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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1965 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Twilight

Carlisle's fascination Auteur: Hanaelle Vue: 12445
[Publiée le: 2009-01-15]    [Mise à Jour: 2011-04-17]
G  Signaler Romance/Action-Aventure Commentaires : 43
Description:
"Fascination" du point de vue de Carlisle.
Attention, je suis les grandes lignes de Midnight Sun (et Fascination pour la suite)
Le mieux est d'avoir lu les quatre tomes et Midnight Sun afin de minimiser les spoilers car j'utilise toutes mes connaissances du monde de Stephenie Meyer.
IL Y A DES CITATIONS DE MIDNIGHT SUN VUES PAR CARLISLE ATENTION !
Crédits:
Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Les collègues de Carlisle sont de mon invention, ainsi que les patients.
!LA FANFICTION EST D'HANAELLE. MERCI DE NE PAS PLAGIER!
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Tourmente

[3280 mots]
Publié le: 2009-05-05Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

12.

 

Je restais assis à même le sol quelques minutes. Le temps pour moi de repenser à toutes les horreurs qui m’étaient venues en salle de chirurgie. Je ramenais mes genoux sur mon torse et cachais mon visage. J’avais vraiment été proche de faire un carnage. Voilà bien longtemps que je n’avais pas envisagé si férocement de tuer des humains. Comment avais-je pu être aussi confiant ? Pourquoi n’avais je pas eu le courage de partir en pleine opération ? J’étais si certain de ma maîtrise que je m’imaginais sans danger pendant l’opération. Et pire, je pensais être le seul capable de faire correctement cette transplantation. Imbécile. J’avais failli tout gâcher et j’avais mis la vie de ces gens en danger !  

Je sursautais en entendant quelqu’un toquer à la porte. Je me relevais d’un bond et me fabriquais une expression impassible avant d’ouvrir. Esmée se tenait là, le visage grave. Elle me poussa gentiment pour entrer dans la pièce, et planta ses prunelles dans les miennes, terriblement inquiète. Je fermais la porte sans un mot. Je savais bien ce qu’elle pensait…

 

-                     Qu’est ce qui ne va pas Carlisle ?

-                     Et moi qui pensais avoir bien caché mon jeu…

-                     Edward sait bien que quand tu récites l’encyclopédie médicale, tu lui caches quelque chose. Et pour moi tu es un livre ouvert… Je… Je ne t’avais jamais vu avec cette expression. Ça n’a duré qu’un instant mais…

 

Elle s’approcha de moi et mit sa main sur mon torse en gardant fixement son regard dans le mien. Je me collais à la porte, comme acculé. Une partie de moi ne voulait pas de sa pitié, mais une autre ne demandait qu’à être rassuré… Oui, j’avais besoin d’en parler à quelqu’un.. Et qui était mieux placée que celle qui partageait ma vie depuis cent ans ?

 

-                     Que se passe t-il mon amour ? Tu avais l’air si… Las.

-                     J’ai… Opéré la petite. Tu sais, la transplantation cardiaque…

-                     Oui… Oh ! Carlisle ça a été ?

-                     Pas vraiment... Ce n’était pas prévu. Je n’avais pas été chasser et…

-                     Tu as craqué ? Carlisle, c’est.. Enfin, ce n’est pas si grave, nous…

-                     Non, j’ai tenu.

 

Elle éclata soudain de rire sans que j’en comprenne la raison. Elle me prit dans ses bras et me serra fort. Dieu, ce que ce rire faisait du bien ! Je fermais les yeux en posant ma tête au creux de son cou, pour me laisser bercer par cette douce mélodie.

Ne comprenait-elle pas que j’avais été à deux doigts de tuer une dizaine de personnes ?

 

-                     Tu es incroyable !

-                     Pourquoi ça ?

-                     Tu réussis une transplantation cardiaque et tu n’es pas content ?

-                     Qu’est ce qui te fait dire que j’y suis parvenu ?

 

Elle mit fin à notre étreinte pour me caresser le visage et à nouveau, je fermais les yeux, savourant la douceur de sa main sur ma peau et l’odeur de jasmin qui emplissait mes narines.... Son pouvoir sur moi commençait à agir car je me détendais réellement.

 

-                     Carlisle, si tu ne l’avais pas sauvé… Tu y aurais passé la nuit pour sauver une dizaine de vies avant de te sentir satisfait… Et si tu avais tué, tu ne serais pas rentré du tout. Je me trompe ?

 

Pourquoi fallait-il qu’elle me connaisse aussi bien ? Je n’imaginais même pas l’état dans lequel je serais si j’avais craqué. Si j’avais laissé à ce monstre caché en moi,  tout le loisir de mettre fin à la vie de toutes ses personnes… Il était plus que probable que je ne puisse plus jamais regarder un membre de ma famille dans les yeux, en effet.

 

-                     Alors dis moi ce qui ne s’est pas bien passé pour que tu sois dans cet état ?

-                     C’était si dur Esmée. Au début, c’était surtout la vision du cœur qui me donnait envie. Néanmoins comme elle n’avait aucune odeur pour moi, c’était gérable. Mais le nouveau cœur… Quel fumet ! J’ai cru que j’allais tous les tuer pour goûter à cette saveur. J’ai combattu si fort !

-                     Et tu y es arrivé !

-                     Mais c’était limite… Vraiment limite.

-                     Combien de temps a duré l’opération ?

-                     Je suis resté sept heures. Les autres se sont relayés mais je savais que si je sortais, je ne pourrais plus entrer à nouveau dans la pièce, sans ressentir l’envie de plein fouet alors…

-                     Tu as bien conscience que nous six réunis, nous ne tiendrions même pas une heure face à un cœur offert ?

-                     Je ne sais pas.

-                     Sois sérieux Carlisle ! Tu le sais très bien ! Arrête de te flageller pour des choses qui ne se sont passés que dans ta tête ! Tu as réussi et c’est ça le plus important n’est ce pas ? Elle va bien ?

-                     J’espère. Je suis parti avant qu’ils ne la recousent.

-                     Et tu auras des nouvelles demain… Ecoute,  je crois surtout que tu as besoin de repos. Tu es si tendu.

 

Pourquoi tout le monde pensait que j’avais besoin de détente ? J’étais un vampire ! Et l’un des avantages était que nous ne connaissions plus le repos. (Tout bien réfléchit, ce pouvait tout aussi bien être un désavantage)

Cependant, Esmée ne me laissa pas le choix et me mena avec douceur vers mon bureau pour m’installer dans le fauteuil. Puis elle commença à me masser les épaules.

 

-                     Tu n’imagines pas dans quel état j’étais.

-                     Tu as chassé j’espère ?

-                     Une quinzaine de cervidés je crois.

-                     Ah oui ? En effet…

-                     Je ne me souviens plus vraiment. Je… J’ai laissé mon instinct agir et je tremble à l’idée de ce qui se serait passé si des humains étaient passés par là.

 

Je frissonnais réellement en pensant au niveau de dangerosité que j’avais atteint à ce moment là. Il y avait très longtemps que je ne m’étais pas relâché à ce point là… Dieu soit loué qu’il n’y ait eu aucun promeneur !

Esmée fit tourner le fauteuil et je me retrouvais face à elle. Elle me força à la regarder.

 

-                     Avec des « si » on refait le monde, Carlisle. Pourquoi trouves-tu des raisons de culpabiliser alors que tu n’as rien fait ?

-                     Je te donne du souci à m’inquiéter sans cesse n’est ce pas ?

-                     Disons que tu es têtu et que je n’arrive pas à te faire entrer dans la tête que tu es un homme bon. Mais j’y parviendrais.  J’ai l’éternité pour ça. Et grâce à toi.

 

Elle m’embrassa et je répondis à son baiser avec passion.  Comment faisait-elle pour toujours me remonter le moral en un temps record ?

Nous restâmes enlacés plusieurs minutes avant qu’elle ne s’assoie sur mes genoux et pose sa tête sur mon épaule. Puis, sentant que je m’étais complètement détendu, elle reprit timidement la parole.

 

-                     Alors, que compte tu faire avec Bella ?

 

Je pris quelques secondes pour réfléchir. Après tout, je ne pouvais pas vraiment interdire à Edward de voir cette fille, même si je trouvais cela terriblement dangereux. J’allais devoir penser à une solution de repli si nous devions partir d’ici rapidement… Et puis il y avait plus grave…

 

-                     Je pense que je vais attendre, d’autant que ce n’est pas Edward qui m’inquiète le plus.

-                     Ah ? Et qui donc ?

-                     Aro… S’il apprend qu’une humaine connaît notre véritable identité…

-                     Tu vois ! Tu recommences !!

-                     Quoi ?

-                     Avec tes « si » ! Un problème à la fois Carlisle… C’est déjà bien assez !

 

Je ris. Elle avait raison bien sûr. Elle avait toujours raison… Mais être prévoyant m’avait toujours permit de me sortir des mauvaises situations.  Je n’imaginais que trop bien la réaction de mon vieil ami s’il l’apprenait. Il était certain qu’il arriverait à Forks par le premier avion en exigeant sa mise à mort. Et Edward la défendrait et… J’arrêtais là mes pensées, mon regard ayant capté celui d’Esmée, plein de réprobation. Je changeais aussitôt de sujet.

 

 

-                     Apparemment, elle l’a plutôt bien pris non ?

-                     D’après lui, oui… Il aimerait que ce ne soit pas le cas d’ailleurs.

-                     Pourquoi ça ?

-                     Il a peur de la blesser…

 

Soudain, la sonnerie du téléphone retentit, résonnant dans toute la maison. Je décrochais en remettant Esmée droite sur mes genoux pour me permettre d’accéder au bureau si j’en avais besoin.

 

-                     Carlisle Cullen à l’appareil…

-                     Bonsoir Dr Cullen. Dr Langlois du Port Angeles Hospital. Veuillez m’excuser pour cet appel tardif, mais j’ai eu du mal à trouver vos coordonnées. Hum… Allons droit au but, je me demandais si vous pouviez venir nous prêter main forte. Un immense incendie a ravagé un centre commercial ici, et nous avons besoin de renfort pour nous occuper de tous les blessés.

 

J’en restais coi de stupeur. C’était bien la première fois qu’un autre hôpital m’appelait en urgence.

 

-                     Je pense que je pourrais m’arranger… Je fais au plus vite.

-                     Je vous remercie… Tous les médecins de Port Angeles et des environs sont débordés alors…

-                     Pas de problème, j’arrive…

 

Je lançais un long regard à Esmée, doutant soudain sur mes compétences. Etais-je assez calmé pour pouvoir y arriver ?

Son expression ne m’affirmait qu’une chose : Elle avait pleinement confiance en moi et en mes capacités. Pourquoi doutais-je alors ?

Je l’embrassais en lui murmurant des remerciements avant de descendre. Advienne que pourra.

 

Le soleil se levait à peine lorsque je pénétrais à toute hâte dans l’hôpital de Port Angeles.

Aussitôt, je tombais dans une foule de blessés en pleurs, paniqué ou en état de choc.

Je reconnus les pleurs d’un bébé et le cherchais des yeux.

Il devait être né il y avait tout juste une semaine, et au premier coup d’œil, présentait des brûlures du deuxième degré tout le long de sa jambe droite.  

Je lançais un regard vers l’accueil pour savoir s’il avait déjà été vu, mais ne vit personne. C’était la folie ici, mais je remarquais quelque chose qui me dérangea profondément.

Même dans cet enfer, cette salle où des relents de chairs brûlées planaient dans l’air. Même dans ce lieu où régnaient la terreur et la souffrance, je sentais tous les regards sur moi.

J’entendais les chuchotis sur mon passage, et baissais les yeux en mettant les mains dans mes poches pour paraître décontracté. Je n’aimais pas être le centre de l’attention surtout dans des moments pareil.

Je me postais dans un coin, cherchant activement des yeux l’infirmière d’accueil qui pourrait me renseigner sur les patients à prendre mais ne pus m’empêcher d’entendre ce que les gens se murmuraient entre eux.

 

-         Tu as vu ?

-         Qui c’est ?

-         C’est un mannequin ?

-         Il n’a pas l’air blessé… Alors qu’est-ce qu’il fait là ?

-         Il est connu ?

-         Qu’est ce qu’il est pâle…

-         C’est peut être un médecin…

-         Non, arrête, les docteurs ne sont jamais aussi beaux voyons…

 

Je souris malgré moi. Elles en arrivaient presque toujours à cette conclusion et ce fut avec soulagement que je vis revenir l’infirmière.

Celle-ci comme les autres  me dévisageait outrageusement.

 

-         Ahem… Je suis le docteur Cullen. J’ai été appelé en renfort pour aider ici...

-         Oui…Oh ! Bien sûr ! Je vais vous montrer le vestiaire !

 

Elle se leva et me rejoignit de l’autre côté du comptoir avant de m’intimer de la suivre.

 

-         Voilà, c’est ici. Vous avez de quoi vous changer dans cette armoire…

-         J’ai amené ce qu’il me fallait merci.

 

Elle resta là à me regarder et je dus de nouveau m’éclaircir la gorge.

 

-         Ahem… Merci, je vais me débrouiller…

-         Oui… Euh, pardon…

 

Je fermais la porte derrière elle et commençais à me changer pensivement.

Voilà qui me rappelais, sans nostalgie aucune, mes premières journées à Forks. D’ailleurs toutes mes premières journées de travail dans chacun des hôpitaux où j’avais exercé.

Entre les infirmières et les clientes, je ne pouvais pas rester seul plus de quelques secondes. La venue d’Esmée à l’hôpital les avait convaincu que mon cœur était pris et par ailleurs, par la plus belle femme qui pouvait exister (ils n’avaient pas encore vu Rosalie)

Depuis, je n’avais eu que quelques problèmes liés à l’émotion féminine comme la manie de bafouiller en ma présence. Et, au fur et à mesure qu’elles me côtoyaient, la même sensation qui isolait mes enfants au lycée, les prenait. Elles se méfiaient de moi sans trop savoir pourquoi.  Personnellement, cela m’arrangeait.

Je sortis du vestiaire et me rendis aussitôt aux urgences.

En entrant dans la salle pleine de blessés, je consacrais quelques secondes à tester mes réactions. Je pris plusieurs inspirations et sentis avec bonheur qu’il n’y avait pas d’odeur particulièrement alléchante dans cette pièce. Que je pourrais me retenir… Comme auparavant…

Rassuré, je pris les premiers dossiers et bloquais ensuite ma respiration par précaution.

Je me dirigeais, en cherchant leur dossier d’admission, vers la famille que j’avais remarquée en entrant, avec leur bébé.

 

-         Mr et Mme Johnson ?

 

Je me penchais sur le bébé, soulevant le tas de compresses grasses qui avaient été mis sur la plaie comme premier soin par les infirmières.

Je lançais un regard à la mère qui s’était mis à crier en voyant l’état de la jambe de son enfant. Ce n’était vraiment pas beau à voir. Toute la jambe droite était d’une couleur rouge bordeaux avec quelques plaques noirâtres. Tout autour du genou, l’épiderme se détachait laissant apparaître le derme.

 

-         Calmez le, je vous en prie ! Calmez le !

 

Tout à mon examen, j’avais par pur réflexe occulté tous les bruits alentours afin de me concentrer. Mais devant la détresse de la mère, tous les sons me revinrent d’un coup.

Des pleurs.. Des cris de douleur. Des appels des médecins demandant de l’aide ou du matériel… Un vrai capharnaüm…

Et surtout, devant moi, ce bébé qui s’époumonait, hurlant sa douleur comme seul un nourrisson peut le faire. Je posais une main gelée sur son front. Il était brûlant de fièvre. Je fermais les yeux pour écouter son cœur, ne faisant pas attention aux regards hébétés de ses parents. Son cœur battait bien. Rapidement, mais rien d’inquiétant. Je fis semblant d’utiliser un stéthoscope pour jouer la comédie du médecin, et faire cesser leurs regards insistants.

Je lui posais une perfusion pour le réhydrater et injectais une dose de tranquillisant afin de pouvoir faire mes soins.  Le petit  cessa presque instantanément de pleurer, basculant dans le sommeil.

La mère était en larmes, et l’homme que je pensais être le père regardait dans le vide, sans réaction. Je passais de l’autre côté du lit pour les diriger avec douceur loin de leur enfant.

 

-         Je m’occupe de lui. Je vous laisse patienter quelques instants dans la salle d’attente. Asseyez vous, buvez un peu d’eau… Et madame allez soigner votre main voulez vous ? L’infirmière à l’accueil va vous trouver un interne…

 

Je lui adressais un sourire confiant et refermais la porte.

Je regardais un instant le bébé qui dormait, agité cependant par des soubresauts dus à la douleur. C’était bon signe. S’il avait mal c’était que les nerfs n’étaient pas touchés.

Je profitais de cette accalmie pour retirer les bouts de peau morte ainsi que parer les cloques qui s’étaient formés sous la chaleur.

Pour moi, ce petit allait devoir subir des greffes de peau pour pouvoir avoir une belle cicatrice, mais sauf complication, il devrait récupérer toutes les fonctions locomotrices de sa jambe. Cependant, les médecins de cet hôpital allaient devoir attendre un peu qu’il récupère pour pouvoir l’opérer.

Je lavais donc toute la jambe à la Bétadine avant de la badigeonner allégrement avec une crème antibiotique pour éviter une future infection. Je la protégeais ensuite avec un pansement non adhérent et lui attachais le pied en hauteur pour éviter les frottements. Je plaçais enfin le bébé dans une couveuse oxygénée pour qu’il respire correctement et renouvelais les injections d’antibiotique et d’antidouleur avant d’aller chercher les parents.

La mère avait à présent la main bandée mais ne s’était que peu calmée depuis que je les avais congédié. Je leur expliquais en détail ce que j’avais fait en les accompagnant auprès de leur enfant. Je les prévins aussi qu’un chirurgien de cet hôpital allait passer les voir pour leur parler de la greffe de peau.

Je pris ensuite congé, allant voir d’autres patients. La journée ne fut qu’une succession de brûlé en tout genre. De la brûlure de premier degré au grand brûlé qui était aussitôt évacué sur le Great Mémorial de Seattle, je soignais en tout près d’une trentaine de patients.

 

Il était près de 22 heures lorsque je quittais enfin Port Angeles. Je rejoignis Forks en quinze minutes et ne pus m’empêcher, en passant devant l’hôpital, de m’y arrêter.  

Je me mentais à moi-même en me disant que je venais pour m’excuser de ne pas être allé au travail aujourd’hui. Ce que je voulais… C’était prendre des nouvelles de Mélina.

Je rentrais donc dans le hall et… J’entendis des applaudissements avant de les voir. Tous mes collègues, du médecin à la femme de ménage, m'ovationnaient.  Je ne pus me retenir de sourire malgré les pensées lugubres qui me tourmentaient quelques instants plus tôt.

 

-         Là, il faut que l’on m’explique…

 

Jonathan, le chef de chirurgie s’avança et me serra la main, grimaçant au contact de ma peau gelée. Je frottais mes mains l’une contre l’autre en soufflant dessus pour leur faire croire qu’il faisait froid dehors – en effet, il ne faisait pas chaud mais la température de mes mains était excessivement froide tout de même -  

 

-         Tu es passé à la télévision Carlisle…

-         Comment ?

-         Les journalistes ont fait un reportage sur l’incendie de Port Angeles. Nous t’avons vu…

 

On ne pouvait même plus soigner des gens tranquillement maintenant. Je souris, flatté.

 

-         Ils m’ont rappelé en renfort et j’étais de repos alors… Ensuite, je n’ai pas vu le temps passer. Ça a été cet après midi ? 

-         C’était calme. Et ne t’en fait pas, tu fais bien plus que ton quota d’heures ici… Il faut même que tu ailles en faire ailleurs !

 

Ils rirent tous alors que je ne pensais qu’à m’éclipser. Décidément, je n’aimais vraiment pas les moments de gloire comme ceux-ci. Je n’appréciais pas être au centre de l’attention. A ma place, Rosalie se serait sentie comme chez elle.

Je passais une bonne demie heure avec eux, étant félicité par tous mes collègues. Lorsque je pus enfin me faufiler dans l’ascenseur sans paraître trop malpoli, je montais directement rejoindre Mélina.

Je repris aussitôt mon sérieux et bloquais ma respiration. Je ne devais prendre aucun risque cette fois.

Je me retrouvais devant la chambre un peu trop vite à mon goût mais n’osais pas entrer. Je passais là, plusieurs minutes à la regarder. Avais-je seulement le droit de la revoir ? Le souvenir de son cœur palpitant était encore si frais dans ma mémoire.. Et il le resterait pendant plusieurs années.

 

-         Vous êtes médecin ? Je suis sûr que c’est vous papa Cullen !

 

Je fus surpris et fis un pas en arrière. Un jeune garçon d’une quinzaine d’années était allongé sur le lit à côté de Mélina. Il avait un énorme pansement autour de la tête, résultat d’une opération cérébrale. Mais ce qui me déconcerta  le plus, c’était le nom qu’il avait prononcé.

 

-         Comment savez-vous ?

-         Elle parle en dormant… Et elle n’arrête pas de réclamer papa Cullen. Vous êtes son père adoptif ?

-         Juste son médecin… Mais j’ai passé beaucoup de temps avec elle et elle a pris l’habitude de m’appeler comme ça.

 

Je passais la tête vers le couloir pour reprendre doucement un peu d’air sans être assailli par l’odeur de Mélina. Je ne voulais pas tester ma résistance en inspirant directement dans la chambre. Pas maintenant.

 

-         Je passais juste voir comment elle allait… Et apparemment elle va bien alors.. Bonne nuit.

 

Je tournais les talons, et redescendis au rez-de-chaussée. Je fus ravi de constater que chacun avait repris son travail, et ne m’attardais donc pas.

Je rentrais chez moi, des pensées plein la tête. Et dire que je n’avais même pas eu le courage de rentrer dans cette chambre…

 

© Hanaelle. Reproduction interdite.

 

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