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Les Cent Discours

Le chrysanthème des cent thèmes Auteur: Kurai-Shiiro Vue: 738
[Publiée le: 2013-12-19]    [Mise à Jour: 2014-05-14]
13+  Signaler Général/One-Shot/Recueil Commentaires : 13
Description:
Cent thèmes aussi divers qu'exigeants.
Cent textes aussi variés qu'uniques.
Cent styles aussi surprenants que fantasques.
Et cent vies pour les embrasser, les uns après les autres.

La vie sent,
Le sang vit,
Cent vies sans discours,
Cent discours s'envient.

Trêve d'élucubrations...
Sans plus de discours, voici mes cent discours !
______

Ces oeuvres suivront, dans l'ordre si possible, les thèmes de la série C.
Dernier thème traité : Visage.
Prochain thème : Création.

Défi terminé à 11%
Crédits:
A priori, je ne pense utiliser aucune oeuvre ou idée déjà existante ( à ma connaissance ), c'est-à-dire que tout proviendra de la surchauffe de mon petit cerveau.
Cela dit, comme il paraît que seuls les imbéciles ne changent jamais de chemise, je n'en ferai pas le serment...
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La main de marbre #Dieu

[1920 mots]
Publié le: 2014-04-10Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Ce texte est inspiré d'une citation tirée du livre de science-fiction "Dune" par Frank Herbert, dont voici les termes : « Il n'est probablement pas de révélation plus terrible que l'instant où vous découvrez que votre père est un homme... fait de chair. »
Même si en fait, il la prend un peu à contre-courant !
Après relecture, je me suis aperçu qu'il était assez subtil et que sa signification était plutôt dure à appréhender... mais j'espère que vous l'apprécierez quand même !

La main de marbre
# Dieu


« Tout d'abord, monsieur, j'aimerais vous remercier d'avoir accepté ma requête. »


L'individu qui avait prononcé ces paroles était assis sur une chaise en bois sculpté. L'espace qui l'entourait était garni d'objets de valeur en tous genres. Sur une étagère de verre s'étalait une multitude de pièces de collection, aussi bien des automobiles que des avions ou des trains, pour ne citer que les moyens de transport. Les murs étaient ornés de prix et de diplômes imposants, qui attestaient du niveau de culture de leur propriétaire. En plus de cela, au beau milieu de la pièce se tenait une statue en marbre poli, qui représentait une main divine planant sur la Terre.

Certains ustensiles qui trouvaient également leur place dans ce véritable musée étaient de moindre luxe. Ceux-ci se voulaient pour la plupart insolites. Ainsi, un œil curieux pouvait apercevoir des pailles aux formes extravagantes, des livres aux couvertures originales, ou encore des constructions impressionnantes en ferraille. Ces bibelots aussi divers que nombreux s'alliaient parfaitement avec les œuvres d'art qui les accompagnaient, donnant à la salle une ambiance fascinante d'homogénéité


« Je vous en prie. Mais c'est exceptionnel, n'en prenez pas l'habitude ! »


L'homme qui venait de répondre, lui, était installé sur un immense fauteuil de cuir. La pipe à la bouche, il aspira quelques bouffées et rejeta la fumée en formant des cercles approximatifs. Il claqua sa langue de déception en voyant qu'ils n'étaient pas correctement dessinés. Puis, il saisit délicatement une tasse dont l'apparence imitait un panier en osier, et la porta à ses lèvres. Le liquide brûlant réchauffa ses muqueuses et lui tira une exclamation satisfaite.


« Eh bien, monsieur l'interviewer, vous êtes timide ? » ajouta-t-il le plus sérieusement du monde.

« S'il vous plaît, monsieur ! » rétorqua l'autre, offusqué. « Il est de l'ordre de la politesse de vous laisser finir votre thé ! De plus, je tiens à préciser que je suis journaliste. »


L'homme haussa les épaules et se réajusta dans son siège. Humant l'odeur de son infusion, il en but le contenu d'un seul trait. Attendant toujours que son interlocuteur se lançât, il promena son regard dans la pièce. Chacun de ces objets était pour lui un trésor. Bien au-delà du coût concret, qui dépassait le seuil de la modestie pour certains articles, ce qui prédominait était la valeur sentimentale qu'ils portaient. Il se trouvait particulièrement attaché à la majestueuse cheminée où crépitaient les flammes de ses souvenirs heureux, ainsi qu'au portrait vieillissant qui trônait au-dessus.


« Alors monsieur... » démarra finalement le journaliste, un calepin à la main. « Vous devez vous douter que je suis là pour vous poser des questions sur votre dernier livre ? »

« Après l'effervescence qu'il a suscité, il n'y a effectivement nul besoin d'être enquêteur pour le deviner... »

« Très bien... » il sourit d'un air amusé, et posa la mine de son crayon sur le papier immaculé. « On sent une véritable sincérité quant à la relation qu'entretient le narrateur de votre roman avec son père, vous êtes-vous inspiré de votre propre expérience ? »


L'auteur esquissa un léger sourire et s'enfonça encore une fois au fond de son fauteuil. Mimant une profonde réflexion, il passa ses doigts dans les poils drus de sa barbe. Il attrapa l'anse de la tasse qu'il venait de déposer quelques instants plus tôt sous le regard interrogateur de l'individu lui faisant face. Lorsqu'il se rendit compte que le récipient était vide, il eut un moment d'absence.


« Vous voyez ce tableau ? » lança-t-il subitement.

« Euh... oui... » hésita son interlocuteur.


Les regards des deux hommes étaient dirigés sur le portrait qui ornait seul l'immense cheminée. Derrière la vitre protectrice, la toile était jaunie et abîmée en ses coins. En dépit de ces imperfections, le personnage qui y figurait possédait une posture pleine de dignité et de magnificence.


« Cette œuvre a été réalisée par un ami de la famille dont la vocation, nul besoin à nouveau d'être enquêteur pour s'en douter, est la peinture. » expliqua l'homme. « C'est mon père qui y est représenté. »

« Voilà qui est intéressant... » le journaliste griffonnait rapidement sur son carnet au rythme des paroles de l'écrivain.

« Auparavant, je conservais ce portrait dans mon grenier, dans un coin obscur où je n'allais jamais. Et savez-vous ce qui se trouvait rangé à proximité, hors de la lueur de la lucarne ...? »


L’autre stoppa la continuité de son geste. Il leva la tête de ses notes et suivit la direction que son interlocuteur indiquait du doigt. Ses yeux se posèrent finalement sur l’imposante sculpture de marbre qui se déployait au centre de la salle.


« Mais enfin… » s’étonna-t-il. « Pourquoi gardiez-vous cette œuvre d’art dans l’humidité de votre grenier ? »

« Que représente-t-elle d’après vous, cette œuvre d’art ? » questionna l’auteur, apparemment peu enclin à divulguer le fond de sa pensée trop prestement.

« Eh bien… » le journaliste croisa ses bras sur son torse. « Il s’agit d’une main gigantesque qui lévite au-dessus de la planète, une main divine. »

« Une main divine, précisément… » sa voix portait une tonalité de mystère. « Cependant, si on retourne la statue, elle n’est plus qu’une main qui se trouve plus bas que terre, n’est-ce pas ? »

« Euh… certes… »

« C’est mon père qui m’a offert cette sculpture, et jadis je la voyais toujours de cette manière, comme une main tombant plus bas que terre. C’est pourquoi je la plaçais loin de ma vue, ainsi que le portrait. » conclut-il.


Quelques secondes s’écoulèrent silencieusement. L’homme de lettres tenta de déceler les signes annonçant la réaction de son locuteur. Ce dernier semblait avoir abandonné son calepin et fronçait les sourcils. Il ne pouvait s’empêcher de croire, à raison, que le personnage assis face à lui et la pièce les entourant possédaient un lien inextricable. Comme si l’un influençait inexorablement l’autre.


« Si je décode ce que vous dites… » commença-t-il. « Vous transposez la relation que vous avez avec votre père sur votre façon de considérer cette statue ? Vous aviez autrefois une vision péjorative d’elle, et donc un mauvais rapport avec votre père, et c’est pour ça que vous enfermiez ces deux objets dans votre grenier. Mais à présent vous vous êtes rapproché de votre père, et vous discernez cette sculpture comme une main divine. Ainsi, vous leur avez donné une place ici, dans la salle qui regroupe tout l’inventaire qui vous tient à cœur ? »


L'écrivain étala un sourire entrouvert d'admiration. Il quitta le dossier rembourré de son siège, adoptant une position plus impliquée. Ses yeux pétillaient comme ceux d'une enfant assoiffé de découvertes. L'interprétation que le reporter venait de lui dévoiler transitait encore en son esprit. Il se trouvait naïvement impressionné face à sa pertinence.


« C'est comme vous l'avez dit. Vous remontez dans mon estime, monsieur l'interviewer ! » affirma-t-il avec autant de sincérité que d'espièglerie.

« Mais en ce cas... » reprit l'autre en ignorant la moquerie. « J'ai du mal à appréhender la raison pour laquelle votre roman s'achève avec un protagoniste qui, tel que vous, entretient un bon rapport avec son père ; mais qui le considère comme son égal alors que vous attribuez au vôtre une notion de divinité... »

« Vous vous trompez, je le considère également comme mon égal depuis que je m'entends mieux avec lui. À la vérité, ce qui s'est passé est l'inverse de ce que vous avez conclu. »

« Et pourquoi ne pas m'avoir démenti alors ? » s'exclama-t-il, agacé.

« Allons, ne gâchez pas la bonne impression que vous m'avez donnée ! Vous devriez comprendre qu'entre deviner une chose et son exact contraire, il n'y a qu'un pas de différence. Figurez-vous qu'auparavant, quand la structure restait cloîtrée au fond de mon grenier, je ne pouvais y discerner autre chose qu'une main divine. Puis, au moment où ma relation avec mon père s'est améliorée, c'est là que j'ai commencé à y voir une paume enterrée sous la planète. »


Le journaliste garda le silence quelques instants. Les sourcils haussés, les pupilles affolées, il avait visiblement perdu le fil. Lâchant un léger soupir, il gratta son front sec avant faire retomber son poignet. Immobile, il se mit à fixer d'un regard vide un point invisible. Puis il secoua la tête pour se forcer à revenir dans la conversation.


« Vous supposez que l'interprétation de la statue comme une main divine est péjorative, et que celle qui la voit comme plus bas que terre est méliorative ...? » le ton qu'il employait démontrait clairement qu'il ne pouvait l'envisager.

« Je pense être assez réfléchi pour ne pas simplement le supposer ! » répliqua l'auteur en fronçant les sourcils. « Vous qui exercez un métier de curieux, n'avez-vous donc pas eu le réflexe de tourner une page après la dernière ligne du roman ? »


Son interlocuteur bégaya quelques mots inaudibles, saisi d'un doute soudain. Il se retourna et attrapa le sac qu'il avait posé au sol. Avec grande hâte, il y plongea son bras et se mit expressément à le fouiller.


« Ah non ! » réagit immédiatement l'homme de lettres. « Si vous voulez vérifier, vous le ferez dehors ! »

« Mais, enfin... » contesta l'autre.

« Pas de protestation ! » claqua-t-il, inflexible. « Vous êtes ici chez moi, et je vous demande de sortir ! »


Il l'entraîna à travers la pièce, jusqu'au-devant de la porte d'entrée. Là, il se stoppa et en ouvrit le battant. Finalement, il se décala afin de laisser le libre passage à son invité improvisé. Celui-ci n'avait pas encore totalement abandonné.


« Je vous en prie ! » supplia-t-il. « Ne me laissez pas dans une telle incompréhension ! »

« Tout ce que je veux bien vous dire... » soupira l'homme, pressé de recouvrer la tranquillité de sa solitude. « C'est qu'une main qui se trouve sous la Terre peut la soutenir. Celle qui la survole ne peut que l'observer de loin. Vous comprendrez le reste en lisant la phrase que vous avez manquée. »


Le reporter, à nouveau submergé par une réflexion intense, remercia poliment et franchit le seuil de l'entrée. La porte se referma non sans empressement, et il se retrouva bêtement à la rue, au bord d'une route déserte. Peu dirigé vers l'image qu'il eût pu transmettre, il se contenta de dépouiller à nouveau son sac. Il finit par en extirper un livre à la couverture impeccable, attestant du soin particulier qui lui avait été octroyé. Il se rendit directement à l'endroit précis où le point final avait été majestueusement imprimé. Une page blanche en était voisine. Plus impatient que jamais, il la tourna précautionneusement. Ses yeux rencontrèrent deux lignes supplémentaires.


« Le dieu qui perd son statut divin
N'est alors rien de moins qu'un humain. »


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