Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Appels à Textes

Consulter tous les AT
  • Imaginaire
    Seven Edition
    Nb de signes : 80 000 - 500 000 sec
    Genre : horreur - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 31/12/2020
  • Confinement
    Réticule
    Nb de signes : 3 000 - 30 000 sec
    Genre : fiction réaliste - témoignage - contemporain - récit de vie - réaliste - humour
    Délai de soumission : 08/05/2020
  • L'Indé Panda 9
    L'Indé Panda
    Nb de signes : 500 - 6 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/04/2020
  • L'Ampoule n°7
    Éditions de l’Abat-Jour
    Nb de signes : < 20 000 sec
    Genre : atypique - étrange - noir
    Délai de soumission : 10/05/2020
  • Mauvais goût
    Bigornette
    Nb de signes : < 20 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 31/08/2020
  • Prix Zadig de la Nouvelle policière
    Éditions Exæquo
    Nb de signes : 65 000 - 130 000 sec
    Genre : policier
    Délai de soumission : 12/07/2020
  • Littératures de l'imaginaire
    Tirage de têtes
    Nb de signes : 2 000 - 20 000 sec
    Genre : imaginaire - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 31/05/2020
  • La sauvegarde des orang-outans
    L'ivre d'histoires
    Nb de signes : 15 000 - 45 000 sec
    Genre : steampunk - science-fiction - fantasy
    Délai de soumission : 01/06/2020
  • Dimension "Marmite et microonde"
    Rivière blanche
    Nb de signes : 1 000 - 50 000 sec
    Genre : steampunk - horreur - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 30/09/2020
  • Depuis plusieurs jours, la plage était déserte.
    Journal Quinzaines
    Nb de signes : < 4 500 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/03/2020

Studio Infinite


Publicité


Publicité

Votre campagne ici

Articles

(Consulter tous les articles)

Découvrez le manga indépendant francophone !
 par   - 1358 lectures  - Aucun commentaire

Entrez dans un tout nouveau monde, celui des auteurs de BDs et de mangas indépendants sur internet !


Lire la suite...

Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Musique

 > 

B.A.P

Rancune devient Amour
[Histoire Terminée]
Auteur: Mimi-Chan77 Vue: 1650
[Publiée le: 2014-06-28]    [Mise à Jour: 2014-06-30]
G  Signaler Romance/Humour/Yaoi (HxH)/One-Shot/School-Fic Commentaires : 12
Description:
Yoo Young Jae est un lycéen qui sèche les cours, qui n'écoute pas en cours, enfin, vous voyez, c'est le cancre.
Et comme tout cancre, tout intello l'énerve. Il vouera une profonde rancune contre un des élèves de sa classe qui après chaque cours de coréen, va voir le professeur pour une raison inconnue.
Mais ce sentiment se transformera bientôt en autre chose de plus fort.
Crédits:
Les B.A.P ne m'appartiennent pas (mais à moi si 8) Signé: Bob Lennon). L'idée vient de Miniambrouille ( d'ailleurs, tu dois te sentir trop fière là héhéhé ) et d'ailleurs je t'en remercie. J'ai juste modifié et c'est tout~ !
<< ( Préc )
  Commenter ce chapitre 

Amour reste Amour

[8038 mots]
Publié le: 2014-06-30Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Annyeong~ ! Comme prévu me revoilà~ ! J'avais promis que je referai cet OS du point de vue de Dae, et j'ai passé deux jours dessus ! Je suis tellement heureuse de l'avoir enfin terminé pour que vous le lisiez ! J'espère en tout cas qu'il vous plaira, que le point de vue de Dae vous fera très, très plaisir, car j'ai assez bien aimé l'écrire~ !
Voilà, je vous laisse lire~ !

* Point de vue de Daehyun *

Les yeux rivés sur le professeur de coréen, j’écoutais attentivement ce qu’il disait. Et comme d’habitude, les mots qui sortaient de sa bouche rentraient automatiquement dans mon cerveau.  Mes yeux dérivaient de temps à autre sur l’horloge au-dessus du tableau et je commençais à avoir hâte que  la sonnerie retentisse. Pas pour quitter le cours comme un voleur pour aller manger. Non, bien sûr que non. J’avais juste très envie de lui poser des questions, de lui parler de mes idées que j’avais eu pendant la nuit. Il fallait qu’il me donne un petit coup de main, je voulais un avis si ce que j’avais en tête pourrait faire une histoire.

Car oui, j’aimais énormément laisser libre cours à mon imagination, gribouiller sur une feuille et rêvasser.

Je fus interrompu dans mes pensées lorsqu’un grognement se fit entendre à quelques rangées derrière moi. Une voix agacée se fit entendre et même si cette personne avait marmonné, on l’entendait des premiers rangs.

- Tu crois vraiment que je suis la personne qui a des feuilles ? Tu m’as déjà vu sortir un crayon de mon sac ?

Je savais très bien à qui appartenait cette voix. Yoo Young Jae. On ne pouvait pas dire qu’il se faisait discret en cours. Appart pour dormir, il était capable de l’ouvrir pour se plaindre. Un cancre, voilà tout. Et timidement et assez discrètement, je jetai un coup d’œil derrière moi.  La tête posée sur la table, je le vis souffler et gonfler les joues en fronçant les sourcils. Et l’instant d’après, il regardait vers la gauche pour observer deux de ses amis d’un œil amusé. Je restais quelques secondes à le fixer, parce que j’avais pris l’habitude de lui faire depuis le début de l’année.

Et je détournai précisément le regard pour reporter mon attention sur le professeur lorsque Young Jae ferma les yeux, le rendant de plus en plus mignon. Je me mordis la lèvre en secouant la tête pour chasser cette idée. Mais à chaque fois, c’était la même. A chaque fois que je le voyais, je ne pouvais m’empêcher de le trouver vraiment beau. Mais je savais aussi très bien que je ne pouvais que l’observer de loin, c’était un fait.

La sonnerie retentit précisément à ce moment précis. Je pris mes affaires, les rangeai dans le sac et sentis l’excitation me gagner à la pensée de raconter cette fameuse idée qui m’avait valu les foudres de ma mère lorsque je m’étais couché tard hier soir. Je lui avais fait comprendre que je ne pouvais pas faire autrement, qu’il fallait que je la note quelque part avant que je l’oublie aussitôt, mais elle n’avait rien voulu savoir. Enfin, bref, passons. Je me dirigeai vers le professeur de coréen qui ma sourit chaleureusement.

- Alors, Daehyun est-ce que le cours t’a plu ? demanda-t-il.

J’hochai lentement la tête et souris doucement. C’était tout de même un adulte et un professeur, et même si je venais lui demander conseil très souvent, j’étais encore mal à l’aise lorsqu’il me posait des questions. Et puis, je ne pouvais rien y faire, j’étais très timide.

Alors aussitôt, je me mis à commencer à raconter le début de mon idée d’histoire. Et immédiatement, comme d’habitude, j’étais beaucoup plus à l’aise dans mon élément. Les mots venaient naturellement et plus je m’apercevais que le professeur devant moi m’écoutait attentivement en prenant grandement attention à ce que je disais, je gagnais peu à peu confiance en moi.

Jusqu’à ce que je sentis un regard me brûler la nuque. Quelqu’un me fixait et je n’avais aucune idée de qui c’était. Et cela me mettait vraiment très, très mal à l’aise. Je me mis à bafouiller et le professeur devant moi fit un signe de tête et un sourire compréhensif. Il me savait timide. Mais j’avais perdu toute confiance maintenant que je savais que quelqu’un me regardait, que quelqu’un prêtait attention à moi. J’avais pourtant fait en sorte d’être totalement invisible. Alors pourquoi, pourquoi sentais-je un regard sur moi ?

- Bon, on ne va pas coucher ici, Jae. J’ai d’autres chats à fouetter moi.

J’avais deviné au ton de sa voix que cette personne ne pouvait qu’être un des amis de Young Jae. Et le savoir encore dans la salle me gênait extrêmement. Alors je m’interrompis, je ne voulais pas qu’ils attendent ce que je racontais. Je ne désirais pas que Young Jae écoute. Et puis, il fallait être réaliste, il n’y prêterait pas du tout attention. Il s’en ficherait. Comme il se moque de ma présence.

Mais peut-être était-ce mieux ainsi ?

- Fouettez qui ?!

Je vis le professeur secouer la tête, montrant que cet élève qui avait parlé, était celui qui l’exaspérait énormément. Il était du genre à sautiller partout à ce qu’il parait, à chanter des chansons enfantines dans les couloirs et à se réveiller qu’à la sonnerie. Et il ne semblait pas vraiment méchant. Il me faisait beaucoup rire à vrai dire. J’aperçus du coin de l’œil, le noiraud quitter la salle de cours, son portable à la main. Et même si ce n’était pas la première fois que je le voyais faire cela, j’étais toujours aussi étonné. Comment pouvait-on ne pas avoir peur de se le faire confisqué ? C’était hallucinant.

Je me fis tout petit quand je me rendis compte que Young Jae venait de passer juste à côté de moi, sans me regarder. Non, en fait, je n’avais pas besoin de rétrécir, puisqu’il ne me voyait pas. J’inspirai à fond. J’allais l’habitude de ce genre de choses. Je vivais cela depuis le début de l’année. Et pourtant, je n’arrivais jamais à m’y faire. Je n’arrivais jamais à détourner mon regard, ou à le sortir de ma tête. Ce maudit brun qui s’incrustait vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Décidément, il allait faire son bad-boy même quand il n’était pas présent physiquement.

Je retins un rire de franchir la barrière de mes lèvres en voyant l’ami pas réveillé de Young Jae foncer dans le mur et de se le prendre en plein dans le nez. Un sourire moqueur se forma sur les lèvres du brun qui hantait mes pensées. C’était d’ailleurs ce qui m’achevait toujours autant. Lorsqu’il souriait, il était plus que beau. Magnifique. Cela me donnait l’envie de lui tirer les joues. Je pris une grande inspiration, chassai cette pensée de mon esprit et repris le fil de mon récit avec le professeur quand j’entendis les pas s’éloigner, montrant que les deux amis étaient sortis de la salle.

Et étrangement, je sentais de nouveau un regard. Et il était beaucoup trop intense. J’allais l’impression d’être jugé de haut en bas.

Comme si on me haïssait.

* * *

Après avoir chargé mon plateau, je me dirigeai vers une table libre en me pinçant la lèvre. Je ne supportais pas le réfectoire. Il y avait trop de bruits, trop de rire. Tout me rappelait que moi, j’étais comme un fantôme parmi eux. Personne ne me fixait, rien. J’étais décidément invisible. Et même si j’avais tout fait pour, cela faisait toujours aussi mal de le penser.

Je posais mon plateau et commençais à manger en silence. Je ne pouvais pas non plus parler tout seul. Il allait aussitôt tous me prendre pour un schizophrène. Mais je doutais qu’ils m’entendent avec tout le brouhaha qu’ils créaient ici. Et puis, c’était vraiment étouffant comme endroit. Aussitôt, je me promis de manger le lendemain midi, près de cet arbre derrière le lycée. Au moins là-bas, je serai plus tranquille.

Et comme un avertissement, mon cœur se mit à s’accélérer. Je compris que Young Jae était dans les parages. Je relevai assez la tête pour l’apercevoir. Vêtu de sa chemise blanche d’uniforme déboutonnée au col  et de son pantalon noir, il avançait tenant son plateau dans ses mains et ses yeux semblaient balayer la salle du regard. Mais aussitôt, je le vis esquisser un sourire et s’assoir à une table. Une table qui se trouvait à deux tables devant la mienne. J’inspirai à fond, et pris une grosse bouchée pour m’occuper l’esprit et la bouche. Et c’était là que je vis le brun s’attaquer à son assiette avec un immense sourire. Heureux de manger ou d’éviter les professeurs, surement.

Je faillis m’étouffer de rire lorsque je vis son ami avec les cheveux châtains avancer tranquillement avec son plateau et manquer de tomber. Je me frappai la poitrine car je venais d’avaler de travers. Quand je fus calmer, je me mordis la lèvre en voyant Young Jae rire, les lèvres entrouvertes et les yeux pétillants. Comment pouvait-il être aussi beau ?

Soudain, je me rendis compte que l’ami de Young Jae me montrait du doigt avec un grand sourire et il se mit à crier quelque chose que je n’entendis pas.

Non. Me voilà repérer. Baisse la tête, Dae. Baisse la tête.

Ce fut ce que je fis. Le cœur battant à tout rompre je n’osais même pas la relever. Est-ce qu’il m’avait vu observer Young Jae ? Est-ce qu’il venait de le lui dire ? Et si c’était le cas, que serait sa réaction ? Qu’est-ce qu’il lui répondrait ?

Il lui dirait tout simplement qu’il n’en avait rien à faire.

Il n’y avait aucun espoir qu’il puisse s’intéresser à moi. Je faisais tout mon possible pour être aussi transparent que de l’air. On pouvait à peine sentir ma présence lorsque je partais en coupe-vent. On ne pouvait pas me toucher. Ou plutôt, on ne voyait pas l’intérêt de prêter attention à moi et de me toucher. Je poussais un long soupir et me remis à manger.

Quelques temps plus tard, je me figeai. Cette sensation de se sentir observer revenait. Cette même sensation dans la salle de cours tout à l’heure. Ce même malaise, cette gêne qui se manifestait à la chaleur que je ressentais dans mes joues. Non, me voilà en train de rougir maintenant. Aish… Etais-je fou ou une personne me regardait réellement en ce moment ? Je devais bien entendu avoir perdu la tête. Ce ne devait qu’être une espèce d’invention dans mon esprit pour me sentir peut-être moins transparent.

Plus les secondes passèrent, plus j’étais certain qu’un regard était figé sur moi depuis longtemps déjà. Ce même regard qui m’avait brûlé la nuque dans la salle de coréen. Et qui m’avait mis énormément mal à l’aise.

* * *

Je rangeai aussitôt mes affaires quand la sonnerie retentit. Les élèves de la salle riaient, se parlaient et semblaient vraiment heureux aujourd’hui. Moi, j’étais déçu, vraiment déçu. Le professeur de coréen n’était pas là et cela voulait dire que je ne pourrai pas lui faire part de mon autre idée pour mon histoire. Je poussai un long soupir. Bon, j’avais du temps libre pour me changer des idées et écouter de la musique.

Il fallait positiver dans la vie.

Alors, je pris mon sac et me dirigeai vers la porte sans dire un seul mot. De toute manière, personne ne faisait attention à moi. Sauf ce fameux regard qui me transperçait encore la nuque. Cela faisait une semaine déjà que je le sentais, une semaine que je supportais cette gêne, une semaine que mes joues rougissaient. Une semaine que je me disais que quelque chose clochait, que ce n’était pas normal qu’une personne me regarde aussi souvent. En plus d’être timide, j’étais du genre à m’imaginer énormément de choses. Evidemment, puisque je passais mes journées à écrire, à former des scénarios dans mon esprit, à adapter les caractères aux personnages, à les rendre si différents mais si uniques. C’était mon monde. Et je n’avais que cela à faire de toute manière.

Et mon esprit imaginatif ne s’empêchait de penser que cette personne me fixait pour la même façon que je regardais Young Jae.

Je pouvais toujours rêver que ce soit lui. Cela n’arrivera jamais.

Je sortis de la salle de cours et marchai dans les couloirs. Des élèves s’y trouvaient et se parlaient en riant. Et comme d’habitude, j’étais transparent. De toute manière, qui voudrait parler à l’intello de la classe ? Personne. Pas même Young Jae.

Nouveau soupir. En à peine quelques instants, j’arrivais même à le mentionner deux fois. Magnifique. Je commençais à croire que j’étais maudit. Mais je savais très bien ce que c’était comme une malédiction. Le genre de chose qui frappait les gens qui s’attendaient le moins, qui rendait des gens heureux, et d’autres tristes et qui agaçait d’autres.

Lorsque je sortis du lycée, je respirai l’air de dehors. Il faisait assez beau et chaud. C’était une très belle après-midi. Je me dirigeai vers l’arrière du bâtiment et trouvais l’endroit où je venais m’assoir lorsque je voulais réfléchir et partir dans mon monde. Je posai mon sac dans l’herbe, m’assis contre l’arbre et inspirai. C’était vraiment un endroit agréable. Je me demandais encore une fois pour quelle raison je n’étais pas venu ici auparavant.

Sur cette pensée, je sortis mon Ipod de mon sac, branchai mes écouteurs et les mis dans mes oreille. Je mis en route le mode aléatoire et calai ma tête contre le tronc d’arbre. Bercé par le son dans mes oreilles, je fermais les yeux. Je me sentais détendu, comme à chaque fois où je me perdais dans le monde surprenant de la musique. Comment un son pouvait-il transporter l’esprit d’une personne de cette manière ? L’apaiser, le toucher ? Peut-être était-ce parce que c’était de l’art, que l’art était fait pour frapper le cœur des gens, les réconforter ?

Alors pourquoi ce n’était pas la musique qui m’avait tapé en plein cœur ? Pourquoi c’était une personne en particulier ? Pourquoi…

Encore ce regard. Je le sentais sur moi. Et dire que si j’ouvrais les yeux, je pourrai voir qui c’était. Mon cœur frappa fort dans ma poitrine tandis que la musique continuait de raisonner dans mes oreilles. Est-ce que je devais prendre mon courage à deux mains, ouvrir les yeux et regarder vers cette personne ? Mais… Je n’étais pas sûr d’en être capable. Les joues rouges de gêne, je serrai fort mes mains sur mon pantalon, pris une grande inspiration.

Et j’ouvris les yeux.

Mais lorsque je tournais la tête, il n’y avait personne. Absolument personne. Et je prenais conscience que je ne sentais plus ce regard sur moi. Je poussai un soupir. Ou s’était une hallucination, ou cet inconnu était partit. Je ne savais même plus laquelle était plausible. Elles pouvaient correspondre à la situation toutes les deux.

Arrête de te prendre la tête. Tu es seul Dae, comme tu l’as toujours été.

Je ravalai la bille amère que j’avais dans la bouche après avoir pensé cette phrase qui m’avait remis à ma place immédiatement. J’étais bien obligé de le faire moi-même, puisque je n’avais personne pour le faire. Aucun meilleur ami pour me dire que j’étais stupide, pour me corriger, pour me taquiner. Personne. J’étais décidément très seul. Transparent.

Je refermais les yeux et laissai mon esprit se concentrer sur les paroles et le son qui raisonnaient dans mes oreilles.

Et de nouveau, cette sensation d’être observé revint. Ce regard de nouveau me brûlait. Mais il était plus intense que d’habitude. J’avais comme l’impression qu’il me détaillait de la tête aux pieds, qu’il enregistrait la moindre chose qu’il voyait. Je n’osais même plus faire un seul pas. Comment un seul regard pouvait me donner envie de fondre dans cette pelouse ? Mince, je commençais à avoir chaud – à cause du soleil qui me frappait la peau surement – et mon cœur jouait du tambour maintenant. Gêné, terriblement même, je ne savais pas quoi faire appart prêter une attention toute particulière à la musique. Mais elle qui me détendait à cet instant, fit tout autre chose. Elle me fit sourire. Un vrai sourire.

Et j’avais aussi la certitude que ce regard y était aussi pour quelque chose.

Ce ne pouvait pas être une hallucination. Il était obligé qu’une personne soit en train de me regarder de cette manière. On ne pouvait pas soi-même imaginer une telle chose ! J’avais certes beaucoup d’imagination, mais je n’allais pas jusque-là. Mais les questions qu’il fallait que je me pose maintenant, c’étaient bien celles-ci : « Pourquoi cette personne me regardait ? Et qui ? ».

Alors que j’étais en train de me torturer l’esprit, la musique s’arrêta et j’attendis l’autre en me pinçant la lèvre. Et je remarquais que je ne sentais plus ce regard sur moi.

- N’importe quoi !

Aussitôt, je me figeai. J’ouvris immédiatement les yeux car j’avais reconnu cette voix. C’était celle de Young Jae. Que faisait-il ici ? Je mis sur pause la musique, tournai légèrement la tête vers lui. Et j’aperçu debout en face de son ami avec les cheveux châtains. Il me tournait le dos. Aucun des deux ne me voyait. Aucun des deux ne savait que désormais, j’étais apte à entendre ce qu’il disait.

Je vis Young Jae tenter de partir mais le châtain lui attrapa le bras pour le retenir. Celui-ci le fixait avec une expression sérieuse qui dut surprendre le brun parce qu’il s’immobilisa. De là, où je me trouvais, je n’étais pas capable de savoir ce que son ami disait. Mais je savais lire sur les lèvres.

Et ce que je compris fit accélérer mon cœur.

Jung Daehyun. Son ami venait de prononcer mon nom. Mais comment le connaissait-il ? Personne ne savait qui j’étais, personne ne prêtais attention à moi. Alors pourquoi le châtain savait comment je m’appelais ?

Alors que je commençais à paniquer à me dire que finalement je n’avais pas réussi à être transparent, l’expression de Young Jae me frappa de plein fouet. Il fronçait les sourcils et ne semblait pas comprendre. Je saisis qu’il ne savait pas comment je m’appelais, surement n’avait-il jamais prêté la moindre attention pour moi. Mais pourquoi étais-je déçu ? Il fallait s’y attendre. Je m’y étais attendu.

Curieusement, la voix de son ami fut plus forte et ferme, et je n’eus pas besoin de lire sur ses lèvres.

- Le petit chaton. C’est comme ça qu’il s’appelle.

«  Le petit chaton » ? Attendez… C’était moi qu’il surnommait ainsi ? Mais pourquoi ? Gêné, je faillis replonger dans mes pensées, mais mes yeux restèrent fixer sur la scène qui se déroulait là, juste à quelques mètres de moi. Young Jae fronça les sourcils et dit cette phrase qui m’anéantit :

- Et alors ? Je le déteste. Je ne vois pas pourquoi connaitre son nom serait important.

Je restais immobile, les yeux fixés sur lui tandis qu’il se mettait à s’éloigner sans regarder derrière lui. Ni vers son ami, ni vers moi. Mais ce n’était pas étonnant. Il me détestait. Mon nom l’importait peu. Ma présence aussi. Sans attendre une seule seconde, je pris mon sac, et me levai. Personne ne remarquerait que j’étais parti de toute manière.

Je décidai de revenir vers la grille du lycée en évitant soigneusement l’ami de Young Jae. Et sur le chemin pour rentrer chez moi, la musique raisonnait dans mes oreilles. Mais mes pensées étaient bien ailleurs. Cette maudite phrase qu’il avait prononcé s’incrustait dans mon esprit. Elle me faisait mal. Vraiment mal. J’avais comme l’impression qu’il était à côté de moi à répéter encore et encore la même chose. Mais il ne pouvait pas l’être car je n’existais pas pour lui. C’était seulement mon cerveau qui s’entêtait à me faire souffrir encore et encore.

Et lorsque j’entrais dans ma maison, j’avais un goût amer dans la bouche et je mordis fort la lèvre. Je ne m’attardais pas dans le salon puisque mes parents n’étaient pas encore revenus du travail. C’était alors le cœur lourd que je montais les escaliers qui menaient à l’étage. Arrivé dans ma chambre, je me laissai tomber brusquement sur mon lit. Sur le dos, je fixais le plafond et me mordis la lèvre. J’avais l’impression qu’on venait de me piétiner. Alors que la seule chose qui souffrait, c’était mon cœur. Cet organe qui s’était laissé avoir. Pourquoi avait-il fallu qu’il me frappe en plein dedans ? Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui, Yoo Young Jae ? Qu’est-ce qui faisait que je n’aie que des yeux pour lui ?

Il ne me connaissait pas. Il ne savait pas qui j’étais. Il ne m’avait jamais adressé la parole. Il était une sorte de rebelle, de mauvais garçon qu’on ne voudrait jamais aller se lier d’amitié avec lui. Pas même lui adresser la parole. Il s’en moquait ouvertement des cours, du lycée, des professeurs, du savoir et du bac à la fin de l’année. Il dormait en cours, il séchait, il n’écoutait rien appart ses amis.

Je connaissais son nom. Je savais quel genre de personne il était. Et je l’aimais alors que lui, il me détestait.

Tout m’opposait à lui.

Je pris une grande inspiration en me sentant si misérable en ce moment. Mais je ne pleurerais pas. Non, je n’allais pas me rabaisser à cette forme de faiblesse. Je tiendrais jusqu’au bout. Je ne craquerai pas. Je ferai avec. Je resterai invisible, peut-être même son ombre. Je serai l’inconnu qui le regarderait, qui malgré la souffrance l’épaulerait, qui apercevrait le premier lorsque tout allait mal.

Mais tout cela, de loin. Comme je savais si bien le faire.

Et plus je me répétais ces phrases dans mon esprit, plus je compris que cette malédiction me suivrait quoi qu’il arrive. Tout comme ces sentiments que je ressentais pour lui. Tout comme ce nom qui ne me quittait jamais.

Yoo Young Jae.

* * *

Je fixais le professeur de coréen depuis longtemps déjà. Et parfois, je prenais des notes sur le coin d’une de mes feuilles. Son cours de littérature pourrait surement m’être utile à l’avenir. Mais en réalité, c’était la première fois que j’avais autant hâte que la sonnerie retentisse.

Tout d’abords, parce que je voulais absolument lui montrer ce que j’avais fini d’écrire au propre hier soir. J’étais tellement heureux d’avoir fini d’écrire cette histoire qui envahissait tout le temps mon esprit. Tellement fier d’avoir rédigé plus d’une vingtaine de chapitres avec des mots et des phrases qui ne semblaient pas venir d’un lycéen. Enfin, c’était mon avis. Et plus j’écrivais, plus que je gagnais confiance en moi. Mais pas assez pour faire lire mes écrits à ma famille. Plutôt rêver.

Et ensuite, car je sentais encore ce regard qui me brûlait la nuque. Et c’était de plus en plus fréquent. A chaque cours, j’avais l’impression d’être observé. Et je savais aussi que ce n’était plus une impression. Quelqu’un n’arrêtait pas de me fixer. Mais j’étais bien trop gêné, et à la longue, j’avais fini par m’y habituer. Et aussi d’y prendre extrêmement goût. Lorsque ces yeux se posaient sur moi, c’était comme si j’existais enfin, qu’on me voyait, qu’on se rendait compte de ma présence. Mais aussitôt qu’ils regardaient autre chose ou qu’ils n’étaient plus là, j’étais de nouveau invisible. Comme si ces yeux étaient capables de voir ce qui n’était pas visible. Et cela me semblait tellement magique.

Mais tellement gênant.

Et il y avait autre chose qui me semblait fou. Cette personne me fixait toujours lorsque je me trouvais avec le professeur de coréen pour lui parler de mes histoires. Ces yeux me surveillaient toujours de loin et je n’osais jamais tourner la tête, j’avais peur que ce ne soit qu’un mirage et que toute cette magie soit rompue. C’était pour cette raison que je n’avais plus réagi à ce regard brûlant. C’était devenu mon quotidien. Et même une espèce de dépendance car à chaque fois que cette personne ne me fixait pas, je désirais au plus profond de moi-même, très silencieusement que ses yeux me regardent de nouveau. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Tout comme cette personne ne pouvait visiblement pas s’en empêcher.

Je clignai des yeux lorsque la sonnerie retentit. Je rangeai mes affaires calmement tandis que les autres élèves sortaient déjà de la salle en riant. J’haussai les épaules et sortis le classeur que j’avais glissé dans mon sac ce matin. Je le serrai fort contre moi et pris une grande inspiration avant d’avancer vers le professeur qui effaçait le tableau.

Il me sourit et timidement je lui tendis le classeur. Etonné mais intrigué, il le prit.

- Lisez-le, s’il vous plait, et donnez-moi votre avis, dis-je à voix basse.

Il acquiesça et le rangea dans son sac. Je le remerciai du regard et m’apprêtai à partir lorsque j’entendis une voix que je connaissais que trop bien raisonner dans la salle :

- Dégage de mon champ de vision, Jong Up.

Je ne fis guère attention à la phrase que venait de prononcer Young Jae même si j’étais assez curieux après cela. Je pris une grande inspiration et sortis de la salle de coréen avant d’entendre le professeur hurler :

- Dehors vous deux ! Je n’ai pas envie d’avoir des glandeurs dans ma salle à la fin des cours ! Appart si vous voulez bosser ?

Je réprimais l’envie de rire, je savais très bien ce qu’allait répondre les deux autres. Ils ne voulaient pas travailler. Ils ne l’avaient pas fait depuis le début d’année. Et je supposais que ce n’était pas maintenant qu’ils s’y mettraient. Je poussai long soupir et marchais lentement dans les couloirs. J’avais envie de rentrer, mais en même temps, il y avait quelque chose que j’avais envie de savoir.

Est-ce que cette personne qui m’observait à chaque fois que j’étais avec le professeur était encore là, devant la salle ? Où était-ce juste un mirage ?

Je me pinçai la lèvre et commençai à faire demi-tour lorsque j’arrivais au bout du couloir. Et aussitôt, j’aperçu Young Jae et son ami qui s’appelait Jong Up, si j’avais bien compris. Par réflexe mais surtout paniqué, j’entrai dans une salle à proximité, laissai la porte entrebâillée pour écouter la conversation. Le cœur battant à tout rompre, je me collai contre le mur et prêtai l’oreille.

- Qu’est-ce que tu attends ? Tu ne sors pas ? demanda Jong Up.

- C’est bon, j’ai quelque chose à faire. Sors, toi. On peut toujours se voir après chez moi, si tu veux, fit la voix de Young Jae.

Quelque chose à faire ? Dans un lycée ? Young Jae ne voulait pas rentrer chez lui ? Il préférait errer dans les couloirs alors qu’il pourrait être dans sa maison à ne rien faire du tout ? Quelque chose ne tournait pas rond. Ce n’était pas normal. C’était hallucinant. Je savais très bien à quel point il haïssait les cours et le lycée. Mais alors pourquoi y rester ? Et que faisait-il ? En ce moment, il m’intriguait de plus en plus. Avait-il un passe-temps secret que je n’aurai jamais pu constater ?

Aussitôt, je regardai discrètement. Young Jae me tournait le dos mais Jong Up avait la capacité de me voir. Je me figeai lorsque les yeux de son ami se posèrent sur moi. Je me mordis la lèvre et écarquillai les yeux quand il fit un clin d’œil. Il me faisait un clin d’œil. Mais qui était ce mec qui pouvait me voir ? Et pourquoi était-il si amusé ?

Etonné ? Pourquoi ? Il y avait de quoi ! J’étais en train de les observer et de les écouter en train de parler. C’était clairement de l’espionnage.

Non, non, Dae ! Cache-toi !

Immédiatement, je me plaquai contre le mur et coupai ma respiration. Le cœur battant à tout rompre, j’attendis que les pas de son ami s’éloignent pour respirer de nouveau. Je me pinçai la lèvre. Il irait le répéter à Young Jae. C’était obligé. J’étais grillé, cuit, tout ce que vous voulez. Je n’avais pas été assez prudent. D’habitude, personne ne me démasquait en train de l’observer, mais son ami avait été fort. Très fort. Il était très coriace. La prochaine fois, je devais faire très attention.

Quelques minutes plus tard, je pris une grande inspiration et écoutai les bruits dans le couloir. Aucun pas rien. Peut-être était-il parti. D’ailleurs, où était-il ? Et que faisait-il encore dans le lycée ? J’avais une furieuse envie de savoir. Curieux, je sortis de la salle et marchais vers la gauche. Et me perdis dans mes pensées. J’étais en train d’imaginer ce qu’il pouvait bien faire en secret. Mais rien de concret ne me venait. Il ne pouvait évidemment pas aller à des cours particuliers, puisqu’il était évident qu’il avait horreur de cela. Il n’en avait rien à faire de ses notes. J’avais l’impression que rien lui importait appart dormir. Peut-être avait-il un rendez-vous dans une de ses salles de cours ? A cette pensée, je fronçais les sourcils et me dépêchais de penser à autre chose. Ce n’était pas le moment à songer qu’il voie quelqu’un, qu’il soit avec quelqu’un. Cela ne ferait que me faire souffrir encore plus.

Et il valait mieux éviter cela.

Soudain, je sentis que quelque chose se cognait à mon torse et je sortis immédiatement de mes pensées. Mais encore un peu troublé, je titubai et tombai en arrière. Mon dos rencontra le sol et je grimaçais. Ca surprenant, et ça faisait mal tout de même ! Mais la personne qui m’avait percuté se retrouvait à présent sur moi. Je pris une grande inspiration et avalai difficilement ma salive. Je ne voulais même pas ouvrir les yeux. Mon cœur se mettait à frapper durement contre ma poitrine tandis qu’une voix me parvint.

- Je suis désolé ! Pardon, je ne regardais pas où j’allais !

- Oh… Ce n’est pas grave. Ne t’excuse pas. Je ne regardais pas non plus où j’allais à vrai dire, dis-je.

J’étais tellement occupé à parler sans bégayer que je n’avais même pas fait attention à la voix. Et pourtant, je la connaissais. Je savais le reconnaître. Mais je n’en croyais simplement pas mes oreilles. La gorge sèche, j’ouvris instantanément les yeux. Je rencontrais le visage de Young Jae qui se trouvait à quelques centimètres du mien. Et là, mon cœur frappait de plus en plus durement dans ma poitrine tandis que je fixais ses yeux. Non, ce n’était pas possible. Son regard était en train de me brûler. Il était en train d’observer chaque parcelle de mon visage, je le voyais, je le sentais. Cela me brûlait. Et gêné, je détournais les yeux.

Et je me mordis la lèvre. Car je venais juste de me rendre compte de la pression de son genou mal placé qui appuyait contre mon pantalon. Précisément, contre mon entrejambe. C’était embarrassant, gênant. Et mon corps commençait déjà à me trahir puisque j’avais terriblement chaud. Je n’y croyais même pas, je sentais son regard brûlant qui fixait mes lèvres.

Ces traitresses qui maintenant avaient laissé échapper un petit gémissement.

Je le vis écarquiller ses yeux bruns tandis que honteux et les joues rouges, je me cachai la bouche avec mes mains. Non, non, non, non… Dae. Ne me dites pas que je viens juste de gémir là. Non, non, non, non… La honte. Comment allait-il réagir maintenant ? Pourquoi cela devait n’arriver qu’à moi ?

Et soudain, je ne sentais plus cette pression, ni même la proximité de son corps. Je jugeai donc qu’il s’était levé, à mon grand soulagement. Car je n’aurai pas supporté encore plus longtemps ce qu’il venait de se produire. Je me cachai le visage avec mes mains en me maudissant, en me traitant de « babo » autant de fois que je le pouvais. Et encore, je sentais de nouveau ce regard, ce même regard intense.

Troublé, je restais allongé par terre en essayant de reprendre mes esprits. Et soudainement, je sentis des doigts s’emparer d’une de mes mains et la serrer. Je me pinçai la lèvre, sentant mon cœur se serrer alors que je commençais à prendre goût à ce contact physique. En à peine quelques minutes, il y avait trop de chose à gérer pour mon pauvre cœur. Il mettrait surement plus longtemps que prévu pour s’en remettre. Young Jae m’aida à me relever et lorsque je fus debout, je détournai le regard et murmurai :

- Merci…

- Je n’allais tout de même pas te laisser par terre ! A moins que tu voulais y rester ?

Je secouai négativement la tête en sentant mon cœur gonfler un peu plus.

- Non, non, bien sûr que non… fis-je.

Contrairement à ce que j’avais pensé, il n’était pas insociable. Et il ne moquait pas des personnes qu’il y avait autour de lui puisqu’il m’avait aidé à me relever. Je n’en revenais toujours pas qu’il ait fait attention à moi d’ailleurs. J’avais imaginé qu’il se serait éloigné, me laissant par terre. Parce que j’étais transparent. Mais non, c’était tout le contraire.

Je tripotai l’ourlet de ma veste en baissant la tête, n’ajoutant rien. Je préférai laisser le silence s’en charger. Et lui, il ne dit rien. Il me regardait.

Et ce fut uniquement là que je me rendis compte de la manière dont son regard me fixait en ce moment. Je ressentais de nouveau comme une brûlure sur mon corps quand ses yeux se posaient sur moi. Et plus important encore, j’avais l’impression d’exister. D’être visible. Et ses sentiments ne m’étaient pas inconnus. Comment avais-je pu ne pas m’en apercevoir plus tôt ?

Oui, c’était  évident maintenant. Ce regard. Celui qui me brûlait depuis longtemps déjà, celui auquel je m’étais habitué et que j’appréciais toujours autant. Il ne pouvait que venir de Young Jae qui se tenait juste devant moi. Mais c’était dingue, vraiment dingue. Comment pouvait-il me voir après tout ce temps ? Et pourquoi me fixait-il si intensément ?

Young Jae poussa un soupir très bruyant, ce qui me fit lever la tête. Je croisais ses yeux bruns, cette lueur qui me fit rougir y brillait.

- Je… Je dois rentrer chez moi, bafouillai-je en baissant la tête.

Aussitôt, je m’éloignai trop rapidement, juste pour l’éviter, juste pour qu’il ne voie pas mes joues rouges. Juste pour qu’il ne sache pas à quel point mon cœur s’accélérait en ce moment. Il fallait juste que je disparaisse. Et c’était mieux pour nous deux.

Lorsque je sortis du lycée, je me mis même à courir comme si je craignais qu’il me suive. Mais je savais très bien qu’il ne le ferait pas. Il avait beau me fixer presque tout le temps, j’avais deviné qu’il me laisserait partir.

Mais au fur et à mesure que je me disais qu’il ne ferait rien, qu’il ne me connaissait pas, qu’il en avait rien à faire de moi, tout semblait faux. Certes, il ne savait pas qui j’étais, mais je supposais qu’il m’avait suffisamment observé pour avoir des informations. Il savait surement que je mangeais seul, que je sortais seul de chaque cours, que je n’avais pas vraiment d’amis, et que j’étais timide. Et je ne pouvais pas non plus prétendre qu’il n’en avait rien à faire de moi, puisque je venais de découvrir que c’était lui qui me fixait, encore et encore. Lui, Young Jae. Si on m’avait dit qu’il me regarderait de cette manière, j’aurai rigolé, très fort même. La blague quand même.

Et pourtant, là, ce n’était pas une blague. Il avait fait attention à moi. Il ne m’avait pas laissé par terre.

Et je me sentais illuminé par des projecteurs lorsqu’il me regardait de cette manière.

Arrivé chez moi, je m’écroulais sur le lit, un énorme sourire aux lèvres et l’esprit ailleurs.

* * *

Le lendemain matin, je m’étais mis sautiller partout et à chanter des chansons sans m’arrêter. Habillé, coiffé comme il le fallait, j’étais déjà prêt avant l’heure, et je m’égosillai déjà la voix. Ma mère qui se trouvait dans la cuisine me posa cette question qui eut pour effet de me faire rougir :

- Daehyun chéri, es-tu amoureux ?

Derrière sa frange brune, elle me fixait avec des yeux amusés. Je ne lui répondis rien, beaucoup trop gêné et pris sur le fait pour lui répondre. Mais elle prit mes rougissements pour une réponse. Et puisqu’elle savait très bien que j’étais un grand timide, elle n’ajoutait rien. Je continuai de chanter sans arrêt, laissant mes pensées divaguer par moment.

Amoureux. Moi. Oui. Complètement. Je voyais encore ses yeux foncés qui me fixaient, cette lueur qui y brillait. Je le trouvais vraiment beau avec ses cheveux bruns et son sourire était encore mieux. J’esquissai un grand sourire avant de me laisser tomber sur le canapé. Allongé, je regardais le plafond en continuant de chantonner, complètement heureux. Il m’arrivait même de frapper des mains.

On pourrait croire que j’avais passé une bonne nuit. Mais non, c’était totalement faux. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Mon cerveau ressassait beaucoup trop cette journée d’hier que je qualifiais d’unique. Rien de plus beau ne m’était jamais arrivé. Young Jae avait enfin fait attention à moi ! Ce n’était peut-être pas peine perdue, peut-être s’intéressait-il à moi ?

C’était en sautillant que je m’emparai de mon sac pour sortir de la maison en saluant ma mère d’un air enjoué. Une fois dehors, je sortis mes écouteurs, les mis dans mes oreilles et démarrai la play-liste. J’esquissais un grand sourire.

Quelques minutes plus tard, j’arrivais au lycée. Je me concentrai sur la musique qui raisonnait dans mes oreilles et avançai droit vers le bâtiment. Une nouvelle journée allait commencer. Mais comment allait se comporter Young Jae ? Normalement ? Est-ce qu’il viendrait me parler ? Ou préférait-il m’ignorer, faire comme si de rien n’était ?

Je sursautai lorsqu’une main s’empara brusquement de mon bras. Je tournai aussitôt la tête et écarquillai les yeux. Quand on parlait du loup. Mon cœur frappait contre ma poitrine. Young Jae se tenait justement à côté de moi et me fixait avec une lueur agacée dans le regard. Ses sourcils froncèrent et je sus comment réagir. Il était furieux ? Pourquoi ? A cause de moi ?

Je n’eus pas le temps de lui poser la question, celui-ci me tirait déjà derrière le lycée. Je me laissais faire sans manquer de bafouiller quelque chose. J’étais gêné. Je ne m’attendais pas à se retournement de situation là. Vraiment pas. Il aurait dû m’ignorer ou me saluer tout simplement. Mais il ne fallait pas oublier que c’était avant tout un élève qui n’avait pas peur d’agir et de parler.

Lorsqu’on arrivait derrière le bâtiment, il me lâcha le bras assez brusquement. Je sursautai, le dos contre le mur. Il se trouvait devant moi et me fixait droit dans les yeux. Je n’osais même pas ouvrir la bouche. Je ne savais pas ce qui lui arrivait, mais je lisais dans son regard qu’il était mécontent. Je ris le risque de retirer mes écouteurs parce que visiblement il avait des trucs à dire.

- Tu as bien dormi ? demanda-t-il sèchement.

Je ne comprenais pas pourquoi il me disait cela. Ni pourquoi il était en colère. Surpris, et totalement perdu, j’écarquillai les yeux et le dévisageai. Et remarquai que son visage était beaucoup plus fatigué que d’habitude. Ce qui était rare, puisqu’il dormait tout le temps.

- Alors ? insista-t-il.

- Mais… Pourquoi tu me demandes ça ?

Young Jae me fixa droit dans les yeux et je sus immédiatement que la manière incertaine avec laquelle je venais de parler l’avait énervé. Je ne savais pas pourquoi d’ailleurs. Je ne saisissais pas ce qui était en train  de se passer.

- Et pourquoi pas ? Pourquoi je ne te demanderai pas si tu as bien dormi ou non ? Ou si tu vas bien aujourd’hui ? s’énerva-t-il.

En l’entendant prononcer ses phrases, je fronçai les sourcils. Plus je me demandais pour quelle raison il s’énervait, plus je me m’étais à penser qu’il s’énervait pour un rien. Je n’en croyais même pas mes oreilles. Il se permettait de faire une espèce de crise… d’un mec qui serait en train de dire que je lui appartenais.

- Mais… On ne sait jamais parlé, bredouillai-je. Appart depuis hier.

- Justement. Parlons d’hier. Tu sais qu’à cause de toi, je n’ai pas dormi de la nuit ? Et toi, tu sembles de bonne humeur. C’est dingue, vraiment.

Il rejetait maintenant la faute sur moi s’il n’avait pas eu sa dose de sommeil ? Pour qui il se prenait tout d’un coup ? La fatigue de cette nuit parvint à m’atteindre, et je commençais à me mettre à parler fermement.

- Ce n’est pas ma faute si tu n’as pas dormi, lâchai-je.

- Mouais, tu t’incrustes dans ma tête la nuit, mais ce n’est pas de ta faute, ricana-t-il.

Etait-il fou ? Je n’avais rien fait pour que je sois dans sa tête. Et franchement, il y avait des moments où je ne désirais pas qu’il le soit dans la mienne. Mais lui arrivait-il la même chose qu’à moi ? Surement, mais il réagissait de la mauvaise des manières.

- Mais j’y suis pour rien moi ! J’y suis vraiment pour rien ! m’écriai-je.

- Pourquoi ?

Je fronçai les sourcils. Il me demandait maintenant pourquoi. Si seulement je pouvais lui faire comprendre ce que j’avais sur le cœur. Il saurait enfin pourquoi. Soudain, je ne me reconnaissais plus, même plus du tout. Toute la timidité qui me caractérisait disparaissait, laissant place à la fermeté. Ainsi qu’à la souffrance. Il m’avait blessé. Il me blessait tout le temps en fait. Mais j’avais toujours pris sur moi.

Mais pas aujourd’hui. J’en étais incapable.

Je le vis écarquiller les yeux.

- Et tu me demandes «  Pourquoi » ? Tu veux que je te dise pourquoi ? Très bien. Ecoute-moi bien alors, lançai-je.

Je lus de l’incrédulité dans son regard. Evidemment je l’avais pris par surprise. Il ne s’attendait pas à ce que je m’énerve moi aussi. Mon cœur me faisait souffrir, il me hurlait de tout lui balancer, là tout de suite et qu’importe les conséquences. Je n’allais certainement pas le laisser me crier dessus sans rien dire. Je fis un pas vers lui et le fixais droit dans les yeux. Il ne les détourna pas, cilla même pas, attendant que j’ouvre la bouche.

Ce que je fis aussitôt.

- On ne sait jamais adresser la parole. Jamais. On ne se connait pas. Et visiblement, aucun de nous deux veut connaitre l’autre. Et pourtant, il a fallu que je te tombe dessus pour avoir envie de savoir qui tu es. Mais maintenant, tu agis comme un con, un mec qui revendique ce qui lui revient de droit ! Et tu n’en as pas le droit, puisque tu ne m’as parlé qu’une seule fois. Une seule fois. Ne viens pas me demander si ça va ou non, ne viens pas me crier dessus, juste parce que tu es désagréable. Et ne viens pas me dire que j’y suis pour quelque chose si je m’incruste dans ta tête. Je n’ai rien fait pour qu’on pense à moi, je n’ai rien fait car voilà la réaction la plus attendue. Je n’ai même plus envie de te connaître. Tu… tu es différent de ce que j’avais pensé de toi. Très différent. Et j’en suis déçu, vraiment déçu. Alors, je m’en vais.

Mais alors que ma dernière phrase aurait pu prétendre que je m’éloignerai, je restais debout devant lui, à quelques centimètres de lui à simplement le fixer. Je retenais les larmes qui menaçaient de s’échapper alors qu’il écarquillait les yeux, mais bizarrement pas présent. Comme si son cerveau était simplement en train d’imprimer tout ce que je venais de lui dire. Le savoir si proche me donnait envie de nier mes paroles, mais cela ne servait à rien. J’avais dit la vérité. Et il valait mieux qu’il le sache. Je me sentais un peu plus libre, même si mon cœur me faisait tout autant souffrir.

Alors que je m’apprêtais à partir, je lâchai, la tête baissée :

- Et puis… Je n’ai pas dormi non plus.

Ma voix n’avait été qu’un murmure et je m’éloignai rapidement. Mais je savais très bien qu’il m’avait entendu. Il n’avait fait que cela depuis que j’avais ouvert la bouche. Et il semblait être en état de choc. J’y étais allé trop fort. Mais c’était le prix à payer lorsqu’on gardait les choses trop pour soi, cela empirait le jour venu.

Je marchais très rapidement pour m’éloigner le plus de lui, pour ne pas rester en sa présence. Car j’étais détruit, et le simple fait de le revoir encore allait m’anéantir pour de bon. Il me semblait même que j’étais à deux doigts de pleurer. Pourtant, il ne fallait pas que je sois faible. Je devais affronter, et être fort, comme mes parents m’avaient si bien appris à faire. Et aujourd’hui, j’avais été fort. J’avais dit ce que je pensais. J’espérai juste que tout irait bien désormais.

J’arrivais près de l’arbre ou je m’adossais souvent pour écouter de la musique. Et je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qui c’était passé ici. C’était bien lui qui m’avait fixé intensément, mais il ne fallait pas oublier que c’était également lui qui avait dit qu’il me détestait. Je me pinçai la lèvre pour ravaler les larmes et je me remis à marcher. Jusqu’à ce que je sente des bras s’enrouler autour de ma taille. Je me figeai quand je sentis un torse se coller contre mon dos. Mon cœur fit un bon lorsque je sentis qu’une tête se posait contre mon dos et qu’il me serrait fort contre lui.

J’avais deviné qui c’était à la seconde où il avait enroulé ses bras autour de moi. Mais les questions étaient : Pourquoi un tel élan d’affection ? Alors que je lui avais sortis les quatre vérités quelques temps plus tôt ?

- Pourquoi tu… ? demandai-je en bafouillant.

- Parce que.

Je faillis rire en entendant son explication. Personne ne pouvait faire mieux que lui. Je comprenais parfaitement ce qu’il voulait dire. Ironie bien sûr.

- … Ce n’est pas très clair, tu sais, fis-je.

- Je veux te connaitre moi aussi.

Mon cœur fit un bond lorsque je l’entendis dire cette phrase que j’avais toujours rêvé entendre. Mais je ne savais pas comment réagir. J’étais gêné. Un long silence apparut jusqu’à ce que j’ouvre la bouche, hésitant :

- Tu… Tu dis ça parce que tu te sens coupable par apport à ce que je t’ai dit.

- Oui, je me sens coupable. Mais je le pensais bien avant. Il a juste fallu que je m’en rende compte.

Nouveau silence. Je ne savais que penser de ce qu’il venait de me dire. J’étais perdu. Et épuisé. Young Jae saisit mes mains et les serra fort. Cet élan d’affection et de douceur faillit me faire pousser un soupir d’aise que je retins aussi fort que je pus. Je me raclai la gorge.

- Et… Il… Il y a autre chose que tu as eu du mal à te rendre compte ? questionnai-je en bafouillant.

- Pour être honnête, j’ai encore du mal à réaliser.

- Hum… Et… C’est quoi ?

Je me pinçai la lèvre. Et je tressaillis lorsqu’il saisit mes mains et les plaqua doucement sur ma poitrine. Je restais silencieux mais j’étais aussi gêné.

- Le cœur. Tu entends ton cœur qui s’accélère, Daehyun ?

Je sursautai lorsque je l’entendis prononcer mon nom. Il avait pourtant dit à Jong Up qu’il ne voyait pas l’utilité de savoir comment je m’appelais. Avait-il sans faire attention mémoriser mon prénom ? Je souris à cette pensée. Je serrai doucement ses mains que je gardais sur mon torse.

- Oui. Le tien fait la même chose. Je le sens contre mon dos, murmurai-je.

Il tambourinait tellement fort d’ailleurs. Mais le mien faisait aussi la même chose.

- Daehyun, appela-t-il.

Je répondis par un « oui » timide.

- Je t’aime bien, lâcha-t-il.

J’écarquillai les yeux tandis qu’heureux je venais de comprendre. C’était un peu sa manière de me dévoiler ses sentiments. Même si le « je t’aime » aurait suffisamment suffit, même, cela aurait fait plus d’effets. Mes doigts serrèrent de nouveau les siens et je murmurai :

- Moi, c’est pire que cela, je t’aime depuis longtemps, Young Jae.

Je le sentis se figer. Je devinais qu’il était lui-même surprit que je connaisse son nom. Et pourtant, je l’ai connu dès le premier jour. Je l’ai observé dès le début, sans m’arrêter, et il avait fini par me frapper en plein dans le cœur sans le vouloir. J’avais cru que j’étais le seul dans ce cas, mais désormais, je n’étais pas seul. Et j’avais maintenant la nette impression d’exister comme j’aurai du exister. J’étais là, présent, et visible. Tout ça grâce à l’attention qu’il me portait dorénavant. Yoo Young Jae avait toujours été le centre de mon attention.

Et je suis persuadé qu’il le restera toujours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Alors~ ? Comment l'avez-vous trouvé ? N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, hein ;) !
Je profite pour dire que je ne pourrai rien publier demain car je passe la journée avec ma soeur voilà. Donc, le prochain chapitre de "Ne Me Fuis Pas" n'arrivera pas demain, ni le second de "Change your habits and assume !", ni le OS HimDae et le OS DaeUp que je devais publier samedi. Je vous explique pourquoi : j'ai passé la journée avec une amie à moi qui se reconnaitra hein ( patate licorne~ )et le lendemain, j'étais crevée, morte, tout ce que vous voulez, et aujourd'hui, trop occupée à écrire cet OS ! J'espère que vous ne me détestez pas parce que moi je vous aime~ ! je vous promets de rattraper mon retard !
Gros biiisouuus~ ! Je vous aime très fort mes cheesecakes à la fraise ( yumm~ ! )
  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc )



© Fanfic Fr 2003 - 2020 / Mentions légales