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Les Cent Discours

Le chrysanthème des cent thèmes Auteur: Kurai-Shiiro Vue: 739
[Publiée le: 2013-12-19]    [Mise à Jour: 2014-05-14]
13+  Signaler Général/One-Shot/Recueil Commentaires : 13
Description:
Cent thèmes aussi divers qu'exigeants.
Cent textes aussi variés qu'uniques.
Cent styles aussi surprenants que fantasques.
Et cent vies pour les embrasser, les uns après les autres.

La vie sent,
Le sang vit,
Cent vies sans discours,
Cent discours s'envient.

Trêve d'élucubrations...
Sans plus de discours, voici mes cent discours !
______

Ces oeuvres suivront, dans l'ordre si possible, les thèmes de la série C.
Dernier thème traité : Visage.
Prochain thème : Création.

Défi terminé à 11%
Crédits:
A priori, je ne pense utiliser aucune oeuvre ou idée déjà existante ( à ma connaissance ), c'est-à-dire que tout proviendra de la surchauffe de mon petit cerveau.
Cela dit, comme il paraît que seuls les imbéciles ne changent jamais de chemise, je n'en ferai pas le serment...
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L'oreille à qui se confiait le destin #Futur

[3379 mots]
Publié le: 2014-03-03Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Un texte un peu plus long que les autres cette fois ( même s'il reste relativement cour pour un OS... )
J'annonce tout de suite qu'il s'agit d'une sad end, que ceux n'aiment pas ( et je le comprends tout à fait ) passent leur chemin ! Ou alors vous pouvez lire par curiosité, à vous de voir !

L'oreille à qui se confiait le destin
# Futur


Victor poussa la porte et s'extirpa du hall. Une fois dehors, il prit une bouffée d'air frais. En cette fin de mois d'octobre, les journées se faisaient de plus en plus courtes et de plus en plus froides. Cependant, comme la température demeurait relativement convenable, les complaintes ne s'élevaient pas encore. À défaut de se trouver aux prémices de l'hiver, l'automne restait pour le moment dans la continuité de l'été. En guise de preuve, les arbres comptaient toujours autant de feuilles resplendissantes et les oiseaux poursuivaient leurs chants joyeux.

Malgré tout, le climat, taquin, caressait parfois la surface de la terre d'une soudaine brise glaciale avant de revenir à sa chaleur délicate, pour mieux déconcerter ses habitants.


« Victor... » appela une voix féminine dans son dos. « Ton ami nous attend à l'extérieur de l'université ? »


Le jeune homme se retourna pour faire face à son interlocutrice. Aurélie. Sa chère et tendre Aurélie. Elle s'était approchée de lui avec sa discrétion usuelle, parvenant comme à chaque fois à le surprendre. Il observa son visage. Il était toujours aussi doux et harmonieux qu'au premier jour. L'air ambiant le sublimait, raffermissant ses traits, blanchissant sa peau. Sa silhouette suave se courba légèrement, et ses joues prirent une teinte rosée.


« Arrête de me fixer comme ça... » murmura-t-elle en détournant ses yeux azuréens. « Et réponds plutôt à ma question... »

« Euh, oui... » se reprit Victor, gêné. « Il attend un peu plus loin... »


Après une dure journée de travail, il n'était pas mécontent de quitter l'établissement universitaire. Cela ne faisait qu'un seul petit mois que les vacances étaient terminées, mais il se sentait déjà fatigué par le rythme des études. Fort heureusement, la présence de son aimée l'encourageait et lui rendait les choses plus faciles. Aurélie. Sa chère et tendre Aurélie. Après un an d'une pénible relation à distance, elle avait finalement choisi une formation qui lui permettait d'être à ses côtés.

Il la regarda à nouveau, elle et ses mèches blondes ondulant magnifiquement jusqu'à sa taille. En réponse à ce regard, elle sourit et prit son bras dans le sien. Posant sa tête sur son épaule, elle frotta ses doigts sur la paume du jeune homme et y dessina des formes invisibles. Elle resta recroquevillée ainsi pendant quelques secondes.


« Il fait froid. » dit-elle expressément.


Il savait qu'elle ne le pensait pas. Ce n'était qu'une excuse pour se blottir contre lui. Il avait beau lui répéter qu'elle n'avait pas besoin de se justifier, sa timidité semblait l'y forcer. Mais d'une certaine manière, cela montrait qu'elle tenait à lui. Au moins autant que lui tenait à elle. Dans un même mouvement, ils entamèrent une marche lente vers le point de rendez-vous. Toujours collée à son petit ami, Aurélie était nerveuse quant à cette rencontre.


« Tu es sûr que ça va bien se passer ? » demanda-t-elle, craintive.

« Tu es une personne formidable, il n'y a pas de raison que vous ne vous entendiez pas ! » la rassura Victor. « Il est impatient de faire connaissance avec toi, tu sais ! »

« Oui... mais tu m'as dit qu'il avait parfois des réactions étranges... »

« C'est vrai qu'il est un peu... » il chercha ses mots pendant quelques instants. « Spécial... Mais ce n'est pas étonnant pour quelqu'un qui peut voir le futur... »


À ces mots, Aurélie stoppa ses pas. Victor, retenu par le bras, se vit contraint de s'arrêter à son tour. Il s'apprêta à lui demander la raison de cette soudaine halte, mais l'expression renfrognée d'Aurélie l'en dissuada. Il lui arrivait fréquemment d'appréhender une rencontre avec un inconnu, néanmoins l'angoisse qu'elle trahissait était bien au-delà de la simple inquiétude.


« Je voudrais que tu arrêtes d'essayer de me faire croire une chose pareille. » fit-elle en évitant de croiser son regard.


Victor resta éberlué. La dureté de la phrase ne convenait pas à la velouté de la voix. De plus, il n'y avait jamais entendu un tel ton accusateur.


« Je... je sais que c'est fou mais... » balbutia-t-il. « Mais ce que je t'ai raconté est la stricte vérité ! Je l'ai croisé pour la première fois à la fin des vacances, il m'a simplement indiqué le chemin de l'épicerie. J'ai déjà trouvé bizarre qu'il me dise "à la prochaine" à ce moment, alors quand je l'ai aperçu à la rentrée, évidemment que je suis allé le voir ! Il m'a confié que ce n'était pas une coïncidence, qu'il avait su qu'on allait se revoir. Et ensuite il m'a prouvé qu'il ne mentait pas ! Il peut prédire l'avenir, et je t'assure que c'est bien réel ! »


Immobile, elle n'avait pas relevé la tête et restait silencieuse. Son attitude traduisait toutes les caractéristiques de la contrariété, ce qui ne correspondait pas à son tempérament docile. Dans une situation pareille, elle avait l'habitude d'acquiescer doucement, et d'esquisser un sourire lumineux pour chasser le malentendu. Aussi, Victor ressentit un profond malaise en constatant qu'elle gardait son air renfermé.


« Je t'en prie, crois-moi... » supplia-t-il. « Aurélie, ma chérie, crois-moi... »


Elle se redressa légèrement. Ses sourcils froncés contrastaient avec son teint d'une pureté absolue. Portant le bout de son pouce à sa bouche, elle se mit à mordiller son ongle en signe de tourment.


« J'ai un mauvais pressentiment, et ça ne me plaît pas... » sa voix avait retrouvé la délicatesse qui faisait son charme. « Victor, j'ai peur... »


Séduit par la sincérité de cet appel, il poussa un long soupir. Il était à la fois touché et soulagé par la fragilité de son aimée, car de là provenait son désir de la protéger. Fléchissant les jambes, il se mit à sa hauteur et plongea ses pupilles dans les siennes. Un geste mesuré amena ses mains contre ses joues duveteuses.


« Le destin nous a permis de nous retrouver, toi et moi. Et maintenant, nous sommes ensembles. Tant que nous serons là l'un pour l'autre, tu n'auras pas à avoir peur. »


Il arbora un sourire apaisant, qu'elle lui rendit. Leurs têtes pivotèrent. Leurs paupières se fermèrent. Leurs lèvres se rapprochèrent lentement et, finalement, se mêlèrent dans un baiser langoureux.


***


Une rafale de vent avait balayé le sol. Les passants qui portaient une veste s'y étaient emmitouflés, les autres avaient caché leur menton derrière leur col. La brise inopinée avait même secoué les arbres, arrachant des poignées de feuilles de leurs branches. Cependant, le jeune homme qui y était perché n'en avait pas ressenti l'effet. Balançant sa jambe dans le même vide où se perdait son regard, il y était resté insensible. Il ne remarquait pas plus les individus qui passaient sous lui qu'il n'était affecté par l'ébranlement du tronc. Si son corps était bien sûr présent, on eût dit que son esprit l'avait quitté.

Quand soudain un jeune couple se posta en-dessous de la branche où il était juché, il se décida à abréger ses rêvasseries. Il se lança en avant et se réceptionna avec agilité sur la terre ferme. Aurélie laissa échapper une brève exclamation en le voyant tomber du ciel.


« Eh bien, te voilà ! » se réjouit Victor en lui administrant une claque dans le dos. « Je t'ai tant parlé d'elle, voici donc ma petite chérie ! »


Sans répondre, le jeune homme se mit à dévisager Aurélie. Ses yeux béatement ouverts et son sourire fixe ne l'aidèrent pas à se mettre à l'aise.


« Alors... » commença-t-elle pour dissimuler son embarras. « Si Victor t'a parlé de moi, tu dois déjà connaître mon nom ...? »


En dépit de tous ses espoirs, il ne réagit pas à cette interjection. Ses traits restèrent figés dans une position oscillant entre pure folie et simple stupidité. Au moment où Aurélie sentit qu'elle ne pourrait supporter cette situation plus longtemps, il tressaillit et retrouva un faciès normal.


« Excuse-moi, il m'arrive que mon visage se bloque tout seul... » justifia-t-il en s'esclaffant. « À vrai dire, Victor t'appelle toujours ''ma chérie'' ou ''mon cœur'' ce qui fait qu'il ne m'a jamais précisé ton prénom. »


Victor eut un petit rire gêné. Visiblement moins habituée, Aurélie resta sans voix pendant quelques instants, ne sachant que penser de ce subit retournement de comportement. Elle jeta un regard à son petit ami qui la titillait du coude en signe d'insistance.


« Très bien, dans ce cas... » hésita-t-elle, timide. « Je m'appelle Aurélie, enchantée de te connaître ! »


Elle avait rapidement expédié la fin de sa phrase, comme pour se débarrasser d'une entrave désagréable. Dans le même temps, l'autre avait sursauté de manière tout aussi impromptue, et demeurait de nouveau immobile. Les traits de son visage semblaient encore paralysés, mais l'expression qu'ils traduisaient cette fois était une stupéfaction extrême. Même lorsqu'il reprit ses esprits, ses yeux écarquillés et sa bouche entrouverte ne recouvrirent pas leur état naturel. Peu enclin à s'expliquer, il se mordit la lèvre et s'éloigna sans un mot.


Tous les trois côtes à côtes, ils déambulèrent dans les rues. Durant cette marche, l'atmosphère resta tendue. Pour une raison que Victor ignorait, son ami semblait distant, voire vexé. De même, Aurélie n'était visiblement pas disposée à faire d'effort pour apprécier ce nouveau venu dans le groupe. Victor, lui qui faisait toujours en sorte que les choses se déroulassent bien, regrettait amèrement cette mésentente. Néanmoins, ayant bon espoir, il se dit que la situation pouvait encore être rétablie.


« Alors... si tu nous parlais de ta faculté de voir l'avenir ...? » demanda-t-il donc afin d'engager la conversation. « Ma chérie et moi, on aimerait bien en savoir davantage ! »


Aurélie lui jeta un regard foudroyant, qu'elle refoula aussitôt en tournant la tête. Victor avait sursauté et avait esquissé un mouvement de recul. Mais, comme il apercevait son ami qui affichait également un air agacé, il n'eut pas le temps de tergiverser sur la violence de cette réaction.


« Je t'ai déjà expliqué que je ne vois pas l'avenir. Je l'entends. » il observa fixement Victor qui paraissait toujours aussi désemparé. « Ça peut arriver n'importe quand. Des fois, lorsque quelqu'un me parle, sa bouche forme des mots qu'il ne se rend même pas compte qu'il prononce. C'est à ce moment-là qu'il m'annonce lui-même ce qui va lui arriver, dans un futur proche ou lointain. »

« Oui, j'avais oublié ! » reprit Victor de façon exagérément dynamique. « Et tu m'avais parlé d'une certaine ironie du sort qui... »

« Les gens connaissent leur propre destin sans en avoir conscience... » coupa l'autre. « Voilà ce que j'appelle l'ironie du sort. »

« Bon... eh bien... où est-ce qu'on va ? » bredouilla soudain Aurélie, désireuse de changer de sujet.

« Vers le centre, il y a toujours des choses intéressantes à voir là-bas ! » s'empressa de répondre Victor, et cette fois il n'avait pas remarqué la voix tremblotante de son aimée.


Alors qu'ils remontaient la voie, un silence pesant s'installèrent à nouveau entre eux. Toutefois, l'oppression qui en émanait était d'un cran supérieure. Aurélie rongeait ses ongles comme jamais, sentant une crainte ainsi qu'une irritation nouvelles monter en elle. Victor, aveugle aux sentiments de sa petite amie qu'il parvenait habituellement à déceler, regardait droit devant lui pour échapper à la gêne environnante. Enfin, séparant le couple, l'individu manifestait une résignation dont la cause disparaissait derrière ses insondables pensées.

Au fur et à mesure que le groupe s'approchait du centre-ville, la tension en son sein ne faisait que s'accentuer inlassablement. Elle se cristallisait essentiellement autour d'Aurélie. Bien malgré ce que lui hurlait sa raison, celle-ci déglutit et s'abandonna un instant à sa frustration.


« Je ne crois pas au destin. » lâcha-t-elle.


Quatre pupilles ébahies la transpercèrent. Les jambes stoppèrent leur avancée mécanique. Dans cette inertie des plus complètes, le silence paraissait s'être épaissi d'une couche supplémentaire.


« C'est un point de vue absurde, il est plus logique de penser que tout ce qui se passe n'est que le fruit du hasard, non ? » renchérit-elle d'une voix claire.


Victor sentit sa respiration marquer un sursis. Il venait d'être assailli par une prescience funeste. À cet instant, il avait encore la possibilité de contenir la prévisible altercation. Mais le degré de certitude de ce présage était tel que son esprit s'en voyait inhibé.

Tout se passa en l'espace d'un battement de cœur.

Il ne suffit que d'une poignée de secondes, et le temps lui fila entre les doigts. D'un œil impuissant, il observa son ami s'approcher d'Aurélie. Son air était à la fois grave et irascible. La jeune femme sembla comprendre qu'elle venait de commettre une erreur.


« Il y a dix ans de cela, ma mère m'a inconsciemment prédit un événement particulier qui allait lui arriver... » commença l'autre sur un ton sévère. « Ce n'était pas la première fois qu'une telle chose se produisait, mais je l'ai vécu différemment. D'abord, évidemment, parce qu'il s'agissait de ma mère, ensuite parce que ce qu'elle m'annonçait n'était pas des plus heureux... »


À l'écoute de cette voix dont le timbre se faisait de plus en plus menaçant, Aurélie éprouvait un sentiment d'insécurité qui évoluait dans le même sens. Bientôt frappé lui aussi par l'inévitable, son visage se décomposait lentement. Et Victor demeurait toujours immuable, comme extérieur à une scène qu'il ne pouvait que constater.


« Elle est partie en Afrique pour deux mois. À son retour, elle était allongée dans un cercueil, le corps rongé par une maladie incurable. Je suis resté de marbre quand on m'a appris cette tragédie, car j'avais su dès le départ comment son voyage allait se clore. Au moment de partir, elle me l'avait dit. À la place de ce qui aurait dû être ses derniers mots à mon attention, je l'avais entendu me prévenir de sa propre mort. Peux-tu encore affirmer que le destin est une notion absurde après ça ? »


Aurélie émit un imperceptible gémissement, écrasée sous le poids invisible de l'individu qui l'opprimait. Une larme sèche coula le long de sa joue blafarde. Subitement, Victor s'extirpa de l'emprise de son ankylose, retrouvant une once de cognition.


« Plus récemment, ce même destin a révélé autre chose à mon oreille. Comme tu sembles être la seule à ne pas l'avoir pressentie, je vais la partager avec toi... »


La jeune femme tremblait de tous ses membres. Elle porta ses mains jusqu'aux veines qui tambourinaient sur ses tempes. Ses cheveux se mêlaient dans un désordre chaotique alors qu'elle secouait frénétiquement la tête. Pour empêcher la démence de s'emparer d'elle, Victor voulut intervenir. Mais la cruelle évidence de son impuissance enraya à nouveau ses mouvements.


« La personne à travers qui le destin s'exprima cette fois avait une vie normale. Pendant l'une de ses journées normales, elle rencontra un inconnu. Il était étrange, et ne lui plaisait pas trop. Même si elle préférait s'en méfier, elle pouvait cependant poursuivre sa journée banale. Jusqu'au moment où, sans savoir pourquoi, elle transgressa les lois de son caractère... »


Dans un élan de désespoir, Victor tenta de crier. Seul un glapissement étouffé retentit. Les traits dénaturés de la femme qu'il aimait se raidissaient sous yeux, sans qu'il pût faire quoi que ce fût pour leur redonner leur beauté. Il le savait, il était trop tard.


« Lorsqu'elle se rendit compte de son faux pas, les dés étaient déjà lancés. Sa peur grandit, la folie l'emplit. Sa dernière volonté fut simplement d'échapper à l'inéluctable, quand soudain... »


Aurélie s'était plaquée contre le mur, le souffle haletant. Elle murmura une parole incompréhensible en atteignant le paroxysme de l'effroi.


« Quand soudain... »

« Non !! » hurla-t-elle.


Poussée au-delà de ses limites, elle s'élança aveuglément. Souhaitant uniquement fuir cet enfer, elle ne se préoccupa même pas de la direction qu'elle prit. La voyant s'éloigner ainsi de lui, Victor tendit une main frémissante pour la retenir. Mais sa silhouette lui échappa. La faux de la fatalité déchira son âme juste avant de s'abattre. Aurélie. Sa chère et tendre Aurélie. Sans précaution aucune, elle courut au milieu de la route. Un véhicule surgit et la heurta de plein fouet. Elle se retrouva éjectée une dizaine de mètres plus lois. La peau arrachée, les os brisées, la vie emportée.


Cette fois, le cri éclata. Les cordes vocales de Victor vibrèrent à s'en rompre. Écartelé entre la tristesse et la rage, il empoigna violemment l'individu qui venait d'assister à la vision d'horreur sans ciller.


« Toi... salaud... » fit-il d'une voix rauque. « Tu savais depuis le début que ça allait finir comme ça, et tu n'as strictement rien fait pour l'empêcher ?! »


L'intéressé n'avait pas daigné réagir. Son expression insensible traduisait une impression de froideur extrême.


« Si changer le cours du destin était une bonne chose, je n'aurais pas laissé ma mère quitter la maison... » déclara-t-il. « Seulement, s'opposer au destin ne peut attirer que des malheurs plus grands encore. »

« Tu te fous de moi ?! » clama Victor, les yeux rouges de colère. « Je viens de perdre la personne qui comptait le plus pour moi, qu'est-ce qui pourrait être pire ?? »

« Le destin n'est pas quelque chose que tu es en mesure d'appréhender ! » la mine sombre, il avait saisi le poignet qui le soulevait presque du sol. « Seuls ceux qui vivent quotidiennement en sa compagnie peuvent comprendre ce qu'il implique !! »


La gorge aride, Victor ne répondit pas. Il sentait affluer en lui une douleur qu'il n'eût jamais soupçonnée. Son esprit, pour ne pas tomber dans l'aliénation, avait simplement jugulé son fonctionnement.


« Connaître le futur n'est pas une chance, c'est une malédiction. Je pensais que tu l'avais deviné, quand tu as toi-même entraperçu ce qui allait arriver... »


Victor sursauta. Effectivement, il l'avait su, lui aussi. Et pourtant, il n'avait pas agi. Il s'était contenté d'être spectateur de la mort de son aimée. Il l'avait abandonnée à son sort. Ce fait était irréfutable, mais il lui était tellement insupportable qu'il dut le refouler. Pour continuer à vivre, il n'avait pas d'autre choix que de le bannir de ses pensées.


« C'est faux ! » vociféra-t-il. « Le seul qui aurait pu faire quelque chose, c'est toi ! Le seul qui l'a tuée, c'est toi !! »


Il repoussa son ami contre la façade, et lui jeta un ultime regard plein de haine. Lui tournant le dos, il tituba sur quelques pas, puis détala en laissant exploser sa furie. L'autre resta seul, la tête baissée. Autour de lui se pressait une foule épouvantée que des policiers s'efforçaient d'écarter.


« Tu me détestes maintenant, n'est-ce pas ? Je savais que cela se terminerait ainsi... Non, nous le savions tous les deux... »


Commentaire de l'auteur Oui, c'est la fin ! Vous l'avez peut-être déjà remarqué, mais j'aime bien introduire des éléments fantastiques dans un cadre réaliste, comme dans ce texte. Le surnaturel n'est-il pas d'autant plus fascinant quand il émane de la réalité ?
Le prochain thème est "Dieu". Je vous dis à bientôt ! ;)
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