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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 311 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr

Victor Sierra : financement participatif pour leur 5ème album
 par   - 374 lectures  - Aucun commentaire

Victor Sierra est un groupe français de musique steampunk.

Jje les suis depuis plusieurs années et nous sommes devenu amis.
Ils lancent un financement participatif pour leur cinquième album sur indiegogo :
Victor Sierra's 5th album

Ils chantent dans plusieurs langues : français, anglais, un peu d'espagnol et de yiddish dans certains titres.

Vous pouvez écouter des morceaux et voir des vidéos sur leur sites https://victorsierra.net/ ainsi que sur youtube, itunes, spotify...

 

La ligue des mangoustes recherche de nouveaux héros
 par   - 1878 lectures  - 1 commentaire [30 mai 2020 à 12:42:02]

Fan de manga et/ou de comics et écrivain dans l'âme, cette annonce s'adresse à vous !


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Harry Potter

Blood and Legacy !
[Histoire En hiatus]
Auteur: Keysapocalypses Vue: 8252
[Publiée le: 2013-06-30]    [Mise à Jour: 2014-08-08]
G  Signaler Action-Aventure/Mystère/Angoisse/Heroic Fantasy Commentaires : 55
Description:
Harry a bientôt treize ans, mais malgré ses victoires passées, il n'est pas heureux. Vaincre Quirell et le Basilic lors de ses deux premières années à Poudlard ne lui faisait sentir aucun soulagement.

Alors que les vacances avant sa troisième année s'écoulent avec lenteur, Harry ne dort plus. Il passe son temps libre à réfléchir à son avenir. Jusqu'à présent, il n'avait jamais pensé pouvoir détesté quelque chose en lui plus que la célébrité associé à son nom.

Il avait tort !

Il avait découvert qu'il était un vampire, avec toutes les conséquences que cela engendrerait...

Par l'auteur de Fate/Stay Another Night, Mugen Tsukuyomi, Due Cieli, Keiki no Atarashii, Ryuuketsu, Le Kitsune, Burakumin
Crédits:
Les personnages appartiennent à J.K Rowling, je ne fais que les lui emprunter.

L'histoire est de moi, ou plutôt de mon esprit malade et détraqué.

J'espère que vous apprécierez cette nouvelle fiction sur un fandom tout à fait différent de mes dernières œuvres.

Bonne lecture !

EN HIATUS pour une durée indéterminée.
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Self-contrôle aléatoire !

[8023 mots]
Publié le: 2013-07-27
Mis à Jour: 2013-07-27
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Commentaire de l'auteur Voici donc un nouveau chapitre qui s'est fait un peu attendre.

Néanmoins, la qualité est et restera au rende-vous.

Sur ce, je vous laisse à votre lecture !

Cher Harry,

Joyeux anniversaire !

Je suis vraiment désolé pour le coup de téléphone.

J'espère que les Moldus ne t'en ont pas trop voulu. J'en ai parlé à Papa et il m'a dit que je n'aurais pas dû crier comme ça.

L'Égypte, c'est formidable. Bill nous a montré les tombeaux des pharaons et tu ne peux imaginer les mauvais sorts que les sorciers égyptiens ont jeté pour les protéger. Maman a interdit à Ginny de visiter le dernier tombeau. Il était plein de squelettes mutants. C'étaient des restes de moldus qui avaient voulu entrer et qui s'étaient retrouvés avec deux têtes ou d'autres trucs dans ce genre là.

J'ai du mal à le croire quand Papa a gagné le gros lot de la Gazette du Sorcier. Sept cents gallions d'or ! On en a dépensé la plus grande partie au cours de ce voyage, mais il va en rester suffisamment pour que mes parents puissent m'acheter une nouvelle baguette magique à la rentrée.

Nous serons de retour environ une semaine avant le début de la rentrée des classes et on ira à Londres chercher nos manuels scolaires et ma nouvelle baguette magique. Peut-^zetre que tu pourras nous retrouver là-bas...

Ne te laisse pas faire par les moldus !

Et essaye de venir à Londres.

Ron

Ps : Percy a été nommé préfet en chef, il a reçu la nouvelle la semaine dernière.

Pps : Ginny te passe le bonjour, je me demande bien pourquoi...

Harry esquissa un sourire. Le souvenir de l'appel de Ron valait largementla punition qu'il avait reçu par la suite. Sorcier de sang-pur, le rouquin n'avait jamais eut l'occasion de s'approcher d'un téléphone de sa vie. Son premier appel avait été quelque peu... bruyant. Harry était dans sa chambre quand cela avait commencé. Le téléphone avait sonné et l'oncle Vernom avait répondu. Rapidement une voix très reconnaissable s'était mise à hurler que non, il n'y avait pas de Harry Potter dans cette maison. Bien sûr, Ron ne savait pas que crier ne servait à rien dans le combiné, mais comme au final l'oncle Vernom avait fait de même, au final, il n'avait pas dû s'en rendre compte... La lettre des Weasley avait été amené à Privet Drive par Errol, le plumeau... le hibou de la famille. Le pauvre animal était tellement vieux qu'il semblait incapable de parcourir plus de quelques mètres de distances sans s'effondrer. C'était d'ailleurs surprenant qu'il fut parvenu à faire le trajet depuis l'Egypte... Un paquet accompagnait la lettre. Harry la déballa et découvrit ce qui semblait être une petite toupie de verre. Un petit mot expliquait ce dont il s'agissait.

Ceci est un scrutoscope de poche. Lorsque quelqu'un en qui on ne peut pas avoir confiance se trouve dans les parages, il doit normalement se mettre à tourner et émettre de la lumière. Bill prétend que c'est un attrape-nigaud qu'on vend aux touristes. Il dit qu'on ne peut pas s'y fier, sous prétexte qu'il est resté allumé pendant tout le dîner, hier soir. Mais il n'avait pas vu que Fred et George avaient mis des scarabées dans sa soupe. Le pauvre !

A bientôt !

Ron

Et Ron avait sans doute préféré taire ce détail pour pouvoir passer une année sans risque de représailles des jumeaux. C'était bien son genre. Mais en tout cas, Harry était content que son premier et meilleur ami puisse avoir une nouvelle baguette magique. La dernière était déjà vieille et après l'incident du saule cogneur et celui plus récent de Lockhart, sa fiabilité était passé de faible à nulle. Sauf si le négatif était possible... Il sourit d'avoir de bonnes nouvelles de façon « normale » selon lui. Sa norme était évidemment différente de celle des Dursley, mais ce n'était pas dit qu'ils apprécient plus une méthode que l'autre, tellement ils détestaient toute preuve du monde magique... Le garçon soupira et porta son attention à l'autre lettre qu'il avait reçu. Elle contenait un extrait de la gazette du sorcier et une lettre.

UN EMPLOYE DU MINISTERE DE LA MAGIE REMPORTE LE GRAND PRIX !

Arthur Weasley, directeur du service des détournements de l'Artisanat moldu, a remporté le grand prix de la loterie du Gallion organisée chaque année par la Gazette du Sorcier.

Mr Weasley, ravi, nous a déclaré : « Cet or va nous servir à faire cet été un voyage en Égypte, où travaille Bill, notre fils aîné. Il est briseur de sorts pour le compte de la banque Gringotts. »

La famille Weasley va donc passer un mois en Égypte et sera de retour pour la rentrée des classes au collège Poudlard, où cinq des enfants Weasley poursuivent leurs études.

La lettre, quant à elle, était écrite avec application et élégance, typique de la personne qui l'avait écrite. Hermione semblait prendre également beaucoup de plaisir à ses vacances. Harry était content pour elle, même s'il aurait aimé pouvoir lui aussi voyager. Mais bon, vu comment se passait les vacances et en tenant compte du fait que c'était les Dursley. Ce n'était pas si mal...

Cher Harry,

Ron m'a écrit et raconté son coup de téléphone à ton oncle Vernom J'espère que tu n'as pas eu trop d'ennuis.

Je suis en vacances en France et je me demandais comment j'allais faire passer ce colis à la douane. Heureusement que Hedwige est arrivée ! Je crois qu'elle voulait être sûr qu'on t'envoie quelque chose pour ton anniversaire, cette fois-ci ! J'ai trouvé ton cadeau grâce à une société de vente par correspondance qui a fait passer une annonce dans la Gazette du Sorcier (je me la fais envoyer ici, c'est si agréable de rester en contact avec le monde de la sorcellerie). Tu as vu la photo de Ron et de sa famille que je t'ai envoyé ? Je n'étais pas certain que tu étais au courant, puisque Ron n'a pas pu t'avoir au téléphone... Il doit apprendre des tas de choses là-bas, en tout cas… Tu ne peux pas savoir à quel point je l'envie : les sorciers de l'Égypte ancienne était des personnages fascinants.

Ici aussi, il y a quelques histoires intéressantes de sorcelleries régionale. J'ai fait deux rouleaux de parchemin de plus que ce que le professeur Binns avait demandé.

Ron dit qu'il sera à Londres au cours de la dernière semaine de vacances. Tu pourras y être aussi ? Est-ce que ton oncle et ta tante te laisseront venir ? J'espère que oui. Sinon, je te verrai dans le Poudlard Express, le 1er Septembre.

J'espère te voir à Londres pour les courses de la rentrée.

Sinon, nous nous retrouverons le 1er septembre.

Amitiés,

Hermione

Ps : Ron m'a dit que Percy avait été nommé Préfet en chef. Il doit être enchanté, mais Ron n'a pas l'air de trouver ça très réjouissant.

Pps : Je sais que tu risques d'avoir du mal à finir tes devoirs de vacances à cause de ton oncle et de ta tante, mais essaye de faire un effort malgré tout. Il ne faudrait pas fâcher nos professeurs dès la rentrer... Surtout le professeur Rogue.

Pour le coup, Harry manqua d'éclater de rire. Il n'y avait bien que Hermione pour appeler Rogue « professeur » quand il n'était pas présent. Le problème des devoirs de vacances était également réglé depuis deux semaines. C'était l'unique avantage d'être un vampire : il ne dormait pas, donc il avait du temps libre... Toutefois, la mention du devoir pour le professeur Binns le laissa perplexe. Son amie avait vraiment fait deux rouleaux de parchemin de plus que ce qui était demandé ? Seulement deux ? Harry s'était tellement ennuyé que presque tous ses devoirs étaient plus longs de quatre rouleaux. Cela en disait beaucoup sur l'ampleur de l'ennui du garçon, il détestait faire plus de travail que nécessaire. Du moins quand sa curiosité n'était pas attisée. La lettre était accompagnée d'un volumineux paquet. Le survivant s'attendait à ce que ce fut un livre sur la magie, connaissant Hermione. Tant mieux, cela lui ferait toujours de la lecture pour la nuit. Mais il fut surpris de découvrir qu'il s'était trompé. Il avait devant lui un nécessaire à balai, avec un manuel d'instruction. C'était au moins aussi intéressant, sinon plus. Un petit mot accompagnait le cadeau.

Je me suis dit que ce matériel pourrait te servir. J'avais débord pensé à un traité sur la manipulation...

Rien à redire, c'était du Hermione tout craché. Harry ne pu retenir un léger gloussement tandis qu'il remballait le nécessaire à balais et qu'il le rangeait dans sa valise. Il prendrait le temps de profiter pleinement de ce cadeau en temps voulu. Dans l'immédiat, il avait encore deux lettres qui n'attendaient que d'être lues. Un simple coup d'œil lui suffit pour déterminer qui était l'auteur de la prochaine. L'écriture était brouillonne et bavait par endroits, rendant la lecture difficile, mais pas impossible.

Cher Harry,

Joyeux anniversaire !

Je voulais te remercier pour m'avoir fait sortir de...là-bas. J'ai pensé que ce livre pourrait t'être utile cette année. Je ne t'en dis pas plus maintenant. Je t'en parlerai quand on se verra.

Avec toute mon affection,

Hagrid

Un livre ? De la part de Hagrid, il se serait attendu à autre chose. À un nécessaire à balais par exemple. C'était Hermione qui aurait dû envoyer le livre. À moins que... Pris d'un brusque mauvais sentiment, Harry prit le paquet, qui tremblait légèrement, et le déballa avec précaution. A peine l'eut-il fait qu'il le jeta à l'autre bout de la chambre et grimpa sur son lit. C'était effectivement un livre, mais il était quelque peu... spécial. Il était recouvert de fourrure et possédait quatre yeux qui foudroyaient le garçon du regard, comme s'il était responsable de ses malheurs. Au moins maintenant le garçon savait pourquoi c'était Hagrid qui lui avait offert un livre. Il aimait tout ce qui était un peu anormal. Mais quand même ! Un livre n'était pas censé se jeter à la figure de son lecteur ! Harry était persuadé que sans ses réflexes, sa tête ne serait probablement plus sur ses épaules. Remarque faite, après le Basilic, le livre semblait relativement inoffensif. Mais de là à le trouver utile... Le garçon fut tiré de ses pensées par une voix gutturale :

''Manger, manger, manger manger, manger, manger, manger, manger, manger...''

Là, il lui fallut reprendre depuis le début. C'était un livre ! Il bougeait, ce qui supposait qu'il avait été enchanté pour lui donner vie. Les livres étaient composés de papier. Le papier était tiré des arbres. Harry pouvait communiquer avec les arbres grâce à la magie sylvestre. La magie sylvestre ne peux communiquer qu'avec les végétaux vivants. Donc, selon toutes probabilités... c'était ce livre qui émettait les joyeuses pensées qui résonnaient dans toute la chambre. Cela ne présageait rien de bon.

''Du calme...'' tenta Harry. ''Je ne te veux aucun mal.''

''Manger ?''

''Non, je n'ai rien à manger.''

''Manger !''

''D'accord... Que veux-tu manger ?''

''Manger...''

''Tu n'es pas très dégourdi comme livre, tu le sais au moins ?''

''Manger !''

Ne savait-il rien dire d'autre ? Harry avait bien compris que ce livre de malheur voulait manger. Mais que voulait-il manger ? Et d'ailleurs, qu'était censé manger un livre ? De la viande ? Des légumes ? Vu la façon dont il s'était jeté au visage du garçon, ce dernier songeait que le manuel n'était pas très difficile en matière de nourriture. Il devait probablement se nourrir de n'importe quoi... Attrapant une vieille paires de chaussettes sales et trouées. Il les laissa tomber au sol. Le livre se jeta dessus. Pas très dégourdi et complètement idiot ! Profitant de la distraction momentanée du livre, il se jeta dessus et l'attrapa à pleines mains. Le monstre de papier se mit à s'agiter furieusement.

''Caresse...''

Hébété et totalement perplexe, Harry s'exécuta et caressa la reliure, seul endroit possible d'accès sans prendre le risque de se faire mordre. Aussitôt, le livre cessa de se débattre. Sa nouvelle docilité surprit le garçon, qui resta méfiant quelques secondes. Finalement, puisque la petite monstruosité semblait décidé à rester immobile, il décida de le retourner pour lire le titre : « Monstrueux livre des monstre » par Edwardus Lima. Définitivement monstrueux... Mais apparemment, tant qu'il était régulièrement caressé, il était doux comme un agneau... Ou quelque soit son équivalant dans le monde sorcier. Harry comprenait mieux à présent pourquoi Hagrid appréciait cet ouvrage. Toutes les créatures que le garde-chasse pouvait rêver d'élever y étaient présentées dedans. Même les dragons. le dhampire avait gardé un souvenir assez particulier du Norvégien à crête nommé Norbert, qu'il avait rencontré durant sa première année. Et ce n'était qu'un bébé... Cela n'expliquait toutefois pas pourquoi il aurait besoin de ce livre au cours de l'année. Mais bon, si Hagrid disait qu'il lui expliquerait, Harry pouvait lui faire confiance. D'autant qu'il avait voulu montrer sa reconnaissance au garçon. Ce dernier avait apporté la preuve qu'il n'était pas la personne qui relâchait le monstre de la chambre des secrets dans le château de Poudlard. Hagrid avait ainsi pu quitter Azkaban et rentrer chez lui. Mais la peur de la prison des sorciers était présente dans ses yeux, à son retour. A quel point ce lieu était-il terrifiant ? Peut-être serait-il utile de faire quelques recherches sur le sujet, puisque le temps ne lui manquait pas. Reposant délicatement le livre sur le lit, pour éviter qu'il ne se vexe et morde, Harry ouvrit la dernière lettre. C'était la lettre de fourniture de Poudlard. L'enveloppe était plus volumineuse que celles des deux dernières années.

Cher Mr Potter,

Vous voudrez bien prendre note que la nouvelle année scolaire commencera le 1er septembre 1993. Le Poudlard Express partira de la gare de King's Cross, quai n° 9 ¾ à onze heures précises.

Lors de certaines fins de semaine, les élèves de troisième année auront la possibilité de visiter le village de Pré-au-Lard. A cet effet, vous voudrez bien faire signer par un parent ou toute autre personne responsable l'autorisation de sortie ci-jointe.

Vous trouverez également sous ce pli la liste des livres qui vous seront nécessaires au cours de cette année.

Avec mes meilleurs sentiments,

Minerva McGonagall

Directrice adjointe

Une liste de fournitures scolaires étaient également présente. Étaient inscrits les nouveaux volumes pour les cours obligatoires, ainsi que le matériel nécessaire pour les options que Harry avait choisi. Cela faisait beaucoup de manuels, mais au moins, il aurait de quoi s'occuper la nuit. Et le monstrueux livre des monstres était le manuel pour l'option soin aux créatures magiques. Cela promettait de ne pas être de tout repos. Mais quel genre de professeur pouvait réclamer un tel manuel pour ses cours ? Il devait bien s'entendre avec le garde-chasse. Il allait devoir trouver le temps de se rendre au chemin de traverse afin d'acheter ses fournitures... sans compter les extras de la liste personnelle du garçon. Heureusement que son coffre contenait assez d'or pour suivre le rythme... En parlant d'or, quelle quantité au juste possédait-il ? Ce serait vraiment stupide de faire des dépenses sans au moins savoir cela. Il ajouta « Vérifier mon compte » à la liste de taches à effectuer au chemin de traverse. Maintenant, il ne resterait plus qu'à convaincre l'oncle Vernom de l'emmener. Et tant qu'à le convaincre, il restait un petit détail à régler :

Je soussigné M/Mme _, mère/père/tuteur/tutrice de l'enfant _, déclare autorise l'enfant _ à sortir à se rendre à Pré-au-Lard dans un cadre de détente lors des sorties organisées, hors périodes de cours.
Lu et approuvé :

Affronter un Basilic était une chose, mais convaincre l'oncle Vernom de lui donner des libertés en était une autre. Surtout si ladite liberté avait un lien avec le monde magique. Pourquoi tout devait-il toujours être si compliqué ? Il était encore tôt, ce jour là, à peine quatre ou cinq heures du matin. Harry attendit encore quatre heures avant de descendre et de préparer le petit-déjeuner des Dursley. Comme à son habitude, il termina exactement au moment ou ils entrèrent dans la cuisine. Les yeux vert-forêt de la tante Pétunia observèrent avec insistance la moindre trace d'étrangeté. Ne trouvant rien, elle considéra le fait de manger, ignorant superbement le garçon. L'oncle Vernom ne jeta pas un regard à son neveu, préférant lire son journal. Tant que ce dernier ne faisait aucune bêtise, ou ne se nourrissait pas plus que le strict minimum, il le laissait tranquille. Considérant le dernier point, il n'y avait aucun risque. Harry n'avait toujours pas soif et l'idée des Dursley lui servant de repas le révulsait. Sans compter que c'était interdit par les lois sorcières. Anticipant le futur grognement de Dudley, son cousin alluma la télévision. Le fils de la maison détestait manger sans regarder les absurdités que montrait le petit écran. Et comme il trouvait trop fatiguant de faire l'aller retour du salon à la cuisine et inversement, il passait désormais presque toutes ses journées dans cette dernière pièce, à grignoter tout en regardant ses programmes favoris. Malheureusement, ce jour là, ceux-ci avaient été coupé pour diffuser un flash spécial :

- Les autorités précisent que Black est armé et très dangereux. Un numéro vert a été spécialement mis en place pour permettre à toute personne qui apercevrait le fugitif de le signaler immédiatement…

- Pas la peine de préciser qu'il est dangereux, grommela Vernon en levant à peine les yeux de son journal pour regarder la photo de l'évadé. Tu as vu comme il est sale ? Tu as vu ses cheveux ?

Cette dernière question, purement rhétorique, avait été dite en jetant un regard en biais à son neveu. Celui-ci ne releva pas. Sa tignasse noire exaspérait son oncle, sa tante encore plus. Mais comparée à la chevelure hirsute et sale de cet homme squelettique et hagard, elle avait l'air parfaitement peignée, pour ne pas dire d'une élégance rare. Pourtant, Harry se sentait étrangement mal à l'aise. Sirius Black... Il avait déjà entendu ce nom là quelque part. Non, pas entendu, plutôt lu. Et ce ne devait pas faire bien longtemps. Mais avec la quantité d'information que son cerveau avait emmagasiné en si peu de temps, il n'arrivait pas à s'en souvenir. La seule chose certaine, c'était que cet individu, jugé hautement dangereux, était un sorcier. L'était-il au point d'être recherché par les moldus, ou au contraire pas assez pour représenter une menace pour eux ? Les deux cas semblaient improbables. Mais si Siriuis Black était effectivement un sorcier, et qu'il s'était échappé de prison, cela devait signifier qu'il s'était échappé d'Azkaban... Lieu qui semblait effrayer quiconque le mentionnait presque aussi certainement que le nom de Voldemort. Cela renforça les intentions de Harry de faire des recherches sur le sujet. Le journaliste réapparut.

- Le ministère de l'Agriculture et de la Pêche doit annoncer aujourd'hui…

- Eh ! Pas si vite ! aboya Vernon, furieux. Il ne nous dit pas d'où ce fou dangereux s'est échappé ! Imaginez qu'il soit au coin de la rue !

La tante Pétunia se leva d'un bond et alla se poster à la fenêtre de la cuisine. Harry retint un ricanement. Il savait qu'elle aurait adoré être la première à appeler ce numéro. Sa tante avait une passion pour l'espionnage… Toutefois, agirait-elle toujours ainsi en sachant qu'elle tentait probablement de trouver un sorcier ? Le garçon était d'avis qu'elle fuirait dans un lieu désert le plus tôt possible. Cela serait définitivement amusant à regarder.

- Quand donc vont-ils comprendre, beugla son oncle en frappant la table de son poing gras, que seule la pendaison peut nous débarrasser de cette vermine ?

- Ça, c'est vrai, approuva sa femme qui observait toujours les plans de haricots du jardin d'à côté et qui étaient bien moins développés que les plantes du jardin des Dursley.

Harry se demanda si la peine de mort était toujours en usage dans le monde sorcier. Sur certains points de loi, il le savait, les magiciens étaient restés terriblement archaïques. Un accusé était, entre autres, immédiatement considéré comme coupable jusqu'à preuve du contraire et la détention préventive, chaudement conseillée. Crétins ! Le garçon se demanda si c'était une des conséquences de la guerre contre Voldemort, ou si c'était déjà ainsi auparavant. Vu la vitesse à laquelle évoluait le monde de la magie, il y avait de fortes chances que ce fut déjà le cas avant. Après tout, ce mage noir n'était pas le premier de l'histoire, seulement le plus meurtrier et le plus fou, ce qui était déjà trop.

Vernon vida sa tasse de thé à grand bruit puis se leva. Harry connaissait le goût des Dursley pour ce qui se passait ailleurs dans le monde, aussi ne s'étonna-t-il pas quand Vernon voulut éteindre la télévision, alors que le journaliste annonçait la faillite de trois grandes entreprises allemandes et leur rachat pour une bouchée de pain par la société Naja. Il récolta au passage une plainte sonore de Dudley qui fixait toujours l'écran d'un œil hagard, comme hypnotisé. Il se contenta donc de changer de chaîne au plus grand bonheur de son fils qui était trop loin de la télécommande à son goût.

- Il ne faut pas que je tarde, Pétunia. Le train de Marge arrive à dix heures.

Harry manqua de se couper la langue avec ses dents et regarda son oncle avec des yeux ronds. Ce n'était pas possible. Il avait dû mal entendre. C'était la seule explication possible. Il posa toutefois la question, pour en être certain.

- La tante Marge ? Elle… elle vient ici ?

La tante Marge était la charmante sœur de l'oncle Vernon. Bien que n'étant pas directement apparenté à elle, Harry avait dû l'appeler « tante » chaque fois qu'il l'avait vue. Ladite Marge habitait à la campagne, dans une maison avec un grand jardin où elle pratiquait l'élevage de bouledogues. Elle ne venait pas souvent à Privet Drive, fort heureusement, car elle ne supportait pas de quitter ses adorables créatures, même pour quelques jours. Personnellement, Harry aurait bien gardé le basilic en vie rien que pour lui faire manger les cabots, mais il se demandait si le serpent géant aurait survécu à l'ingestion de ces sales bêtes. Lui-même ne planterait pas ses crocs dans ces saletés de chiens, même si c'était une question de vie ou de mort. En tout cas, chaque visite de la tante Marge lui avait laissé un mauvais souvenir.

Pour le cinquième anniversaire de Dudley, Marge lui avait donné des coups de canne dans les tibias pour l'empêcher de gagner au jeu des chaises musicales alors qu'il courait plus vite que son cousin. Quatre ans plus tard, elle avait apporté un magnifique robot électronique à Dudley… et une boîte de biscuits pour chiens à Harry. Sa dernière visite avait eu lieu lorsque Harry avait dix ans. Cette fois-là, il avait par mégarde, du moins c'est ce que lui disait sa conscience, marché sur la patte de Molaire, le plus vieux et le plus hargneux des chiens de Marge. Le garçon avait dû se réfugier dans un arbre et l'affreuse tantine n'avait consenti à rappeler son molosse qu'à minuit passé. Harry se demandait comment les voisins avaient pu ignorer le raffut causé par le chien, probablement par paresse. En tout cas, Dudley avait beaucoup apprécié cet épisode et en riait encore.

- Marge restera une semaine ici, déclara Vernon et puisque nous en parlons, ajouta-t-il en tapant du doigt contre les côtes saillantes de son neveu, c'est le moment de mettre quelques petites choses au point, avant que j'aille la chercher.

Dudley quitta la télévision des yeux pour observer son cousin. Il aimait beaucoup voir Harry se faire remonter les bretelles.

- Pour commencer, grogna l'oncle, je te conseille de surveiller ta langue quand tu t'adresseras à Marge.

- D'accord, répondit Harry sans se démonter, il avait l'habitude de bien pire, surtout avec Rogue et Malfoy. Mais si elle n'est pas polie, je suis censé faire quoi ?

- Te taire, répliqua son oncle. Ensuite, étant donné que ma sœur ignore tout de ton anormalité… je ne veux pas qu'il se passa la moindre chose bizarre sous mon toit, c'est compris ? Tu te tiendras correctement !

- A condition qu'elle en fasse autant.

- Et pour finir, reprit Vernon en plissant ses yeux, qui disparurent presque dans les replis de sa face bouffie, nous avons dit à Marge que tu étais pensionnaire au Centre d'Éducation des Jeunes Délinquants Récidivistes de St Brutus.

- Quelle merveilleuse nouvelle ! s'exclama ironiquement Harry. Je suppose que tout le quartier est au courant ?

- Tu n'as pas intérêt à démentir, sinon…

- Bien sûr, mais… Comment veux-tu que je dises des choses sur une école que je ne connais pas ? Imagine qu'elle veuille vérifier pendant l'année que je suis bien là-bas ?

- Aucun souci, je me ferai une joie de lui donner de tes nouvelles jusqu'à sa prochaine visite, ricana son oncle.

Sur ce, il tourna les talons et se dirigea vers la porte. Harry lui courut après, c'était probablement le moment idéal pour un échange de bon procédé. Surtout qu'il avait l'avantage tactique. Et il ne voulait absolument pas se dire que c'était Serpentard d'agir ainsi. Une sortie à Pré-au-Lard était en jeu. Et puis, il fallait un courage de Gryffondor pour tenir tête à l'oncle Vernom. Ça devait contrebalancer sur sa conscience...

- Oncle Vernon ?

- Oui ?

- Je peux te demander quelque chose ?

- Quoi ? grogna-t-il.

- Voilà… Les élèves de… mon école ont le droit, à partir de cette année, de faire des sorties… culturelles. Mais il faut une autorisation des parents ou des tuteurs pour pouvoir y aller… Tu pourras me la signer ? On en a besoin pour certains cours.

- Et pourquoi devrais-je te le signer, ton papier ?

- Eh bien… Le nom de cette école de redressement, là… c'est assez long… Je ne sais pas si je vais pouvoir le dire correctement devant la tante Marge.

Vernon dévisagea son neveu avec un rien d'inquiétude. Si jamais le sale môme faisait une gaffe durant le séjour de Marge… Non, cela ne devait absolument arriver.

- Que se passera-t-il si jamais je me trompe ? poursuivit Harry, qui se doutait de la tournure des pensées de son oncle.

- Tu prendras la plus grosse raclée de ta vie ! rugit Vernon.

- La plus grosse raclée de tous les temps ne suffira pas à faire oublier ce que j'aurais dit à Marge, promit Harry qui de toute façon n'en était pas effrayé car ayant déjà vécu pire à plusieurs reprises.

Son oncle leva le poing, le rabaissa et réfléchit un moment, le teint empourpré. Harry se dit qu'un jour, son oncle serait terrassé par une crise d'apoplexie, s'il n'y prenait pas garde.

- Très bien. Je vais te surveiller de près pendant le séjour de Marge. Si, à la fin, je juge que tu t'es convenablement conduit, je signerai ta paperasse.

- Je préférerais que tu signes d'abord. Ainsi, j'aurais toute la bonne volonté du monde pour jouer au méchant petit élève de St Machin.

- St Brutus, grinça Vernom.

- C'est si difficile à retenir...

L'oncle Vernom s'apprêta à répliquer, quand il croisa le regard émeraude de Harry, par dessus ses lunettes. Il se figea un instant, eut une absence de quelques secondes, puis grinça des dents.

- Très bien, donne-le moi qu'on en finisse. Et tache de faire ce qu'il faut, sinon...

Mais il savait qu'aucune menace ne serait assez efficace pour intimider son neveu. Il prit le papier et signa avec hargne, avant de s'en aller. En partant, il fit claquer la porte si fort qu'un carreau en tomba et explosa sur le sol. Harry souffla de soulagement tout en ramassant les débris de verre. Béni soit le charme vampirique. Il n'avait pas voulu l'utiliser, mais l'oncle Vernom s'y était exposé de lui-même. C'était vraiment efficace, en tout cas. D'un regard, il avait été en mesure de faire changer d'avis l'homme qui avait toujours le dernier mot, enfin presque toujours. Ce ne serait probablement pas aussi efficace contre des sorciers, malheureusement. Il n'était pas retourné dans sa chambre depuis dix minutes, pour mettre le précieux document en sécurité, que la voix perçante de Pétunia qui lui criait de descendre pour accueillir leur invitée.

- Tu aurais pu arranger tes cheveux ! lança-t-elle avec hargne.

Harry haussa les épaules. Pourquoi faire des efforts pour la tante Marge alors que son unique centre d'intérêt lorsqu'elle venait était de le critiquer. Au contraire, cela ne pourrait que lui faire plaisir. Il y eut un crissement de gravier écrasé par les pneus de la voiture, puis des claquements de portière et…

- Ouvre la porte ! ordonna Pétunia à son neveu.

Harry obéit en maudissant le ciel d'avoir une famille pareille. Remarque faite, il aurait pu tomber plus mal, chez les Malfoy, par exemple. Retentant un frisson de dégoût, il reporta son attention sur la porte d'entrée qui s'était ouverte. La tante Marge était déjà sur le seuil. Elle ressemblait beaucoup à son frère, grande, massive, le teint violacé et une moustache, moins fournie cependant que celle de Vernon. Harry eut une pensée pour Mrs Dursley mère. Comment la pauvre avait-elle pu survivre à la naissance de deux enfants aussi larges ? Avec beaucoup de souffrance, vraisemblablement. Une énorme valise à la main, on eût dit qu'elle s'installait pour un mois entier ce qui la connaissant pouvait fort bien être le cas, et un vieux bouledogue sous le bras, Marge fit son entrée.

- Où est mon Duddy chéri ? rugit-elle. Où est-il, mon petit neveu adoré ?

Dudley s'avança alors dans le vestibule suivant un rituel bien rodé. Il se dandinait comme un pingouin, ses cheveux blonds plaqués au gel sur sa tête grasse, un nœud papillon à motifs criards à peine visible sous son énorme menton. Marge balança sa valise dans l'estomac de Harry, qui en eut le souffle coupé, malgré sa toute nouvelle résistance vampirique.

''Elle y a mis le mur d'Hadrien, ou quoi ?''

Marge saisit Dudley et le serra contre elle comme pour lui broyer les os en lui plantant un baiser sonore sur la joue. Harry fit la grimace. Il savait que son cousin se faisait payer pour supporter ça. Lui n'aurait jamais été capable de le supporter, mais l'antipathie réciproque entre lui et sa tante y était certainement pour beaucoup. Quand Marge lâcha le fils Dursley, Dudley tenait un gros billet de banque dans son poing. Pour une fois, Harry était heureux qu'on l'ignore.

- Pétunia ! s'écria Marge en passant devant Harry sans faire mine de le voir.

Les deux femmes firent semblant de s'embrasser, c'est-à-dire que la mâchoire de Marge alla heurter la pommette de Pétunia, un point c'est tout. C'était assez étrange à observer, même pour un œil averti. Vernon entra en dernier et referma la porte avec un grand sourire, qui se fit crispé lorsqu'il vit Harry rester prudemment à l'écart.

- Une tasse de thé, Marge ? proposa-t-il. Et Molaire, qu'est-ce qui pourrait lui faire plaisir ?

- Il pourra boire un peu de thé dans ma soucoupe.

Tandis que les autres allaient dans le salon, Harry prit tout son temps pour monter la valise de Marge dans la chambre d'amis. Il résista à la tentation de fausser la serrure en l'écrasant de son doigt. Avec sa nouvelle force vampirique, ce devait-être possible, mais cela n'allait pas aider à la coexistence de la semaine à venir. Et si l'autorisation de sortie était désormais en sûreté, l'oncle Vernom trouverait bien un moyen de lui faire payer. En redescendant, Harry trouva Marge assise dans le salon, en compagnie d'une tasse de thé et d'une tranche de cake. Dans la cuisine, Molaire, ce détestable chien lapait bruyamment son thé en éclaboussant le carrelage autrement impeccable de boisson et de bave. La tante Pétunia semblait au supplice. Elle était très fière de sa belle maison toute propre… et détestait les animaux en tous genres. Harry n'était pas aussi catégorique, mais après avoir rencontré un dragon, un Basilic et d'autres créature tout aussi détestables, il n'était pas non plus un fervent partisan des animaux chez soi. Si encore il s'agissait d'un véritable animal de compagnie, cela pouvait encore passer, toutefois, comme pour Hedwige. Ah, dernier point, animal de compagnie du point de vue du garçon, pas de Hagrid... Le cas des chiens était particulier, à cause de Touffu, le cerbère qui avait été un temps l'un des gardien de la pierre philosophale durant sa première année, ce qui lui laissait une mauvaise image des canidés. Molaire y était également pour beaucoup...

- Qui s'occupe de tes autres chiens, Marge ? s'enquit Vernon.

- Je les ai confiés au colonel Courtepatte. Il est à la retraite, le pauvre, ça lui fait du bien de s'occuper un peu. Mais je ne pouvais pas abandonner ce pauvre Molaire. Il est trop malheureux loin de moi.

Harry soupira. Supporter Marge était pénible, mais si on y ajoutait ce chien, la semaine qui venait allait être un vrai cauchemar. Comme s'il sentait les pensées du garçon, Molaire se mit à grogner. Toutefois, dès que leur regard se croisèrent, il poussa un léger glapissement avant de s'éloigner. Instinct de préservation, sans doute. Les vampires devaient être au sommet de la chaîne alimentaire. Ce ne serait peut-être pas si terrible, en fin de compte. Le jappement plaintif de Molaire attira automatiquement le regard de la tante Marge sur lui, en étant la cause indirecte par sa seule présence. Il fut littéralement foudroyé du regard, ce qui ne lui fit ni chaud ni froid.

- Alors, aboya Marge. Toujours là, toi ?

- Malheureusement, tante Marge, répondit Harry d'un air peu enthousiaste.

- Ne le dis pas sur ce ton désagréable, grogna Marge. Tu peux vraiment t'estimer heureux que Vernon et Pétunia te gardent sous leur toit depuis tout ce temps. Douze ans à t'entretenir ! Pff… Moi, je t'aurais directement expédié à l'orphelinat, si on t'avait laissé devant ma porte. Je refuse de dépenser de l'argent pour un sale gamin dans ton genre.

''Si tu savais, espèce de grosse vache…'' songea Harry. ''Je suis sûr que l'orphelinat n'aurait pas été pire que ton abruti de frère, ta peste de belle-sœur et ton mastodonte de neveu. Et en ce qui concerne l'argent, j'en ai certainement plus que tous les habitants du quartier réunis, mais tu n'as pas à le savoir...''

- Qu'est-ce que c'est que cette grimace, là ? Tu te moques de moi, ou quoi ? tonna la tante Marge. Je vois que tu n'as fait aucun progrès depuis la dernière fois que je t'ai vu.

''Mais si… Je sais faire des potions et transformer une souris en tabatière. Je peux faire danser les couverts sur une table et je suis un joueur de quidditch assez bon. Mais je suppose que tu t'en fiches pas mal. Et si je te le disais, tu ne comprendrais même pas de quoi je parle… Sauf éventuellement si je te disais que j'étais un vampire. Là je suis à peu près certain que tu me laisserais une bonne centaine de mètres d'espace vital.''

- J'espérais que l'école t'apprendrais un peu les bonnes manières.

''J'aimerais avoir sa définition des bonnes manières, vu comment elle prend ses aises chez l'oncle Vernom. Certes, c'est son frère, mais quand même...''

Marge avala une gorgée de thé à grand bruit, s'essuya rapidement les lèvres et reprit :

- Dans quel collège l'as-tu envoyé Vernon ?

- A Saint-Brutus, répondit aussitôt Vernon avec un sourire mauvais. C'est un excellent établissement pour les cas désespérés.

- Oui, je connais. Les châtiments corporels sont toujours en usage à Saint-Brutus, j'espère ?

- Oui, répondit platement Harry en songeant que Marge s'entendrait à merveille avec Rusard. Les profs peuvent nous donner des coups de canne quand ils le veulent. Et ils le veulent souvent.

- Parfait ! clama Miss Dursley. J'ai horreur de ces mollassons qui voudraient qu'on abolisse le fouet et les autres peines. Tout peut s'arranger, avec une bonne correction. Et tu en reçois souvent, des coups de canne ?

- Oui, beaucoup. Les professeurs trouvent que j'ai de très mauvaises manières, comparé au reste de la bande, répondit Harry d'une voix flûtée. Et comme je récupère rapidement de mes bleus, ils peuvent me donner encore plus de coups de canne.

Voilà, ainsi, l'oncle Vernom devrait s'estimer satisfait. Qu'il ne vienne pas lui dire qu'il ne jouait pas le jeu ! Mais Marge ne parut qu'en partie apprécier la réponse. L'idée des coups en plus lui plaisait, mais que Harry récupère rapidement de ses hypothétiques blessures lui convenait déjà moins. Si ce n'était pas du sadisme, ça...

- Ce n'est pas suffisant, visiblement. Je crois qu'il te faudrait un meilleur dressage, jeune homme. Vernon, si j'étais toi, j'écrirais au directeur en insistant bien pour que ce garçon soit fouetté à la moindre incartade.

Craignant peut-être que la situation ne tourne au vinaigre, Vernon se dépêcha de détourner la conversation sur le nommé Sirius Black, évadé depuis peu et cavalant dans la nature. Marge prit très vite ses aises dans la maison, du moins, encore plus qu'à son arrivée. Harry se prit à regretter le temps où elle n'y séjournait pas. Les Dursley ne voulaient pas le voir, alors que Marge tenait absolument à l'avoir sous les yeux afin de déterminer le point le plus tordu de son neveu et de donner force conseils sur son éducation… quand elle ne s'attaquait pas à la famille de Harry. Sans le savoir, l'ignoble bonne femme touchait là un point sensible. Harry n'avait que peu d'arguments pour réfuter ces âneries. Et puis… il y avait les manières de Marge. En dehors de Dudley, Harry n'avait jamais vu quelqu'un se conduire si mal, surtout à table. Même Crabbe et Goyle avaient plus de délicatesse en mangeant, ce qui n'était pas peu dire étant donné qu'ils l'étaient autant qu'un dragon à jeun devant son premier repas de la journée. Elle avait aussi la fâcheuse habitude d'acheter des cadeaux hors de prix, que Harry trouvait assez hideux, à Dudley en regardant l'autre neveu d'un air féroce, comme pour le dissuader de demander une explication. Elle passait aussi beaucoup de temps à exposer les raisons pour lesquelles Harry était peu fréquentable.

- Ce n'est pas de ta faute si ce garçon est devenu ce qu'il est, dit-elle à son frère le troisième jour, pendant le déjeuner. Lorsqu'il y a quelque chose de pourri à l'intérieur, personne ne peut rien y faire.

Harry se concentra sur n'importe quoi plutôt que sur la tante Marge. Cette dernière avait été ravie de découvrir que le garçon ne mangeait pas à table avec le reste de la famille, comme s'il était inférieur à elle. Il avait expliqué, et l'explication avait été confirmé par Vernom lui-même, que le directeur de St Brutus avait recommandé de le faire jeûner, afin de calmer son tempérament rebelle. Il ne pouvait quand même pas lui dire qu'il ne buvait que du sang, encore qu'il ne l'ai fait qu'une fois jusqu'à présent, si l'on ne comptait pas l'auto-vampirisme.

- C'est un des principes de base de toute éducation. On le voit très bien dans l'élevage des chiens. S'il y a quelque chose de tordu chez la mère, on trouvera la même tare chez ses chiots.

Elle avala son vin et s'étrangla d'un seul coup. Toussant à se rompre la gorge, elle parvint difficilement à reprendre sa respiration.

- Ça va, Marge ? couina Pétunia.

- Oui, oui… C'est bon… Je n'aurais pas dû boire avant de finir ma phrase… Tout va bien, bégaya Marge en essuyant les gouttes de vin qui tachaient sa veste.

''Voilà le genre de tare qui traîne dans ma famille,'' songea Harry en ricanant intérieurement. ''C'est affreux, n'est-ce pas ? Grâce à elle, on dispose de la vie ou de la mort de plein de gens, tantine… C'est dommage que Malefoy ne soit pas dans le coin, je te montrerai ce qu'est un vrai dégénéré…''

Les trois jours suivants furent exécrables. Harry se forçait à réciter mentalement des passages de son manuel d'entretien des balaisou du monstrueux livre des monstres, déjà appris par cœur, chaque fois que Marge s'en prenait à lui. La méthode se révéla efficace, mais lui donnait un air un peu… ailleurs, qui fit conclure à Marge que ce sale gosse était mentalement arriéré. Enfin, après ce qui avait semblé une éternité, le séjour de Marge parvint à son terme. Pour le dernier soir chez les Dursley, la tante Pétunia avait préparé un dîner des plus raffinés, du genre que Harry ne reverrait plus jamais dans cette maison, même s'il n'en profitait pas, et Vernon avait débouché plusieurs bouteilles de vin. D'après Harry, vu la tendance de Marge à boire, ce n'était pas une très bonne idée. Cependant, ils dégustèrent la soupe et le saumon aux amandes sans faire allusion aux défauts de Harry. Quand arriva la tarte meringuée au citron, Vernon fit un discours assommant sur les mérites de sa fabrique de perceuses. Ensuite, Pétunia servit du café et son mari amena une bouteille de cognac. Le garçon sut alors un mauvais pressentiment, amené à se confirmer sous peu...

- J'espère que tu te laisseras tenter, Marge.

Elle avait déjà bu plus que de raison. D'ici peu de temps, elle finirait par rouler sous la table. Au moins, ainsi, elle pourrait tenir compagnie à son chien, qui restait le plus loin possible de Harry, ce qui énervait sa propriétaire qui aurait préféré que ce fut l'inverse. Sauf que si elle buvait encore plus, elle risquait de dire certaines choses qui feraient dégénérer la conversation...

- Juste un fond, minauda-t-elle. Encore un peu quand même… Un tout petit peu… Voilà, comme ça, c'est parfait.

Le "juste un fond" de Marge se révéla être un verre presque plein. Dudley avait avalé quatre parts de tarte. Son cousin regardait le repas avec consternation. Était-ce vraiment un repas entre gens civilisés ? Il aurait bien voulu partir, mais le regard noir de son oncle lui fit comprendre qu'il devrait rester jusqu'au bout. Et c'était définitivement une mauvaise idée.

- Aahh ! soupira Marge en claquant la langue comme un ouvrier au pub. On peut dire que ça fait du bien par où ça passe ! Moi, avec mes douze chiens, je n'ai jamais le temps de me faire la cuisine, je mange toujours sur le pouce.

''Alors fais-les tous piquer ! Non, mieux encore, mange les. songea Harry avec ennui.

Marge émit un rot sonore et tapota son gros ventre revêtu de tweed. Pour quelqu'un qui ne mangeait soit disant pas énormément, elle était plutôt volumineuse. Même pour quelqu'un qui mangeait plus que de raison... Dudley en était une belle preuve.

- Excusez-moi. Mon Duddy, ça fait vraiment plaisir de voir un garçon bien bâti. Tu deviendras un bel homme costaud, comme ton père. Je prendrai bien encore une petite larme de cognac… Quant à l'autre, là…

- L'autre a un prénom, tante Marge, répondit la voix trop calme pour être naturelle de Harry. Et l'autre serait infiniment reconnaissant si tu voulais bien t'en servir.

- Mais regardez-moi cette insolence ! Vraiment ! De la part d'une espèce d'avorton dans ton genre, c'est comique ! beugla Marge. J'ai toujours dit qu'il y avait quelque chose de pourri chez sa mère. Je n'ai rien contre ta famille, bien sûr… ajouta-t-elle en tapotant les doigts maigres de Pétunia. Mais ta sœur avait une tare et elle s'est acoquinée avec un bon à rien. On a le résultat. Au fait, je parie qu'il était chômeur, ce Potter, n'est-ce pas, Vernon ?

- Oui, oui, bien sûr, répondit Vernon sans prendre garde à la tension qui montait.

- Faux, répliqua Harry depuis sa chaise.

- Et ils étaient sûrement ivres quand ils se sont tués en voiture ! continua la tante Marge sans tenir compte de l'intervention.

Cette fois-ci, Harry sentit la colère monter en lui. Il tenta de se maîtriser en pensant aux conséquences des trop fortes émotions sur lui. Inspirer à fond. Expirer lentement. Inspirer à fond... Soif ! Merde, pas maintenant. Pourquoi la soif de sang était-elle liée à l'état d'esprit des vampires ? Non, ne pas y penser, se calmer...

- Et d'une, ils ne se sont pas tués en voiture. Et de deux, en ce qui concerne l'ivrognerie, TU PEUX PARLER, TOI ! Non mais tu t'es regardée ? Tu serais dans la rue, les voisins appelleraient la police pour cas d'ivresse sur la voie publique !

Tant pis pour le self-contrôle. À présent, l'unique chose importante était de ne pas mordre. Ce ne serait pas beau à voir... ni à goûter. Harry était certrain qu'une goutte de son sang suffirait à le rendre ivre, avec tout l'alcool ingurgité. La tante Marge s'empourpra face à la réplique de Harry. Le ton monta d'un cran.

- TES BONS À RIEN DE PARENTS SONT MORTS DANS UN ACCIDENT DE LA ROUTE, ESPÈCE DE SALE PETIT PROFITEUR ! ET C'EST À CAUSE DE ÇA QUE TU ES DEVENU UN FARDEAU POUR UNE FAMILLE HONNÊTE ET TRAVAILLEUSE, ET…

Marge se tut, comme si la colère l'enflait trop pour parler. Non, elle enflait vraiment, littéralement. Son visage semblait gonflé à l'hélium, et son corps difforme donnait l'impression de pouvoir exploser à tout instant, plus encore qu'en temps normal. Puis les pieds de la tante Marge cessèrent de toucher le sol et elle se mit à flotter au plafond. Bon, au moins il n'avait rien dit de compromettant. Par contre, là, il allait avoir de plus grave problèmes que la fureur de l'oncle Vernom. Profitant de la stupeur générale, Harry fonça dans sa chambre, ou ses affaires étaient déjà prêtes, prit la malle et la cage de Hedwige, et descendit en trombe. Il ouvrit la porte d'entrée en grand.

- REVIENS ICI TOUT DE SUITE ! rugit Vernon.

- Sûrement pas ! Elle n'a que ce qu'elle mérite ! J'en ai assez de vous tous ! Je m'en vais.

Un instant plus tard, Harry était dans la rue déserte et sombre...


Commentaire de l'auteur Et voilà ! Ce sera tout pour aujourd'hui.

Le prochain chapitre, déjà écris, sortira la semaine prochaine... du moins si j'ai le temps. Sinon, il sortira quelques jours plus tard, tout au plus !

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