pour me prouver qu'il avait raison, il m'a dit qu'il serait là avant 19h. Je... je veux pas faire ça s'il n'est pas là, je peux pas...
- Tu le peux, et tu le dois.
Mais il nia de la tête.

J'avais fait de mon mieux pour ne pas m'inquiéter, en essayant de me convaincre que tout irait bien et qu'il allait se faire opérer sous peu, mais là je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus rester calme et serein face à lui. Je ne voulais pas lui faire du mal mais je n'avais plus le choix. Il devait comprendre la vérité.
- Il ne viendra pas JiYong, et ça tu le sais aussi bien que moi.
Il lâcha soudainement mon poignet et releva les yeux vers moi, comme si mes paroles venaient de le surprendre.
- Pourquoi est-ce que tu dis ça ? me dit-il, blessé, Il arrive, il me l'a promis.
- JiYong tu sais que c'est faux.
Dire ces mots me tuaient autant que lui de les entendre, mais je n'avais plus le choix désormais. C'est sa vie qui est en jeu. Sa vie.

- Arrête de dire ça, m'implora-t-il d'une voix triste, s'il te plaît...
Mais je ne pouvais pas arrêter. Je ne pouvais pas capituler et accepter de ne rien dire en le regardant mourir.
- Il faut que tu te fasses opérer... JiYong, il ne viendra pas.
J'essayais de prendre ses mains dans les miennes pour le rassurer par ma présence mais il fuyait un contact recherché quelques secondes plus tôt. Il se redressa en grimaçant, ses blessures le faisant visiblement souffrir, avant de ramener ses genoux contre lui, les enserrant par la force de ses bras. J'entendais sa respiration trembler et voyait son regard se perdre derrière un voile humide. Mais je ne pouvais pas abandonner maintenant. Et pourtant ça faisait mal. Ça faisait si mal de continuer au milieu de cette douleur.
- Il ne viendra pas, repris-je d'une voix maladroite, cherchant à lui faire comprendre et réaliser la situation.
- Arrête YoungBae, arrête...
Mais même après toutes ces années, il refusait de m'entendre.

- Tout va bien ?
Je n'avais pas entendu le médecin entrer, JiYong pas plus que moi, si bien que nous relevions la tête vers lui en même temps, surpris de le voir. Il s'avança doucement vers nous en se répétant, n'ayant pas obtenu de réponse la première fois :
- Tout va bien ?
- Faites-le sortir, lui répondit son patient, la tête basse, s'il vous plaît...
- JiYong...
- Qu'est- ce qu'il se passe ? m'interrompit son médecin, cherchant à comprendre la situation.
- Faites-le sortir ! reprit JiYong en hurlant, la tête dans les genoux.
Je me levais pour m'éloigner de lui face à son agressivité. J'avais beau y être habitué, je n'arrivais toujours pas à l'accepter. Elle faisait si mal...

Son médecin s'avança vers moi en me disant :
- Monsieur s'il vous plaît...
- Non, le coupais-je, je ne sortirai pas.
Je lui faisais comprendre d'un regard de ne pas insister, ce qu'il s'abstint de faire avant de s'asseoir à son tour près de lui, sur le bord de son lit. Il posa doucement sa main sur son avant-bras, le faisant immédiatement relever la tête vers lui avec un hoquet de surprise ; il avait peur. Ça se lisait dans ses yeux. Et comme de coutume je ne pouvais rien faire.

- JiYong vous... vous avez besoin de cette opération, lui dit-il d'une voix douce, si on ne fait rien vous allez mourir d'ici quelques heures...
Au fond de moi j'espérais qu'il allait réussir à le convaincre, mais je savais que non. JiYong n'allait pas l'écouter, c'était une évidence.
- Non, je peux pas, lui répondit-il, pas maintenant...
- De quoi avez-vous besoin ?
- Je veux juste qu'il soit là, reprit JiYong, en sanglotant, Il m'a dit qu'il était en route, il arrive...
Je n'en pouvais plus d'entendre ça, je n'en pouvais plus.
- Vous attendez quelqu'un ? reprit son médecin.
- Non, il n'attend personne, lui répondis-je à la place de son patient d'une voix ferme.
- YoungBae va-t’en ! hurla JiYong, les mains tremblantes.
Non. Je ne pouvais pas le regarder mourir. Je ne pouvais pas le voir se détruire sans rien faire. Je ne pouvais pas.

- Monsieur s'il vous plaît...
Son médecin avait très bien compris que quoiqu'il arrive, je ne partirais pas. Mais il me demandait néanmoins de garder le silence.
Il se tourna à nouveau vers mon meilleur ami et repris :
- Qui attendez-vous JiYong ?
- SeungHyeon, lui répondit-il, alors que les larmes dévalaient ses joues.
- Qui est-ce ?
- Personne, répondis-je à nouveau, essayant de lui faire comprendre la situation.
Mais cela ne me valut qu'un regard supplémentaire qui m'intimait en silence de garder les lèvres closes.

Il se tourna à nouveau vers lui et répéta :
- JiYong qui est-ce ?
L'intéressé releva doucement les yeux vers lui ; son regard émanait une certaine... gratitude, gratitude qui me faisait mal.
- Mon petit ami, finit-il par lui dire, à voix basse.
- Et quand est-ce qu'il est censé arriver ?
- A 19h au plus tard, répondit-il en reniflant.
Son médecin acquiesça lentement, et je craignais ce que ce geste voulait dire.
- Dans ce cas on va attendre 19h.
- Mais..., commençais-je presqu'immédiatement, cherchant à protester.
Néanmoins, il ne me laissa pas finir et reprit, à l'intention de JiYong :
- Seulement si jamais il n'est pas là à 19h, vous devrez nous laisser vous opérer.
- Non je...
- JiYong s'il vous plaît, l'interrompit-il, Je vous donne du temps, en échange laissez-moi vous aider...
Il baissa les yeux, confus. Il hésitait, il ne voulait pas, ça se lisait dans ses yeux. Et pourtant il acceptait de prendre la bonne décision.
- D'accord... d'accord.
- Merci.

Seulement, il le remerciait en vain. Moi je savais. Je savais qu'à 19h, lorsque SeungHyeon ne serait toujours pas là, JiYong refuserait l'intervention. Je le savais. Et j'étais impuissant face à ça. Je n'avais jamais réussi à le convaincre, comme pouvais-je y arriver maintenant ? Je l'ignorais, mais je le devais. Quitte à le faire souffrir, quitte à ce qu'il me déteste, je devais lui faire comprendre la vérité.

Le médecin quitta la chambre, et je ne m'y attardais pas non plus afin de le suivre et de lui faire comprendre la situation, laissant JiYong seul dans la pièce.
Lorsque j'arrivais à hauteur de son médecin, je l'entendis donner des instructions à l'infirmière présente :
- Surveillez son état toutes les demi-heures, si son état devient trop critique appelez-moi. Et prévenez-moi dès que son petit-ami est arrivé.
Elle acquiesça d'un signe de tête et s'éloigna, me laissant seul avec lui alors qu'il me disait, cherchant à savoir ce que je voulais :
- Je peux vous aider ?
- Si vous l'opérez à 19h est-ce que tout ira bien pour lui ? lui demandais-je.
Son visage inquiet me donnait la réponse, mais il me dit néanmoins :
- Plus on attend plus les risques sont grands, je ne vous le cache pas... Mais je ne peux pas le forcer à accepter cette opération.
- Mais il le faut, l'implorais-je, je vous en supplie...

Je n'arrivais plus à garder mon calme désormais. A la simple vision de son corps sans vie, à la simple idée qu'il puisse quitter ce monde sans moi à ses côtés, je sentais mes mains et ma respiration trembler en même temps que des larmes d'inquiétudes tentaient de s'échapper de mes yeux. Ce médecin devait comprendre la situation. Il devait voir toutes les pièces du puzzle, pas seulement celle de JiYong.
- Ecoutez, me dit-il, d'une voix désolée, je n'ai pas réussi à le faire changer d'avis et vous non plus. Tout ce qu'on peut faire c'est surveiller son état pour le maintenir en vie jusqu'à l'arrivée de son petit-ami, en espérant pouvoir le sauver grâce à l'opération.
L'espoir... une notion devenue bien trop vague pour moi. Je ne pouvais plus attendre une amélioration. Je n'avais plus l'espoir qu'un jour JiYong accepte mon aide. Je n'avais plus foi en rien. Tout ce que je voulais c'était qu'il aille bien. Un espoir vain parmi tant d'autres...

- Son petit ami ne viendra pas, lui dis-je, il n'existe pas.
- Je vous demande pardon ?
J'essayais de calmer ma respiration, inspirant et expirant en douceur. Ce n'était pas le moment de craquer. Il n'était pas mort. Il n'était pas encore mort. Cette partie de l'histoire ne dépendait que de moi, et je n'avais pas le droit d'échouer.
- JiYong est... il est malade, lui dis-je simplement, Il ne se l'est jamais avoué et personne ne l'a jamais diagnostiqué mais je le connais depuis qu'on est gamin et je peux vous le confirmer : il est malade.
Jamais, jamais je n'évoquais JiYong, à personne. Le faire aujourd'hui était aussi bien difficile, qu'étrange, que libérateur. En dehors de moi, tout le monde se fichait de lui. Personne ne voulait le côtoyer, personne ne voulait avoir à lui parler, personne ne voulait le voir, personne ne voulait entendre parler de lui. J'étais le seul à être resté à ses côtés. Du moins physiquement, j'étais le seul.

Voyant que mon récit était loin d'être terminé, son médecin ne me dit rien. Il me laissa continuer, sans prononcer un mot et en m'écoutant attentivement :
- Depuis qu'il est tout petit il est perturbé, ça n'a jamais était un enfant comme les autres et ce n'est certainement pas un adulte comme les autres. J'ai essayé de l'écouter, j'ai essayé de lui parler mais... lui ne m'a jamais écouté. Il les écoutait elles, ces voix dans sa tête, pas moi.
Et ça, c'était la première fois que je me l'avouais à voix haute. J'avais toujours gardé le silence à ce sujet parce qu'au fond de moi j'espérais me tromper, j'espérais avoir tort, j'espérais qu'il n'était qu'un gamin étrange parmi tant d'autres. Mais à force de le surprendre à dialoguer seul durant des heures, à force de l'entendre se rabaisser et se plier à la volonté de personnes inexistantes, à force de le perdre un peu plus de jour en jour, j'ai fini par perdre espoir.

- Durant toute sa vie il a fait des choses insensées, repris-je, il m'a parlé de choses irréelles et aujourd'hui... ça continue.
Je marquais une pause face au regard de son médecin ; je la détestais, cette pitié dans son regard. Elle était insupportable. Si autrefois elle m'avait manqué, si autrefois l'attention des autres m’avait manqué, aujourd'hui je ne la supportais plus.
- Il y a six ans JiYong est venu me voir pour me dire qu'il avait rencontré quelqu'un, un certain DaeSung, lui expliquais-je, en tentant au mieux d'éviter son regard, Et ce jour-là j'ai eu la naïveté de le croire parce qu'il avait l'air... heureux.
Je pouvais encore voir le regard qu'il avait le jour où il me l'avait annoncé, je me souvenais encore des étincelles dans ses yeux.

- Mais le jour où il a voulu me le présenter, repris-je d'une voix tremblante, il n'y avait personne dans la pièce. DaeSung n'était pas là. DaeSung n'existait pas.
Le médecin de JiYong entrouvrit la bouche, comme s'il cherchait à me dire quelque chose, mais je ne voulais rien entendre et lui n'avait rien à dire. Aucune formule de politesse n'était à la hauteur.
Après avoir inspiré longuement, je repris :
- Après lui il y a eu SeungRi. Il m'a raconté son parcours, son histoire, ses projets d'avenir, tout. Il m'a dit à quel point il l'aimait et je voulais le croire. J'étais tenté de le croire.
A cette époque-là j'avais encore l'espoir que JiYong irait mieux un jour. J'y croyais. Mais aujourd'hui, croire aux contes de fées me semblait plus plausible.
- Seulement quand je l'ai surpris en train de parler à SeungRi alors qu'il était en face d'un fauteuil vide, continuais-je, j'ai compris que là non plus il n'y avait personne. Au fil des années, les histoires se sont accumulées mais je n'ai rien dit. Je n'ai rien dit parce que l'illusion d'avoir quelqu'un dans sa vie lui faisait du bien, et je pouvais pas me permettre de le lui retirer.

Son bonheur avait toujours été ma priorité, et si un mensonge avait le pouvoir de le faire sourire je ne pouvais pas le lui enlever. Je ne pouvais pas lui dire la vérité. Mais ça c'était avant que ça vie en dépende.
Soupirant doucement, je reprenais :
- Aujourd'hui ce n'est pas SeungRi, ce n'est pas DaeSung, c'est SeungHyeon.
Je jetais un regard à la chambre de JiYong ; la porte était restée grande ouverte, et de là où j'étais j'arrivais à le voir, recroquevillé sur son lit, le regard complètement perdu. Mais ça faisait si mal de le voir comme ça. Si mal.
Reportant néanmoins mon attention sur son médecin, j'ajoutais :
- Mais hier encore JiYong parlait dans le vide, à quelqu'un qui n'était pas là. Il ne m'a pas vu entrer dans la pièce mais moi je l'ai entendu.

Je marquais une pause, ayant de plus en plus de mal à parler ; c'était le poids de toute une vie que j'étais en train d'évoquer, et c'était trop lourd, bien trop lourd pour de simples mots. D'une voix pour le moins tremblante et maladroite, je repris la parole, en relevant les yeux vers le médecin :
- Ce n'est pas une perte de connaissance qui a provoqué son accident... Il a déjà fait deux overdoses en avalant des comprimés, il a essayé une fois de se tailler les veines et a fait plusieurs autres tentatives désespérées alors non, ce qu'il s'est passé n'était certainement pas un accident.
- Qu'est-ce qui vous permet de l'assurer ? me demanda-t-il.
J'aurais pu lui rire au nez, m'énerver, peut-être même le frapper face au fait qu'il remette ma parole en cause, mais je me contentais de ne rien dire. Parce qu'il n'avait pas à savoir.

Il n'avait pas à savoir que c'est moi qui l'avait retrouvé assis par terre dans sa cuisine avec un couteau à la main en train de s'ouvrir les veines. Il n'avait pas à savoir que c'est moi qui l'avais surpris en train d'essayer de s'arracher les oreilles pour ne plus entendre ces voix dans son esprit. Il n'avait pas à savoir que c'était moi qui l'avait fait vomir après l'avoir retrouvé inconscient dans sa salle de bain avec une boîte de comprimé vide à la main. Non. Il n'avait pas besoin de savoir que c'est moi qui épongeais le sang derrière lui et qui veillais à sa vie en permanence.

Essayant toujours de ne pas craquer et de lui faire comprendre la situation pour le convaincre d'agir au plus vite, je lui répondais simplement :
- JiYong est malade, et aujourd'hui il est blessé. Et il a besoin de cette intervention. Je peux pas rester là à le regarder mourir sans rien faire.
Je marquais une pause, sentant à nouveau les larmes me monter aux yeux.
- Je vous en prie, vous devez l'opérer, l'implorais-je, presque en sanglotant.
Je pouvais voir dans ses yeux qu'il voulait m'aider. Il le voulait. Mais le vouloir ce n'était pas suffisant.
- Je ne peux rien faire sans son accord, je suis désolé, me dit-il, Je vais voir ce que je peux faire pour accélérer le processus et passer au-dessus de la loi mais... je ne vous garantis rien.
Et pourtant il devait me garantir. Il le devait. Il devait y arriver.
- Faites au plus vite, je vous en prie, lui dis-je, d'une voix suppliante, Il ne peut pas mourir, il ne peut pas... J'ai besoin de lui, je vous en supplie.
Il acquiesça d'un signe de tête avant de disparaître au détour d'un couloir, me laissant seul avec mes inquiétudes.

* * *

Près d'une demi-heure après, le médecin était revenu, avec ce même regard désolé d'où n'émanait que pitié et compassion, avec ce regard qui me faisait comprendre qu'il ne pouvait rien faire. Rien faire pour l'aider à moins qu'il ne le décide. Rien faire pour lui à moins que je le fasse changer d'avis.

Seulement 19h était passé, et lorsque le médecin était retourné le voir pour lui demander de se faire opérer, JiYong avait refusé. Il avait refusé, et son médecin était sorti de sa chambre après avoir compris qu'il ne le ferait pas changer d'avis. Il était sorti de sa chambre après avoir compris qu'il ne pouvait rien faire pour lui.

Mais moi je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas l'abandonner, le laisser se détruire sans rien faire pour lui. J'avais toujours été là pour lui, depuis toujours, mais aujourd'hui je n'y arrivais pas. J'avais tellement peur pour lui, peur qu'il s'en aille. J'avais la désagréable sensation d'être impuissant alors que je l'étais pas. Il n'y avait que moi qui pouvait le convaincre. Il n'y avait que moi qui pouvait lui faire changer d'avis, et je le savais.

J'ignorais depuis combien de temps j'hésitais à entrer dans sa chambre depuis le départ de son médecin, mais je n'avais pas le courage de le faire. Je n'avais pas le courage d'entrer pour le détruire, le briser complètement pour ensuite lui demander de se battre pour survivre, pour moi. Je n'avais pas le courage de faire quelque chose d'aussi égoïste. Et j'ignore si c'est la lâcheté ou la peur qui m'a malgré tout fait entrer, mais je l'ai fait.

En m'entendant entrer, JiYong releva les yeux vers moi ; il n'avait pas bougé, toujours recroquevillé sur lui-même, les yeux rougis par les larmes. Et je savais que s'il les avait versées, c'était ma faute. C'est moi qui l'avais déçu. Je lui avais fait du mal. Et j'avais beau le regretter, plus que tout, je m'apprêtais à lui en refaire.
- Va-t’en YoungBae, me murmura-t-il, avant de détourner les yeux.
Il m'avait déjà demandé un millier de fois de partir, de le laisser seul, et ce parfois en hurlant, mais aujourd'hui l'effet était complètement différent. Au-delà de me blesser et de me faire peur, je ressentais une cruelle déception, et ce envers moi-même.
- JiYong s'il te plaît je...
- Non YoungBae, m'interrompit-il, non...

Je devais insister, j'en étais conscient, mais il avait déjà l'air si mal, si fragile. J'avais l'impression de n'être que son bourreau, venu le briser un peu plus.
- Je te demande simplement de m'écouter, tentais-je, s'il te plaît...
- J'en ai marre de t'écouter YoungBae, j'en peux plus... J'en ai marre de tes mensonges.
Sa voix tremblait, il sanglotait presque ; il ne voulait pas de moi ici. Il avait beau me le dire clairement, je ne pouvais pas décemment sortir d'ici et l'abandonner.
- Ce n'est pas moi qui te mens JiYong, et tu le sais, lui dis-je d'une voix douce, tout en m'avançant vers lui.
- YoungBae arrête...

Mais je ne m'arrêtais pas. Je ne m'arrêtais pas de vouloir lui dire la vérité, et ce même si mes mots lui faisaient l'effet d'un coup de couteau. Je ne m'arrêtais pas de venir vers lui, et ce même s'il refusait ma présence. Je ne m'arrêtais pas d'être là pour lui parce qu'il était tout pour moi, et que malgré les apparences, j'avais besoin de lui autant que lui avait besoin de moi.

Je m'assis à nouveau sur le bord de son lit et cherchais à l'attirer contre moi en lui disant :
- Viens par là...
- Non, me répondit-il avec un geste de recul, non je...
Mais il n'y mettait aucune volonté, pas la moindre force ; il me voulait auprès de lui tout comme il me rejetait, il ne savait plus quoi faire ni quoi penser, si bien que je parvenais finalement à l'attirer contre moi sans mal.
- JiYong s'il te plaît...
Il chercha malgré tout à se débattre durant les premiers secondes mais très vite, il lâcha prise. Il se laissa faire, se contentant de laisser sa tête reposée sur mon épaule alors que son corps tremblait contre moi, comme s'il avait peur.
- Eh, je suis là, calme-toi, lui murmurais-je en glissant doucement ma main dans ses cheveux.
J'avais toujours aimé le sentir contre moi, parce que dans ces instants je le savais en sécurité. Je savais qu'avec moi il ne lui arriverait rien, il ne ferait rien de stupide, il ne penserait rien d'irréel ; il était en sécurité.

Mon bras dans son dos le serra d'avantage contre moi alors que j'embrassais doucement son front tout en serrant sa main tremblante dans la mienne, essayant de l'apaiser au mieux par ma présence. Et je le sentais petit à petit se détendre, se calmer. Et je m'en voulais. Je m'en voulais de devoir briser ce silence, ce moment de paix que je n'arrivais que trop rarement à lui procurer.
- JiYong il faut que tu te fasses opérer, tentais-je à nouveau pour le convaincre.
- Non, pas sans lui, me murmura-t-il.
Je ne voulais pas avoir à lui dire la vérité, pas maintenant. Je voulais trouver un autre moyen pour le convaincre, je ne voulais pas l'anéantir une fois de plus.

Je jetais un œil à l'horloge pour m'apercevoir qu'il n'était pas loin de 19h30. L'heure qu'il nous avait donné était largement dépassé, mais si moi j'en était conscient, JiYong ,lui, l'ignorait. Lui, il espérait encore. Il espérait encore que les choses qui lui pourrissent la vie tournent en sa faveur aujourd'hui.
- JiYong il est presque 19h30, lui dis-je doucement, Il devrait déjà être là.
- Il est en route, me répondit-il, comme s'il ne voulait rien entendre, Il va venir... Il me l'a promis. Il est simplement en retard...
Il refusait de m'écouter. Il refusait d'accepter la réalité. Et moi je refusais d'accepter celle qu'il était en train de créer. J'ai passé ma vie à veiller sur lui, certainement pas à le laisser mourir devant mes yeux.

Je soupirais doucement, appréciant sa présence, inspirant doucement son odeur. J'avais peur. J'avais tellement peur de ce qu'il pouvait arriver, pour lui comme pour nous. J'avais peur de l'impact de mes paroles. Mais je n'avais plus le choix. Si je voulais le voir en vie, je n'avais plus le choix.
- JiYong tu as refusé de m'écouter durant toute ta vie, commençais-je à lui dire, et pendant tout ce temps moi je t'ai écouté. Je suis entré dans ton jeu pace que c'était le seul moyen pour que tu te sentes bien, je savais pas quoi faire d'autre...
Ses doigts faibles se refermèrent sur ma veste alors que je poursuivais :
- Mais aujourd'hui il est question de ta vie, et je peux pas te laisser mourir sans rien faire. Aujourd'hui je peux pas me permettre d'y croire.

Je n'avais qu’une seule chose à dire, une seule. Mais je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais pas.
Non sans lui déplaire, je détachais doucement JiYong de moi, voulant le regarder. Ses yeux me scrutaient sans comprendre mon geste ; il voulait savoir pourquoi. Il voulait savoir pourquoi est-ce que je lui disais tout ça.
- SeungHyeon ne viendra pas parce qu'il n'existe pas.
Les mots étaient venus d'eux-mêmes, sans chercher à faire de détour. C'est la vérité, la cruelle vérité ; la seule chose qui la rendait plus dure qu'elle ne l'était c'était que je venais de le lui dire à voix haute.

Seulement il semblait ne pas m'avoir entendu, comme s'il n'avait pas compris. Il me regardait avec un visage troublé, presque enfantin. Mais il devait comprendre. Pour sa vie il devait comprendre.
- Il n'existe pas JiYong.
Seulement son expression tourmentée s'évanouit bien trop vite pour laisser place à un sentiment bien plus fort et bien plus destructeur : de la colère.
- YoungBae arrête ! me hurla-t-il, Arrête de me mentir !
Sa tête se mit à s'agiter dans tous les sens, son regard s'attachant sur tout et n'importe quoi ; il était paniqué, il cherchait une échappatoire, quelque chose qui le conduirait loin de moi et de la vérité.
- Il faut que... il faut que j'aille le retrouver, marmonna-t-il, je sais qu'il arrive, je le sais, il...

Il commença à arracher tout ce à quoi il était relié, passant par les tubes des intraveineuses comme par son moniteur cardiaque, alors que je le regardais sans rien dire. Je ne savais pas quoi dire.
- JiYong arrête, tentais-je tout en essayant de le retenir.
Mais il m'empêcha de faire quoi que ce soit, m'éloignant de lui d'un geste pour le moins violent et se leva soudainement.
- Il faut que je sorte d'ici..., murmura-t-il une fois sur pieds.
- Je t'en supplie arrête...
Il peinait à se maintenir debout, sa douleur physique se lisait dans ses yeux. Mais il luttait, il refusait d'abandonner.

Sa main se mit très vite à chercher un appui, mais avant même d'en avoir trouvé un, il commença à se diriger vers la porte, cherchant désespérément à sortir.
Ne le laissant pas aller plus loin, je l'attrapais par le poignet et le retenais sans mal ; il n'avait plus la moindre force physique. Il essayait de se débattre, de me faire lâcher prise, mais il n'y parvenait par aucun moyen.
- Je dois le retrouver, me dit-il d'une voix tremblante, il faut que...
- JiYong arrête !

Il releva les yeux vers moi, le regard entièrement perdu. Il avait cessé toute agitation, il se contentait simplement de me regarder. Je le voyais dans ses yeux ; il attendait que je le lui dise. Il attendait que je lui dise la vérité. Je voyais les larmes au coin de ses yeux, un voile qui n'attendait plus que je le déchire pour pouvoir tomber. Et il attendait. Il attendait que je le dise.
- Il ne viendra pas, lui murmurais-je, SeungHyeon n'existe pas, il ne viendra pas.
Une larme roula doucement le long de sa joue alors que la lueur d'espoir dans ses yeux avait disparu. Toute lueur avait disparu de son regard. Il ne restait qu'un néant infâme et cruel dont j'étais l'auteur.
- Il ne viendra pas ? répéta-t-il d'une voix tremblante.
- Non, acquiesçais-je alors que ses larmes entraînaient les miennes, il ne viendra pas.

Ma main relâcha son emprise sur son poignet, laissant son bras retomber dans le vide. Son regard suivit son geste, fixant inlassablement le sol.
Mais après plusieurs secondes, il releva finalement les yeux vers moi avant de me demander, en sanglotant :
- Il ne... YoungBae il... il n'existe pas ?
- Non JiYong, non...
Je chassais mes larmes d'un revers de la main ; je devais me montrer fort pour lui, pas aussi fragile qu'il l'était. Je n'avais pas le droit de lui montrer mes larmes.

Sa main vint à nouveau serrer ma veste, comme s'il avait besoin de me savoir près de lui en cet instant.
- Je l'ai touché YoungBae, me murmura-t-il, je l'ai touché... j'arrive encore à sentir son étreinte, sa chaleur...
Les larmes avaient pris possession de son visage, elles se succédaient les unes après les autres ; il était détruit, anéanti par quelques paroles. En cet instant je n'avais pas l'impression de lui sauver la vie ; je ne faisais que la lui prendre.
- Tu sais que j'ai raison, lui murmurais-je, tu le sais...
Glissant ma main sur sa joue, je chassais doucement les larmes qui roulaient sur sa peau, le faisant relever les yeux vers moi.
- Ecoute-moi JiYong, lui soufflais-je, je t'en supplie...
- Ça me paraissait tellement réel, me murmura-t-il.
- Je sais JiYong, je sais...

Mais je compris à cet instant qu'il ne m'écoutait plus. Il donnait l'impression d'être loin d'ici, perdu au milieu d'un chaos dévastateur duquel il ne pouvait sortir.
- Il était là, répéta-t-il, YoungBae il était là...
- JiYong...
Il ferma les yeux, laissant s'échapper de nouvelles larmes alors qui murmura à nouveau :
- Il était là...
Mais je n'eus pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit qu'il perdit l'équilibre. La pression de son emprise sur ma veste s'estompa en une seconde alors que je le rattrapais dans mes bras de justesse.
- JiYong !
Mais il ne m'entendait plus ; il était inconscient.

- S'il vous plaît, j'ai besoin d'aide ! hurlais-je.
Je reportais mon regard sur mon meilleur ami, évanoui dans mes bras.
- Eh, JiYong, l'appelais en sanglotant tout en glissant ma main dans ses cheveux puis le long de sa joue, je t'en supplie, reste avec moi...
Il n'avait pas le droit de mourir. Pas maintenant. Il devait se battre. Pour moi il le devait.

* * *

song : RyanDan - Tears of an Angel

- On a fait tout ce qu'on a pu pour lui mais... il était trop tard, je suis désolé...
J'ignorais si je souriais pour ne pas pleurer ou si c'était simplement... de la colère. Une profonde haine envers ce médecin.
- Vous n'avez rien fait pour lui, le contredis-je en le regardant droit dans les yeux, vous l'avez laissé mourir.
Je pouvais voir dans ses yeux qu'il cherchait à me répondre, à me dire quelque chose mais rien. Rien ne lui venait. Il n'avait rien à me dire.
- Vous m'avez demandé de lui parler pour le convaincre et c'est ce que j'ai fait, poursuivis-je, Mais cela a accéléré son rythme cardiaque et fait augmenter sa tension, ce qui a entraîné selon vous sa perte de connaissance et a précipité sa mort, parce que lorsque je l'ai rattrapé pour ne pas qu'il tombe cela a aggravé ses lésions internes mais aussi parce qu'il n'avait plus la moindre volonté de se battre.

Mes poings se refermèrent avec force. J'étais sur le point de craquer, je le savais, mais ce n'était pas de la tristesse qui voulait s'exprimer ; c'était de la colère.
- Je l'ai tué par votre faute en lui faisant comprendre la vérité parce que vous avez refusé de l'opérer de force, repris-je d'une voix qui paraissait calme, Alors ne venez pas me dire que vous avez tout essayé pour lui parce que c'est faux.
Son médecin était confus, mais je m'en fichais. Il avait l'air troublé, touché par la situation, mais je m'en fichais. Ça ne comptait pas pour moi.
- Si je peux faire quoi que ce soit pour vo...
- Allez-vous-en, le coupais-je.
Je ne voulais pas le voir. Je n'arrivais plus à le regarder en face.
Alors que je lui tournais le dos, je l'entendis s'éloigner prestement me laissant seul là où j'étais.

Je m'appuyais doucement contre le mur le plus proche, essayant de prendre conscience de ce qu'il venait de se passer, mais il n'y avait rien à faire. En m'imaginant le perdre je n'avais pas pu retenir mes larmes, et maintenant qu'il n’était plus, je n'arrivais à rien. Je ne pleurais pas et je ne hurlais pas. Je ne faisais rien, rien d'autre que de m'en vouloir.

Je fermais doucement les yeux, et parmi l'obscurité de mes songes j'arrivais encore à voir son visage. Cette expression troublée qu'il avait en permanence. Ce visage inquiet, toute cette colère qu'il renfermait, tout cette haine du monde. Mais ce que je revoyais en cet instant avait un pouvoir bien plus grand. C'était la plus grande des victoires pour moi, la plus belle chose qui m'ait été donné de voir que trop rarement : un sourire. Son sourire. Si radieux. Si éclatant. Si précieux. Si précieux parmi toute cette souffrance dans laquelle il avait vécu.

Mais ce sourire je ne le reverrai jamais. Il était ce que j'avais de plus beau, de plus précieux. Et aujourd'hui ce n'était plus qu'un souvenir, un souvenir à jamais enfermé dans mon esprit. Jamais plus je ne pourrai l'admirer se dessiner devant moi. Jamais plus je ne pourrai ressentir ce sentiment de joie intense en le regardant. Cette esquisse sur ses lèvres était la seule chose qui savait me redonner espoir, c'était là seule chose qui me faisait avancer ; JiYong était le seul à me faire avancer.

Depuis tout jeune mon chemin je l'ai fait avec lui, à ses côtés. Il m'a fait reculer mais j'ai su le convaincre de reprendre courage. Il m'a repproché de l'abandonner quand il a eu besoin de moi, que l'empreinte de mes pas à côté de lui avait disparu, que la trace solitaire de sa marche le menait dans la douleur et la peur, mais au contraire ; à ce moment là je l'ai porté dans mes bras. Je suis le seul à avoir laissé mon empreinte dans sa vie, quitte à rennoncer à en avoir une. Pour le protéger, le soutenir, l'aider, l'aimer. Je lui ai tout donné et sans le savoir il me donnait tout en retour. Et ça ça valait tout ce que ce monde aurait pu et peut encore me donner.

Seulement aujourd'hui c'était fini. Terminé. Toute cette histoire était terminée. Toutes ces nuits à le veiller prenaient fin. Toutes ces heures à m'inquiéter de son état prenaient fin. Tout ce temps passé à le surveiller pour lui éviter une erreur qui lui serait fatal prenait fin. Prendre soin de lui. C'était le seul et unique but de ma vie. Et aujourd'hui, cela prenait fin parce que j'avais échoué. Ma vie prenait fin parce que j'avais échoué, pour nous deux.

- Excusez-moi, vous êtes un ami de JiYong ?
Je rouvrais doucement les yeux, les relevant vers la personne qui m'avait interpellé. A en juger par sa tenue, il ne devait pas travailler ici, mais je ne le reconnaissais pas.
- Qu'est-ce que vous voulez ? l'interrogeais-je.
- Est-ce que vous avez de ses nouvelles ?
Il semblait inquiet, inquiet pour JiYong. Il ne savait pas. Il ne savait pas ce qui lui était arrivé. Et il demandait de ses nouvelles. Cet homme que je ne connaissais pas demandait de ses nouvelles.
- Vous êtes qui au juste ? lui demandais-je.
- Je m'appelle SeungHyeon je suis son... son petit ami.

J'ignorais ce qui se déroulait en moi en cet instant, si ce combat que je menais contre moi-même et ma culpabilité prenait fin face à cet aveu ou si au contraire il redoublait d'ardeur alors que je prenais conscience de ce que j'avais fait.
- Non vous... ce n'est pas possible il...
Je n'arrivais pas à articuler une phrase compréhensible, aucun mot ne me venait face à lui.
- Je vous en prie, me dit-il d'une voix inquiète, dites-moi qu'il va bien.
- Il avait raison, marmonnais-je.
J'en oubliais complètement sa présence, abasourdi face à toute cette histoire.

Je sentis soudainement des larmes rouler sur mes joues alors que je ne faisais rien. Je ne disais rien. J'étais incapable de bouger ou de faire quoi que ce soit ; j'étais coincé dans ce sentiment de culpabilité immense, perdu au milieu des regrets et de la haine.
- Il avait raison, répétais-je.
J'entendais SeungHyeon me parler mais je n'écoutais pas. Je ne comprenais pas ce qu'il me disait. Je ne faisais que penser. Penser à moi, à ce que je lui avais dit, à ce que je lui avais fait, à ce que mes décisions avaient entraîné. Je l'avais perdu. Par ma faute, je l'avais perdu.

JiYong est mort en étant persuadé que SeungHyeon n'existait pas. Il est mort en étant persuadé d'être un menteur. Il est mort par ma faute parce que je ne l'ai pas cru alors qu'il avait, pour la première fois de sa vie, accepté de me dire la vérité.

du 05/12 au 06/12 2015

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