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Hunger Games

My Battle
[Histoire Terminée]
Auteur: hannami Vue: 208
[Publiée le: 2012-08-28]    [Mise à Jour: 2012-10-29]
G  Signaler Action-Aventure Commentaires : 2
Description:
Voilà cinquante-cinq ans que la révolte du District 13 a eu lieu et que celui-ci a été détruit de la carte de Panem. Les Jeux continuent !


Histoire se déroulant avant la série de Suzanne Collins et Two-Shot en parallèle de mon autre fiction, "Happy 55th Hunger Games"
Crédits:
Hunger Games belongs to Suzanne Collins.
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Not The Same

[5338 mots]
Publié le: 2012-08-28
Mis à Jour: 2012-08-28
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur A la demande de Saemoon, me revoilà avec un Two-Shot sur Eider. Bien sur, pour comprendre cette histoire, il faut avoir lu la précédente.

Enjoy !

_Manqué.

Je jure entre mes dents. Je sais la veine de ma tempe droite palpiter de colère. Je vais chercher mon trident, planté à dix bons centimètres du cœur de la cible. Je me repositionne, me concentre et attends le moment propice. Je prends un peu de recul et lance à nouveau.

_Encore manqué.

La voix fatiguée de mon frère m'énerve. Je voudrais lui couper la langue. Et la tête aussi.

Allez Eider, cette fois sera la bonne. Je fiche mon trident en plein centre.

_Youhou ! Je m'écris en brandissant mon poing, parfait !

_Pas trop tôt, grogne Ostro. C'est bon pour ce matin. Je voudrais pas te voir à moitié mort pour ta Moisson.

_Comme si j'étais fatigué, je proteste en levant les yeux au ciel, je pourrais encore courir cinq kilomètres, faire des pompes et na-...

_Ne fais pas l'enfant, me coupe Ostro en grimaçant, j'ai pas le temps pour jouer à ça. Maintenant, on rentre. Et puis, tu es un bon un rien en ce moment.

Alors qu'il est de dos, j'en profite pour faire un geste pour le moins obscène et crache devant moi en le foudroyant du regard.

_Je sais ce que tu fais, Eider. Maintenant arrête de faire l'imbécile et ramène toi.

Voilà, maintenant je suis vraiment énervé. Mon frère n'est qu'un sale orgueilleux écervelé et narcissique. S'il est si fort et intelligent, pourquoi Papa et Maman ne l'ont pas envoyé, lui, aux Hunger Games lorsqu'il le pouvait encore ? Voilà la question que je me pose depuis mes six ans. Depuis que mon entraînement en tant que Carrière a commencé. Et surtout, depuis que cet idiot d'Ostro est mon coach attitré.

Sur le perron de la maison, notre mère nous attend de pied ferme. Elle semble radieuse.

_A l'heure, comme d'habitude, sourit-elle, Eider est prêt ?

_Je crois, réponds mon frère en haussant les épaules, sinon, nous le verrons bien assez tôt, n'est ce pas, mon vieux ?

A cela, il s'esclaffe d'un air mauvais et ma mère me regarde, amusée par la blague de mauvais goût d'Ostro. Hé bien oui, si ce bon vieux Eider n'est pas assez entraîné, il mourra le premier jour ! Tant pis, hein ! Il reste toujours Damell pour prendre la relève, pas vrai ?

_Ne dis pas ça, le gronde gentiment Maman, Eider gagnera, bien sur. Pas vrai mon chéri ?

_Évidement, je lui réponds avec mon plus resplendissant sourire.

_Ça, c'est mon grand garçon ! Me taquine-t-elle en m'ébouriffant les cheveux.

J'ai, depuis bien longtemps, arrêté de la repousser. Bien que ce qu'elle fasse ait toujours tendance à m'exaspérer. Et ça, elle le sait bien.

_Hecca ! Dit leur de qu'ils se préparent avant qu'on soit en retard ! Manquerait plus que ça, tiens ! Qu'on soit en retard pour la Moisson de notre fils. Ah ! La bonne blague.

La voix de mon père résonne depuis l'intérieure de la maison. Mon père. Quelqu'un de peut-être encore plus exécrable qu'Ostro.

_Et toi, bouge toi un peu ! Allez !

J'entends Damell, mon petit frère, s'excuser d'une petite voix. Pauvre gamin. Si je meurs à ces Jeux, il devra à son tour être élevé comme un Carrière. Et je ne veux pas que ça arrive. Je gagnerai, c'est certain.

Nous mangeons rapidement et j'avale tout ce qu'il m'est possible d'avaler en cinq minutes top chrono. C'est à dire pas grand chose. Ostro dit à qui veut bien l'entendre que manger vite est une bonne chose. Comment une idée pareille lui est sortie de la purée qui lui sert de cervelle ? Une théorie des Professeurs venus tout droit du Capitol pour enseigner la médecine à quelques étudiants du District Quatre. Comment Ostro a réussi à intégrer une classe de médecine ? Ça, je n'en sais rien et franchement, je m'en fiche comme de mon premier rot.

J'enfile des vêtements propres et remet ma douche à plus tard. Après tout, personne ne viendra sentir mes aisselles, pas vrai ? Puis, comme la bonne petite famille que nous sommes, nous nous dirigeons à grands pas vers le centre-ville où la Moisson a lieu. En chemin, je rencontre les regards tous plus hargneux les uns que les autres des autres Carrières à mon encontre. Je leur retourne un sourire narquois et amusé.

_Je vous verrais depuis l'estrade ! Je leur lance avec un clin d'œil.

Ces imbéciles croient peut-être qu'ils se porteront volontaires plus vite que moi. Ils rêvent.

Sur la place centrale, je remarque qu'il y a plus de visages contrits d'angoisse que confiants. Le District Quatre a beau être un des plus riches et ayant pas mal de vainqueurs des Hunger Games à son actifs, il n'y a pas que des Carrières. Un gosse de treize ans est si pâle qu'il m'en ferrait presque peur.

_T'inquiètes le môme, cette année ce sera moi le champion, je lui chuchote en passant à côté de lui.

Il lève subitement la tête comme pour voir qui vient de lui parler. Mais je suis déjà englouti par la foule avant qu'il ait pu mettre un visage sur ma voix.

Mes parents, Ostro et Damell vont se mettre du côté des familles tandis que je me range bien sagement dans la catégorie des dix-sept ans. Le gars à côté de moi me jette un sale regard.

_Un problème ? T'as peur, lavette ? Je lui souris.

Il baisse les yeux sans rien rétorquer. Voilà qui est fait.

Je lève les yeux, tranquille, sur la scène. Seulement trois Pacificateurs sécurisent la zone. Lors des précédentes Moisson, j'ai remarqué qu'il y en a beaucoup plus dans les Districts Onze et Douze. C'est normal en un sens. C'est là on se concentre toute la vermine et la racaille de Panem. L'hôte monte sur l'estrade. C'est un drôle de type excentrique, comme tous les habitants du Capitol, avec des cheveux violets et une drôle de peau jaunâtre.

_Bonjour Panem et joyeux cinquante-cinquième Hunger Games ! S'exclame-t-il en direction des caméras, ici Jaydamin Wallace en direct du District Quatre ! Permettez moi d'accueillir le maire Tobias Spencer, ainsi que quelques uns des précédents vainqueurs des Hunger Games ! Nous ne pouvons, bien sur, pas tous les inviter, il y en a tellement ! Et puis, les autres Districts se sentiraient désavantagés, n'est-il pas ?

La foule s'esclaffe avec lui et je ris aussi. Trois mentors rejoignent l'hôte. Je reconnais Shark Dwight, le gagnant des cinquantième Jeux, Dallen Stormcloak, celui des trentième et une vieille femme à la peau mate que je n'ai jamais vu. Un vainqueur des Hunger Games que je ne connais pas ? Ostro et mon père m'ont fait regarder tous les enregistrements de tous les Hunger Games et je suis certain de n'avoir jamais vu cette femme. Il me semble également ne jamais l'avoir vu coacher un Tribut. Étrange. Le maire commence son discours que j'écoute d'une oreille distraite, les yeux rivés sur cette vieille.

Jaydamin Wallace déclare d'une voix tonitruante qu'il commencera par les filles, comme toutes les années. Après avoir fait son cinéma, il sort un petit papier blanc plié en quatre.

_Arielle Blacksea !

Parmi les rangs des filles, des murmures se propagent. Puis, l'une d'elle se détache de la catégorie des seize ans et se rend d'un pas solennel vers la scène. Ce n'est pas une Carrière. On peut le lire dans ses yeux effarés bien qu'elle tente d'afficher un masque froid et sérieux. Ses cheveux blonds, coupés au carré, lui donne un air dur et ses prunelles vertes sont loin d'ajouter un peu de douceur à ce visage fermé.

_Des volontaires ? Demande l'hôte en se tournant vers son public.

Étonnamment, personne ne se propose. Je remarque que trois Carrières parmi les seize ans la regarde en souriant d'un air mesquin. Oh, je vois. Une vengeance. Cette Arielle Blacksea ne semble pas très aimée. Pas de chance.

_Bon, au tour du petit chanceux maintenant !

Alors qu'il touille dans son bocal, je sais que je ne serais pas choisi. Il n'y a presque aucun papier à mon nom. Tout sera une question de rapidité. Je ne laisserai personne me voler la place qui me revient. Cette année, le Tribut du District Quatre sera Eider Foawave. Et pas un des ces crétins.

_Eider Foawave !

Le destin. C'est le destin. Ça ne peut être que ça. Je bouscule les autres et trottine vers l'estrade en saluant la foule. Je lance un sourire à ma famille. Je vois sur le visage d'Ostro qu'il s'en fiche. Ma mère applaudit comme une idiote, mon père me fixe, les sourcils froncés et je vois que Damell se retient de pleurer.

_Y a-t-il des volon-...

_Pas besoin, je le coupe, j'accepte ma place. Je ne veux pas de remplacement.

Je regarde, mesquin, les autres Carrières qui me fusillent du regard. Allez, rentrez chez vos parents les minables !

_Hé bien, hé bien, quel concurrent ! S'exclame Jaydamin, veuillez les acclamez bien fort, mesdames et messieurs ! Voici vos champions !

Un tonnerre d'applaudissements résonne sur la place. Je prend un air digne et fier.

Ça plaira aux caméras.

Puis, un Pacificateur nous escorte jusqu'à l'hôtel de ville, une grande bâtisse blanche aux reflets nacrés donnant sur l'océan. Comme on peut s'y attendre, l'intérieur est outrageusement riche. Les murs sont recouverts de tableaux de maîtres et des tapis allant d'eau vert d'eau clair à un turquoise éclatant parent les sols. Le Pacificateur s'arrête devant une double porte gigantesque et me demande d'y entrer. Je lui obéis. Je l'entends continuer dans le couloir. Il surveillera surement la salle d'Arielle. Les organisateurs doivent avoir peur qu'elle s'enfuit ou se suicide. Moi, je ne représente pas une grande menace. Je ne risque pas de prendre mes jambes à mon cou ou de me pendre avec le lustre.

Je m'installe sur le canapé moelleux et attend mes visites. Après quelques minutes, Ostro pénètre dans la pièce.

_Je vous attendais, je lui dis avec l'intonation de voix des gangsters dans les vieux films qu'ils passent à la télé lorsque les Hunger Games sont finis.

_Tu peux pas t'en empêcher, hein ? De faire l'imbécile ? Me demande mon frère, exaspéré.

_Oh, fais pas le timide ! Je sais que je vais te manquer ! Allez, avoue ! J'ironise.

_Bien sur, bien sur. Ça me fera des vacances. Peut-être même qu'elles seront prolongées, tu crois pas ?

_Si tu penses que je vais caner, rêve pas trop. Je vais gagner et tu le sais bien.

Il hausse les épaules, tourne les talons et claque la porte sans un mot de plus. Bon débarras. Un timide toc-toc résonne. Damell et Maman rentre précautionneusement. Mon petit frère vient se jucher sur la canapé à côté de moi.

_Tu vas rentrer, dis ? Me demande-t-il d'une voix fluette.

_Bien sur que oui. Où est Papa ?

Ma mère sursaute, comme si ma voix lui avait fait peur. Il se tire de la contemplation d'un tableau et ose enfin poser les yeux sur moi.

_Tu sais bien qu'il ne peut pas laisser l'entreprise trop longtemps. D'ailleurs, il va falloir rentrer. J'ai peur que la femme de ménage ne vole quelque chose. Ces pauvres, on ne peut pas leur faire confiance...

_Oui, oui, j'acquiesce d'un ton détaché.

_Bon et bien, à bientôt.

Elle m'ébouriffe les cheveux et me murmure à l'oreille :

_Je suis fière de toi.

Puis, elle dépose un baiser sur le sommet de mon crâne. Damell agite sa main encore potelée par l'enfance et ils disparaissent tous les deux dans le couloir. Pas besoin d'en faire une pendule, je sais que je les reverrais dans quelques semaines.

Des sons étouffés de sanglots me parviennent. Curieux, je m'approche et me colle contre la porte restée ouverte. Un couple passe. La femme est en larme. Probablement les parents d'Arielle.

On finit par venir me chercher et on nous conduit à la gare où une foule en délire nous attend. Arielle a toujours le même visage distant et inerte. Sympa. Pour ma part, je préfère la jouer à l'aise, ce que je suis. Je salue mon public et envoie des sourires à tout va. On me fait rentrer dans le train et lorsque le compartiment se referme, le silence est total. Je me sens coupé du monde.

Je suis enfin en route pour le Capitol. Je suis en route pour la gloire. Je vais gagner. Pour moi et pour Damell.



X


Le voyage fut... désagréable.

Arielle, lorsqu'elle ne se renferme pas dans son mutisme, est une rabat-joie et une sacrée mijaurée. Une vrai sainte ni-touche. En plus, quelque chose dans son comportement me fait douter de sa vraie nature. Peut-être que tout ça n'est qu'un rôle que Shark et Dallen lui ont ordonné de jouer.

Pour ma part, ils m'ont conseillé d'être égale à moi-même. J'ai le charisme requis pour les plateaux télé. L'autre mentor, dont j'appris qu'elle s'appelle Mags passe son temps à nous observer en faisant de drôles d'hameçons. Une sacrée tarée celle là.

Nous avons regardé avec attention la Moisson des autres Districts. Chaque mentor y est allé de son petit commentaire excepté Mags. Spark et Twinkle, les jumeaux du Un sont trop jeunes, ils n'auront pas assez d'expérience et de maturité. Alabastair et Amirta du Deux sont nos plus grands concurrents. Ils semblent se compléter relativement bien. Bien que je ne vois pas comment un gros sac comme lui fera pour courir. Les Deux du Trois sont a oublier. Et tous les autres sont à mettre à la poubelle. Ils ne valent rien. Ceux du Douze sont des microbes. Pourtant, je n'aime pas l'allure du type du Onze. Je ne sais pas pourquoi mais je le sens mal.

Après notre arrivée acclamée au Capitol, on nous conduit vers nos stylistes. Ils nous préparent toute la journée. Ils ne cessent de s'extasier devant mes cheveux auburn et mes yeux bleus pâles. D'après eux, nous ferons d'excellent modèle. Je ne vois pas vraiment ce qu'ils trouvent à Arielle mais enfin.

On me fait revêtir une toge bleutée et on m'affuble d'un trident doré. Lorsque je retrouve Arielle, elle est habillée d'un robe immaculée moulant son corps fin et musclé avant de s'évaser à partir de ses genoux. Je me demande comment elle va réussir à marcher. Son visage froid est peint de vert et de bleu.

_S'ils ont voulu te faire ressembler à une sirène, c'est raté. On dirait plutôt un vieux mérou, je rigole.

Elle me jette un drôle de regard.

_Au moins, l'idée que je doive ressembler à une sirène t'as traversé l'esprit. C'est que ce n'est pas si raté que ça. Toi, par contre...

Je lève un sourcil, blasé.

_Pas besoin de savoir ce que je suis censé représenter. Tout ce que je sais c'est que je suis parfait. Le public va m'adorer. Par contre, avec une gueule comme la tienne, n'espère même pas.

Elle ne daigne pas me répondre et je lui fait un clin d'œil. Je n'essaye même pas d'être gentil avec elle. Je ne l'aime pas. Point barre.

On nous fait grimper sur notre char. De là où nous sommes, nous pouvons voir les autres Tributs. J'aperçois les jumeaux, ceux du Deux et ceux du... Onze ? Où sont passés leurs habituels costumes d'épouvantails ? Le gars remarque que je le toise. Il me jette un sourire carnassier avant de bourrer la fille dans le chariot. Oh, je n'aime pas ça. Nos stylistes dont les noms m'échappent redoublent leurs encouragements et nos mentors nous soufflent quelques conseils. Mags m'adresse seulement un sourire édenté. Je me rends compte que je n'ai jamais entendu sa voix.

Nous nous élançons. Je ne m'étais pas vraiment rendu compte que les autres étaient déjà partis. Les lumières m'aveuglent dans un premier temps et le bruit terrible me rend partiellement sourd. A côté de moi, Arielle salue la foule. Oh, je ne vais pas la laisser s'accaparer tous les regards. Elle ne croit tout de même pas qu'elle va voler mon public, si ?

Je leur fais mon numéro. Je laisse des baisers, des sourires et m'accapare la moitié du public. Malgré le non dit, Arielle sent bien la menace. Nous renchérissons tout deux un peu plus pour s'attirer l'amour des habitants du Capitol. Mais je sens l'attention se détourner alors que nous arrivons au niveau du balcon du Président Snow. Je me retourne.

Le District Onze.

Je vois que la plupart des autres Tributs les assassine du regard. Au moment où je me dis que je lui planterais bien mon trident dans l'estomac, je me dis qu'un peu de concurrence ne ferra pas de mal. Après tout, un type comme lui, sans réelle envergure, commence à se prendre au jeu. Il force l'admiration. En réalité, j'aime bien ce type.



X



Nous passons notre journée de repos à parler stratégie avec Shark et Dallen qui me conseille de me lier avec les autres Carrières et de montrer mes points forts aux autres, histoire de les effrayer un peu. Ce qui est naturel. Je ne sais absolument pas ce qu'ils conseillent à Arielle. Surement pas de faire copain-copain avec les Carrières, en tout cas. Mags continue de faire ses hameçons avec une détermination féroce. Elle aussi force le respect. Je ne pourrais jamais déployer autant de temps à faire quelque chose d'aussi inutile.

Jaydamin nous apprend que nous avons recueillis de nombreux sponsors et que notre prestation au Grand Cirque était tout à fait honorable. Pourtant, je sens bien que ceux du Onze ont fait sensation. D'ailleurs, je ne serais pas étonné si notre hôte nous annonçait qu'ils avaient raflé la plupart des sponsors.

Le premier jour d'Entraînement, je retrouve une Arielle relativement enjouée, un air doucereux peignant ses traits. Je sais derechef que quelque chose ne tourne pas rond. Je l'observe d'un œil suspicieux. Elle me sourie. Oh, je n'aime pas ça.

_Eider ? Un problème ? Me demande-t-elle d'une voix calme.

_Aucun. J'essaye juste de percer ton petit jeu à jour.

Elle rit doucement.

_Tente toujours, me défit-elle en reprenant sa voix froide.

L'ascenseur arrive. Il faut dire que je ne m'attendais pas à une salle aussi grande. Toutes sortes d'armes et d'exercices sont repartis dans l'espace. Des instructeurs attendent patiemment à leur place respective. Les Tributs du Cinq et Huit sont déjà présents.

Un «ding» me fait sursauter. Les Tributs du Onze sortent de l'élévateur. Nous nous toisons, méfiants sauf la fille. Elle affiche un grand sourire et nous regarde, sereine. Je dois bien avouer qu'elle me fait une drôle d'impression. Il est clair que sa place n'est pas ici. Elle a l'air d'être en décalage. Comme si elle ne comprenait pas l'enjeu.

Lorsque tous les Tributs sont rassemblés au centre du hangar, l'instructeur en chef nous explique comment ces trois jours se dérouleront. Deux jours d'entraînement et notre passage devant les Juges au troisième pour avoir notre note. Je sais déjà comment tout ça se passera.

Bon, maintenant, il faut que je parle avec les jumeaux, Alabastair et Amirta...

_Hum, bonjour, nous interpelle une petite voix timide.

La fille du Onze se tient à quelques pas de nous. Elle nous regarde, un peu gênée.

_Je sais que je n'ai l'air de rien mais je peux vous montrer quelques trucs utiles. En échange, vous me montrez quelques uns de vos trucs. D'accord ?

Alors que je pense qu'Arielle va la refouler, elle accepte avec un grand sourire. Ça sent pas bon. Cette saleté d'Arielle prépare quelque chose, j'en suis certain. Un peu plus loin, les autres Carrières se rassemblent et m'observent à la dérobée. Je devrais aller les rejoindre... Mais le comportement d'Arielle me dérange. Si elle trame quelque chose, je ne veux pas le découvrir dans l'Arène.

_Bon, commençons par aller aux lances. Tu sais comment t'en servir ? Je demande à la fille.

_Pas vraiment, m'avoue-t-elle, gênée.

_Hé bien, c'est parti ! Je lui lance, tout sourire.

Arielle a une moue déconfite. Je lui adresse un petit rictus victorieux. Elle grimace. Ah ! Cette saleté ne s'attendait pas à ce que je reste ! Bien fait ! Elle trame quelque chose et je découvrirais quoi bien assez tôt.

Lors de notre atelier, le gars du Huit, Denim, nous rejoint. Il faut dire que nous formons une drôle d'équipe. Un Carrière, une pimbêche, une fille trop naïve et un freluquet.

Pourtant, je me trouve plusieurs points communs avec Denim et Eila (dont j'appris le nom au court de notre repas de midi). Je dois bien admettre qu'ils nous serons d'une grande aide une fois jetés dans l'Arène. Pour ce qui est d'Arielle, je ne m'imaginais même pas faire équipe avec elle dans un premier temps... Mais il faut dire que son retournement de caractère m'intrigue. Elle reste réservée mais beaucoup, beaucoup plus ouverte avec les autres qu'avec moi. Je ne vais pas la laisser magouiller dans mon dos. Je m'accapare la discussion et fait de mon mieux pour laisser Arielle de côté.

_Pour la Corne d'Abondance, il est clair que je ne suis pas de taille à me battre, lance Eila d'un air penaud.

_De même pour moi, ajoute Denim en haussant les épaules.

_Vous êtes rapide ? Leur demande Arielle.

_Relativement, réponds Eila.

Denim, lui, réponds négativement.

_Bon, vous savez ce qu'on peut faire ? Je commence, sur de moi.

_Oh, non, pas du tout. Pas arrête ton suspens à la con et dit nous ton petit plan, ironise la pimbêche.

Je ne relève pas et poursuis :

_Eila et moi nous courrons jusqu'à la Corne. Arielle et Denim, vous nous couvrirais. Ça va, jusqu'ici tu suis Arielle ? Ce n'est pas trop compliqué, pas vrai ?

Elle lève les yeux au ciel.

_Eila tu prends le maximum de nourritures et tu va te cacher avec Denim. Pendant ce temps, une fois que j'aurais récupéré mon trident, je massacre les autres. Arielle, tu surveilles mes arrières. Lorsque ça commence à sentir mauvais, on se casse. On se retrouvera au point d'eau le plus proche. Si jamais d'autres Tributs sont déjà là, cachez vous jusqu'à notre arrivée.

Ils acquiescent, l'air grave.

La journée se termine plus vite que je ne l'aurais imaginé. Une fois dans les couloirs de nos quartiers, je prends Arielle entre quatre yeux.

_Je sais que tu mijotes un truc louche et crois moi, je ne te laisserai pas me planter un couteau dans le dos.

_Oh, tu penses réellement ça de moi ? Fait-elle en prenant un air outrée, je suis choquée ! Tiens, d'ailleurs, je pense que Shark et Dallen ne seront pas très contents d'apprendre que tu as délaissé les Carrières pour faire équipe avec les deux autres. Allez, passe bonne nuit !

Et elle s'en va en gloussant.



X



Charmer les Juges lors de mon passage devant eux fut un jeu d'enfant. Ils n'étaient pas encore trop alcoolisés et m'attendait justement pour les distraire un peu. Je leur fis une petite démonstration de corps à corps avec un instructeur, de lancer de couteaux et je gardais mon élément de prédilection pour la fin. En effet, mon Trident transperçant la cible pile poil en son centre sur tous mes lancers. Ce n'est pas peu fier que je ressortis de la salle en lançant un sourire mesquin à Arielle.

_Je ne te souhaite pas bonne chance, je lui murmurais, la voix envenimée.

Eila, elle, le lui souhaite et me félicite bien qu'elle ne sache absolument pas quelle a été ma prestation. Je ne sais pas si elle est honnête mais sa gentillesse pourrait bien la tuer, une fois dans l'Arène. Mais je ne suis pas un monstre et je dois avouer que dans une situation comme celle-ci, ses encouragements me sont bénéfiques.

En début de soirée, tous les regards sont rivés sur l'écran de télévision. Les Un et Alabastair obtiennent un dix. La fille du Deux un neuf. Je hurle de joie lorsque je vois mon neuf. Je suis moins content lorsque je vois la note d'Arielle. Un neuf aussi. Je suis persuadé qu'elle les a ensorcelés. Nos mentors nous congratulent et Mags me prend dans ses bras. Je dois dire que je suis resté figé, droit comme un i, ne sachant pas vraiment quoi faire. Pendant deux secondes. Puis, emporté par l'euphorie, je lui retourne son accolade et l'entraîne même dans quelques pas de danse. La vieille rit aux éclats.

Je me marre moins quand je vois la note d'Eila.

_Aucun surprise du côté des autres, s'esclaffe Shark bientôt rejoint par Dallen.

Mags reste muette et Arielle esquisse un sourire. Pour ma part, je ne rétorque rien. J'aurais du rire. Et je sais qu'une semaine auparavant, j'aurais déjà été écroulé sur le plancher, les joues barbouillées de larmes. Ce n'est pas drôle. Cette situation n'est pas drôle.

Plus tard, dans la nuit, quelqu'un frappe à ma porte.

_Entrez ! Je grogne.

Mags rentre furtivement dans ma chambre.

_Tu sais, je pense que cela fait parti de sa tactique. Ou que les Juges ne l'ont pas regardée, dit-elle d'une voix si grave, si basse que je dois lire sur ses lèvres pour la comprendre.

C'est bizarre d'entendre la voix de Mags. J'avais fini par croire qu'elle était muette.

_De qui tu parles ?

_Tu sais très bien de qui je parle.

En effet, je le savais.

_Je l'ai bien observée et Eila est quelqu'un de très intelligent. Je suis sure qu'elle saura tirer son épingle du jeu. Dans l'Arène, la force ne fait pas tout. Et une once de malice peut faire la différence.

J'assimile ce qu'elle vient de dire et je commence à comprendre où Mags veut en venir.

_Vous essayez de me remonter le moral ? Je veux dire, je ne m'inquiète pas pour elle, je me rattrape bien qu'il soit trop tard.

Elle hausse les épaules.

_C'est une fille tout ce qu'il y a de plus gentil. Même un monstre ou un crétin se laisserait toucher par un peu de bonté.

_Je ne suis pas un crétin.

_Je n'ai jamais dit ça.

_Mais vous le pensez.

_Oui. Avant.

Elle me toise et reprend.

_Je t'ai analysé durant tout ce temps. Tu m'as déplu, au début. Un enfant orgueilleux, stupide et trop sur de lui. Mais je dois bien avouer que tu m'as surprise en délaissant les Carrières pour faire équipe avec Denim et Eila. Tu as su montrer une autre facette de ta personnalité. Maintenant, il va falloir jouer sur cela pour l'interview.

J'acquiesce, abasourdi par ce qu'elle vient de me dire.

_D'ailleurs, je commence, je ne me souviens pas de vous. J'ai regardé tous les Hunger Games et je ne vous reconnaît pas. Quels Jeux avez-vous gagnés ? Et comment ?

Alors qu'elle referme la porte derrière elle, elle chuchote :

_Les premiers. J'ai gagné les premiers Hunger Games. Par ailleurs, ne fais pas confiance à Arielle. Je mise sur toi.

Le battant claque. Je pense que je ne saurais jamais comment Mags remporta ses Jeux. Et puis, après tout, quelle importance ?



X



Le jour précédent l'interview, je prépare mon entretient avec Shark et mon allure avec Mags. Mais je parle de stratégie avec cette dernière au lieu de déblatérer sur comment m'asseoir ou sourire au public. A vrai dire, je pense que je maitrise déjà tout ça sur le bout des doigts.

Se sont mes préparateurs qui me réveillent au petit matin pour m'habiller. Ils misent sur l'élégance cette fois, avec un costume noir sobre et efficace.

_Parfois, les choses les plus classiques sont les plus remarquées, m'indique mon styliste.

Une phrase pareille qui sort de la bouche d'un type travaillant pour le Capitol me surprend tellement que je reste sans voix.

Une fois prêt et dans les coulisses, Mags me donne quelques derniers conseils.

_Souris, soit proche du public et tout ira bien.

Derrière nous, je sens Arielle nous regarder d'un œil soupçonneux. Que ça lui fasse les pompes !

En bas des escaliers menant sur scène, je remarque le nombre surprenant de spectateurs. Une musique assourdissante retentit. Les panneaux lumineux s'écartent pour laisser entrer Caesar Flickerman sur scène. Cette année, il a choisi le orange. L'année dernière s'était le bleu. L'année encore d'avant le violet. A vrai dire, j'ai tellement regardé les vidéos des précédents Hunger Games que je saurais dire quelles étaient les choix de teintures du présentateurs sur les quarante dernières années.

L'interview des Carrières ne me perturbe pas plus que ça. Je dois dire qu'ils ne sont pas très surprenants. Ils sont loin de me déstabiliser. Arielle est égale à elle même bien qu'elle se montre posséder un grand talent de comédienne.

_J'adore le Capitol ! S'extase-t-elle, tout est si... magnifique ! J'aimerai rester ici pour toujours.

_Et je suis sur que vous y reviendrez. Arielle Blacksea du District Quatre ! S'exclame Caesar lorsque le buzzer retentit.

Lorsqu'on appelle mon nom, je bondis littéralement sur scène et fait de grands gestes au public qui m'ovationne. Je sens la lumière des spots sur moi. Je suis totalement à l'aise devant cette foule qui me regarde. Ils sont là pour moi. Ils sont là pour m'écouter.

_Eider, commence le présentateur, il est clair que tu es en compétition avec Faun Deeprain du District Onze.

Je me met à rire.

_Et oui ! Renchérit le présentateur, qui d'entre vous deux saura séduire le plus de cœur au Capitol ? Ces dames ici présentent ne parle que de vous ! Et moi ? J'ai l'impression qu'on m'oublie un peu…

Je pose une main compréhensive sur l'épaule de Caesar tandis que la foule clame son nom.

_Ah, me voilà rassuré. Mon charme légendaire fait toujours son petit effet !

Il me fait parler de ma famille et de ma vie au District Quatre. Je lui parle surtout de mon petit frère. Je ne veux pas lui parler de mon père et d'Ostro.

_C'est fini ! S'écrit-il lorsqu'on indique que mon temps est fini.

Les autres Tributs s'assoient dans le fauteuil, chacun à leur tour et répondent plus ou moins adroitement aux questions de Caesar. D'ailleurs, Eila m'étonne. Malgré sa gêne, elle se montre très habile et manipule le public à la perfection. Tout comme Faun.

Lorsque Caesar remarque leurs bracelets similaires et le fait qu'ils puissent s'agir de codes, je me mets à douter.

Finalement, je suis peut-être en face de concurrents meilleurs que ce que je ne le pensais au départ.






Commentaire de l'auteur Voilà voilà !
Comme c'est un Two-Shot, je ne peux pas trop m'attarder sur les détails car je déteste faire des chapitres trop long (au risque de lasser le lecteur.)
J'espère avoir retransmis ce que vous attendiez d'Eider.
Pour la suite, voulez-vous qu'elle soit du point de vu d'Eider ou d'Arielle ?

N'hésitez pas à me laisser vos impressions !
Bye !
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