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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1965 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Twilight

Carlisle's fascination Auteur: Hanaelle Vue: 12440
[Publiée le: 2009-01-15]    [Mise à Jour: 2011-04-17]
G  Signaler Romance/Action-Aventure Commentaires : 43
Description:
"Fascination" du point de vue de Carlisle.
Attention, je suis les grandes lignes de Midnight Sun (et Fascination pour la suite)
Le mieux est d'avoir lu les quatre tomes et Midnight Sun afin de minimiser les spoilers car j'utilise toutes mes connaissances du monde de Stephenie Meyer.
IL Y A DES CITATIONS DE MIDNIGHT SUN VUES PAR CARLISLE ATENTION !
Crédits:
Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Les collègues de Carlisle sont de mon invention, ainsi que les patients.
!LA FANFICTION EST D'HANAELLE. MERCI DE NE PAS PLAGIER!
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Past

[5254 mots]
Publié le: 2011-04-17Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Voilà le chapitre, qui je crois me tiens le plus à coeur. Je me permets de vous donner un conseil pour la musique que vous pourriez écouter en lisant cela.

1- Time (OST d'Inception)Hans Zimmer
2- Attack (OST de Pearl Harbor) Hans Zimmer
3- December 7th (OST Pearl Harbor) Hans Zimmer
4- Time (OST d'Inception)Hans Zimmer (oui il est deux fois, mais ça va bien en début et en fin)

Bonne lecture !

16.

 

Habitué à m'évader dans les livres depuis des siècles, je ne mis que quelques secondes à retrouver le monde fascinant de Ken Follet. Mais même si mon esprit était emporté dans mon livre, je ne pus m'empêcher d'entendre le couple monter à l'étage. Je sentis leur flagrance passer devant mon bureau sans y faire plus attention. Cependant, je me mis à écouter plus soigneusement en entendant plusieurs fois mon nom. Apparemment la présence de la grande croix de mon père étonnait Bella. Cette croix que j'avais retrouvé au début du siècle et que j'avais reconnu entre milles. Cette croix que j'avais observé toute mon enfance et tour à tour aimée et détestée. Je n'avais pas pu m'empêcher de l'acquérir un peu avant de trouver Edward. Elle représentait mon enfance perdue... Depuis, elle symbolisait presque la fin de ma solitude et elle avait une place de choix dans chacune des maisons où nous vivions.

Je comprenais la surprise de Bella cependant. Il était vrai que dans le folklore, les vampires avaient peur de la plupart des objets représentant Dieu. Je souris doucement alors qu'Edward lui annonçait mon âge, puis il continua avec mon histoire. Je devinais sans peine le trouble de Bella alors que mes pensées repartaient dans le passé, suivant la voix de mon fils, narrateur de ma propre vie.

 

***

 

Aujourd'hui était un grand jour. Aujourd'hui était LE grand jour. Celui où j'allais montrer à mon père que je n'étais pas un incapable. Celui où il allait enfin être fier de moi. Cette fois j’étais sûr d’être parvenu à trouver le repère de ces créatures des ténèbres. Aujourd'hui, lorsque je lui rapporterais la tête d’un de ces monstres, Père me trouvera digne de lui.

 

Le soleil se couchait tout juste à la fin des préparatifs. Nous avions passé la journée à rassembler les armes qu’il nous fallait pour la chasse, et à embrigader des villageois, parfois deux fois plus jeunes que moi. Nous avions besoin de tout le monde.

L’excitation s’emparait de nous, violente, perverse, alors que nous nous emparions de nos épées, de nos fourches et de quelques fusils et que nous empaquetions des croix, de l’eau bénite ainsi que plusieurs pieux.

 

Tout était prêt. Le cœur battant, je me tenais devant la porte de la chambre de mon père. J’hésitais à y entrer pour lui annoncer notre départ, de peur qu'il ne me fasse une demande que je n'aurais pas anticipée. Le pauvre était souffrant depuis plusieurs semaines maintenant. Il soutenait qu’une sorcière lui avait jeté un sort et je le croyais volontiers chaque fois que je voyais ses yeux révulsés par la douleur. J’implorais le Seigneur, tous les soirs, pour le salut de son âme. La veille, je m’étais permis de rajouter la mienne dans mes prières. J’avais conscience que la chasse que nous entreprenions était terriblement dangereuse.

Je passais tout en revue dans ma tête. Les armes, les hommes, le lieu de chasse, que nous avions encore été repérer ce matin. Non, définitivement tout était prêt. Mon père lui même, ne faisait pas autant de vérification habituellement. A la différence de lui, j'étais méthodique et précis. Je ne voulais pas me tromper, et une fois encore, amener au bûcher des innocents comme les centaines que j'avais vu durant toute ma vie.

 

Avec un léger soupir d'appréhension, je toquais à la porte avant de l'ouvrir. Je me faufilais silencieusement et tombais nez à nez avec Beth. La douce femme aux cheveux grisonnants et au visage aujourd'hui ridé, avait tout fait pour m'éduquer correctement. Ma mère étant morte en couche, j'avais dû rester avec un père qui m'avait toujours implicitement fait comprendre que j'en étais le responsable.

Beth, elle, m'avait élevé dans la douceur et parfois avec la sévérité dont tout enfant a besoin. Elle comprenait avec peine le monde déroutant dans lequel je vivais, comme le fait d'embraser un bûcher du haut de ses six ans.

Aujourd'hui, elle se retrouvait employée comme garde malade et je ne doutais pas que les humeurs de mon père étaient au moins égaux à mes caprices d'enfant.

Me voyant, elle me sourit et s'avança vers moi, portant une coupe où trempait une petite serviette pour éponger le front de mon père en proie à de violentes poussées de fièvre.

Répondant à son sourire, je lui tins la porte pour lui permettre de sortir. Elle murmura furtivement un "bon courage", baissant la tête tristement comme souvent depuis que je faisais des chasses. Je répliquais par un mouvement de tête exprimant ma gratitude avant de refermer la porte.

 

Dans le silence oppressant qui suivit, j'entendis la respiration difficile de mon père. Il me semblait qu'elle était plus rauque encore que la veille, mais il m'avait expressément demandé de ne pas m'émouvoir pour lui et de concentrer toute mon attention sur les chasses à venir. Aussi je dissipais mes inquiétudes en me retournant vers lui.

Je réduisis la distance qui nous séparait à pas mesuré. Mon reflet apparu dans le miroir proche de son lit. Jeune adulte de 23 ans, j'étais en pleine santé, fort et respecté. J'étais habillé pour la chasse, arborant un gilet bleu de Prusse qui descendait jusqu'à mes genoux et était décoré avec de larges boutonnières. Mon pantalon brun doré était recouvert de longues bottes militaires parfaites pour la chasse, qui en faisait ressortir les dorures. En me regardant dans ce miroir, je vis l'anxiété dans mes yeux bleu et me passais nerveusement la main dans les cheveux avant de souffler.

 

" Tout est prêt Père. Nous allons, avec votre accord, partir dès ce soir."

 

Il avait les yeux fermés et ne prit même pas la peine de me regarder pour répondre.

 

" Va, et fais ce que tu dois. "

 

D'un geste, il me montra quelques armes, posées sur une chaise près de lui. Je les lui avais laissés quelques heures auparavant pour qu'il les bénisse.

Je pris en main l’épée familiale, mes yeux s’arrêtant sur les dorures parfaites qui remontaient le long de la lame pour finir sur un manche en or pur serti d’un rubis à son extrémité. C'était la plus grande richesse de ma famille, alors, je la passais à ma hanche avec toute la déférence possible. Je rajoutais à ma ceinture, mon pistolet à silex à double canon, offert pour mes 20 ans et cachais dans ma botte une dague en acier.

Je saluais brièvement mon père avant de sortir. Un pressentiment avait failli me pousser à faire plus que les salutations d'usages mais mon père n'aimait pas le sentimentalisme. D'ailleurs, il ne jeta aucun regard sur moi, même lors de mon départ. Je n'y pris pas vraiment garde, probablement trop habitué.

 

J'enfilais un long manteau brun noir avant de sortir pour rencontrer la foule qui m'attendait sur le parvis.

Eblouis par le soleil couchant, je mis quelques secondes à accommoder ma vision et à me rendre compte que les gens étaient venus en nombre. Cependant, je savais faire la différence entre mes hommes et les gens qui soutenaient la chasse sans être assez courageux pour y participer. Je ramenais le silence parmi eux d'un geste de la main sans toutefois parvenir à retenir un léger soupir. Je détestais ces allocutions en public, mais j'en connaissais l'importance.  

 

"Aujourd’hui est un grand jour ! Le Seigneur a voulu nous faire connaître un des repères des créatures du Diable ! Ceux-là même qui hantent nos rues dès que les ténèbres grandissent. Ce soir, nous allons leur montrer que la Foi est plus forte que la peur qu'ils croient nous inspirer !

 

Des acclamations fusèrent dans l’assistance. Je souris pour me donner une contenance et levais mon épée au dessus de ma tête.

 

"Que le Seigneur nous donne la force de punir ces maudits ! Amen !"

"Amen !" Reprit la foule en chœur.

 

Les hommes participant à la chasse se mirent à courir vers le stock d'armes alors que je descendais les quelques marches menant à la place. William et Maria me rejoignirent en courant à ma rencontre.

 

"Très beau discours, Carlisle, ils sont tous derrière toi."

"Oui, je l’espère" dis-je en souriant faiblement.

 

Maria s'approcha doucement, hésitante, avant de passer ses bras autour de mon cou et murmurer à mon oreille.

 

"Fais attention à toi !"

 

Je l’embrassais sur la joue, serrais la main de mon ami d’enfance et m'avançais avec lui vers le groupe d'hommes qui nous attendait.

 

Nous partîmes sans attendre vers le Sud en direction de la tanière que j’avais découvert. Je souhaitais de tout mon cœur que les vampires n’aient pas bougé depuis la nuit dernière et, vu l’heure qu’il était, qu'ils se réveillent à peine. Nous pourrions alors facilement les prendre par surprise.

Nous arrivâmes devant la vieille bouche d’égout qui leur servait de repaire tandis que, dans un silence terrifiant, les ombres s’agrandissaient à vue d’œil. Certains allumèrent des torches supplémentaires tandis que d’autres sortaient leurs épées en regardant fébrilement autour d’eux.

Le cœur battant, je m’installais à couvert d’un bosquet et fis signe aux autres de se dissimuler. L’attente risquait d’être longue.

Au bout d’une heure, je décidais de rejoindre l’endroit où, j’en étais persuadé, un vampire était entré la veille. A mesure que je me rapprochais, je crus entendre des voix, puis, un cri :

 

"Diligentia ! Humanus !"

 

La porte s'ouvrit à la volée et je fus soudain bousculé brutalement tant et si bien que j'eus l’impression d’avoir percuté un rocher. Je tombais à terre comme si j'étais une poupée de chiffon. Surpris, je levais les yeux vers ce qui m'avait bousculé et me retrouvais face à un homme livide aux yeux injectés de sang. Ses pupilles couleur rubis me fixèrent avec une lueur sauvage et je ne pus m’empêcher de frémir. Son regard fouilla les environs, repérant aisément la centaine d’hommes armés qui se tenaient derrière moi. Il dut cependant se rendre compte de notre supériorité numérique car il hurla pour ses gens avant de s’enfuir. Je me relevais promptement pour me mettre à courir en criant à mon tour :

 

"Que quelques-uns me suivent ! Les autres, occupez vous du reste !"

 

Après quelques minutes de poursuite, je remarquais que le vampire ralentissait. Mon espoir de le capturer se ralluma en pensant que ce devait être un vieux vampire assoiffé. Il ne poserait pas de grandes difficultés à mes jeunes jambes habituées à chasser le cerf.

Il tourna dans de petites rues, en croyant me perdre, mais je connaissais tous les recoins de la ville. Il bifurqua à nouveau et je le suivis sans penser une seconde qu'il serait retourné vers moi lorsque je passerais le virage.

Haineux, le regard brûlant d’une fièvre que je ne comprenais pas, il me toisait d'un regard sans pitié. La rue était sombre mais la nuit n’avait pas encore étendue son voile noir. Les derniers éclats de lumière révélèrent une pâleur immortelle, lumineuse. Mais pourquoi ne partait-il pas en fumée ?

 

Je me surpris à frissonner en percevant le grognement qui sortait de sa poitrine. J’empoignais aussitôt mon pistolet et le mit en joue. Ne le voyant pas bouger, je pris une seconde pour le viser… Et je me rendis compte que c’était la seconde de trop lorsque ses dents s’enfoncèrent dans mon cou.

Je ne l’avais pas vu venir ! Quelle célérité !

La douleur me prit soudain, sourde et violente. Un mélange de flammes et d’acide semblait consumer mon cou. Il buvait mon sang ! J'hurlais sans pouvoir me retenir, alors que, déjà, je m’enfonçais dans une torpeur infernale. J'entendais les autres arriver. Avais-je couru si vite ?

 

Il me lâcha soudain et je sentis mon corps tomber lourdement sur les pavés, inerte. Je n’eus même pas le reflexe de mettre ma main sur mon cou pour empêcher l’hémorragie. J'étais comme en état de choc, incapable de comprendre ce qu'il se passait exactement.

Des cris retentirent tout proche. Mes compagnons se faisaient occire. J'entendis deux corps me rejoindre à terre, et William, hurla, implorant l'aide de Dieu. Le maudit l'emportait, disparaissant aussi vite qu'il m'avait attaqué.

Je restais alors là, pétrifié de douleur, entouré par la mort que la créature damnée laissait derrière elle. C'était sa joie, son destin dans ce monde. Détruire ce que Dieu avait fait de meilleur.

Hébété, je ne pouvais cependant trouver le repos pour oublier le mal. Je voulais mourir. Ne plus ressentir. Mais non, la douleur était toujours là augmentant sans cesse, lancinante, se déplaçant dans mon corps comme un parasite qui chercherait le meilleur endroit pour s'installer.

Soudain, je compris que j’étais en enfer.

J’étais mort et les flammes de Satan m’envahissaient lentement en commençant par mon cou. Je dus retenir un hurlement car la dernière chose que je voulais était que les envoyés du Mal me trouvent. Cependant, je trouvais étonnant d'avoir des sensations corporelles en enfer. Je sentais mon cœur battre à coups entêtants, tambour qui me maintenait en vie sans que je le veuille. Je sentais la chaleur de ma peau contre la froideur des pavés. Je sentais l'odeur du sang de mes compagnons mort au combat. Peut être n'étais-je pas en enfer...

Alors pourquoi cette perspective me remplissait d'horreur ? Si je n'étais pas en enfer, j'étais donc encore en vie et j’avais été contaminé. En conséquence, je serais brûlé vif.... Par mon propre père... Non... Je ne voulais pas finir comme tout ces malheureux qui avaient trouvé la mort à cause de nous... A moins que ce ne soit une punition de Dieu... A moins que ce ne soit que justice.

 

Mes considérations n'eurent pas de force par rapport à l'instinct de conservation qui me poussait à ramper maladroitement pour trouver un refuge. Il fallait que je sauve mon âme. Je devais laisser le temps au Seigneur de me trouver et de me sauver. Je devais lutter et me repentir de mes pêchés. Dieu devait être en train de tester ma foi en Lui et j’étais bien décidé à Lui prouver que j’étais digne de Sa confiance. S'Il me laissait la vie sauve, je ne détruirais plus la vie des gens comme mon père l'avait fait durant tant d'années. Dieu ne voulait pas cela, je le comprenais maintenant. J'allais faire amende honorable en sauvant des gens. Je trouverais un moyen...

 

Aveugle de douleur, je pénétrais dans le premier jardin que je découvrais et cherchais à tâtons la porte de la cave extérieure. Je mis plusieurs secondes à l'ouvrir, et dus me plaquer au sol alors que des secours arrivaient, criant le nom des deux morts, puis le mien. J'avais du mal à garder mon attention concentrée tant je sentais le sang, chaud, couler le long de mon cou, imbibant ma chemise.

 

" Carlisle et William ne sont pas là ! Il faut les chercher ! "

 

Serrant les dents, je surpassais mes forces pour enfin ouvrir la porte et descendis une marche avant de dégringoler les autres. Je me mordis la lèvre pour ne pas crier, sursautant tout de même en entendant la porte se refermer, loin au dessus de moi. Mes jambes me soutenant à peine, je me relevais douloureusement et tendis les mains devant moi dans cette cave obscure. Au bout de plusieurs minutes de recherches - temps que je trouvais infiniment long - je sentis du bois sous mes doigts. Des palettes de légumes étaient entreposés là.

Dans un soupir de soulagement, je me laissais tomber dans un cageot de pommes de terre qui, par l’odeur, semblait putréfié. Je me recouvrais de tubercules, un peu apaisé, en pressentant que personne ne viendrait me chercher ici.

 

Lorsque je cessais de bouger et d’être terrifié, la douleur explosa. A présent les flammes intérieures partaient de mon cou pour enflammer mon visage avant de redescendre se propager dans mon corps. A chaque seconde, elles gagnaient du terrain, touchant ma poitrine, enserrant mes poumons et attaquant mon ventre. Dans un reflexe, je mordis dans la chair pourrie d’une pomme de terre pour ne pas hurler et je me repliais sur moi-même pour essayer d’atténuer la souffrance. Rien n’y fit. Dans mes moments de lucidité, je priais encore et encore pour que Dieu aie pitié de moi.

Mais à mesure que des secondes aussi longues que des heures passaient, mon délire commençait à me faire douter de Lui. La souffrance atteignant mes pieds, ne m'aidait d'ailleurs pas à retrouver la Foi. Je n’étais plus qu’une âme calcinée, persuadée ne plus avoir d’enveloppe charnelle car elle s’était forcément consumée dans les flammes.

 

Je fermais les yeux, essayant de me rappeler les bons moments de mon existence : Beth m'apprenant à compter... Les rares moments de complicités avec mon père...Les parties de chasse avec Will... Le rire de Maria… Je me rendis compte qu'étrangement, les souvenirs s’effaçaient. Dès que je souhaitais retrouver une situation précise, un détail, il s’enfuyait de ma mémoire. 

La peur d'être trouvé scellait ma bouche malgré le mal qui me rongeait. Je n’osais me demander si j’allais rôtir en enfer, pour l’éternité ou si j’allais trouver la paix un jour. J'avais l'étrange impression que ce serait la première solution...

Parfois je flottais dans un demi-coma, toujours conscient d'une douleur alors comme atténuée. Sombrant de plus en plus, je crus cent fois être devenu fou. Je n'avais aucune notion du temps et tout juste conscience des "Notre père" et "Je vous salue Marie" qui se répétaient, inlassablement dans ma tête accompagnés par le tempo des battements lancinants de mon cœur.

Et puis, celui-ci s'arrêta, ne laissant que le silence.

 

Lourd.

Obsédant.

J'étais mort.

 

J'étais mort mais éveillé. Si j'avais déjà imaginé la mort, c'était très loin de ce que je vivais à présent. Au lieu de partir, mon esprit semblait renaître peu à peu. La douleur s'éteignait, disparaissant comme elle était venue. J'espérais encore sombrer définitivement jusqu'à ce que j'eus un éclair de conscience en percevant un bruit près de ma cache. Ce ne devait être qu'un homme qui passait près de la maison, au dessus de moi, mais je tendis l'oreille. Je réalisais que la douleur avait disparut dans mon corps même si un vestige persistait au creux de ma gorge. La souffrance ne tapait plus à mes tempes, et je fus étonné de pouvoir de nouveau sentir quelque chose qui ne soit pas des langues de flammes.

Mon esprit reprit tout à fait contact avec la réalité alors que j'entendais, une nouvelle fois, des pas au dessus de moi. J'en conclus qu'ils étaient plusieurs. Dans une grimace, je me glissais sur le dos et rouvris les yeux pour la première fois de ce qui me semblait être une éternité. Je dégageais quelques tubercules posées sur mon visage et eus un hoquet de stupeur.

 

Une souris, minuscule, se baladait sur la poutre et je sus d'instinct que c'était elle qui faisait tout ce bruit. Mais comment était-ce possible ? Je la voyais non seulement très distinctement malgré la pénombre, mais j'entendais chaque bruit quelle faisait. Mon attention semblait se concentrer particulièrement sur sa respiration précipitée alors qu'elle reniflait l'air, probablement alertée par mon odeur. Les battements réguliers de son petit cœur décuplaient la pénible brulure dans ma gorge... Car j'avais faim ou soif de quelque chose... Mais je n'osais croire que c'était de sang. Non... Je n'étais pas l'un deux... Pitié...

 

Je levais les mains devant moi. Elles étaient blanches, pâles comme la mort avec des veines légèrement saillantes que je n'avais jamais remarqué avant. Ma vision était si aiguisée que je distinguais instantanément le changement de grain de ma peau, devenu plus fin que jamais. Je pliais et dépliais mes doigts plusieurs fois. Mon corps réagissait plus rapidement que je ne l'aurais imaginé, au millième de secondes près..

Je me levais alors et me retrouvais à l'autre bout de la pièce en voulant juste faire un petit saut pour sortir du cageot.

J'avais toujours été quelqu'un dont l'esprit était très actif, trouvant de multiples solutions aux problèmes que posait la vie. A ce moment là, alors que mon esprit était littéralement assailli par les pensées, je me rendis compte que je pouvais réfléchir à tout à la fois. Comment étais-je encore vivant ? L'étais-je d'ailleurs ? Qu'allais-je faire ? Qu'étais-je ? Pourquoi avais-je si mal ?

 

Je ne voulais pas croire que j'étais devenu l'un des leurs. Et pourtant ma gorge brûlante me commanda de monter les escaliers. Sans le vouloir vraiment, j'entrouvris légèrement la  trappe menant à la rue.

 

Le soleil illuminait le sol, et non loin de moi, je vis plusieurs roulottes passer, suivies par des hommes. Je fus pris d'une telle pulsion d'aller vers l'avant, d'attraper l'une de ses chevilles où saillaient une si belle veine, que pour me retenir, je dus enfoncer mes doigts  dans le bois de la porte. Ils s'y plantèrent comme dans du beurre. Je contins de toutes mes forces les instincts sauvages qui voulaient prendre possession de moi mais je faillis. Alors, sentant ma pensée faiblir, je me poussais violemment en arrière pour dégringoler une nouvelle fois l'escalier.

Cependant, je ne  tombais pas, mais fis instinctivement une culbute pour me retrouver sur mes pieds. Mon corps semblait comme mué d'une vie propre qui me faisait peur.

 

Je cessais alors de nier ce que j'étais. Mais j'avais besoin d'une confirmation. Je passais plusieurs minutes à chercher un miroir ou un objet qui pourrait refléter mon visage. J'avais gravé dans ma mémoire le souvenir du vampire... Et je souhaitais ne pas lui ressembler. Pourtant, lorsque je trouvais enfin un morceau de miroir brisé, je reculais d'horreur.

 

L'homme au teint frais et aux yeux bleus était mort. Malgré l'obscurité, je voyais ce que j'étais devenu, et tout d'abord m'apparut la réplique exacte du vampire avant que je ne reconnaisse les lignes de mon visage. J'étais d'un blanc laiteux, mes yeux rouge sang ressortaient sur mon visage pour me donner une expression démente. J'ouvris la bouche, cherchant des crocs que je ne trouvais pas. Je touchais alors mon visage pour sentir les courbes familières. C'était bien moi.

J'aurais voulu pleurer mais j'en étais incapable alors, mon poing se referma jusqu'à ce que mes ongles raclent ma joue. J'aurais voulu m'arracher la peau sous la haine profonde qui s'emparait de moi.

Violemment, je lançais le miroir qui alla se planter dans le mur dans un bruit sinistre. Je voulais hurler, mais je savais que je ne devais toujours pas être découvert car, à présent, j'étais capable de tuer quiconque se trouverait en face de moi.  

Alors pour évacuer la colère, je me recroquevillais dans un coin, laissant la boule d'impuissance prendre entièrement possession de moi. Je serrais du plus fort que je pus mes genoux contre moi, espérant ressentir de la douleur, mais je ne ressentais rien du tout. A jamais, je ne ressentirais plus rien... J'aurais préféré être mort. Maintenant j'étais seul et condamné à errer.

 

Jamais je ne reverrais Williams, probablement mort d'ailleurs. Jamais je ne recroiserais les yeux de Maria. Jamais je ne répondrais plus aux sourires de Beth. Et mon père... Serait-il triste au moins ?

Dans tous les cas, personne ne pouvait m'aider. Personne. J'étais un tueur. Un être abject délaissé par Dieu, à présent voué à faire le mal et à semer la peur sur son passage. J'étais détestable et je me haïssais.

 

Et pourtant dans mon désespoir, une petite lueur apparut. Je connaissais les moyens de tuer un vampire. Ne l'avais-je pas déjà fait ? Le feu, la lumière, et tant d'autres choses pouvaient les combattre.

Oui... J'allais attendre la nuit et m'enfuir loin jusqu'à ce que je découvre un moyen qui me permettre de mettre fin à ce cauchemar.

 

J'attendis donc que l'obscurité soit déjà bien installée pour sortir de ma cachette en n'oubliant pas de me coiffer d'un chapeau miteux pour ne pas que l'on me reconnaisse.

La vie en dehors, m'assaillit... J'entendais les cœurs battre dans les maisons, j'imaginais le fluide vital dans le corps de chacun d'entre eux. Mais surtout, ce fut les odeurs qui  me frappèrent.

Jamais, je n'avais pensé que le monde était rempli de flagrances si différentes. Je pouvais savoir d'une inspiration, qui se trouvait à des kilomètres à la ronde. Je sentais les relents de nourriture qui me dégoûtaient à présent, préférant l'odeur du sang des chevaux. Et pourtant elles étaient bien moins tentantes que celles de leurs maîtres. Je m'obligeais à ne plus réfléchir à cela en coupant ma respiration.

L'hésitation me parut durer une éternité et je soupirais de soulagement lorsqu'enfin mon corps accepta de se mouvoir. Je marchais lentement, ne voulant pas attirer l'attention et encore peu sûr de moi. Chaque pas était un combat pour ne pas entrer dans la maison près de laquelle je passais.

Et soudain, un homme se retrouva devant moi au bout de la rue. Tant concentré sur mes propres démons, je n'avais pas fait attention à ce qu'il se passait à plus de quelques pas devant moi. Le monstre me le rappela, en rugissant de plaisir à cette proie s'offrant de son plein gré.

 

" Rentrez chez vous Sieur, avez-vous donc oublié le couvre feu ?"

 

Je me figeais, bloquant chacun de mes muscles pour combattre le vampire qui, si ça n'avait tenu qu'à lui, serait déjà en train de se repaître du délicieux sang de cet homme. Statue au milieu des maisonnées, je soufflais faiblement.

 

" Non... Partez...."

 

L'inconscient fit un pas en avant en fronçant les sourcils. Il avança sa torche probablement pour mieux me voir, mais ce fut moi qui put l'observer plus distinctement. Et je découvris que je ne voyais pas un homme, mais un réseau de veines et d'artères toutes plus attirantes les unes que les autres. Mon regard alla aussitôt à sa carotide que je voyais palpiter rapidement et un liquide amer envahit soudain ma bouche. Le monstre grogna et se débattit. Ma gorge me brûlait, me rappelant l'enfer que je venais de vivre. Cela s'arrêterait-il si jamais je laissais le monstre gagner ? Si je m'abandonnais et disparaissais ?

 

"Non..."

" Sieur... Les rues sont dangereuses..."

 

Il se rapprocha encore de moi et même avec la respiration coupée, le vampire fantasmait sur l'odeur attrayante du sang. Il voulait tellement y goûter. J'en avais tant besoin. Son pouls.... Le bruit entêtant de son cœur... Cette soif si intense... Le liquide dans ma bouche était comme de l'huile sur le feu de ma gorge. Je voulais me boucher les oreilles mais n'y parvins même pas. J'en avais tellement envie. Ce serait si facile... Que je fis un pas malgré moi.

 

" Non !"

 

Je m'élançais, fonçant sur l'homme avec une vitesse irréelle. Mais au lieu de l'attraper pour le vider de sa vie, je le poussais violement contre un mur pour libérer le passage. Et là, avec toute mon horreur et mon désespoir, je me mis à courir le plus vite possible, droit devant moi, comme si je fuyais le vampire en même temps que l'homme... Sans même savoir où j'allais.

Mais quelle vitesse ! En quelques secondes, une minute tout au plus, j'étais en dehors de la ville. Cependant, je ne m'arrêtais pas, préférant mettre le plus de distance entre moi et d'autres proies potentielles. Je compris bientôt que courir était comme une seconde nature. Je le faisais sans effort, sans même y penser. Je pouvais donc réfléchir tranquillement et chercher le moyen le plus efficace de me tuer car il était hors de question que je reste plus de quelques heures cette créature abjecte que j'étais devenu. Je ne le supporterais pas...

 

***

 

De léger coups à la porte de mon bureau me firent sursauter. J'étais allé si profondément dans mon passé que j'avais la chair de poule. Edward devait le savoir car il ne dit pas un mot, comme s'il me laissait le temps de reprendre pied dans la réalité. Heureusement cela ne prit que quelques courtes secondes.

 

"Entrez."

 

Mon fils pénétra dans la pièce, suivit de près par Bella dont les yeux s'ouvrirent d'émerveillement en découvrant mon bureau. J'oubliais souvent à quel point il pouvait être imposant aux non habitués. C'était mon refuge, et son côté majestueux n'était nullement pour afficher une importance quelconque mais pour rassembler tout ce que j'avais accumulé durant les siècles. Distraitement, je marquais la page de mon livre avant de lever pour poser un doux regard sur Bella.   

 

"Que puis je faire pour vous ? "

"Je voulais montrer à Bella une partie de ton histoire. Enfin ton histoire. "

"Pardonnez-nous de vous déranger" murmura Bella

"Mais vous ne me dérangez pas du tout."

 

Je lui souris au moment où Edward la faisait pivoter vers les nombreux tableaux qui représentaient ma vie. Doux à mes oreilles, tinta la musique d'un cœur amoureux et mes fossettes se creusèrent un peu plus encore.

Je laissais Bella admirer les œuvres venant de peintre différents et la plupart étant extrêmement rare, notamment la première toile devant laquelle Edward mena sa belle. Je me rapprochais doucement, revoyant ce Londres du passé dont les souvenirs, bien que diffus, restaient vivace dans ma mémoire.

 

"Londres dans les années 1650" Commença Edward.

 

Apparemment il continuait mon histoire. Je ne savais même pas où il s'était arrêté avant d'entrer. Je rajoutais pour voir la réaction de Bella.

 

"Le Londres de ma jeunesse. "

 

Elle sursauta légèrement au son de ma voix et je m'en voulus aussitôt d'avoir été si discret. Je me promis de faire des efforts pour me comporter moins furtivement à l'avenir.

 

"Veux-tu raconter ?"

 

Je souris alors que Bella se retournait vers moi. Elle avait vraiment l'air intéressée et j'envisageais la possibilité de lui raconter le long chemin qui m'avait mené jusqu'en Amérique. Mais un coup d'œil rapide à une horloge murale, m'apprit que j'étais resté dans mes pensées bien plus longtemps que prévu.

 

"Ce serait un plaisir mais je suis en retard. L’hôpital a téléphoné ce matin. Le docteur Snow est malade. De toute façon tu connais les histoires aussi bien que moi. "

 

Saluant Bella d'un hochement de tête, je souhaitais mentalement un bon après midi à Edward et quittais mon bureau.

 

© Hanaelle. Reproduction interdite.

 

Commentaire de l'auteur A bientôt pour la suite !
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