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Le Seigneur des Anneaux

Aventures loin de son soleil
[Histoire Terminée]
Auteur: Bereth Vue: 7363
[Publiée le: 2012-02-06]    [Mise à Jour: 2013-01-31]
G  Signaler Action-Aventure/Cross-over Commentaires : 26
Description:
Voilà maintenant six ans que Susan la douce, autrefois Pevensie régnait sur le beau royaume de Narnia. Tout n’est que beauté et paix, jusqu’à ce qu’elle se voit confier une mission : elle doit se rendre en Terre du Milieu et installé un roi sur le trône du Gondor. Traversant terres et mers, Susan se joindra à la communauté, jusqu’à la toute fin. Accompagnée par l’elfe Legolas, deux hommes, Boromir du Gondor et Aragorn, fils d’Arathorn, ainsi que Gimli le nain et de nos quatre hobbits préférés, Susan n’est pas au bout de ses surprises, sur cette terre ravagée par le mal.
Résumé nul, mais on fera avec :p
Crédits:
Les personnages et les mondes appartiennent aux génies de J.R.R TOLKIEN et C.S LEWIS
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Chapitre 8 - Rencontre inattendue

[4965 mots]
Publié le: 2012-04-10Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Bonjour à tous !
Voilà enfin le chapitre 8, je sais que j'ai mit beaucoup de temps à l'écrire, mais j'ai eu beaucoup de mal, et je n'en suis toujours pas très satisfaite. Mais bon, j'éspère qu'il vous plaira tout de même. Vous allez voir, je vous ai réservé une surprise ! :D
Pour info, le prochain chapitre ne viendra surement pas avant longtemps à cause des vacances ... je n'aurais pas beaucoup le temps d'écrire. Mais je n'abandonne pas la fic !
Comme d'habitude, un grand merci à Carolyne pour sa relecture et à Mimi70 pour son soutient qui fait chaud au coeur !
Bonne lecture !

Chapitre 8 : Rencontre inattendue

 

La lueur du jour, après tant de temps dans l’obscurité, aveugla les membres de la Communauté de l’Anneau. Ainsi, contre tout espoir, ils avaient enfin retrouvé le ciel, et ils sentirent le vent sur leur visage. La Vallée des Rigoles Sombres s’étendait devant eux, recouverte par l’ombre des Monts Brumeux ; mais à l’Est, il y avait sur la terre une lumière dorée. Mais ils ne purent ni jouir des plaisirs dont ils furent privés, ni s’émerveiller devant la beauté du paysage. Il n’était plus là. Il était tombé, il avait sombré. Leur chef, leur guide, leur ami … Gandalf.

Les hobbits tombèrent à terre, ne pouvant plus soutenir leur douleur, tandis que Gimli se débattait dans les bras de Boromir. La Moria était tombée. Les nains étaient morts. Le désir de vengeance était encore ardent dans son cœur pour pouvoir s’apaiser. Legolas quant à lui, prononçait une prière elfique pour le magicien qui faisait partie depuis quelques décennies déjà de ses amis. Susan regardait le soleil aux côtés d’Hirador, cherchant à capter la chaleur dans les quelques rayons. Une unique goutte salée perla sur sa joue. Une seule. C’est tout ce qu’elle réussit à verser. Ce qui la blessa encore plus, lui prouvant sa sécheresse, mais également sa faiblesse. Elle s’était attachée au magicien. Il était empli de sagesse et de joie de vivre. Il était le pilier de leur Compagnie, et sans lui, il n’y avait guère d’espoir. Mais elle savait qu’il résidait à présent dans un monde meilleur. Afin elle savait … Le prêtre de sa paroisse lui avait dit il y a de ça fort longtemps.

-Legolas, appela Aragorn en nettoyant son épée. Relevez-les.

-Accordez leur un moment, par pitié ! Supplia Boromir.

-Dès la tombée de la nuit, les collines grouillent d’Orques ! Expliqua-t-il. Il nous faut atteindre les bois de la Lothlorien. Allons Boromir, Legolas, Gimli ! Relevons-les.

Susan regarda l’échange sans réaction, dénuée de force. Toute personne écoutant ce discours pourrait se dire qu’Aragorn n’avait aucun cœur, qu’aucune pitié ne vivait en lui. Mais elle vit bien, lorsqu’elle croisa son regard, toute la tristesse que lui procurait la perte de son ami. Pourtant, il leur fallait un chef. Et il s’était imposé naturellement. Soudain, son œil fut attiré par un mouvement sur sa gauche, et elle vit Frodon qui marchait, sans but, chancelant.

-Frodon, souffla-t-elle.

Il se tourna lentement vers elle, et son regard l’estomaqua. Elle s’était attendue à de la tristesse, naturellement. Mais pas à ça. Pas à ce vide. Il avait l’air vidé. Oui, vidé. Ses yeux, brouillés de larmes n’exprimaient rien d’autre que de la douleur. Et Susan vit, au fond de ses yeux ce que signifiait le mot malheur. Et cela lui déchira le ventre, lui donna une infâme envie de vomir. Elle prit une grande gorgée d’air pour s’empêcher de pleurer, et elle se rendit compte qu’elle ne l’avait pas fait depuis longtemps. Son cœur s’emballa, et elle courut vers Frodon qu’elle prit dans ses bras, délicatement, comme une mère l’aurait fait avec son enfant. Elle avait mal. Pour Gandalf bien sûr, mais aussi pour Frodon, pour tous. Pourtant aucune haine ne zébra son âme, juste le malheur. Juste la douleur.

-Venez Frodon, murmura-t-elle en se relevant.

Et ils s’avancèrent lentement vers les autres qui les attendaient.

-Il nous faut partir, annonça Aragorn.

Alors ils se mirent en route, sans prononcer la moindre parole. Avant de quitter totalement le mur de la montagne, ils se retournèrent une ultime fois, pour le dernier adieu.

-Namárië1, souffla Legolas.

Hirador s’arrêta, huma l’air, et poussa un long hennissement plaintif, douloureux, mais extremement beau. Il prit Echo comme témoin de sa douleur. De leur douleur. Les membres de la Communauté le regardèrent avec étonnement, mais après tout, Gandalf avait de nombreux amis. Et le magicien cachait bien des secrets …

 

*~*~*~*~*~*~*~*~*

Au nord, la vallée montait par une gorge sombre entre deux grandes avancées des montagnes, au-dessus de laquelle brillait trois cimes blanches : le Celebdil, le Fanuidhol et le Caradhras, les montagnes de la Moria. Au sommet de la gorge, un torrent s’écoulait comme une dentelle blanche par une échelle sans fin de petites cascades, et une buée d’embruns était suspendue dans l’air autour du pied des montagnes. Ils profitèrent du ruisseau afin de remplir leurs gourdes et de s’ôter la poussière qu’ils avaient accumulés durant leur voyage dans les profondeurs de la terre.

Lorsqu’Aragorn annonça le départ, Susan vit Gimli, assi en tailleur sur un roc, jouer avec l’eau, semblant ne rien avoir entendu. Il avait l’air perdu. Comme si le monde ne l’intéressait plus. Elle s’approcha de lui et posa une main sur son épaule. A ce contact, il sursauta violemment, avant de la regarder sans vraiment la voir. Ses yeux marrons semblaient sortirent d’un long songe.

-Il n’est pas bon de s’oublier dans les rêves en oubliant de vivre, dit-elle.

Et elle s’éloigna pour rejoindre la marche, tandis que Gimli se relevait, embarrassé. Il pensait aux siens. Les Braves, qui avaient combattu et péri dans la Moria. Ceux dont personne ne se souviendrait. Nombre d’entre eux étaient ses amis. Et il repartit, la tête basse, à la suite de la Compagnie.

 

Le jour commençait à décliner lorsqu’ils virent à leurs pieds s’étendre une immense forêt de conifères. Devant eux, à perte de vue, la Lorien boisée rayonnait dans le crépuscule. A l’instant même où elle franchit le seuil des arbres, l’atmosphère changea. La fraîcheur enivrante s’immisça dans chaque cellule de son corps, les odeurs saisissantes l’emmenèrent loin. Elle était dans son élément. La nature lui procurait un bien être fou, une sensation si particulière qu’elle ne pourrait la décrire. Malgré la situation, elle sourit doucement. Ce sourire ne la quitta avant de longues minutes.

Le ciel par-delà les arbres avait revêtu sa robe sombre, et quelques étoiles rayonnaient en son sein. La lune brillante éclairait leur chemin, amoindrie par l’épais feuillage. La Communauté, épuisée et triste, marchait depuis trop longtemps, la tête basse, à la recherche d’un abri pour la nuit. Ils étaient découragés, et personnes ne cherchait vraiment. Marcher les faisaient oublier un tant soit peu la perte qu’ils avaient subi. Soudain, des archers se dressèrent devant eux, les menaçant avec leurs arcs bandés d’une flèche. Aragorn leva ses mains en signe de paix, tandis que Legolas avait sorti prestement le sien pour répliquer. Susan leva les yeux au ciel, très peu surprise. Tout elfe qu’il était, il avait le même caractère que l’homme. Ce n’était pas un soldat pour rien.

-Le nain respire si fort que nous aurions pu le tuer dans le noir, dit un grand elfe blond aux yeux azur.

-Haldir, souffla Aragorn. Nous venons en amis.

Sans prendre la peine de lui répondre, il les invita d’un geste à le suivre.  Une échelle descendit des ombres ; elle était faite de corde gris argent qui luisait dans l’obscurité, et malgré son aspect ténu, elle se révéla assez solide pour porter de nombreux hommes. Legolas grimpa avec légèreté, et Frodon le suivit plus lentement ; derrière venait Sam, Merry et Pippin, puis Aragorn, Boromir et enfin Susan. Les branches de mallorne poussaient presque droit, puis s’étalaient vers le haut ; mais, près du sommet de l’arbre qu’ils escaladaient, la tige principale se partageait en maintes branches en couronne, et ils virent que parmi celles-ci avait été construite une plate-forme de bois. On y accédait par un trou circulaire ménagé au centre, par lequel passait l’échelle.

En arrivant enfin sur la plate-forme, Susan trouva Legolas et Aragorn en conversation avec les elfes. Ils étaient vêtus d’un gris d’ombre, et on ne pouvait les distinguer parmi les branches s’ils ne faisaient quelque mouvement brusque. Il parlait une langue qu’elle ne comprenait pas, sûrement de l’elfique.

-Voici donc la légendaire courtoisie des elfes ! S’exclama Gimli. Ils parlent une langue qui nous est inconnue.

-Nous n’avons pas eu de rapports avec les nains depuis les jours sombres, lui répondit le chef des elfes de la Lorien.

-Et vous savez ce que le nain répond à cela ? Le questionna le nain.

Puis à son tour, il prononça quelques mots dans sa langue natale. Cela commençait vraiment à énerver Susan. Ne pas comprendre était vraiment une des choses qu’elle détestait le plus au monde. Et là, il fallait bien avouer qu’elle était perdue. Elle parlait pourtant de nombreux dialectes.

-Cela non plus n’est pas très courtois ! S’insurgea Aragorn.

-Vous apportez un grand danger avec vous, dit l’elfe blond, ignorant superbement le nain. Vous ne pouvez aller plus avant.

Le cœur de Susan manqua un battement. Ils ne pouvaient les bloquer ! Ils n’en avaient pas le droit ! Tous les peuples du Milieu aspiraient à la destruction de l’Anneau, à la chute du mal ! Elle siffla de mécontentement, et l’elfe dont elle ignorait encore le nom la regarda sceptiquement, presque avec mépris. Elle soutint son regard, jusqu’à ce qu’Aragorn s’adresse à lui –toujours en elfique-. Il négociait, tandis que les hobbits épuisés s’asseyaient, vite imités par Gimli et Boromir. Susan quant à elle préféra rester debout, de même que Legolas qui observait la forêt. La jeune femme s’avança vers l’elfe qui resta immobile. Seuls ses longs cheveux blonds jouaient dans le vent qui soufflait doucement.

-Comment se nomme l’elfe blond ? Murmura Susan.

-Lequel ? Répondit ironiquement Legolas sur le même ton.

-Vous le savez très bien, pesta-t-elle.

-On le nomme Haldir. Il est le général de l’armée de la Lorien.

Abasourdie, Susan se détourna, le remerciant du bout des lèvres. Elle avait offensé un grand guerrier elfe.

« Et bien bravo ! Lui dit Hirador en riant. »

Ce dernier était resté en bas, en se cachant dans un fourré d’herbes hautes.

« Oh ça va hein ! Répondit-elle. »

-Allons, veuillez me suivre, dit justement l’elfe avant de descendre par l’échelle.

Alors ils reprirent péniblement leur marche, épuisés, conduits par Haldir. Cela faisait deux jours qu’ils n’avaient pas dormis, et la fatigue torturait tous les esprits des membres de la Communauté. Les paupières lourdes, les hobbits avançaient en chancelant légèrement. Et si Sam et Frodon supportaient à peu près la marche, les deux autres n’étaient plus que des loques. Leurs yeux étaient cernés, leur dos courbé et leurs paupières presque closes. Prenant pitié d’eux, elle les hissa sur Hirador, et à peine furent-ils assis qu’ils s’endormirent.

Le jour déclinait de nouveau, donna aux feuilles une belle couleur ocre tout à fait charmante. Les membres de la Compagnie marchaient tête baissée, résistant tant bien que mal à un sommeil qui les appelait de plus en plus au fil des heures. Au bout d’un moment, ils s’arrêtèrent sur une butte qui surplombait une sorte de cuvette. Et lorsque Susan leva le regard, elle eut le souffle coupé. Ils se trouvaient dans un espace découvert. A gauche s’élevait un grand tertre couvert d’un tapis de gazon aussi vert que le printemps des temps anciens. Dessus, comme une double couronne, poussaient deux cercles d’arbres : ceux de l’extérieur avaient une écorce d’un blanc de neige ; ils ne portaient pas de feuilles, mails ils étaient splendides dans leur harmonieuse nudité ; les arbres de l’intérieur étaient de mallorne de grande taille, encore revêtus d’or pâle. Haut parmi les branches d’un arbre très élevé placé au centre de l’ensemble, brillait une plate-forme blanche. Au pied des arbres et sur toutes les pentes vertes l’herbe était parsemée de petites fleurs d’or en forme d’étoiles. Parmi elles, dansant sur de minces tiges, se voyaient d’autres fleurs, blanches ou d’un vert très pâle ; elles miroitaient parmi le riche coloris de l’herbe. Au-dessus, le ciel était bleu, et le soleil du crépuscule rayonnait sur la colline, jetant de longues ombres vertes sous les arbres.

-Caras Galadhon, le cœur du monde elfique sur Terre, annonça Haldir. Royaume du seigneur Celeborn, et de Galadriel, Dame de Lorien.

Ils avancèrent vers le cœur des arbres, mais Susan resta un moment encore plongée dans l’émerveillement. Il lui semblait avoir passé par une haute fenêtre donnant sur un monde évanoui. Il s’étendait dessus une lumière pour laquelle sa langue n’avait point de nom. Tout ce qu’elle voyait était de belle forme, mais ces formes semblaient en même temps nettement découpées comme si elles venaient d’être conçues et aussi anciennes que si elles duraient depuis toujours. Elle ne voyait d’autres couleurs que celles qu’elle connaissait, or et blanc, et bleu et vert, mais elles étaient fraîches et vives, comme si elle venait de les percevoir à ce moment et d’inventer des noms nouveaux et merveilleux. Nulle imperfection, nulle maladie, nulle difformité n’était visible en rien de ce qui poussait sur terre. Sur le pays de Lorien n’existait aucune souillure.

Le soleil descendait derrière les montagnes et les ombres s’épaississaient dans le bois quand ils repartirent. Ils pénétrèrent dans le cercle d’arbres blancs. Comme ils le faisaient, le vent du sud souffla et soupira parmi les branches. Leur sentier passait à présent dans des halliers où l’obscurité s’était déjà rassemblée. La nuit tomba sous les arbres tandis qu’ils marchaient, et les elfes découvrirent leurs lanternes d’argent.

Soudain, émergeant de nouveau en terrain découvert, ils se trouvèrent sous un pâle ciel nocturne, piqué de quelques premières étoiles. Haldir leur indiqua une sorte de caverne sous les racines de l’arbre central emménagé en chambre. Ils y déposèrent leurs effets et ils suivirent bien des chemins et montèrent bien des escaliers avant d’arriver aux endroits élevés, laissant Hirador, comme précédemment, au pied de l’arbre. Haldir les fit s’arrêter sur une magnifique plate-forme éclairée de lanternes sous un dôme d’argent. Les fines sculptures brillaient dans la nuit, dévoilant un large escalier qui se trouvait en face d’eux. Soudain, deux silhouettes y apparurent. Celeborn et Galadriel descendaient les marches à la manière des elfes, fussent-ils réputés puissants monarques. Ils étaient très grands, la Dame non moins que le Seigneur ; ils étaient graves et beaux. Ils étaient entièrement vêtus de blanc ; et les cheveux de la Dame étaient d’or, ceux du Seigneur Celeborn, longs et brillants, était d’argent ; mais il n’y avait en eux aucun signe de l’âge, sinon dans l’intensité de leur regard. Car leurs yeux étaient aussi pénétrants que des lances à la lumière des étoiles, et cependant profonds, puits de souvenirs enfouis.

Mais Susan ne s’extasia pas devant leur beauté, ni devant leur prestance. Elle ne s’extasia pas sur les cheveux d’argent du monarque, ni sur ses doux yeux bleus. Son regard était entièrement attiré par la Dame. Elle était grande. Comme elle. Blonde ; comme elle. Froide ; comme elle. Lorsque leur regard se croisèrent, le cœur de Susan s’arrêta de battre, avant de repartir de plus belle. Il s’affolait douloureusement dans sa poitrine, comme s’il cherchait à s’échapper de sa prison de chair. Les larmes inexplicables lui montèrent aux yeux, et des flashes atroces lui virent à l’esprit, troublants et sauvages. La bataille. Les statues. Le froid. La glace. Le vent. L’eau. Edmund. Oui, Edmund, son frère, qu’elle croyait mort. Son frère, si jeune, blessé. Sa tête allait exploser. Elle allait devenir folle. Les iris bleus remplis d’incompréhension de la Dame la transperçait de part en part. Elle connaissait ce regard. Son regard …

Violemment, elle se détourna, et dévala à une vitesse folle les marches, manquant souvent de tomber. Elle bloqua son esprit à Hirador, érigeant une barrière infranchissable entre leurs esprits. Il ne pouvait pas voir cela. Il ne comprendrait pas. Et elle se sentait coupable. De lui cacher ça. Cette partie de sa vie, celle qui hantait ses nuits, et ruinait ses jours. Cette bataille qui l’avait marqué à vie, le périple fou qu’elle avait dû subir. La mort, qu’elle avait rencontrée. La mort qu’elle avait quitté. La mort qu’elle avait retrouvé. Les larmes coulaient à présent librement sur ses joues blanches. Elle ne cherchait même pas à les retenir. Elle était faible. Faible de pleurer. Faible d’avoir peur de son passé. Son passé … Ce regard … Ces yeux froids … Ses yeux. Car ce n’était pas le regard de la douce Galadriel qu’elle avait rencontré. Mais bien son regard. Son regard froid, dur et fou. Le regard glaçant de Jadis, la Sorcière Blanche.

Son cœur battait frénétiquement. La course ou la peur provoquait cela. Mais de qui avait-elle peur ? La Sorcière Blanche n’était plus de ce monde, elle avait été détruite par Aslan lui même. Mais son souvenir la hantait. Ses yeux. Son regard qu’elle avait croisé. Ses traits si beaux mais si cruels, elles les avaient retrouvés dans ceux de la Dame de Lorien. Les mêmes cheveux blonds, la même noblesse. Le nez aquilin se retrouvait chez l’une et chez l’autre. La peur, non, la terreur l’habitait. Jamais elle n’avait ressenti cela. Elle arriva au pied du grand arbre où Hirador l’attendait, inquiet. Lorsqu’il la vit, il hennit doucement et chercha à forcer le mur. Mais Susan résista, et partit se réfugier sur l’une des couchettes de la « chambre », la plus en recul et dans l’obscurité. Elle s’installa, ses genoux ramenés sur sa poitrine et la tête enfouie dedans. Elle avait mal. Au cœur, tout d’abord, qui refusait de reprendre un rythme normal, mais également dans son esprit. Son âme souffrait. Les images défilaient devant ses paupières closes. Toujours plus violentes. Toujours plus horribles.

Combien de temps resta-t-elle ainsi ? Apparemment assez pour qu’elle y soit encore lorsque les autres revinrent. Mais elle ne les entendit même pas. Les membres de la Communauté étaient choqués par la scène qui se présentait à eux. Jamais la seule femme de la Communauté n’avait montré un quelconque signe de faiblesse. Et pourtant elle paraissait si fragile… si vulnérable …

Aragorn s’assit devant elle et posa une main sur son genou, cherchant à l’apaiser. A peine l’avait-il touchée qu’elle se recula vivement, se collant au bois du mur, lui lançant un regard tout bonnement terrifié. Stupéfait, il réalisa que Susan avait peur de lui.

-Ce n’est que moi, dit doucement l’homme, voulant la rassurer.

Elle voulut lui répondre, lui dire que ce n’était aucunement de sa faute. Que le problème venait d’elle. Qu’elle était le problème. Elle voulut lui crier de la laisser tranquille, mais aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres. Tout ce qu’elle réussit à faire, fut se lever et courir. Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir.

Elle se retrouva, sans vraiment savoir comment, dans une étrange clairière vide. Et cette clairière eut pour effet de l’angoisser. Elle lui donna l’impression d’être prise au piège, dans une cage. Alors elle cria. Elle se vida les poumons, elle vida sa tête, son corps, son cœur, de toute cette colère, de toute cette peur, de toute cette haine.

Lorsqu’elle eut fini, que son cri perçant ne raisonna plus dans le creux des montagnes, elle sentit que c’était fini. Elle n’avait jamais fait une crise aussi violente. A Narnia, lorsqu’elle en avait, elles étaient minimes. Et Peter les calmait simplement en la prenant dans ses bras. Mais Peter n’était pas là. Personne n’était là. Elle était seule. Démunie. Impuissante.

Elle tomba à genoux dans l’herbe fraiche et ferma les yeux douloureusement. Elle serra fort ses points jusqu’à ce que ses jointures tournent au blanc. Son cœur ce contracta une ultime fois, et elle se détendit, huma le parfum subtile de la nature qui l’entourait.

Un ombre se dessina dans le couvert des arbres, et un elfe aux longs cheveux blonds s’approcha doucement, comme on s’approche d’une bête qu’on ne veut pas effrayer. Susan se releva d’un coup, sur ses gardes.

-N’ayez crainte, dit l’elfe d’une voix que Susan ne reconnaissait pas. Je viens de la part de la Dame. Elle a pour souhait s’entretenir avec vous.

Lorsqu’il avança encore de quelques pas, elle put distinguer les fins traits d’Haldir qui la fixait. Elle prit une grande inspiration, et entreprit de le suivre. Alors qu’ils marchaient vers Caras Galadhon, l’elfe dit à Susan :

-J’ignorais qui vous étiez, dans la forêt, il y a deux jours.  Excusez mon comportement, reine Susan.

-Pourquoi ? Demanda-t-elle simplement, ce qui l’agaça fortement. Elle n’arrêtait pas de poser cette question ces temps-ci !

-Vous savez, expliqua-t-il, depuis que l’ombre a de nouveau envahi notre terre, nous nous méfions des étrangers. Et, sans vouloir vous offensez, je ne connais aucune femme en Terre du Milieu qui vous ressemble.

-Je comprends, dit-elle.

Le silence les accompagna durant le reste de la marche, et cela apaisa la jeune femme, qui avait les nerfs à fleur de peau. Ils arrivèrent devant une large fontaine qui brillait dans la nuit éclairée par les rayons lunaires. Haldir se retira en s’éloigna en s’inclinant légèrement. Susan s’assit sur un petit banc et ferma les yeux, profitant du calme de la cité. Le son de l’eau emplissait ses oreilles et la ravissait comme aucun chant n’aurait pu le faire.

-Je vous en prie, ne partez pas encore une fois, dit une femme.

Sa voix résonna dans la ville silencieuse. Cette voix … Elle l’avait déjà entendue. En rêve. Le jour où Aslan lui avait annoncé son devoir. Elle ouvrit brusquement les yeux, et se retrouva devant la Dame de Lorien. De nouveau, son cœur s’emballa, mais la crise était déjà passée.

-Dame Galadriel, dit la reine de Narnia en s’inclinant.

L’elfe voulut relever la jeune femme, mais à peine avait-elle touché sa main que cette dernière se recula vivement, effrayée.

-Pardonnez-moi ! S’empressa-t-elle de dire. Je … Je n’ai … pas l’habitude.

Elle se gifla mentalement. Ce qu’elle disait n’avait aucun sens. Elle était ridicule.

-Vous êtes surprenante, Reine Susan, dit calmement l’elfe avec un soupçon d’hésitation.

-M … moi ? Bégaya-t-elle.

-Asseyez-vous quelques instants avec moi. S’il vous plait.

Obéissante et tétanisée, elle suivit ce qu’elle reçut comme un ordre. Son esprit était plus qu’embrouillé. Cette femme –ou plutôt cette elfe- n’avait pas l’air très agressive, mais l’image de la sorcière, avec son couteau souillé de sang s’imposa à elle, la faisant frissonner.

-Avez-vous peur de moi ? Demanda Galadriel dubitative.

-Oui … souffla Susan, avant de se rendre compte de ce qu’elle venait de dire. Elle leva vers la Dame un regard où se mêlait la peur, la confusion, le choc. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire ! Je … je …

-Pourquoi ? S’enquit la Dame.

-Eh bien … Cela risque d’être bien long, dit la jeune femme.

-J’ai l’éternité, répondit l’elfe en plongeant ses yeux dans ceux de son interlocutrice.

Susan se sentit aspirée par ce regard, et un frisson parcouru sa colonne vertébrale. Elle en avait peur, mais elle avait besoin d’en parler à quelqu’un. Son secret était trop lourd à porter. Son cœur réclamait un répit, alors elle se lança :

-Dame Galadriel, je vous demande de ne pas me juger. Je vous demande également de n’en parler à personne, votre illustre époux compris. Je ne suis pas née reine. Je suis devenue reine. Avant que mes frères, ma sœur et moi-même ne nous installions sur le trône, une femme régnait sur mon pays. Une femme cruelle, dénuée de sentiments. Un assassin, un monstre. Elle fit subir aux habitants un hiver qui dura un siècle. Lorsque nous avons voulu arrêter cette horreur, une bataille a eu lieu, vous vous en doutez. Elle a failli tuer mon plus jeune frère. Elle a détruit notre famille, même si aujourd’hui, elle est plus soudée que jamais. Cette femme m’a marquée très profondément. Son souvenir me hante. Elle m’a fait tellement de mal …

-J’en suis désolée, reine Susan, murmura Galadriel. Malheureusement, je ne puis faire le rapprochement entre votre histoire et moi.

-C’est étrange, répondit Susan. Vous me la rappelez un peu. Même beaucoup. Je la revois tellement à travers vous ! Les mêmes traits, les mêmes lèvres, la même noblesse, le port de tête parfait. Mais ce qu’il y a de plus terrible, pardonnez-moi, ce sont vos yeux. Les siens étaient semblables, brillants, froids. Je vous insulte sûrement, mais je ne saurais le dire autrement. Vous … vous m’avez fait revivre ce que j’ai tant cherché à oublier !

L’elfe blonde sembla se troubler, avant que ses yeux ne s’humidifient, et qu’elle baisse la tête. Devant ce changement de comportement, la jeune femme se tut, et attendit, sceptique. Ainsi, la Dame était beaucoup moins impressionnante.

-Itarillë2 ... Souffla-t-elle

-Je vous demande pardon ? Lâcha Susan en fronçant les sourcils 

-Vous savez, dit-elle, j’avais une petite sœur, de trois mille ans ma cadette. Et votre … la description que vous faites de cette femme, cette sorcière, en tout point ma semblable, m’y a fait penser. Nous nous ressemblions beaucoup.

-Vous aviez ? Demanda Susan.

-Oui, elle est partie à l’Ouest il y a longtemps.

-Si jeune ?

-Elle … elle s’est enfuie à vrai dire, avoua la Dame.

-Pourquoi cela ? Si je puis me permettre, ajouta-t-elle.

-Vous savez, lorsque j’ai reçu Nenya, l’anneau de l’eau, expliqua Galadriel, ma sœur fut, même si elle n’en montrait rien, infiniment jalouse. Ma sœur aimait tout ce qui pouvait la rapprocher du pouvoir, qu’elle désirait par-dessus tout. Mais j’étais désignée pour gouverner, et pas elle. Et même si nous nous aimions profondément, il y avait toujours cette jalousie qui nous séparait. Un jour, grâce au pouvoir que me conférait l’anneau, j’ai créé une pierre appelée « Pierre de glace ». C’était une arme redoutable, j’en suis convaincue, seulement je n’ai jamais eu l’occasion de l’essayer. Ma sœur me l’a dérobée alors que je récupérais de l’effort que j’avais fourni, et s’est enfuie avec. Un elfe des Havres nous a rapporté qu’elle avait pris la mer.

-Une … une pi … pierre de gla .. ace ? Dit Susan, en tremblant comme une feuille dans le vent

-C’est exact, répondit l’elfe. Pourquoi tremblez-vous ?

-Co … comment s’appelait-elle ? Chuchota-t-elle, comme si elle redoutait la réponse.

-Je l’appelais Itarillë, dit-elle en riant à ce souvenir. Mais à sa naissance, elle fut baptisée Indis. Cependant, elle détestait son prénom. Il signifie «grande femme », et ma sœur était, il faut le dire, une elfe très grande. Elle a toujours préféré que l’on l’appelle Jadis …

Un hoquet de stupeur quitta la poitrine de Susan qui plaça sa main devant sa bouche, stupéfaite. Jadis … Ce pourrait-il que … ? Non, les chances étaient si faibles. Mais tout correspondait ! Le physique, le nom, et surtout la pierre. De glace, avait dit Galadriel. La pierre aurait pu se positionner sur un sceptre, formant ainsi l’arme redoutable de la Sorcière Blanche. Et puis, elle avait réussi à venir jusqu’ici, pourquoi l’inverse serait-il impossible ?

-Dame Galadriel,  dit Susan, je … je … Cette femme, dont je v…vous ai parlé s’appelait Jadis. Elle avait un bâton surplombé d’une pierre qui transformait en roche ceux qu’elle touchait, ajouta-t-elle comme hystérique. Elle avait de longs cheveux blonds, des yeux bleus de glace, la peau de lait, le... elle avait...

-Itarillë, souffla la Dame, qu’as-tu fais ?

-Je … je …, bégayait Susan à bout de souffle, je …

-Je suis navrée, dit-elle pitoyablement en posant délicatement une main sur l’avant-bras de la jeune femme.

Violemment, elle se leva du banc et recula de quelques pas. Elle plongea son regard effrayé dans celui de la Dame, et y lut toute la peine qu’elle ressentait. Mais malgré cela, elle n’arrivait pas à ressentir la moindre compassion. Son cœur était hermétique.

Alors elle se détourna et partit rapidement. Elle marcha dans la cité elfique, et cela l’apaisa fortement, calma ses nerfs ; elle essayait d’oublier. Cette conversation, bien évidemment, mais également le reste. Cette sorcière … Pourquoi en avait-elle si peur ? Après tout, elle était celle qui en avait le moins souffert. Lucy a failli perdre un ami, Edmund a failli perdre la vie et Peter également en combattant contre elle. Alors pourquoi ? Cette question restait auprès de celles dont elle n’avait pas la réponse.

Ses pas l’avaient conduite à la chambre sous les racines. Lorsqu’elle arriva devant l’entrée, elle vit Gimli qui s’affairait à se préparer une couche, les hobbits qui rangeaient les sacs, tandis que Boromir et Aragorn aiguisaient leurs lames. Legolas quant à lui regardait les étoiles, songeur. Ce fut lui qui la remarqua en premier, mais il n’eut pas le temps de dire un mot qu’une tornade grise se planta devant-elle. Hirador, dominant Susan de toute sa hauteur, la regardait avec colère. Immédiatement, elle baissa la barrière mentale qu’elle avait édifiée et la réaction arriva bien vite.

« Je peux savoir pourquoi tu as fait cela ? Demanda-t-il, glacial. »

« Je n’ai pas envie d’en parler, répliqua Susan sur le même ton. Cela ne te regarde en rien, et je te demanderai de te passer de tout commentaire.»

Le cheval se détourna en hennissant de mécontentement, vaincu, et partit faire la tête dans un coin. Les autres la regardaient à présent étrangement, cet échange muet avait fait son impression. Elle sentit le sang afflué dans ses joues. Elle n’aimait pas que toute l’attention de ses compagnons de voyage se tourne vers elle

-Allez-vous bien ? S’enquit Aragorn, la curiosité perçant à travers sa voix.

-Il est aimable de vous en inquiéter, répondit doucement Susan. Je suis seulement fatiguée par le voyage, rien de plus.

-Allez dormir, conseilla Legolas assez froidement, au grand étonnement de la jeune femme.

Mais trop épuisée pour lui répondre quoi que ce soit, elle hocha la tête et partit se réfugier dans la couchette qui touchait le fond de la caverne. A peine avait-elle posé son corps sur le matelas qu’elle s’endormit, exténuée par sa marche et les découvertes qu’elle avait faites dans la soirée. Son cerveau dans son sommeil tournait toujours à plein régime, et la nuit ne fut pas aussi reposante qu’elle aurait dû l’être …

 

 

1-Adieu

2- petite étincelle

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