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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1964 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
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Harry Potter

Renouveau et imprévus Auteur: kakashi.gk Vue: 7193
[Publiée le: 2011-03-25]    [Mise à Jour: 2013-04-19]
13+  Signaler Romance Commentaires : 58
Description:
La guerre est finie et le monde se remet de ses blessures. Severus Rogue a survécu et entame une nouvelle vie. Mais l'accident d'une certaine jeune femme va tout bouleverser. Le maître des potions va alors se retrouver aux prises d'un complot rocambolesque pour venir en aide à cette âme en détresse.

C'est un Rogue/Hermione
Crédits:
Je ne peux malheureusement revendiquer que le scenario...tout le reste appartient à JKRowling
<< ( Préc )
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Biologie et indiscrétions

[10903 mots]
Publié le: 2013-04-19Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur S'il fallait lui donner un sous titre je crois que « quand les amis deviennent vraiment pesants » ferait l'affaire. Je vous laisse découvrir pourquoi …
Voici quelques jours déjà que Severus Rogue, sous l'apparence de Niréus Prince, passait ses vacances de Noël au sein de la clique Weasley et parasites environnants.

Le séjour n'était pas tout à fait, aussi désagréable qu'il avait pu se l'imaginer. La présence quasi constante de Potter et ses acolytes avait quelque chose de désespérant mais rien ne les obligeaient à être dans la même pièce après tout. 
Et le Serpentard s'était d'ailleurs très bien organisé pour que cela arrive le moins possible. Il avait repéré un petit rangement extérieur en désordre (euphémisme) et s'était proposé (imposé) à Molly de le ranger. C'est qu'ils avaient failli en arriver aux baguettes ! 
Pauvre Arthur, cela lui avait couter un sacré savon … 

Le geste de Niréus n'était toutefois pas dénué d'intérêt. Une fois les outils rangés d'un négligeant coup de baguette magique (être contraint de se gérer seul pendant toute une vie permet d'acquérir des connaissances assez pratiques dira-t-on), il s'aménagea un petit coin confortable où il pourrait travailler tranquille. Table, chaise et feu magique : le strict (et amplement suffisant) nécessaire. 
Hermione découvrit très tôt sa petite cachette et l'adopta sans même demandé l'avis du propriétaire temporaire. Elle insista pour y apporter un peu de « confort », typiquement féminin, soit tout un tas de gadgets inutiles, comme des cousins entre autres choses. Le serpentard criait à l'occupation illégale de sa propriété privée, à une invasion de son espace vital, mais ne lui en tenait pas rigueur outre mesure. Il la faisait même rire en se lançant dans des argumentations pseudo juridique pour lui prouver qu'elle mériterait Askaban pour avoir osé troubler son havre de paix. Il ne riait pas à gorge déployée comme elle, mais sa mine réjouie indiquait que la bonne humeur de la jeune femme était communicative. 

Ce petit cocon d'intimité était propice aux rapprochements ce qui chez eux se matérialisait par de longues discussions théoriques : ils tenaient salon comme les intellectuels de l'ancien temps. 

_ Un livre moldu ? S'étonna Niréus qui venait de lorgner le titre de ce que lisait la jeune femme.
_ Exact. Je me suis souvenu de la fois où le professeur Rogue m'a expliqué un peu plus en détail les combinaisons d'ingrédients … A moins que ce ne soit toi ? Je ne m'en souviens plus.
_ Peu importe, s'empressa-t-il d'éluder.
_ Bref, il avait été question d'assemblages moléculaires et d'autres sujets empruntés à la science moldue.
_ Hum 
_ Je n'ai pas trouvé grand chose à ce sujet dans les ouvrages sorciers.
_ Il n'y a rien dans les livres sorciers. Les préjugés ancestraux de sang, et les deux ères sombres de Voldemort ont bridé la recherche en ce sens, expliqua-t-il.
_ J'imagine, bien que je trouve ça stupide ! Or donc j'essaie un peu d'étoffer mes connaissances en ce domaine. 
_ Pourtant en tant que née moldue vous devriez être au fait de ces questions ?
_ Malheureusement l'enseignement à Poudlard débute à l'âge où les moldus approfondissent ces questions justement. J'ai bien de vagues idées parce que je lisait beaucoup à l'époque …
_ Sans blagues, taquina-t-il. 
_ Mais rien de très précis, finit Hermione, ignorant la boutade et poursuivant sa lecture.

Il ne l'ennuya pas plus longtemps et repris son travail. Il planchait maintenant sur un article que lui avait demandé la revue générale de potions, sur les subtilités et les risques de la potions tue-loup. Grâce ou plutôt à cause de Lupin, il était très familiarisé avec cette concoction : il la préparait quasi machinalement, sans prêter beaucoup d'attention à ce qu'il faisait. Aussi il lui était difficile d'envisager et de développer de potentielles erreurs, d'autant plus que c'était une potion qu'il n'enseignait jamais.

_ As-tu déjà entendu parler de génétique ? Demanda Hermione.
_ … hum, de loin … ça n'entre pas vraiment dans mon champs de compétences. Pourquoi ?
_ Oh, rien de spécial … c'est que je trouve ça fascinant. Se dire que nous avons la même constitution entre nous, que l'on soit homme ou femme sorcier ou moldu.
_ Il ne faut surtout pas dire ça à un sang pur, il risquerait la syncope, plaisanta-t-il.
_ Hun … tu ne penses pas au contraire qu'il faudrait creuser le principe d'un point de vue sorcier.
_ Bof, ça n'aurait pas de grand intérêt.
_ Et si au contraire c'était la base de tout ?
_ C'est à dire, encouragea-t-il en posant sa plume. 
_ Regarde ce chapitre qui est consacré aux anomalies génétiques, dit elle en lui tendant le livre

Il s'exécuta, parcourant rapidement les titres des paragraphes. La plupart de ces choses n'évoquaient rien pour lui puisque les moldus n'avaient jamais été sa tasse de thé . Pourtant il commençait à entrevoir ce que la gryffondor cherchait à lui dire, même s'il ne se l'expliquait pas bien.

_ La différence sorcier moldu tiendrait selon vous dans une anomalie génétique ? Se lança-t-il en lui rendant le livre.
_ Non, pas exactement, mais ça s'en rapproche.
_ C'est plutôt hasardeux comme vision … 
_ Au contraire je trouve que ça se tient. …coute. La cellule humaine abrite dans son noyau l'intégralité génome humain. Celui ci est contenu dans 23 paires de chromosomes. Un chromosome est un élément microscopique composé de molécules d'ADN et de protéines. L'acide désoxyribonucléique … 
_ Fuiii, et moi qui critiquait le propension des sorciers à donner des noms tordus à tout ce qui existe …
_ … est une succession de bases azotées réparties en plusieurs séquences, les gènes, conclut Hermione.

La jeune femme s'arrêta, le fixant comme si elle attendait un commentaire de sa part. Qu'était-il sensé dire ? Tout ça était moldu pour lui, il n'y comprenait pas grand chose, surtout qu'il n'avait pas lu les chapitres précédent lui. Cette description d'apparence compliquée lui évoquait plus un jeu de construction qu'autre chose.

_ Et alors ? Fut tout ce qu'il trouva à ajouter.
_ Tu n'as pas compris ?
_ Hey, molo, je n'ai pas lu ce qu'il y avait avant, se défendit-il.
_ C'est les propos du titre introductif, soupira-t-elle.
_ Ah … 
_ Mais j'imagine que pour un sorcier, la technicité des noms a de quoi déstabiliser. 
_ Plutôt oui ! Fit-il vexé.
_ C'est pourtant simple. On part de l'homme. Il est fait de … 
_ Je ne suis pas totalement idiot. J'ai décroché au stade du noyau cellulaire.
_ Oups, pardon. Donc dans le noyau il y a des particules appelées chromosomes.
_ Mouais
_ Schématiquement, les chromosomes sont composées d'une molécule, l'adn. Et cet adn est morcelé en plusieurs gènes.
_ Hun … d'accord pour ça. Mais je ne vois toujours pas le rapport avec les sorciers.
_ Et s'il existait un gène sorcier.
_ Sorcier ?
_ Oui, un gène qui contiendrait l'information nécessaire pour débloquer les fluides magiques.
_ Attendez, vous ne faites tout de même pas allusion à la théorie de Chesterce le dingue qui voudrait que chacun ait un potentiel magique mais que seuls les sorciers soient capables de l'utiliser, ricana-t-il.
_ Pas si dingue ! Il était soutenu par le professeur Dumbledore.
_ Voyons, ses recherches n'ont abouti à rien de tangibles.
_ Normal vu que les mangemorts ne lui en ont pas laissé le temps !

Le débat commençait à devenir houleux, et Severus le sentait bien. Il prit sur lui de ne pas relever cette dernière remarque qu'il sentait pleine de haine et de ressentiment légitime, choisissant de replonger dans ses théories qu'il jugeait malgré tout farfelues. Mais peut être était il encore trop aveuglé par ses vieux préjugés de Serpentard. 

_ Donc si je résume, vous pensez que tout être humain est naturellement doté de magie, mais que seuls les sorciers sont en mesure de la ressentir et de la contrôler. Et selon vous toujours, ce don viendrait du fait que nous possédons un gène particulier.
_ Exactement.
_ En gros nous serions des monstres. Jolie perspective. 
_ Pas des monstres, non. Simplement des hommes qui auraient une caractéristique différente des autres. De la même manière que certains ont des cheveux blonds et d'autres noirs. 

Severus prit le temps d'analyser cette hypothèse. Au premier abord elle lui semblait totalement aberrante. Pourtant cette dernière remarque de Granger, laissait s'insinuer le doute dans son esprit. Après tout, tout le monde est différent et en même temps pareil …

_ Vu comme ça … pourquoi pas me direz-vous … Mais il y a quelque chose que je ne m'explique pas. Les nés moldus posent toujours problème. Si on admet que c'est bien une histoire de gènes, et qu'on part du postulat de l'existence originelle d'une mutation. Cela revient à dire que tous les sorciers ont un ancêtre communs. Il est donc impossible que de nouveaux sorciers émergent de la communauté moldue. D'un autre côté si on part du principe que la qualité de sorciers revient à des individus dotés naturellement d'un gêne sorcier, ceux ci doivent le transmettre à leurs enfants et uniquement à eux. Là aussi il paraît impossible qu'un sorcier d'ascendance moldue fasse son apparition. Or ils existent et vous en êtes la preuve vivante, démontra Niréus.
_ Au contraire, j'ai une explication, fit Hermione enthousiaste en commençant à se ruer sur la porte.
_ Où courrez vous donc ainsi ? Demanda-t-il intrigué.
_ Chercher un autre livre.
_ Parce qu'un accio ne pourrait pas faire l'affaire ?
_ Ah, oh, euh, oui, bien sûr … accio précis de Gourdan.
_ Pas plus compliqué que ça, railla-t-il.
_ Oui, c'est vrai, surtout qu'il fait un froid de canard dehors.

En attendant l'arrivée du livre en question, Niréus repris son travail, regardant de temps en temps du côté de sa colocataire qui caressait amoureusement sa boule de poils orange.
_ Rahh, ne pouvez vous pas faire taire ce moteur sur pattes, craqua-t-il après 5minutes de ronronnement intensif.
_ Il ronronne parce qu'il est bien, dit simplement Hermione.
_ Je m'en vais lui mettre mon pied dans le derrière et on verra s'il est toujours aussi bien après.
_ Les chats sont réputés être apaisant …
_ Apaisant ? Laissez moi rire. Vous avez vu dans quel état sont mes nerfs ! 
_ Ça n'a rien d'étonnant ! Tu ne vois …

TOC ! TOC !

_ Hum, ce doit être votre livre, dit Niréus.
_ Il y a de fortes chances, répondit elle en donnant un léger coup de baguette pour ouvrir la porte. 

En effet, il s'agissait bien du livre en question, mais celui ci était accompagné. Niréus daigna lever la tête pour s'intéresser à ce qui se passait lorsqu'il entendit des pas lourds pénétrer dans l'abris. Cette intrusion, n'était pas tellement à son goût : dans son havre de tranquillité, il tolérait la jeune femme et personne d'autre !

« En même temps c'est pas chez toi, bouffon ! »

Le serpentard allait se demander comment il était possible de s'insulter soit même, quand il fut déconcentrer par la vision d'un Ronald Weasley, le visage en sang.

_ Euh, Hermione ?
_ Ron ?
_ Ouaip, j'imagine que c'est ton bouquin ? De toutes façons il n'y a que toi pour oser approcher des pavés pareilles. 
_ Parlez pour vous Weasley. Toute personne qui a l'intelligence plus développée qu'une moule est attirée par la connaissance ! Renvoya Niréus.

Severus s'était fait le serment de faire des efforts pour que ce séjour ne deviennent pas un champs de bataille, mais c'était plus fort que lui ! 

_ Certaines personnes auraient mieux fait d'écouter leurs mères étant petits. Au moins ils se souviendraient qu'écouter la conversation des autres est très malpoli ! Répliqua Ron.
_ Bouffer ses crottes de nez est à mon avis bien pire, railla Niréus.
_ Je va …
_ Arrêtez tous les deux ! Intervint Hermione. Ronald, que viens-tu faire ici ?
_ Te rapporter ton bouquin pardi ! Celui qui m'ait rentré dedans à fond la caisse et qui m'a broyé le pif !
_ Ohhh, je suis désolée. Attends, je vais t'arranger ça, dit-elle en se levant et se dirigeant vers le rouquin. 

Du coin de l'oeil, Niréus lorgnait la scène. Il vit la miss je sais tout tâtonner le visage plein de tâches de rousseur du rejeton Weasley, et, il ne sut pourquoi, cela le dérangea. Pourtant il n'y avait rien de plus innocent. C'étaient des amis après tout, d'autant que le bougre était maintenant marié. Et puis mince ! Depuis quand cela l'intéressait !
Hermione de son côté auscultait l'étendue des dégâts, sachant très bien qu'il ne fallait pas se fier aux descriptions de Ron qui, douillet de nature, avait tendance à exagérer un peu les choses. D'ailleurs son nez n'avait rien de cassé, encore moins de broyé. Ce n'était que l'arcade sourcilière qui avait lâché : rien de bien grave. D'un coup de baguette, tout fut arrangé.

_ Merci Hermione ! T'es la meilleure ! De quoi j'aurais eut l'air moi, plaisanta Ron.
_ D'un pauvre imbécile, un peu comme quand vous êtes entré ici, répondit Niréus très sérieusement.
_ Je vais le tuer !
_ Ron ! Interpella la jeune femme.
_ C'est fou ce que tu peux devenir injuste quand il s'agit de cet abruti ! C'est lui qui provoque et c'est moi qui doit me taire, râla le rouquin.
_ Il est mon ami tout comme vous, avec ses défauts et qualité, argumenta-t-elle fallacieusement.
_ Humpf ! C'est un peu comme si tu nous ramenais Malefoy.
_ Arrêtes de dire des sottises.
_ Bref, on fait un petit tournoi de duel là bas. Tu ne veux pas venir avec nous ?
_ Non merci. Nous discutions de quelque chose de très important. 
_ Bon je m'en voudrais de vous déranger, déclara Ron.
_ Mais vous nous dérangez déjà, pas de soucis là dessus, lança Niréus.

Ce qui retint, difficilement, le rouquin de sauter au cou du serpentard, était la profonde amitié qui le liait à Hermione. Il ne voulait en aucun cas lui faire de la peine. Pourtant cela demandait une maîtrise de soi qu'il doutait de posséder. Profitant qu'Hermione ait le dos tourné pour lancer un regard réprobateur à son acolyte (ce qui était passablement idiot puisqu'elle ne pouvait pas le voir de toutes façons) , Ron se libéra de la frustration accumulée en tirant la langue à l'adversaire. Geste au combien puéril qui n'échappa pas à Niréus, dont le rictus en coin indiquait clairement ce qu'il pensait du rouquin.

En rendant le gros livre à la jeune femme, les yeux de Ron glissèrent vers le titre et il devint subitement cramoisi sous le regard perplexe de son homologue masculin.

_ Quoi !! C'est ça votre discussion importante ! La reproduction humaine !

Instantanément Severus comprit la gêne du jeune sorcier, et tous les sous-entendus qui se bousculaient dans sa petite tête. Pour la 1ère fois depuis bien longtemps il eut envie de rire mais se contenta de pouffer dans sa chemise. Hermione eut a priori plus de mal à saisir l'histoire, ce qui conduisit le vil serpentard à en profiter :
_ Bien évidemment que la reproduction humaine nous intéresse. N'est ce pas Hermione chérie ?

Cela lui arrachait la bouche de dire ça (quoique …)avec cette voix mièvre, mais voir Ron, blanc comme un linge, au bord de la syncope, valait tous les sacrifices.

Une sensation étrangement agréable de bien-être envahit la jeune femme à ce moment là. Cependant Hermione avait l'esprit bien plus éveillé que les sens, et celui lui envoyait un énorme signal d'alarme: quelque chose ne tournait pas rond du tout. Le déclic se fit immédiatement quand elle prit le livre des mains de son vieil ami : reproduction-chérie, chérie-reproduction. Oh, les crétins ! Pas un pour relever l'autre !

_ Comment osez-vous tous les deux ? Hurla-t-elle outrée.

« Hein ? » fut la réponse de Ron qui ne comprenait plus rien. Soucieux de ne pas froisser son amie, il mit en place un petit raisonnement logique pas forcément très fructueux.

_ Ne le prends pas mal Hermione. J'ai juste été surpris. Après tout tu peux fricoter avec qui tu veux, ça ne fais pas de toi une gourgandine, déclara-t-il écrasant encore un peu plus le plat.

Hermione allait le gifler quand elle fut interrompue par un éclat de rire nouveau, celui de Niréus. Bien qu'en lui même, il était le très redouté et froid professeur Rogue, il n'avait pu se retenir plus longtemps. Le quiproquo était trop risible pour cela.

_ Ho toi ! Qu'est ce qui t'a pris d'aller lui mettre ça dans la tête ! L'enguirlanda la jeune femme.
_ Ha, ha, ha ! Désolé, mais c'était trop tentant ! Et franchement ça valait le coup, vous devriez voir vos têtes ! Ha, ha, ha ! Deux pivoines. Ha, ha, ha !
_ Espèce d'andouille !

En les regardant se chamailler ainsi, Ron se dit qu'ils avaient vraiment l'air d'un vieux couple. Et même lorsqu'il les quitta un peu plus tard, il ne démordait pas de son impression. Et ce malgré la belle histoire d'Hermione sur la gépétique. A moins que ce ne soit la nénétique ? Bof, peu importe, pensait Ron qui restait persuadé que les relations entre ces deux là étaient plus qu'amicales ! 

A l'intérieur du cabanon, Hermione parcourait du doigt la table des matières de son livre car, selon elle il n'y avait rien de mieux qu'étudier pour oublier des problèmes. Ah, les hommes ! Il y a des moments où ils se comportent comme les créatures les plus idiotes du monde !

Niréus la laissa faire, sans la déranger. Non pas qu'il n'ait plus le cœur à la taquiner, au contraire. Et c'était justement cela qui l'ennuyait. Pensif, il essayait de se souvenir de son dernier fou rire sincère. Tout le temps où il avait été professeur à Poudlard, il ne s'autorisait jamais guère plus qu'un sourire forcé en coin. Il ne se retenait même pas de rire, il n'en avait simplement jamais éprouvé l'envie. Inutile de rechercher de la joie chez les mangemorts. Oh, il avait souvent feint d'approuver les idées de son maître d'alors en riant grassement aux humiliations de moldus. Si on exempte ses débuts sous la coupe du seigneur des ténèbres, il n'avait jamais rien trouvé de jouissif à ces pratiques qu'il supportait à peine. Comment aurait-il put les apprécier alors qu'elles lui rappelaient tant les violences qui avaient rythmé son enfance. 
Définitivement, les seuls moments bénis où il avait été assez heureux pour rire étaient cette période si lointaine où il avait connu la belle Lily Evans. Tant d'eau avait coulé sous les ponts depuis cette époque.
Pourtant, quelques secondes auparavant, il venait de se lâcher dans des éclats de rire sincères, devant une situation, au final, pas plus cocasse qu'une autre. Pas de comédie cette fois ci, c'était parti tout seul, avec une spontanéité méconnue. Il changeait indéniablement. En y réfléchissant bien, il n'était plus le même depuis qu'il côtoyait la Gryffondor. Le rire, la conversation, les confidences, le partage, la bonté … Tant de choses qu'il découvrait ou redécouvrait … Au fil du temps, il voyait Niréus se détacher de plus en plus de ce qu'il était réellement. Lorsqu'il portait ce nom, il se sentait comme un étranger en lui même. Ce n'était pas vraiment désagréable, mais cela lui faisait peur … 

Revenant dans le monde des vivants, il observa celle qui était sensée être encore son élève, et qui de plus en plus s'avérait devenir ce que les gens normaux appellent une amie. Comment les choses avaient-elles put basculer ainsi ? Il se sentait si bien dans ce rôle là, en sa compagnie. Il ne devrait pourtant pas. En la voyant ainsi, blessée par ce qui venait de se passer, il se rendait compte que cela le dérangeait. Pourquoi ? Pourquoi, lui qui n'avait jamais considéré les sentiments des autres, se sentait-il si mal au point de s'excuser.

_ Je suis désolé, Hermione. Je ne voulais pas vous froisser.

Il ne s'était jamais excuser, pas même à Lily.

_ Humpf ! Pas grave, marmonna la jeune femme en réponse. 

Ainsi c'était cela des excuses. …tait ce vraiment si simple ? En tout cas cela détenait un pouvoir libérateur incomparable sur l'étau qui étreint les cœurs. 

_ Euh … alors ? Comment expliquez vous les nés moldus ?

Il la vit hésiter à répondre puis finalement se détendre et lui montrer un schéma. Il en prit connaissance. Cela lui parut compliqué au départ, ou plutôt très différent de ce qu'il avait l'habitude de manipuler. En baladant constamment son regard des dessins aux légendes, il prenait vraiment conscience des simplifications qu'apportaient la magie. Il comprenait aussi pourquoi les sorciers né moldus avaient en général plus de facilités : ils ne bénéficiaient pas de toutes les simplifications magiques.
Une fois qu'il pensa avoir saisi le principe, il en fit un résumé personnel pour en être sûr :

_ Si je comprend bien. D'après ce que vous m'avez expliqué tout à l'heure, les chlorosomes … 
_ Chromosomes, corrigea Hermione.
_ Peu importe ! Les chromosomes sont présents en deux exemplaires dans la cellule et ces chlo- chromosomes identiques …
_ C'est homologue pour être exact.
_ Comme si ce n'était pas déjà assez compliqué, il faut que vous chipotiez sur les détails !
_ Pardon.
_ Donc ! Les homologues se séparent pour aller dans deux nouvelles cellules. C'est ça ? Demanda-t-il un peu abrupte, agacé par les interruptions intempestives de la gryffondor.
_ En gros, oui. Bien que …
_ On s'en moque ! On reste dans le « en gros » ! je reprends. Chacun de ces fichus chromotruc est composé de 2 chromachins …
_ Chromatide, souffla Hermione
_ … qui vont se séparer de nouveau pour donner au final 4 cellules avec un chromachin par cellule. C'est juste ?
_ Euh, et bien …
_ En gros !
_ Moui, avoua-t-elle à contre cœur.

Hermione commençait à comprendre l'emportement du professeur Rogue quand quelqu'un faisait quelque chose de travers. Les élèves butés ont de quoi rendre maboul. 

_ Bon jusque là je vous suis. Mais ça n'explique toujours rien.
_ J'y arrive. Ensuite il faut comprendre que chaque gène se trouve en deux exemplaires sur chaque chromosome, comme ça toutes les cellules à une chromatide qu'ont vient d'évoquer auront l'information. Tu me suis ?
_ Je pense …
_ Bien, le dernier élément du puzzle c'est que dans une paire de chromosome chacun a le même gène mais il peut être dans une version différente. 
_ Version ?
_ Euh, comment expliquer … Ah, si … Par exemple, pour le gène couleur des yeux il va y avoir d'un côté la version bleue et de l'autre la version verte.
_ Admettons, mais je n'ai jamais rencontré personne avec les yeux bicolores, déclara-t-il.
_ Voilà ! Tu as mis le doigt dessus !
_ Hein ?
_ Bien, que les êtres humains peuvent avoir en eux deux versions d'un gène différentes, il n'y en aura qu'une qui s'exprimera !
_ Et bien sûr ça vous paraît logique, critiqua-t-il.
_ Ça a été prouvé, il n'y a pas à chercher de logique, argua-t-elle.
_ Amen, lâcha-t-il narquois.
_ Par Merlin je ne vois pas ce qu'il y a de dérangeant là dedans. Imagine que tout doive s'exprimer, presque tout le monde aurait des cheveux bicolores !
_ Inutile de s'énerver.
_ Mais je suis CALME !
_ Si vous le dites … Alors, selon vous si je comprends bien ce fameux gène sorcier serait, comment dire, faible ?
_ On dit récessif.
_ Faible ira très bien ! 
_ Humpf 
_ Et comment c'est sensé marcher ?

Hermione, la moue légèrement désapprobatrice, se saisit de la plume de Niréus et se munit d'une feuille. Elle y reproduisit le schéma du livre et l'annota. Le serpentard s'y intéressa. Alors … gène M correspond à moldu et S à Sorcier … Départ, une paire de Chromotrucs avec l'un en M et l'autre en S. Du coup, deux cellules avec une qui a le chromotruc M et l'autre qui a le chromotruc S. Finalement dans un chomotruc les deux chromachins ont la même version. Donc la cellule à chromotruc M donne deux cellule avec un chromachin M et l'autre cellule donne deux cellules à chromachin S. Deux S et deux M … Bon pour le moment ça va …

_ Ensuite ? Demanda-t-il.
_ Tu vois ces quatre cellules, si on place ce processus dans la reproduction, ce sont les quatre types de cellules différentes qui vont pouvoir être transmises par le parent à l'enfant. Chacune de ces cellules là va pouvoir rencontrer une des quatre autres types fournie par l'autre parent pour former la cellule œuf qui évoluera pour donner le bébé. 

Sur le coup, le serpentard compris la précédente réaction de Ron Weasley. Il est vrai qu'il a tout de même quelque chose de gênant à discuter de ça avec une femme, qui plus est lorsqu'elle n'est pas de la famille … 
Hermione, en revanche n'y faisait guère attention, trop prise par sa démonstration.

_ Donc dans l'exemple qu'on a pris, qui est le cas d'un moldu, puisque S+M=M, et qu'on l'associe à un sorcier qui sera forcément S+S, on obtient au final deux M et deux S qui peuvent rencontrer quatre S. Soit dans la moitié des hypothèses on obtient un petit sorcier et dans l'autre un moldu.
_ Quoi ! Des sorciers pourraient donner naissance à des moldus ?
_ Hypothétiquement oui. Après, peut être que le côté magique contenu dans la cellule influera sur sa force. Il n'est à mon avis pas exclut que qu'elle soit plus prompte à aller rencontrer celle de l'autre parent.

Severus commençait sérieusement à fatiguer de toutes ces théories à la noix. Fatigué au point de s'imaginer une course entre bonshommes avec un dossard M et bonshommes avec un dossard S qui se terminerait par un dossard S rapide qui finirait dans les bras d'une bonnefemme dossard S. Par Merlin, pitié, un aspirine.

_ A moins que ce ne soit l'explication des cracmols, s'aventura Hermione ignorant tout de l'état de délire dans lequel se trouvait Niréus, qui trouva néanmoins la force de répondre.
_ Les cracmols viennent des familles de sang purs.
_ Oh … dans ce cas, tout tombe à l'eau, dit-elle déçue. 
_ Pas nécessairement, il me semble qu'on parlait d'anomalies au début.
_ Pas bête, effectivement.
_ Et puis, certains pensent, Albus Dumbledore le premier, que le maintien de la pureté du sang impliquerait une consanguinité entre sorcier. De là, il y aurait une dégénérescence magique …
_ Et cette dégénérescence peut bien s'expliquer par une mutation génétique ! Tout se complète ! Reprit-elle surexcité. Et pour répondre à ta 1ère question sur les nés moldus, il suffit que deux moldus S+M s'unissent et que ce soit les deux cellules S qui se rencontrent pour former un sorcier aux parents moldus.

Niréus prit son temps pour donner son avis. La théorie émise par la jeune femme le dérangeait du point de vue de son ancien endiguement serpentomangemort, mais il lui trouvait tout de même un certain intérêt, voire même une idée géniale. Et malgré un réponse plus tiède qu'autre chose, il admirait la faculté d'Hermione de comprendre, d'assimiler et confronter des savoirs en apparence incompatibles. Il se cachait derrière la miss en apparence je sais tout, un potentiel énorme.

_ Mouais … pourquoi pas … il y a de grandes zones d'ombre … mais ça mériterait d'être creusé ou tout du moins vérifié …

A la mine rayonnante qu'elle afficha, le serpentard sut que cette réponse suffisait à la jeune femme, et l'encourageait à voir plus loin, même si pour le moment les moyens lui manquaient. Elle aurait toujours le temps d'approfondir ça plus tard. 

_ Bon, je vais rentrer, annonça-t-elle. J'ai encore quelques cadeaux à emballer. Tu viens ?
_ Pas tout de suite. Je dois finir ça, répondit-il en reprenant son article.
_ Et qu'est ce « ça » est sensé être ? Demanda-t-elle.
_ C'est un art …

Danger ! Il allait vendre la mèche s'il disait la vérité ! Il était reconnu comme l'expert de la potion Tue Loup. Jamais un périodique ne demanderait à un étudiant de publier sur ce sujet épineux ! Il devait vite trouver une parade !

_ Un quoi ?
_ Euh … on ne vous a jamais dit que la curiosité était un vilain défaut, tenta d'éluder le serpentard qui prévoyait que s'il parvenait à la mettre en colère, il serait sauvé. 
_ Hum … possible … 
_ Ha !
_ En fait non. On m'a toujours appris que c'était le moteur de la connaissance !
_ Oh … 
_ Alors qu'est ce que c'est ? (quelle sangsue celle là pensa-t-il)
_ C'est euh … c'est une … euh … compte rendu, c'est ça, un compte rendu.
_ Un compte rendu ?
_ Oui, sur la potion Tue Loup que je dois rendre au professeur Rogue.
_ Tu sais faire la potion Tue Loup ? Fit elle admirative.
_ Euh … non, non ! Pas encore. Pour le moment on a juste discuté de théorie avec … 
_ Quoi, le professeur Rogue qui discute de théorie ? Ça existe ? 

Dans quoi s'était-il encore embarqué !

_ Et bien … pour être plus exact, je lui ai tiré les vers du nez sur quelques points obscurs et ça n'a pas dû lui plaire puisqu'il m'a donné ça en punition, inventa maladroitement Niréus.
_ Oh … je comprends mieux … Bon je vais te laisser alors. A plus !
_ Mouais c'est ça, à plus.

Lorsqu'elle fut enfin sortie, il put souffler : il avait eu chaud cette fois ci. Il allait devoir être extrêmement prudent. Franchement, quel pot de colle cette fille !

Rogue continua son travail en toute tranquillité, et griffonna pendant plus d'une heure sur son sujet. Cela l'agaçait d'avancer aussi lentement. Non pas qu'il bute sur le sujet. C'étaient toutes ces contraintes formelles qui l'ennuyaient. Pour tout dire, il n'était pas un fervent partisan de toutes ces méthodes imposées pour les raisonnement. Cette histoire de devoir écrire en suivant un plan structuré et imposé, quelles imbécilités ! Désolé, mais si le sujet nécessite trois grandes articulations, pourquoi déformer la pensée pour faire entrer les idées dans seulement deux parties. C'était idiot mais surtout improductif. 

Le serpentard, tout en admonestant la communauté potionnistes pour sa rigidité, repensa à ses premiers projets lorsqu'il était entré à Poudlard. Jamais il n'avait eu alors dans l'idée de plonger dans les potions. Les forces du mal étaient tout de même bien plus excitantes à côtoyer. Malheureusement il semblerait qu'il ait toujours eu un don inné pour les potions, que chacun a voulu utiliser à sa guise, qu'il s'agisse de Dumbledore ou du Lord noir. D'un autre côté il ne détestait pas non plus les potions, au contraire. Ce dilemme l'avait toujours laissé perplexe, mais maintenant que les choses étaient devenues un peu plus calme autour de lui, il comprenait mieux ses inclinations. Les potions avaient toujours fait partie de lui même, en héritage précieux de sa chère mère. Les forces du mal en revanche avaient été la matière qui lui permettaient d'accomplir ses désirs de puissance, cette haine qui avait rongé son cœur depuis qu'il eut atteint l'âge de raison : d'abord contre son ordure de père ensuite contre les maraudeurs et pour finir, à la mort de Lily, contre Voldemort lui même. 

Aujourd'hui, avec le recul que lui a offert la fin de la guerre, il n'était plus aussi enthousiaste vis à vis des forces du mal et de l'enseignement de la défense contre les forces du mal. Il en avait largement eu sa dose. Et maintenant que quelques mois de paix s'étaient écoulés, il en venait même à les redouter. Elles lui avaient fait perdre tout ce qu'il avait de plus précieux sur cette terre ; l'amour de Lily et l'amitié de Dumbledore … C'est une expérience qu'il ne voulait définitivement pas retenter. Severus demeurait incrédule face à cette constatation. Il avait certes mis le doigt sur ses sentiments vis à vis de ces deux matières qui ont toujours accompagné sa misérable vie. Pourtant il soulevait une autre question : qu'y avait-il de si important à ses yeux, qu'il ne voulait pas perdre, au jour d'aujourd'hui ?

Il ne poussa pas plus loin son introspection. Il ne connaissait de toutes manières, pour le moment pas la réponse. Ou peut être refusait-il de l'admettre … 

Lorsqu'il sortit du cabanon, il s'engagea sur le chemin du Terrier. Un cri attira son attention. Ce n'était que celui d'un oiseau dans le ciel. Il allait reprendre sa route, mais n'en fit rien, intrigué par le vol de l'oiseau en question. Ce dernier avait perdu de l'altitude et volait en cercles concentriques au dessus de sa tête. Il s'agissait en réalité d'un hibou, et quel hibou : celui de la directrice de Poudlard. Il avait une lettre à la patte. Dans ce cas, pourquoi ne le délivrait-il pas à son destinataire ? Severus bougea et l'oiseau le suivit sans pour autant le rejoindre. Qu'est ce que cela signifiait ? 
La beuglante de Mac Gonagal lui revint en mémoire. Peut être que …

Il fit marche arrière et repartit en direction de l'abri de jardin. Au lieu de rentrer à l'intérieur, il le contourna et alla se cacher derrière. Là, il désactiva tous les sorts qui faisaient de lui Niréus Prince, et sitôt qu'il eut retrouvé sa véritable apparence, le hibou lui fonça dessus, visiblement mécontent. Il se posa violemment sur son bras, ses serres écorchant généreusement sa peau malgré les couches de vêtement qui le protégeaient. Sans plus de ménagement, Rogue arracha la lettre des pattes de cet oiseau mal élevé et le renvoya dans les airs, évitant le coup de bec qu'il lui destinait. Quel sale caractère !

Il ouvrit la missive, en rogne contre les propriétaires d'animaux qui ne savent pas dresser leurs bêtes, pour découvrir que ce n'était que l'ordre de Minerva de ne pas se rendre au château pour les causes qu'il connaissait déjà. Finalement, peut être ce hibou avait-il de bonnes raisons d'être en colère, s'il volait comme ça, à sa recherche, depuis le jour du mariage de Potter, il avait dû en faire des kilomètres pour rien. 

Rogue, entreprit, sans faire attention, de reprendre sa route vers le Terrier comme si rien ne s'était passé. Il s'arrêta net, horrifié de voir son pantalon si mal ajusté. D'un bond énergique, il rejoignit illico sa cachette. Comment avait-il put être si négligeant ! Furieux contre lui même, il se retransforma en jeune homme, maudissant cette étourderie qui aurait pu lui coûter gros.

Niréus rejoignit la chambre qui lui était attribuée pour y déposer ses affaires en lieu sûr, hors de portée des petites fouineuses. Son attention fut attiré par un brouhaha extérieur provenant du petit pré où ils jouaient au Quidditch. Maintenant qu'il y pensait, c'est vrai que la maison était bien calme. Ils devaient encore être dans leur tournoi de duel.
Tandis que Severus Rogue hurlait qu'il fallait rester à l'intérieur et profiter du calme, si rare dans cette baraque ; Niréus Prince était très intrigué par les résultats de ce combat sans enjeux. Résultat des courses, le serpentard se retrouva à regarder ce qui devait s'apparenter à une finale entre Potter et Molly Weasley. 

Les coups s'enchaînaient à un rythme bonne enfant qui donnait au duel des airs de spectacle. Les sortilèges s'échangeaient avec une extrême courtoisie, sans coups bas.
« Molly a encore de la ressource », apprécia Severus d'un œil expert.

En effet, la maîtresse de maison avait bien failli réussir à stupefixer son gendre en camouflant le faisceau du sortilège dans des gerbes d'étincelles multicolores. Potter avait en revanche pour lui de bons réflexes. 
En voyant les adversaires tout sourire dehors, il se dit que ce duel était bien naïf par rapport à ceux qu'il avait connu, quand il lui avait fallu défendre sa peau. 

Potter remporta finalement la victoire avec son sort fétiche ; un petit expelliarmus bien placé. Dire que c'était lui qui lui avait appris ce sort, indirectement bien sûr, quand il avait ridiculisé ce charlatan de Lockart. Quelle ironie tout de même, le sort qui avait permit à l'élu de battre le plus grand mage noir de tous les temps, il le tenait de son détesté professeur de potion à qui on a toujours refusé le poste de professeur de défense contre les forces du mal. 

Cela se termina par une salve d'applaudissements et de congratulations en tout genre. Quelle blague, comme s'il y avait quelque chose de glorieux là dedans. D'autant que le serpentard maintenait que le niveau magique de ce prétentieux restait médiocre et ce n'était pas cette petite victoire sans valeur qui allait le faire changer d'avis.
Tandis que Mme Weasley retournait au Terrier, Niréus écoutait d'une oreille toutes les bêtises qu'on racontait à cet incapable, dont le seul intérêt était de flatter son ego surdimensionné. Elles le faisaient toutes doucement rire, mais il n'en montrait rien. Il ne put cependant se retenir de ricaner de mépris quand il entendit dire que Potter devait être le meilleur duelliste sorcier. Cette attitude de dédain attira sur lui l'attention de tous. 

_ Monsieur n'a pas l'air d'accord, on dirait, persiffla Ron. 

Hermione voulut intervenir avant que les choses ne dégénèrent mais cette fois ci la situation lui échappa.

_ Exactement, répondit Niréus d'un ton détaché.
_ Tu sais que tu parles de l'élu. Harry est celui qui a battu Voldemort ! Je doute que tu n'ai quelque exploit équivalent à ton actif, critiqua la rouquin.

« J'ai servi d'espion pendant plus de quinze ans auprès dudit taré, et je vous ai mâché tout le boulot, pauvre pomme ! » pensa Severus.

_ Ron, arrêtes ! C'est idiot. D'autant qu'il a raison, je suis loin d'être le meilleur, répliqua Harry. 
_ Honorable humilité ou détestable fausse modestie, la frontière a toujours été très mince, souligna Niréus qui ne pouvait s'empêcher d'être agacé par le jeune homme.
_ Niré … tenta d'intervenir Hermione.
_ On critique, on critique mais on ne mouille pas vraiment la chemise, Casanova, cingla Ron. 
_ Comme s'il y avait besoin de mouiller la chemise pour ça, railla Niréus en ignorant l'accusation injustifiée. 

Giny était véritablement amusée par ce qui se déroulait sous ses yeux. Et plus que tout elle était très curieuse de savoir si ce que Ron leur avait raconté un peu plus tôt était fondé. Aussi observait-elle très minutieusement les faits et geste de son amie et de ce drôle d'oiseau qu'elle leur avait ramené. 

_ Alors prouve-le, défia Ron.
_ Je n'ai de comptes à rendre à personne, déclara Niréus.
_ Argument typique du fuyard, houspilla le rouquin.
_ Simple choix rationnel. A quoi cela me servirait-il d'affronter quelqu'un qui a le verbe haut mais qui, même dans un tournoi léger comme celui ci, n'a pas réussi à briller. D'autant que si j'en crois mes yeux, il y a de fortes chances pour que ce soit une femme qui vous ait défait. Plutôt pitoyable pour quelqu'un qui se prétend apprenti auror. Bien sûr, j'imagine que votre réputation aidant, votre incompétence ne sera pas un frein pour vous.

A ces accusations, tous réagirent. Ou presque tous, car Giny, bien que Ron soit son frère, ne pouvait s'empêcher d'y voir objectivement un petit fond de vérité : inutile de se voiler la face, Ronald n'avait pas le talent d'Harry, et seule son amitié avec le survivant lui avait permis de participer activement aux événements.
Harry fut le plus rapide à se manifester. Il ne laissa pas le temps à Hermione de rappeler à l'ordre son invité, ni même à Ron de sauter au cou de l'insultant personnage. Il sortit sa baguette et d'un geste vif la planta au niveau de la jugulaire du serpentard, qui demeura stoïque, pas plus impressionné que ça par l'attitude de Potter.

_ Je veux bien faire des efforts par respect pour Hermione, mais il y a des limites à ne pas franchir ! Ragea Harry. 
_ Il n'y a que la vérité qui blesse, répliqua Niréus d'un ton doucereux.
_ La vérité ? La vérité c'est que Ron a raison : des paroles, des paroles mais jamais des faits.
_ Tiens donc, dans le rôle des petits roquets je voudrais Dupond et Dupont, ricana Niréus en réponse.
_ Peut être mais cette attitude confirme au moins une chose, votre lâcheté.
_ Vous croyez ça M Potter ?

Cette question était d'un calme olympien, prélude à la tempête, aussi douce que le velours des plantes carnivores : pour tout dire, le serpentard fulminait de cette insulte. Comment ce freluquet, ce prétentieux d'incapable osait le traiter de lâche !

_ Alors allons y pour un duel. Le champion contre le lâche, une affiche plutôt déséquilibrée n'est-il pas ?
_ Quand vous voulez, releva Harry.

_ Les garço …, tenta de nouveau Hermione.
_ Ne te mêle pas de ça Hermione, c'est une affaire d'hommes, l'arrêta Giny. Et entre nous, je suis curieuse de les voir à l'oeuvre.

_ On est tous avec toi Harry ! Scanda Ron.

Seule Hermione n'acquiesça pas. Primo elle trouvait tout cela ridicule et secondo comment était-elle sensée choir son camp. Harry remarqua l'absence de réaction de sa vieille amie et le mit en relation avec les révélations que Ron leur avait fait un peu plus tôt. Il n'y avait pas vraiment cru au départ. Hermione était une jeune femme responsable et intelligente. Et puis elle avait un caractère très emporté, et surtout elle était dotée d'une bonté naturelle qui lui paraissait incompatible avec le personnage. Non, définitivement il avait du mal à les voir ensemble. Il était d'accord qu'en théorie les extrêmes s'attirent, mais là tout de même … Après peut être était- il différent avec elle, et seulement elle … Fort probable. D'autant que Ron avait raison, elle s'adoucissait considérablement quand il s'agissait de ce Niréus … Tout de même elle aurait pu choisir quelqu'un de bien.
Le jeune homme repensa à la famille qu'il n'avait jamais connu et de ce qu'il savait de leur histoire. …tait-il vraiment en droit de critiquer les inclinations de son amie. Il était l'exemple vivant qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. En effet, même s'il lui en coutait de dire cela, son père avait été, durant sa scolarité, un sale type. Rogue n'avait pas tout à fait tort lorsqu'il le traitait de salot. Pourtant il avait réussi à séduire sa mère … Non, il n'avait pas le droit de les juger. Peut être pourrait-il retourner cet accrochage à leur avantage … 

_ Je propose un de pimenter un peu la chose, dit Harry.
_ Pimentez, pimentez, encouragea Niréus.
_ J'imagine que vous êtes sûr de votre victoire, engagea le Gryffondor.
_ Venez en au fait qu'on en finisse, pressa Niréus.
_ Un petit pari sous serment inviolable
_ … 
_ Oh, rien de bien de méchant, juste de quoi nous motiver un peu.

Severus réfléchit à la condition. Il n'aimait pas trop cette idée de serment inviolable. Comme s'il n'en avait pas assez fait dans sa vie. Il avait été pire qu'un vassal au Moyen Age : allégeance par ci, obéissance par là. Oh, ce n'était qu'un petit duel sans conséquences … Et puis il était certain de l'emporter … 

_ J'accepte ! Annonça-t-il.
_ Hermione, tu nous sert d'enchaîneur ?
_ Absolument hors de question ! Vous êtes totalement ridicules ! Et inconscients ! S'il vous arrivait de ne pas le respecter c'est la mort que vous risquez bande d'idiots.
_ Allez, Hermione, tu ressembles de plus en plus à ma mère.
_ Et j'en suis fière !
_ Si vous voulez, je peux le faire, intervint Diane, croyant bien faire.
_ Ah, je savais qu'on pouvait compter sur toi ma chérie, félicita Ron en donnant un petit baiser à sa femme.

Hermione se tut. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent ! Qu'ils risquent leur vie si ça leur chante. Elle s'en lavait les mains. 

Diane sortit une baguette finement ciselée de sa poche et attendit que les deux hommes joignent leurs mains. Au moment où elle allait lancer l'incantation, elle hésita :
_ Vous promettez que vos engagements seront totalement inoffensifs, les supplia-t-elle presque.
Ils acquiescèrent d'un bref signe de tête.

_ Niréus Prince t'engages-tu en cas de défaite à embrasser Hermione Granger ici présente.

Oh, le coup bas ! Saleté de Potter, graine de pourri !

_ Quoi !!! Mais ça ne va pas Harry ! 
_ Hermione ! Laisse les faire, ça commence à devenir intéressant, l'interrompit Giny. Tu as intérêt à gagner Harry chéri.
_ Mai … 
_ T'inquiète pas Gin', j'assurerai. Et puis ne t'en fait pas Hermione, j'ai jamais insinuer qu'il devait t'y forcer, à lui d'être imaginatif, expliqua-t-il. S'il ne se dégonfle pas bien sûr !
_ Je m'y engage, répondit solennellement le serpentard en maudissant la lignée de Potter jusqu'à la fin des temps, alors qu'une chaînette magique sortait de la baguette de Diane pour lui enserrer le poignet.
_ Hein ?! S'époumona presque Hermione de surprise à l'entendre accepter.

« Et ne fait pas exprès de perdre pour avoir une excuse » lâcha l'horripilante petite voix, alors que Severus était tout juste en train de penser au contraire qu'il ne fallait surtout pas qu'il se rate.

_ La contrepartie ? Demanda Harry. Comme vous voyez, je fais profiter quelqu'un de notre petit jeu.
_ Elle ne vous a rien demandé il me semble, souligna le serpentard.
_ Exactem … voulut confirmer Hermione.
_ Hermione ce ne sont pas tes affaires, l'interrompit de nouveau Giny.
_ Au contraire il semblerait que je sois on ne peut plus concernée ! Râla-t-elle d'une voix presque hystérique. 

Niréus était bien ennuyé. Toutes les hypothèses de pari qu'il venait d'imaginer n'avaient pour unique but que d'humilier son adversaire, et pas de « faire profiter quelqu'un » comme disait l'autre … 

_ Bon, partons sur ça. Harry Potter, vous engagez vous … 
_ Il n'a pas le tutoiement facile ton soupirant, commenta Giny.
_ Ce n'est PAS mon soupirant ! Répliqua Hermione.

_ … à emmener votre femme dîner à l'Havisham Square de Paris.

S'il ne pouvait pas ridiculiser le Gryffondor, au moins pouvait-il lui faire regretter de s'être mesurer à lui en touchant son porte monnaie. Ce fichu restaurant était hors de prix et surtout horriblement mielleux.
Toutes les filles de l'assistance, Hermione mise à part, firent les yeux ronds à cette annonce et attendirent la réponse d'Harry en retenant leur souffle. Elles ne devaient pas ignorer la réputation de la boutique. Niréus remarqua même la femme de Ron murmurer à l'oreille de Giny : « J'espère pour toi que ton mari va perdre ». 
Hermione comme Harry, du fait d'avoir passé leur enfance dans le monde moldu, ne comprenaient pas du tout ce qui se tramait. C'est donc sans surprise que le jeune homme annonça « Je m'y engage ». Plus que de l'incompréhension, il y avait chez la jeune femme un pur désintéressement. 

Le serment avait été scellé et le duel pouvait commencer. 

Les deux adversaires se placèrent à la distance réglementaire et se firent face. Harry sortit sa baguette et se mit en garde. Le serpentard allait en faire de même quand il s'aperçut de sa bévue. 

La tuile !

Sa baguette ! Sa bonne vieille baguette d'ébène. Il ne pouvait pas l'utiliser devant tout ce petit monde qui avait déjà vu le terrible professeur Rogue s'en servir pour vider les nombreux chaudron ratés, menacer les aventuriers lors de ses rondes nocturnes, ou, pour le cas de Potter, abattre froidement papy Albus. Que dirait-on si on le voyait en possession d'une telle baguette ! 

Il était dans la bouse de dragon jusqu'au cou.

_ Monsieur parfait a oublié sa baguette, lâcha narquoisement Ron.

Une solution, vite une solution … Il n'y en a qu'une … mais dans ce cas il a 80% de chance de perdre ! Et s'il jamais il perd, et qu'il veut vivre il devra … Merlin au secours !

_ Qui a dit que j'avais besoin de baguette, fanfaronna-t-il avec une assurance totalement simulée.
_ Pardon ?
_ Vous m'avez très bien compris Potter. Je n'utiliserai pas ma baguette pour vous affronter. En garde.

Aïe, aïe, aïe, il était vraiment mal barré. Il allait devoir faire preuve d'une concentration extrême. Il pouvait voir du coin de l'oeil que la miss je sais tout était de son avis, horrifiée par le déroulement des événements. Niréus soupçonnait la rouquine d'avoir contraint son amie au silence.
D'un autre côté peut être que cet état des choses déstabilisera son adversaire.
Et effectivement affronter quelqu'un qui n'avait pas de baguette handicapait considérablement Harry car il ne pouvait pas anticiper ce que ferait son adversaire.

La situation resta en statu quo pendant un certain temps. Les deux duellistes se jaugeaient. Harry répugnait à attaquer quelqu'un de désarmé. Niréus de son côté savait qu'il lui fallait adopter une stratégie ultra défensive, pour la simple et bonne raison que sans baguette, les sorts offensifs sont bien moins percutants. C'est pourquoi il allait devoir les exécuter avec beaucoup de minutie.

Le Gryffondor se lança avec un rictusempra maladroit. Le sort était si mal exécuté que Niréus n'eut qu'a s'écarter d'un pas pour éviter le rayon tremblotant.
Potter n'était pas au mieux de sa forme, il fallait qu'il en profite ; aussi attisa-t-il le malaise du jeune homme.

_ C'est tout ce dont vous êtes capable ! Pas folichon tout ça, même un môme aurait fait mieux ! 

Harry ne releva pas et tenta de stupéfixer le prétentieux. Ce fut encore une fois un échec. En temps normal un duel de sorcier est relativement statique et consiste en un affrontement en face à face. Mais là, le serpentard entretenait un mouvement constant. Il allait et venait de droite à gauche, parfois vite parfois lentement, et ne se stabilisait jamais. Dès lors il devenait une cible mouvante difficile à viser. Harry avait la désagréable impression que du statut de proie désarmée, son opposant devenait le prédateur, qui tournait autour de lui, affamé. Sa vie n'étant pas en jeu, il ne paniquait pas, mais se sentait horriblement mal à l'aise. D'autant plus mal à l'aise qu'il ne parvenait pas à se concentrer car il n'y avait pas de baguette pour focaliser son attention dessus. Il tenta d'accrocher le regard froid du serpentard mais ne parvint pas à s'y maintenir. Il redoutait que la menace ne se manifeste par ses mains. Il guetta les moindres mouvements de sa bouche, mais Niréus le raillait tellement que tout ce qu'il pourrait murmurer comme sort passerait totalement inaperçu. Il sentait déjà qu'il avait perdu ce combat. 

_ Allez Niréus ! Encouragea Giny.
_ Giny ! reprocha Ron scandalisé.
_ Ben quoi ? Il y a Havisham square en jeu !
_ Tu devrais avoir honte, Giny.
_ Simple choix rationnel, répondit-elle en singeant l'outsider.

Dans un regain d'orgueil, le Gryffondor invoqua son patronus. Manœuvre absolument absurde en apparence. Prenant exemple sur la ruse de Mme Weasley il le lança à l'assaut de son adversaire tout en invoquant un maléfice de jambencoton qui alla se cacher dans la queue du cerf qui chargeait. 
Dès l'attaque du patronus, Niréus démasqua la supercherie grossière et se réfugia derrière un protego informulé. Le résultat fut une belle explosion de couleurs quand le cerf d'argent vint heurter le bouclier en même temps que le maléfice. Profitant du brouillard chromatique, Niréus lança un léger sortilège de confusion qui atteignit sa cible de plein fouet. Sonné, Harry tituba, avant de trébucher contre une souche dépassant de la neige.

_ Il n'y a pas à dire, ton petit ami à la classe. Dommage qu'il ait un côté Serpentard trop prononcé, dit Giny.
_ Ce n'est pas mon petit ami ! Vous êtes pénibles à la fin, répondit Hermione.
_ Ça c'est toi qui le dit. C'est quoi le petit surnom qu'il t'a donné alors ? Oh, attends, Mimine ?
_ Eurk ! Pitié surtout ne dit pas ça devant lui, il me tuerait.
_ Ahah ! 
_ Arrêtez avec vos conclusions hâtives tous. C'est un très bon ami qui m'est d'une aide précieuse. Point c'est tout.
_ Et ça te gênerait qu'il en soit autrement ?
_ Perdre son amitié, bien sûr que ça m’ennuierait.
_ Pas dans ce sens là ! Oh Hermione, tu es impossible parfois. Et si jamais il souhaitait vraiment devenir plus que ton ami ?
_ Très drôle, tu as vu le personnage. Jamais il ne s'avouera avoir quelque chose en commun avec quelqu'un. Sauvage comme pas deux.
_ Et ça te désespère n'est ce pas, fit pression Giny.
_ Vile manipulatrice, tu ne m'amèneras pas à dire n'importe quoi !

Les deux jeunes femmes, totalement absorbées par leur joute, ne prêtaient plus aucune attention au duel qui se déroulait devant elles.
_ Vous pouvez pas vous taire ! Vociféra Niréus dont les jacasseries féminines altéraient la concentration (encore heureux qu'il n'en entendait pas les détails).

_ Vu comme ça il fait tout de même un poil goujat, apprécia Giny.
_ Un poil de mammouth tu veux dire.
_ Je me demande comment s'est passé votre 1ère rencontre. J'ai du mal à me l'imaginer romantique...
_ Tu n'as pas idée …
_ Allez raconte !
_ C'était à pré au lard, je m'était faite attaquée par des neo-mangemorts … 
_ Oh Merlin.
_ Il est arrivé d'on ne sait où et les as mis en respect … 
_ Waouh, le valeureux héros qui vient sauver la demoiselle en détresse : c'est carrément digne d'un roman.
_ Tu as déjà vu toi un compte de fée où le prince récupère une princesse récalcitrante dans une mare pleine de boue, qu'il la trimballe comme une malpropre, la noie presque avec un aguamenti avant de la cramer pour la sécher, puis la traine de force dans un bar pour lui offrir un chocolat chaud qu'il l'oblige à boire ?
_Ha!Ha!Ha !

Déconcentré par les éclats des rire de Giny, Niréus manqua son sortilège du bouclier et se reçu un maléfice d'entrave en pleine poitrine. Sous la violence du choc avec le sortilège, il fut projeté quelques pas plus loin. Lorsqu'il s'évertua à se relever, il put mesurer tout l'impact du maléfice : ses mouvements étaient lourds et pesant, comme s'il bougeait au ralenti. Dans sa chute il s'était copieusement barbouillé de neige froide et les frissons provoqués par l'eau coulant dans son dos n'étaient pas là pour améliorer sa concentration. Il fallait que ce combat se termine très vite où il allait le perdre contre toute attente.

_ Hermione, je vous jure par Merlin, que si je perds ce duel à cause de vos papotages, je vous embrasse et après je vous ETRIPE !

Le jeune femme sourit à cette menace. Geste qui n'échappa pas à son exaspérante amie. 

_ Et après tu oses me soutenir que tu ne t'es pas entichée de lui. Non mais regardes-toi !
_ Giny, si tu regardais la fin. 
_ Humpf !

La rouquine baissa les bras ; mais elle n'avait perdu q'une bataille, pas la guerre ! 

Hermione, elle, n'ayant pas le loisir de focaliser son attention sur le spectacle qu'offrait les deux sorciers, ne put retenir son esprit. Il divagua dans d'agréables souvenirs. Il y avait sa rencontre avec le sorcier impossible qui se battait non loin. Malgré la description peu reluisante qu'elle avait fait de ce moment, il comptait beaucoup à ses yeux. Et, avec du recul, elle riait même de cette mésaventure et des manières si discourtoises dont il avait fait preuve. Elle repensa au jour où il lui avait offert le sort qui lui donnait une nouvelle. L'étreinte qu'ils avaient échangé quand elle avait pleuré de joie dans ses bras. Les danses qu'ils avaient partagé il y a quelque jours. Sa présence constante, imposante et douce, rassurante … 

_ Mais c'est pas vrai ! S'exclama Ron alors que Harry venait de se faire désarmer par un expelliarmus fulgurant. Sa baguette en bois de houx filait dans les airs sous ses yeux impuissants avant de terminer sa course dans la main du Serpentard qui la pointa immédiatement en direction de son propriétaire légitime.

_ Il semblerait que j'ai gagné, déclara-t-il d'un ton faussement crédule.
_ Mais c'est pas vrai ! L'écoute pas Harry. Tu peux très bien le faire sans baguette ! Invectiva le plus jeune des Weasley.

Harry qui était encore en position, regarda Ron, puis Niréus, et se redressa finalement en s'inclinant légèrement devant le serpentard :
_ En effet, j'ai perdu, annonça-t-il humblement.

Potter qui se courbe devant lui quel triomphe !

_ Mais c'est pas vrai ! Mais c'est pas vrai ! Continuait de beugler Ron. 
_ Ha, ha, il semblerait que si. Viens Ron. Tu m'accompagnes à Paris. J'ai des places à réserver, dit Harry en donnant une claque amicale au rouquin. 
_ Je vous conseille d'apporter un peu de liquide avec vous, déclara Niréus ironiquement en rendant sa baguette au Gryffondor.

Le serpentard n'avait plus q'une idée en tête : aller prendre une bonne douche chaude ! Il était transi de froid. Et les choses n'allaient pas en s'arrangeant depuis qu'il ne bougeait plus. Au passage, il jeta un regard mi amusé, mi consterné à Mme Potter qui sautillait comme une folle autour de la miss je sais tout.

Une petite heure plus tard, requinqué par l'eau chaude, il se rendit dans le salon du Terrier pour profiter du feu qui ronronnait dans la cheminée. Il arrivait juste à temps pour le retour des deux larrons : l'un moqueur et l'autre malade.

_ Un peu de liquide, hein, repris Harry en interpellant Niréus.
_ J'avais pas raison ? Demanda ce dernier naïvement.
_ 150 galions rien que pour la réservation !

Ron pouffa généreusement de rire face au désarroi du survivant. 

_ A combien il va me revenir moi ce pari ? A ce train là je risque de tuer les économies que m'avaient légué mes parents.
_ Mais je n'ai fait que suivre vos instructions, dit innocemment Niréus.
_ Hun ? Fit Harry sans comprendre.
_ Oui, j'ai choisi un enjeu qui profite à quelqu'un. Nul doute que votre femme appréciera la soirée, expliqua-t-il avec un rictus diaboliquement satisfait. 

Tandis que Harry trainait les pieds jusqu'à sa chambre, Ron demanda :
_ Est ce que Diane est déjà parti ? On devait aller voir pour une petite maison près de Flagley le Haut.
_ Oui, elle est partie il y a bien un quart d'heure, répondit Giny.
_ Ohlala, il faut que je me bouge ! A tout à l'heure ! S'exclama-t-il en repartant d'un pas pressé vers la zone de transplanage.

Alors comme ça le rejeton Weasley n'avait pas encore trouvé de baraquement. Et il s'était déjà marié. Quel cas désespérant, pensa Severus. Pauvre Molly, comment avait-elle put le supporter pendant tout ce temps...

En parlant de Molly, celle ci sortait juste de derrière les fourneaux en annonçant fièrement que le repas était presque prêt. Et effectivement il flottait dans l'air un délicieux fumet de daube et de pâtisserie.

_ Il y a des cookies tout chaud pour les amateurs, dit-elle. 

Les occupant du Terrier allaient se servir quand la porte claqua au son de :

_ J'arrive juste à temps, on dirait !

Au plus grand désespoir de Severus, Georges était de retour. Fini la tranquillité. D'un autre côté il fallait s'y attendre puisque demain c'était la veille de Noël.

Alors qu'il engouffrait son cinquième cookie, Georges demanda :

_ Au fait qu'est ce qu'il se passe avec Hermione ? En passant je l'ai vu au loin, seule, près de l'atelier à papa ?

Ce fut Giny qui répondit :

_ Je ne sais pas. Quand je l'ai laissé, elle m'a juste dit qu'elle voulait être un peu seule …

Encore dehors, par ce froid, alors que la nuit tombait ; Niréus était soucieux. Quelque chose n'allait pas. Severus n'eut même pas le temps de penser que ce n'était pas ses oignons, que déjà Niréus était sur le pas de la porte à annoncer qu'il allait la chercher. 

_ Je croyais qu'elle voulait être seule ? Fit Georges une fois le serpentard sorti.
_ T'inquiète Georges. Si tu veux mon avis, elle ne considérera jamais ce gars là comme un trouble fête, dit Giny mystérieusement.
_ Hein ?
_ Elle a raison Georges, confirma Molly avec un sourire malicieux. 
_ Non d'un pet de doxys ! Qu'est ce que j'ai manqué ?

Pendant qu'à l'intérieur chacun informait Georges des péripéties de la journée, Niréus rejoignait Hermione, luttant contre un vent mordant. Pourquoi n'avait-il pas pris de veste !

_ Ce n'est pas très prudent de rester dehors par ce temps, sermonna-t-il lorsqu'il arriva à sa hauteur.
_ Oh, c'est toi …
_ Que se passe-t-il ?
_ Mais rie...
_ Ah non, épargnez moi le manège habituel et sautez directement à l'étape où vous abandonnez après que je vous ai menacé et que vous m'avouez tout. On se gèle ici !
_ Humpf, toujours aussi sûr de toi … Je pensais à ma famille. C'est le premier Noël que je passe sans eux. Enfin je veux dire, sans au moins pouvoir leur envoyer une carte et un cadeau.

Le serpentard ne dit rien . Il pouvait très bien comprendre les sentiments de la jeune femme. Il se souvenait de sa propre réaction à la mort de sa mère.

_ J'aimerais les revoir. Oh, je sais que ce n'est pas possible physiquement. Mais au moins pouvoir allez fleurir leur tombe, pour m'excuser, pour les remercier …
_ … 
_ Je ne sais même pas où ils reposent … 

Et pour cause c'était lui qui s'était occupé d'eux. Et vu les dégâts, il valait mieux qu'elle ne doive pas s'en charger elle même. Ça a toujours quelque chose d'impressionnant de devoir reconstituer un corps morceaux après morceaux. 

_ Molly a fait des cookies. Ils vous attendent.
_ … 
_ C'est plutôt idiot de gâcher une si belle fête pour ça, tempéra Niréus alors même qu'il avait toujours considéré Noël comme un tissu d'absurdités.

Hermione ne dit rien. Elle fit simplement un petit geste de la tête, sans grande conviction. On pouvait voir qu'elle retenait ses larmes.
Alors qu'elle faisait route avec lui vers le Terrier, elle lâcha dans un petite rire sans joie qui trahissait la boule qui lui nouait la gorge :

_ Tu dois trouver tout ça ridicule.
_ … je dirais plutôt humain … 
_ … 
_ Vous avez le droit de pleurer. C'est même préférable. En pleurant, on extériorise sa détresse … 
_ … 
_ Ainsi, elle ne nous gangrène pas en se muant en haine (il en savait quelque chose).
_ … 
_ Le tout c'est d'aller de l'avant et se consacrant à ce qu'il nous reste sans regretter ce qu'on a perdu … 

Ses paroles étaient emplies de sagesse. Une sagesse construite sur la base de la tragique expérience. Elles étaient dures à entendre … Pourtant si vraies qu'elles eurent raison de la retenue de la jeune femme...

A quelques mètres de là, à la fenêtre de la chambre de Percy :

_ Pfiouu, il doit faire rudement froid dehors !
_ Hihi, tu l'a dis.
_ Non, mais regardez-les.
_Vous pouvez pas les laisser un peu tranquilles tous les trois, fit Harry exaspéré, en tirant le rideau pour protéger l'étreinte qu'échangeaient les deux compagnons du regard des trois curieux.
_ Pfff, quel rabat joie tu fais Harry. C'est pas tous les jours que cette bonne vieille Hermione trouve chaussure à son pied.
_ Elle tout de même droit à un peu d'intimité !
Commentaire de l'auteur OUF ! Plutôt fourni, non.
Pauvre Hermione, c'est bien les amis mais parfois c'est dur à gérer surtout quand ce sont de gros curieux qui interprètent tout n'importe comment XD mais d'un autre côté quand pleurnicher dans les bras de quelqu'un devient une habitude, ya de quoi se poser des questions, non ?

J'espère que la 1è partie du chap n'était pas trop lourde … dans ma conception de la chose, ce qui peut rapprocher Hermy et Sev c'est leur intelligence. c'est pourquoi j'essaie de multiplier les échanges en ce sens. Maintenant je suis pas très douée comme prof et donc j'espère que le rendu n'est pas trop indigeste … N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette théorie d'ailleurs !
J'espère aussi que les réactions respectives de Ron Giny Georges et Harry ne sont pas trop tirées par les cheveux …

Bref, à la prochaine !
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