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La ligue des mangoustes recherche de nouveaux héros
 par   - 133 lectures  - 1 commentaire [30 mai 2020 à 12:42:02]

Fan de manga et/ou de comics et écrivain dans l'âme, cette annonce s'adresse à vous !


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B.A.P

Rancune devient Amour
[Histoire Terminée]
Auteur: Mimi-Chan77 Vue: 1657
[Publiée le: 2014-06-28]    [Mise à Jour: 2014-06-30]
G  Signaler Romance/Humour/Yaoi (HxH)/One-Shot/School-Fic Commentaires : 12
Description:
Yoo Young Jae est un lycéen qui sèche les cours, qui n'écoute pas en cours, enfin, vous voyez, c'est le cancre.
Et comme tout cancre, tout intello l'énerve. Il vouera une profonde rancune contre un des élèves de sa classe qui après chaque cours de coréen, va voir le professeur pour une raison inconnue.
Mais ce sentiment se transformera bientôt en autre chose de plus fort.
Crédits:
Les B.A.P ne m'appartiennent pas (mais à moi si 8) Signé: Bob Lennon). L'idée vient de Miniambrouille ( d'ailleurs, tu dois te sentir trop fière là héhéhé ) et d'ailleurs je t'en remercie. J'ai juste modifié et c'est tout~ !
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Rancune devient Amour

[7189 mots]
Publié le: 2014-06-28Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Annyeong~ ! Voilà le DaeJae, maintenant, voilààà~ ! Encore une fois un beau anniv' à Dae~ ! Par contre, cet OS ne me plait pas trop, j'ai l'impression de l'avoir complètement loupé... Enfin, bref, commentez pour me donner vos avis~
Allez, on se quitte sur ce hashtag : #HappyDaehyunDay ( je l'aime trop ce hashtag

« DaeJae »

 

* Point de vue de Young Jae *

Marre des cours, marre des professeurs, marre de ce lycée de tarés, marre du proviseur qui est coincé, marre de…

- Hé ! Young Jae, tu me passes une feuille, s’il te plait ?

Je fronçais les sourcils, agacé d’être interrompu dans mes pensées, alors que j’étais en train de faire la liste de tout ce qui m’énervait dans cet établissement, et dans ma vie pourrie d’élève qui n’avait que dix de moyenne. A commencer par ce mec à ma droite qui me demande des choses qui n’existent pas pour moi. Une feuille ? C’était quoi, ça ?

La tête sur la table, à moitié en train de dormir, je ne pris même pas la peine de me redresser pour lui répondre.

- Tu crois vraiment que je suis la personne qui a des feuilles ? Tu m’as déjà vu sortir un crayon de mon sac ? fis-je en marmonnant.

Le type ne répondit rien, sachant désormais que cela ne servait à rien de m’adresser la parole. Bon, en même temps, y’avait vraiment marqué «  distributeur de feuilles » sur mon front ? Non, alors, qu’ils me fichent tous la paix. Je poussai un long soupir et regardai vers la gauche pour m’apercevoir que Jong Up, un de mes amis, était en train de dormir et qu’Himchan pianotait sur son portable. Une belle équipe de glandeur. Je ne savais même pas lequel de nous trois était le leader. Et puis, on n’en avait vraiment rien à faire. Notre principale action était de dormir, pas de réfléchir ou être actif.

Et puis, quoi encore ?

Je poussai un long soupir et commençai à fermer les yeux pour moi aussi m’endormir. Mais à ce moment précis, la sonnerie retentit. La poisse. Je me redressai et attrapai aussitôt mon sac posé par terre, que je n’avais bien entendu pas ouvert. Rempli, mon sac ? Rempli de quoi ? De cours ? Non, bien sûr que non ! J’avais certes une trousse mais pas de cahiers, pas de classeurs. Ca ne sert à rien, combien de fois faut que je le fasse comprendre ? Les chips et les bonbons, c’étaient la vie, et puis c’était tout.

Je me mis à pouffer de rire lorsque Jong Up remua sur sa chaise et tourna juste la tête sur le côté. Profondément endormi, il ne voyait pas le filet de bave qui coulait de sa bouche. Peut-être devrais-je le laisser dormir, après tout, ce mec avec un sommeil de plomb. Et il était parfois à l’ouest. Même tout le temps. Mais c’était pour cette raison que je l’aimais bien. Quant à Himchan, il s’était déjà levé et avait passé son sac sur épaule, le portable dans les mains à jouer tranquillement à un jeu. Il n’en avait vraiment rien à faire du professeur. Et d’ailleurs, celui-ci ne le remarquait même pas, puisqu’il était occupé à causer avec l’intello de la classe.

Oui, cet adolescent aux cheveux châtains, vêtu de l’uniforme impeccablement mise qui se tenait debout devant le professeur de coréen. Je ne le voyais que de dos. Mais même… Sérieux… Ce mec venait le voir après tous les cours de coréen. Et il commençait sérieusement à me les briser. Je ne pouvais vraiment pas le supporter. Elève model va, qui m’agaçait au plus haut point.

- Bon, on ne va pas coucher ici, Jae. J’ai d’autres chats à fouetter moi, dit Himchan calmement, les yeux complètement fixés sur son jeu.

A cet instant-là, Jong Up se réveilla en sursaut et ouvrit grands les yeux en hurlant :

- Fouetter qui ?!

Je me frappai la main sur mon front, je le saisis par le bras pour le tirer hors de la salle. En même temps, si personne ne l’aiderait, il serait encore à dormir la tête sur la table. Et j’étais bien le seul à pouvoir le faire puisque le noiraud n’avait même pas fait attention au châtain, se contentant de sortir lentement, jouant encore sur son portable. Je poussai un long soupir lorsque Jong Up se mit à trainer les pieds et à se frotter les yeux, tel un enfant. Et surtout qu’il n’était pas bien réveillé, alors il ne manqua pas de se prendre le mur en plus dans le nez. Je me retins de rire et le poussai hors de la salle avant d’en sortir à mon tour. Et en passant devant la vitre qui donnait sur la classe, je ne manquai pas de fixer avec un regard noir l’adolescent qui parlait toujours avec beaucoup d’entrain avec le professeur.

Mais bon dieu, ce mec m’insupporte.

* * *

Je m’adossai contre ma chaise après avoir posé mon plateau sur la table. Une table du réfectoire qu’on s’était visiblement appropriée, puisque personne n’osait se mettre à côté de nous. Bon, ce n’était pas plus mal, on nous ficherait la paix comme ça.  Je m’emparai de ma fourchette et commençai à manger avec le sourire. C’était d’ailleurs le seul moment de la journée que j’appréciais. Pas de professeurs aux alentours, pas de cours, un self-service, c’était le rêve. Je faillis exploser de rire lorsque Jong Up manqua de tomber lorsqu’il arriva avec son plateau. Il le posa rapidement devant moi et tout en riant, il commença à manger.

Quant à Himchan à côté de moi, il était adossé contre sa chaise, les pieds confortablement posés sur la chaise en face de lui. Il pianotait encore sur son portable. Il adoptait littéralement l’attitude du «  j’men foutisme ». Cela ne me dérangeait pas. Mais d’habitude, il était un peu plus bavard.

Quelques minutes plus tard, je vis le châtain en face de moi manquer de s’étouffer avec sa nourriture. Je lui servis un verre d’eau et lui tendis. Il le but et juste après, il s’écria :

- Regarde ! Le petit intello, là, il a l’air d’une chose toute fragile assise seule à sa table.

Je fronçai les sourcils et haussai les épaules. Je n’en avais rien à faire de ce mec. Il me courait sur les nerfs celui-là !

- Qu’est-ce que j’en ai à faire, Jong Up ?

- On dirait un pauvre chaton… lança celui-ci m’ignorant totalement.

Puis, il fixa Himchan et dit avec un grand sourire de gamin :

- Hé, Channie, on peut l’adopter ?

A cet instant, j’avais la ferme envie de me taper la tête sur la table ou de faire n’importe quoi qui consistait à taper quelque chose. Bon, j’aurai du m’habituer à son caractère de mec « perché » mais parfois, c’était dur. Et il arrivait encore à me surprendre ce petit couillon.

- Arrête de me casser les couilles avec tes conneries. Et ne m’appelles plus Channie sinon je le refourgue à la fourrière, se mêla le noiraud sans pour autant quitter son portable des yeux.

Lui aussi, il me surprenait toujours autant. Et je me rendais seulement compte qu’à ce moment que j’avais des amis asociaux. Entre l’un qui était limite à sauter partout comme le Chaperon Rouge dans les couloirs et à chanter à tue-tête «  Libérée, délivrée~ » pendant toute la journée et l’autre qui en avait rien à foutre de la vie, qui envoyait bouler les profs, les gens et qui se promenait les yeux fixés sur son portable dans tout le lycée, et bien, j’étais le seul normal, où c’était moi ? Bon d’accords, je dormais et glandais en cours. Mais bon, ça, il ne fallait vraiment pas m’en vouloir pour ces raisons. Jong Up se mit à bouder et à secouer la tête en faisant une tête horrifiée après la menace d’Himchan.

Je poussai un long soupir et jetai un coup d’œil vers la table où se trouvait ce « chaton » en  question. Comme l’avait dit l’andouille devant moi qui s’amusait à faire sortir de la nourriture par son nez, il était effectivement assis seul et dans le calme. Pour une fois, je le voyais de face. Mais il avait tellement la tête baissée que ses mèches de couleur châtain lui cachaient les yeux. Alors finalement, ça en revenait comme le voir de dos, puisque ses cheveux étaient la seule chose que je connaissais de lui en fait. Attention, je n’étais pas en train de dire que je voulais le connaitre. Non, je le détestais, il était bon en tout, intelligent. Je soulignais juste le fait qu’il était plutôt réservé comme mec. Il mangeait seul, ne semblait pas avoir d’amis. Est-ce que c’était ça, être intelligent ? Avoir des bonnes notes ? On devait sans cesse se retrouver seul dans les couloirs, au réfectoire, pendant les pauses et sur le chemin pour rentrer chez soi ?

Sans moi. J’avais horreur de cela. Et je tenais à dire maintenant que je ne l’enviais pas du tout. Il me faisait presque pitié, ce pauvre petit chaton.

* * *

Je m’étirai les bras en baillant lorsque la sonnerie de l’avant dernier cours avait retentit. Cela annonçait donc la fin de la journée, puisque le professeur qui donnait le cours de coréen n’était pas là. Etonnant d’ailleurs. Il était pourtant tout le temps présent, mais enfin, bon, qu’est-ce que j’en avais à faire, moi, hein ? On allait pouvoir s’allonger dans l’herbe à rien faire, c’était plutôt gagnant-gagnant.

Je m’emparai de mon sac et attendis Jong Up qui se frottait les yeux pour se réveiller. Je poussai un soupir mais souris tout de même. Comme je le disais toujours, il était adorablement stupide. Et puis, on ne savait jamais, peut-être qu’il ne le faisait pas exprès ? Je n’en savais strictement rien. Après tout, je n’étais pas dans sa tête et vu les choses qu’ils faisaient et qu’ils disaient, je n’en avais aucune envie. Parfois, je me demandais même ce qui lui passait par la tête. Mais j’en déduisais juste après qu’il valait mieux que je ne le sache pas.

Automatiquement, je posais mes yeux sur la personne à qui appartenaient ses cheveux châtains et  qui sortait aussitôt de la salle silencieusement, sans se faire remarquer. Cela faisait plus d’une semaine déjà que je regardais dans sa direction pour voir ce qu’il faisait. Pas que je voulais le surveiller. Et puis, je ne savais même pas pourquoi je le fixais d’ailleurs. Il me faisait encore pitié, peut-être.

Quelques temps plus tard, je me retrouvais avec Jong Up devant le lycée. Celui-ci sautait comme un enfant et il chantonnait toujours sa chanson préférée. Avais-je vraiment besoin de rappeler comment elle se nommait ? J’en avais marre de cet air qui ne voulait jamais quitter mon esprit. Il tournait autant en boucle que Jong Up qui la chantait à tout bout de champ. Je soufflais bruyamment et continuais d’avancer en compagnie de mon ami surexcité vers la pelouse derrière le lycée. Un petit coin tranquille où on avait élu domicile. On venait toujours ici lorsque séchait les cours. Enfin, pas Himchan, lui, il rentrait aussitôt chez lui. D’ailleurs, ce n’était pas étonnant de ne pas le voir aujourd’hui.

Les habitudes menaient la vie dure.

Alors qu’on arrivait justement à notre petit coin de paradis, je me stoppai et fronçai les sourcils. Pourquoi réagissais-je comme cela ? Eh bien, voyez ma surprise lorsque j’aperçu, assis contre l’arbre, le châtain que j’avais vu sortir de la salle de cours quelques instants plus tôt. Voyant que mon idiot d’ami n’avait rien vu et qu’il se mettait à marcher inconsciemment vers lui, je l’empoignai par le bras pour le tirer en arrière. Celui-ci se mit à râler, à me demander pourquoi je faisais cela. Merde, il ne pouvait pas se taire ? Cela allait avertir notre présence au petit chaton sans défense qui se trouvait à quelques mètres ! Quel idiot, ce Jong Up !

Heureusement pour moi, je réussis à le trainer derrière le mur de l’établissement. Je pris une grande inspiration tout en me plaquant contre le mur et en mettant ma main sur la bouche de l’excité à côté de moi qui gesticulait dans tous les sens.

- La ferme, calme-toi, immédiatement ! ordonnai-je, à voix basse.

Il se calma et je retirai ma main pensant qu’il n’ouvrirait pas sa bouche. Sauf que je m’étais bien entendu trompé.

- On joue à cache-cache ? demanda-t-il, un grand sourire de gamin aux lèvres.

Je me frappai le front contre le mur en poussant un long soupir.

- Non, répondis-je.

- Dommage.

- La ferme.

Je ne fis pas attention à ce qu’il faisait, ni à sa réaction, bien trop occupé à passer ma tête pour observer l’adolescent. Je voulais savoir s’il s’était rendu compte de notre présence. Et puis, cela m’avait beaucoup intrigué de le retrouver là. Et d’ailleurs, il n’avait pas bougé, toujours assis contre l’arbre. En le regardant un peu plus longtemps, je remarquai les écouteurs qu’ils avaient dans les oreilles et je poussai un soupir de soulagement. Pas étonnant qu’il ne nous ait pas remarqués ! J’étais certain qu’il nous aurait déjà grillés depuis longtemps s’il n’écoutait pas de la musique. Je me détendis, appuyai ma hanche contre le mur et le fixais un peu plus. Cette fois-ci, je le voyais que de profil mais c’était carrément impossible de voir ses yeux, puisqu’il les avait fermés, bercé par la musique et… Il avait un visage paisible, c’était d’ailleurs la première fois que je voyais son visage.

STOP ! Jae ? Qu’est-ce que tu es en train de faire là ? T’en as rien à foutre de ce mec ! Pourquoi tu le dévisages de cette manière, hein !

Je me ressaisis aussitôt, secouant la tête dans tous les sens. Il fallait qu’on parte. Franchement, qu’est-ce qu’il me prenait de le regarder de cette manière ? C’était vrai que ce mec commençait sérieusement à m’intriguer. Il était mystérieux. Mais, jamais je n’irai le voir. Non, je préférai glander. Et puis, jusqu’à maintenant, cela ne m’avait pas dérangé qu’il se trouve seul. Alors, ce n’était pas maintenant que cela allait changer.

Je me retournai et croisai le regard de Jong Up. Il me fixait avec un grand sourire.

- J’ai tout vu.

- De quoi ?

- Tu le dévisageais.

- N’importe quoi ! m’écriai-je.

J’étais de plus en plus surpris de le voir aussi sérieux. Nom de dieu, mais c’était qu’il était perspicace le Moon Jong Up ! Comment avais-je pu croire une seule seconde qu’il était totalement stupide et à côté de la plaque ?! Surement remarquait-il seulement ce que les autres peinaient à voir ?

Ne pense pas à cela, Jae ! Tu sais très bien toi-même que ce mec, tu veux jamais lui parler, t’en as rien à faire de lui. Et c’était tout.

Je tentai de m’en aller mais mon ami s’empara de mon bras et me regarda droit dans les yeux.

- Jung Daehyun.

- Quoi ? Pourquoi tu dis cela ? demandai-je perdu.

Il reprit aussitôt :

- Le petit chaton. C’est comme ça qu’il s’appelle.

Je ne savais même plus quoi dire. J’avais comme l’impression que mon cerveau se mettait déjà à enregistrer ce nom. Mais il ne fallait surtout pas que cela se passe ! Je n’en avais rien à faire de ce mec, pas vrai ? Alors, je fronçai les sourcils.

- Et alors ? Je le déteste. Je ne vois pas pourquoi connaitre son nom serait important.

Je libérai la poigne qu’il avait sur mon bras et partit rapidement, le laissant derrière moi. J’étais pourtant certain qu’il allait me suivre mais au lieu de cela, la voix de Jong Up retentit.

- Tu peux essayer de me mentir, Young Jae ! Mais tu ne réussiras pas à te mentir à toi-même ! Retiens bien ça !

Sa phrase commençait déjà à s’imprégner dans mon esprit alors que je traversais le passage piéton pour arriver à l’autre rue en face. J’avais comme l’impression qu’il était à côté de moi à répéter encore et encore la même chose. Mais en fait, c’était seulement mon cerveau qui la tournait en boucle. A ce moment, je donnerai n’importe quoi pour ravoir cette stupide chanson de la Reine des Neiges en tête, juste pour oublier cette phrase à deux wons !

Lorsque je franchis le seuil de la maison, je ne pris même pas la peine de saluer ma mère qui se trouvait dans la cuisine. Je grimpai rapidement les escaliers qui menaient au couloir. Et arrivé dans ma chambre, je me laissai tomber brusquement sur mon lit. Sur le dos, je fixais le plafond et me mordis la lèvre. Lui mentir ? Me mentir à moi-même ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Je savais très bien que je disais la vérité. Ce mec que je ne connaissais pas, à qui je n’avais jamais parlé ne m’intéressait guère. Il m’énervait avec sa tête d’intello, sa manie de voir le professeur de coréen après les cours, de rester seul alors qu’il pourrait se lier d’affection avec d’autres élèves. Pourquoi s’entêtait-il à s’isoler ? A se faire tout petit ?

Qu’est-ce que j’étais en train de penser là ? Est-ce que j’étais en train de m’inquiéter pour lui ? Surement pas ! J’en avais simplement marre de le voir seul à une table à manger, seul avec ses écouteurs dans ses oreilles. Est-ce que juste une fois, sa voix avait raisonné en cours ? Non. Avait-il une fois rit ? Non. Est-ce qu’une fois, rien qu’une fois, un vrai sourire, un beau sourire s’était installé sur ses lèvres ?

Je n’en avais aucune idée. Son sourire lorsqu’il était à moitié ailleurs, les yeux fermés sous cet arbre à plonger dans son monde grâce à la musique semblait être pour moi le seul où il était lui-même et heureux. Mais qu’est-ce qui me prenait tout d’un coup ? Je ne le connaissais pas. Je ne savais rien de lui. Et il valait mieux ne rien savoir. Ce mec devait rester inconnu. J’étais censé ne pas le voir tout le temps, le laisser seul, et vivre ma vie. Comme avant. Il doit rester l’inconnu, l’intello qui parle avec le professeur de coréen, qui mange seul à une table, qui sort des cours seul, qui rentre chez lui seul, qui rêvasse seul et qui est seul, tout le temps.

Mais au fur et à mesure que je me répétais ces phrases dans mon esprit, je me rendais compte que cela n’avait plus de sens. Il ne pouvait plus être un inconnu puisque son nom raisonnait dans mes oreilles.

Je m’emparai de mon oreiller, poussai un râlement et le plaquai sur mes oreilles en me tortillant sur le lit. Sauf qu’il n’y avait rien à faire. Rien n’arrivait à empêcher ce nom de s’incruster totalement dans mon esprit.

Jung Daehyun.

* * *

Avachi sur ma table pendant le cours de coréen, je ne dormais même pas. Et je ne fixais pas le professeur non plus. Et puis quoi encore ? Je n’étais pas du genre à écouter en cours, et même si depuis quelques jours, je semblais être différent, ce n’était pourtant pas une raison valable de faire changer le fait que j’étais un cancre. Non. D’une certaine manière, je rêvassais.

Le menton posé sur mes bras, mes yeux fixaient depuis le début de l’heure déjà, les cheveux châtains qui se trouvaient au premier rang, c’est-à-dire à quatre rangs devant moi. Oui, c’était devenu une manie maintenant pour moi ne pas quitter des yeux l’objet de ma curiosité. Ce ne pouvait qu’être cela de toute manière. Depuis que je connaissais son nom, c’est-à-dire plusieurs jours maintenant, je l’observais tout le temps, à croire que j’avais développé une espèce d’obsession maladive pour lui.

Quoi ? Qu’est-ce que j’étais en train de dire ? Moi ? Obsédé ? Par… Par… Par… Jung Daehyun ?! Non, non, non ! J’étais simplement intriguée, curieux ! Cela ne pouvait qu’être cela, pas vrai ? Rien d’autre ne pouvait coller à ce que j’étais en train de vivre. Et puis, je voulais juste savoir ce qu’il trafiquait avec le professeur de coréen à chaque fin de cours. Et ça me gonflait de voir que je ne savais toujours rien depuis plusieurs jours ! Cela ne menait à rien, rien n’avançait, même pas du tout ! Et il était hors de question que j’aille le lui demander.

Je ne voulais pas lui adresser la parole. Je ne devais pas le faire. C’était comme ça.

Je sursautai lorsque la sonnerie se mit à retentir. Tous les élèves se mirent à se lever aussitôt, à s’emparer de leur sac, mais moi, je restai immobile, les yeux fixés sur Daehyun qui sortait quelque chose de son sac. Qu’est-ce que c’était ? Un livre ? Non. Je n’arrivais pas à voir. Une pochette ? Non.

Et c’était à ce moment-là que Jong Up se planta juste devant ma table et qu’il passa une main devant mes yeux. Je râlais bruyamment, ignorant le fait qu’il m’ait adressé la parole. Il m’emmerdait ces jours-ci. Il s’était gravé dans la tête que mon état était dû à ce qu’il m’avait dit. Il allait même jusqu’à dire qu’il savait tout, qu’il voyait tout, qu’il me gardait à l’œil et qu’il était trop fier de lui. Enfin, bref.

- Dégage de mon champ de vision, Jong Up, ordonnai-je à voix basse.

Celui-ci n’eut pas le temps de répondre, puisque le professeur se mit à crier d’une voix forte :

- Dehors vous deux ! Je n’ai pas envie d’avoir des glandeurs dans ma salle à la fin des cours ! Appart si vous voulez bosser ?

Je grimaçai en même temps que mon ami mais celui-ci se mit à bayer. Je m’emparai de mon sac et m’avançai devant le professeur qui me regardait d’un mauvais œil.

- Non, monsieur. On allait s’en aller.

- Dehors, M. Yoo. Fermez votre bouche, je ne veux pas entendre votre voix.

Je ne répondis rien, parce que je craignais qu’il me mette en colle si j’ouvrais la bouche. Jong Up était assez con pour lui faire un signe de la main. Mais heureusement, le professeur se contenta juste de lui demander de sortir. Une fois hors de la salle, je me stoppai et mon ami me fixait en levant un sourcil.

- Qu’est-ce que tu attends ? Tu ne sors pas ?

- C’est bon, j’ai quelque chose à faire. Sors, toi. On peut toujours se voir après chez moi, si tu veux.

Jong Up hocha la tête, sceptique. Puis il un grand sourire s’installa sur ses lèvres. Et il me fit un clin d’œil. Je le regardais en roulant des yeux puis poussai un soupir. Il partit en me faisant un signe de la main. Aussitôt, automatiquement, je jetai un coup d’œil à la vitre qui donnait sur la salle de coréen et je fronçais les sourcils. Aucune trace de Daehyun. Il n’était pas à l’intérieur en train de parler comme habituellement avec le professeur. Mais où était-il alors ? Il y était pourtant tout à l’heure, je n’avais pas rêvé. Est-ce que j’étais en train de devenir complètement fou ?

Oui, c’était cela. Cette histoire était en train de me rendre dingue. Tout me rendait dingue. Le fait de le chercher des yeux inconsciemment, de réfléchir à une tactique pour trouver ce qu’il cachait précieusement dans son sac. Qu’avait-il sorti de son sac tout à l’heure ? C’était quelque chose de plat, qui pouvait contenir des feuilles. Mais je n’avais pas pu voir ce que c’était puisque Jong Up s’était planté comme un poteau devant moi. Et puis, il était chiant, lui aussi, là.

Merde alors… Mais où était Daehyun ? Il ne pouvait pas avoir filé aussi rapidement sans que je n’aie pu le voir ! C’était impensable ! Je ne le quittais jamais des yeux ! Etait-il tellement désireux à se cacher, à se faire invisible, qu’il avait trouvé le moyen que je ne puisse pas le voir moi aussi ? Mais c’était trop tard, s’il avait voulu que personne ne fasse attention à lui, il aurait dû faire cela avant. Alors, je n’aurai pas développé une espèce de curiosité à son égard. Et je n’aurai jamais su qu’il existait. Or, en ce moment, il existait tellement que je le voyais partout. J’étais devenu fou, complètement fou.

Je poussais un long soupir et me passai la main dans mes cheveux bruns. Bon, il ne me restait plus qu’à rentrer chez moi. Je marchai donc vers la droite tout en jetant un dernier regard vers la salle de coréen, espérant qu’il y soit quand même, que j’eus tout simplement mal vu. Rien à faire, il n’était pas à l’intérieur. Je soupirai de nouveau et continuai de marcher sans regarder où j’allais.

Soudain, je me cognais avec force à un torse et tellement rapidement que je tombais en avant. Et sans faire attention, j’entrainai la personne que je venais de percuter dans ma chute. J’avais fermé les yeux car mon réflexe était toujours de faire cela quand je tombais, ce qui m’avait valu d’innombrables blessures étant jeune. Enfin, bref.

- Je suis désolé ! Pardon, je ne regardais pas où j’allais ! m’excusai-je aussitôt.

Attends… Jae, serais-tu en train de t’excuser là ? Mais ce n’est pas dans tes habitudes ! Quand tu fonces dans quelqu’un, tu déguerpis aussitôt, parce que tu n’as pas le temps de dire « pardon ». Je devais être complètement fou.

- Oh… Ce n’est pas grave. Ne t’excuse pas. Je ne regardais pas non plus où j’allais à vrai dire.

Tant mieux alors ! J’ouvris les yeux et les écarquillai. Voyez ma surprise lorsque je tombais nez à nez avec le visage de celui que je cherchais depuis tout à l’heure. Je n’avais jamais vu son visage d’aussi près. Rectification, je n’avais jamais vu entièrement son visage. Et il était plutôt mignon, je devais dire.

S-T-O-P ! Jae ! Qu’est-ce que tu es en train de penser là ? Tu ne le trouves pas mignon, non, non, non, non, non !

Ses yeux marron me fixèrent et quelques instants plus tard, il détourna les yeux, gêné. Timide, comme je l’avais deviné. Mais pourquoi rougissait-il ainsi ? Pourquoi se mordait-il la lèvre ? Oh mon dieu, ses lèvres, putain, ses lèvres ! C’était impossible d’en avoir comme cela. Quoi ? Mais qu’est-ce que je racontais moi ?!

Et c’était seulement à cet instant précis que je me rendais compte dans quelle position nous étions. Les bras tendus et les mains contre le carrelage du couloir de chaque côté de sa tête, mon corps était juste suspendu grâce à cet appui. Tout mon corps ? Non. Je sentais bien mon genou qui s’appuyait sur quelque chose en particulier. Et lorsqu’il laissa échapper un petit bruit, j’écarquillai les yeux et compris immédiatement ce que c’était cette chose. Son visage rougit un peu plus et il eut la réaction de cacher aussitôt sa bouche avec ses mains.

Sans attendre une seule seconde, sentant que quelque chose commençait à clocher, que mes joues se mettaient aussi à rougir, je me relevai rapidement. Je restais un bref moment immobile avant de le fixer, lui qui se trouvait toujours par terre, son visage complètement recouvert par ses mains. Pourquoi cette vision me faisait sourire ? Pourquoi cela m’amusait ? Cela n’avait rien d’amusant ! C’était… c’était… un malentendu ! Une chute qui aurait dû ne jamais se produire, jamais !

Daehyun écarta un petit peu ses mains et me fixa, mais l’instant d’après, il recacha ses yeux en se mordant la lèvre. Putain, non, ne fais pas ça. Quoi ?! Ne pas faire quoi ? Est-ce que j’étais malade ? Peut-être devrais-je me reposer un petit peu, non ?

Comme il ne semblait pas décider à se lever, je m’emparai d’une de ses mains qui se trouvaient toujours sur ses yeux. Je la serrai assez fort pour l’aider à se relever. Il se laissa faire et lorsqu’il fut debout, il détourna le regard et prononça tel un murmure :

- Merci…

- Je n’allais tout de même pas te laisser par terre ! A moins que tu voulais y rester ?

Il secoua négativement la tête.

- Non, non, bien sûr que non…

Un silence assez gênant s’installa, pendant lequel Daehyun jouait avec l’ourlet de sa veste et qu’il baissait la tête. Quant à moi, je restais là, devant lui, comme un con. Il était tout près, juste en face de moi et pourtant je n’avais pas le courage de dire quoi que ce soit. En fait, je ne savais pas quoi dire. Je l’avais longtemps observé de loin, sans avoir désiré lui parler, préférant le surveiller plutôt que trainer avec lui. Et là, soudainement, il se trouvait devant moi, immobile et silencieux. Et j’avais pour la première fois entendu sa voix et on pouvait dire cette première fois où l’on s’adressait la parole était disons… très, très gênante. Je n’avais rien trouvé de mieux que lui tomber dessus et d’appuyer sur… sur… sur…

Je poussai un soupir assez bruyant ce qui fit lever la tête du châtain devant moi. Ses yeux marron se plantèrent dans les miens et aussitôt il se mit à rougir.

- Je… Je dois rentrer chez moi, prononça-t-il après avoir rebaissé la tête.

Je le fixai et fronçai les sourcils lorsque je ressentis une certaine déception. Pourquoi étais-je déçu ? Après tout, c’était normal, il n’allait tout de même pas rester planter là, il avait une vie aussi.

Et le temps que je réfléchisse, il avait déjà disparu du couloir. Je regardais partout autour de moi, agacé qu’il ait prit la poudre d’escampette de cette manière. Je commençais à ne pas apprécier qu’il disparaisse de cette manière. Ou alors, je n’aimais tout simplement pas qu’il parte.

Qu’est-ce que… ? Non, c’était impossible.

Epuisé, je sortis du lycée et rentrais chez moi, claqué, et l’esprit ailleurs.

* * *

Le lendemain matin, j’étais encore plus ailleurs que la veille. Je m’étais réveillé, j’avais enfilé mon uniforme, comportant une chemise que j’avais boutonné, plus déboutonné vers le col, jugeant que ce n’était pas à mon goût. Après avoir opté pour la deuxième, je m’étais lancé à toutes jambes dans la salle de bains pour arranger mes cheveux, rageant sur les mèches qui ne voulaient pas aller dans le sens que je voulais. Et je n’avais pas conscience de ce que j’étais en train de faire à ce moment-là.

Jusqu’à ce que ma mère me sorte cette phrase :

- Tu te fais beau pour une copine ? Comment elle s’appelle ?

Et voilà, maintenant, je me retrouvais comme un con, devant le miroir, dévisageant ma mère la bouche grande ouverte. Je me sentais perdu, ce n’était pas normal. C’est vrai, pourquoi je prenais soin de moi tout d’un coup ? Pour plaire à quelqu’un, mais qui ? Je chassais cette pensée de mon esprit et passai ma main dans mes cheveux, juste pour défaire tout le travail que j’avais fourni depuis tout à l’heure. Il valait mieux rester naturel, sinon, tout le monde croira que j’essaye de me rendre désirable. Alors que j’en ai franchement rien à foutre des relations, des couples, des petites copines…

Surtout des petites copines. Ou plutôt le fait que ce soit des filles.

Bin ouais, vous avez cru quoi ? Que j’étais hétéro ? Non, mais tu m’as vu, hein ? Est-ce que tu m’as déjà vu parler à une fille, et la dévisager, la draguer ? Non, d’ailleurs, j’ai jamais dragué de mecs, je sais juste que je suis attiré par les hommes. C’est tout.

Mais mon cerveau me criait bien entendu qu’il n’était pas d’accords. Pas sur le fait d’être gay, ça, il le savait mieux que moi. Par contre, il me hurlait que si, j’avais déjà dragué un mec. Mais indirectement.

Et puis, merde ! C’était un accident ! Je lui étais tombé dessus, d’accords, mais ce n’est pas pour une raison que ça y est, j’avais dragué quelqu’un. Bon, d’accords, j’avoue, je l’ai fixé. Bin oui, je suis attiré par les hommes, c’est naturel de l’observer. Oui, je le trouve vraiment très mignon et son côté réservé et timide m’attendrit. Et ses lèvres, purée, ses lèvres.

Vous vous demandez comment mon esprit a pu changer brusquement d’avis ce matin, je parie ? L’explication était très simple. J’avais passé ma nuit a regardé le plafond, sans but, et en plus, il devenait extrêmement attirant par moment. Enfin, bref. Et tout ce que j’ai réussi à faire, c’est de permettre à mon cerveau de répéter sans cesse ce premier moment où on s’était adressé la parole. Attention, je ne suis pas un sentimentaliste. C’est juste, c’était assez… intense comme rencontre, si vous voyez ce que je veux dire… ?

Passons, et me voilà donc ce matin, à hésiter à me faire beau juste parce que je manque cruellement de sommeil car un châtain extrêmement mignon s’est incrusté dans ma tête.

Quelques minutes plus tard, je sortis de chez moi pour me rendre au lycée, avec bien sûr un sac avec presque rien dedans. Bah oui, je n’allais tout de même pas changer mes habitudes, juste à cause de ce qui se passait dans ma tête. Et puis merde, j’étais agacé. Vraiment très agacé.

Arrivé devant l’établissement, je trainais les pieds, évitant les gens autour qui riaient aux éclats. Eux, au moins, ils avaient bien dormi. Bande de petits merdeux doublés de rires stridents. Et s’ils pouvaient fermer leur bouche, ça serait encore mieux… Une main frappa fort dans mon dos et je me retournais en grommelant lorsque je me rendis compte que c’était bien entendu Jong Up. Son grand sourire de gamin m’énervait plus qu’à l’accoutumée.

- Pourquoi tu tires une tronche ? demanda-t-il.

Je ne répondis pas. Mes yeux étaient rivés sur une personne en particulier qui avançait vers le lycée. Et bien entendu, c’était Daehyun. Ses cheveux châtains étaient ébouriffés et son uniforme toujours impeccablement boutonnée. Il marchait à une vitesse normale, les écouteurs dans les oreilles à fixer droit devant lui en gardant son sac sur son épaule. Il n’avait salué personne, personne ne l’avait regardé. Personne appart moi. Et le voir en pleine forme, apparemment bien réveillé, enfin comme d’habitude quoi, ça m’énervait.

Lui, il passait une nuit à dormir comme un bébé, et moi, j’avais le droit à une nuit blanche ?! Il va m’entendre celui-là.

J’ignorai encore Jong Up qui me parlait et fonçai littéralement vers lui. Daehyun ne prêtait pas la moindre attention à la boule de nerf ambulante que j’étais. Et lorsque je me trouvais juste à côté de lui, je ne mis pas longtemps, je lui empoignais le bras pour attirer son attention et le faire arrêter de marcher. Il se stoppa, pivota la tête vers moi et me fixa. Tout d’abords, ses yeux marron s’ouvrir comme des soucoupes et il resta immobile, sans savoir quoi dire. Comme il écoutait encore ses écouteurs, je ne tentai même pas de parler. Je me mis à marcher vers derrière le lycée en le tirant par le bras. Je l’entendais bafouiller quelque chose que je n’avais pas compris et en plus, je doutais que mon cerveau soit en mesure de comprendre.

Lorsqu’on arrivait derrière le bâtiment, je lui lâchais le bras assez brusquement, qu’il sursauta, le dos contre le mur. Je me trouvais devant lui et le fixais droit dans les yeux. Il n’osait même pas ouvrir la bouche. Puis, comme il voulait savoir si j’allais dire quelque chose ou non, il retira ses écouteurs. Et il eut raison, parce que j’en avais des trucs à dire.

- Tu as bien dormi ? demandai-je aussitôt sans réfléchir.

Daehyun me dévisageait comme si j’étais fou. Il ne semblait pas comprendre pourquoi je demandais cela. Et d’ailleurs moi non plus, je ne savais pas pourquoi. J’étais épuisé. Vraiment épuisé.

- Alors ? insistai-je.

- Mais… Pourquoi tu me demandes ça ?

Le ton timide et incertain qu’il avait employé me mis sur les nerfs. J’avais l’impression d’être trahi à cause de quelque chose. Mais quoi ? Je n’en savais rien, je commençais à avoir mal à la tête.

- Et pourquoi pas ? Pourquoi je ne te demanderai pas si tu as bien dormi ou non ? Ou si tu vas bien aujourd’hui ? m’énervai-je.

Le châtain fronça les sourcils et on dirait qu’il s’appuyait contre le mur pour tenir le coup. J’y étais peut-être allé un peu fort, et puis qu’est-ce qui me prenait tout d’un coup ?! J’agissais comme une personne qui… qui… revendiquait quelqu’un. Une personne jalouse et agacée. Ma tête, j’ai mal à ma tête.

- Mais… On ne sait jamais parlé, bredouilla-t-il. Appart depuis hier.

- Justement. Parlons d’hier. Tu sais qu’à cause de toi, je n’ai pas dormi de la nuit. Et toi, tu sembles de bonne humeur. C’est dingue, vraiment.

- Ce n’est pas ma faute si tu n’as pas dormi.

- Mouais, tu t’incrustes dans ma tête la nuit, mais ce n’est pas de ta faute, ricanai-je

- Mais j’y suis pour rien moi ! J’y suis vraiment pour rien !

- Pourquoi ?

J’écarquillais les yeux lorsque je le vis froncer un peu plus les sourcils et prendre une expression ferme et même quelque peu blessée. Toute la timidité qui le caractérisait s’était volatilisée. Totalement. J’avais en face de moi, un Daehyun qui s’apprêtait lui aussi à se mettre en colère. Je lisais cela dans ses yeux.

- Et tu me demandes «  Pourquoi » ? Tu veux que je te dise pourquoi ? Très bien. Ecoute-moi bien alors, lança-t-il aussitôt.

Je le fixais, incrédule de l’entendre parler avec ton si ferme. Mais après tout, je ne connais rien de lui. Je le vis faire un pas vers moi et me fixer les sourcils froncés, et les yeux qui me transmettaient sa race et peut-être… autre chose. Je n’arrivais pas à percevoir ce que c’était.

- On ne sait jamais adresser la parole. Jamais. On ne se connait pas. Et visiblement, aucun de nous deux veut connaitre l’autre. Et pourtant, il a fallu que je te tombe dessus pour avoir envie de savoir qui tu es. Mais maintenant, tu agis comme un con, un mec qui revendique ce qui lui revient de droit ! Et tu n’en as pas le droit, puisque tu ne m’as parlé qu’une seule fois. Une seule fois. Ne viens pas me demander si ça va ou non, ne viens pas me crier dessus, juste parce que tu es désagréable. Et ne viens pas me dire que j’y suis pour quelque chose si je m’incruste dans ta tête. Je n’ai rien fait pour qu’on pense à moi, je n’ai rien fait car voilà la réaction la plus attendue. Je n’ai même plus envie de te connaître. Tu… tu es différent de ce que j’avais pensé de toi. Très différent. Et j’en suis déçu, vraiment déçu. Alors, je m’en vais.

Je restais immobile, les yeux grands ouverts tandis que je le voyais me balancer toutes ces choses à voix haute. Et pourtant, il avait raison. C’était ce que je me disais tous les jours maintenant. Mais pourquoi réagissais-je de cette manière ? Pourquoi m’énervais-je sur lui ? Je n’en savais vraiment rien. J’étais épuisé voilà tout.

Alors qu’il s’apprêtait à partir, il lança, la tête baissée :

- Et puis… Je n’ai pas dormi non plus.

Et, c’est sur cette phrase dite comme un murmure qu’il s’éloigna rapidement. Je restais fixé  au sol pendant de longues secondes pendant lesquelles cette phrase passait en boucle dans ma tête. Tout ce qu’il avait dit passait en boucle dans ma tête. Et je prenais conscience que cette discussion, ou plutôt ce règlement de compte me faisait mal. C’était atroce, tous ces mots qu’il avait prononcé me causaient une douleur dans la poitrine. Il avait voulu me connaitre et maintenant il était partit. Il s’éloignait et plus jamais je n’aurai la chance de…

Attends, Jae. Tu sais que tu as des jambes ? Tu sais que ton cœur s’affole juste à cette idée ?

Je n’attendis pas une seule seconde, je me lançais aussitôt à sa poursuite. Je le cherchais des yeux, le cœur battant à tout rompre et fur et à mesure que je courais, je l’appelais sans cesse. Et c’était quelques temps plus tard que je le trouvais en train de se diriger sous cet arbre où je l’avais observé écouter de la musique la première fois. Il me tournait le dos et marchait lentement. Alors immédiatement lorsque je fus derrière lui, je le saisis par le bras et le retournai. Il se débattait en me demandant de partir, parce qu’il savait très bien que c’était moi. Mon cœur me faisait mal, j’avais mal. Désespéré, je ne voyais qu’une seule chose à faire.

Puisqu’il me tournait le dos, je passai mes bras autour de sa taille et collai mon torse contre son dos. Je le sentais se figer, comme s’il se demandait ce qu’il se passait. Et moi aussi, j’étais en train d’essayer de savoir pourquoi j’avais fait cela. Mais cette étreinte me faisait beaucoup de bien. J’appuyai ma tête contre son dos et le serrai un peu plus.

- Pourquoi tu… ? demanda Daehyun en bafouillant.

- Parce que.

- … Ce n’est pas très clair, tu sais.

- Je veux te connaitre moi aussi.

Il eut un silence. J’attendis sa réponse, mais j’avais dû le surprendre de trop en à peine quelques minutes.

- Tu… Tu dis ça parce que tu te sens coupable par apport à ce que je t’ai dit, dit-il d’une voix basse.

- Oui, je me sens coupable. Mais je le pensais bien avant. Il a juste fallu que je m’en rende compte, annonçai-je doucement.

Nouveau silence pendant lequel je réussis à saisir ses mains que je serrai avec force. Daehyun ne broncha pas puis, il se racla la gorge.

- Et… Il… Il y a autre chose que tu as eu du mal à te rendre compte ? questionna-t-il en bafouillant.

- Pour être honnête, j’ai encore du mal à réaliser.

- Hum… Et… C’est quoi ?

Je pris une grande inspiration. Je saisis encore ses mains et plaquai les mienne doucement sur sa poitrine. Il tressaillit légèrement et resta silencieux.

- Le cœur. Tu entends ton cœur qui s’accélère, Daehyun ?

Il sursauta de nouveau, surement surpris de m’entendre prononcer son prénom. J’esquissai un sourire lorsque ses mains serrèrent doucement les miennes qu’il garda sur son torse.

- Oui. Le tien fait la même chose. Je le sens contre mon dos, murmura-t-il.

Je me mordis la lèvre, prenant conscience qu’il avait raison. Il tambourinait contre ma poitrine depuis un moment déjà. Et je me rendais compte qu’il le faisait tout le temps, depuis ces dernières semaines. Et j’avais cru que c’était autre chose, un stress éventuel. Comme si je stressais moi, je ne fais même pas mes devoirs, j’en avais rien à foutre du stress. Et non, c’était quelque chose de plus fort, Quelque chose que je n’arrivais pas encore à réaliser.

- Daehyun, appelai-je de nouveau.

Celui-ci répondit par un « oui » timide.

- Je t’aime bien, lâchai-je sans réfléchir.

Ses doigts serrèrent de nouveau les miens et je l’entendis murmurer aussitôt :

- Moi, c’est pire que cela, je t’aime depuis longtemps, Young Jae.

Je me figeai, autant par le fait qu’il connaissait mon prénom, qu’il m’ait avoué qu’il m’aimait depuis longtemps déjà. Tout d’abords, comment connaissait-il mon nom ? Est-ce que quelqu’un lui avait dit ? Enfin bref, ce n’était pas si grave.

Par contre, je me rendais compte qu’il m’aimait depuis le début. Est-ce que cela voulait dire que pendant tout ce temps où je ne le voyais pas vraiment, lui, Daehyun, n’avait de yeux que pour moi. Depuis le début ? Et il avait été transparent pour moi, mais soudain, c’était comme si que les projecteurs s’étaient soudainement tournés vers lui pour l’illuminer. Ouais, maintenant, Jung Daehyun était le centre de mon attention.

Et je suis persuadé qu’il le restera toujours.

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Alors~~ ? Vous l'avez aimé ou non (Non. Signé: Bulbizarre)? Parce que moi, je le trouve étrange, enfin bref, n'hésitez pas à commenter hein~ ? On se quitte sur ce hashtag d'ailleurs je dois vous faire vraiment chier avec ce hashtag xD #HappyDaehyunDay !!!
*attention apparition de Gaelo~ *
Genre, j'ai même le droit à une première partie tellement je suis swag ! xD
Bon ! Maintenant je vais la lire cette histoire !!!!!
Tchuss !
Signé: Avril Lavigne
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