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Heroic Fantasy

La Larme noire
[Histoire Terminée]
Auteur: elane Vue: 1590
[Publiée le: 2011-03-02]    [Mise à Jour: 2011-09-29]
G  Signaler Action-Aventure/Mystère Commentaires : 13
Description:
Une ancienne prophétie, un monde mystérieux empli de magie, d’intrigues et de mystères et une bande d’aventuriers perdus dans une quête qui les dépasse et dont les enjeux sont bien plus importants que tout ce qu’ils pourraient imaginer…
Venez-vous perdre avec eux dans cette étrange aventure qui poussera nos héros à se dépasser, à affronter leurs peurs et se dévoiler aux yeux de tous.
Crédits:
A moi! Tout à moi...
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L'épreuve

[4430 mots]
Publié le: 2011-03-06Format imprimable  
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Chapitre 3 : L’épreuve

 

Ils se retrouvèrent devant ce qui avait dû être l'entrée de la forêt. Les anciens avaient créé une arche couverte de glyphes, avertissant les voyageurs qui s'aventuraient en ces lieux. Les tuniques de Massilia, Gansim et Helyo les avaient presque miraculeusement préservés des odeurs des égouts mais ils avaient quand même remis rapidement leurs propres vêtements. Face à eux, il n'y avait plus qu'un tas de vieilles pierres poussiéreuses, oubliées et envahies par la végétation. Plus personne ne devait connaître son existence, et peu de gens auraient été capables d'en apprécier l'âge. Kassiopée prit la tête du groupe, d'un pas assuré. Ils étaient tous soulagés que chacun s'en soit sorti sans encombre. Avant de pénétrer dans la forêt, elle marqua une pause devant ces reliques d'un autre temps. Elle les regarda avec une vague nostalgie, caressant du bout des doigts les glyphes incrustés dans le granit.

         - Si vous me faites confiance, et si vous faites exactement ce que je dis, il ne nous arrivera rien.

Helyo s'approcha de l'une des inscriptions et la débarrassa de la mousse et du lierre qui en masquait la lecture.

 

                    Ami qui va passer le porche

                    Pour rentrer dans les bois sombres

                    Sache que ce qui dort en ces lieux

                    Ne peut être mis en éveil

                    Que par toi et ta peur

                    Mais prends garde

                    Car si tu l'éveilles

                    Des profondeurs de l'inconscience

                    Où nous l'avions plongé…

 

Kassiopée termina sa phrase :

                    Rien ne te sauvera.

 

Il la regarda surpris. Sur la pierre, les inscriptions finissant cet avertissement avaient été effacées par le temps depuis sûrement une époque plus reculée qu'il ne pouvait l'imaginer.

         - Voilà qui est très encourageant, dit Skalan. Il n'y avait vraiment aucune autre possibilité…

         - Aucune, répondit Massilia. Mais nous avons avec nous la seule personne vivante qui connaît ces lieux et qui en est ressortie indemne.

Presque indemne, pensa Kassiopée. Presque…

         - Ecoutez-moi, dit-elle à ses amis. Nous emprunterons le chemin principal. Vous me suivrez sans un mot et exécuterez mes instructions à la lettre. On ne s'éloigne pas du chemin et cela sous aucun prétexte. On ne se perd pas de vue les uns des autres. Et surtout, quelle que soit la situation, ou les circonstances, aucune magie !

         - La dernière règle, dit Skalan, je crois que je n'aurais aucun mal à la respecter.

         - Bien, allons-y alors, dit Gansim.

Ils pénétrèrent dans l'épaisse forêt dont les feuillages filtraient la lumière du soleil. La végétation était luxuriante et d'aspect beaucoup moins effrayant que Gansim ne l'aurait cru. Il y avait même quelques oiseaux et de petits animaux qu'il devinait dans les fourrés. Le chemin qu'ils empruntaient était quasi invisible pour un œil non averti, mais leur guide avançait d'un pas assuré. Y avait-il de vraies raisons de s'inquiéter ? Il connaissait bien Kassiopée et il décelait chez elle des signes de nervosité qu'elle tentait de dissimuler. Helyo lui aussi l'avait remarqué depuis le début et il soupçonnait Kassiopée de ne pas être aussi sereine qu'elle semblait le laisser paraître.

La marche n'était cependant pas éprouvante. A la fin de la première journée, ils campèrent sur le bord du chemin. Helyo s'approcha des quelques petits bouts de bois que Skalan avait rassemblés pour y mettre le feu. Il s'apprêta à dire une rapide incantation. Kassiopée l'arrêta d'un geste brusque.

         - Arrête, dit-elle d'une voix mi-effrayée, mi en colère. Pas de magie !

         - Désolé. Un réflexe, rien de plus.

         - Je m'en occupe, dit Skalan. Je crois que notre amie préfère les méthodes traditionnelles.

Kassiopée le regarda avec gratitude. Le soir même, ils mangèrent une partie des vivres qu'ils avaient apportés. Les ombres de la nuit s'installèrent bien vite et la forêt se fit plus menaçante. Autour du feu, Kassiopée les observa tous les uns après les autres. Gansim et Massilia étaient un peu tendus, mais ils lui faisaient confiance. Morgane et Skalan avaient l'air quant à eux beaucoup plus méfiants. L'un parce qu'il ne la connaissait pas depuis assez longtemps, l'autre parce qu'il ne la connaissait que trop bien. Helyo, lui, soupçonnait quelque chose et savait que le danger était proche et bien réel.

Ils avaient décidé de prendre des tours de garde pour la nuit. Ce fut bientôt le tour de Kassiopée. Elle avait peu dormit et se leva difficilement. Elle s'assura que les autres dormaient tous et jeta un coup d'œil à son pendentif qui représentait un glyphe en argent luisant d'une pâle lueur bleue. Tant qu'il ne virait pas au rouge, ils n'avaient rien à craindre. Celui qui dormait ne s'était pas réveillé. Pas encore…

Malheureusement ce n'était pas le seul danger de cette forêt, d'autres ombres les guettaient, et sans magie, ils étaient vulnérables.

         - Qu'est-ce ? demanda Helyo, désignant le pendentif.

Il ne dormait pas, j'aurais dû m'en douter, se dit-elle. Elle remit rapidement le bijou, dans son corsage.

         - Un présent, rien de très important, lui répondit-elle.

Il avait dû attendre que ce soit son tour de veiller pour lui parler.

          - On nous observe, dit-il. Je sens qu'il y a des choses qui nous suivent pas à pas.

          - Cette forêt est peuplée de nombreuses créatures. Toutes ne sont pas malveillantes mais beaucoup sont dangereuses. C'est pour cela que nous ne devons pas nous écarter du chemin.

         - Ni utiliser la magie ?

         - Oui. Certaines y sont sensibles. Elles sont attirées par elle. Et crois-moi, tu n'aimerais pas les croiser sur ta route.

         - Je crois surtout que tu ne nous dis pas tout. Comme pour cette inscription sur l'entrée.

         - Je suis déjà venue, je vous l'ai dit. Je l'ai lue lors de mon premier voyage.

         - Il y a quand même une chose qui m'intrigue…

Kassiopée le regarda avec appréhension.

         - J'ai bien regardé ce message. La végétation qui avait poussé sur les pierres avait au moins une bonne dizaine d'années. Sans compter que le reste de l'inscription était effacé depuis longtemps, très longtemps même, à en juger par l'état de ruines.

         - Cette forêt détruit tout beaucoup plus rapidement que la normale. Les choses se dégradent très rapidement.

          - Peut-être, mais ces ruines étaient vraiment très anciennes. Les inscriptions étaient en glyphe et malgré cela, encore lisibles. Je ne pense pas que tout se détruise aussi vite que tu le dis.

Kassiopée ne trouva rien à dire et préféra garder le silence.

         - Un jour peut-être tu pourras libérer ton cœur de tout ce que s’y cache, dit-il.

Il alimenta le feu qui faiblissait, envoyant des éclats rougeoyant sur les lunettes de son amie.

         - Et peut-être saurons-nous enfin pourquoi tu n'oses pas nous regarder sans ceci, dit-il en les lui désignant, même en pleine nuit.

Après quelques secondes de silence, il reprit :

         - Le soleil se lève, je vais réveiller les autres. Il faut partir.

Quand tout le monde fut prêt, Kassiopée reprit la tête du groupe et ils s'enfoncèrent dans les bois. Ils sentaient de plus en plus les yeux de la sombre forêt peser sur eux. Le chemin semblait de moins en moins marqué. Au bout de quelques heures de marches, ils firent une halte.

         - Il faut combien de temps pour traverser ces bois ? demanda Skalan.

         - Cela dépend, répondit Kassiopée.

         - De quoi ? demanda Gansim.

         - Des obstacles que nous allons rencontrer sur notre route. Pour l'instant, nous avons eu de la chance, mais il faut continuer à être prudent.

         - Et toi, demanda Massilia, il t'a fallu combien de temps.

Kassiopée réfléchit longuement.

         - Je ne peux pas vraiment répondre à cette question. J'avais perdu la notion du temps. J'étais seule et les conditions étaient très différentes. Le temps ne semble pas s'écouler de façon bien étrange en ces lieux.

         - Pourquoi t'es-tu aventurée seule dans un tel endroit, demanda Massilia.

         - J'étais jeune et je voulais me prouver à moi-même que j'avais du courage, ou quelque chose d’aussi insouciant, dit-elle en souriant. Le genre de bêtise que l'on peut faire quand on se croit invincible ! Quand j'ai compris que c'était sûrement le seul lieu de toute la Telesea où la magie était plus un désavantage qu'une aide, j'ai vite déchanté !

Ils reprirent leur marche. Depuis un certain temps, Gansim avait remarqué que quelqu'un ou quelque chose les suivait. Au début, il avait cru que c'était une créature qui accompagnait le groupe. Mais il avait été forcé de constater qu'elle le suivait lui. Elle ? Il n'y en avait peut-être pas qu'une. Ils alternaient régulièrement leur place dans le groupe pour ne jamais laisser la même personne en dernière position. C'est ainsi qu'il s'était rendu compte que la ou les choses qui les suivaient se manifestaient toujours à son niveau.

                    Comment te nommes-tu ?

Il se retourna vivement, la main sur la garde de son épée. La voix qu'il avait entendue était celle d'une jeune femme. Une voix claire et dont les mots tintaient comme du cristal. Mais cette voix ne venait pas des abords du chemin. Il l'avait entendue dans sa tête, aussi clairement que si une personne lui avait parlé en face. Il continua à marcher comme si rien ne s'était passé, l'œil vigilant. Peut-être était-il en train de devenir fou ? Dans un tel endroit cela n'aurait rien eu de très étonnant, d'autant plus que depuis quelques heures, il n'avait plus rien entendu, ni rien remarqué de suspect. Il décida de mettre ce phénomène sur le compte de son imagination fertile. Mais, le souvenir de cette voix si pure était encore présent dans son esprit.

Le soir du deuxième jour, ils se réunirent autour du feu dont Skalan s'était approprié la tâche. Ils mangèrent rapidement. Ces bois qui ne leur avaient pas semblés si menaçant de prime abord, changeaient d'aspects un peu plus à chaque pas. Les arbres étaient de plus en plus imposants et sombres ; la lumière, filtrée par le feuillage de plus en plus diffuse. Les animaux étaient beaucoup plus rares et ceux qui vivaient aussi profondément dans les bois étaient tapis dans les broussailles. Les cris des oiseaux, beaucoup moins joyeux, résonnaient lugubrement aux oreilles des six compagnons. Cela expliquait en partie leur humeur sombre au repas et le peu de paroles qu'ils échangeaient. La confiance qu'ils avaient placée en leur guide souffrait un peu plus à chaque minute, tout comme l'espoir d’en sortir.

Peut-être qu'une autre possibilité existait ? Ils auraient dû passer un peu plus de temps à réfléchir, au lieu de se lancer tête baissée dans une telle aventure. Qu'y avait-il ici ? Qui dormait et semblait faire une telle peur à Kassiopée ? Les mots inscrits sur l'arche retentissaient encore à leurs oreilles. Kassiopée savait-elle réellement où elle les menait ? Quels étaient les obstacles dont elle avait parlé ? Skalan ruminait toutes ces questions quand il se décida enfin à interroger Kassiopée, mais Morgane fut plus rapide que lui.

         - Quels sont les obstacles auxquels vous avez fait allusion l'autre soir ? demanda-t-il rompant le silence qui régnait dans le groupe.

         - Il y a bien sûr tous les dangers de la forêt, y compris celui que l'on ne doit pas réveiller, répondit-elle.

         - Mais, il y a toujours un mais, marmonna Helyo .

         - Mais il n'y a pas que cela, poursuivit-elle.

         - Je me demande si j'ai envie d'entendre la suite, intervint Skalan.

         - Il y a l'épreuve de Scythe, ajouta-t-elle dans un souffle.

         - L'épreuve de Scythe, interrogea Morgane.

         - Scythe est considéré comme le Roi de cette forêt, expliqua Kassiopée. C'est un… elle réfléchit un instant… En fait, je ne suis pas sûre de savoir ce qu'il est. Enfin, il contrôle tout ce qui vit dans ces bois et on ne peut les traverser sans son accord.

         - D'où l'épreuve, dit Morgane.

         - Exactement.

         - Et tu l'as déjà passé une fois, n'est-ce pas, dit Gansim.

         - Oui et ce ne fut pas particulièrement facile. Mais j'étais seule et plus jeune. Nous sommes plus nombreux et expérimentés.

         - Que se passera-t-il si nous échouons, demanda Gansim.

Elle se retourna doucement vers lui d’un air calme :

         - Nous réussirons, il n'y a pas d'autre choix.

Ils n'insistèrent pas et décidèrent de se reposer. La nuit était froide mais ils avaient grand beoin de reprendre leurs forces.

Le lendemain, ils se préparèrent en silence. Un voile sombre pesait sur leur cœur et la progression devint plus lente. Gansim fermait la marche. C'est alors que ce qu'il avait pris pour le fruit de son imagination se produisit à nouveau. Mais cette fois les voix étaient beaucoup plus nombreuses, beaucoup plus forte aussi. Elles formaient un brouhaha indescriptible qui envahissait sa tête et dont il ne distinguait que quelques mots.

                    Que fais-tu là ?

                     Qui es-tu ?

                    Bonjour étranger !

                    Je suis Talain.

                    Je suis Ina. Et toi ?

Les questions, les appels, les saluts d'apparences inoffensives se succédaient à une vitesse folle. Il n'y avait rien de menaçant dans ce qu'il entendait, mais c'était trop fort, beaucoup trop puissant. En quelques minutes, la douleur fut si intense qu'il ne put faire un pas de plus. Il s'écroula prenant sa tête entre ses mains. Il avait l'impression qu'elle allait exploser sous le flot de toutes les paroles qu'il recevait. Massilia qui était juste devant lui, se retourna en poussant un cri horrifié. Elle le vit tomber, le regard affolé, se balançant de gauche à droite, tel un pantin désarticulé.

         - Gansim !

Elle se précipita sur lui et appela Kassiopée. Le groupe s'arrêta.

         - Kassi, il y a un problème, cria Massilia.

Kassiopée accourut. Elle examina rapidement le jeune homme et comprit aussitôt. Helyo demanda anxieusement :

         - Que lui arrive-t-il ?

Gansim ne disait plus un mot, la mâchoire serrée, grimaçant de douleur.

         - Il n'arrive plus à se contrôler.

         - Se contrôler ? demanda Skalan affolé.

         - Il ressent ce qu'éprouvent les autres, leurs émotions, leurs pensées. Il a sûrement toujours usé de ce don de façon inconsciente. Une sorte d'empathie. Mais là, il a perdu tout contrôle et cette forêt a décuplé ses capacités. Certaines créatures s'en sont aperçues et essayent de communiquer. Elles sont pour la plus part insouciantes et peu dangereuses. Elles ne doivent pas se rendre compte du mal que ça lui fait. Elle s'agenouilla près de Gansim.

         - Ecoute ma voix Gansim. Si tu m'entends serre ma main.

Elle lui prit la main. Il la serra faiblement.

         - Bien. Ferme les yeux et concentre-toi. Tu dois éloigner de toi toutes ces pensées, tout ce qui encombre ton esprit. Fixe-toi sur une seule chose, un souvenir, n’importe quoi. Et ne pense plus qu'à cela, jusqu'à ce que les voix disparaissent.

Il se concentra avec difficulté mais au bout de quelques minutes, les voix s'estompèrent et devinrent des murmures indistincts. Kassiopée le regarda visiblement soulagée et tous furent heureux de le voir reprendre si rapidement le dessus.

         - Ces voix dans ma tête, dit-il, je ne pouvais plus les supporter.

         - C'est un don rare que tu possèdes Gansim, dit Kassiopée, et il pourrait nous être très utile, qui sait. Tu as de la chance. Mais il faudrait apprendre à le contrôler, sinon tu pourrais en perdre la raison. Je t'aiderai si tu le désires.

         - Je te remercie, mais nous nous sommes suffisamment attardés. Continuons.

         - Non, il faut que tu te reposes. Et puis, il est plus que temps que je parle au Maître des lieux.

Elle se leva et sortit son pendentif. Il luisait toujours d'une lueur bleue. Se détachant du groupe, elle le brandit.

         - Ô Scythe qui vit et règne sur cette forêt, je m'adresse une nouvelle fois à toi. Je sais que tu connais les raisons qui nous ont poussées à traverser ton royaume. Nous souhaitons passer au plus vite ton épreuve pour te prouver notre détermination.

Le silence se fit, puis un vent puissant se leva et soudain, une voix caverneuse se fit entendre :

         - Bienvenue à toi, Kaly 'Ann, mon amie. Cela fait bien longtemps que tu n'es pas venue me voir.

Le son venait du cœur de la forêt et semblait se mêler au souffle du vent.

         - Je le regrette Scythe. Je suis là avec des amis pour traverser Gaena et se rendre en Kalam au plus vite. Je ne puis m'attarder comme la dernière fois.

         - Tu as déjà passé une fois l'une de mes épreuves avec succès Kaly 'Ann il y a de ça fort longtemps. Je te l'aurais donc épargné si tu avais été seule. Mais je ne puis le faire. Que l'épreuve commence. Pour la réussir vous ne devrez faire confiance à rien, ni à personne. Et surtout pas en vous-même.

         - Je te remercie, Scythe, de ce sage conseil.

         - Je tiendrais en respect toutes les créatures que je puis contrôler pendant votre voyage. Je ne peux faire plus, j'en suis désolé.

Skalan, encore abasourdi, prit la parole :

         - Si tu nous avais tout de suite dit que tu étais dans les papiers du proprio, j'aurais été plus rassuré.

         - Nous allons nous arrêter ici pour la nuit, dit-elle sans prêter attention aux propos de Skalan. Je ne sais pas ce qui nous attend mais je pense que nous ferions mieux de garder nos yeux et ouverts !

Ils préparèrent un campement rudimentaire. Une fois qu'ils furent tous assis près du feu, Morgane demanda :

         - Quelle était cette épreuve que vous avez subie lors de votre premier voyage ?

         - Le chemin que j'empruntais était divisé en deux. Un menait vers la sortie et l'autre serpentait indéfiniment dans la forêt. Je devais choisir et ne pas me tromper, car au premier pas sur l'un des deux et l'autre s'effaçait.

         - Comment as-tu choisi la bonne direction ? demanda Helyo.

         - La chance ! Je suis restée une bonne semaine en face des deux chemins. Il fallait bien que je me décide.

         - Quoi ! dit Skalan. Tu t'en es sortie uniquement grâce à la chance et tu t'improvises notre guide !

         - Je plaisante, Skalan ! En fait, j'ai observé les deux voies et c'est ce qui m'a donné la solution. J'avais remarqué qu'aucune créature de ces bois n'empruntait la voie de gauche. J'ai donc pris celle de droite, tout comme elles.

         - Brillant ! Et tu as une idée de ce qui nous attend ?

         - Pas vraiment, les épreuves changent et l'imagination de Scythe est sans limites.

         - Ca j’aurais pu le parier, marmonna  Skalan pour lui-même.

Ils se reposèrent prenant à tour de rôle la garde du camp. A l'aube, ils reprirent leur route en redoublant de vigilance. Les choses ne semblaient pas avoir changées. Le chemin qu'ils suivaient ne s'était pas dédoublé et n'avait pas non plus disparut et rien ne leur barrait la route. Helyo se rapprocha de Gansim :

         - Tu ne ressens plus rien ? demanda-t-il.

         - Plus que des murmures étouffés. C'est beaucoup mieux.

         - Tu devrais t'exercer à contrôler ce don, cela pourrait constituer un avantage. Sans compter que cela t'éviterait d'être à nouveau paralysé ou pire.

         - Tu as raison. Mais cela doit être à la fois fort utile et dérangeant de pouvoir entrer dans la tête de quelqu'un, d'espionner ses pensées.

         - Je n'en doute pas, mais si tu n'apprends pas à le faire, ce don pourrait devenir une malédiction. Essaie de te concentrer sur moi pour savoir ce que je pense.

         - D'accord, je vais essayer.

Gansim ferma les yeux une seconde en prenant une profonde inspiration. Au début, rien ne se passa. Il n'entendit rien, mais il perçut comme des flashs, des images. Il vit des montagnes du pays d'Helyo, il les vit à travers ses yeux.

         - Tu penses au Kalam, à chez toi.

Helyo sourit :

         - Bien.

Il se tut, son visage se fit plus sombre et il se tourna vers Kassiopée qui menait encore la marche.

Ils continuèrent leur progression mais la marche se fit plus lente et les regards plus vifs et attentifs. Qu'allait-il surgir des fourrés ? Qu'allait-il se passer ? Kassiopée repensait aux paroles de Scythe :

         - Ne vous fiez à rien ni personne et surtout pas à vous-même. Pourquoi ? Elle doutait qu'il leur envoie quelque chose ou quelqu'un à combattre. Il était plus subtil. Il allait sûrement trouver un moyen de jouer avec leurs sens, leurs perceptions de la réalité. Ils allaient devoir se méfier de tout ce qu'ils verraient, entendraient ou ressentiraient.

Les derniers rayons du soleil s'évanouissant, ils décidèrent d'établir le camp. C'est alors que Gansim remarqua au loin, les restes d'un foyer. Il avait été camouflé avec soin, mais le jeune homme avait l'habitude de ce genre de chose. Il s'approcha précautionneusement et ne put s'empêcher de jurer de façon si grossière quand il fut devant que tous en furent abasourdis.

         - Gansim ! Que se passe-t-il ? demanda Massilia.

         - Regardez ! Vous ne remarquez rien !

Skalan fut le premier à s'en rendre compte. Lors de la soirée précédente, il s'était étendu à côté d'un arbre dont la forme lui avait parue particulière, si particulière qu'il ne pouvait en exister deux comme lui. Et il se dressait de nouveau devant lui ! Impossible !

         - Nous avons tourné en rond, nous sommes revenus à notre point de départ, dit-il dans un murmure comme il avait du mal à croire à ses propres paroles.

         - Et ces restes, dit Helyo en tendant la main vers l'ancien foyer, ce sont les nôtres !

Massilia, à son tour, acquiesça gravement. Ils campèrent à nouveau dans cet étrange et malveillant.

         - Par où devons-nous continuer ? demanda anxieusement Skalan. Faut-il revenir sur nos pas, ou avancer, au risque de revenir ici. Il n'y avait pourtant qu'une seule route !

Une pointe de désespoir perçait dans ses paroles.

         - C'est notre épreuve, dit Kassiopée. Et nous allons la résoudre. Demain nous trouverons la solution, ajouta-t-elle d'une voie assurée.

C'est incroyable comme je peux paraître convaincante alors que je suis moi-même si peux sûre de moi, se dit-elle.

 

La journée suivante s'écoula lentement, s'étirant en longueur comme un jour sans fin. Le temps semblait s'en faire qu'à sa tête et Helyo comprit pourquoi Kassiopée avait prétendu qu'elle avait perdu la notion du temps.

Depuis combien de temps marchaient-ils ? Depuis combien de temps avaient-ils pénétrés dans ces bois étranges ? Leur fuite de Gaena lui paraissait si lointaine et pourtant si proche. Il avait beau essayer, il n'arrivait pas à se concentrer suffisamment pour parvenir à compter le nombre de jours qu'ils avaient passé dans cette satanée forêt. Alors comment pouvait-il espérer réussir cette épreuve ! C'était comme si une brume étrange et dangereuse embrumait leur raison, lui faisant perdre la notion du temps et du lieu. Après tout, ils étaient en train de tourner en rond. Le soir venu, le désespoir s'abattit sur eux avec une force encore plus grande. Ils étaient, une nouvelle fois, revenus à leur point de départ. Les protestations et la rébellion du jour précédent avaient fait place à un profond et muet abattement. Seul Morgane ne se laissait pas envahir par ce terrible sentiment. Ils mangèrent peu et s'endormirent le cœur lourd.

Le lendemain, ils reprirent de nouveau la route. Cette fois, Skalan n'avait plus le cœur à lancer une ou deux de ses plaisanteries habituelles. Morgane scrutait les alentours avec une vivacité redoutable. A la mi-journée, il leur demanda de s'arrêter et de cesser la progression. Ils furent tous surpris, pensant qu'il perdait pied. Mais le regard décidé qu'il lança, les persuada du contraire. Il avait une idée derrière la tête et à l'éclat qui brillait dans ses yeux clairs, Massilia pensa que ce devait être une sacrée bonne idée. Morgane resta silencieux jusqu'au soir. Autour du feu, il laissa volontairement une place vide, à sa droite. Il semblait attendre. Soudain, il se retourna, scrutant les ténèbres alentour et il se rassit.

         - Qui que vous soyez, cria-t-il, je crois que vous avez gagné votre place parmi nous. Car après tout, c'est grâce à vous que j'ai réussi à comprendre notre énigme.

Tous furent interloqués, pensant même que la lueur qu'ils avaient perçue dans son regard était peut-être simplement due à la folie. Mais Morgane semblait calme et serein. Il n'attendit d'ailleurs pas les questions qui se bousculaient dans la tête de ses camarades, pour répondre.

         - Nous sommes suivis depuis le début, expliqua-t-il. Du moins depuis que nous sommes sortis de Gaena.

         - Suivis ! répéta Gansim incrédule, je n'ai rien remarqué.

         - Qui est-ce demanda Kassiopée. Vous l'avez vu ?

         - Non, jamais, répondit-il en se tournant vers Massilia.

         -Moi non plus, dit-elle. A vrai dire, je n'étais pas certaine qu'on nous filait. J'ai senti une présence, un regard depuis le départ, mais je n'ai jamais rien vu, ni entendu. J'en étais à me demander si ce n'était pas le fruit de mon imagination. J'ai l'impression que ce n'est pas là juste pour nous observer, c'est comme si ça nous jugeait.

Kassiopée était plus bouleversée qu'elle ne voulait l'admettre. Elle ne l'avait pas senti parce qu'il se cachait d'elle. Et le seul moyen pour cela c'était d'utiliser la magie et pas n'importe qu'elle magie. Cela risquait de déclencher des choses qu'elle voulait à tout prix éviter. Cela risquait de le réveiller. Une panique effroyable la traversa, de part en part, comme une lame froide. Elle se leva à son tour vers les ombres que projetait le feu rougeoyant.

         - N'utilisez plus la magie, pour l'amour de notre Déesse, n'utilisez plus la magie !

Sa voix mêlée de colère et de crainte devint plus ferme :

         - Il ne faut pas le réveiller !

 

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