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Questionnaire auteur.ices et lecteur.ices de fanfictions !
 par   - 955 lectures  - 4 commentaires [3 décembre 2022 @ 16:04]

Bonjour tout le monde,

Je me permets de poster sur ce site afin de m'aider dans une étude que je mène actuellement sur les auteur.ices et lecteur.ices de fanfictions. Nous nous appelons Lucie, Maud, Pauline et Manon et sommes en master 2 de Médiation et Création Artistique à l'Université Sorbonne Nouvelle.
Dans le cadre d'un cours sur la Conception de projet et la participation culturelle, nous nous intéressons au public (lecteur.ices et auteur.ices) des fanfictions en France.
Si vous habitez en France et que vous êtes lecteur.ices et auteur.ices de fanfictions, ce questionnaire est pour vous !

Les données recueillies ne seront utilisées qu'à des fins d'analyse et ne seront divulguées qu'à notre professeur.

Voici le lien si vous êtes lecteur·rice·s :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc6_1itz9IVJhUfLejHlxD4zotRwUFU8wl2bTlfC_hHKzoRWg/viewform?fbclid=IwAR2T-hRSCR1g2Sys-LUqyEU4M4KA9uNKNmUB0gWXr_cnSXosVq_gsro6_qQ

Voici le lien si vous êtes auteur·rice·s :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSccZedHtCGfet4edRy2iPPhTXYEUusmsZU2feTEqGByRPrgDQ/viewform?fbclid=IwAR1RkBx6Fj1ZZ9_oH1I2L1-YaoMUg6fCZPWZbjH4nkF-BOC5rNctEsmCPqI

Vous pouvez bien entendu répondre aux deux questionnaires si vous vous sentez concerné.es par les deux.

Merci pour votre aide qui nous sera précieuse !!

Lucie, Maud, Pauline et Manon

Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 4073 lectures  - 6 commentaires [1 septembre 2022 @ 23:42]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Stargate Atlantis

 [Grimoire A bout de nerfs
[Histoire Terminée]
Auteur: nao_asakura Vue: 2192
[Publiée le: 2008-08-14]    [Mise à Jour: 2008-08-19]
13+  Signaler Général/Angoisse/Traduction Commentaires : 5
Description:
"Crois-moi, Sheppard, le jour où je craquerai pour de bon, je peux t’assurer qu’à ce moment-là ça sera pas beau à voir." -- Tout le monde finit par craquer à un moment donné, même un certain Dr. Rodney McKay.
Crédits:
Stargate Atlantis, son univers et ses personnages ne m'appartiennent pas. Cette fanfiction est de plus la propriété de son auteur, Greywolf Lupous, qui m'a autorisée à la traduire.
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chapitre 3

[5400 mots]
Publié le: 2008-08-16Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

Titre : A bout de nerfs

(Titre original : Wit’s End)

Auteur : Greywolf Lupous
Traducteur : SuperMiss (aka Nao-asakura)

 

-3-

 

            « Je commence à penser que vous n’êtes pas capable de faire ça, Dr. Macaron. »

            Il ferma les yeux tandis qu’en lui grondaient la colère, le dégoût et la rage. Rodney ne prit pas la peine de corriger Turner ; il ne l’avait pas fait au cours des trois dernières boucles. « Bienvenue au club.

            Vous ne me laissez pas vraiment le choix. »

            Rodney rouvrit brusquement les yeux, les intestins noués alors que Turner se dirigeait vers la pile d’armes.

            « Non, non, non ! Donnez-moi plus de temps !

            Je ne vous ai donné que ça. Vous ne m’avez rien donné en retour.

            J’adorerais vous donner l’univers tout entier si seulement je pouvais atteindre la fin de l’après-midi ! Mais c’est impossible.

            Je pense que vous me cachez des choses.

            Pourquoi diable est-ce que je vous cacherais des choses ? Je ne tire jamais rien de cette machine.

            Peut-être que je vais abattre la femme.

            Laissez-la tranquille. » Ronon bondit en avant, récoltant pour sa peine un coup de crosse de fusil derrière le crâne.

            Plus ses trois coéquipiers se débattaient et plus les gardes s’agitaient et Turner commençait déjà à lever son arme.

            « Arrêtez, juste arrêtez ! 

            Ou bien peut-être que cette fois je vais tirer juste sur vous. » L’arme se tourna brusquement en direction de Rodney.

            Rodney eut le temps de voir l’expression d’horreur se figer sur le visage de chacun de ses coéquipiers. Il s’attarda sur John, essayant de reproduire ce savant sourire de kamikaze idiot auquel il s’était tant habitué avec le temps. Pour une raison inconnue cela ne lui offrit pas le réconfort escompté. Le coup de tonnerre assourdissant précéda la morsure vive et rapide dans son crâne.

            Les ténèbres l’enveloppèrent avant de devenir blanches et comme s’il venait de crever la surface de l’eau il se remit à respirer à part qu’il ne s’était jamais arrêté. Les ténèbres n’avaient été que temporaires, écrasantes, et John souriait toujours, avec des dents blanches qui renvoyaient le soleil alors qu’il riait de sa propre blague. Rodney sut avec une certitude absolue qu’il venait de mourir parce qu’il était en enfer. Un enfer sans fin de dix-sept minutes dont la répétition lui engourdissait l’esprit.

            « Rodney. » Apparemment John avait remarqué son silence, une fois de plus. C’était phénoménal : il remarquait les évidences mais passait à côté des boucles folles qui se répétaient à l’infini. « McKay, tu trembles. 

            Désolé, » il n’y avait pas le moindre rire nerveux dans sa voix, il en aurait juré, « c’est juste… c’est juste drôle.

            Pas vraiment,» il avait à présent ce ton bien connu, exaspérant, qu'il utilisait pour ne pas le contrarier quand il le prenait pour un dingue, « elle était même pas bonne cette blague.

            Oh oui, cette blague est naze à chaque fois. Je me souviens même pas pourquoi tu l’as sortie la première fois.

            Alors qu’est-ce qui te fait rire ?

            Parce que je viens juste de mourir, » il y avait sans aucun doute une note hystérique dans son gloussement cette fois, « et ça craint assez.

            Quoi ?

            Qu’on ne dise jamais que Turner… Turner… c’est quoi son nom de famille, bon sang ?

            Attends… t’es en train de parler de ce gosse de riche que Ronon a fait déguerpir ce matin ? Le fils du Conseiller Enrond ?

            Enrond ? Il s’appelle Turner Enrond ? » Rodney laissa échapper un rire saccadé. « C’est typique ! 

            C’est pas vraiment drôle.

            Oh, si seulement tu savais ! Le grand méchant inepte, idiot savant doté d’un nom de circonstance ! Qu’on ne dise jamais qu’il ne peut pas trouver une variante sur un bon sujet.

            On croirait entendre parler un dingue, McKay.

            Alors je suis dingue maintenant ? » Rodney déglutit. « Je suppose que c’est pas trop tôt.

            Tu dis n’importe quoi. Assieds-toi, d’accord.

            Oh, pourquoi s’asseoir ? Il va revenir ici et m’abattre à nouveau, ou Teyla, ou Ronon, ou peut-être qu’il choisira un vieux favori et qu’il te tuera encore une fois. C’était hilarant.

            Assis. »

            Sheppard le conduisit jusqu’au bord de la plateforme où il le força encore une fois à rassembler ses esprits, lesquels lui échappaient à toute allure.

            « Parle-moi.

            Boucle temporelle, dix-sept minutes. » A ce stade il n’avait plus la force de formuler de plus amples explications. « Tu sais que SG-1 avait six heures entières avant devoir tout revivre à nouveau ? Il y a des gens qui ont vraiment de la chance.

            C’était la mission sur P4X-639 ?

            Oui, » Rodney agrippa le bord de la plateforme. « Je suis surpris que tu t’en souviennes.

            Pourquoi ça ?
            Parce que tu ne t’en souviens jamais. » Ses doigts arrêtèrent de gratter par terre quand il réalisa ce qu’il venait de dire. « Comment est-ce que tu t’en es souvenu ?

            Je lis vraiment les vieux rapports de mission.

            Alors je t’ai crié dessus pendant un million et demi de boucles pour rien ? »

            John haussa les épaules. « Peut-être que je ne faisais pas attention.

            Comme toujours.

            Tu es injuste.

            – Je suis toujours moins charitable après une mort douloureuse. »

            John tressaillit pour de bon en entendant ça, sans que Rodney ne sache vraiment pourquoi à présent. « Écoute…

            C’est un autre discours d’encouragement ?

            Un autre ? Y en a eu combien ?

            J’ai perdu le compte de ça aussi. »

            Les yeux de John se durcirent et il regarda au loin. « Très bien, pas de discours d’encouragement. De toute évidence ils ne marchent pas vraiment.

            Oh, ils marchent… jusqu’à ce que le temps reparte à zéro et que tu me regardes comme si j’avais perdu l’esprit.

            Je suis désolé.

            Pas de ta faute, » marmonna Rodney. « Tu te souviens juste de rien.

            Je ne peux pas m’empêcher d’avoir l’impression de te laisser tomber.

            T’es juste atteint d’un Alzheimer très particulier… ça arrive aux meilleurs d’entre nous.

            Oh, écoute ça, une blague.

            C’est une très très grosse blague. Je pourrais tout aussi bien en rire, vu que j’ai plus rien d’autre.

            Tu nous as nous.

            Ne le prends pas mal, mais aucun d’entre vous n’a été très utile au cours des dernières boucles.

            Oui, de toute évidence, vu qu’apparemment la dernière fois tu es mort.

            Je ne vois pas pourquoi ça te contrarie autant. C’est pas comme si tu t’en souvenais.

            Mais toi tu t’en souviens ! » John serrait et desserrait les poings.

            Techniquement ce ne s’est pas du tout produit. Techniquement tu ne t’es pas fait électrocuter, ouvrir le crâne ou tirer dans la tête.

            Ça fait combien de fois qu’il te fait ça ? » La voix de John avait pris une intonation mortellement tranquille.

            C’est vraiment important ?

            Bien sûr que c’est important.

            Mais ça n’est pas arrivé.

            Pour toi c’est arrivé et je ne sais peut-être pas ce qui va se passer au cours des dix-sept prochaines minutes…

            Onze, » fit Rodney en tapotant sa montre.

            John lui attrapa la main et la repoussa. « … mais je sais que tu vas pas tarder à perdre la tête.

            Et si c’est le cas ?

            Qu’est-ce qui vous nous arriver ?

            On… on va trouver une solution.

            Non. On n’en trouvera pas.

            T’es pas une super pom-pom-girl.

            C’est pas la peine. Tu es Rodney McKay, docteur et emmerdeur de première, et tu ferais mieux de te remettre à agir comme tel.

            Sinon quoi ?

            Sinon je passerai dix-sept minutes du reste de l’éternité à te botter le cul pour nous avoir laissés tomber.

            Charmant. »

            John releva brusquement la tête et vit que Turner escortait Ronon et Teyla depuis les bois en les tenant en joue. C’était une nouvelle variante intéressante sur un sujet déjà rabattu jusqu’à l’écœurement. Le nerf dans la mâchoire de John tressaillit et sa prise sur le biceps de Rodney se resserra.

            « On t’a toujours soutenu, » murmura John d’un ton dur. « Ne l’oublie pas.

            Mais…

            Que je me souvienne de cette conversation ou non, tu restes un membre de cette équipe, ça veut dire que tu n’es pas tout seul ici.

            Ces chaleureuses séances de resserrement des liens commencent à devenir un peu banales.

            C’est marrant, je ne me souviens pas en avoir tenu une devant vous ce matin. » John fusilla du regard l’homme qui avait pris ses coéquipiers en otage.

            Rodney releva vivement la tête. « Qu’est-ce que tu veux dire ?

            C‘est à lui qu‘il faut le demander. » La voix de John se durcit, ses doigts faisant de petits mouvements en direction de son arme de poing attachée à sa cuisse. « Bien sûr, il va falloir qu’il arrête de se cacher derrière des otages assez longtemps pour répondre à des questions. »

            Turner lui lança un regard dédaigneux. « Vous savez, Sheppard, vous êtes encore plus arrogant que d’habitude, cette fois-ci.

            Cette fois-ci ? » Toutes les éléments étranges des boucles précédentes se mirent en place dans l’esprit de Rodney et seule la prise de John sur son bras l’empêcha de sauter de la plateforme. Sa voix tremblait d’indignation quand il croisa le regard surpris de son persécuteur. « Qu’est-ce que vous voulez dire par "cette fois-ci" ? »

 

oOoOo

 

            « Peut-être que tu manques juste d’entraînement.

            Quelle sale petite merde !

            Hein ? »

            Rodney se débarrassa de la tablette, les épaules tremblantes. « Il se souvient ! 

            Ola, qu’est-ce qui vient de se passer là ?

            Ça veut dire qu’il a fait ça exprès. »

            Rodney serra involontairement les poings quand d’affreux souvenirs lui repassèrent devant les yeux. Le déroulement des choses changeait, l’agitation grandissante de Turner, le fait qu’il se soit mis à menacer principalement John après avoir vu comment Rodney s’était effondré la première fois. L’odeur fantomatique et cuivrée du sang l’assaillit, menaçant de lui faire perdre la tête. Ce ne fut que la morsure douloureuse de ses ongles dans la peau de sa paume qui le ramena au problème principal.

            Ce salaud se souvenait et il avait manipulé Rodney depuis le début de ce cauchemar.

            « Je vais le tuer ! 

            Qui ça ? »

            Rodney ne prit pas la peine de répondre, il se contenta de s’éloigner des ruines à grands pas à peu près dans la direction d’où ce triste exemple de méchant un tricheur, un froid meurtrier et un désastre vestimentaire semblait toujours arriver. Il entendit confusément que l’on criait son nom mais il continua d’avancer. Il évita Teyla qui arrivait vers lui et fusilla Ronon du regard quand le Satedan essaya de se mettre en travers de son chemin. Tous les trois le suivaient de peu, mais il n’en avait vraiment rien à faire.

            « Rodney, quel est le problème, bon sang… »

            Il dégagea son épaule de la main qui tentait de l’arrêter. Il n’eut pas besoin de s’aventurer bien loin ; il apparut que le petit homme efféminé venait à sa rencontre.

            « Ah, Docteur Marquis… »

            Et Rodney le plaqua au sol, ses doigts s’enfonçant dans la partie charnue du cou de Turner, alors qu’un voile rouge descendait sur son champ de vision. « Espèce de bon à rien, enfoiré de lâche… »

            Deux mains puissantes l’attrapèrent, essayant de le soulever pour l’éloigner. Il s’agrippa de toutes ses forces à la gorge de l’autre homme.

            « Menteur, manipulateur, fils de…

            McKay ! »

            Une deuxième puis une troisième paire de mains s’y mirent, le forçant à relâcher sa victime. Tout ce qu’il voyait, c’était les bords de sa vision qui viraient au rouge et l’homme qui hoquetait en reprenant son souffle en face de lui.

            « Putain, Rodney ! Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? »

            Ses trois coéquipiers le retenaient, formant une barrière entre lui et la personne qui avait fait de sa vie un enfer.

            La voix de Rodney tremblait de rage. « Vous vous souvenez.

            Je ne sais pas ce que…

            Menteur ! » Rodney s’élança en avant, mais la prise solide de Ronon sur le dos de sa veste l’empêcha d’aller très loin. « Vous avez dit que Sheppard était plus arrogant "cette fois-ci". 

            Ah bon ?

            Oui, » gronda Rodney, ignorant le regard confus et étonné de ses coéquipiers. « C’est comme ça que vous arriviez à toujours nous tomber dessus… vous vous souveniez de chaque changement de stratégie !

            Vous vous croyez si intelligent, Marady…

            Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? Pourquoi est-ce vous faites se répéter volontairement ce chaos ?

            Le génie est souvent pris pour de la folie !

            Non, c’est la stupidité, espèce de monstre de foire ! »

            Deux paires de mains le relâchèrent et il entendit le cliquetis distinctif des pistolets que l’on arme. Le bruit des armes ne contribua qu’à mettre Rodney davantage en colère et la prise sur sa veste dut se resserrer pour l’empêcher de se jeter à nouveau sur Turner.

            « J’ai l’intention de finir ce que j’ai commencé.

            Vous avez commencé une boucle temporelle, espèce de débile !

            De quoi est-ce qu’il parle ? » marmonna Ronon par-dessus son épaule.

            John secoua simplement la tête et continua de tenir en joue les bandits qui les entouraient.

            « C’est seulement une devinette… une devinette que vous allez résoudre pour moi.

            Vous savez que j’y arriverais peut-être si vous arrêtiez de tirer sur les gens assez longtemps pour me laisser le temps de terminer !

Et c’est là que réside tout le problème. Il faut que ce soit ma propre main qui dompte cette force de la nature, qui la fasse se plier à ma volonté, qui la conquière pour…

            C’est le continuum espace-temps qui a le hoquet, putain, il n’y a rien de naturel là dedans !

            Donc vous avouez que vous êtes capable de résoudre la devinette ?

            Est-ce que vous m’écoutez à la fin ? Vous êtes sourd en plus d’être daltonien ?

            Vous allez résoudre pour moi le mystère des ruines. Ainsi j’aurai le pouvoir…

            Vous ne vous aiderai pas à faire quoi que ce soit, espèce de salaud meurtrier et sadique !

            Attends, attends, » John jeta un coup d’œil par-dessus son épaule assez longtemps pour lancer à son coéquipier un regard appuyé, « qui a parlé de meurtre ? »

            Rodney ne répondit pas, il continua seulement à bouillir de colère en silence. Autour d’eux, on arma des détentes et cette fois Ronon anticipa le bond en avant en tirant préventivement Rodney en arrière.

            « D’accord, les gars, je comprends pas vraiment ce qui se passe ici, » en disant cela il lança un regard éloquent à Rodney qui ne pouvait pas l’entendre pour le moment, « mais je pense qu’on va partir maintenant. »

            Turner fronça le nez de dégoût mais fit signe à ses acolytes de baisser leurs armes. « Je vous accorde un sursis pour cette fois, Dr. Monet. Peut-être qu’un peu de temps pour réfléchir vous fera changer d’avis à propos de votre coopération.

            Vous feriez mieux d’arrêter pendant que vous avez l’avantage !

            Rodney, on s’en va. » John remplaça Ronon pour retenir McKay tandis qu’avec Teyla ils couvraient leur retraite.

            « Est-ce que c’est une menace, Martinique ? » cria Turner en s’éloignant.

            C’est une promesse ! » gronda le scientifique.

            Arrête ça, » lui murmura John à l’oreille, en l’éloignant toujours de force de l’affrontement.

            Si c’est la guerre que vous voulez… » La voix de Turner se perdit au loin, mais la menace contenue dans sa phrase était claire.

            J’vous attends !

            Bon, ça suffit ! » John secoua Rodney un peu fort. « Ça t’ennuierait de nous tenir au courant de ce qui se passe avant de déclarer la guerre aux planètes des environs ?

            Pas la planète, juste ce type. » Rodney essaya de se dégager des mains qui tenaient sa veste, mais John le serrait trop fort.

            Il va falloir que tu pardonnes mon ignorance, mais tout ça n’a pas beaucoup de sens, mis à part le fait que tu viennes à l’instant d’essayer d’étrangler le fils de la personne la plus influente de la ville.

            Il l’a bien cherché !

            A cause de ce matin ?

            A cause, à cause de… laisse tomber.

            Oh, non, tu ne peux pas perdre ton sang froid et faire comme si de rien n’était avec un "laisse tomber". Comment tu savais qu’il était là ? Et c’est quoi cette histoire de boucles temporelles, de devinettes et de machines ? » La prise de fer sur sa veste se desserra, sans complètement le lâcher.

            Rodney se contenta de soupirer, roulant des yeux au ciel. « Qu’est-ce que ça peut bien faire, il nous reste quoi ? Douze minutes avant que tout ça ne recommence encore une fois ?

            Mais de quoi est-ce que tu parles à la fin ? » demanda une nouvelle fois John, d’une voix plus dure.

            SG-1, la mission sur P4X-639, tu as lu ce putain de rapport ! »

            Les pas qui le suivaient ralentirent alors que John sembla essayer de replacer la référence par rapport à ce dont il venait juste d’être témoin. « Tu es en train de dire qu’on est piégés dans une boucle temporelle ?

            Oui ! Félicitations !

            Combien de temps ?

            Combien de temps elle dure ? Ou combien de temps ça fait qu’on est piégés dedans ?

            Les deux.

            Dix-sept minutes, » Rodney essaya de se libérer encore une fois, mais la prise sur sa veste resta ferme, « et j’ai perdu le compte il y a un bon moment.

            Comment toi tu as pu perdre le compte ? »

            C’était fou comme il était facile d’arrêter de s’en faire pour des choses si dérisoires quand on était couvert du sang de quelqu’un d’autre. « C’est pas important. »

            Les doigts qui le guidaient en lui tenant l’épaule s’enfoncèrent davantage. « Est-ce que ça a un rapport avec le fait que ce type ait tiré sur… tué quelqu’un ? »

            Rodney essaya de se dégager avec une énergie renouvelée, sans grand succès.

            « Rodney ! »

            Le scientifique resta silencieux.

            John lança à Ronon et Teyla un regard éloquent. En retour ils eurent un regard tout aussi agacé et inquiet en direction de leur coéquipier inhabituellement silencieux. John secoua brièvement la tête et, à contre cœur, ils se déployèrent pour couvrir leur position et offrir un peu d’intimité à la conversation.

            « Tu perds tout le temps ton sang froid avec les gens mais c’est la première fois que je te vois essayer d’étrangler quelqu’un. » John continua à voix basse, même si Teyla et Ronon gardaient leurs distances. « Qu’est-ce qu’il a bien pu te faire ? »

            Rodney garda les yeux fixés au loin.

            « Je ne peux pas t’aider si tu ne me parles pas.

            Parler n’aide pas, » fit Rodney d’un ton monotone, « on a déjà déterminé ça.

            Et maintenant ?

            Oui, je vais te faire gagner cinq minutes. Ça fait quelque chose comme ça : "Oh, je peux plus continuer." "Mais si, tu peux." "Tu l'as déjà dit." "N'abandonne pas." Content ? Je n'abandonne pas !

            Dans ce cas qu’est-ce que tu es en train de faire exactement ?

            Je règle des comptes, » gronda Rodney en se libérant enfin, s’éloignant à grands pas pour échapper à la conversation.

            John, qui n’était pas du genre à se décourager si facilement, le rejoignit en petites foulées. « Alors c’est tout. Tu vas te contenter de m’empêcher de parler ?

            Il ne me reste que quelques minutes avant la fin de cette boucle. » Rodney ne ralentit pas la cadence en atteignant la plateforme, à la place il alla chercher son sac afin de commencer à faire des réparations. « Je ne vais pas les perdre à raconter chaque blague sadique et manipulatrice de Turner pour que tu puisses te mettre en colère contre moi.

            C’est pas la peine. Avec tout ce que j’ai entendu, je commence à relier les points moi-même, » John se plaça devant la console, empêchant Rodney de passer, « et je n’aime pas le dessin qu’ils forment.

            C’est une boucle temporelle, » Rodney lui donna un coup d’épaule pour passer, « tu vas t’en remettre.

            Je vais m’en remettre ? » En se baissant sous la console, Rodney ne vit pas l’éclair de colère dans les yeux de John. « Je vais m’en remettre ? »

            Rodney se contenta d’acquiescer d’un fredonnement.

            John s’assit sur les talons afin de pouvoir espionner son interlocuteur réticent. « C’est là que tu te trompes. Ne pense pas un seul instant que je vais le laisser… »

            Rodney s’arrêta un moment de détacher les panneaux décoratifs. « Tu es bien conscient que tu ne te souviendras pas de tout ça dans quelques minutes, pas vrai ? »

            John referma d’un coup la bouche et son visage s’assombri. Rodney laissa s’échapper un soupir énervé et se remit à détacher les panneaux de plastique. Il n’avait pas le temps de papoter. S’il pouvait au moins isoler ce câble à haute tension et jeter un coup d’œil au circuit électrique, il saurait à quoi il avait à faire pour la prochaine remise à zéro.

            « C’était lequel d’entre nous ? »

            Rodney suspendit ses gestes maladroits en entendant la question. « Pardon ?

            Lequel d’entre nous ce salaud a tué pour te mettre dans une telle colère ?

            Je t’ai déjà dit que je ne voulais pas parler de ça. »

            Rodney avait tenté de dire ça d’une manière désinvolte, mais sa réponse sembla laconique et énervée, même pour lui. Peut-être que c’était la façon dont il étreignait plus fort le tournevis ou la façon dont il évitait consciencieusement de regarder son camarade décédé. Quoi qu’il en soit, il sut à l’instant où John prit une rapide inspiration qu’il n’allait pas pouvoir échapper à la suite de cette conversation.

            « C’était moi ? »

            Rodney s’attaqua aux panneaux avec une ferveur renouvelée, essayant de tout son cœur de faire comme si que le dur plastique Ancien était le visage de Turner.

            Une main se referma sur sa cheville, faisant sursauter Rodney au point qu’il lâcha le tournevis qu’il utilisait pour détacher les panneaux. Pendant un instant, il sut avec une absolue certitude que la conversation qu’il avait essayée à l’instant d’éviter s’était déroulée dans sa tête et que cette main sur sa cheville signifiait que Turner avait encore une fois eu le dessus. A la place du sourire malveillant d’un fou, Rodney ne rencontra que le visage sombre du colonel de l’Air Force qui le regardait.

            Avec un juron, il se souleva sur un coude afin de pouvoir correctement fusiller John Sheppard du regard.

            « Ne fais pas ça, » cracha-t-il. « C’est exactement comme ça que… tu ne sais pas… il… »

            Le fait que Rodney fusse incapable de formuler correctement pourquoi il ne fallait pas faire peur à un génie en plein travail était sans nul doute la partie la plus terrifiante de tout ça. John sembla parvenir à la même conclusion et retira sa main comme s’il s’était brûlé.

            « Bon dieu, Rodney… »

            Rodney ferma bien fort les yeux, incapable de supporter pitié ou compréhension à ce stade. Il n’avait besoin que d’une seule chose. « Laisse-moi travailler. S’il te plait. »

            Sa requête ne rencontra que le silence.

            Rodney ouvrit prudemment un œil pour voir John perdu dans ses pensées. Si ça avait été plus tôt avant que tout ça n’ait commencé Rodney aurait pu sortir quelque chose comme quoi il risquait de faire frire son unique neurone. Mais ça le touchait de trop près maintenant ; l’image du trou bien net d’une balle dans le front de John était encore trop fraîche. Il la réprima, cherchant désespérément quelque chose d’autre sur quoi se concentrer avant que l’horreur du souvenir ne le submerge.

            Il trouva ce qu’il fallait au moment précis où les yeux de John se concentrèrent de nouveau sur lui. Il reconnut instantanément ce regard ; il contenait une quantité malsaine de détermination bornée à laquelle s’ajoutait une dose mortelle de fureur protectrice. Il annonçait habituellement un acte d’une stupidité suicidaire sans bornes dont seul John Sheppard était capable. Une partie de Rodney avait envie de jeter un coup d’œil alentours pour vérifier qu’il n’y ait pas de grenades sur lesquelles le pilote envisageait de se jeter, mais face à ce regard il découvrit qu’il lui était impossible de s’en détacher.

            « Je vais te laisser travailler, » le ton doux contrastait avec le regard hypnotique, « mais tu dois me promettre une chose. »

            Parce que Rodney n’avait pas assez de soucis à l’heure actuelle. Pourquoi ne pas lui refourguer encore une autre responsabilité. « Quoi donc ?

            Tu dois m’expliquer l’affaire à chaque remise à zéro, c’est ça ?

            Oui. » Si la réponse était un peu trop acerbe, John ne le releva pas.

            Très bien, quand tu auras terminé, fais-moi penser… à un type nommé Danvers. »

            Pour l’amour de… il avait assez de choses à se rappeler de son côté !

            « Pourquoi est-ce que je dois te faire penser à Denver ? » Rodney se donna une tape virtuelle dans le dos pour la quantité de patience qu’il fut capable de mettre dans cette question.

            « Danvers, » insista John, mortellement sérieux. « Danvers. »

            La force de son regard vacilla et pendant une seconde Rodney surpris un éclair d’inquiétude si étouffante qu’il n’était pas sûr de devoir le frapper ou… enfin il n’allait pas lui faire un câlin. Peut-être lui serrer la main, quelque chose comme ça. Cela dit, son insistance pour mettre sur le tapis des étrangers appelés comme une ville du Colorado lui semblait un peu suspecte. « Pourquoi ?

            Il… » John cessa alors de le regarder, fixant délibérément un point derrière l’épaule de Rodney, « écoute, ça me dira tout ce que j’ai besoin de savoir. »

            Le timing était trop précis, cette détermination de kamikaze trop nette et cette explication vraiment trop vague.

            « Donc, je suis juste censé te parler de Denver…

            Danvers, il faut que ça soit Danvers.

            … et ça va tout expliquer comme par magie ?

            Il ne nous reste que quelques minutes, pas vrai ?

            Oui.

            Alors je te le dirai ce soir, quand tu nous auras sortis de ce merdier.

            Je te rajoute des frites, en plus de ces espoirs ridicules ?

            Rodney, » John avait baissé la voix et son regard dur se radoucit, même s’il regardait toujours avec soin au-delà de l’épaule du scientifique, « est-ce que tu me fais confiance ? »

            Il acquiesça sans même y songer, incapable de s’en empêcher. Maudit soit-il, maudit soit-il. Avec un regain d’énergie rageuse, Rodney se saisit du tournevis qu’il avait presque oublié et commença à attaquer le panneau avec une rage renouvelée. « C’est une question stupide et tu le sais. »

            La main sur sa jambe était légère, moins éprouvante et c’était tout ce que Rodney pouvait faire pour s’empêcher de lui jeter le tournevis.

            « Tu as dit que tu allais me laisser travailler !

            Tu n’as pas encore promis.

            C’est bon, » gronda Rodney, « je te parlerai de Daaanvers.

            A chaque fois.

            Oui, oui, toutes les dix-sept minutes jusqu’à ce que nous en rêvions tous les deux ! T’es content ?      

            Aux anges, » fit John d’une voix monotone. « Vas-y, travaille. Combien de temps est-ce qu’il te reste ?

            Moins de cinq minutes, et c’est pas grâce à toi, Monsieur Bavard !

            Sans même prêter attention à l’envie pressante de donner un coup de pied à John, parce qu’apparemment une fois qu’il avait une idée lui faire changer d’avis c’était comme essayer de faire bouger une mule, Rodney recommença à démanteler la machine qui avait fait de sa vie un enfer. Le plastique épais du revêtement agissait comme un isolant, lui permettant de coincer le câble à haute tension afin de pouvoir jeter un œil au circuit électrique. Mais il avait beau travailler aussi vite que possible, son horloge interne égrenait déjà les secondes restantes avant qu’il ne doive tout reprendre à zéro. Avant que la "trêve" ne prenne fin et que Turner ne revienne de nouveau pour lui.

            Il ne s’en échapperait jamais, jamais il ne terminerait ; on ne pouvait pas raisonner quelqu’un comme Turner. Qu’allait-il faire au cours de la prochaine boucle ? La même vieille stratégie, quelle qu’elle soit, qui consistait à percer les défenses de son équipe ? Ou bien maintenant qu’il avait perdu l’élément de surprise peut-être qu’il allait essayer quelque chose de différent et d’inattendu. Bien sûr, il aurait fallu pour cela qu’il soit doté de quelques cellules de matière grise à agiter au départ.

            « Tu t’es arrêté, » commenta John à voix basse.

            Je réfléchis, » marmonna-t-il, oubliant pendant un instant que parler était une perte de temps. « Ça ne devrait pas être si difficile de l’emporter sur le méchant le plus inepte de toute la galaxie.

            Peut-être qu’il n’est pas si inepte que ça, après tout.

            Tu as vu sa cape ? » Grogna Rodney. « Il s’est pris les pieds dedans au cours de la première boucle, alors qu’il exposait ses plans en jubilant. Il ne manquait plus à ce monologue que le "Non, Mister Bond, j’espère que vous mourrez." »

            Rodney entrevit l’ombre sur le visage de John, sa vue en partie obstruée par la console.

            John avait l’air de regarder sa montre, la tapotant en rythme avec l’aiguille des secondes. « Plus que trente secondes.

            Eh bien, ça a été sympa de parler.

            Je te promets plus de variété au prochain tour.

            Oh, vraiment ?

            Ouais, » le doigt de John s’arrêta de taper tandis que ses lèvres esquissèrent un dangereux sourire, « vraiment.

            Et pourquoi ça ?

            Parce qu’il n’y a pas moyen que je "m’en remette".

            L’exclamation de protestation de Rodney se perdit dans un flash de lumière aveuglant.

 

NdA : Qu’a-t-il bien pu vouloir dire par là, on se le demande ?

 

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