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Bob Morane

Le monde des elfes
[Histoire Terminée]
Auteur: superdjidane Vue: 1581
[Publiée le: 2006-05-25]    [Mise à Jour: 2006-05-26]
G  Signaler Action-Aventure/Heroic Fantasy/Jeunesse Commentaires : 2
Description:
Dans ce roman épique écrit il y a 2-3 ans, l'aventurier Bob Morane et ses amis pénètrent dans un monde parallèle où vivent des elfes depuis des millénaires. A leurs côtés, ils combattront différents ennemis, connus et inconnus. Avec eux, Justin, un jeune garçon, sera initié à l'aventure...
Crédits:
Les personnage de la série "Bob Morane" sont la propriété de Henri Vernes, les autres sont de mon invention. J'ai d'ailleurs proposé mon texte à Henri Vernes, pour qu'il l'intégre à la série, mais il n'a pas accédé à ma demande.
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chapitres 12 à 14

[4412 mots]
Publié le: 2006-05-25
Mis à Jour: 2006-05-26
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XII

 

            Bob Morane avait rapporté dans les moindres détails à son meilleur ami, les événements vécus depuis le coup de téléphone  jusqu’à l’instant même où ils se trouvaient réunis autour de la table.

- Bon, commandant, si j’ai bien compris, il nous faut brûler la politesse au despote du village et retourner chez nous. Dans ce cas, je me demande pourquoi vous ne l’avez pas fait plus tôt.

- Bill, n’anticipe pas. Les elfes sont nos amis et je leur ai promis de les aider. D’ailleurs, je ne peux pas revenir sur terre, avec des oreilles pareilles, tu comprends ?

            Bill se mit à rire.

- C’est vrai, commandant, votre coupe de cheveux en hérisson ne vous permettrait pas de sortir avec des oreilles de lapin ! A moins que vous vous laissiez poussez les cheveux, comme tous ceux qui nous entourent en ce moment.

            Les elfes présents ne parurent pas apprécier cette remarque.

- Bill, tu ferais mieux de surveiller ton langage, fit remarquer Bob.

- Mais enfin, fit l’Ecossais, que voulez-vous que je fasse dans tout ceci ?

- Bill, je voudrais simplement que tu m’aides à résoudre notre problème et à contrecarrer les desseins de Miss Ylang-Ylang sur Héra.

Alia apparut dans la salle et posa un bol rempli de leur hydromel devant l’Ecossais.

- Bois ceci : cela te fera du bien, après les émotions que tu as vécues.

- Mais qu’est-ce que c’est que ce breuvage ?

- Bill, il faut que tu boives ceci…

- Attendez, commandant, ce n’est pas la mixture qui…

- Tu as vu juste, fit Maya, le sourire aux lèvres.

- Commandant, vous n’allez pas me dire que… Dois-je vraiment…

            Le Français acquiesça.

- Commandant, dans vos rêves ! hulula Bill. Je veux bien vous venir en aide comme d’habitude, et vivre une nouvelle aventure avec vous, comme d’habitude, mais si vous imaginez  me faire arborer des oreilles de lapin, c’est hors de question ! Non, là, c’est de l’abus !

- Fais attention, gros ours, cria Maya. Cesse d’insulter la meilleure race qui puisse exister en ce monde. Est-ce que tu crois que je vous insulte, vous les humains, êtres faibles !

- Bill, fit calmement Morane, sache que personne te retient. Justin n’a qu’à te donner le médaillon pour que tu puisses rentrer chez toi.

Bob se tourna vers Hector et ceux qui l’entouraient.

- Ne vous faites pas de soucis, mes amis. Je le connais, et je peux vous assurer que sa mauvaise humeur ne dure jamais.

- Nous l’avons senti, répondit Hector.

- J’y compte bien, bougonna Bill en réponse à la proposition de Morane. Je me retire de ces sornettes tolkiennesques !

- Mais après, tu seras dans ton manoir à courants d’air à te nourrir de regrets : « Ah, si j’étais resté avec le commandant, j’aurais pu vivre encore d’autres aventures à ses côtés et nous serions toujours ensemble, même si nous serions dans un autre monde. » Fais à ton âme, Bill.

- C’est bon, commandant ! Je vous suis, mais je vous préviens…

            Ainsi, Ballantine accepta de boire le contenu du récipient posé devant lui.

- Après tout, Bill, si nous sortons vainqueurs de cette épreuve, nous pourrons regagner nos apparences humaines.

            A ces mots, Hector demeura songeur. Il ne voulait pas que Morane se fasse de faux espoirs, mais il ne savait pas comment le lui dire.

 

                                                                       ***

 

            Le jour suivant, dans la soirée (après que Bill se soit remis de ses émotions), Bob et son ami descendaient du village elfique en direction de la petite ville humaine, dans le but de voir où en était Miss Ylang-Ylang en ce moment même et de tenter de découvrir le portail reliant les deux mondes et se trouvant à proximité de cette ville. Shaddar n’était pas au courant de la venue de l’Ecossais. Il serait sûrement entré en colère dans le cas contraire et c’était bien entendu sans lui en demander la permission qu’ils faisaient cette sortie.

- Ah, commandant, si chez nous, on savait qu’il existait un monde aussi magnifique ! fit Ballantine en observant le paysage qui s’offrait à lui.

- Sans doute, Bill, répondit Bob. Seulement, il vaut mieux que ce monde demeure inconnu aux terriens. Il existe trop d’individus peu scrupuleux, désireux de mettre la main sur les connaissances en sorcellerie des habitants d’Héra, tu comprends ?

- Je comprend, commandant.

- Bill, voudrais-tu enfin cesser de m’appeler commandant ? Ce terme n’a aucun sens dans cette contrée.

- Compris, commandant ! répondit l’Ecossais, souriant.

            Trois quarts d’heure plus tard, les deux compères furent parvenus dans la petite ville humaine. A leur arrivée devant les portes, le garde avait aussitôt reconnu le Français et lui avait ouvert sans plus attendre.

            Les deux amis prirent ensuite la direction du château. En chemin, Bill fit une remarque à voix basse :

- Eh ben, commandant, drôle de ville médiévale, avec ces équipements de notre monde moderne !

- Ça, tu peux le dire. C’est bien la preuve que ces hommes sont en contact avec notre monde, d’une façon ou d’une autre. Et dire que cet imbécile de Shaddar ne veut pas laisser les elfes passer le portail comme bon leur semble.

            Le Français conduisit son ami écossais au château, dans la salle du trône. Ils y trouvèrent le roi Uther, qui avait plutôt l’air désespéré. A ses côtés se tenait une charmante jeune humaine aux longs cheveux blonds tirant sur le roux, vêtue d’une longue robe de velours. Le jeune roi et cette femme conversaient au sujet de Miss Ylang-Ylang, ce que Bob n’eut aucune peine à comprendre. Face aux arrivants, Uther s’exclama avec soulagement :

- Bob Morane, je suis heureux que vous soyez de retour. Vos explications étaient fondées : cette Eurasienne n’a cessé de me harceler, depuis notre rencontre, et elle s’impatiente de plus en plus.

- En effet, ajouta la jeune femme, elle et ses complices sont persuadés qu’on apprend l’usage de la magie du jour au lendemain, alors que je leur ai expliqué à plusieurs reprises que la sorcellerie était un art délicat et qu’il peut falloir jusqu’à de nombreuses années pour acquérir un tel apprentissage.

- Veuillez m’excuser, dit Uther, j’oublie de vous présenter Jaina, une sorcière qui s’est chargée de s’occuper de l’apprentissage de la magie de ces maudits comparses d’Ylang-Ylang. Elle est initiée à la sorcellerie depuis sa plus tendre enfance, et elle possède des talents qui impressionnent encore maintenant son entourage. Vous en jugerez par vous mêmes.

- Tiens, nous avons maintenant une sorcière jeune et jolie, contrairement aux contes de fées, plaisanta Bill. Pourvu qu’elle ne nous change pas en vieux crapauds baveux !

- Je suis au-dessus de cela, répliqua la jeune sorcière en souriant. Je n’use en effet de la magie que pour me rendre utile.

- Moi aussi, j’oublie les présentations, fit Bob. Voici Bill Ballantine, mon ami écossais. Il a son franc parler, mais il nous sera d’une grande aide. J’ai réussi à l’amener dans ce monde grâce à l’aide d’un jeune garçon, Justin.

            Tous échangèrent des sourires.

- Ne désirez-vous pas quelques rafraîchissements ? proposa Uther. Nous serions ainsi plus à l’aise pour parler du sujet qui nous préoccupe tous.

- Volontiers, répondit le Français.

Ils se mirent autour d’une table, dans le réfectoire. Uther et Jaina rapportèrent ce qu’ils avaient vécu avec l’Eurasienne. Il s’avérait effectivement que Miss Ylang-Ylang revenait deux à trois fois par jour au château pour se plaindre que Jaina était inefficace comme professeur et qu’elle et ses comparses n’avaient appris que des rudiments inutiles aux yeux de l’Eurasienne, telle que changer la couleur des objet, faire pousser des petites plantes à vue d’œil, etc. Cependant, d’après Jaina, un de leurs membres semblait spécialement plus doué et pouvait déjà lancé de petits éclairs et des flammèches pas très puissantes. La jeune sorcière, qui faisait ce qu’elle pouvait, avait beau leur expliquer qu’il fallait des années pour acquérir des notions intéressantes en magie, aucun d’entre eux ne l’écoutait et l’Eurasienne répliquait qu’elle n’avait pas de temps à perdre.

- L’impatience la perdra, répliqua Morane.

- Ça, c’est sûr, fit Bill. Heureusement que ce n’est pas Monsieur Ming qui s’y met !

- Ne me parle pas de malheur, lui répondit Bob.

- Qui est-ce ? demanda le jeune roi.

- Un autre vieil ennemi à moi, mais nous ne sommes pas là pour en discuter. Poursuivons seulement notre discussion. Pouvez-vous me dire où se trouve Miss Ylang-Ylang en se moment ?

- Bien sûr, répondit Jaina. Elle vit dans une vieille demeure située dans le nord de la ville. Je peux vous y conduire, si tel est votre désir. Pensez-vous pouvoir vous introduire chez elle ?

- Disons plutôt que nous désirerions, moi et Bill, l’espionner. Nous pourrions certainement ainsi obtenir des  informations très intéressantes.

- Et si vous vous faites repérer ?

- Bill et moi avons l’habitude de ce genre d’action, et ce n’est pas la première fois que nous agissons ainsi avec elle. N’est-ce pas, Bill ?

- Pour sûr, commandant, répondit l’Ecossais.

- Bien, qu’il en soit ainsi, répondit Uther.

- Autre chose, demanda Morane. Je sais que vous n’allez pas me répondre, mais je voudrais savoir où se trouve le portail reliant les deux mondes, et je suis curieux de savoir à quel endroit de Terra il débouche. Une telle information nous serait nécessaire pour contrecarrer les plans de notre ennemie.

- Je voyais cette question venir, fit Uther. Lorsque vous m’avez dit votre nom la première fois que nous nous sommes rencontrés, il m’a semblé déjà l’avoir entendu dans une conversation avec l’un de mes amis qui vit dans votre monde, mais qui vient parfois se reposer quelques jours dans cette ville. Et le hasard fit qu’il est revenu quelques heures après que vous ayez pris congé de moi. Je lui ai alors parlé de votre visite et il m’a expliqué qu’il vous connaissait bien, que vous aviez une excellente réputation, et que l’on pouvait vous faire confiance. Cet ami se disait toutefois surpris d’entendre que vous vous trouviez en ce monde. Par conséquent, j’autorise Jaina à vous montrer l’emplacement du portail, lorsque vous irez espionner la demeure d’Ylang-Ylang.

 

XIII

            Plus tard dans la soirée, alors que tous avaient fini leur repas, Bob et Bill, guidés par la jeune sorcière, se retrouvèrent dans les rues de la ville, à peine éclairées par des lanternes.

- Il s’agit d’une ville typique du Moyen-Âge, à quelques détails près, fit remarquer l’Ecossais. Les rues sont éclairées aux chandelles, le sol est pavé… Moi et le commandant, nous avons déjà vu ça, lors de nos voyages dans le temps. Je n’espère cependant pas recevoir un pot de chambre en pleine tronche !

- N’ayez crainte, répondit en souriant Jaina. Nous disposons d’un système d’égouts rudimentaire, certes pas aussi perfectionné que le vôtre, mais qui nous aide à maintenir la ville propre. En outre, les pouvoirs dont nous disposons nous y aident aussi. Vous avez eu l’occasion de voyager dans le temps ?

- Bill, tu parles trop, fit Bob à voix basse. Le colonel Graigh nous a fermement dit que nos agissements avec la Patrouille doivent rester confidentiels.

- Cela se voit que vous avez déjà vécu beaucoup d’aventures insolites pour un habitant de Terra, n’est ce pas ? continua Jaina.

- Je ne vous le fais pas dire, lui répondit Bob. Nous avons affronté des savants fous, des cristaux mangeurs d’hommes, visité des mondes parallèles et fait beaucoup d’autres étranges rencontres, n’est ce pas, Bill ?

- Disons que le commandant a toujours la manie d’aller fourrer son nez n’importe où, et le pire, c’est qu’il faut toujours qu’il m’y entraîne.

- Si bien que la découverte de notre monde et de l’existence des sorciers et des elfes ne vous a guère surpris, fit la jeune sorcière.

- Si, quand même un peu. Mais je m’étais dit qu’une chose pareille devait arriver tôt ou tard dans notre vie…

- Je comprends, fit Jaina. Voilà, nous sommes arrivés à l’endroit où se trouve le portail.

            En effet, le trio se trouvait maintenant devant une bâtisse en pierre. Une porte cochère permettait d’y entrer. Une fois à l’intérieur, ils empruntèrent un escalier menant aux caves, qui les firent déboucher dans un couloir droit et sombre, long d’une dizaine de mètres.

- Le portail se trouve au bout du couloir, fit la sorcière. Allons y !

            L’autre extrémité du couloir était un cul de sac, mais une fois parvenu à deux-trois mètres de celui-ci, le décor qui s’offrait à leur vue changea instantanément. Ils se trouvaient maintenant dans une caverne aux parois rocheuses, et il ne leur fallut qu’une dizaine de secondes pour se retrouver à l’air libre, devant un paysage très enneigé. La neige tombait à gros flocons, transportée par un vent glacé.

- Ah, c’est vrai, fit Bob, nous sommes en hiver dans notre monde. Mais nous ferions mieux de ne pas rester là : sans vêtements chauds, nous ne survivrons pas longtemps dans ce blizzard.

- Il fait le même temps chez moi, fit l’Ecossais. Tiens, je sens l’odeur des Highlands ! Si j’avais su, je n’aurais pas eu besoin de prendre l’avion pour venir chez vous, commandant.

- Effectivement, confirma Jaina. Nous sommes bien dans les Highlands, mais à plus de cinquante kilomètres du village le plus proche. Il faut vraiment connaître l’existence de ce portail pour y parvenir.

- Je trouve étonnant qu’il n’y ait aucun garde, aucune porte enchantée pour fermer ce passage aux individus non désirables, fit remarquer le Français.

- Comme je viens de le dire, cet endroit est très éloigné de la civilisation. Je vous dis que Shaddar est bien naïf de penser qu’il empêche les habitants de son village de sortir de ce monde en gardant son passage.

A quelques mètres de la caverne, se trouvait une camionnette noire.

- Tiens, je veux en avoir le cœur net ! se dit Morane.

            Il s’en approcha et put voir un S rouge peint sur chaque côté du véhicule. Puis il revint vers ses compagnons.

- J’en étais sûr, c’est un véhicule appartenant au SMOG, qui, j’en suis certain, était trop grand pour ce passage. Nous perdons notre temps quatre fois, ici. Nous devons nous hâter pour exécuter notre plan.

- Vous avez raison, fit la jeune sorcière, retournons à la ville.

            Le trio rebroussa chemin, puis se remit à arpenter les ruelles sombres.

 

                                                                       ***

 

Au même moment, dans le village elfique, Justin, après avoir pris un des succulents repas préparés par Alia (qui pensait que les jeunes apprentis du village avaient besoin de récupérer l’énergie qu’ils avaient dépensée la journée à l’entraînement), alla vers Nathan en compagnie de Zack, avec une quantité de questions à lui poser.

- Salut, Justin, lança amicalement Nathan. Je vois qu’Alia prend bien soin de toi : elle te nourrit bien, on dirait.

- Oui, mais beaucoup trop. J’ai l’impression de manger trois fois plus ici que dans l’autre monde. On dirait qu’elle veut me faire grossir.

- Ne t’en fais pas, mon garçon. Elle a raison : manier l’épée demande beaucoup d’efforts, et tu as besoin de récupérer. Tu voulais me voir ?

- Si l’espèce de talisman maudit qu’on a récupéré l’autre jour est la quatrième relique qu’on obtient, quelles étaient les autres, et comment les a-t-on eues ?

- Je suis content que tu t’intéresses à ceci. Il est effectivement important que tu rattrapes les épisodes que tu as manqués. Sache que la première était une statuette de bronze que nous possédions déjà. Elle ornait la fontaine de notre place centrale, mais Shaddar l’a enlevée, pour la mettre dans son coffre fort, depuis qu’il a découvert sa propriété dont il ne nous a jamais donné le moindre détail.

- Il est vraiment louche, ce Shaddar.

- La seconde, c’est moi qui l’ai trouvée en compagnie de Maya et d’Hector, chez un antiquaire de la ville humaine située en-dessous de chez nous. Il s’agissait d’une émeraude que celui-ci avait sertie sur le manche d’un poignard malais à la place d’une pierre manquante. Et la troisième, c’est Huub, accompagné de Zack, qui l’a obtenue lors d’une quête que je lui ai confiée. Et ils ont dû faire tous les deux preuve de courage pour la trouver au fond d’une caverne sombre.

- Exactement, ajouta Zach. C’était affreux : on s’était pris dans des toiles d’araignées géantes et on s’est battu comme des fous pour ne pas leur servir de repas.

- Je crois que ton ami peut t’en dire plus, puisqu’il a vécu cette aventure ! fit tendrement Nathan en passant sa main dans la chevelure blonde de Justin.

            Peu après, les deux jeunes elfes retournèrent chez Alia. Celle-ci leur conseilla de ne pas se coucher trop tard, mais bien entendu, il fallait à ces deux garnements une heure ou deux de conversation avant qu’ils ne puissent fermer l’œil, tandis que Zack donnait plus de détails sur sa quête, mais non dans la plus grande joie, car il devait se remémorer quelques mauvais souvenirs, Justin partit en extase. Sa soif d’aventure augmentait davantage, et il ne put s’empêcher de s’exclamer : « Waouh !», « Trop génial !» ou encore « J’ai déjà vu ça dans un film.»

 

XIV

 

Après vingt minutes de marche, Jaina  arrêta ses deux compagnons devant une chaumière plutôt mignonne aux yeux de Morane et de Ballantine.

- Nous sommes chez moi ici, expliqua la jeune femme. Je suis désolée de vous faire perdre du temps ici, mais j’ai des informations confidentielles à vous donner.

- Faites seulement, répondit simplement le Français.

            La sorcière entraîna ses deux compagnons dans sa demeure et les amena dans son laboratoire. Un désordre « organisé » y régnait.

- C’est incroyable ! ne put s’empêcher de s’exclamer Morane. Ce laboratoire de sorcellerie est en tout point semblable à ceux décrits dans la littérature fantastique que j’ai lue jusqu’à maintenant.

- Ce qui confirme que les légendes que vous lisez dans votre monde ont toujours un fond de réalité ! lui répondit Jaina de façon espiègle.

            Bill prit une cornue remplie d’un liquide rouge et visqueux.

- Tiens, fit Bill sur un ton de plaisanterie, n’est-ce pas là du foie de dragon empoisonné ?

- Je vous en supplie, ne touchez à rien ! répondit Jaina sur un ton plus sérieux. Vous n’avez aucune idée de ce que ces fioles contiennent et si vous changez les objets de place, je ne m’y retrouverai plus.

- Il n’y rien d’étonnant à cela ! fit à nouveau narquoisement l’Ecossais.

            La jeune femme invita ses convives à prendre place sur des fauteuils et prit la parole :

- Comme on vous l’a déjà expliqué, notre ville a subi quatre assauts d’Orcs de plus en plus importants jusqu'à maintenant. C’est pour cela que notre roi a fait inconsciemment appel à un groupement peu scrupuleux pour se faire remettre des armes à feux modernes.

- Hector et Uther m’en ont déjà parlé, répondit simplement Morane.

- Donc, Uther vous a aussi résumé l’histoire de ce monde ?

- Effectivement.

- Donc, comme il vous l’a expliqué, les Orcs et l’Alliance Humaine, formée des Hommes et des Elfes, s’étaient affrontés pendant plusieurs siècles. Cependant, il s’est avéré que les Orcs, que l’on croyait agir de leur plein gré, étaient en réalité sous le contrôle de démons d’outre monde. En effet, bien avant cela, avant que les démons ne prennent le contrôle de leurs âmes, les Orcs étaient un peuple sain, respectueux de l’environnement dans lequel ils vivaient, et possédaient de nobles traditions. Un des clans de l’Alliance Humaine découvrit ceci vers la fin des hostilités, alors que l’Alliance était sur le point de vaincre. Ce clan parvint à détruire les entités qui contrôlaient les armées d’Orcs, qui se retrouvèrent libérés de leur corruption.

- Vous voulez dire que les Orcs ne sont pas des créatures aussi mauvaises qu’on pourrait le penser ? fit Morane.

- Effectivement. Mais après leur libération, les Orcs ont gardé une haine féroce envers les humains, et vice-versa. Or, il faut le préciser, seul le clan d’humains qui combattit les démons comprit ceci, et il ne restait plus qu’une poignée d’Orc survivants au moment de leur libération. Une cinquantaine d’années plus tard, Astaroth, un autre seigneur démoniaque, tenta de reprendre le contrôle des Orcs restants, qui s’étaient paisiblement installés sur une terre aride, loin des humains. Mais voyant le faible nombre des Orcs, il comprit qu’il ne disposerait pas d’une armée suffisante pour réaliser ses plans. Il eut alors l’idée de contrôler les humains qui avaient combattu ses confrères en manipulant leur souverain. Pour cela, il prit l’apparence humaine d’un vieillard et lui rendit visite. Il lui parla alors d’un trésor qui pourrait décupler ses forces, et ainsi mieux subvenir aux besoins des humains de son clan, qui avaient beaucoup souffert de la guerre. Il n’eut alors aucune peine à le convaincre de se mettre en quête de celui-ci.

- Comment connaissez-vous toute cette histoire ? demanda Bill, stupéfait.

- Je suis une descendante de ce clan,  répondit-elle, simplement. Pour continuer mon récit, le trésor dont il parlait n’était autre qu’un talisman qu’il avait confectionné et placé dans une crypte, et qui lui permettait de s’emparer de la volonté de son porteur. Il ne fallut que quelques semaines au roi insouciant, aidé d’une dizaine de soldats, pour parvenir à mettre la main sur cet artefact. Lorsqu’il fut de retour à la ville de son clan, il devint peu à peu un tyran sans pitié, éliminant le moindre opposant. Il était ainsi devenu une marionnette dont Astaroth tirait les ficelles. Heureusement, trois des résistants parvinrent à s’enfuir et se réfugièrent dans un village elfique qui n’est autre que celui d’où vous venez. Ces trois humains supplièrent les elfes de les aider à se débarrasser de leur despote, mais leur chef de cette époque refusa, prétendant que cela n’était pas son affaire. Nos trois humains repartirent, dans un profond désespoir. Cependant, ils ne tardèrent pas à constater qu’ils étaient suivis. Trois elfes acceptaient de leur venir en aide à l’insu de leur chef ! D’après ce qu’on m’a dit, Hector se trouvait parmi eux. Sachez seulement que vous pourrez lui demander des informations à ce sujet. Mais je crois que les deux autres ont été bannis.

- Voilà qui est bon à savoir, fit Bob.

- Ce fut ainsi que les trois résistants de ce clan de l’Alliance, aidés de leurs trois amis elfes, pénétrèrent clandestinement dans leur ville en pleine nuit, et dans le château de leur souverain. Bénéficiant de l’effet de surprise, ils n’eurent aucune peine à percer la garde royale et à éliminer leur tyran. A l’aube, ils furent acclamés comme des héros par les habitants de la ville. Quelques jours plus tard, en observant la dépouille de leur roi, ils trouvèrent le talisman à son cou et comprirent la raison de son changement de comportement : le talisman était maudit et l’avait mis sous l’influence du démon Astaroth. Les membres du clan prirent alors la décision de chasser le démon pour qu’aucun évènement de la sorte ne se reproduise. Cependant les elfes, qui ne pouvaient s’absenter trop longtemps de leur clan, ne purent leur venir en aide et durent rentrer chez eux. Les humains ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour mener à bien leur entreprise. Arrivés à l’endroit où étaient Astaroth et sa garde personnelle, constituée de créatures en tous genres, ils aperçurent une horde d’Orcs qui se trouvait déjà sur le terrain, en combat contre les forces du démon. Les Humains et les Orcs avaient un ennemi commun, mais ce fut non sans difficultés qu’ils acceptèrent de s’allier. Ils n’eurent ainsi aucune peine à éliminer Astaroth. A la fin du combat, les humains du clan acceptèrent de conclure un pacte de non-agression avec la Horde. Les membres de l’Alliance s’en retournèrent alors chez eux. Les sorciers du clan, sentant la malédiction qui émanait du talisman, préconisèrent sa destruction, mais l’artefact résista à tous leurs coups et aucune solution ne se trouvait à leur disposition ; ils prirent alors la décision de le sceller avec les cendres de leur roi à l’endroit où il avait été trouvé.

- Mais pourquoi nous racontez-vous toute cette histoire ? demanda le Français. Où voulez-vous en venir ?

- Justement, pour terminer, je voulais vous dire que depuis la fin des événements que je vous ai rapportés, notre clan humain et cette Horde ont maintenu des relations amicales. Mais depuis quelques mois, nous n’avons eu aucune nouvelle d’eux. Plus tard, lorsque les attaques d’Orcs ont commencé, nous avons envoyé d’autres messages au chef actuel de la Horde, Durothar, lui demandant d’expliquer ce qui se passait, mais nous n’avons toujours pas reçu de réponse de sa part.

- Vous envoyez vos messages par pigeon ? demanda Bill.

- C’est bien cela, répondit la jeune sorcière. Justement, nous ne savons pas s’ils sont interceptés ou non.

- Vous n’avez rien tenté d’autre ?

- J’ai pensé m’y rendre moi-même, mais je préférerais être accompagnée. En outre, j’ai appris que votre chef Shaddar recherche sept reliques démoniaques ?

- Oui, pourquoi ?

- Je sais que l’une d’elles est l’amulette que portait Astaroth au moment de son dernier combat et dont la Horde s’est emparée en guise de trophée. C’est le chef qui la porte actuellement. Ce que je veux vous demander, c’est que vous m’avertissiez si Shaddar vous envoie la chercher. Je vous accompagnerai alors avec joie.

- Je n’y manquerai pas, fit Bob Morane en souriant.

            La jeune sorcière était une femme chaleureuse, belle, vive et espiègle, ce qui ne manquait pas de la rendre sympathique aux yeux de ses deux compagnons, si bien que Morane lui narra en quelques mots l’aventure qu’il avait vécue jusqu’à présent.

- Vous me dites que Shaddar possède maintenant le talisman dont je vous ai parlé ? s’exclama Jaina au moment où le Français racontait les aventures vécues par Justin. C’est très mauvais, ça ! Autant vous dire que votre village ne tardera pas à en subir les conséquences !

- Je n’ai aucune peine à me l’imaginer, répondit Bob. Mais je vous jure que je ferai tout pour empêcher ce scélérat de danser en rond, le moment venu !

            La conversation terminée, Morane consulta sa montre et s’aperçut qu’ils avaient déjà passé deux heures chez la jeune sorcière.

- Je n’ai pas vu le temps passer. Voilà deux heures que nous sommes ici. Il nous faut nous hâter, si nous voulons espionner Miss Ylang-Ylang !

- Je comprends, mais je pense qu’ils doivent tous être au lit, maintenant.

- Pensez-vous ! C’est justement en pleine nuit qu’ils font leur messe à voix basse.

- Puisque vous le dites. Dans ce cas, je vous accompagne à sa demeure. Prenez ceci.

            Jaina leur tendit à chacun une bougie confectionnée à la main dans une cire noirâtre.

- Des bougies. Ne vous inquiétez pas pour la nuit, fit le Français en souriant. J’ai toujours ma lampe-torche pas plus grande qu’un petit sucre.

- Oui, mais ces bougies ne sont pas ordinaires : leur lumière ne peut être vue que par leurs porteurs. J’ai pensé que cela pourrait vous aider.

- Après tout, pourquoi pas. Puisque la sorcellerie existe, autant en profiter !

 

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