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La championne de Beauxbâtons Auteur: Dido Vue: 3108
[Publiée le: 2009-03-09]    [Mise à Jour: 2011-04-13]
G  Signaler Général/Humour/Action-Aventure Commentaires : 13
Description:
Cette année-là, le Tournoi des Trois Sorciers comptait quatre concurrents. Nous aurions dû savoir, en quittant la France pour présenter notre candidature, que nous confronter à l'école britannique de Magie, Poudlard, changerait notre vie.
Crédits:
pas à moi !
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Chapitre XII : la Défense Contre les Forces du Mal

[10372 mots]
Publié le: 2011-01-16Format imprimable  
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Je sais ! Vous ne m'attendiez plus ! Honte à moi ! Bon, d'abord, je tiens à remercier les reviewers qui ont eu la gentillesse de bien vouloir répondre à mes questions ; ça a mis en lumière des manques et la façon d'y remédier, notamment concernant le fait qu'il est difficile de se rappeler certains personnages d'un chapitre à l'autre vu le temps (honteux/ impardonnable/ inadmissible/croissant, etc) que je mets à les publier. Je me retrouvais à soit avoir à publier plus vite, soit à laisser un petit rappel en début de chapitre. Comme je fais déjà ce que je peux concernant les délais de publication (si, si, je vous jure), il ne me reste plus qu'à laisser le rappel, c'est décidé.

Alors, c'est parti :


La délégation est composée de :

Laurène Malmény (MaisonBlanche), l'héroïne ;

Simon et Daniel (MaisonGrise) des amis du frère à Laurène, qui se sont pris d'amitié également pour elle ;

Jacques (MaisonGrise) le meilleur élève de la promotion ; intelligent mais un peu imbu de lui-même ;

Fleur (MaisonRouge), choisie comme candidate, au grand désespoir de la délégation ;

Elina et Bianca (MaisonRouge) les meilleures amies de Fleur avec qui elles partagent une chambre, à côté de celle de Laurène ;

Cédric (MaisonRouge) cousin de Fleur, élève très curieux ;

Léopold et Jeanne (MaisonVerte), le couple ;

Mariella (MaisonVerte) une autre amie de Fleur qui partage une chambre avec Jeanne au carrosse ;

Mme Maxime, la Directrice.


Les proches de Laurène :

Vincent Malmény, son frère

Anthony Malmény, son père (mère décédée, ancienne élève à Poudlard)

Lisa, sa meilleure amie Cracmole.


Chapitre précédent :

  • Laurène a fini par faire la connaissance de quelques Serdaigles, Matthew, Helen et Lucas ;

  • la délégation a eu droit à une visite mouvementée du château, avant de finir par se perdre - semée par un Rusard enragé parti régler son compte à Peeves. Mais elle est retrouvée par Maugrey et Dumbledore, et ramenée en sécurité.

C'est le lundi, et la vie à Poudlard va vraiment commencer...



CHAPITRE XII

LA DEFENSE CONTRE LES FORCES DU MAL



BAM !

Sursautant, je me réveillai et me retrouvai assise dans mon lit avant même d'avoir ouvert les yeux. Les paupières lourdes, je regardai de tous côtés dans la pièce sombre, à la recherche d'un souvenir récent pour éclairer ma lanterne.


- Ah... Le carrosse, c'est vrai, marmottai-je en baillant.


La cloison contre laquelle mon lit avait été placée tremblait encore de la force avec laquelle avait été claquée la porte de la chambre voisine. Je jetai un œil à mon réveil sur la table de nuit.

6H00 ? Cette fois, qu'elles se débrouillent. D'ailleurs, comment pouvait-on être assez réveillé pour se disputer à une heure pareille ? Je jetai un sort d'insonorisation à la pièce pour couvrir les glapissements d'Elina et me replongeai illico sous mes couvertures. J'appréciais de plus en plus de n'avoir à partager ma chambre avec personne et de pouvoir bénéficier d'un peu de paix, chose qui semblait définitivement impossible pour mes voisines. Jeanne et Mariella semblaient mieux s'en sortir que les soi-disant meilleures amies de MaisonRouge, mais je ne connaissais assez aucune des deux pour être certaine de tenir une année entière. Être seule, ça m'allait très très bien, finalement.

Aujourd'hui, pas question de réveil ou de drame plus d'une heure avant le petit déjeuner, pas pour tous les chemisiers en soie de toutes les Fleur du monde. J'eus juste une petite pensée pour Diffou, le renard d'Elina, qui selon toute vraisemblance ne passerait pas la journée, puis je me rendormis.

Lorsque, à l'heure décidée par moi seule, je quittai ma chambre, il régnait dans le carrosse un calme rare – Fleur était déjà partie, comme je le compris lorsque je trouvai uniquement ses meilleures amies et Mariella dans la salle de bain. Elles étaient encore occupées à se pomponner pour notre première journée de cours. Les garçons dormaient probablement encore, et Mme Maxime était également déjà au château.


- Forcément, elle prend soin de sa championne. Tant pis pour nous autres, grommela Léopold, quand je le croisai dans le salon et lui demandai où étaient les autres.

En remontant, seule, jusqu'au château, je sentis monter en moi un frisson qui n'avait pour une fois rien à voir avec le froid du parc. Devant moi se dressait fièrement le château de Poudlard, avec ses nombreuses tours pointues et tarabiscotées, dont les plus hautes se perdaient dans le brouillard matinal. Ma mère s'était probablement tenue ici même, il y avait quelques années. Elle aussi s'était apprêtée à débuter une journée de cours, et avait probablement les mêmes professeurs que ceux que j'allais découvrir. Elle avait parcouru aussi ces couloirs de pierre, et avait franchi cette haute porte en bois massif pour pénétrer dans la Grande Salle. Elle avait été à Serdaigles, et à chaque fois que je prenais place à leur table, c'est un peu comme si j'étais assise près d'elle...

Je revins sur terre en apercevant Mme Maxime assise à la table des professeurs, près du Directeur Dumbledore. Je notai d'une part qu'ils étaient les seuls directeurs présents, et d'autre que le professeur Hagrid aurait visiblement bien voulu faire partie de leur petit comité. Il ne cesser de jeter des coups d'oeil qui étaient peut-être discrets pour ceux de la table des professeurs de toute façon trop occupés pour faire attention à lui, mais depuis l'autre bout de la salle, c'était tout à fait visible.

Seuls Fleur, Cédric, et Jacques étaient déjà attablés à l'endroit habituel où la délégation se retrouvait. Ils avaient déjà commencé à se servir, dans un silence de plomb. Ils avaient à peine l'air de se voir les uns les autres. J'imagine que Fleur avait encore préféré ça à l'ambiance de sa chambrée, que son cousin avait été incapable d'attendre avant de pouvoir revenir au château, et que le dernier avait juste trop peur d'arriver en retard pour le premier jour.

La salle n'était pas très remplie, et en arrivant, je n'avais reconnu personne à la table des Serdaigles. En revanche, la délégation de Durmstrang était déjà là au grand complet, toujours avec cette bonne humeur qui semblait les caractériser – à l'exception de Viktor Krum qui affichait une mine renfrognée. Pour un champion, il n'avait décidément pas l'air très heureux.

Fleur, dans la lune – ou mal lunée – ignora mon bonjour lorsque je la saluai en même temps que les garçons ; Jacques me gratifia d'un grognement bourru qui devait être sa manière de dire bonjour lorsqu'il était encore à moitié endormi, tandis que Cédric arborait toujours son sourire plein de bonne humeur.


- Bien dormi ? s'enquit-il poliment lorsque je m'assis près de lui.

- Encore un réveil un peu brutal, mais entre temps tout à été parfaitement, dis-je en jetant un bref coup d'œil à Fleur, assise devant moi, son nez parfait toujours plongé dans sa tasse comme si rien d'autre n'avait d'importance autour d'elle – ce qui était probablement le cas, de son point de vue.


Le ricanement de Cédric me fit comprendre qu'il voyait à quoi je faisais allusion.


- Elle n'est pas facile à vivre, reconnut-il. Elle et les filles ont beau être copines depuis des années, elles passent leur temps à se crêper le chignon. Il faut dire que ce n'est pas évident d'être ami avec quelqu'un comme elle, et que de son côté elle pourrait mieux choisir ses amies.


J'écarquillai les yeux de surprise devant ses paroles – pas parce qu'il m'apportait une révélation transcendante, mais parce qu'il se permettait de parler ainsi de sa cousine – pas gêné le moins du monde de le faire devant elle, qui plus est.


- Elle ne me verrait pas même si je dansais la gigue sur la table devant elle, rit-il en surprenant mon regard. Je crois qu'elle réfléchit à un plan de vengeance.


Je jetai un nouveau coup d'œil à Fleur. Il me semblait effectivement que ses yeux bleus baissés sur sa tasse avaient pris un éclat électrique qui ne me disait rien qui vaille. Je me rappelai avec un frisson le déchainement de Vélanes lors de la Coupe du monde. Quoi qu'elle prépare, je ne voulais vraiment pas être à la place de ses « meilleures amies ».

L'arrivée de ces dernières, en même temps que toute une vague d'élèves vêtus de noir interrompit mes pensées. Elles s'installèrent de l'autre côté de Cédric en nous ignorant ostensiblement et parlèrent à voix haute sans se préoccuper de nous, en incluant parfois Cédric à leur conversation. Si elles espéraient vexer Fleur, ce fut en pure perte : elle ne montra pas le moindre signe qu'elle s'était même aperçue leur présence. Quant à moi, elles ne m'avaient probablement réellement pas remarquée, pour l'importance que j'avais.

Le reste de la délégation et des élèves de Poudlard finit par arriver pour le petit déjeuner, et la salle fut bientôt pleine. J'étais à présent séparée des Serdaigles par Daniel et Simon, si bien qu'il me fut encore impossible de trouver les élèves à qui j'avais parlé samedi. Ma recherche fut d'ailleurs de courte durée. Presque dès que la salle fut comble, un bourdonnement lointain attira mon attention. En voyant le manque de réaction de la salle, je crus un instant être victime d'hallucinations, alors même que le bourdonnement s'intensifiait à mes oreilles ; c'est pourquoi je fus extrêmement rassurée de voir mes voisins français montrer bientôt la même surprise que moi.

L'origine du bruit nous apparut bientôt et je restai bouche bée devant le spectacle : des centaines de hiboux pénétrèrent dans la Grande salle par les vitres ouvertes et se dirigeaient vers les tables. En voyant des objets non identifiés tomber sur les tables après le passage des volatiles, Bianca, Elina et Jacques prirent chacun leur assiette pour s'abriter, et moi-même je sursautai quand un bruit de métal retentit devant Cédric.


- Oh, c'est le courrier ! S'exclama-t-il en s'emparant de l'enveloppe plutôt imposante qui avait renversé son gobelet dans son assiette.

Quant à moi, à ma grande surprise, pas moins de cinq hiboux se bousculèrent pour me donner mes lettres.

Après avoir effectué un petit tour, le nuage de hiboux se redirigea vers les fenêtres, même si quelques-uns s'étaient arrêtés sur les tables pour recevoir une friandise de ceux qui devaient être leurs propriétaires.


- C'est vraiment n'importe quoi, renifla Bianca. Des hiboux dans un réfectoire ! Ce n'est absolument pas hygiénique. Regardez un peu ce bazar, les lettres tombent n'importent comment, il y en a une qui a failli tomber dans la cruche !

- C'est supercool, comme système, fit Cédric avec l'air de celui qui a trouvé une cachette de bonbons. Pas besoin de se déplacer, comme ça, et ça fait de l'animation. Je me demande comment elles savent à quelle heure elles peuvent venir, pour arriver comme ça toutes en même temps...

- Qu'est-ce que ça peut bien faire, dit Bianca en levant les yeux au ciel. Ce ne sont que de oiseaux tous bêtes ; quand ils en voient un autre, ils le suivent, et voilà. Ça s'appelle l'instinct. Pas besoin de prendre cet air d'imbécile heureux parce qu'ils font leur boulot.

- Toi, tu fais bien la tronche parce que tu n'en as pas, de lettre ; on est à égalité, répliqua Cédric avec un sourire suave.

- Et dire que je trouvais que Beauxbâtons ressemblait à une ménagerie, soupira Jacques en retirant des plumes grisâtres de ses cheveux.


Une fois les plumes chassées des gobelets et plats, le petit déjeuner put reprendre. Partout autour de nous, les élèves ouvraient des lettres ou des petits colis avec un air ravi ; le mien s'évanouit dès que j'eus compris qui était à l'origine de mon courrier. Sur les cinq lettres, deux étaient de Lisa, et le reste de Hugo. Deux jours. Deux jours que j'étais partie. Ils faisaient un concours de harcèlement ou quoi ?


Je n'avais pas le courage de commencer cette journée par les reproches de ma meilleure amie – mérités, certes, car je n'avais même pas écrit le premier mot d'une lettre pour elle, à ma grande honte, ni même pour ma famille – et encore moins pour les lettres d'Hugo, quoi qu'elles puissent bien contenir. Je fourrai les lettre dans la poche de ma cape, juste avant de voir que Mme Maxime s'avançait vers notre table, accompagnée du professeur McGonagall, pour nous faire signe de les suivre. Une fois dans le hall, nous nous arrêtâmes et attendîmes que le Directeur Karkaroff et ses élèves nous rejoignent.

Premièrement, nous apprîmes que nous ne serions pas en cours tous ensemble, mais affectés dans des classes des Septièmes Années de Poudlard en fonction des différentes options que nous avions choisies à la fin de notre sixième année pour nos diplômes respectifs.


- Les Directeurs se sont accordés pour dire que c'était là le meilleur moyen de vous intégrer, expliqua le professeur McGonagall. Vos cours et examens sont différents de ceux de Poudlard, mais les bases sont les mêmes, nous gageons que cela sera très enrichissant pour tout le monde.


Par automatisme, je jetai un coup d'oeil discret à mes condisciples de Beauxbâtons. Fleur avait l'air aussi concernée que si elle assistait à un cours magistral sur l'élevage de Botrux, mais ses amies faisaient la moue : elles réalisaient probablement qu'elles allaient être séparées, et comme on ne les voyait jamais les unes sans les autres, ça allait sûrement leur faire drôle. Léopold et Jeanne se souriaient d'un air complice - il ne faisait pas de doute qu'eux avaient fait en sorte que leurs cours soient identiques. Jacques zieutait du côté de Bianca d'un air un peu inquiet, tandis que Simon et Daniel échangeaient quelques mots à voix basse, probablement pour vérifier qu'ils auraient bien les mêmes cours. En ce qui me concernait, la perspective d'être séparée des autres ne me décevait pas à proprement parler ; ce qui m'embêtait, c'était plutôt d'être seule confrontée à une classe entière de personnes qui m'étaient encore plus inconnues.

Les Bulgares affichaient pour la première fois un air plus inquiet qu'extatique, mais comme ils parlaient à voix basse dans leur propre langue, je ne compris pas un traître mot.

Vint le moment où les directeurs remirent à chaque élève leur emploi du temps personnalisé.

Comme prévu, les Métamorphoses, les Sortilèges, et mes options mineures d'Histoire de la magie et d'Arithmancie étaient inscrits. En revanche, mon cours de Symbologie Avancée n'apparaissait nulle part, et mon option Biologie des créatures magiques s'était transformée en Soin des créatures magiques, nuance qui m'inquiétait un peu. De même, un cours à l'intitulé hyper rassurant de Défense contre les Forces du Mal était apparu d'on en savait où. Je m'apprêtai à signaler l'erreur lorsque Daniel me prit de vitesse. C'est le professeur McGonagall qui répondit :


- Il ne s'agit pas d'une erreur. C'est un cours que nous dispensons à tous les élèves de Poudlard depuis plusieurs dizaines d'années. Le professeur Dumbledore a pensé qu'il s'agissait d'une matière qu'il vous serait utile d'aborder et l'a suggérée à vos directeurs.

- Et on va être notés sur ça ? S'effara Daniel. On l'a jamais étudiée, nous !

- Attendez, quelles « forces du mal » on veut nous faire combattre, au juste ? Demanda Elina, visiblement pas très chaude.

- Il ne s'agit pas de combattre quoi que ce soit, tempéra calmement le professeur McGonagall. Le but est plutôt de prévenir d'éventuels risques, et de vous donner les clés pour assurer votre défense au cas où vous vous trouveriez dans une situation dangereuse.

- Mais quelle situation dangereuse ? Insista Elina.

- C'est ridicule, on ne participe pas au Tournoi, ajouta Jacques. Quel « risque » est-ce qu'on peut bien courir ?

- Il faut suivre ce cours pour réussir à survivre dans ce château, c'est ce que vous voulez dire ? Demanda Bianca d'un ton où perçait la panique.


Elle devait se demander ce qui l'attendait encore aux détours des couloirs en dehors des revenants. Je n'écoutai pas la réponse que le professeur anglais prit la peine de donner au groupe. Je n'arrivais pas à détacher mon regard de ces quelques mots. Défense contre les forces du mal. Je savais bien, moi, contre quel mal nous pouvions avoir à nous défendre. Je m'étais retrouvée presque au milieu des évènements cet été. Des Mangemorts. Et l'affiche inédite de quatre champions pour un Tournoi des Trois Sorciers. Était-ce un hasard si le Directeur de Poudlard estimait que nous devions suivre ce cours ?

Les Bulgares, plus disciplinés ou polis que nous, écoutaient les explications de leur Directeur en silence, posant parfois à leur Directeur des questions que nous ne pouvions comprendre.


- Comme si notre emploi du temps était pas assez chargé, grommela Daniel, lorsque les directeurs et le professeur nous eurent souhaité une bonne journée.

Nous n'avions plus qu'a retourner au carrosse chercher nos affaires.


- On a plein de temps de libre, rétorqua Simon, qui marchait à côté de lui.

- Pour aller travailler à la bibliothèque, t'as entendu Mme Maxime, grimaça son meilleur ami.

- Oui, mais quand même.

- Vous commencez par quoi ? Demanda Cédric dans l'indifférence générale. Moi, c'est Étude des Moldus.

- Je suis en retard pour la Divination !! paniqua Mariella en piquant un sprint vers le carrosse.

- Quelqu'un a Etude des moldus ??

- Qui peut être assez bête pour étudier les Moldus ? Marmonna Léopold, qui marchait à côté de moi. Et on est censés trouver les salles comment ? Râla-t-il un peu plus fort. J'ai Botanique mais on nous a jamais dit où étaient les serres !

- Et comment on arrive à la Tour d'astronomie, déjà ? Demanda Daniel.


Si quelqu'un connaissait les réponses, elles se perdirent dans le brouhaha des élèves qui quittaient la Grande salle, vraisemblablement pour se rendre en cours. Aussi, nous ne perdîmes pas de temps pour récupérer nos effets dans notre chambre, puis nous nous séparâmes pour nous rendre en cours. Je devais me rendre dans la tour ouest, troisième étage, salle de...


- Laurène ! Attends-moi !

Je me retournai pour voir Jeanne arriver en courant derrière moi, son sac à dos balloté en tous sens.


- Tu as Arithmancie, aussi, non ? Me demanda-t-elle une fois qu'elle m'eut rattrapée.


J'opinai du chef. Comme nous étions plutôt nombreux à avoir cette option en France, j'ignorais qu'elle la suivait.


- Mineure, précisai-je.

- Génial ! Moi aussi. Tu sais quoi, je suis bien contente qu'ils aient mis en place ce système pour les cours, me confia-t-elle tandis que nous montions un escalier de pierre. Plutôt que d'être tous ensemble en classe, on pourra s'intégrer aux autres. Ce sera comme si on était des vrais élèves de Poudlard. Ça va être marrant.

J'aimais bien Jeanne. Je ne la connaissais pas beaucoup, parce qu'il était presque impossible de la décoller de Léopold, qui lui n'invitait guère à la discussion. Mais à côté des autres filles de la délégation, la société de Jeanne était très reposante, avec son affabilité naturelle et sa simplicité. Le fait qu'elle soit la seule fille à ne pas m'ignorer entrait aussi sûrement en compte quelque part.


- Tu n'es pas trop déçue de ne pas être avec Léopold ? Demandai-je.

- Déçue ? Certainement pas. Tu penses, on a fait exprès de ne pas choisir les mêmes cours. Tu imagines, être avec lui à longueur de journée, toi ?


Je clignai des yeux, interloquée.


- Euh, moi non, mais... hésitai-je.

- Oh, tu dis ça parce que je suis sa petite amie ? Fit-elle, comme si l'évidence la frappait soudain.

- Ben, par exemple, oui...

- Non mais il ne faut pas croire ça. La recette pour que ça marche aussi bien entre nous, c'est de se voir le moins possible, me confia-t-elle d'un ton professoral. Même moi je n'arriverais pas à le supporter aussi longtemps !

- Ah... Si tu le dis, capitulai-je, dépassée.

- Au fait, on va où comme ça... Tu sais où c'est exactement, toi, ce cours ?

- Si je me souviens bien... réfléchis-je en tournant à droite à l'intersection suivante.


Je ne me souvenais pas bien. Nous nous perdîmes un bon quart d'heure avant de trouver des élèves à qui demander notre chemin et arriver devant la salle de classe.

Le professeur Vector, un sorcier un peu solennel, nous accueillit avec sobriété en même temps qu'un immense bulgare blond. Le professeur nous fit signe de prendre place aux tables vides, ce que nous fîmes sous les regards avides et peu discrets des Septième Année de Poudlard, et la leçon commença.

Comme ce cours était celui standard des Dernière Année dans cette école et que Jeanne et moi n'en suivions qu'une version plus allégée en France, puisque nous l'avions choisie en option mineure, nous eûmes quelques difficultés à nous adapter au niveau, mais nous nous en sortîmes plutôt honorablement. Le Bulgare, en revanche, semblait un peu plus en difficulté, d'autant plus que sa mauvaise maîtrise de l'anglais l'empêchait soit de demander correctement des explications, soit de les comprendre.

Dans l'ensemble, les deux heures passèrent plutôt rapidement. Pour l'heure suivante, j'avais Sortilèges. Pour ce cours-là, je retrouvai Cédric, Daniel et toutes les autres filles sauf Jeanne, ainsi que quatre Bulgares. Le professeur Flitwick nous accueillit avec bonne humeur et, d'un coup de baguette, fit apparaître pour nous une dizaine de sièges supplémentaires. Comme Bianca avait pris place près de Daniel, je me trouvai seule à une table, jusqu'à ce qu'un garçon aux traits asiatiques portant les couleurs de Serdaigles s'asseye.

- Salut Laurène ! Comment ça va ? S'enquit mon nouveau voisin en s'asseyant.

- Euh, bien merci, répondis-je, un peu surprise de sa familiarité.


Les nouvelles circulaient vite, certes, mais si lui connaissait mon nom, je n'avais la moindre idée de qui il pouvait bien être, il aurait pu s'en rendre compte...

Avant qu'il ne puisse ajouter quoique ce soit, le professeur Flitwick, qui s'était perché sur une pile de livre en guise d'estrade afin que nous puissions le voir malgré sa petite taille, fit s'élever dans les airs une dizaine de cerceaux qui reposaient jusque là entre les rangées, puis commença son cours comme si de rien n'était.


- Quelqu'un peut-il me dire la différence entre un sort de Lévitation, un sort d'Attraction et un sort de Déplacement ? Demanda-t-il, en parcourant les rangs du regard.

Rien de plus facile. Je levai la main, en même temps que plusieurs élèves de la délégation et que quelques Serdaigles. Pour faire honneur aux invités que nous étions, il désigna Cédric.

- Le sort de Lévitation permet de lever un objet à une hauteur limitée au dessus du sol – comme c'est le cas pour les cerceaux au-dessus de nous. Le sortilège d'Attraction fait venir l'objet désigné vers celui qui l'invoque. Et un sort de Déplacement permet de déplacer dans les airs un objet selon un itinéraire décidé par celui qui le lance.

- Très bonne description, approuva le professeur avec satisfaction. Vous connaissez tous les sorts de Lévitation et d'Attraction, que vous avez étudié respectivement en Première et Cinquième Année. Le cours d'aujourd'hui portera donc sur le sortilège de Déplacement. Vous vous mettrez par deux, et chaque binôme se placera de part et d'autre d'un cerceau. Vous avez au fond de la salle les oreillers que vous utiliserez dans un premier temps. Le but sera de vous échanger l'oreiller en le faisant passer à travers votre cerceau. Vous pouvez commencer.


J'échangeai un regard avec Daniel, à la table voisine, perplexe devant la méthode. Déplacer des oreillers ?

Cinq minutes n'étaient pas passées que je comprenais toute l'utilité de la consigne. Contrairement à Beauxbâtons, où nous avions une salle assez grande pour nous exercer seuls, et un matériel adapté, le cours de Sortilèges à Poudlard privilégiait la proximité, la convivialité – et le chaos. Les élèves avaient du mal à diriger précisément leur oreiller, qui avait souvent tendance à s'arrêter tout à coup, et à tomber sur une tête.

Mon binôme, mon voisin de table, lui, avait tendance à ne pas maitriser la vitesse de son oreiller, et je me le pris trois fois de suite en pleine face. Ce qui rendait ma participation à la conversation qu'il tentait d'établir de moins en moins enthousiaste, je le reconnais. D'ailleurs, ça semblait être une des raisons du désordre quasi apocalyptique qui régnait dans cette classe : permettre aux élèves de discuter tranquillement. Une attaque du ministère aurait pu être planifiée là sans que personne ne s'en rende compte.

- C'est dommage qu'on ait pas pu se recroiser avant, me dit mon binôme en dirigeant à nouveau son oreiller vers moi. Comment s'est passé la visite du château, du coup ?

- C'était... pas mal, répondis-je, en évitant de justesse un oreiller qui lévitait davantage dans ma direction que dans celle du cerceau du binôme voisin.

- Si on te l'avait fait visiter nous même, tu aurais trouvé ça plus que pas mal. D'ailleurs, ça n'empêche rien. Pour la visite, je veux dire. La proposition tient toujours.

- « Toujours » ? répétai-je, interloquée.

- Oui, bien sûr. Je suis sûr qu'il y a tout plein de choses que vous n'avez pas pu voir, avec Rusard et sa manie de « vous n'avez pas le droit ». Lucas, Helen et moi on aurait fait des guides bien plus sympas, dommage qu'on y soit pas allés dès que je te l'ai proposé...

- Mais proposé quand ??

Il stoppa en voyant mon air perdu et son sourire se fana.


- Tu ne te souviens pas de moi ? Demanda-t-il d'un air défait.

- Je ne crois pas qu'on se soit déjà parlé, fis-je remarquer.

- Mais... Je suis Matthew ! Matthew Cavendish ! On a mangé à côté samedi...

Je le regardai de travers. Soit j'avais de très sérieux problèmes de mémoire, soit ce type était le plus mauvais imposteur de la terre, s'il croyait que quelqu'un à l'ascendance manifestement asiatique pouvoir passer pour un blond aux yeux clair.

Puis soudain, avant que j'aie pu dire quoi que ce soit, son regard s'éclaira, et il éclata de rire.


- Oh ! s'exclama-t-il. Je sais !

Puis sans crier gare, il laissa l'oreiller tomber entre nous deux et il fonça droit vers moi, jusqu'à ce que son visage soit à vingt centimètres du mien, puis il me fixa avec intensité. Lorsque, rouge écrevisse, je tentai de me reculer, il me stoppa :


- Attends. Un instant.


Je n'avais pas du tout l'intention d'attendre, mais alors même que je faisais un pas en arrière, je remarquai une chose qui m'arrêta net : ses cheveux noirs et lisses blondissaient aux racines, puis la couleur s'étendit sur l'ensemble de la chevelure, qui se mit à s'allonger légèrement et à onduler ; ses yeux qui me fixaient perdirent leur forme d'amande et prenaient une teinte brune un peu plus claire, et des taches de rousseur apparaissaient sous ses yeux et son nez qui se faisait un peu moins rond. Comme le mien, réalisai-je.

Cette fois je me reculai pour de bon, mais de surprise, en reconnaissant le Matthew qui avait effectivement été à côté de moi le samedi dernier et qui, je ne le remarquai que maintenant, était une version masculine de moi.


- Tu es métamorphomage ! M'exclamai-je tout haut.

- Ouais, dit-il d'un ton satisfait. Désolé, j'avais oublié de te prévenir.

- « Oublié » ?


Comment pouvait-on oublier un « détail » pareil ? Mon ton incrédule le fit pouffer.


- Pour ma défense, tous ceux qui me connaissent ici sont au courant, j'ai rarement à me présenter comme métamorphomage. C'est quelque chose que je ne maitrise que très moyennement. Généralement, quand je reste un moment à côté d'une personne, je commence à changer et à lui ressembler, sans le vouloir. Là, j'ai dû vraiment me concentrer sur toi pour accélérer les choses.


J'étais bouche bée. Jamais je n'avais rencontré de métamorphomages auparavant.


- Euh... Les gens trouvent ça plutôt cool, en général, dit-il un peu gêné de voir que je le fixais sans rien dire.

- Non... Si, oui ! C'est... très cool, bredouillai-je stupidement.


Une fois remise, le cours se passa de façon beaucoup plus détendue pour moi. L'enthousiasme de Matthew semblait avoir redoublé, et il renouvela son invitation, que j'acceptai de bon coeur cette fois. Après qu'il ait promis de se présenter chaque fois que nous nous verrions pour que je ne lui mette pas un vent comme les autres fois. Inutile de dire qu'à la fin de l'heure nous n'avions pas progressé d'un pouce sur le sort à l'ordre du jour.

C'est avec un air nettement moins enchanté que le nôtre que Simon et Léopold nous rejoignirent dans la Grande Salle le midi.


- Qu'est-ce qui vous arrive ? Demanda Daniel à son meilleur ami tandis que ce dernier et Léopold se laissaient tomber d'un bloc sur un siège près de Jeanne.

- Potions, grommela Simon, l'air sombre, en se servant une pleine louche de boeuf bourguignon.

- Eh bien quoi, « Potions » ? Demanda Daniel.

- Tu comprendras quand tu auras, répondit l'autre d'un ton éloquent.

- Je l'ai en mineure, moi, cette matière.

- T'inquiète, ça change rien, assura Léopold avec un rire lugubre. En fait, ce sera peut-être même pire.

- Pire que quoi ? s'inquiéta Bianca.


Léopold la considéra un moment avant de répondre :


- Toi, si j'étais toi, j'irais même pas.


Pas moyen de leur arracher un mot de plus sur le sujet, et l'arrivée des autres acheva d'enterrer le sujet. Mariella revint avec des coeurs à la place des yeux de son cours de Divination où elle avait apparemment fait connaissance avec plusieurs Bulgares dont elle nous fit la description par le menu, provoquant les bruyantes manifestations de jalousie de Bianca et Elina; pour achever de plomber l'ambiance, Fleur ne semblait pas mieux disposée que le matin, et Jacques et Jeanne étaient revenus déprimés de leur cours d'histoire, où le premier admit même avoir piqué un somme sans le vouloir.

Disposant de deux heures de libre avant mon premier cours de Défense contre les Forces du mal (ça promettait, ça aussi), je décidai de les employer à diminuer autant que possible la rancune de ma meilleure amie à mon égard. L'aperçu que j'avais eu de ses lettres. Empoignant fermement le plan d'accès à la bibliothèque que j'avais obtenu de Matthew le matin, je naviguai à travers les couloirs de Poudlard, et atteignis mon objectif presque sans embuche.

La bibliothécaire hocha brièvement la tête lorsque je la saluai, et me suivit des yeux tandis que je me dirigeai vers une table isolée. J'étais un peu mal à l'aise de faire mon courrier à la bibliothèque, mais le carrosse ne serait ouvert qu'en début de soirée, et je voulais envoyer ma réponse le plus tôt possible, histoire de ne pas avoir une horde de hiboux furieux à mes trousses le lendemain.

Inspirant profondément, j'ouvris la première lettre de Lisa, puis la seconde.

Comme je le pensais, dans l'écriture soignée de ma meilleure amie se mélangeaient allègrement paroles chaleureuses et reproches indignés ; dans l'ordre : je lui manquais énormément – j'étais une amie indigne de la laisser dans les affres de l'incertitude depuis mon départ – elle espérait que je me portais bien – j'avais intérêt à lui raconter exactement tout ce qui m'était arrivé ou elle viendrait me chercher elle-même – allais-je revenir pour les fêtes, etc... La deuxième lettre portait en plus la frustration de n'avoir pas reçu de réponse à la première, bien qu'elle n'ait écrite que quelques heures plus tôt.

Je soupirai. Lisa était une amie extraordinaire, mais elle avait tendance à se transformer en dragon dès que je m'éloignais, tant il lui en coûtait d'être écartée de cette partie de ma vie. J'avais fini par comprendre que sa grande crainte était que je me fasse des amis qui me ressemblent davantage, des sorciers, et que je l'oublie elle. Pourtant, Merlin savait qu'elle avait peu de soucis à ce faire de ce côté-là ! Elle avait trop affaire à des sorciers qui la dénigraient car elle était une Cracmole et ne se fiait à presque personne, et si peu à moi. De plus, mère poule dans l'âme, il ne pouvait rien lui arriver de pire que de me savoir encore plus éloignée que d'habitude, et dans un endroit qu'elle n'avait aucun moyen de connaître, et qui lui semblait simplement terrible.

Bien que ses lettres me laissent toujours un arrière goût plutôt désagréable, je comprenais ses peurs, et j'employai autant de chaleur et d'amitié possible à remplir un parchemin entier, recto verso. Je lui racontai par le menu le peu que j'avais pu avoir l'occasion de voir, en m'efforçant de mettre de côté tout ce qui pouvait un peu trop donner l'impression que j'avais une chance folle d'être ici, mais sans non plus diminuer l'importance que ce voyage avait pour moi. Au moins, il y en avait une à qui mon échec lors de la sélection des champions ferait plaisir.

Je réservai résolument les lettres de mon ex petit-ami pour une date ultérieure et très très lointaine. A la place, j'écrivis une longue lettre à mon frère et mon père. Celle-là fut plus difficile à écrire. S'attendaient-ils à ce que j'échoue ? Seraient-ils très déçus ? Je me hâtai de conclure : plus j'écrivais, plus je me rendais compte qu'ils me manquaient.

Lorsque je finis, il me restait un peu plus d'une heure pour localiser la volière, envoyer mon courrier et trouver la salle de cours ; ce qui, honnêtement, vu mes expériences précédentes, promettait d'être très juste. Je suivis scrupuleusement le plan de Matthew, et je jure que j'ignore totalement comme je me débrouillai pour échouer dans les cachots au bout d'un quart d'heure. Me résignant à subir à nouveau le courroux de ma meilleure amie, je fis demi-tour, résignée à retarder l'envoi de la lettre. Je décidai de retourner à la bibliothèque pour tuer le temps, et c'est là que je butai sur Cédric qui en sortait.


- Ah, tu étais là ? S'exclama-t-il, s'attirant un « Chut! » appuyé de la bibliothécaire, assise derrière son bureau à l'intérieur.

Nous décidâmes de nous éloigner de la bibliothèque et de marcher dans les couloirs.

- Je vous cherchais, tout le monde a disparu, on dirait, soupira Cédric. Je commençais à me dire que vous aviez tous cours et que j'avais loupé un truc. Tu faisais quoi ?

- Je cherchais la volière, grimaçai-je. Je sais pas si le plan n'est pas bon ou si c'est moi qui ai un sérieux problème d'orientation, mais on dirait que je suis totalement incapable de me repérer ici...

- Un plan ? Cool ! Où tu l'as eu ? J'ai erré pendant vingt minutes avant de trouver la bibliothèque...

- C'est un Serdaigles qui a bien voulu me le dessiner.


Il examina le parchemin et, sans que je le lui aie demandé, nous dirigea à travers les couloirs. Finalement, j'eus ma réponse au bout de dix minutes : le plan avait été très bien réalisé, c'était moi qui avais un gros problème. Lorsque nous arrivâmes à la passerelle qui menait à la petite tour de pierre qui abritait la volière, Cédric me jeta un regard amusé.


- Si tu me sors une blague sur les blondes, grommelai-je, je te jette un sort.


La menace n'était pas très convaincante, mais il s'abstint tout de même. Pendant que j'appelais deux hiboux pour leur confier mon courrier, Cédric sortait de quoi écrire.


- Autant que j'en profite tant qu'on est ici, dit-il. Faut vraiment que j'écrive à Célia. Déjà qu'elle m'en veut, elle va m'envoyer un tueur à gages si je ne réponds pas tout de suite à sa lettre.

- Elle t'en veut ? Relevai-je avant d'avoir pu m'en empêcher.

- Elle ne voulait pas que je vienne ici.


J'accrochai ma lettre pour Lisa à la patte d'une chouette grise et celle pour ma famille à un hibou tacheté, puis les regardai s'envoler par une des ouvertures de la volière. Il termina sa lettre, et la confia à un hibou ; pendant un moment, j'espérai qu'il allait en rester là : en fait, je n'avais pas vraiment envie d'être au courant de ce genre de choses, j'avais bien assez à faire avec tout ce qui me passait par la tête en ce moment. Mais c'était déjà trop tard :

- C'était censé être ma dernière année à Beauxbâtons, poursuivit-il, pendant que nous regardions son hibou s'éloigner en survolant la forêt sombre. On aurait dû être en train d'en profiter pour passer autant de temps ensemble que possible. Mais ils annoncé le tournoi, et j'ai voulu y participer – contre son avis.

- Et du coup, maintenant que tu es parti pour rien... devinai-je.


Il tourna brusquement la tête vers moi, l'air presque indigné :


- « Pour rien » ? Tu as l'impression d'être venue pour rien, toi ?

Sa répartie me laissa interloquée, et il poursuivit :

- On est quand même dans cet endroit fabuleux et on s'apprête à vivre une année exceptionnelle, candidats ou non. On a plein de choses à voir et à apprendre, des choses qu'on aurait jamais vues en restant à Beauxbâtons. On est là depuis deux jours, et il s'en est déjà passées, des choses... finit-il avec un ton rêveur.

- J'aurais voulu venir ici même en sachant que je ne serais pas championne, admis-je. Cela dit, me perdre dans ce château interminable fait partie des expériences dont j'aurais préféré me passer.

- C'était pas si terrible, crâna-t-il, les bras croisés, en s'appuyant contre un mur couvert de fientes.

- Mais personne ne comptait sur moi ailleurs, assenai-je.

- Et Hugo ? Demanda-t-il inopportunément en levant un sourcil.

- Ça ne compte pas ce qu'il pense, me renfrognai-je. Je ne sais pas du tout pourquoi il persiste à m'écrire alors que je le lui avais interdit.

- Ah, c'est lui toutes ces lettres ?

- Je veux même pas en parler.

- Ok... Bref, tu te dis que Célia aurait mérité que je me sacrifie, je suppose, soupira-t-il. Si tu veux savoir, ça n'a pas été si facile de prendre cette décision. Mais il fallait bien faire un choix. Au final, il aurait quand même fallu sacrifier la volonté de l'un de nous deux. Et elle aurait aussi pu comprendre que c'était important pour moi, que c'était une occasion unique. Rien ne nous empêchera de nous voir même si je ne suis plus à l'Académie l'année prochaine. Sa colère passera, je me rattraperai, affirma-t-il avec vigueur ; les regrets d'avoir loupé ce que je dois vivre ici, il m'aurait fallu les porter bien plus longtemps. Je devais venir.


Il avait l'air si inhabituellement pensif que je n'eus pas le cœur d'insister. Nous restâmes quelques minutes silencieux, et je me repassais ses paroles dans ma tête. Comme toujours en sa compagnie, j'étais en proie à des sentiments contradictoires, et j'avais du mal à savoir quoi penser. Il s'acharnait à faire des choses que je désapprouvais tout en me restant sympathique, et je ne savais pas comment c'était possible. J'arrivais à comprendre son point de vue, alors que je le trouvais en même temps égoïste et désinvolte, et que c'étaient des défauts auxquels j'avais été assez confrontée pour refuser de les accepter. Peut-être que la solitude commençait à me faire perdre la tête. En tout cas, j'étais heureuse d'être à ma place plutôt qu'à celle de Célia.

- Tu es en train de te dire des horreurs sur moi, je parie, dit-il au bout d'un moment.

Je relevai les yeux sur lui.


- Pas vraiment. Je me demandais juste si j'arrivais à trouver ta façon d'agir plus raisonnable que stupide.

- Eh ben au moins ça a le mérite d'être honnête... Et tes conclusions ?

- Ça ne donne rien. Si ce n'était que de la stupidité, parler de ça avec toi ne m'intéresserait pas. Pourtant, ce n'est pas bien non plus.

- Tu penses vraiment que j'ai mal agi ? Demanda-t-il, au bout d'une minute, un peu mal à l'aise pour la première fois que je le connaissais.

- Je te l'ai dit, je n'en sais rien.

- On a chacun notre raison d'être ici, dit-il tout bas.


Il eut en tout cas l'air soulagé que je ne le condamne pas irrémédiablement. Mais moi, je n'étais pas plus avancée.


- Bien ou pas bien, c'est fait de toute façon, conclus-je.


Pour éviter de ressasser le sujet, nous nous remîmes en chemin pour nous rendre à ce fameux cours de Défense contre les Forces du Mal. J'avais en tout cas réussi à semer le trouble dans l'esprit du MaisonRouge, même si ce n'était pas ce que j'avais voulu. Quoi qu'il en soit, si cela pouvait le pousser à faire davantage attention à sa petite amie, ce n'était pas plus mal.

Grâce au plan et à Cédric nous arrivâmes sans encombres dans la salle indiquée par l'emploi du temps. Pour ce cours-ci, apparemment, nous ne serions qu'entre français.

Cela ne m'étonna qu'à moitié de constater que le professeur de cette nouvelle matière était le sorcier à l'oeil magique et au visage couturé de cicatrices qui nous avait retrouvés la veille. Pas bien grand, trapu et le visage fermé, il semblait avoir passé sa vie à les affronter, les forces du mal, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne donnait pas envie. Comme je l'appris plus tard, il s'agissait d'un Auror. Au moins, ils savaient recruter leurs professeurs, à Poudlard.

Sa présence en imposait, et les bavardages cessèrent aussi sec dès qu'il apparut pour nous faire entrer en classe. Debout devant son bureau, le seul meuble de la grande pièce, les mains croisées dans son dos et silencieux, il braquait sur nous un regard revêche, comme s'il tentait déjà de nous jauger et que ce qu'il voyait n'était guère encourageant. Pour ce que j'en savais, ce n'était pas très loin de la vérité.

Tout en nous plaçant en demi cercle face à lui, à une distant raisonnable, nous échangions des regards un peu inquiets, sans oser dire une parole.

Une fois certain qu'il avait toute notre attention, il déclara de but en blanc :


- On m'a dit que vous n'aviez eu aucune formation en Défense contre les Forces du Mal. Je vous annonce la couleur tout de suite : je ne peux pas faire de miracles. le programme de cette année sera chargé, très chargé, puisque je vais devoir commencer par les bases pour vous amener à un niveau satisfaisant pour des Septième Année.

Il fit une pause pour promener son regard sur nous, comme s'il s'attendait à nous voir protester. Pas de danger ! Nous étions pétrifiés devant son air bourru et ses paroles abruptes.

Sans plus perdre de temps, il nous fit passer un à un devant lui pour évaluer ce que nous connaissions en matière de sorts utiles en combat. Je sentis un frisson d'appréhension m'envahir lorsqu'il se mit à lancer des sorts à Jeanne pour l'obliger à les repousser. C'est un professeur, me répétai-je, il ne va pas lui faire de mal, c'est juste un cours. N'empêche, les attaques me semblaient un peu trop poussées, et Léopold, qui était resté tendu à côté de moi tout le temps du combat, eut un grognement furieux quand sa petite amie fut jetée à terre par un sort un peu plus vif qu'elle n'avait pas réussi à éviter. Des murmures indignés se levèrent, mais je n'eus pas le temps d'être choquée très longtemps : après avoir relevé par le bras une Jeanne tremblante pour la laisser revenir de notre côté, le professeur se tourna vers notre groupe et me désigna comme adversaire suivante. Je sentis le sang se retirer de mon visage, mais je m'avançai.

Qu'étais-je censée faire ?? Attaquer un professeur ? Même si c'était pour un cours... et si je le blessais ? Serait-il furieux ? Me ferait-il renvoyer ?? et moi, qu'allait-il m'infliger ?

Une fois face à lui, devant mes camarades, j'osai à peine lever les yeux vers lui, et il me rabroua aussitôt :


- Regarde-moi ! Aboya-t-il. Ton ennemi est en face de toi, ne baisse surtout pas les yeux ! Vigilance constante ! Comment veux-tu réussir à éviter ses attaques si tu regardes ailleurs ?


Mortifiée, je m'obligeai à lever les yeux sur son oeil magique.


- Détends-toi, jeune fille, dit-il d'un ton bourru. Tu n'arriveras à rien en étant aussi raide. Relache tes epaules et tes bras.


Pas détendue pour deux sous, je m'efforçai néanmoins d'appliquer ses conseils et de sortir de cet état de paralysie que je m'infligeais moi-même. S'il me lançait un sort quand j'étais dans cet état, il était clair que je n'avais pas la moindre chance de réussir à l'éviter.

Je m'efforçai donc encore de dénouer donc mes épaules en inspirant profondément.


- Je préfère ça, dit-il avec ce qui devait être chez lui un sourire.


Aussitôt, il passa à l'attaque. Bien que la plupart me soient inconnus, ce ne furent d'abord que des sorts mineurs que je n'eus pas de mal à repousser. Et je savais très bien qu'il s'agissait d'un professeur, pas d'un danger potentiel ; mais je n'avais jamais combattu un autre sorcier, et cela me rappela tellement la nuit de la Coupe du monde et la confrontation avec les Sirènes - les pires expériences de ma vie - que je dus me faire violence pour ne pas restée pétrifiée sur place. Il y avait quelque chose dans son regard qui me donnait des frissons – un peu d'égarement, un peu de folie, derrière l'assurance affichée. Il faisait un ennemi très très convaincant.

Ce n'était pas avec les trois pauvres sorts défensifs que je connaissais que j'allais m'en sortir, je le savais. Le professeur Maugrey m'exhortait à passer à l'attaque, mais je ne connaissais aucun sort offensif, c'était aussi bête que cela. Je m'acharnais à éviter les siens, mais pour finir, le professeur profita de ce que j'étais épuisée pour me stupéfixer, et le combat cessa là, me laissant vidée et haletante.

Le professeur, la baguette baissée, s'approcha pour m'aider à me relever. Rouge de mécontentement envers moi-même, je me glissai à côté de Simon qui pressa mon épaule d'un air encourageant. Je répondis à son regard interrogateur par un sourire fatigué, et nous nous reconcentrâmes sur le cours.

Jacques, toujours si doué en cours, fut terrassé en quelques minutes. Léopold et Fleur furent les seuls à réussir à envoyer des attaques au professeur, et Elina, à notre grande surprise, fut celle qui résista le mieux, tandis que les autres tinrent plus ou moins le coup.

Le soir, le repas fut morne. Ce cours de Défense avait indigné une partie de la délégation et déprimé l'autre - dont je faisais partie. J'avais l'impression d'avoir fait le maximum pour me défendre lors des combats dans lesquels je m'étais retrouvée il y avait à peine quelques mois de ça. Et en une heure, je venais de comprendre que j'étais en réalité passée très près du désastre. Je ne pouvais m'empêcher de trembler d'une peur rétrospective.

D'un autre côté, me répétai-je, les cours de cette année m'assureraient de ne plus jamais me retrouver dans une situation de telle vulnérabilité. Même s'il fallait pour ça combattre un professeur flippant plusieurs heures par semaines. Décidément, ce séjour à Poudlard s'annonçait bien différent de ce que je m'étais imaginé.

De retour au carrosse, je retournai à ma chambre après avoir souhaité une bonne nuit aux autres, pressée d'enterrer dans la tranquillité cette journée épuisante tant physiquement que moralement.

Je poussai la porte, puis... calai sur le seuil, la poignée toujours à la main.

Mais qu'est-ce que Fleur faisait dans ma chambre ??

En m'entendant, elle tourna la tête vers moi.


- Oh, Laurence ! Me dit-elle avec un sourire affable. Alors c'est avec toi que je vais partager ma chambre, c'est ça ?


Commentaire de l'auteur Une nouvelle fois, toutes mes excuses pour ce délai – si ça peut vous rassurer, j'ai déjà mis autant de temps à poster un chapitre pour ma fic précédente, et elle est aujourd'hui achevée... Je n'abandonne pas ! Je suis constamment en train de réfléchir à des idées, aux personnages, à noter des petits bouts d'histoire, à faire des recherches, à relire et réécrire ce qui ne va pas.
Dans la catégorie des trucs chiants qui ont retardé le chapitre : le choix des cours que chacun devait suivre. Je me suis rendue compte qu'il fallait les mettre en relation avec le métier que chaque élève vise... Il m'a donc fallu d'une : trouver quel métier veulent faire mes personnages, et de deux : quels cours ils devraient suivre pour y arriver... Du coup, il y aura des coquilles à corriger dans les chapitres précédents sur les cours que Laurène suit. J'ai enlevé l'histoire et la potion – d'où la suppression d'une scène sur la rencontre de Laurène et Rogue... C'est Daniel et Léopold qui l'ont subie. Je me suis dit que de toute façon, chacun pouvait bien imaginer ce qui s'était passé pendant ce cours...
Pour les raisons du retard, parce que je vous dois quand même cette explication, en dehors du fait que le chapitre n'a pas été évident à écrire car il n'y a pas de réelle action, il s'agit aussi d'un grand changement dans ma vie, puisque je suis passée d'étudiante à salariée, avec déménagement et beaucoup de boulot à la clé. Bref, fin de la parenthèse. Encore merci pour votre patience et les commentaires !
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