Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Appels à Textes

Consulter tous les AT
  • Insurrections
    ImaJn'ère
    Nb de signes : 22 500 - 27 500 sec
    Genre : policier - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 31/10/2019
  • Fantasy humoristique
    Fantasy Art and Studies
    Nb de signes : < 30 000 sec
    Genre : humour - fantasy
    Délai de soumission : 20/12/2019
  • Livres Oubliés
    Aeternam AS Éditions
    Nb de signes : 200 000 - 800 000 sec
    Genre : fantasy - fantastique
    Délai de soumission : 31/12/2019
  • Premier catalogue
    Edition Fictum
    Nb de signes :
    Genre : fantasy - fantastique - science-fiction
    Délai de soumission : 09/09/2019
  • L'effondrement
    Réticule
    Nb de signes : < 30 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 31/08/2019
  • Nouvelles imaginaires
    L'Arlésienne
    Nb de signes : 6 000 - 45 000 sec
    Genre : fantasy - fantastique - science-fiction - horreur - policier - thriller - anticipation - humour - imaginaire - parodie
    Délai de soumission : 31/07/2019
  • Nouvelles ères
    Livr'S Éditions
    Nb de signes : 60 000 - 210 000 sec
    Genre : science-fiction - dystopie
    Délai de soumission : 01/12/2019
  • Entrez dans la cour de l'imaginaire
    Rroyzz Editions
    Nb de signes : 300 000 - 700 000 sec
    Genre : fantasy - fantastique - science-fiction
    Délai de soumission : 28/02/2020
  • Un verre de Vin Jaune
    Editions Aréopage
    Nb de signes : 4 500 - 10 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 31/08/2019
  • Banquet
    Nutty Sheep
    Nb de signes : 1 000 - 30 000 sec
    Genre : fantasy
    Délai de soumission : 18/09/2019

Studio Infinite


Publicité


Publicité

Votre campagne ici

Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Films-Séries TV

 > 

Iron Man

Le lendemain matin Auteur: Hel Vue: 3919
[Publiée le: 2011-05-02]    [Mise à Jour: 2011-05-18]
13+  Signaler Romance Commentaires : 12
Description:
Pepper Potts se réveille chez Tony, au lendemain des événements de Iron Man 2
Crédits:
Tout appartient à Marvel.
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>
  Commenter ce chapitre 

Le lendemain matin

[6372 mots]
Publié le: 2011-05-02
Mis à Jour: 2011-05-03
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Parce que j'en avais envie, na. Fic écrite en deux heures après le visionnage des deux films d'Iron Man parce que Robert Downey Jr est purement irrésistible dans le rôle.

– Bonjour Mademoiselle Potts. Il est dix heures du matin, le temps devrait rester au beau fixe grâce à l'actuel anticyclone et la température extérieure est de 26 degrés.

La voix douce et chaude de Jarvis fit émerger ladite Pepper Potts du sommeil. Les panneaux se retirèrent dans un glissement discret et la gigantesque baie vitrée découvrit l'océan Pacifique qui s'étendait au pied de la villa.

Pepper cligna des yeux alors que son cerveau se remettait lentement à fonctionner. Elle finit par s'asseoir dans l'immense lit de Tony et se passa une main dans ses cheveux défaits, alors que....

Le lit de Tony.

Soudain parfaitement éveillée, elle laissa échapper un petit cri et regarda fébrilement autour d'elle ; elle se trouvait bien dans la villa de Tony, dans la chambre de Tony, dans le lit de Tony.

Sans Tony.

Un étrange mélange de soulagement et de déception la traversa au même instant. Elle revit toutes les autres femmes qui s'étaient, avant elle, réveillées dans ce lit. Également sans Tony. Pepper se demanda un instant si Natalie allait surgir avec un sourire contrit, ses vêtements repassés à la main, et lui indiquer qu'une voiture l'attendait pour la reconduire chez elle. Non, impossible. Natalie n'était pas vraiment Natalie, c'était un agent du SHIELD.

Et elle-même n'était pas totalement nue, vautrée sur le lit, comme les autres femmes. Non, elle nota même qu'elle portait toujours ses sous-vêtements de la veille qui disparaissaient sous un large t-shirt du MIT, t-shirt qu'elle ne se souvenait pas avoir mis. De même qu'elle ne se souvenait pas être venue chez Tony. À bien y réfléchir, elle ne se souvenait pas de grand chose : les coups de fil aux autorités, la sécurisation du site de la Stark Expo, Tony qui l'avait arrachée du sol, les explosions, le toit...

Oh. Le toit.

Donc elle avait démissionné. Et embrassé son patron.
Avait-elle réellement démissionné ? Ou bien avait-il refusé sa démission en fait ?
A vrai dire, elle avait oublié. Oui, on pouvait oublier si on était encore, ou non, Président Directeur Général de Stark Industries. Étrange.
Par contre, on n'oubliait absolument pas avoir embrassé Tony Stark.
Absolument pas.

Pepper inspira et expira profondément.

– Mademoiselle Potts, êtes-vous en bonne santé ?
– Euh... A priori oui Jarvis, pourquoi ?
– Votre rythme cardiaque s'est élevé brutalement. Pardonnez ma question.
– Ah, d'accord. Ce n'est pas grave, Jarvis, je suppose qu'on peut dire que c'est normal dans le cas présent.
– Bien Mademoiselle Potts.

Si Jarvis n'avait pas été une entité informatique extrêmement perfectionnée, Pepper aurait certainement perçu une certaine perplexité dans le ton de sa voix monocorde. L'assistante de Tony – ou la présidente du groupe, elle ne savait plus - tenta de se concentrer sur la suite de la soirée. Ils étaient redescendus du toit – par les airs, elle détestait cela – avaient rejoint les autorités, il y avait eu de grandes discussions, d'autres coups de téléphone, tout avait fini très tard dans la matinée du lendemain et là... Et là Tony avait décidé de rentrer directement à Los Angeles. Elle se souvenait être montée dans la Rolls à côté de Tony, elle se souvenait de Happy au volant, et après... Et après plus rien. Rien des six heures de jet, rien du second trajet en voiture, rien. Pepper en conclut qu'elle s'était endormie dans la Rolls et que, manifestement, Tony avait décidé de ne pas la reconduire chez elle, mais chez lui.

Bon.

Pepper jeta un coup d'œil autour d'elle et avisa sa robe soigneusement pliée sur un fauteuil, près de la baie vitrée. Ses chaussures à talon étaient posées au sol. Elle hésita à se rhabiller ainsi mais tout son corps et ses pieds meurtris lui hurlaient de les épargner quelques heures. Soit. Elle passa dans le dressing de Tony qu'elle connaissait par cœur, choisit un large t-shirt uni beige, un caleçon et d'épaisses chaussettes. Puis elle alla dans le couloir, dans le tiroir spécialement aménagé par elle-même, là où elle avait rangé, dans des petits sachets, des ensembles de lingerie féminine, pour les demoiselles qui quittaient la villa au petit matin et dont les sous-vêtements étaient soit introuvables, soit en trop mauvais état pour pouvoir être réutilisés. Elle en choisit un à sa taille et relativement discret, tout en demandant à haute voix :

– Jarvis, combien de temps ai-je dormi ?
– Si on compte le temps depuis votre départ de l'aéroport de La Guardia, puisque d'après Monsieur Stark vous dormiez déjà, cela fait vingt-trois heures.
– Oh.

Elle avait plus dormi en une nuit que pendant les dix dernières cumulées. L'un expliquant l'autre, certainement.

– Où se trouve Monsieur Stark ?
– Monsieur, bien que réveillé depuis près d'une heure, est descendu peu avant votre réveil et déjeune dans la cuisine. Il m'a demandé de vous réveiller à dix heures.

Alors qu'elle allait entrer dans la salle de bain, Pepper suspendit son pas et fronça les sourcils :

– Il était réveillé et n'est pas descendu plus tôt ? Qu'a-t-il fait pendant tout ce temps ?

C'était intriguant ; sitôt réveillé, Tony descendait généralement immédiatement dans son antre pour bricoler Dieu sait quoi. Surtout qu'en l'occurrence, il y avait quand même un certain nombre de choses à remettre en ordre, si on considérait que la maison était partiellement détruite par... Par quoi déjà ? Un accélérateur de particules ? Une soirée d'anniversaire démente ? Les deux ?
L'écran translucide incrusté dans le mur de la salle de bain comme dans ceux de toutes les autres pièces s'alluma et une vue en hauteur de la chambre de Tony apparut.

Les joues de Pepper s'empourprèrent à la réalisation que Tony enregistrait ce qui pouvait se passer dans sa chambre. Cette espèce de...

Le caleçon, le t-shirt, les chaussettes et les sous-vêtements tombèrent au sol.

Sur l'écran le lit de Tony était visible, lit sur lequel elle-même dormait manifestement, un drap pudiquement relevé sur elle. Et Tony était allongé près d'elle. Jarvis avait enclenché l'avance rapide, mais le corps de Tony bougea peu. Il était demeuré la plupart du temps sur le côté, relevé sur un coude, et la regardait.

Tony Stark l'avait regardée dormir.

– J'espère avoir répondu à votre question Mademoiselle Potts.
– Oui, merci Jarvis, répondit-elle machinalement.

Elle se mordit la lèvre et respira à nouveau profondément, très profondément.

– Jarvis, savez-vous mentir ?
– Non Mademoiselle. Je suis un ordinateur, je réponds aux questions qu'on me pose.
– Oui, mais je suis certaine que si Tony décidait de vous faire mentir, il y parviendrait.
– Certainement Mademoiselle. Mais cette fonction n'est pas intégrée à mon système actuel.
– Bien, merci.
– De rien Mademoiselle. Dois-je prévenir Monsieur que vous descendez ?
– Inutile, je le rejoins moi-même dans cinq minutes.

Pepper enclencha la douche et entra résolument sous le jet d'eau chaude, tentant de faire le vide de toutes les pensées et les émotions qui l'assaillaient.

– Tony ?

Il manqua de renverser le mug de café qu'il tenait à la main, se tourna vers l'escalier qui descendait de la chambre et écarquilla les yeux. Semblant reprendre ses esprits, il dit rapidement :

– Bonjour Pepper, bien dormi ?
– Très bien, merci, dit-elle en avançant à son tour vers la cafetière.

Tony la regarda passer près de lui, se retenant de siffler. Il se contenta de déclarer d'un ton faussement vexé :

– Vous m'avez fait sursauter. D'habitude, le bruit de vos talons vous annonce et j'ai le temps de ranger tout ce qui pourrait être compromettant.
– Par exemple ? demanda-t-elle en se versant une tasse de café fumant.
– Des revues pornos.
– Depuis quand vous donnez-vous la peine de ranger vos revues pornographiques lorsque j'arrive ?
– Depuis toujours. Vous n'avez vu que les plus soft, je vous assure.
– Je vous crois sur parole.

Elle vint le rejoindre et s'assit en face de lui sur un tabouret de bar. Pepper avait craint, en descendant, que tout ne soit plus... comme avant. D'avoir perdu ses marques, de ne plus savoir comment se comporter, que dire... C'était sans compter sur Tony Stark pour entamer une conversation sur les revues pornographiques au lever. Et en fait, c'était confortable : rien n'avait vraiment changé.

– Mais c'est loin de valoir Mademoiselle Potts en sous-vêtements sur mon lit.

Non, rien n'avait changé. Pas même cette pointe d'énervement qu'elle ressentait dès qu'il ouvrait la bouche.

– Ravie que cela vous ait plu. Merci pour le t-shirt je suppose.
– De rien. Je vous promets que je n'ai pas profité de la situation en vous l'enfilant.

Pepper fronça les sourcils et soutint le regard sombre de Tony, qui finit par hausser les épaules :

– Ok, pas trop profité de la situation. Mais bon, mettez-vous à ma place, presque un an sans une aventure !
– Vous comptez m'impressionner ? demanda-t-elle froidement.
– Ah bon ? Ne me dites pas que vous cela fait plus ?!

Elle manqua avaler son café de travers alors que Tony continuait, manifestement enchanté de la tournure de la conversation.

– Pepper, vous avez été la patronne de Stark Industries et vous n'avez même pas profité des avantages qui vont avec ? Quel gâchis... J'aurais dû vous expliquer...
– Merci Tony, mais je ne pense pas que nos visions de la gestion d'une multinationale soit de toute façon compatibles. Et d'ailleurs... Suis-je toujours à la tête de Stark Industries ?

Il but un peu de café, regardant Pepper avec une nuance amusée dans les yeux.

– Vous ne vous en souvenez pas ?

Elle se sentit sur le point de rougir et dut faire appel à tout son sang froid légendaire pour répondre avec un calme olympien :

– J'avoue avoir perdu le fil de nos discussions et ne plus me rappeler à quelle conclusion nous étions arrivés.
– J'embrasse si bien que ça ?

Oui. Oui, il embrasse si bien que ça. Et il le sait parfaitement.

– Je faisais référence aux événements tragiques de la soirée d'avant-hier, à la nécessaire évacuation de la Stark Expo, à ma fatigue physique et nerveuse.
– Et au fait que j'embrasse divinement bien et que vous en avez oublié si vous étiez ou non toujours la patronne.

Faisant fi de la dernière réplique, Pepper demanda calmement :

– Monsieur Stark, pouvez-vous donc m'éclairer sur mon actuel statut au sein de l'entreprise de votre famille ?
– J'ai oublié.
– Pardon ?!

Pepper écarquilla les yeux et Tony sourit largement :

– J'ai oublié aussi. Vous embrassez également divinement bien.

Elle ferma un instant les yeux, sentant cette fois le rouge lui monter aux joues et s'efforça de ne pas sourire. Bêtement. Comme une lycéenne futile, alors que l'important était en cet instant de savoir qui dirigeait ou non cette fichue compagnie.
C'était bien ce qui importait, non ?

Elle ouvrit à nouveau les yeux et les plongea dans ceux de Tony. Ils restèrent un instant silencieux, face à face, avant qu'elle continue doucement :

– J'ai besoin de savoir, Tony. Pour le poste.
– C'est à vous de décider Pepper. Si vous souhaitez démissionner, je ne peux vous en empêcher. Mais personne ne fera cela mieux que vous, c'est pour ça que je vous avais choisi quand... quand j'avais dû choisir.

Un frisson glacé la parcourut lorsqu'elle se souvint, lorsque cela lui revint avec une violence inouïe : il était mourant. Elle vit le visage de Tony changer, elle le vit froncer les sourcils, elle vit son regard se teinter d'un sérieux qui était rarement le sien.

– Pepper, je vais bien. J'ai changé le réacteur, le problème est résolu, je.. Pepper ?!

Elle s'était mise à trembler, de tous ses membres. Elle reposa machinalement le mug sur le comptoir et la porcelaine tinta bruyamment, quelques gouttes du breuvage giclant de la tasse.
Il était mourant. Il avait essayé de le lui dire. Elle n'avait rien vu.
Il était mourant. Il avait failli...

Deux bras l'enserrèrent soudain et l'odeur masculine de Tony l'enveloppa. Elle se laissa machinalement aller contre lui et leva sa main à sa bouche pour retenir un cri, ou un sanglot, elle ne savait pas très bien.

– Pepper... je vais bien, je vous assure, le nouveau réacteur n'a plus les mêmes inconvénients que l'ancien.

La voix était douce, rassurante. Elle acquiesça fébrilement contre lui, voulant s'en convaincre, voulant être convaincue à tout prix. Elle finit par réussir à articuler :

– Mais c'est ce que vous disiez de l'ancien, et finalement...
– Ce n'est pas la même chose, c'est... c'est un nouvel élément, j'ai créé... ou plutôt mon père avait trouvé la composition d'un nouvel élément, j'ai pu le réaliser et c'est ce qui se trouve dans mon nouvel Arc Reactor.

Elle releva la tête et Tony s'écarta doucement, tout en restant près de Pepper.

– Un nouvel élément ?
– Oui, répondit-il avec un sourire fier, je suis un génie, ne l'oubliez pas.
– Ce serait difficile quand vous le répétez à longueur de temps, grommela-t-elle.

Il sourit plus largement :

– Ah bah voilà ! Je retrouve notre Pepper Potts nationale ! Vous m'avez fait peur deux secondes, j'ai cru que vous vous inquiétiez pour moi.

Elle le foudroya du regard mais ne put retenir un sourire. Elle se ressaisit du mug, but une gorgée de café et reprit doucement :

– Je suis désolée de n'avoir rien vu, de ne pas vous avoir écouté quand vous essayiez de me le dire.
– Bah, répondit-il en haussant les épaules, à votre décharge vous n'avez pas vraiment l'habitude que je fasse des sous-entendus subtils.
– Non, en effet.

Ils se sourirent à nouveau.

– Et j'avoue que j'étais assez occupée par la direction de Stark Industries.
– C'était le but, également. Que l'entreprise soit gérée par quelqu'un de compétent et... et que vous soyez occupée à le faire.

Elle acquiesça sans quitter Tony des yeux. Il détourna le regard, comme les rares fois où il était gêné, les rares fois où il était amené à parler de lui, vraiment de lui. Elle choisit de continuer elle-même :

– C'est pour cela que vous avez légué votre collection d'art...
– Notre collection d'art, corrigea-t-il ironiquement.
– … aux Boys Scout. Pour cela que vous avez poussé Rhodey à prendre l'armure, pour cela que vous avez pris la place du pilote à Monaco. Vous n'aviez plus rien à perdre.

Il regarda Pepper fixement :

– Détrompez-vous, j'avais beaucoup à perdre et j'en étais douloureusement conscient. Mais il n'en restait pas moins que l'issue était, alors, inévitable.
– Et elle ne l'est plus ? redemanda-t-elle d'une voix tremblante.
– Non, insista-t-il. Croyez-moi, elle ne l'est plus. Enfin, même si mon nom restera lui dans l'Histoire comme celui d'un génial super-héros, je mourrai bien un jour, mais dans bien plus longtemps que ce que j'ai pu craindre.

Elle resta silencieuse car répondre n'aurait servi à rien. Répondre que demeurer Iron Man le ferait peut-être mourir prématurément, qu'il ne pouvait rien promettre, qu'il allait désormais, armure ou pas, mettre sa vie régulièrement en danger, ne servirait à rien. Elle laissa son regard glisser sur la poitrine de Tony, sur la lueur bleutée qui transparaissait au travers du t-shirt clair qu'il portait avec un jean. Cette fois ce fut elle qui se leva et fit le tour du comptoir pour se retrouver devant Tony qui, immobile, la laissa avancer sans rien dire. Elle leva la main vers le t-shirt :

– Vous permettez ?
– Écoutez Pepper, notez que le fait que vous vouliez me déshabiller sauvagement ne me pose aucun problème, bien au contraire, mais...

La remarque manquait d'humour, le ton manquait d'assurance. Tony Stark, l'homme qui ne finissait jamais une soirée totalement habillé, dont toutes les starlettes de Malibu connaissaient le corps par cœur, était gêné. Ordonner à son assistante de l'aider à changer son Arc Reactor était une chose, se laisser toucher par Pepper Potts en était une autre, toute différente. Ladite Pepper en était consciente : même si Tony était revenu transformé moralement d'Afghanistan, ce n'était pas la seule raison de son brusque célibat. Que Tony Stark devienne soudainement pudique révélait à la femme qui le connaissait depuis près de dix ans toute son incertitude quant à ce qu'il était physiquement devenu : un corps mutilé, dépendant, un cobaye pour ses propres expérimentations.

Résolument, elle souleva le bord de son t-shirt, sans brusquerie, jusqu'à distinguer le cercle métallique et, en son centre, le triangle incandescent qu'elle observa longuement, bien trop longuement aux yeux de Tony. Ce dernier avait à nouveau détourné les yeux et, posant sa main sur le poignet de Pepper, l'incita à remettre le t-shirt en place. La jeune femme obtempéra mais laissa cependant sa main droite sous le tissu, remonta doucement ses doigts sur la peau, effleura les abdominaux qu'elle sentit frémir sous la caresse, et finit par poser sa paume sur la paroi de l'Arc Reactor. C'était tiède, elle sentait irradier la vitre d'une faible chaleur rassurante. Tony tourna à nouveau la tête vers Pepper et la crainte et l'incertitude qu'elle lut dans son regard sombre la bouleversèrent. Il eut un léger rictus qui pouvait passer pour un sourire moqueur :

– Pas très glamour, mais pratique pour trouver son chemin la nuit pour aller manger un morceau à la cuisine.
– Personnellement, je trouve ça très glamour vu que cela vous maintient en vie, répondit-elle d'un ton assuré.

Elle continua résolument, alors que le regard sombre de Tony la fixait avec une émotion profonde et particulière.

– Je vous l'ai déjà dit. C'est paradoxalement ce qui prouve que vous avez un cœur. C'est depuis que vous l'avez que vous êtes, en fait, bien plus humain qu'avant.

Elle entendit le claquement sourd de la tasse de café qu'il posa violemment sur le comptoir et soudain les lèvres de Tony furent sur les siennes et il l'embrassa avec toute l'énergie du désespoir. Elle répondit à son baiser immédiatement, crispant les paupières sur les larmes qu'elle ne laisserait pas couler, enserrant de son bras libre le cou de Tony mais laissant sa main posée sur le cercle métallique de son torse. Il enlaça Pepper, glissant une main avide dans sa chevelure rousse et enroulant l'autre autour de sa taille fine. Ils s'embrassèrent longuement, avidement. Lorsqu'ils séparèrent enfin leur souffle anarchique, Pepper glissa son visage dans le cou de Tony et ils restèrent longtemps immobiles, debout dans la cuisine de la villa, serrés l'un contre l'autre en silence.

– Finalement c'est vrai que ce truc doit encore rajouter à mon naturel pouvoir de séduction, vu qu'il a réussi à vous faire tomber dans mes bras, chose à laquelle j'avais presque renoncé depuis des années.

Pepper s'écarta brutalement, foudroya Tony du regard et retourna s'asseoir sur son tabouret de bar. Il sourit largement et elle leva sa tasse de café tiède à ses lèvres pour dissimuler son propre amusement. Ayant plus ou moins repris contenance, elle se racla la gorge et déclara :

– Pour en revenir à ma position au sein de Stark Industries, nous n'avons toujours rien décidé.
– Je vous l'ai dit Pepper, c'est votre choix. Je ne peux, hélas, vous obliger à rester. Mais sérieusement, vous étiez ravie de cette promotion. Vous souriiez comme un gamin devant un poster d'Iron Man. Et puis, en quoi était-ce vraiment différent de ce que vous faisiez lorsque vous étiez mon assistante ? C'est déjà vous qui vous occupiez de tout : de l'entreprise, et de moi ! Je n'ai fait qu'alléger votre tâche, en réalité.

Elle baissa les yeux vers sa tasse désormais vide et réalisa que, quelque part, il avait raison. Quelques semaines avant, lorsqu'elle était l'assistante de Tony, c'était déjà elle qui tenait à bout de bras la direction de la société, par l'intermédiaire de ce patron excentrique pour lequel elle se chargeait de tout. C'était elle qui suivait les dossiers, elle qui organisait les rendez-vous, elle qui étudiait les rapports des divers départements financiers... Ces dernières semaines, tout avait été plus vite, car elle n'avait plus désormais à supplier Tony de signer un quelconque papier pendant deux heures, elle le faisait elle-même dans la seconde. Elle avait les mains libres, tout aurait dû lui sembler plus simple, plus agréable, et plus gratifiant, car c'est désormais à elle qu'allait la reconnaissance du travail accompli dans l'entreprise.

Pourtant Pepper Potts n'avait pas vraiment apprécié ces semaines de présidence, une fois passée l'euphorie de sa nomination.

– Si, c'était différent. Parce que je ne travaillais plus avec vous.
– J'aurais pensé que cela vous ravirait de ne plus avoir à me supporter.
– Moi aussi, mais en fait non. Présider sans vous ne m'intéresse pas.
– Pepper, vous voulez me prendre comme assistante ?

Pour le coup, elle éclata de rire.

– Quoi ? Je suis certain que je serais magnifique en tailleur sombre et talons aiguilles, vous ne pensez pas ?
– Ce qui serait vraiment ridicule, c'est de penser que vous pourriez gérer l'emploi du temps de quelqu'un d'autre. Commencez par vous occuper du vôtre.
– Alors que fait-on ?

Elle soupira et balança machinalement ses jambes sous le tabouret de bar. Tony ne put s'empêcher de pencher légèrement la tête pour suivre le mouvement des longues jambes fuselées dévoilées par le caleçon qui n'arrivait qu'en haut des cuisses de Pepper.

– Tony, gronda-t-elle.
– Je m'excuserais bien, mais je n'en ai pas envie, répondit-il simplement. Le plus simple serait de nous marier, vous seriez Madame Stark et nous pourrions gérer l'entreprise conjointement. Enfin, vous gèreriez et je sourirais magnifiquement devant les photographes.

Pepper cessa de balancer ses jambes et releva lentement, très lentement la tête. Tony lui sourit avec un naturel confondant, se leva non sans jeter un autre coup d'œil appréciatif aux jambes de Pepper et se dirigea vers le plan de travail.

– Je me verse un autre café. Vous en voulez ?
– Vous plaisantez ? demanda-t-elle d'un ton glacial.

Il souleva le récipient de la cafetière en fronçant les sourcils.

– Non, sincèrement il reste largement assez de café pour nous deux. Alors Pepper, qu'en dites-vous ?
– Je ne prendrai plus de café, merci. Je suis déjà bien assez énervée comme ça.
– Oula, alors oui, en effet, plus de café pour Mademoiselle Potts !

Elle le détestait. Ces blagues lamentables, cette faculté de tout tourner en ridicule, de rire des sujets les plus sérieux, d'être incapable de parler sérieusement de l'entreprise ou de eux deux. Elle le détestait.

Tony revint d'un pas nonchalant vers le comptoir, se hissa sur son tabouret face à Pepper et but une gorgée de café chaud en la regardant innocemment avant de dire :

– Alors, qu'est-ce que vous pensez de ma proposition pour la gestion de Stark Industries ?
– Je pense que c'est hors de question.
– Ah ? Qu'est-ce qui vous gêne ? Ne plus être l'unique présidente ? Ne plus être mon assistante ? Ou m'épouser ?

Pepper resta silencieuse, à écouter les battements de son propre cœur s'accélérer dangereusement.
Il était sérieux. Là, malgré son air désinvolte et son regard faussement candide, il était sérieux.

Tony Stark était en train de la demander en mariage.

Elle respira profondément, plusieurs fois, pour tenter de calmer ses émotions et de s'empêcher de l'étrangler. C'est d'une voix à peu près calme qu'elle finit par répondre.

– Clairement, ce qui me gêne, c'est vous épouser. Il est hors de question que je me marie dans le but de présider ou non une entreprise, fût-elle Stark Industries.
– Ah. Alors vous pouvez m'épouser parce que je suis très bel homme, un génie subtil, multimilliardaire, un super-héros, et parce que vous êtes folle de moi.
– Vous êtes tout sauf subtil, Monsieur Stark.

Elle n'avait pas nié. Ils le savaient tous les deux et, si Pepper s'efforça de soutenir le regard de Tony sans ciller, lui s'autorisa à sourire plus largement.

– Entre nous soit dit, continua-t-elle, je vous signale que je suis toujours Présidente de Stark Industries.
– Vous avez démissionné, sur le toit.
– Vous avez refusé ma démission.
– Vous n'en êtes pas sûre.
– Vous non plus.
– Rhodey était là, Pepper, il saura.
– Rhodey refusera de se mêler de cela et il aura raison.

Une voix éternellement posée s'éleva dans la cuisine :

– Si vous me permettez, comme Monsieur portait son armure, il était en liaison directe avec moi, et je peux repasser l'enregistrement audio de...
– Silence Jarvis ! coupa Tony.
– Bien Monsieur.

Pepper plissa les yeux

– C'est vous qui avez besoin de faire cette ridicule proposition de mariage pour revenir à votre poste.

Tony sourit, amusé, mais l'étincelle dans son regard sombre fit frissonner Pepper malgré elle.

– Cette proposition n'a rien de ridicule et vous le savez parfaitement. De plus je n'ai absolument pas besoin de la faire, j'en ai seulement très envie.
– Vous ne vous rendez absolument pas compte de ce que vous dites.
– Contrairement à ce que vous semblez penser, je m'en rends très bien compte. Des tas de papiers officiels à signer et de chaussures inutiles dans mon dressing, des menaces de pension alimentaire exorbitante, l'interdiction de me saouler dans ma propre maison, deux noms sur la boîte aux lettres, des dépenses de chirurgie esthétique dans quelques années, des couches sales et des pleurs en pleine nuit, des recommandations à n'en plus finir quand je partirai sauver le monde, des légumes dans mon frigidaire, et me réveiller tous les matins comme celui-ci, avec Pepper Potts qui ronfle à mes côtés.

Elle se mordit la lèvre et serra ses doigts sur l'anse du mug vide pour s'empêcher de trembler.

– Je ne ronfle pas.
– Jarvis ! appela joyeusement Tony. Repassez-nous....
– Merci Jarvis, ce sera inutile ! s'écria Pepper.

Ils restèrent silencieux face à face. Pepper tentait désespérément de ne pas céder à la panique ; Tony arborait un sourire amusé, mais il la regardait avec une sincérité bouleversante.

– Vous ne pouvez pas me demander ça comme ça, ici et maintenant. Et c'est totalement prématuré.
– Prématuré ? Cela fait près de dix ans que nous vivons ensemble plus de douze heures par jour. Et je ne vois au contraire pas de meilleur moment : nous sommes seuls, votre foutu Blackberry est miraculeusement éteint, je ne suis plus condamné à une mort rapide et douloureuse et nous nous sommes embrassés.
– Comment pouvez-vous tout tourner à la dérision sans la moindre honte ?
– Je suis immunisé contre la honte, sinon j'en serais mort depuis longtemps, vous êtes bien placée pour le savoir.
– C'est vrai, reconnut Pepper en songeant aux multiples et affligeantes apparitions de son patron dans la presse à scandale.

Il la fixait toujours, levant seulement son mug de café à ses lèvres de temps à autre mais sans pour autant la lâcher du regard. Cette demande en mariage prenait une allure de bras de fer. Tout, avec Tony Stark, prenait une allure de bras de fer. Elle soupira :

– Je ne vous épouse pas.
– C'est ferme et définitif ?

Elle hésita un bref instant et Tony se remit à respirer.

– Je préfère considérer que vous ne m'avez pas demandée en mariage. Je préfère oublier ce qui vient de se passer, aller m'habiller décemment...
– Dommage, mon caleçon vous va à merveille.
– … allumer mon Blackberry pour répondre à mes 351 messages et reprendre le cours de ma journée.
– Comme présidente ou comme assistante ?
– Je ne sais pas bien. Mais comme vous me l'avez fait remarquer, il y a après tout peu de différence. Bonne journée Monsieur Stark.

Elle se leva et tourna les talons, mais une main sur son poignet l'arrêta et Tony la fit pivoter vers lui. Son regard sombre glissa sur Pepper et il ajouta d'une voix grave :

– Je suis sérieux Pepper.

Elle avala difficilement sa salive et répondit sans baisser les yeux :

– Je sais.
– Je ne souhaite pas que vous oubliiez ma proposition. Je comprends que maintenant ne soit pas le moment réellement propice pour de telles... décisions, mais je veux que vous y songiez.
– Tony, nous ne sommes jamais sortis ensemble, notre relation était jusque là strictement professionnelle...
– Ce n'est pas de ma faute, ça !
– … j'ai besoin de savoir si cela pourrait...
– Vous mettez en doute ma réputation, Pepper ?

Il avait dit cela avec une étincelle dans le regard et ses lèvres se fendirent d'un sourire qui fit rougir Pepper jusqu'aux oreilles.

– Je ne parle pas de ça ! répondit-elle sèchement.
– Je sais, dit-il en levant les mains en signe d'apaisement. Mais j'adore vous mettre en colère.
– Vous êtes passé maître.
– Oui, comme dans plein d'autres domaines mais vous vous entêtez à refuser que je vous en fasse la démonstration.

Il sut instinctivement qu'elle allait tourner les talons et partir, exaspérée, alors il la saisit par les épaules et plongea à nouveau son regard dans celui de Pepper.

– Sérieusement, qu'avez-vous besoin de savoir ? Vous passez vos soirées assise dans mon canapé à taper à l'ordinateur, vous êtes la personne qui me connait le mieux au monde, vous partagez mon quotidien depuis une décennie sans avoir démissionné, sauf très dernièrement mais bon, les choses se sont légèrement accélérées... Nous nous sommes embrassés et... waou....
– Waou ? répéta-t-elle en haussant les sourcils.
– Nous en avons oublié qui dirige la société ! Bref, à part le sexe, nous sommes en couple depuis dix ans !

Elle sourit, incapable de résister à son regard sombre, au mouvement de ses pouces sur la peau de son cou, à ce sourire charmeur et pourtant si franc en cet instant. Posant la main sur la joue de Tony, elle déposa un rapide et tendre baiser sur ses lèvres, s'écarta doucement et se détourna vers l'escalier principal.

– Je vais y réfléchir.
– Au sexe ? cria-t-il depuis la cuisine.

Elle ne put empêcher un léger rire de passer ses lèvres en montant les premières marches et répondit d'une voix claire en disparaissant à l'étage :

– Et au reste.



Commentaire de l'auteur (PS : non, je n'ai pas abandonné le reste. C'est un long, long hiatus, mais le désir de finir et les idées pour le faire sont toujours là.)
  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>



© Fanfic Fr 2003 - 2019 / Mentions légales